Note de l'auteur : Bonjour ! On garde le rythme ! On garde le rythme ! Ce n'est pas toujours facile, mais bon si je relâche mon attention une seconde je sens que je vais encore prendre du retard ! Voici donc a suite de DAWN, encore un chapitre inédit (complétement). Et il ne restera ensuite qu'un chapitre et l'épilogue ! Je sais pas si je suis contente d'être enfin arrivée à publier une histoire correcte jusqu'à la fin ou trop triste de dire que c'est fini…
Enfin bref, merci à tous de passer par là ! J'espère que la suite vous plaira !
Pour celles qui m'ont proposées de lire le Kim x Jared, vous pouvez m'envoyer un mail sur : princessepipirou hotmail « point » fr . Je vous enverrais les fichiers de là !
Bonne lecture !
Réponses aux reviews :
Miso : Hello ! Pas de soucis ! En tout cas merci de ton commentaire ! Oui Isleen retrouve sa famille, et une famille super bien qui est dans l'acceptation des autres peu importe ce qu'ils sont. Et c'est pas si facile (mais bon on est dans l'imaginaire donc…). Le prochain chapitre est là, j'espère qu'il te plaira autant ! Et oui, moi aussi je suis partagée. J'ai l'impression qu'un bout de ma vie va s'échapper pour ne plus revenir. Mais bon toute chose à une fin, même les meilleures… Et puis j'essaye d'écrire autre chose, donc c'est pas vraiment un adieu ! En tout cas cela me fait très plaisir de savoir que c'est une histoire que tu reliras. Je crois que pour moi c'est un de plus beau signe. Alors merci beaucoup ! Pour le Kim et Jared envoi moi un mail que je puisse te faire parvenir les chapitres ! A bientôt !
Anne : Salut ! Ton droit est conservé jusqu'à la fin de l'histoire ! Il reste encore pas mal de mystère et je me rends compte que certains ne seront pas éclaircit dans cette partie de l'histoire… Car oui en théorie il y a une suite. Mais elle est très très loin d'être commencée ! J'espère que ce chapitre te plaira !
Zipi : Hey ! J'ai eu peur que tu ais disparu ! J'attends tes commentaires avec impatience alors attention ! Moi aussi je peux faire une prise d'otage lol ! J'avoue que je ne connais pas cette série… J'en ai entendu parlé, mais ça ne me tente pas trop… C'est pas vraiment mon genre de série !
Eh oui les explications étaient là. Bon j'avoue je les ai un peu plus détaillées pour que ça soit clair. Mais devant les réclamations importantes (lol) et bien je me suis dit que j'avais peut-être pas fait le bon choix d'attendre pour expliquer les choses. D'où mes précisions dans les commentaires ! Donc pas vraiment d'agacement ou contre moi… Je suis plutôt du genre « tristesse » dans Vice Versa (je suis nulle, je les déçois, je comprends pas pourquoi il y a encore des personnes qui me lisent…) ! Tu vois le tableau ? Mais bon c'est aussi ça le jeu de ! J'ai écrit cette histoire comme un bouquin, sauf que s'en est pas un : il y a eu du temps entre les chapitres, parfois beaucoup, et donc à chaque fois pleins de questions arrivent ! lol ! Faire le tri ce n'est pas toujours évident, surtout que tout était déjà écris. Je te dis pas combien de fois je suis allée voir plus vers la fin si j'avais bien tout expliqué !
La v2 est mieux ? Ouf ! J'avais peur de saouler le lecteur en rallongeant la fin et en même temps elle était tellement nulle avant que je ne pouvais pas la laisser comme ça ! Et puis ce n'est pas vraiment ce que j'avais en tête (j'aime torturer mes persos) ! Quant au pari c'était « Est-ce qu'Isleen va se laisser emporter par la chasse ou non ? ». Edward le dit « elle ne pense plus du tout à la chasse » = « Jacob je crois que tu viens de perdre ton pari ». Les deux morceaux de la phrase sont liés.
En tout cas merci pour ton message ! J'attends tes impressions sur le suivant !
Disclamer : L'univers Twilight et la majorité des personnages sont la propriété de Stéphanie Meyer.
Réapprendre à vivre
La lumière du soleil me chatouille la peau dans une caresse chaleureuse. Je descends doucement des nuages cotonneux. Les brumes du sommeil s'éloignent, me laissant dans un état de béatitude immense. Je me sens si bien ce matin. Et à chaque sens qui s'éveil la sensation de bienêtre se développe.
Mon épiderme chauffé par les rayons solaires subit les effleurements de la respiration de Seth. Il est à la fois autour de moi et à l'intérieur de moi. Son odeur me sert de couverture, son souffle de berceuse… Sans parler du son plus primitif mais rassurant de son cœur contre mon oreille. Au creux de moi, je discerne sa présence. Il pulse d'amour, comme une onde chatoyante. J'inspire profondément pour me laisser emporter loin d'ici.
Mais l'appel de son corps est trop fort pour que je m'endorme de nouveau. Si je bouge légèrement ma tête, mes lèvres pourront vénérer comme il se doit sa chaire douce. Seul le désir de ne pas perdre ce sentiment de plénitude m'empêche de céder à mon envie qui ne manquerait pas de le réveiller. Si le temps pouvait se stopper en cette seconde… Une seconde éternelle. Perdus dans notre monde onirique nous n'avons pas besoin de plus que de l'autre.
J'ai enfin retrouvé ma place. Après avoir vécu dans un univers en ruine, où toutes les belles choses qui m'étaient arrivées disparaissaient, je suis de nouveau là où il faut. Dans le paradis où repose mon cœur.
C'est étrange de retrouver toutes ses perceptions qui faisaient mon quotidien et de voir à quel point elles sont importantes. On les oublie souvent, parce qu'on les croit acquises. Et pourtant… Comment aurais-je pu imaginer que le simple parfum de Seth pouvait me faire tant de bien ? Que sa manie de tirer la couverture alors qu'il n'en a pas besoin me manquerait ? C'est maintenant, alors que je redécouvre toutes ces petites choses que je me rends compte à quel point la vie que j'ai eu ici me plait.
A présent, je sais que nous serons bien.
La respiration de Seth s'intensifie, alors que ses bras se resserrent autour de moi. Il ne va pas tarder à se réveiller à son tour. Même les yeux fermés je peux deviner chacun de ses gestes. D'abord il cherche à rattraper le sommeil en s'enfonçant dans la chaleur du lit ou de mes bras. Puis son nez se fronce en sentant qu'il n'y arrivera pas. Il soupire. Son corps lui apprend qu'il n'est pas seul, et ses mains caressent imperceptiblement ma peau. Et seulement à ce moment-là, alors qu'il vient respirer mon odeur dans ma nuque, il se réveille. Pas complétement, il met souvent plusieurs minutes avant d'émerger complétement.
C'est les moments que je préfère avec lui. Lorsqu'il est encore trop endormi pour se rendre compte de ses gestes tendres. Quand il vient se réfugier contre moi, pour aspirer ma chaleur, alors que je me gorge de la sienne. Dans ces moments là, nous n'avons pas besoin de nous voir, pas besoin de parler… Il n'y a que nous et le lien qui pulse au rythme de nos cœurs.
Je suis généralement la première à réagir le matin, mais pas aujourd'hui. Non je lui laisse croire qu'il est le premier à découvrir l'aube et généralement il en profite.
Comme ce matin.
Je sens son regard sur moi, qui descends de mon visage au creux de son épaule, jusqu'à mes hanches à peine recouverte par la couverture. Puis ses doigts se promènent sur ma peau nue, me faisant frémir. Aussi légers que des papillons ils roulent sur mon épaule, chutent le long de ma colonne vertébrale avant de remonter jusqu'à ma nuque. Il soupir de bonheur avant de se tourner un peu plus vers moi, embrassant mon front en des milliers de baisers.
- A quoi penses-tu ? murmure-t-il.
Il m'embrasse en douceur, mais avec exigence, réclamant tout de suite mon attention. Je le laisse mener le ballet de nos langues, encore un peu perdue dans l'engourdissement de notre nuit. Mais cela n'en semble pas le gêner au contraire. Il me laisse à peine le temps de respirer avant de butiner mes lèvres, de les baiser de nouveau… Il me fait perdre la tête.
Il rit en voyant que je m'essouffle. Je n'étais pas certaine que ça soit encore possible… Je le cajole à mon tour, ne résistant pas à l'appel de sa peau. Il m'arrête en reprenant mes lèvres de nouveau comme s'il n'arrivait plus à s'en détacher.
Hum…
Nous passons un long moment ainsi à nous repaître de la présence de l'autre sans gêne. Peu importe si on se laisse emporter, si nous devrions faire plus attention à ne pas trop ce précipiter. J'aime sentir l'impatience de Seth qui répond à la mienne. Nos corps qui se frottent l'un contre l'autre.
Nous sommes cependant obligés de nous arrêter un moment pour respirer.
- Comment savais-tu que je ne dormais pas ?
- Tu te réveilles toujours avant moi… Et puis, tu ne ronfles pas donc…
Je le tape pour me venger, mes mains remontant le long de son torse pour le chatouiller. Il se débat sous moi, rigolant plus franchement. Il me supplie d'arrêter, cependant rien ne pourra me convaincre de le faire tant j'aime l'entendre rire ainsi. Complétement heureux. Encore un son qui m'a manqué. Il finit par m'arrêter d'un geste souple, ses doigts autour de mes poignets. En théorie je pourrais me libérer à présent, mais je ne souhaite que profiter de ce moment comme avant. De me sentir protéger par sa force et sa chaleur.
- Ok… Ok ! J'ai menti, tu ne ronfle pas !
- Alors ? Comment sais-tu que je ne dors pas ?
Il ne me tient plus que d'une main alors que l'autre vient me caresser le visage.
- Tu es beaucoup moins détendu. Et puis même les yeux fermés je peux voir toutes les pensées qui s'agitent dans ta tête.
- Hum…
- Arrêtes de réfléchir, murmure-t-il à mon oreille. Profite juste.
Il me connait trop bien. Cette réalisation, plutôt que me faire peur, me montre à quel point il peut m'aimer pour avoir remarqué ma manie de trop penser et en faire quelque chose de tendre…
Son corps bascule sur le mien, qui s'ouvre un peu plus pour lui permettre de s'installer confortablement. Mes jambes l'entourent, mettant nos bassins en contact ce qui nous arrache un petit soupire à tous les deux. Je n'ai toujours pas ouverts les yeux, comme pour refuser le retour à la réalité et profiter encore et encore de ce moment.
Seth se penche sur moi, embrassant mon cou, mes joues, mes paupières… Il souffle au creux de ma nuque, juste où il sait que je suis sensible. Ma peau frémis, alors qu'il passe ses lèvres, sa langue et de nouveau ses lèvres au même endroit. Comment de simples baisers peuvent ainsi me transporter à des années lumières de ce lit ?
- Isleen, reste avec moi.
Un nouveau gémissement m'échappe. J'ai besoin de plus.
Le simple fait que ma main rejoigne ses cheveux pour une caresse, lui indique mes intentions. Enfin nos intentions vu sa précipitation… Nos corps se soudent. Nos bouchent se cherchent… Nous sommes si proches et en même temps si éloignés… J'aimerai me fondre en lui. Non, il faut qu'il se fonde en moi !
Trop emportée dans notre désir soudain, je ne prends même pas la peine de rougir en sentant son excitation se frotter à la mienne. Nos lèvres se joignent au même rythme que le ballet de nos corps. Sa bouche redescend alternants mots d'amour et baisers. Ses mains se posent sur mes courbes, comme pour s'accrocher à quelque chose avant que nous nous perdions.
Mes lèvres s'entrouvrent pour laisser passer un peu d'air, avant de plonger de nouveau sur celles de Seth. Un baiser tendre, un peu en contradiction avec les vagues brulantes qui nous poussent l'un vers l'autre. Nos cœurs pulsent tellement forts qu'ils raisonnent dans le corps de l'autre à un rythme effréné.
Je ne maîtrise plus mes gestes. Une main garde Seth contre moi, alors que l'autre descend de plus en plus bas, explorant son dos, ses côtes son ventre, ses fesses… Je ne sais pas à qui appartient ce cri de plaisir qui raisonne à nos oreilles… La chaleur humide de sa bouche s'amuse à découvrir et vénérer chaque parcelle de ma peau. Je me tends alors que je le sens près de ma poitrine. Sa langue me fait perdre peu à peu mes moyens, surtout lorsqu'elle frôle le bas de mon ventre… C'est…
- Seth s'il te plait… Plus…
Mais au lieu de le pousser à continuer, mon soupire le fige. Je mets quelques secondes avant de réaliser qu'il ne bouge plus, sa tête posée contre moi.
- Seth qu'est-ce qu'il y a ?
- Je crois qu'on va trop vite…
L'euphorie dans laquelle j'étais retombe rapidement. Heureusement d'une certaine façon car mes idées sont plus claires. Je n'en reviens pas qu'on se soit laissé ainsi emportés… Cependant, ce n'est pas non plus la première fois. Je peux comprendre qu'il ne veuille pas aller jusqu'au bout, après tout c'est encore beaucoup trop tôt pour nous. Et en même temps je me souviens de nos précédentes étreintes, notamment sur la plage, qui sont allés beaucoup plus loin. Nous n'avons rien fait de mal.
- Trop vite ? Seth rassure moi, tu te souviens de ce qui s'est déjà passé dans ce lit et sur la plage ? On ne fait rien de mal…
Il s'écarte de moi, roulant sur le côté afin de s'assoir sur le bord du lit. Il me cache son visage de ses mains, mais j'entends tous de même ses soupirs.
- Oui, mais… Je… Je ne suis pas prêt… J'ai peur de faire ça mal… En fait je ne sais pas faire du tout… Et… Je ne peux pas aller jusqu'à…
- Arrêtes de te flageller. Je ne sais pas faire non plus ! Si ça te stress on arrête. On est là pour se faire plaisir, pas pour que tu te prennes la tête. Qu'on est envie tout les deux ne veut pas dire que c'est le bon moment.
- Mais…
- On n'est pas obligés d'aller jusqu'au bout. Il y a tout un tas de choses qui s'en rapprochent… Ça viendra comme ça viendra…
- Tu ne comprends pas… J'ai cru te perdre… Et maintenant tout semble être redevenu à la normal.
Il soupire de nouveau.
- Je n'arrive pas à faire comme si de rien n'étais. A chaque fois je meurs de trouille de me réveiller et de croire que ce n'est qu'un rêve… Je ne peux pas… Je ne peux pas…
- Chut… Moi aussi j'ai l'impression de rêver. Mais c'est la réalité.
- Je sais… Je suis désolé de ne pas être plus fort…
- Je ne pense pas que ça soit une question de force Seth. On doit juste arrêter de croire tous les deux que nier ce qui s'est passé avec Joham va le faire disparaître. Je dois réapprendre à vivre normalement… Et toi aussi. Cela va peut-être mettre un peu de temps, mais on y arrivera.
Silence.
- J'ai l'impression qu'on a inversé les rôles…
Je rigole.
- C'est juste qu'il y a des choses où nous sommes plus à l'aise l'un que l'autre. Mais c'est aussi ça qui fait notre force…
Il se tourne enfin vers moi, plus détendu. Je tends la main vers lui, le guidant pour qu'il revienne contre moi.
- Tu sais ça fait partie des raisons pour lesquelles je t'aime.
- De quoi ?
- Ta manière de me protéger, de me rassurer… J'ai toujours cru que je devais être comme mon père : l'homme fort et rassurant. Que je ne devais pas avoir de faiblesses ou du moins les porter seul. Et toi… Toi tu les portes pour moi.
- Bien moins que toi.
- Tu dis n'importe quoi…
Il pose sa tête sur mon épaule, me recouvrant de son corps. Je sens qu'il est toujours un peu tendu, alors je tente de l'apaiser en massant son cuir chevelu.
- Et les autres ?
- Les autres quoi ?
- Les autres raisons pour lesquelles tu m'aimes, qu'elles sont-elles ?
- Curieuse !
I&S
Seth descend rapidement devant moi, dévalant les escaliers en quelques pas. Je me demande si c'est la faim qui le fait agir ainsi ou sa bonne humeur de retrouver un lieu connu. Pour moi, j'ai encore l'impression de flotter dans mes souvenirs. Mon corps se laisse guider par la rambarde pour rejoindre les autres en bas, mais mon esprit est beaucoup plus loin.
La pièce principale est comme à son habitude baignée de lumière malgré les nombreux nuages que laissent entrevoir la baie vitrée. Je me souviens des heures passées ici pendant les vacances de Noël, des discussions avec les Cullen, des plats succulents d'Esmée… Je me sens aussi fragile qu'avant, lorsque j'ai découvert tout cet univers incroyable et ces magnifiques personnes qui sont aujourd'hui ma famille.
Les fantômes de ma vie passée sont aujourd'hui lumineux, car je sais que je vais en créer d'autres. Pendant une éternité. C'est tellement étrange. La dernière fois que je suis venue ici, des bassines étaient cachées un peu partout dans la pièce. J'étais affaiblie par une maladie incurable… Cette page c'est tournée si vite. J'ai un peu de mal à faire une croix sur les dix-sept premières années de mon existence. Et pourtant…
Cela me fait du bien de retrouver un environnement connu, sans pour autant être aussi familier que la réserve. Je dois reprendre mes marques lentement et surtout réapprendre à fonctionner comme une humaine. C'est pour cette raison que pour l'instant je vais rester cachée chez les Cullen.
Je n'ai pas osé demander à Seth qui était au courant de notre retour. Depuis notre arrivée ici je pense de plus en plus à Lucas et Alma que j'ai laissés derrière moi. Dire qu'en arrivant ici je ne pensais qu'à les fuir… Maintenant ils manquent presque autant que Seth. J'aimerai tant les revoir et en même temps je suis terrifiée.
- Isleen ? m'appelle Seth. Tu viens manger ?
Son sourire ne monte pas jusqu'à ses yeux, ce qui veut dire qu'il a certainement remarqué ma mélancolie. Je tente de le rassurer en lui souriant à mon tour, avant de le devancer dans la cuisine où nous attend un petit-déjeuner gargantuesque. Jacob est déjà là, dévorant bruyamment des pancakes. Esmée se retourne pour remplir de nouveau le plat de galettes rondes et chaudes.
Je m'installe entre Seth et l'alpha, mes yeux se régalant à l'avance de la nourriture recouvrant la table. Tout me fait envie. Ça fait si longtemps que je n'ai pas mangé de vraie nourriture. Je me demande même si je me souviens du goût que cela peut avoir. Je connais cette odeur de pâte chaude et de sucre, l'acidité du jus de fruit… C'est comme si je n'avais pas mangé depuis des jours et des jours pour me retrouver devant un buffet plus que tentant.
Je ne résiste pas longtemps à saisir un grand verre d'agrumes pressés que j'avale tout en tartinant un pancake de pâte à tartiner. Hum… Je m'en lèche les lèvres. Cette première bouchée deviens le top départ d'un enfournement dont je devrais avoir honte. Mais j'ai tellement faim.
- Eh laisse-en pour les autres ! grogne Jacob alors que je lui pique sous le nez le dernier cookie.
Je lui souris avant d'engouffrer la pâtisserie chocolatée avec une lenteur calculée. Il grogne alors que je sur-joue le plaisir de déguster le petit gâteau. Les autres vampires nous ont rejoints et la plupart se moquent des deux loups présents. Seule Bella reste dans le salon, au téléphone avec son père. Lui et Sue ont gardés Nessie à la réserve le temps qu'ils me retrouvent, sous la protection de la meute de Sam. Leah, Quil et Embry étaient chargés de les informés de notre retour en rentrant à la réserve. Si Sue est au courant, alors peut-être que Lucas aussi…
- Isleen ? m'interpelle Carlisle.
- Oui ?
- Comment te sens-tu ?
- Rassasiée.
- Tu m'étonnes vu tout ce que tu as mangé ! soupire Jacob.
Je snob l'alpha pour me tourner vers le Docteur Cullen qui semble ne pas avoir obtenu l'ensemble des réponses qu'il attendait.
- Tu n'as pas soif ? me demande-t-il.
- Non.
- Pas de sensation de nausée ?
- Non plus. Pourquoi ?
Il me sourit.
- C'est fascinant de voir comment ton métabolisme arrive à gérer les différents aspects de ta mutation. Nessie, bien qu'à moitié humaine, préfère le sang car cela la nourrie plus que les aliments traditionnels. Nahuel est dans la même démarche. Mais pas toi.
- Ce n'est pas une bonne chose ?
- Si. Je suis juste impressionné. Bien sûr je me fis surtout à mes connaissances sur les nouveau-nés, même si Bella nous a montré qu'une certaine préparation pouvait éviter beaucoup de choses. Mais je ne suis pas certain que tu suives le même modèle. Tu ressembles beaucoup plus aux Quileute que je ne le pensais.
- Sauf qu'elle n'a pas leur mauvais caractère, se moque Rosalie en fixant Jacob.
- Non, même s'il faut tout de même rester prudent. Nous allons devoir te tester un peu. Je sais que tu es habituée à gérer les émotions fortes de par ta « maladie », mais tes instincts sont plus développés à présent. Nous allons prendre notre temps.
- Cela risque d'arriver plus vite que prévu.
Nous nous retournons tous vers Leah à l'entrée de la cuisine.
- Sam réclame une entrevue avec Jacob et Isleen.
I&S
La sonnette retenti, mais je ne bouge pas. De toute façon c'est ce qui a été convenu. Tous sont pressés de retrouver Renesmée, Jacob en tête. Une semaine de séparation est déjà trop longue pour deux imprégnés, alors un mois... De toute façon Nessie trépignait d'impatience apparemment, si bien que Charlie et Sue ont décidés de la ramener au plus vite.
Je suis seule dans la chambre d'Edward, concentrée sur ce qui se passe en bas. Installée dans le fauteuil en cuir, un plaid en fausse fourrure sur les jambes je regarde la forêt danser sous les bourrasques du vent. Dès que j'ai compris que deux humains aller entrer dans le sanctuaire qu'est la maison des Cullen pour moi, j'ai proposé de partir, au moins le temps que le père de Bella et Sue resteraient. Je n'ai aucune envie de les exposer à un possible danger.
Cependant, tous souhaitaient rester, les Cullen et Jacob pour Nessie, Seth et Leah pour leur mère. Bien sûr, Seth a proposé de venir avec moi, mais je ne voulais pas qu'il se sacrifie. Il a autant besoin de voir sa mère que moi Lucas et Alma. Peut-être même plus. Après-tout il a failli mourir pour me rejoindre. Pour ne pas se séparer de moi.
Je revois encore la colère de Leah lorsqu'elle nous a retrouvés. Que ce serait-il passé si nous étions morts ? Comment Sue, Lucas et Alma l'auraient-ils vécus ? Lors de mon saut dans l'océan je n'ai pas pensé à toutes les conséquences de mon acte. Cela aurait pu très mal finir. Nous avons eu beaucoup de chance.
Mais ce n'est pas une raison pour relâcher notre attention.
Des rires me parviennent par la porte ouverte, ainsi que des bruits de conversations que je n'arrive pas à comprendre. Il faut peut-être mieux. Ainsi isolée, perdue dans le paysage j'arrive à me concentrer sur autre chose que ma peur. Je ne suis pas transformée, aussi je ne sens pas l'odeur de leur sang, mais je me demande comment je réagirais. Mon instinct prendrait-il le dessus ?
Des voix se rapprochent et je finis par identifier la famille Clearwater au complet. Ils doivent être au bas de l'escalier, un peu à l'écart des Cullen et de leurs bruyantes retrouvailles. Cette fois je ne peux résister à la curiosité en tendant l'oreille sans pour autant bouger.
- Elle est là ? demande Sue.
- Oui, soupire Seth. Mais elle préfère être prudente.
- Au moins une qui est raisonnable !
- Arrête Leah ! Elle n'a rien fait de mal depuis que nous l'avons retrouvé. Elle va plutôt bien même. Franchement j'aimerai t'y voir dans sa situation !
- Ça suffit tous les deux, gronde leur mère. Et toi Seth, comment vas-tu ? Tu as l'air fatigué… Tu ne dors toujours pas ? Tu devrais peut-être rentrer à la maison te reposer.
- Non. Ça va maman je t'assure.
- Mais tu ne dors toujours pas correctement ! le contredit sa sœur.
Je me tends un peu dans ma cachette. Je suppose qu'ils ne se rendent pas compte que je peux les entendre, sinon ils n'en parleraient pas. Pourquoi faut-il toujours que j'apprenne ce genre de chose par inadvertance ? Le connaissant il n'a pas cru bon de m'embêter avec ses propres soucis alors que j'ai les miens.
- Ce n'est pas moi la priorité pour le moment.
- Mais avec elle tu n'es jamais la priorité ! La peste soit l'imprégnation !
- Leah tu n'es pas objective à ce sujet ! L'imprégnation est une bonne chose. Et Isleen n'y est pour rien. C'est mon choix de la faire passer en premier, comme elle le fait avec moi.
- Tu dis n'importe quoi… Quand te fais-t-elle passer en premier ? Quand elle saute d'une falaise et que tu la suis sans réfléchir ?
- Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Le frère et la sœur se taisent. Ils voulaient certainement laisser ça secret ou du moins ne pas en parler à leur mère. Je les imagine très bien regarder leurs pieds alors que Sue les fixe jusqu'à ce qu'ils craquent.
- Ce n'est rien maman.
- Ne me mens pas Seth. Je croyais qu'on s'était mis d'accord tous les trois à la mort de votre père. Nous veillons les uns sur les autres et pour cela il ne doit pas y avoir de mensonges ou de secrets entre nous.
Un long silence suit sa déclaration. Ils s'aiment tellement. Parfois je m'en veux de l'éloigner un peu d'eux. Pas que je ne les aime pas, et je sais que ce n'est pas leur cas non plus, mais j'ai toujours un peu de mal à me sentir à l'aise avec elles. Elles sont tellement protectrices envers Seth, que j'ai toujours l'impression de faire quelque chose de travers. Pourtant nous avons ce point en commun : notre amour infini pour lui.
- Je ne mens pas. Ce n'est rien aujourd'hui. Rien par rapport à la souffrance de la croire perdue pour toujours. Rien quand je la sens contre moi le matin, alors que j'ai passé une partie de la nuit à ne pas dormir de peur de me réveiller sans elle… Je n'ai pas envie de penser à ces semaines de torture. Maintenant je veux uniquement me concentrer sur notre futur.
- Seth, calme-toi… Nous nous inquiétons simplement pour toi, pour ta santé… Tu n'es pas un surhomme.
- Je sais, mais je l'aime… C'est même plus fort que ça. Vous ne comprenez pas à quel point elle est importante. Combien je me sens vivant et unique quand elle me regarde. Et j'ai failli perdre tout ça… Alors peu importe si je ne dors pas, si je m'oubli, tant qu'elle est heureuse je le suis aussi. Elle est mon cœur…
- Seth doucement, tu trembles.
- Il doit être à bout de force.
- Assied toi.
- Qu'est-ce que… Mais tu pleures !
Les mots ont à peine le temps de s'échapper de la bouche de Sue que je suis sur le palier, mes yeux fixés sur Seth écroulé contre le mur de l'escalier. Je me précipite sur lui, alors que je le vois trembler de plus en plus. J'oublie que Sue peut me voir, qu'au moindre dérapage je pourrai blesser quelqu'un. Non il ne reste que Seth dont le regard est noyé de larme.
Leah écarte sa mère de moi, comme pour la protéger, ce qui est peut-être le cas. Mais peu importe. Mes mains prennent le visage du loup en coupe alors que je m'accroupi devant lui. Il reste un moment dans le flou et je sens au travers du lien toute sa tristesse. Je bois une larme sur sa joue puis une autre.
- Isleen…murmure-t-il perdu.
- Je suis là.
Cependant je vois bien qu'il ne reprend pas pied. Au contraire. Son corps s'affaisse contre le mur, comme s'il n'avait plus de force. Même son souffle se raréfie. Je commence à m'inquiéter. Pourquoi réagit il ainsi si soudainement ? Une pellicule de sueur se forme sur son front alors que je sens sous mes mains son cœur battre de plus en plus vite.
- Il fait une crise de panique, m'informe Carlisle.
Les crises de panique je connais. J'en ai fait un nombre incalculables à l'hôpital. Je ne sais même pas pourquoi je n'ai pas su lire les symptômes.
Aussi doucement que s'il était de la porcelaine, je le prends dans mes bras. Sa bouche dans ma nuque permet de limiter l'afflux d'air, alors que je lui murmure des mots rassurants. Mes bras l'étreignent avec tellement de force que je me demande un moment si je ne me suis pas transformée sans m'en apercevoir.
Nous restons de longues minutes ainsi, au milieu des autres. Il finit par me serrer contre lui à son tour et je respire enfin. Son souffle se tranquillise en même temps que son pouls et il reprend conscience peu à peu. Mais nous ne nous éloignons pas.
Si seulement il m'en avait parlé… Nous ne serions certainement pas arrivés à de telles extrémités… Dire que je pensais être la seule à avoir besoin de réapprendre à vivre… La crise de Seth me montre bien qu'encore une fois je me suis trompée.
I&S
La nuit est tombée. Il est à présent presque impossible de différencier le feuillage des arbres qui nous entoure du ciel obscur. La maison des Cullen est tellement enfouie loin dans la forêt qu'on ne voit aucune lumière de la ville. Comme si on était seuls au monde. Sans la buée de mon souffle sur la vitre je pourrais croire que je suis de retour dans la forêt tropicale.
Derrière moi j'entends Seth se lever. Après sa montée d'angoisse nous l'avons couché afin qu'il puisse se reposer. Je n'ai pas quitté son chevet de l'après-midi, le rassurant dès qu'il émergé un tant soit peu. Je me suis moi-même endormi plusieurs fois, ma tête contre sa poitrine. Mais je n'ai pas vraiment pu me reposer. Les craintes de Seth font échos aux miennes.
Je ferme un instant les yeux alors que ses bras se referment sur moi. Ses baisers m'arrachent des soupirs, même si nous savons tous les deux que nous n'irons pas plus loin. C'est une simple expression de tendresse.
La veilleuse allumée à côté du lit projette nos silhouettes sur la vitre. Nous sommes beaux ainsi enlacés. Nous avons mis tant de temps à construire ce que nous avons sous les yeux. Il a fallu passer par-dessus tellement de barricades… Tout cela pour arriver ici, différente mais heureuse. J'ai l'impression que mes regrets passés ont disparus, car si c'est pour arriver ici, à cet instant pourtant simple, je n'aurai pas peur de tout ré-affronter.
Seth inspire bruyamment mon odeur, avant de frotter son nez contre une zone sensible de mon cou, m'électrisant.
- Arrête… Tu me chatouille !
- Hum… Désolé, mais tu sens si bon…
- Tu devrais t-y-être fait, le taquinais-je.
- Non. C'est étrange. C'est à la fois la même odeur qu'avant et en même temps il y a quelque chose d'encore plus… Savoureux.
- C'est parce que je suis différente…
- Pas tant que ça.
- Ça ne sert à rien de le nier Seth. Il y a une autre… Un prédateur à l'intérieur de moi.
- Est-ce que tu différencie le loup et l'humain pour moi ?
- Non…
- Non, parce que nous sommes la même personne. Que je sois sous forme de loup ou d'homme je suis toujours moi. Deux corps et un même esprit. C'est pareil pour toi. Tu dois juste l'accepter.
- Mais je suis dangereuse… Mon instinct…
Isleen écoute moi. Nous n'en parlons presque jamais, même au sein des meutes, mais les loups sont dangereux. Comme toi notre instinct de chasseur peut reprendre le dessus à tout instant. Que crois-tu que vois Sam à chaque fois qu'il regarde Emily ? Toutes les personnes présentes dans cette maison sont dangereuses. Tu n'es en aucun cas pire qu'un autre. Tu es certainement celle d'entre nous hormis Nessie qui a le moins de sang sur les mains. Regarde-toi.
Nos yeux se croisent dans la vitre et je sens la vague d'amour qui gonfle entre nous. Impérieuse et irrésistible. Il n'a pas besoin de parler pour me dire combien il me trouve magnifique et moi non plus.
D'un geste rapide il me tourne vers lui, sa main saisissant ma nuque avant de m'embrasser impérieusement. Nos lèvres se touchent, se caressent, se mordent, se cherchent. Une de ses mains remonte mon haut pour glisser dessous, caressant mes reins, mon ventre, mes côtes. Je brûle alors que mes doigts se perdent dans ses cheveux. Ma jambe remonte derrière les siennes le poussant contre moi.
- Ah ! STOP ! Vous allez me traumatiser à vie !
- Jacob ! Mais qu'est-ce que tu fiches ici !
Hum ! Je sais ce que vous pensez : mais c'est quoi cette fin ? Bah… C'est de la faute de Jacob, à chaque fois que je pensais à cette scène il venait l'interrompre ! Donc pour toute revendication adressez-vous à moi et je lui transmettrais !
A bientôt !
