Invisible
Disclaimer: Tout l'univers Harry Potter appartient à J. K. Rowling
Auteure: DebsTheSlytherinSnapefan
Traductrice: Krix27
Bonne lecture!
Chapitre 39
Discussion et retour à la normale
Severus demeura immobile après les paroles de sa mère; il n'arrivait pas à croire qu'il avait été si peu discret. Il pensait avoir plutôt bien dissimulé son attirance pour Harry. Et il ne pouvait pas croire que sa mère l'encourageait. Harry n'avait que seize ans, un enfant, et lui, il était un adulte accompli. Il ne pouvait pas avoir des sentiments pour un si jeune garçon, alors même qu'il y pensait, son esprit traître lui souffla 'Lorsque tu auras cent ans, cela n'aura plus d'importance', ce n'était un problème qu'à ce moment. Il se sentait extrêmement dégoûté de lui vis à vis des réactions qu'il avait envers Harry. Cela ne l'arrangeait pas qu'Harry soit aussi grand que lui et continuait de grandir. Plutôt agréablement s'il pouvait dire. Blasphémant silencieusement, il n'y avait qu'une seule chose à faire; lui parler et trouver ce qu'ils pouvaient faire. Il était sûr d'une chose: il n'allait pas coucher avec quelqu'un de seize ans, assez jeune pour être son élève. Enfin, c'était son élève; il lui enseignait tout ce qu'il savait! Il ne voulait pas perdre un aussi bon apprenti, parce que Harry l'était. Il très consciencieux dans son art, ce qui le rendait plus attirant aux yeux de Severus. En particulier s'il n'était qu'un coup de cœur qui passerait; seul le temps le dirait réellement.
Jetant un regard à sa mère - qui semblait prête à s'arracher les cheveux et courir elle-même après Harry - il leva sa main et sans un mot, il sortit sa baguette de son étui et lança un sort pour trouver son apprenti probablement terrifié. Une balle blanche et lumineuse en sortit et montant et descendant dans l'air, elle guida Severus vers Harry. Il sortit du manoir et continua jusque dans les écuries; il ouvrit la porte et entendit Harry parler, à Luna sans aucun doute.
"Est-ce que ça veut dire que je ne vais pas être mis à la porte?" La terreur était perceptible dans sa voix, le faisant paraître plus jeune qu'il ne l'était. Le cœur de Severus se serra en l'entendant; il n'avait plus entendu la voix terrifiée de Harry depuis qu'il avait dévoilé son secret un an auparavant. Lorsqu'il avait révélé à sa mère et lui qu'il était le véritable garçon qui avait survécu. Que Nick n'avait jamais été et ne serait jamais le héros.
"Non Harry, je ne vais pas te jeter dehors," dit Severus en s'avançant dans l'étable, le petit sort de localisation qu'il avait utilisé disparaissant devant lui. Son cœur était lourd, il espérait juste qu'Harry ne soit pas revenu en arrière. Il avait travaillé si dur pour défaire les dommages qu'avaient causé les Potter en ignorant leur fils.
"Viens, retournons au manoir, il fait beaucoup trop froid ici. Allons boire un peu de café et nous avons besoin de parler." déclara Severus, en frissonnant à cause du froid, malgré le fait que ce soit l'été, il faisait toujours froid le soir.
"D'accord," répondit Harry. Il prit une profonde inspiration et se leva de la botte de foin. Severus marcha près d'Harry, son esprit travaillant très fortement. Comment devait-il gérer cette situation? Devait-il juste dire à Harry que rien ne se passerait et espérer que son coup de cœur passerait? Alors qu'il y pensait, son cœur se serra douloureusement. Peu de personne avait déjà été attirée par lui, il ne laissait jamais personne l'atteindre. Il ne les laissait jamais voir ce qui était bon en lui, ce qu'Harry avait apparemment vu. Ou alors, il était juste reconnaissant pour tout ce qu'il avait fait pour lui et voulait le remercier de cette façon? Il aurait voulu le savoir.
Il leva ses barrières d'occlumencie, se retenant d'y penser encore plus. Il vit Luna prendre une poignée de poudre de cheminette et adresser un sourire rassurant à sa mère. Il semblait qu'il était réellement un idiot. Apparemment, Luna Lovegood avait elle aussi remarqué et elle n'était pas constamment autour de lui pour le voir. Il se sentit vraiment très exposé sous son regard avant qu'elle ne disparaisse dans un flash de flammes vertes.
"Dobby, apporte du café et un peu de nourriture, s'il te plaît. Je prendrai le mien dans ma chambre," demanda Eileen. Alors qu'Harry – debout – avait l'air vulnérable et effrayé. Ses yeux s'écarquillèrent alors que chaque personne quittait la pièce; sa source de sécurité.
Eileen enlaça ensuite fortement Harry, et le rassurant sur le fait que peu importe ce qu'il s'était passé, elle l'aimait. Après l'avoir embrassé sur la joue, elle monta les escaliers pour rejoindre sa chambre. Elle ne pouvait rien faire d'autre. C'était à son fils d'admettre la vérité et trouver une solution. Les yeux verts d'Harry étaient emplis de soulagement; il avait apparemment été rassuré par ce que lui avait dit Eileen.
"Restes ici," dit Severus d'une voix sans émotion et monotone; Harry tressaillit comme s'il avait été violemment secoué. Fermant les yeux, il les ouvrit de nouveau et regarda Harry, son regard s'adoucit, lui signifiant sans un mot qu'il était désolé. Harry se contenta de déglutir, ses yeux montrant de la résignation. Comment avait-il pu croire que Severus pouvait avoir des sentiments pour lui? Ses propres parents ne l'avaient même pas aimé. Une partie de lui – même après toutes ces années – savait à quel point il ne pouvait pas être aimé. Ils aimaient Nick et Roxy, il n'y avait que lui qu'ils ignoraient et rejetaient tout le temps. Pendant des années, il savait que ce n'était que lui, sinon, Roxy aurait elle aussi été ignorée.
Severus s'insulta mentalement, alors qu'il entrait dans son laboratoire de potions; il était en train de tout détruire sans même le vouloir. Ouvrant le placard, il prit une potion avant de le refermer et quitta de nouveau le laboratoire. Debout devant la porte, il médita sur ce qu'il devait faire. Devait-il étouffer la flamme qu'avait Harry dans son cœur? Le laisser partir en sachant que c'était pour le mieux. Ou devait-il être honnête et attendre? Devait-il s'ouvrir au risque de finir blessé encore une fois? Il ne savait vraiment pas quoi faire; son cœur était malmené par ses émotions ce soir-là. Sans le vouloir, son esprit repensa au baiser, un petit sourire apparut sur son visage; il avait peut-être été soûl, mais il s'était montré passionné et avide. Grognant, il cogna sa tête contre la porte, il ne voulait pas laisser passer cette occasion. il voulait Harry pour lui, que toutes les conséquences aillent se faire voir. S'il avait la moindre chance, il allait devoir la saisir. Il le regretterait pour toujours s'il le laissait partir; il était temps, pour lui, de vivre. Malgré la guerre et le fait qu'aucun d'entre eux pourraient y survivre.
"Dobby?" appela Severus alors qu'il retournait dans le hall. Il remarqua avec absence que les bannières et banderoles avaient toutes disparu. Tout était revenu à la normale, mais il semblait que ça ne l'était pas vraiment. Il ne pouvait pas blesser Harry, cela pourrait les détruire tous les deeux, et il ne pouvait pas détruire l'esprit d'Harry. Il ne pouvait pas empirer ce que ses horribles parents avaient fait.
"Oui, Maître?" demanda Dobby en faisant face à Severus qui s'arrêta pendant un instant.
"J'aimerais que de la nourriture et des boissons soient amenées dans le salon," dit Severus avec désinvolture alors qu'il se remettait à marcher. Peu de temps après, Severus entra de nouveau dans le salon. Harry était toujours là, debout. Il avait l'air défait et abattu, faisant Severus se sentir dix fois plus coupable qu'avant avec ses pensées déplacées.
"Tiens, bois, assieds-toi." dit doucement Severus, sa voix froide avait été remplacée par un ton indéniablement épuisé.
Harry prit la fiole, il ne demanda pas ce que c'était, il le savait déjà. C'était un simple remède contre la gueule de bois. Il voulait presque ne pas le prendre car il savait que cela le ferait encore plus culpabiliser et le rendrait plus horrible. Malheureusement, il savait qu'il devrait y faire face tôt ou tard. Il devrait même commencer maintenant. Enlevant le bouchon, il déglutit la potion. Elle commença à agir immédiatement, son mal de tête et le 'bourdonnement' qu'il entendait à cause de l'alcool étaient partis. S'installant, comme on le lui avait demandé, il refusa de regarder l'homme au cheveux noir, se sentant vraiment stupide. Il réussit finalement à ouvrir la bouche pour lui demander pardon "Je suis désolé." dit-il d'une voix étranglée.
"Pour quoi?" demanda Severus en s'asseyant à l'opposé de l'adolescent. Avant qu'ils n'aillent plus loin, il devait savoir, il devait savoir ce que ressentait Harry; sinon, cela compliquerait juste les choses.
Un 'pop' les interrompit, pas pour longtemps; Dobby posa le large plateau près d'eux avant de disparaître sans un mot. Les elfes de maison entendaient et voyaient des choses, beaucoup de choses, car les humains (sorciers et sorcières) ne remarquaient pas leur présence. Ils pouvaient se rendre invisible; faire ce qu'ils avaient à faire sans interrompre le train de vie de leur Maîtres et Maîtresses. Dobby savait ce qu'il s'était passé ce jour-là et espérait qu'Harry et Severus règlent tout cela. Il les aimait vraiment beaucoup et ils étaient magiquement compatibles. Peu de sorciers rencontraient une personne compatible avec eux en fait. Dobby aimait bien cet endroit, alors il espérait qu'Harry reste, mais si Harry partait, il partirait lui aussi. Maître Harry l'avait sauvé, libéré et maintenant, il était capable de faire son travail sans peur et sans se punir.
Harry gémit presque d'agonie; Severus semblait vouloir être témoin de son humiliation absolue. Il ne parvenait toujours pas à regarder Severus; il était terrifié de voir le dégoût qu'il avait toujours vu dans le regard de ses propres parents, dans le sien. Il n'avait jamais été assez bon pour eux et il se demandait s'il serait un jour assez bon pour quelqu'un. Severus savait tout de lui et pourtant, il semblait ne pas s'en préoccuper. Ses pensées se fixèrent sur ses cicatrices, pouvaient-elles être ce qui répugnait Severus? Il les voyaient tous les jours et il les détestait toujours autant. Il s'était souvent demandé, lorsqu'il se douchait, s'il s'habituerait un jour à elles. Aucune potion de sa connaissance ne pouvaient les effacer; elles avaient été faites avec de la magie. "Tu le sais." prononça-t-il finalement, ses yeux verts emplis de larmes; il ferma ses yeux pour ne pas que ses larmes coulent. Ne volant pas que Severus s'aperçoive à quel point il l'avait anéanti. Pourquoi Luna lui avait-elle dit que tout se passerait bien? Et si ce n'était pas vrai? Non, il avait confiance en Luna et ses capacités. Mais alors, qu'est-ce que cela voulait dire? Severus l'aimait-il ou l'aimerait-il plus tard? Il n'avait jamais rien ressenti de tel avant, pas même pour Viktor. Il ne pouvait pas laisser cette occasion passer sans se battre.
Severus soupira; il n'aimait pas l'idée d'avoir cette conversation. Cela ne semblait pas l'aider; Harry avait apparemment une mauvaise impression. Il allait devoir être honnête et direct s'il voulait avoir les réponses dont il avait besoin. "Depuis quand ressens-tu cela, Harry?" demanda Severus, la voix douce mais inquisitrice.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent en entendant la voix de Severus changer, il regarda finalement Severus pour la première fois depuis qu'il était entré dans la maison. Il pouvait voir que Severus était partagé, son cœur se gonfla d'espoir que même Luna avait été incapable de lui faire ressentir. "Un moment maintenant." admit-il avec réluctance, son cœur battant presque hors de sa cage thoracique. Tellement fort qu'il avait peur de commencer à avoir des palpitations.
"Tu réalises que rien ne peut se passer, n'est-ce pas?" dit calmement Severus, avant d'ajouter. "Du moins, temps que tu seras aussi jeune et encore mon apprenti."
Harry avait l'impression d'avoir reçu un coup de poing en entendant le début de la phrase de Severus, ses émotions changeaient si brutalement qu'il arrivait à peine à les comprendre. "Pourquoi pas?" s'écria-t-il face à cette injustice; il n'était plus un petit garçon, il savait ce qu'il voulait. Il serait l'apprenti de Severus pour au moins encore trois ans à peu près. Il ne semblait pas avoir réalisé à quelle vitesse il avançait dans l'art des potions.
"Tu ne te rends pas compte de ce qui arriverait si je faisais…me mettais en coule avec toi pendant ton apprentissage?" demanda Severus. Harry était très intelligent, il aurait dû y penser, mais l'amour n'était pas un savoir, c'était un sentiment. Un pour lequel personne n'avait de contrôle, évidemment puisqu'il avait commencé à avoir des vues sur un adolescent de seize ans. "Tu n'aurais plus aucune crédibilité; les gens ne te prendraient pas au sérieux. Tu t'estimerais chanceux si tu parvenais à faire publier quoi que ce soit, ils auront l'impression, la mauvaise impression que j'ai été gentil avec toi à cause de notre relation."
"Oh," fut tout ce que l'adolescent put prononcer. Harry se demanda pourquoi il pressentait qu'il y avait un 'mais' ou une autre raison…il n'eut pas à se le demander longtemps.
"Et puis il y a le fait que j'ai l'âge d'être ton père, Harry," dit Severus. Il se tendit légèrement alors qu'il venait au cœur de la discussion. "Je t'aime mais cela va à l'encontre de mon jugement. Je n'aime pas l'idée d'être attiré par quelqu'un de seize ans. Si ce n'est pas un coup de cœur, alors peut-être que nous pouvons créer un arrangement une fois que tu seras majeur." Et voilà, il l'avait dit, il l'avait admis et tout revenait à Harry désormais. L'adolescent pouvait-il attendre un an? Et voir ce qu'il pourrait faire ensemble? ou non?
"Mais je n'aurai pas fini mon apprentissage à mes dix-sept ans" fut tout ce qu'Harry fut capable de dire puisque son esprit s'écriait de toutes ses forces, en dansant dans son habitacle 'Il m'aime! Il m'aime! Luna avait raison.'
Severus s'étouffa, la pensée elle-même était risible; les apprentissages duraient deux à trois ans. Sauf si bien sûr ils ne créaient pas tout seul une potion officielle pour devenir un potionniste indépendant. Il savait que cela ne serait pas un problème; Harry avait déjà crée une potion qui avait sauvé la vie de sa mère! Non, Harry allait très bien se débrouiller, deviendrait un célèbre potionniste et créerait de très bonnes potions. Pour créer une potion, il fallait avoir de la motivation, de l'imagination, la volonté de créer et persévérer jusqu'à réussir. Comment Harry pouvait-il avoir toutes ces caractéristiques alors qu'il avait sans cesse été écrasé par sa famille et surtout son frère? Il ne savait pas. "Harry, tu as surpassé toutes mes attentes. Ta soif de faire tes preuves a payé. Les journaux t'ont dépeint comme le prochain 'plus jeune Maître des potions' et ils ont raison. D'ici l'année prochaine, tu seras prêt à passer tes examens de Maîtrise. Après cela, tu créeras ta potion, je doute que qui que ce soit te prenne ce titre...pas tant que nous serons encore en vie." cela lui importait peu de lui laisser le titre, pas à quelqu'un qui en valait la peine tel que Harry. S'il avait entendu cela avant, il aurait été furieux d'avoir été surpassé par un Potter. Les choses étaient cependant différentes, Harry n'était pas un Potter et les Potter seraient ceux qui allaient être furieux.
Harry sentit une bouffée de chaleur se répandre dans son corps, tout ce genre de compliment lui donnait toujours une sensation de chaleur et de picotement en lui. Il n'y était pas habitué et les entendre de Severus…signifiait tout pour lui. Il savait que Severus ne mentait pas, n'avait jamais menti et ne pensait pas qu'il le pourrait un jour. Il disait la vérité pour le meilleur ou le pire. Il serait un Maître l'année suivante! Il pouvait à peine le croire. Il pouvait attendre, il attendrait Severus, cela en valait la peine. Il n'était pas après le corps ou l'intelligence de Severus, mais pour ce qu'il était, représentait. Pour la façon dont il le faisait se sentir, il n'y avait aucune comparaison, pas même avec Viktor. Bien qu'il serait toujours reconnaissant envers Viktor, sans lui, il n'aurait jamais eu le courage de s'émanciper de sa famille. Il n'aurait jamais eu le courage de boire ou de suivre ses sentiments pour Severus. Une part de lui ne comprenait pas la réluctance que Severus éprouvait à agir avant qu'il ne soit plus âgé. Quelle différence une année pourrait-elle faire? Qu'il le comprenne ou non, il l'aurait fait lui. "Je vais attendre." lui dit Harry, le visage sincère et sérieux lorsqu'il parla. Ce qui transmit la profondeur de son amour pour l'homme assis en face de lui.
"Nous verrons," dit sèchement Severus, heureux que cette conversation soit finie, "Et maintenant bois, manges et vas au lit."
Harry le fit avec empressement; il découvrit qu'il était vraiment affamé, alors qu'il dévorait sa génoise et buvait son café. Ce fut à ce moment qu'une pensée s'imposa à lui et il savait qu'il devait l'extraire de son esprit, sinon, cela le hanterait. "Tu ne dis pas ça par pitié, n'est-ce pas?" demanda-t-il, le visage tordu par l'horreur.
"M. Peverell, me prenez-vous pour un idiot?" demanda Severus, ses narines tressaillant avec colère.
"Non," dit Harry avec gêne, il savait que rien ni personne ne pouvait forcer Severus à faire quelque chose qu'il ne voulait pas. Malgré ses paroles, Harry se sentait vraiment rassuré. Il avait sa réponse, que sa question ait été stupide ou non.
"Bien," dit Severus, la voix toujours sèche mais, il s'était quelque peu relaxé. Honnêtement, Harry pensait-il qu'il était une sorte d'abruti qui avait le cœur sur la main? Ou présentement, qui promettait quelque chose par pitié? Il était rassuré qu'Harry ait l'air de se sentir stupide d'avoir posé cette question. Secouant la tête avec exaspération, il finit son café, impatient de retrouver son lit après cette conversation éreintante. Il avait beaucoup de chose auxquelles penser, incluant celle de savoir s'il avait fait la bonne chose. Que ce soit oui ou non, ce qui était fait, était fait. Il sentait qu'Harry méritait mieux, mieux que lui; un ex-mangemort grincheux dont le nombre de crimes était plus long que son bras. Et pourtant, il savait que même maintenant, il ne laisserait pas Harry. Il était un homme possessif et des hommes plus forts et plus âgés n'auraient pas été capable de dire non à Harry. Il était simplement délicat, d'une beauté stupéfiante et tellement différent de son jumeau qu'il était risible de les considérer comme tel. Nick agissait et avait l'air d'avoir seize ans; Harry avait l'air et agissait comme un homme d'une vingtaine d'années. Il n'était pas étonnant qu'il ait eu si peu d'ami dans sa vie.
Posant sa tasse, il se leva, "Vas au lit." dit-il à Harry, cela avait été une longue journée.
"Oui." dit Harry en souriant à Severus comme s'il était une merveille. Même lorsqu'il était enfant, ses parents ne lui avaient jamais dit cela. Ils l'ignoraient, l'avaient laissé se débrouiller seul et ne l'avaient jamais bordé ou lu une histoire avant de dormir. Il savait que Severus n'était pas une figure parentale, mais que quelqu'un lui prête attention était une aubaine, même après tout ce temps.
"Cela ne veut pas dire que les choses vont changer, Harry, tu es toujours mon apprenti et je vais continuer à te pousser aussi loin que je peux." dit Severus de façon inquiétante en fixant Harry, et haussant un sourcil en signe de défis.
"J'attends cela avec impatience," dit Harry, il avait, bien entendu, réalisé que rien ne changerait, du moins, pas maintenant…peut-être l'année d'après. Se levant brusquement et déglutissant difficilement, il ne pouvait pas avoir CES pensées dans sa tête, pas ici et maintenant. Non, peut-être que Severus avait raison…il était temps d'aller se coucher. Il était tout d'un coup avide de suivre l'exemple de Severus.
Severus prit la tête du cortège, ouvrit la porte et fut accueilli par sa mère de l'autre côté de la porte. La fixant du regard un instant, il secoua silencieusement de la tête avec exaspération. Que pensait-elle qu'il ferait? Le découper et l'utiliser pour une potion? Elle devrait savoir à quel point il était possessif, même s'il était obstiné jusqu'à la moelle. Non, il ne laisserait pas Harry hors de sa vue. Son esprit était plus que fermement déterminé. Eileen lui fit un grand sourire avant de décamper, alors qu'Harry contournait Severus et montait les escaliers pour aller se coucher.
Severus le regarda partir, son regard se fixant sur une certaine région du corps d'Harry, jusqu'à ce qu'il ait disparu dans sa chambre. Oh non, il ne laisserait pas du tout Harry partir, pensa-t-il alors qu'il montait finalement les escaliers pour rejoindre sa propre chambre. Il regarderait mais ne toucherait pas. Dans un an par contre…un an.
Il n'avait cependant pas idée à quel point cela serait difficile.
La vie de James et Lily avait été réduite à du somnambulisme ou du moins, cela y ressemblait. James n'allait pas à son travail, ce qui leur coûtait de l'argent. Ses congés maladie avaient tous été utilisé et le Ministère ne lui donneraient pas d'argent s'il ne venait pas travailler. Pas avec la guerre qui s'annonçait, ils avaient besoin de tous les Aurors possible. Peu importait Nick, le garçon qui avait survécu. Lily, toujours la tête pensante entre eux deux, avait dû travailler pour faire entrer de l'argent. Il n'y avait même pas moyen de faire des heures supplémentaires puisque les enfants venaient seulement assister à leur cours. Elle n'avait pas aborder le sujet avec James, elle était trop inquiète pour Nick pour se préoccuper de l'argent à ce moment-là. Lorsque Lily n'était pas en classe, elle était à l'infirmerie avec son fils et son mari. Mais maintenant, c'était l'été, et Lily n'avait aucun cours pour le moment, juste des leçons à planifier pour l'année suivante. Alors, aucun sou ne rentrait sur leur compte désormais. Elle n'avait même pas passé de temps avec sa fille qui se sentait très, très négligée. James était endormi de façon précaire sur la chaise à dossier haut de l'infirmerie. Ses lunettes avaient été enlevées par sa femme lorsqu'elle était entrée. James avait été très inquiet, Lily l'avait observé, vraiment trop inquiet. Il bavardait normalement lorsqu'il était anxieux ou nerveux; comme lorsqu'il avait entendu la prophétie. C'était ainsi que Sirius avait su qu'il se passait quelque chose. Lily fut sorti de ses pensées lorsqu'un petit gémissement fut émis par son fils.
Ses yeux verts s'écarquillèrent et elle serra la main de son fils en espérant qu'il se réveille rapidement. Elle retenait sa respiration avec anticipation, suppliant n'importe quelle déité de lui rendre son fils, avec sa magie. Tout le monde sorcier retenait son souffle en harmonie avec elle. Ils croyaient ce qu'Ombrage avait dit, alors Nick était plus important que jamais. Jusqu'à maintenant, aucune magie n'avait été pratiquée sur son fils et la seule chose qu'il ingérait était de l'eau et de la nourriture de façon moldue. Un seul sort pouvait transformer son fils en cracmol. Alors cela n'était guère surprenant que Dumbledore ait apposé des protections encore plus rigides que celles qu'utilisait Gringotts pour ses voûtes.
Lorsque Nick ouvrit ses yeux, Lily hurla à son mari de se réveiller alors qu'elle cajolait son fils. Le soulagement bien évident sur tout les pores de son corps, son fils était réveillé; il irait bien. "JAMES! JAMES! IL S'EST RÉVEILLÉ! VAS CHERCHER POMFRESH!"
"Ça va aller mon bébé, tout va bien," dit Lily en passant ses doigts dans les cheveux de son fils.
"Éloignez-vous!" ordonna Pomfresh alors qu'elle commençait à examiner Nick sous toutes les coutures, sans utiliser de magie. Comme toujours, elle ne trouva pas grand chose en l'examinant, mais elle enleva la seringue de son bras. Le tube qui le nourrissait fut ensuite enlevé; Lily détestait le voir. Ce qui faisait plus souffrir son fils lorsqu'elle le réinsérait dans sa gorge.
"Comment vous sentez-vous, M. Potter?" demanda Pomfresh, ses sentiments personnels n'interféraient jamais avec son travail. Même si elle trouvait que Nick s'était montré lâche d'avoir abandonné son frère face à Voldemort. Elle en avait à peine cru ses yeux mais au moins, Harry était vivant et heureux. Elle était plutôt fière de lui; malgré ce que sa famille lui avait fait, il se débrouillait bien. Passant sa Maîtrise de Défense et de Potions, en étant le plus jeune d'ailleurs, sans aucun doute, Harry ressemblait à Severus.
"De l'eau," croassa Nick, alors que les événements commençaient finalement à lui revenir; les actes de ses parents, les mots de sa sœur…et comment il avait agi face à Harry. Il n'aurait jamais dû écouter sa sœur, regardez ce qui lui arrivait maintenant; il s'était encore plus aliéné son frère, il sanglota presque alors que le souvenir qu'il utilisait pour faire son Patronus se rejouait encore et encore dans son esprit.
"Voilà," dit Pomfresh en aidant l'extrêmement faible adolescent de seize ans à boire. Il y avait des cartes de vœux et des présents dans la pièce, pour lui apparemment. Il ne se sentait pas assez en forme pour les ouvrir par contre. Cela lui prendrait un moment avant d'aller mieux, en particulier s'ils ne pouvaient pas lui donner de potions.
"Mal," dit Nick, grognant de douleur alors que Pomfresh le reposait contre les oreillers. Que s'était-il passé? Il savait qu'il se sentait faible, mais là, c'était dix fois pire que ce dont il se souvenait. "Qu-qu'est-ce qu'il s'est passé?" Comment était-il arrivé ici?
"Chut!" dit Pomfresh alors que James et Lily commençaient à parler en même temps. Elle les regarda avec colère avant que son regard ne s'adoucisse alors qu'elle se tournait à nouveau vers Nick.
"De quoi vous souvenez-vous, M. Potter?" demanda calmement Pomfresh.
Pour une raison quelconque, il ne voulait pas leur dire qu'il avait eu une conversation avec Harry. Il ne voulait pas qu'ils pensent qu'Harry était responsable de cette situation, même s'il avait une dette envers lui. Sans rien n'ajouter, il ouvrit la bouche et dit, "Je me souviens d'être entré dans une salle de classe et c'est tout – c'est tout ce dont je me souviens."
"Pourquoi n'êtes-vous pas venu pour votre main? Si elle avait continué, vous auriez pu mourir." dit Pomfresh, les lèvres retroussées par la colère. Elle détestait l'idée qu'un enfant ait pu être blessé et ne soit pas venu la voir.
"J'ai essayé de le dire à mes parents et ils m'ont dit que je le méritait." dit Nick en déglutissant difficilement. Il ne leur accorda même pas un regard même si, du coin des yeux, il les vit flancher. Il vit la douleur inscrit sur leurs traits. Pomfresh fixa les adultes avec incrédulité. Peut-être avaient-ils échouer avec plus qu'un seul enfant.
"Nous ne savions pas qu'elle faisait ça!" s'écria James avec colère; son visage par contre était blême et il était secoué par les accusations de son fils.
"Non, vous l'avez juste cru elle à la place de votre propre fils," claqua amèrement Nick, grognant car chaque muscle de son corps protestait à cause de son mouvement. "Puis-je, s'il vous plaît, avoir une potion anti-douleur?"
Pomfresh se figea, elle savait que ce serait probablement le plus gros choc, et pourtant, "Vous ne pouvez pas recevoir de potion anti-douleur, mais j'ai quelques médicaments contre la douleur provenant de la médecine moldue." dit Pomfresh.
"Pourquoi?" demanda Nick en fronçant des sourcils. Pourquoi devait-il prendre des médicaments moldu? Pourquoi pas des potions? Que ce passait-il? Qu'est-ce qu'ils ne lui disaient pas?
"Votre magie a besoin de temps pour récupérer, vous ne pouvez utiliser aucun sort ou en recevoir." dit Pomfresh, s'assurant qu'elle avait toute l'attention de Nick, "Si cela arrive, votre noyau magique pourrait se scinder et vous transformerait en cracmol." elle devait le lui dire pour qu'il puisse comprendre et ne brise aucune règle.
Nick pâlit, "Pourquoi?" demanda-t-il avec terreur dans un souffle; qu'est-ce qui n'allait pas avec sa magie? Un cracmol, cette pensée le terrifiait encore plus que Voldemort.
Il semblait que Nick Potter avait trouvé autre chose qui le terrifiait plus que Voldemort.
"Toute la magie que vous avez appris vous a complètement drainé, nous pourrons vous donner plus de potion régénératrices de magie dans quelques semaines, mais, d'ici là, je vous recommande grandement de ne pas utiliser de magie." dit Pomfresh.
Nick hocha de la tête, il comprenait ce que lui disait Pomfresh, c'était encore de la faute de ses parents. C'était bien d'être traité en adulte, Pomfresh avait présenté la situation sans l'enjoliver et sans lui en dire le moins possible. C'était rafraîchissant. Malgré le fait qu'il se sentait toujours dévasté et très vulnérable pour la première fois de sa vie. Il voulait juste qu'on le laisse seul.
"Tenez, buvez ceci," dit Pomfresh en aidant Nick à avaler les petites pilules blanches, la médecine moldue était plutôt bizarre. Elle savait également qu'elles n'agissait pas instantanément, cela ne prendrait pleinement effet que dans une heure d'après la notice. Elle lui donna de l'eau pour l'aider à les avaler, considérant la grimace qu'il faisait, elles étaient aussi dégoûtantes que les potions.
"Beurk," s'étouffa Nick, il espérait qu'il n'aurait pas à les prendre pendant longtemps; il fronça cependant des sourcils lorsqu'il nota que rien ne se passait. " Ça ne marche pas." murmura-t-il avec confusion.
"La médecine moldue ne fonctionne pas instantanément, cela prend du temps." déclara Pomfresh en tapotant son oreiller pour lui redonner forme. Elle aida Nick à se rallonger plus confortablement, il s'endormirait sans aucun doute bientôt, même après avoir dormi tout ce temps. Il était très faible, en y pensant, elle réalisa qu'elle devrait lui donner quelque chose pendant qu'il était encore éveillé.
"Bitzy," appela Pomfresh, l'elfe de maison lui avait été assigné pour l'aider à garder l'infirmerie en ordre.
"Oui madame?" demanda Bitzy en apparaissant. Normalement, Pomfresh ne l'appelait pas ici, dans l'aile principale. Elle l'appelait généralement dans son bureau, ou utilisait la cheminette pour tout ce dont elle avait besoin.
"J'ai besoin d'un peu de soupe s'il te plaît, et n'importe quel dessert, du moment qu'il soit léger." dit Pomfresh.
"Nous avons du flan?" dit Bitzy.
"C'est très bien, merci," dit Pomfresh, aidant l'adolescent à s'asseoir, roulant des yeux lorsque Lily intervint. Elle savait comment prendre soin des élèves, elle le faisait bien avant que Lily Evans n'arrive à Poudlard.
Bitzy réapparut bien loin du lit de Nick, elle s'approcha pour placer la nourriture sans magie sur le plateau de Nick; tous les elfes de maison avaient pris connaissance de l'état de Nick.
"Merci," dit Nick, surprenant immensément James et Lily, ce n'était pas le genre de mots que prononçait habituellement Nick Potter.
Bitzy hocha de la tête avec un sourire sur le visage avant de s'éloigner et de réapparaître dans la cuisine.
"Oh mon pauvre bébé," dit Lily, essayant finalement d'étreindre son fils, mais elle fut plus que surprise.
"Lâche-moi! Laissez-moi tranquille! Je veux être seul!" s'écria Nick. Il était vraiment en colère contre ses parents. Cette année là, il avait reçu un échantillon de ce que Harry, son frère jumeau avait subi. Coincé dans le coma avec aucun autre choix que de penser, il avait réalisé qu'il se détestait lui-même. Il était devenu ce dont tout le monde l'accusait d'être et même pire.
"Nick," dit James, "Tu es apparemment confus, mais ne parles pas comme ça à ta mère."
"Je ne suis pas confus, laissez-moi tranquille," dit Nick en se détournant d'eux, ne voulant même pas les voir.
Lily sanglota dramatiquement sur sa chaise, comme si Nick venait juste de lui briser le cœur.
"Nick," soupira James, ses yeux bruns brillant de douleur face à la déclaration de son fils. Peut-être n'avait-il pas été le seul à se remettre en question par rapport à Harry et la vie en général. Nick ne savait pas comment agir, alors il s'en prenait aux autres. Il savait ce qu'il avait à faire, il devait laisser le temps à Nick de remettre ses sentiments en ordre et peut-être ce soir-là, il pourrait revenir et avoir une conversation d'homme à homme avec Nick. Le laisser savoir qu'il se sentait lui aussi mal d'avoir traité Harry de cette façon.
Ce qu'il n'avait pas réalisé c'était que Nick n'était pas fâché à cause d'Harry. Il était furieux contre eux. Il avait déjà ses propres problèmes à traiter avec Harry, mais c'était une chose entièrement différente; ses propres parents avaient choisi le Ministère contre lui, Ombrage plutôt que lui. Il n'allait pas leur pardonner de sitôt. Il semblait que Nick Potter ait finalement trouvé son indépendance. Peut-être y avait-il enfin un espoir pour lui.
D'autres ne seraient pas aussi enthousiaste de sa tentative d'indépendance.
En particulier Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore.
"D'accord fiston, on va prendre une douche, dormir et je reviendrai te voir plus tard." dit James en laissant un peu d'espace à son fils.
"James!" s'écria Lily avec colère. Comment pouvait-elle se faire pardonner par son fils pour tout ce qu'ils avaient fait s'ils n'étaient pas là? Réalisa-t-elle, contrairement à son mari qui n'y avait pas pensé. Nick leur en voulait pour le fait qu'ils avaient failli le faire devenir un cracmol, et d'avoir crût Ombrage. Dommage, Lily ne pensait pas du tout à cela, sinon, James n'aurait pas été…stupide.
"Viens, Lily," soupira James, en conduisant son épouse à l'extérieur de l'infirmerie, laissant Nick être nourri par Pomfresh, puisqu'il était encore trop faible pour quoi que ce soit d'aussi simple que se nourrir.
"Ils étaient très inquiets," dit calmement Pomfresh, alors qu'elle l'aidait.
"Ils ne m'ont pas cru," croassa Nick. Il se sentait extrêmement négligé, la satisfaction d'avoir eu raison ne l'atteignant même pas. Non, il était juste trop terrifié de perdre sa magie; alors il ferait tout ce que Pomfresh lui dirait. Il n'aimait pas penser à ce que James et Lily feraient s'ils apprenaient qu'il était un cracmol. Merde! Ce qu'ils pensaient n'avait pas d'importance! Il se tuerait! Il ne pouvait pas imaginer une vie sans magie. Étant né dans le monde de la magie, c'était très compréhensible.
Comme l'avait dit Severus, rien n'avait changé, il continuait à pousser Harry dans ses limites; aussi bien en potion qu'en défense contre les forces du mal. Il était vital qu'il apprenne tout ce qu'il pouvait, au cas où Voldemort le trouverait ou - espérons que non – qu'il découvre qu'Harry soit celui qui devait le vaincre. S'il lisait les journaux, il devait déjà l'avoir réalisé, Harry était juste…plus que son jumeau; puissant, déterminé, un véritable héros qui agissait dans l'ombre. Harry n'avait aucune raison de tous les sauver, et pourtant, il le faisait, ce qui le rendait vraiment héroïque. La célébrité faisait peur à Harry, pas effrayante mais il était évident de voir qu'il ne voulait pas être célèbre ou que les gens sachent son nom. Il avait choisi de rester pour toujours anonyme et se terrer dans l'ombre. Pas que Severus le blâmait, car il pensait également la même chose. La seule pensée de devenir célèbre effrayait Severus; cela pourrait détruire sa réputation.
Cela faisait une semaine que 'l'incident' s'était passé et depuis, rien de remarquable ou de bizarre ne s'était produit au Manoir Prince.
"Bonjour," dit joyeusement Eileen en entrant dans le salon qui se situait tout proche de la pièce à vivre.
"Pas pour longtemps," dit Severus en lui passant le journal.
Fronçant des sourcils, Eileen accepta le journal et l'ouvrit. Ah, elle comprenait maintenant pourquoi il avait l'air si inquiet. Nick Potter était finalement sorti de son coma, et la presse cherchait comme d'habitude une histoire.
"Tous des idiots," dit Eileen en roulant des yeux face à ce tas d'ordure, bien que Potter avait l'air d'avoir perdu beaucoup de poids. En fait, cela lui rappelait le jour où, enfant, Harry était entré dans sa boutique. Bien sûr, elle ne connaissait pas son âge réel, puisque Harry était mature et semblait plus âgé qu'il ne l'était vraiment. Et ressentait les choses plus intensément qu'une personne de son âge.
"En effet," murmura Severus acquiesçant complètement. Heureusement, il n'était fait aucune mention d'Harry dans le journal. Cela aurait probablement encore plus ennuyé le jeune homme. Chaque mention des Potter semblait retourner l'estomac d'Harry. Que ce soit mentionné par lui ou par le journal. Non pas que Severus le blâmait; cela lui retournait également l'estomac, mais il était trop habitué à la renommée qui allait de pair au fait d'être un Potter. James était connu, bien que, honnêtement, la renommé de Potter Junior était dix fois pire. Au moins, Harry ne retournerait pas à Poudlard avant la fin de l'été.
"Bonjour," dit Harry en s'installant, les yeux à moitié fermés. Eileen lui fit un grand sourire ce qui conduisit Harry à lui sourire en retour. Il ne savait pas pourquoi mais, récemment, Eileen lui souriait de cette façon chaque jour. Il était épuisé et il parvenait à peine à manger son petit-déjeuner vu que sa mâchoire s'ouvrait systématiquement à chaque bâillement.
"Tu n'as pas bien dormi," c'était une affirmation et non une question.
"Non," dit Harry, répondant à l'affirmation de Severus.
"Cauchemars?" demanda Severus, il était inquiet pour lui, naturellement, la fatigue et les potions ne s'accordaient pas vraiment. Une seule erreur et boom, en particulier les potions qu'Harry brassait ces jours-ci.
"Oui," admit Harry. Il ne savait pas pourquoi ils étaient revenus pour prendre leur vengeance. Peut-être était-ce parce que Voldemort devenait plus actif et des familles se faisaient tuées. Cela le faisait se sentir extrêmement mal; il ne pouvait pas y aller et y mettre fin. Il savait qu'il n'était pas prêt, très franchement, il doutait qu'il le serait un jour. Il n'irait nulle part tant qu'il ne serait pas prêt; il ne prendrait pas le risque de tout perdre. Il frissonna en pensant à ses amis ou sa famille souffrant des erreurs qu'il pourrait causé. Sa famille comprenant Eileen et Severus, ses amis, Cédric, Cho, Fleur, Luna, Neville, Viktor et leurs compagnons.
"Peut-être devrais-tu prendre une potion de sommeil sans rêves ce soir," dit Severus. Harry ne s'était pas levé pour prendre un verre de lait chaud comme il le faisait habituellement. Alors combien de temps avaient duré les cauchemars? Harry changeait ses habitudes alors, Severus ne pouvait plus suivre le fil.
"Je pense que c'est ce que je vais faire," dit Harry en retenant un autre bâillement. Cela faisait trois nuits de suite qu'il se réveillait par des cauchemars. Le manque de sommeil commençait réellement à se faire sentir, il se servit une tasse de café noir très serré: plus il y avait de caféine et mieux c'était. Son humeur chuta brutalement en voyant le journal. Il ne voulait pas qu'ils réussissent à l'atteindre, alors il s'était promis qu'il les oublierait et continuerait sa vie.
Il avait essayé de le faire pendant des années…il n'avait toujours pas réussi à les oublier.
Et voilà!
Je sais que je poste ce chapitre un peu tard, mais je suis fatiguée!
Merci beaucoup pour vos messages, ça me fait toujours plaisir de les lire et ils me redonnent confiance!
Pour le prochain chapitre, Nick "refera" connaissance avec quelqu'un et liera peut-être une véritable amitié, dans: L'épiphanie de Nick
(épiphanie=révélation)
Merci et à la semaine prochaine!
