Bonjour à tous !

Me revoici pour la suite. Petite pause avec un chapitre plus tranquille, car le prochain sera ... difficile.

Bonne lecture !


Mrs Elizabeth Darcy31 : Oui quelle horreur xD mais je voyais bien Mondingus n'en avoir rien à faire. Sinon au cimetière ce n'étaient pas tout à fait des mangemorts, juste des rafleurs/sympathisants (les premiers ont la marque, pas les seconds). Mais ils n'étaient pas là par hasard...

tigrou : la voilà, la voilà !

beliectioner : Merci beaucoup :) au début je voulais faire le tout en un seul chapitre, en alternant une partie à GH, une à Poudlard, une autre à GH, une autre à Poudlard, etc. Mais finalement j'ai pensé que c'était plus intéressant de faire de cette manière, j'aime bien quand on connait la finalité d'abord et qu'on sait après comment c'est arrivé. Pour Pomfresh tu n'es pas loin de la réponse...


Chapitre n°38 : Retour à Poudlard

A peine eut-elle touchée le sol qu'Hermione s'écroula, entraînée par le poids de Harry. Un râle de douleur s'éleva immédiatement. Elle se redressa le plus rapidement possible et se mit à genou à coté de son ami sur lequel elle venait de tomber.

« P…pardon Harry, je… excuse-moi… » Bredouilla la sorcière.

Son visage était d'un blanc vraiment inquiétant, il respirait par à-coups et lutait visiblement pour rester conscient. Elle tourna son regard vers sa jambe et se força à prendre de grandes inspiration, il ne fallait pas qu'elle panique.

« Tergeo. Tergeo. » Répéta à de nombreuses reprise Hermione en pointant sa baguette sur la blessure.

Peu à peu le sang qui recouvrait sa jambe et qui imbibait ses vêtements disparu. Cela ne servait qu'à laisser la place au sang frais qui coulait continuellement, mais elle gagnait un peu de temps. Le plus important était qu'ils ne laissent aucune trace de leur passage dans ce bureau.

« Tiens-b…bon Harry » L'encouragea-t-elle en le voyant commencer à lâcher prise.

Elle l'aida à se redresser, prit son bras et passa le sien dans son dos afin qu'il se lève. Sa jambe blessée était repliée en arrière, et il ne lui restait pas assez de force pour s'appuyer sur la valide.

Hermione fit disparaître le sang qui avait coulé sur le sol et sorti la cape d'invisibilité de sa poche pour la déployer sur eux.

« Tiens-bon. » Répéta-t-elle.

Elle arriva tant bien que mal à ouvrir la porte et sorti silencieusement du bureau, trainant plus que soutenant son ami. Après avoir fait quelques pas elle vit avec un soulagement immense Ron se diriger vers eux. Il devait avoir vu la porte s'ouvrir et ainsi deviner leur présence malgré le fait qu'il ne pouvait les voir. Lorsqu'ils arrivèrent à quelques pas de Ron, Hermione constata qu'il avait l'air de plus en plus effrayé.

« Harry, qu'est-ce qu'il se passe Harry ? Demanda-t-il dans le vide. Bon sang enlève la cape on est seuls ici !

- Non… souffla Harry. Non, répéta-t-il plus fort, voyant que le roux ne l'avait pas entendu. Trop risqué. Pas tout de suite. Parvint-il à prononcer. »

Cependant Hermione ne l'écouta pas et retira la cape, les dévoilant au regard de Ron. Celui-ci regarda aussitôt Harry et poussa une exclamation surprise. Après avoir réalisé il se précipita pour le soutenir de l'autre coté, soulageant un peu Hermione d'un poids mort qui l'épuisait déjà. Hermione roula en boule la cape à l'aide de sa main libre et la glissa à nouveau dans la poche de sa veste.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Ron alors qu'ils se dirigeaient vers l'infirmerie.

- Des rafleurs. Expliqua Hermione en réussissant à maîtriser sa voix. On a transplané, Harry s'est désartibulé… Et… et vous ? Pourquoi tu es seul ?

- Ca s'est un peu mal passé ici aussi. Je sais pas si c'était ça le but de son plan, à Killian, mais un élève a été blessé par un leurre explosif, et ça a dégénéré en bataille générale. Il y a pas mal de blessés. »

Hermione vit le regard que Ron avait coulé en douce à Harry en disant ces derniers mots. Ils savaient tous deux que le survivant se tiendrait pour responsable de ces blessés.

Mais celui-ci ne les avait pas entendu. Il n'était visiblement plus en état d'entendre quoi que ce soit.

Ron et Hermione firent de leur mieux pour arriver le plus rapidement à l'infirmerie. Ils frappèrent, espérant que l'infirmière viendrait voir qui était là : ils espéraient ne pas avoir à passer devant tous les autres et faire savoir qu'Harry était si mal en point.

Heureusement ce fut le cas, et Mme Pomfresh – bien qu'après quelques questions auxquelles ils ne répondirent qu'à demi-mot – les fit rentrer par son bureau, monter un étage pour arriver dans une petite salle avec deux lits, vides.

Elle aida Hermione à y déposer le blessé.

« Maintenant dites-moi ce qui s'est passé. Dit l'infirmière d'un ton sans réplique tandis qu'elle regardait rapidement les blessures au visage. Monsieur Weasley m'a déjà dit que vous étiez sorti du château, alors dites-moi la vérité, sinon les soins risqueraient d'être inappropriés. »

Hermione eu un regard étonné vers Ron mais ne dit rien à ce sujet, ils n'avaient pas le temps pour ça.

« C'était une bande de rafleurs, on a dû fuir par la forêt. Je ne sais pas si Harry à reçu des sorts, il continuait à courir avec moi en tout cas. Mais il voulait rester pour se battre, je l'ai forcé à transplaner…

- Désartibulé ? »

Mme Pomfresh avait découpé d'un sort le pantalon dans sa longueur et manipulait la jambe d'Harry pour constater les dégâts.

« Oui » Confirma Hermione dans un souffle.

Puis se souvenant de quelque chose qu'elle avait beaucoup entendu dans son enfance avec ses parents, comme quoi il fallait toujours préciser si on était déjà sous traitement, elle ajouta :

« Il a déjà eu des soins, une cracmol qu'il connait bien lui a donné deux potions, je ne sais pas exactement lesquelles mais elle a dit que c'était pour calmer la douleur et pour que le sang se renouvelle plus vite. »

Ceci dit, l'infirmière la remercia et les congédia tous deux, afin de s'occuper convenablement de son patient. Toutefois juste avant de redescendre à l'étage du dessous, Mme Pomfresh se tourna vers eux.

« Miss Granger, allez m'attendre dans mon bureau, je fais les soins urgents pour monsieur Potter et je m'occuperai ensuite de vous. »

Tandis qu'ils redescendaient les escaliers, Ron demanda à Hermione un peu plus de détail. Elle expliqua alors rapidement qu'ils avaient d'abord vu la maison des Potter, qu'ils y avaient retrouvé Mondingus comme prévu, puis que celui-ci c'était enfui. Elle raconta qu'elle avait transplané à Godric's Hollow pour voir Kreattur mais que finalement elle y avait retrouvé Harry en train de se battre avec le voleur. Elle continua avec l'interrogatoire, l'horcruxe retrouvé puis le retour à Godric's Hollow suivi de la découverte du second horcruxe.

« Il ressemble à quoi ? La coupa alors Ron.

- Une coupe à l'effigie de Poufsouffe. Harry l'avait mentionné quand Dumbledore lui montrait les souvenirs avec Jedusor.

- Ouais, je m'en souviens. Donc bien un objet d'un fondateur comme on le pensait. Commenta le roux en s'appuyant contre le bureau de l'infirmière.

- Tout à fait. Ensuite on est allé au cimetière, on a trouvé la tombe des Peverell dont nous avait parlé Luna, Harry a vu la tombe de ses parents puis on a vu celle de la mère et de la sœur de Dumbledore. C'est là que les rafleurs nous ont attaqués.

- C'est eux qui t'on fait toutes ces marques au visage ?

- Oh, non, les griffures ce sont les branches des arbres qui en sont à l'origine. Le seul sort que je n'ai pas pu éviter m'a brûlé le bras. »

Tout en parlant elle leva sa manche en faisant attention et montra le bandage sommaire qui recouvrait la quasi-totalité de son bras. Elle avait beaucoup de mal à le bouger et un mouvement un peu trop brusque lui arracha une grimace.

« Mais ce n'est rien à coté de ce qu'à Harry. » Souffla-t-elle.

Elle remit sa manche en place et détourna le regard. Elle savait très bien qu'elle n'y était pour rien, qu'elle devait le faire partir, qu'ils n'auraient jamais réussis à s'en sortir en restant combattre. Malgré tout une pointe aigüe de culpabilité subsistait. Les faits étaient là, il s'était désartibulé à cause d'elle, c'était de sa faute, elle n'avait pas réussi à transplaner correctement, elle avait échoué.

Comment pouvait-elle prétendre aider Harry si elle n'était même pas capable d'effectuer un acte magique aussi basique correctement ?!

« Il va s'en remettre. Déclara Ron, confiant. Il a déjà surmonté pire que ça : du venin de basilic, une chute de plus de cent mètres, perdre des os.

- Je sais bien…

- Allez ne t'inquiète pas. »

Hermione ne répondit rien, elle ne voulait pas confier ses états d'âme à Ron, persuadée qu'il le prendrait à la légère.

« Va dans la salle commune Ron, ne m'attends pas il est vraiment tard. Tu ne devrais pas être dans les couloirs, si on t'attrape tu seras puni.

- Ce ne serait pas la première fois qu'ils s'en prendraient à moi de toute façon. Répliqua Ron en haussant les épaules. Une retenue de plus ou de moins, je m'en fiche.

- Pas moi. On est déjà tous assez blessés comme ça, ce n'est pas la peine de chercher les ennuis. Retourne dans ton dortoir. »

Devant le ton sans réplique de son ami Ron fini par sortir du bureau. Une fois seule, Hermione soupira de frustration et d'agacement. Avec lui, rien n'était simple. Pourquoi fallait-il que ses deux meilleurs amis soient aussi inconscients des dangers l'un que l'autre ?

Elle mit ces pensées de coté en entendant des pas dans l'escalier.

« Asseyez-vous, miss Granger. » Lui dit l'infirmière avant de refermer la porte du bureau.

Hermione obtempéra et l'infirmière vint se mettre à coté d'elle pour observer son visage.

« Avez-vous des blessures autres que ces griffures ?

- J'ai reçu un sort de feu au bras gauche juste avant de transplaner, je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit avant d'être arrivée. »

Acquiesçant, Mme Pomfresh coupa sa manche et observa le bandage qu'Hermione s'était posé pour atténuer un minimum la douleur. Elle l'enleva d'un léger coup de baguette et observa l'état du bras. Hermione retenait des gémissements de douleur lorsque l'infirmière bougeait et tournait son bras, alors même qu'elle faisait le plus attention possible.

« Est-ce grave ? » Demanda Hermione, souhaitant plus que tout avoir une réponse directe.

Après quelques secondes d'examen minutieux aidé par quelques sorts de diagnostique l'infirmière lui répondit.

« Rassurez-vous, les brulures sont impressionnantes mais superficielles et elles n'ont pas été causées par de la magie noire, ce n'est rien d'irréparable avec les soins appropriés. Maintenant, ne bougez pas. »

Hermione laissa sont bras tendu et observa l'infirmière prendre un baume et commencer à l'étaler sur son bras. Elle s'attendait à une douleur particulièrement vive au toucher, mais étonnamment elle ne sentit presque rien mis à part le froid de la substance contre la peau brulée. Une fois que la totalité de son bras en fut recouvert, un bandage vint s'enrouler autour et le maintint contre son torse par une écharpe. Puis elle pu enfin s'occuper des coupures dont certaines saignaient un peu.

Alors qu'Hermione s'attendait à se voir congédier, l'infirmière verrouilla la porte d'entrée ainsi que celle qui donnait sur l'infirmerie, puis insonorisa la pièce. Ensuite, elle alla s'asseoir à son bureau et Hermine eu le sentiment que la conversation n'allait pas vraiment lui plaire.

« Bien… A présent j'attends de vous la stricte vérité miss Granger. Cette conversation ne sortira pas d'ici tant que je ne le juge pas nécessaire. Dans le cas contraire la directrice en sera informée. Sommes-nous d'accord ?

- O-Oui. Répondit la jeune sorcière. »

Elle craignait la suite, car si Mme Pomfresh avait une sévère réputation de femme intraitable et directe, elle semblait à l'heure actuelle plus sérieuse que jamais, et même inquiète.

« Répondez-moi avec honnêteté, avez-vous une seule raison de douter de la loyauté de monsieur King ? »

Hermione essaya tant bien que mal de maitriser sa surprise.

« Non madame, absolument aucune raison. Je sais qu'on peut lui faire confiance. »

L'infirmière sembla la sonder quelques instant, comme si elle se demandait si Hermione n'avait pas été ensorcelée ou manipulée.

« Je ne vais pas vous mentir, je sais très bien qu'il n'est pas celui qu'il semble être, et je sais aussi que vous êtes sa complice.

- Comment … ?

- Miss Granger, je suis infirmière dans cette école depuis près de quinze ans, je connais chaque élève, chaque professeur, et j'ai soigné Severus bien plus de fois que n'importe qui d'autre. Répliqua la sorcière sévèrement. Je reconnaîtrais ses cicatrices entre mille, même si vous cachez la plus évidente d'entre elles.

- Et vous n'avez rien dit ? S'étonna Hermione.

- Je ne peux rien révéler de ce que je découvre dans l'exercice de ma profession, à moins que des vies ne soient menacées, révéla l'infirmière. Cependant s'il est réellement à l'origine de l'accident de ce soir je peux tout dire à la directrice.

- S'il a provoqué un accident ce n'était pas volontaire, affirma Hermione. Il est de notre coté, je vous le promets. J'en ai eu la preuve, il n'a jamais voulu tuer le directeur, il n'est plus un mangemort depuis longtemps ! Il nous aide, Harry, Ron et moi.

- Et cette preuve, quelle est-elle ?

- Il m'a montré des souvenirs. Ce sont des souvenirs personnels, je ne peux pas les révéler, mais je vous promets qu'il est de notre coté depuis la fin de la première guerre. Il a fait ce qu'il a fait car il y était obligé, il ne le voulait pas.

- Vous savez que si vous vous trompez il y aura des victimes, peut-être vos amis, et que vous serez considérée comme complice ?

- Je le sais oui, mais j'ai une totale confiance en lui. S'il vous plaît, faites-lui confiance aussi, ne le dénoncez pas ! S'exclama Hermione d'une voix paniquée. On a … on a fait tout ce qu'on a pu pour que personne ne soit au courant, si les mangemorts apprennent qu'il est en vie ils le tueront ! »

Mme Pomfresh retira sa coiffe et resta un petit moment avec le visage entre les mains. Lorsqu'elle les retira, Hermione ne pu s'empêcher de la regarder plus précisément, angoissée par la réponse qui tardait un peu. Elle n'avait pas remarquée jusqu'ici les larges cernes qui soulignaient ses yeux voilés par la fatigue et la lassitude. L'infirmière perdit son attitude si stricte qui la caractérisait ordinairement.

« J'aimerais y croire, miss. Fini-t-elle par dire. Ces dernières années, j'étais une des seules à avoir totalement confiance en Severus, avec Minerva. Et Albus, bien sûr. Je ne compte plus le nombre de retour de mission, de réunion où ses blessures étaient bien trop importantes pour qu'il s'en charge lui-même. Au début irrémédiablement silencieux lorsque je m'occupais de lui contre son gré, il a fini par céder et petit à petit, se confier. J'avais confiance en lui, et c'était réciproque. Je voyais ce qu'il subissait à longueur de temps, il me racontait ce qu'il était obligé de faire, les horreurs qu'il voyait. J'étais sans doute la seule à en savoir autant en dehors d'Albus. J'appréciais beaucoup Severus, et lorsqu'il a… lorsqu'Albus est tombé... J'aimerai sincèrement avoir confiance en lui et en vous miss Granger. »

Elle sembla réfléchir, puis repris la parole :

« Vous dites que si vous l'avez aidé à se cacher c'est dans le but de le protéger ?

- C'est ça. Confirma Hermione. Nous avons fait croire à sa mort, donc si les mangemorts savent qu'il est en vie ils sauront qu'il les a trahis et ils le tueront aussitôt. C'était le seul moyen. Et depuis qu'il est là nous avons fait beaucoup de progrès dans la mission que nous a confié le directeur. Il nous a vraiment aidés, nous n'aurions jamais réussi sans lui.

- Bien… je ne dirai rien à personne. Céda enfin Mme Pomfresh. J'espère pour nous tous que vous ne vous trompez pas.

- Merci madame. » Répondit Hermione le plus calmement possible.

Malgré cette attitude tranquille qu'elle laissait transparaître elle sentait encore son cœur battre à une vitesse affolante. La panique et le soulagement intense qu'elle ressentait mettait ses nerfs à rudes épreuve, lui donnant à la fois envie de rire et de pleurer. Evidemment, la fatigue et l'adrénaline dû à la soirée à Godric's Hollow n'arrangeaient rien.

« Vous pouvez partir. Faites attention à votre bras. »

La jeune sorcière acquiesça et sorti dès que les sortilèges de protection furent levés.

Elle ne traîna pas, se dépêchant de revenir dans la tour des Gryffondor le plus rapidement possible. Par bonheur elle parvint à éviter les professeurs qui faisaient leur ronde. Lorsqu'elle entra dans la salle commune, celle-ci était vide. C'était une bonne chose, elle avait plus craint qu'espéré que Ron l'attende. Elle ne souhaitait pas devoir tout expliquer ce soir, elle était vraiment trop épuisée pour ça. Mais il ne l'aurait sans doute pas lâché avant de savoir tous les détails.

La nuit fut extrêmement difficile. Elle devait dormir sur le dos afin d'éviter tout contact entre son bras blessé et le lit. Toutefois elle n'avait absolument pas l'habitude de dormir dans cette position qu'elle jugeait des plus inconfortables. Dès qu'elle parvenait à fermer les yeux, les scènes de la soirée à Godric's Hollow revenaient s'imposer à elle et la réveillaient brusquement. Elle ne parvint pas à fermer l'œil.

Finalement lassée de dormir par à-coups de 5 minutes, Hermione décida de renoncer à cette nuit de sommeil dont elle aurait pourtant bien eu besoin. Elle se leva le plus silencieusement possible puis sorti du dortoir. Un bon livre devant la cheminée devrait lui changer les idées. Du moins, c'était ce qu'elle espérait.

Des pas dans l'escalier lui firent quitter l'ouvrage des yeux. Deux élèves de cinquième année qu'elle ne connaissait pas vraiment pénétrèrent dans la salle commune, et furent visiblement surpris de la trouver là. A vrai dire il était encore très tôt, ce n'était pas étonnant. Ils la saluèrent mais eurent l'air gênés, et finalement ils remontèrent dans leur dortoir. A n'en pas douter elle les avait gêné dans l'application d'un quelconque mauvais coup.

Cependant cela signifiait que certains autres élèves n'allaient pas tarder à descendre à leur tour. Hermione referma vivement le livre de botanique et le rangea avant de franchir le portrait de la grosse dame. C'était lâche, mais elle ne voulait pas être confrontée aux incessantes questions de Ronald, et à ses craintes vis-à-vis de la tournure de la diversion. Et surtout elle ne souhaitait pas pour le moment reparler des blessures d'Harry, elle se sentait trop coupable pour être objective. Si elle ne l'avait pas incité à rester pour aller voir la tombe des Dumbledore…

La sorcière se disputa silencieusement, il fallait qu'elle arrête d'y penser. Elle trouva refuge dans la salle sur demande, celle où elle travaillait sur le philtre Nessos. Une fois arrivée elle posa son sac et alla prendre par habitude les parchemins posés sur une des étagères et qui détaillaient chacun de ses derniers essais et ses conclusions. Elle posa celui qui décrivait la dernière potion en date à coté de celui qui décrivait les étapes qu'elle avait pu observer lorsque Rogue la fabriquait devant elle. Tout le début concordait. Chaque ingrédient, chaque couleur, chaque effet correspondait à ce dont elle se souvenait. Normalement elle n'était plus qu'à une ou deux étape de la potion définitive. Et une fois qu'elle y serait, elle savait déjà ce qu'elle devait ajouter pour stabiliser la potion avant d'introduire les deux poudres de dragons mélangées, et ainsi éviter que l'explosion n'ait à nouveau lieu. Une fois la potion stabilisée il ne lui resterait plus qu'à en fabriquer l'antidote. Elle touchait quasiment au but.

Elle s'assit, pris quatre nouveaux parchemins et tenta d'imaginer l'étape suivante. Quel ingrédient ajouter ? A quelle température ? Fallait-il tourner la mixture ? Dans quel sens, et combien de fois ? Elle essayait de se souvenirs des ingrédients que Rogue aurait manipulé et qu'elle n'aurait pas encore utilisé.

Au fur et à mesure de ses réflexions les parchemins noircissaient, se couvrant de ratures. Finalement, elle lu les quatre possibilités qu'elle avait décrite et en fut satisfaite. Pour vérifier, elle agrandit un des chaudrons et fabriqua la potion jusqu'à la dernière étape dont elle était certaine. Ensuite elle en versa un quart dans des chaudrons différents et mis en pratique ce qu'elle avait rédigé un peu plus tôt.

Hermione ne s'interrompit que lorsque l'heure du midi arriva. Elle ensorcela chaque mixture afin qu'elles restent stables durant son absence et sorti de la salle.

Lorsqu'elle arriva dans la grande salle ce qu'elle redoutait ne manqua pas d'arriver et Ronald lui reparla de l'incident de la veille, réveillant sa culpabilité pour leurs blessures. Il cherchait juste à essayer de comprendre comment les rafleurs avaient pu savoir qu'ils étaient à Godric's Hollow, ne se rendant pas compte de l'effet de ses paroles.

« Hermione ! Qu'est-ce que… » S'exclama-t-il quand elle posa ses couverts et se leva avec un regard d'excuse pour ensuite partir.

Ginny qui était en face de lui le fusilla du regard.

« Bravo, quelle délicatesse. Tu n'as pas remarqué qu'elle pense que c'est sa faute ? Et toi au lieu de la réconforter tu l'enfonces encore plus ! Je me demande vraiment à quoi ça sert que je te conseille.

- Je vais la rattraper pour m'excuser. Fit Ron en se levant, le visage rouge.

- Non !

- Mais d'habitude tu me dis…

- D'habitude oui mais là non. Expliqua Ginny en soupirant d'exaspération. Elle a besoin d'être seule. »

Hermione n'enleva pas aussitôt le sort qui stabilisait les potions. Elle tremblait encore et craignait de faire une mauvaise manipulation par manque de concentration. Ce n'était vraiment pas le moment qu'un tel accident arrive. Elle s'assit donc un moment et se reconcentra sur ce qu'elle devait faire. Une fois totalement calme elle pu retourner à ses potion et passa l'après-midi à tenter de finaliser son expérience.

Lorsque vint le soir, la sorcière rangea tout ce qu'elle avait utilisé et fit s'évaporer les potions, toutes ratées. Toutefois elle n'était pas mécontente pour autant car elle avait avancé malgré tout en trouvant une étape supplémentaire.

Elle se rendit dans la salle commune pour y chercher Ronald. Elle le trouva entrain de travailler avec Dean, et le sérieux dont il semblait faire preuve la rendit fière de lui. Elle eu quelques remords à l'interrompre.

Dès qu'il eu lui aussi rangé toutes ses affaires ils allèrent à l'infirmerie, en premier liex pour voir Killian.

Celui-ci était immobile, sur le dos, les yeux ouverts fixant le plafond sans le voir. Lorsqu'il les entendit arriver il se tourna vers eux sans montrer la moindre expression, mais les suivant d'un regard qui mit Hermione mal à l'aise. Il y avait comme… un reproche, ou du regret ? Elle n'arrivait pas à savoir, mais elle aurait préféré qu'il soit en colère, là au moins elle savait à quoi s'en tenir. D'un rapide coup d'œil elle vit que deux élèves de la pièce dormaient profondément, le dernier était le plus éloigné du lit de Killian et il était plongé dans un livre. Tant mieux, ils pourraient parler tranquille à condition d'être discrets.

« Killian. Le salua-t-elle.

- Bonsoir. Vous voulez … ?

- Savoir comment tu vas. » Répondit Ronald et s'asseyant sur la chaise à coté du lit.

Killian fit un léger mouvement d'épaule et se tourna à nouveau vers le plafond tandis qu'Hermione, faute de mieux, s'assit au pied du lit en faisant attention à ne pas le gêner.

« Ca pourrait être pire. Mais pourquoi êtes-vous réellement là ? »

- C'est-à-dire ? Questionna Hermione sans se préoccuper de sa question. Et quand pourras-tu sortir ?

- J'ai été blessé par l'explosion, je pourrais sortir ce soir après diner. Répondit-il comme si ça lui était égal.

- L'explosion ? Tu étais là quand c'est arrivé donc ? Tu sais ce qu'il s'est passé ? »

Ron d'où il était le vit fermer les yeux et soupirer d'agacement. Après un instant de silence il sembla toutefois consentir à éclairer leur lanterne.

« Je devais utiliser les leurres un par un entre la lisière de la forêt et le lac, provoquer une explosion, un léger incendie, blesser légèrement quelques créatures magiques. Rien de grave mais de quoi occuper les Carrow pendant quelques temps... Bulstrode a pensé qu'il serait drôle de détruire mon sac et toutes mes affaires. Les leurres ont explosé avec quelques potions que je gardais dans mon sac. La déflagration m'a blessé ainsi que Goyle. J'ai évité le maléfice qu'il m'a lancé en retour, il a touché Hooper et les jumelles Carrow, ça a dégénéré, fin de l'histoire.

- Donc c'était un accident. »

Killian regarda Ron comme s'il était devenu fou.

« Bien évidemment c'était un accident. Vous ne croyiez tout de même pas que j'allais risquer ma peau volontairement d'une manière aussi idiote ! Siffla-t-il.

- On espérait surtout que ce n'était pas toi qui avais provoqué ce massacre. Content que ce soit pas le cas. »

Ron et Killian se dévisagèrent pendant quelques secondes de silence gênant, puis le roux fini par détourner les yeux en premier.

« Qu'est-il arrivé ? » Demanda finalement Killian en se redressant pour regarder Hermione.

Celle-ci vérifia une nouvelle fois que les autres n'entendaient pas, ou n'écoutaient pas, puis répondit à voix basse et décrivant tout ce qui s'était passé à Godric's Hollow. En détail cette fois-ci.

Lorsqu'elle eu fini son récit, Killian semblait en pleine réflexion.

« Des rafleurs là-bas ce n'est pas étonnant, avec la maison Potter, la statue, la tombe... c'est un des endroits les plus évident pour surprendre les rebelles et les capturer… Mais tu dis qu'ils sont arrivés après vous ?

- Oui, je les ai entendus transplaner. C'était faible car assez loin, mais c'était tellement silencieux autour de nous que j'ai entendu.

- Directement dans le cimetière ?

- C'est ça. A un peu plus d'une cinquantaine de mètres, peut-être. Comme s'ils savaient à peu prèsoù nous étions.

- Ne me dis pas que vous avez eu la bêtise de prononcer Son nom ? Gronda Killian.

- Pardon ? Tu veux dire le nom de Vol…

- Oui, c'est ce que j'ai dit, Son nom. La coupa-t-il.

- Pourquoi … ? »

Killian se passa les mains sur le visage, comme épuisé.

« Il est sous Tabou. »

Ron poussa une exclamation surprise, tandis qu'Hermione pour une fois ne comprenait pas.

« Si je mets un mot sous Tabou et que tu le prononces, expliqua Ron, je ne saurais pas qui tu es, mais je saurais où ce mot a été dit.

- Exactement. Confirma Killian. Lorsqu'on le dit à Poudlard ça n'a aucune importance vu la concentration importante de sorciers, sans compter la surveillance des Carrow. Mais si le tabou se déclenche en dehors de l'école, c'est forcément un rebelle en fuite et ils n'ont plus qu'à se rendre à l'endroit en question pour l'y cueillir. C'est comme ça qu'ils mettent la main sur les fuyards.

- Harry a prononcé son nom en quittant la tombe de ses parents. Se souvint Hermione. C'est donc ça qui les a fait venir ?

- De toute évidence. »

Hermione était mal à l'aide de se sentir soulagée à cette nouvelle. Ce n'était pas entièrement sa faute, mais aussi celle d'Harry.

Ron cependant observa le blessé avec de plus en plus de suspicion.

« Comment ça se fait que tu sois au courant de ça ?

- Mes parents. Répondit immédiatement Killian en faisant semblant de replonger dans de douloureux souvenirs. Ils ne le soutenaient pas, mais ils ne le craignaient pas non plus et ils pouvaient prononcer son nom. C'est ça qui les a fait venir chez nous, ils pensaient à cause du Tabou qu'on aidait les rebelles.

- Je… je suis désolé. »

Killian l'observa, vit sa sincérité alors il répliqua d'un ton égal :

« C'est du passé. ».

Il se redressa, dissimulant une grimace de douleur. La potion analgésique perdait de son efficacité.

« Donc il en reste deux à trouver. Murmura-t-il.

- Oui. Confirma Hermione.

- Il faudra se réunir au plus vite pour y réfléchir. Dès que nous serons sortis d'ici. »

Hermione et Ron échangèrent un regard, mal à l'aise.

« C'est que... Harry avait dit… juste pour celui-là. Je ne sais pas si…

- Très bien, voyez donc avec ô Grand Chef l'Elu si ma présence est tolérée ! » Répliqua Killian froidement.

Il se rallongea et ajouta :

« Je suis fatigué. »

Ron et Hermione se levèrent et sortirent sans un mot puis se rendirent cette fois au chevet d'Harry. L'infirmière qui les y avait menés leur donna vingt minutes pour prendre de ses nouvelles, pas une de plus.

Après avoir appris de la bouche d'Harry que la guérison avançait assez bien et qu'il pourrait sans doute sortir le surlendemain, ils racontèrent ce qui s'était vraiment passé au lac et Harry paru soulagé de savoir que ce n'était qu'un accident. Ils eurent à peine le temps de finir que l'infirmière les congédia vivement et fit prendre à Harry une potion de sommeil. Pour aborder le délicat sujet de l'aide de Killian, ils attendraient encore un peu.

Tous deux retournèrent alors dans la grande salle pour diner, puis passèrent le reste de la soirée à travailler à la bibliothèque.

Lorsqu'ils retournèrent ensemble dans la salle commune à l'heure du couvre-feu, Ron semblait plus heureux et souriant qu'il ne l'avait été depuis plusieurs semaines. Ils franchirent le passage du portrait et virent que comme prévu Killian avait pu sortir de l'infirmerie, il était assis là où il avait l'habitude de travailler avec Hermione et rédigeait apparemment un devoir. Il les ignora royalement alors qu'Hermione était persuadé qu'il les avait vu entrer.

Il devait encore leur en vouloir mais elle n'avait absolument pas envie de s'en préoccuper pour le moment. Ron prit place sur un fauteuil près de la cheminée et Hermione se mit sur ses genoux, le dos bien calé contre son torse. Ni l'un ni l'autre n'avait envie de faire quoi que ce soit ce soir. Ils avaient déjà passé pas mal de temps à travailler, Hermione avait vérifié les rédactions de Ron des trois prochains jours, rien ne pressait. Ils restèrent ainsi, immobiles, savourant juste la présence de l'autre contre eux.

Après quelques temps Hermione bougea légèrement pour corriger une position légèrement inconfortable, et Ron en profita pour entourer sa taille de ses bras. Il vérifia que personne ne les regardait, même si le fauteuil tournait le dos à la salle commune, et passa sa main sous la chemise d'Hermione pour se poser sur son ventre. Celle-ci ferma les yeux et laissa sa tête aller en arrière sur l'épaule de Ron.

Les élèves étaient quasiment tous montés dans leurs dortoirs, il était vraiment tard. Hermione était complètement épuisée à cause de la nuit blanche, et s'ils restaient ainsi elle savait qu'elle ne tarderait pas à s'endormir. Mais cela ne la dérangeait pas, le torse de Ron était confortable, la chaleur diffusée par le feu juste parfaite, les crépitements du bois troublait seul le silence sans rien avoir de désagréable. Et elle-même avait chaud, sans doute aidée par le contact de la main de Ron contre sa peau.

Hermione se tendit un peu en sentant ladite main remonter lentement. Elle se sentait de plus en plus mal à l'aise, et finalement attrapa sa main à travers le tissu alors qu'il caressait doucement la naissance de sa poitrine.

« Je te fais mal ? Demanda-t-il en retirant sa main, inquiet.

- Non, mais… pas ici Ronald, pas comme ça.

- Je sais que tu ne veux pas coucher avec moi Hermione, murmura-t-il à son oreille pour que le dernier élève présent ne l'entende pas, et je suis prêt à t'attendre. Mais je ne fais rien à part te caresser là, est-ce que … tu ne veux pas que je te touche du tout ?

- Bien sûr que non, ça ne me dérange pas bien au contraire. C'est agréable. Répliqua aussitôt Hermione. Mais j'ai peur que ça dérape, qu'on aille trop loin. »

Elle entendit Ron soupirer et il retira complètement ses mains.

« On ferait mieux d'aller se coucher. »

Hermione acquiesça silencieusement puis se leva, laissant Ronald en faire de même et monter dans son dortoir après un « bonne nuit » rapide. Elle demanda au dernier élève présent de rejoindre également son dortoir puis en fit de même.

Tout en montant les marches elle ne pouvait empêcher un sentiment de honte l'étreindre, surtout vu la déception de Ron lorsqu'elle l'avait retenu. Elle était décidément une bien piètre petite-amie, si elle refusait même à ce qu'il ne fasse que la toucher.

S'installant pour dormir, elle repoussa de nouveau la question qu'elle n'avait que trop entendue récemment, refusant d'y croire.


J'espère que vous avez apprécié.

A la semaine prochaine pour la suite :)

Le Point sur les Traductions : Un One-Shot est en cours de correction, il devrait arriver bientôt.