Bonjour! Je sais pas si tout le monde a perdu l'intérêt pour ma fic et si vous reviendrez la lire suite à ma super longue absence, mais je l'espère toujours! Donc j'ai pas vraiment d'excuses, autre que … c'est la vie. Il y a des hauts et des bas et il faut faire avec! Mais je me suis remise à écrire et j'espère que vous me lirez avec joie et que vous me pardonnerez d'avoir poussé votre patience au-delà des limites normales.
Kiana
Chapitre 38 : Univers sans issue
Hitomi n'avait aucune idée d'où elle était. Seul le silence et l'obscurité l'entouraient. Ses visions du passé du voleur de corps avaient cessées, puis elle s'était retrouvée ici. Elle sentait qu'elle n'était pas de retour dans le monde réel.
« Il y a quelqu'un ? » Lança-t-elle dans le vide.
À ces mots, une lumière bleutée perça l'obscurité. Hitomi reconnut la pièce sans fenêtre qu'elle avait aperçue dans le passé du voleur de corps, là où les premiers transferts de corps avaient eus lieu. Contrairement à sa vision précédente, une petite table avec une chaise en bois, un lit rudimentaire et un coffre meublait la pièce. Mais Hitomi n'était plus seule, le voleur de corps était assis sur la chaise de bois et l'observait fixement.
Elle n'avait pas encore comprit ce qui venait de ce dérouler et cet endroit lui étant inconnue, son esprit n'aurait aucune raison de le recréer. D'ailleurs, elle ne se sentait plus en contrôle de cet univers comme elle l'avait été près du lac. Cependant, ce qui la dérangeait le plus était l'absence marquée de Van. Lorsqu'elle avait été emportée par le tourbillon, il la tenait fortement contre lui. Lorsque ses visions avaient commencé, elle avait d'abord sentit sa présence à ses côtés, mais à un certain point, elle ne pourrait dire quand avec certitude, il l'avait quitté.
« Ça n'arrive pas souvent, mais je dois dire que je suis impressionné. » Déclara le voleur de corps en se levant. « Le coup du lac déchaîné et du tourbillon était prodigieux pour une novice. Exploit qui ne te revient pas entièrement, je le crains. Ton pendentif semble détenir un certain pouvoir qui a accentué tes capacités. »
Hitomi eut le réflexe protecteur d'agripper son pendentif. S'il l'intéressait, elle ne lui laisserait sûrement pas lui prendre.
« Inutile de t'en faire. Nous sommes dans le monde de l'esprit. Ce pendentif n'est qu'une représentation mentale du vrai. Son pouvoir n'est lié qu'au véritable bijou dans le monde réel. Il me serait inutile de te le prendre ici, car il est toujours en ta possession dans le monde physique. » Il avait reprit le ton étrangement calme, voir trop calme, qu'il avait au début lorsqu'ils étaient sur le bord du lac. Il se sentait à nouveau en contrôle et Hitomi devait avouer qu'une fois encore, il semblait mieux comprendre ce qui se passait qu'elle. Pour une raison inexplicable, il semblait prendre un malin plaisir à répondre à ses interrogations comme s'il s'agissait de choses parfaitement banales et évidentes pour lui. S'il appréciait étaler ses connaissances afin d'exposer son ignorance, elle décida d'en profiter pour obtenir certaines réponses.
« Où est Van? » Demanda-t-elle.
« Ton chéri n'est plus ici, alors il ne pourra rien pour t'aider cette fois. »
« Tu ne comprenais même pas comme il pouvait être là dés le départ, alors pourquoi devrais-je me fier à toi pour savoir s'il est toujours là ou non? » Lança Hitomi, pointant son ignorance afin de briser l'image de connaissance absolue qu'il souhaitait projeter.
« En créant ta fameuse tempête, tu voulais te débarrasser de moi, mais tu joues avec des choses dont tu ignores tout. Tu as réussi à expulser mon esprit de ton univers mental. Mais tu as perdu le contrôle, du coup je n'ai pas été le seul à en être chassé. Van et, chose étonnante, même toi, l'avez été. Comme j'avais créé un pont entre nos esprits pour y entrer, en sortant, ton esprit a emprunté ce pont. Nous voilà donc à nouveau ensemble, mais cette fois dans mon univers. En expulsant ton cher roitelet, tu as brisé le lien improbable qu'il avait réussi à créer avec ton esprit. Il doit donc être de retour où il aurait dû être dés le début… dans le royaume des morts. » Termina-t-il avec à nouveau son sourire mauvais sur les lèvres.
Hitomi devait reconnaitre la logique apparente de son explication et il est vrai qu'elle ne sentait plus du tout la présence de Van. En fait, un sentiment de vide et de solitude l'envahit à cette pensée. Elle croyait que leur amour avait d'une certaine façon vaincu la mort, lui permettant de rester à ses côtés. Mais cette fois, il semblait bien que la mort ait repris ses droits, lui enlevant son bien-aimé définitivement.
« Crois-moi, ne te mets pas dans tous tes états à cause d'un type comme lui. Tu aurais fini pas te lasser avec lui et ses interminables réunions. Ce serait un vrai gâchis, une fille comme toi devrait avoir toute l'attention qu'elle mérite. »
Hitomi mit son chagrin de côté. Elle aurait tout le temps de pleurer Van, ce qu'elle ferait sans doute jusqu'à son dernier jour, ne sachant comment elle pourrait vivre sans lui, mais pour le moment, elle se devait de rester alerte pour sortir du pétrin dans lequel elle se trouvait actuellement. Elle savait que la dernière tirade du voleur de corps n'augurait rien de bon.
« J'ai très rarement de la visite ici et je te promets de te donner toute mon attention. »
Le sous-entendu de cette remarque étant trop évident, Hitomi recula d'un pas lorsqu'il avança vers elle. Elle serra le pendentif entre ses mains, espérant influer sur ce qui l'entourait comme au lac, mais rien ne se produisit.
« Nous sommes dans mon univers mental à présent, tu n'as aucun pouvoir ici. »
Le voleur de corps ferma les yeux un moment et tendit les bras autour de lui tandis que le décor se modifiait. Les murs se mirent à onduler et à changer de couleur, ils reculèrent agrandissant la pièce et la transformant. Ils se retrouvèrent dans une autre pièce, plus grande et mieux meublé. Un grand lit au drap rouge était adossé au mur, mais ce qui attira l'attention d'Hitomi fut les chaînes qui y pendaient. Ces chaînes, ajouté à l'absence de fenêtre, la présence d'un simple coffre comme meuble au lieu de commode, armoire et autre, ainsi que la porte aux renforts métalliques et petite porte coulissante dans le bas, donnait un aspect très lugubre à la pièce. Hitomi n'était pas dupe, elle savait très bien quel serait la fonction de cette pièce. Ce serait sa cellule et la présence de ce lit n'avait rien à voir avec l'obtention d'un bon sommeil, mais était plutôt prévu pour un tout autre registre d'activités.
« Bienvenue dans tes nouveaux quartiers, digne de la reine que tu devais devenir. » Dit le voleur de corps une fois l'endroit parfaitement stabilisé. « Mais il te manque encore quelque chose… Quel genre de reine feras-tu sans une tenue à la hauteur de ce rang. » Termina-t-il en se penchant vers le coffre.
Hitomi n'avait aucunement besoin d'imagination pour se figurer la suite. Il allait sortir une robe de ce coffre, lui demander de l'enfiler et d'une manière ou l'autre, il finirait par la lui enlever et l'entraînerait dans ce lit pour finir ce qu'il avait par deux fois commencé sans pouvoir conclure. La jeune femme n'avait aucunement l'intention d'en savoir plus.
Elle se précipita vers la porte et l'ouvrit sans problème, à son plus grand étonnement. Elle ne perdit toutefois pas un instant à comprendre pourquoi elle n'était pas barrée. Elle s'élança dans le corridor à toute allure. Elle croisa une foule d'intersections débouchant sur une multitude d'autres corridors pareils les uns aux autres. Elle ne prit pas la peine de réfléchir à sa direction. Tout ce qui l'éloignait de lui était une bonne direction selon elle. Elle courut un moment, tournant dans un corridor, puis un autre et encore un autre. Chacun de ses nouveaux corridors donnaient sur une nouvelle série de corridor tous aussi semblables les uns et les autres. Elle comprit rapidement que cet endroit, n'étant pas réel, pouvait très bien être une sorte d'immense labyrinthe où elle pourrait courir à l'infini sans jamais arriver nulle part. Mais n'ayant aucune meilleure idée pour l'instant, elle continuait son interminable progression, espérant apercevoir quelque chose de différent dans l'un de ses corridors.
« Fuir ne sert à rien ma jolie, il n'y a aucune issue à cet endroit. » Résonna la voix de l'architecte des lieux.
Mais Hitomi n'y porta aucunement attention. Elle savait qu'il avait en quelque sorte raison, mais elle ne pourrait jamais se résigner à capituler. Il devait y avoir un moyen de se sortir de ce piège, il le fallait! Instinctivement, elle porta une main à son collier, comme si elle cherchait à se rassurer par sa présence. Lorsque sa peau entra en contact avec la pierre rose, elle dégageait une certaine chaleur. Intriquée, elle baissa les yeux vers son pendentif et il se mit à luire. Elle ignorait la cause exacte de ce phénomène, mais ses pouvoirs l'avaient maintes fois aidés à se sortir de situations précaires et un espoir aussi faible soit-il de se sortir de ce cauchemar lui suffisait. Elle retira son collier et le fit osciller devant elle. En moins de deux, il pointa le corridor de droite. Sans hésiter, Hitomi suivit son indication.
« Je vais te retrouver très bientôt, inutile de te fatiguer en vain. » Continua la voix du voleur de corps.
Hitomi atteint un nouvel embranchement et sans réfléchir suivi aveuglément les nouvelles indications du pendentif. Après trois autres intersections, Hitomi se retrouva face à cul-de-sac. Le pouvoir atlante de son pendentif n'était peut-être pas de taille a l'aider après tout. Hitomi jeta alors un coup d'œil à la porte à sa gauche. Elle était différente des autres. Les autres étaient toutes impeccables, tandis que celle-ci présentait des crevasses d'usure dans le bois, la veille poignée était recouverte d'un film de poussière et plus particulier encore, elle présentait une serrure, ce qu'aucunes autres n'avaient. D'instinct, Hitomi sentait qu'elle devait absolument entrer dans cette pièce. Elle tourna d'abord la poignée, mais comme elle s'en doutait, la porte était barrée. Elle cogna ensuite, n'ayant aucune illusion sur le fait qu'on ne lui répondrait pas.
« Je sens que je me rapproche et j'ai très hâte de te faire découvrir ce qui t'attends. »
Mue par un sentiment d'urgence renouvelé, elle recula d'un pas et chargea littéralement la porte à plusieurs reprises, bien décidée à y entrer, même si c'était la dernière chose qu'elle faisait avant de devenir la prisonnière et la catin de ce monstre jusqu'à sa mort, qu'elle s'arrangerait pour faire venir plus tôt que tard si ça devait arriver.
Le bois de la porte céda enfin sous la force de l'impact! Perdant l'équilibre sous la force de la collision, Hitomi tomba au sol. Elle se redressa afin de découvrir si ses efforts en valaient la peine. Du coin de l'œil, elle aperçut un mouvement, une ombre venait de se réfugier dans une grande armoire, fermant la porte derrière elle. Hitomi se redressa rapidement en balayant rapidement la pièce des yeux. Un lit simple avec un cheval tissé sur les draps, une chaise et une chaise beaucoup trop basse pour s'y asseoir, un tapis recouvert de figurines, des tas de dessins collés aux murs… elle se trouvait dans une chambre d'enfant! L'ombre qu'elle avait vu, se devait d'être l'occupant des lieux, apeuré par son intrusion violente. Elle approcha tranquillement de l'armoire et cogna faiblement afin de ne pas l'effrayer davantage.
« Je suis désolée d'être entrée de la sorte dans ta chambre. Je ne te veux aucun mal. Je voudrais simplement te parler d'accord. » Murmura-t-elle doucement.
Elle ouvrit la porte de l'armoire tranquillement et remarqua des jambes derrière les vêtements suspendus. Elle fit glisser les habits toujours le plus doucement possible sur le côté. Un petit garçon châtain était assis au fond de l'armoire, les bras et les jambes repliés sur lui et tremblant de peur.
« Salut, tu n'as pas à avoir peur. »
« C'est ce que tu dis, mais je sais que c'est lui qui t'envois. »
Hitomi n'eut pas à réfléchir pour deviner qu'il parlait du voleur de corps.
« Ce n'est pas lui qui m'envoie, en fait, j'essaye de me sauver de lui. Parce que j'ai peur de ce qu'il pourrait me faire moi aussi. »
« Vraiment? » Demanda l'enfant en relevant finalement la tête vers elle. Hitomi vit alors son visage presque blanc et ses grands yeux caractéristiques des Morphs. Hitomi comprit alors toute la vérité.
« Je te promets que je ne le laisserai pas de faire de mal, Gayer. »
« Tu connais mon nom! » s'étonna le garçon en sortant de son refuge.
« Oui, et moi je m'appelle Hitomi et je vais être ton amie si tu veux. »
« Mon amie! Ça fait si longtemps que je n'ai pas eu d'amis! »
Hitomi se pencha et prit le gamin dans ses bras.
« Est-ce que tu accepterais de m'aider, Gayer? »
« Je serais content d'aider ma nouvelle amie. » répondit le petit garçon tout excité par la tournure des évènements.
« Tu connais un moyen de sortir d'ici ? »
« Par là! » S'exclama-t-il en pointant la porte de la chambre qu'Hitomi venait de défoncer.
« Je ne veux pas parler de ta chambre, mais de cette endroit. »
« C'est impossible, c'est lui qui contrôle tout. Mais il a dit que si je restais dans ma chambre, il ne me ferait plus de mal. »
« Tu sais depuis quand tu es ici? »
Il se contenta d'hausser les épaules.
« Tu te souviens de quelque chose d'avant que tu sois enfermé dans cette pièce? » Le garçon semblait hésiter à répondre.
« Tu te souviens de ta maman ? »
Le petit garçon se mit à trembler dans ses bras. Hitomi le serra contre elle pour le rassurer. Elle fut alors assaillie par une tornade d'images. Des centaines de petits souvenirs heureux du fils et de sa mère, mais par-dessus tout le reste, une scène horrible prenait toute la place. Le corps inerte de sa mère étendue au sol, une profonde lacération au niveau du coup et le petit garçon pendu à sa main la suppliant de se réveiller, n'ayant aucune véritable notion de la mort. Deux hommes se battaient à quelques mètres de là.
« Sauve-toi, Gayer!» Cria le plus près des deux. Mais le jeune garçon ne voulait pas laisser sa mère.
« Tout ira bien tu verras, mais tu dois faire ce que je te dis. Cours sans t'arrêter et sans te retourner! » Il s'agissait d'un mensonge, mais l'enfant n'avait aucune raison de douter de la parole de son père. Il prit donc ses jambes à son coup et s'éloigna de sa maison et de sa mère. Alors qu'il entrait dans la forêt, contrairement à la demande de son père, il se retourna un instant et regarda derrière lui juste à temps pour voir l'épée de leur agresseur s'enfoncer dans le ventre de son père. En tombant, ses traits se transformèrent révélant sa vraie nature de Morph, qui ressemblait beaucoup au souvenir qu'Hitomi gardait de Zongi, n'ayant pas les caractéristiques plus humaines de son fils qui les tenaient de sa mère.
Le garçon pleurait maintenant à chaudes larmes dans les bras d'Hitomi.
« Je suis désolé de t'avoir fait revivre ce souvenir, Gayer. »
« Mais si tu es courageux et que tu acceptes de répondre à quelques questions pour moi encore, même si ça fait mal, je te promets que ça m'aideras. »
Hitomi savait qu'il n'y avait aucune issue à ce monde, la seul façon de s'en sortir était que le voleur de corps en crée une, et plus elle en savait plus elle aurait de chance de découvrir le moyen d'y parvenir. Gayer était la clé, elle en était certaine.
