Bonjour mes amours ! :D
Ça y est bébé Cailean est là ! J'ai vraiment adoré toutes vos réactions, vous semblez content-e-s d'un nouveau bébé Granger-Malefoy. Merci aussi à tous-tes celleux qui m'ont dit apprécier lire mon cheminement. Ça fait plaisir. J'aime bien partager tout ça avec vous, même si vous n'êtes pas tous-tes concerné-e-s et probablement loin d'être déconstruit-e-s sur le sujet, je sens votre bienveillance jusqu'ici. Vous faites partie de ma bulle de réconfort quand le quotidien est difficile, vous me rappelez que mes combats ne sont pas vains. Alors, pour ça, je vous en remercie chaudement.
Je vous laisse avec les aventures de cette famille qui fait son bonhomme de chemin, je pense que quelques petites choses vont vous étonner... (a)
Réponse aux reviews anonymes :
Eva : Coucou ! C'est toujours un plaisir de lire tes reviews. Je remarque quand même une différence, et je pense que ça reflète des commentaires que j'ai reçu : ça sent la fin, l'excitation se tasse pour atteindre quelque chose de plus calme, donc moins de choses à dire. Mais tu comprends tout à fait où je veux en venir dans tes analyses. J'ai juste une question, si tu me le permets : tu as trouvé Drago trop sec. Est-ce que tu l'aurais vu réagir différemment, ou est-ce que c'est un constat que tu fais ? Merci pour tes encouragements, tu me motives à écrire. Bisous !
Cecile : Coucou ! J'aime que tu ries au même moment que Drago, ça donne vraiment la sensation que c'était réaliste hihi C'est chouette que tu ais compris l'essentiel, et que ça te plaise toujours autant alors que l'histoire "se calme" tout doucement, la fin approchant. Merci pour tes reviews et le fait que tu sois toujours au rendez-vous. Des bisous !
Merci à NathanaelleS.
Lie awake in bed at night
Allongé dans le lit en pleine nuit
And think about your life
Pensant à ta vie
Do you want to be different?
Voudrais-tu qu'elle soit différente ?
Try to let go of the truth
Essaie d'accepter la vérité
The battles of your youth
Les luttes de ta jeunesse
'Cause this is just a game
Parce que c'est juste un jeu
.
It's time to forget about the past
Il est temps d'oublier le passé
To wash away what happened last
De se libérer de ce qu'il s'est passé
Hide behind an empty face
Caché derrière un visage sans expression
Don't ask too much, just say
Ne demande pas trop, exprime-toi seulement
'Cause this is just a game.
Parce que c'est juste un jeu.
.
A beautiful lie, 30 seconds to Mars.
Chapitre 37 : A beautiful lie (Un beau mensonge)
Après dix heures de travail éprouvantes, il se tenait là, dans ses bras. Tout frêle et, pourtant, on ne pouvait l'imaginer sans force de caractère, compte tenu de sa lignée.
Cailean était né à vingt et une heures trente-six précisément, Scorpion de son signe astral. De quoi faire un grand frère empli d'outrecuidance, puisqu'il répétait à qui voulait l'entendre que l'arachnide était un animal génial, amusant de son entourage.
Les parrain et marraine avaient été annoncés sitôt les amis proches et la famille réunis. Ou plutôt, les parrains, Drago et Hermione ayant considéré que les personnes les plus importantes dans leur vie étaient Blaise Zabini et Harry Potter. Les seules auxquelles ils confieraient leur vie les yeux fermés.
Ainsi, le nom complet, scellé sur parchemin par la magie, indiquait Cailean Harry Blaise Malefoy. Son père ne cessait de répéter que le fait, à lui seul, d'associer le prénom d'Harry avec son nom de famille dépassait l'entendement, ce qui avait beaucoup fait rire l'assemblée.
Les yeux de sa grande sœur brillaient de fierté et d'amour. Elle le regardait avec envie, n'osant pas le réclamer une fois de plus. Une chance pour elle que Cailean soit né pendant les congés scolaires.
« Tu veux le prendre dans tes bras ? » lui proposa Hermione, ne voulant pas lui retirer ce plaisir.
« Tu es sûre ? Je… », commença Élia, hésitante.
« Certaine. C'est ton frère. Profites-en », la rassura Hermione en lui tendant le poupon. « Fais juste attention à sa tête, et installe-toi sur la chaise, tu seras plus à l'aise. »
Avec des gestes précautionneux, Élia glissa ses bras autour de Cailean, et prit place comme sa mère le lui avait indiqué. Les observant, Hermione se laissa choir sur son oreiller, complètement épuisée.
Elle avait beaucoup de mal avec l'idée repartir de zéro avec un sommeil désorganisé, un bébé à allaiter, des couches à changer. Elle avait même mal tout court, ayant toujours des contractions, et elle continuait à saigner. Elle ne parvenait plus à se souvenir de ce qu'il en avait été pour son premier accouchement. Ses souvenirs étaient flous, elle se rappelait juste d'un immense sentiment de détresse à l'idée d'élever seule un enfant.
Heureusement, pour l'heure, ils se retrouvaient en petit comité, à quatre. Exceptionnellement, Narcissa avait repris Scorpius chez elle. Ils reviendraient leur dire bonjour lorsqu'Hermione se serait un peu reposée et pour qu'il profite un peu de son père pendant son tour de garde, malgré tout.
Le matelas s'affaissa alors que Drago s'y asseyait, déposant un long baiser sur le front d'Hermione.
« Nous avons décidément du talent pour faire de beaux enfants », fanfaronna-t-il, faisant doucement sourire Hermione.
Elle ne le prenait pas totalement au sérieux lorsqu'il se faisait preuve d'autant de prétention mais, cette fois, elle ne pouvait que l'approuver. Même si son cerveau était comme déconnecté, au point d'être incapable de dire si elle avait répondu d'un hochement de tête ou non.
D'ailleurs, elle sentait ses paupières papillonner, luttant pour continuer à observer la scène qui se déroulait sous ses yeux. Drago passa une main sur sa joue, la caressant du bout du pouce.
« Repose-toi, ce ne sera pas volé », lui assura-t-il.
Comme si elle n'attendait que sa reconnaissance pour se le permettre, elle sombra dans les bras de Morphée en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire.
OoOoO
Hermione quitta Sainte Mangouste quatre jours plus tard, avec la sensation de traîner des boulets sous les yeux, tant elle était fatiguée. Son corps, et en particulier son vagin, la faisait souffrir le martyr, comme si on avait tenté de l'étirer à son maximum. Ce qui n'était pas totalement faux, il fallait le dire. Accoucher à dix-neuf ans, ce n'était déjà pas une partie de plaisir. Alors à trente-quatre…
Encore que, elle avait de la chance, les déchirures étaient internes, pas externes, et les sorciers ne pratiquaient pas l'épisiotomie, mais un sort d'élasticité. La bonne nouvelle, c'était que les potions utilisées pour diminuer la douleur étaient plus naturelles, et les effets moins néfastes sur l'organisme.
La mauvaise, c'était que le corps retrouvait plus rapidement ses sensations, tout en étant toujours souple, ce qui rendait le corps plus sujet aux chocs. Les douleurs n'avaient pas le temps de s'atténuer, et les médicomages ne considéraient pas vraiment l'intérêt de les endormir le temps de l'hospitalisation. La joie de la maternité et des cliniques de manière générale.
Mais cette fois, Hermione n'était pas seule. Elle sentait, enfin, qu'elle pouvait faire confiance à Drago pour respecter ses promesses, menant de front son rôle de père et son rôle de compagnon.
Lorsqu'ils arrivèrent chez eux, il confia la garde de Cailean à Élia, pendant qu'il aidait Hermione à monter dans la chambre conjugale. Elle se sentait si nulle et si faible… elle pleura en arrivant au pied du lit.
Sans un mot, Drago l'aida à se déshabiller pour une tenue de nuit plus confortable, ne faisant aucun commentaire sur son état déplorable. Puis il s'allongea à ses côtés, la serrant contre lui. La respiration d'Hermione était erratique, elle se sentait honteuse de s'effondrer sans raison. Elle se serait donné des gifles.
Elle en fit part à Drago.
« Mais non. C'est normal que tu craques. Tu viens d'accoucher, ton taux d'hormones a brutalement chuté. Il faut que ton corps se réadapte », la consola-t-il d'une voix chaude et apaisante. « Surtout qu'il a vécu un traumatisme. Les douleurs post-partum, ce n'est pas rien, même si personne n'en parle. »
Elle se serra un peu plus contre lui, pleurant davantage encore. Il était tellement… tellement parfait. Comment n'avait-elle pas pu le voir plus tôt ?
« Je suis moche, en plus. Tout cette peau qui… », se plaignit-elle en reniflant.
« Chuuut ! Neuf mois. Tu as porté la vie pendant neuf mois. Tu m'étonnes que ta peau doive se remettre », rationnalisa-t-il.
« Et si elle ne se remet pas ? Tu ne voudras plus de moi », pleurnicha Hermione.
Drago s'esclaffa, et son rire sembla raisonner tout contre elle, jusqu'en dedans, lui réchauffant le cœur.
« Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. »
Hermione ne savait pas s'il parlait de sa peau ou du fait qu'il ne voudrait plus d'elle si ce n'était pas le cas, mais elle ne répondit pas. Le ton de sa voix était doux, pas moqueur, et il l'apaisait. Son organisme commençait à suivre le rythme de la respiration de Drago, la berçant progressivement. Sa conscience s'évaporait déjà.
Décidément, elle dormait plus que jamais ces derniers jours…
OoOoO
La semaine toucha rapidement à sa fin, et Élia avait dû retourner à Poudlard. Drago avait repris le travail, après huit jours de congé de paternité.
Hermione passait la plupart de son temps au fond du lit. Elle suspectait une dépression, ce à quoi sa mère, qui était venue lui rendre visite et lui apporter quelques plats faits maisons, lui avait rétorqué qu'elle voyait mal comment on pouvait y échapper dans une telle situation : manque de sommeil et organisme traumatisé. La maternité devrait être un emploi rémunéré, avait-elle affirmé.
Évidemment, cela n'empêchait pas Hermione de se sentir coupable de paresser au lit. Elle avait la sensation d'exagérer, d'être une chiffe molle. Mais, chaque fois qu'elle tentait d'occuper son esprit sur son texte de loi, bien qu'elle soit en congé de maternité, sa conscience s'évaporait, comme quelqu'un qui s'égarerait dans un labyrinthe.
« Honnêtement, je ne sais plus comment j'avais fait pour gérer avec mes études », expliqua Hermione. « Je suis au bout de rouleau là. »
Elles avaient pris place dans le spacieux salon. Drago et elle réutilisaient les meubles du logement précédent, mais ils avaient repensé la disposition et ajouté quelques touches pour qu'il se sente également chez lui : le tableau d'un oncle, pour rester en contact avec sa mère, des parures ornées de vert et argent – ce qui avait fait tiquer Hermione sur le moment -, et un chandelier en argent qui reposait sur la cheminée.
« N'oublie pas que les circonstances sont totalement différentes », lui répondit sa mère, qui regardait avec amour son petit-fils, qui dormait dans ses bras. « Tu étais jeune, et tu n'étais pas vraiment en conditions pour te laisser aller. Ici, tu sais que Drago est là pour assurer si tu craques. »
« C'est vrai », admit Hermione. « Il est génial. Il ne se plaint jamais, il me décharge quand il rentre du Ministère. J'ai de la chance… »
« Décidément, je l'aime de plus en plus cet homme », affirma Jean avec un grand sourire. « Si j'avais ton âge… ! »
Hermione écarquilla les yeux, sous le choc.
« Maman ! Tu te rends compte de ce que tu dis ? » s'offusqua-t-elle. C'était son chéri, quand même…
« Oh ! Ça va, ton père n'a pas besoin de le savoir. Je regarde, c'est tout », se défendit-elle d'un sourire. « Puis, tu sais, quand j'avais dix-huit ans, je suis sortie avec un garçon qui lui ressemblait beaucoup. »
« À Drago ? » demanda Hermione, intriguée.
Jean acquiesça.
« Oui, mais juste ses traits. Il n'avait pas la même attitude, pas la même prestance. Et il n'était pas aussi gentil que ton père, non plus. J'ai su que j'avais trouvé le bon quand j'ai vu la différence, d'ailleurs », conta-t-elle. « Ton père était prévenant, calme, cultivé et il l'est toujours. Rien à voir avec son prédécesseur. »
Cela attendrit Hermione. Comme si ça avait également suscité l'intérêt du bébé, celui-ci se réveilla, réclamant sa mère par de petits geignements.
« Il doit avoir faim. Tu peux me le passer », fit Hermione en se levant.
Avec précaution, elle prit Cailean, avant de se réinstaller dans le divan. Elle souffla en découvrant les auréoles sur son T-shirt – à force, elle ne faisait même plus attention, ses montées de lait trempaient même le lit - et de mettre son sein à disposition du bébé. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour trouver l'objet de ses réclamations.
Hermione se perdit dans la contemplation des prunelles qui la regardaient avec tellement d'amour. Elles étaient d'une couleur surprenante, comme si elles ne parvenaient pas à se décider entre le brun et les éclats de gris. Hermione n'entendit pas sa mère, qui l'avait appelée plusieurs fois.
« Hermione ? » l'appela Jean sur un ton insistant.
« Mmmh ? »
« Qu'est-ce que tu as prévu pour l'allaitement ? » lui demanda Jean.
« Je ne sais pas encore. Sans doute à la demande tant que je ne reprendrais pas le boulot. Mais sans doute pas un sevrage naturel, je m'y vois mal. Enfin, on verra bien, la question ne se posera peut-être pas », répondit Hermione sans quitter des yeux le petit être goulu.
Visiblement, son état post-partum la tranquillisait pour qu'elle ne fasse pas de plan sur trente ans pour son bébé…
Jean acquiesça juste au moment où la porte d'entrée claqua en se refermant. Drago était de retour du Ministère. Il passa par le salon où mère et fille – et petit-fils ! – se trouvaient.
« Bonjour, Jean », la salua-t-il en se penchant par-dessus Hermione pour capter l'attention de Cailean, dont les pupilles s'étaient déjà agitées en l'entendant arriver.
À présent, il le fixait avec le même amour dont il avait abreuvé Hermione. Il avait même cessé de téter pour s'y consacrer pleinement.
« Hé, mon petit lycaon », chuchota-t-il pour que seuls Hermione et lui puissent entendre. « Est-ce que tu as été sage avec maman, aujourd'hui ? »
Les lèvres de Cailean s'élargirent en un sourire, tandis que ses pieds tapaient doucement contre sa mère.
« Il a trois semaines. Évidemment qu'il a été sage », répondit Hermione sur le même ton.
« Ne sous-estime pas l'ingéniosité d'un Serpentard », lui souffla Drago sur une voix doucereuse, presque comme une mise en garde, avant de se redresser.
Hermione secoua la tête, amusée.
« Ne mets pas la cariole avant les Sombrals. On ne sait pas encore dans quelle maison il sera », le réprimanda gentiment Hermione.
« Ne sous-estime pas l'ingéniosité d'un Serpentard », répéta Drago en remuant les sourcils d'un air suggestif, tout en s'éloignant en direction de la cuisine.
Hermione éclata de rire. Il était insupportable.
« Ça n'a pas marché la première fois, je te rappelle ! » lui cria-t-elle.
« Mais ça fait dix mois que je suis à proximité de toi et du bébé, mes ondes magiques ont déjà fait effet ! » renchérit-il de la cuisine.
Hermione n'ajouta rien, mais elle était tous sourires. Cailean avait recommencé à téter et Jean la regardait avec amusement.
« Je crois que je n'ai aucun souci à me faire pour vous, il y a de l'ambiance, ici », commenta-t-elle sur un ton enjoué.
« Sans doute pas non », répondit Hermione, rêveuse.
Drago était en train de préparer le dîner, comme souvent lorsqu'il rentrait du Ministère. À son grand étonnement, elle qui avait cru devoir batailler à ce sujet, mais il n'avait même pas évoqué l'éventualité d'engager un elfe de maison.
« Est-ce que vous avez déjà prévu quelque chose pour Noël ? » s'interrogea Jean. « C'est tout de même dans quatre semaines. »
« Mmmh ! » fit Hermione de manière évasive. « Non. Mais je vois bien une soirée calme. Je préférerais rester à la maison, même si on reçoit. Je suppose que tu veux passer le réveiller avec tes petits-enfants ? »
Les étincelles de joie qui éclairèrent les iris de sa mère lui confirmèrent ce qu'elle venait d'avancer.
« Bien, alors je verrai avec Drago ce qu'on fait, et surtout qui viendra », conclut Hermione.
L'idée semblait pourtant toute décidée. Elle avait besoin de sentir la magie qui entourait cette fête de famille. Elle avait besoin de sentir qu'elle était unie à Drago, plus que par un simple lien de couple.
Tout arrivait tellement vite et de manière impromptue avec lui, qu'elle n'avait pas eu le temps de se préparer. Surtout pas à guider un nouvel enfant sur le chemin de la vie.
OoOoO
Dans le courant de la semaine, Harry vint également leur rendre visite. Il profitait du fait que sa propre progéniture était avec Ginny.
« J'avais déjà oublié à quel point un bébé dort beaucoup », exprima-t-il, tandis qu'il tenait son filleul, assoupi dans ses bras. « Tu imagines que Lily a eu cinq ans en juin ? Cinq ans. Et alors, Teddy, n'en parlons même pas… Hermione, dans deux ans, James sera à Poudlard ! »
Hermione s'esclaffa face à l'expression à la fois horrifiée et émue d'Harry. Ça lui faisait la même chose à chaque fois qu'elle pensait à Élia. Sa grande fille aurait déjà quinze ans dans quelques mois…
« Tu crois que, moi, je m'en rappelais ? » lui répliqua Hermione. « D'ailleurs, comment va Teddy ? »
Harry haussa les épaules.
« Bien mieux. J'ai l'impression qu'iel s'apaise, qu'iel a trouvé sa place. Iel m'a quand même demandé de retourner avec ellui à l'association », ajouta-t-il. « Apparemment, il y a des rencontres qui se font entre parents d'ado concernés par les identités de genre non binaire. »
« À mon avis, iel aimerait te faire rentrer dans son monde, sans savoir comment te l'expliquer. En fait, de quelle couleur étaient ses cheveux, aux dernières nouvelles ? » s'intéressa Hermione, repensant aux difficultés qui avaient vu le jour un an auparavant.
« Je ne sais pas », répondit-il en riant. « Iel semble alterner entre le bleu, le violet et le vert. À ce propos, j'ai envoyé un hibou au Professeur McGonagall… »
Hermione tendit l'oreille, soudainement interpellée. Drago, qui était assis un peu à l'écart et jusque-là discret, s'était également redressé.
« Elle n'y voit pas d'inconvénients, à condition qu'iel continue à bien se comporter en classe et à s'investir dans ses études. Iel se débrouille mieux que son parrain, c'est certain », plaisanta Harry.
Drago se détendit, attirant sur lui un regard suspicieux de la part d'Hermione. Mais elle ne dit rien. Elle garderait ça pour plus tard. De toute façon, des coups en provenance de l'entrée se firent entendre, coupant court à la conversation.
« On attend quelqu'un d'autre ? » demanda Hermione à l'attention de Drago qui secoua la tête.
Il se leva pour aller ouvrir et une voix tonitruante se fit entendre depuis le hall. Il revint quelques instants plus tard en compagnie de Blaise Zabini.
« Je réclame mon filleul ! » s'exclama-t-il sur un ton théâtral. « Mais que vois-je ! Je ne suis point le premier. »
Tout le monde éclata de rire, même Harry qui se leva pour lui tendre le petit dernier, qui s'était réveillé dans l'excitation.
« Hé ! Bonjour, bonhomme », claironna Zabini, en prenant une voix douce. « C'est ton autre parrain. »
Harry secoua la tête en se rasseyant.
« Tiens, je me demande », dit-il à l'attention de Drago. « Qui sont les parrain et marraine de Scorpius ? »
« Daphné, la sœur d'Astoria, et Théodore Nott, son mari », répondit Drago, de manière évasive.
« Il avait estimé que je n'étais pas suffisamment bien pour être parrain la première fois », lança Zabini pour le taquiner, tout en berçant Cailean.
Drago s'esclaffa.
« N'importe quoi. Tu sais bien que… »
« Les conventions, oui. Moi, je suis un homme bisexuel et libéré et donc inapte pour ce genre de rôle », répliqua-t-il sans quitter son filleul des yeux, feignant l'offense.
Drago se renfrogna, n'appréciant pas la remarque, même si elle était dite sur le ton de l'humour.
« Libéré, mais toujours au placard à Poudlard », se défendit-il. « Pourtant, tu ne devrais pas t'inquiéter, il paraît. »
« Ah ? »
Drago lui raconta alors ce qu'Harry leur avait rapporté à propos des cheveux de Teddy.
« Ah oui, c'est vrai, je les ai vus en cours. »
Hermione tiqua, interpellée par son ton désinvolte, compte tenu de l'intérêt que Drago portait à l'information. Mais la conversation dévia avant qu'elle ait pu ouvrir la bouche.
« Du coup, sur quel genre de mecs tu te retournes ? » questionna Harry, en regardant Zabini.
Celui-ci leva un sourcil, foncièrement surpris.
« Intéressé, Potter ? » répliqua-t-il, un sourire carnassier.
Harry haussa simplement les épaules.
« Pas vraiment, non. Curieux de savoir. »
« Il n'en a jamais assez, lui », railla Drago. « De quand date ta dernière aventure ? »
« Hier soir. Sportif, le ventre en tablette de chez Honeydukes. Le genre « rapport de force » … mais j'ai eu ce que je voulais », s'esclaffa Blaise avec un air lubrique.
Hermione secoua la tête tout en levant les yeux au ciel. Il était difficile de croire que Drago et lui étaient amis. Le premier était resté dans une attitude bourgeoise, se contentant de sous-entendus, le second était ouvertement vulgaire, sans l'once d'une gêne.
« Bon, pour te répondre, Potter », continua Blaise, devenu sérieux. Il avait un air pensif. « Je dirais que ça dépend. »
« Ça dépend de quoi ? »
« Si c'est juste du cul ou pas », répondit Blaise, le plus naturellement du monde. « Si c'est juste pour la baise, je m'en fiche un peu. Soit c'est un mec qui aime être pénétré, et c'est nickel. Soit c'est un mec qui aime le rapport de force, et c'est terriblement excitant. Ça devient un jeu. »
Harry resta coi. Hermione s'amusait à regarder les différents visages et, si Zabini semblait perdu dans la contemplation de souvenirs, Drago semblait presque blasé. Tout ça, il devait déjà le savoir.
« Et si c'est une histoire sérieuse ? », renchérit Harry.
« Ah ! Alors là, c'est différent. Je préfère un rapport égalitaire. Un mec qui saura autant se faire entendre que communiquer quand c'est nécessaire. »
Hermione papillonna des yeux pendant quelques secondes, un peu étonnée d'entendre Zabini être si… terre à terre.
« Intéressant », intervint alors Hermione, qui sentit les regards sur elle. « C'est la même chose avec les femmes ? »
Zabini fronça les sourcils, songeant à une réponse.
« Relativement, oui. En fait, je m'en fiche pas mal des appareils génitaux, ça ne change rien à mes préférences sexuelles. D'ailleurs, quand je couche avec une personne que je ne connais pas, je ne peux pas savoir si c'est un vraiment un homme, une femme… ou un autre genre », ajouta-t-il, face aux mines perdues des autres.
Personne n'ajouta quoi que ce soit. Leurs cerveaux faisaient des nœuds, même s'ils comprenaient où Zabini voulait en venir.
C'était un autre monde qui se répercutait au leur, à la fois si proche et si étranger.
OoOoO
Élia était rentrée le vingt-et-un décembre au soir et ne cessait de s'occuper de son frère depuis lors. Les mères d'Hermione et de Drago s'étaient proclamées cheffes cuisinières et arriveraient avec leurs œuvres vers quatorze heures pour le réveillon de Noël. Harry et Teddy, quant à eux, avaient prévu leur arrivée dans le même créneau horaire.
Le sapin siégeant dans le salon et la table étant dressée, les deux amoureux profitaient donc d'un moment de tranquillité au lit. Ils n'avaient plus eu de rapports depuis la naissance de Cailean, les douleurs et la fatigue d'Hermione ayant quelque peu freiné les ardeurs du jeune couple.
Allongé à côté d'elle, Drago l'embrassait avec douceur et profondeur, caressant le bas de son ventre, tandis qu'elle soupirait dans sa bouche. Une part d'elle-même avait envie qu'il aille plus loin, qu'il descende sa main dans son sous-vêtement, et une autre craignait la douleur. Elle s'était renseignée, de nombreuses femmes souffraient de leurs déchirures. Elle faisait un blocage à cause de ce risque.
« Drago… », souffla-t-elle entre leurs lèvres.
« Mmmh ? »
Il avait cessé ses caresses, sans pour autant retirer sa main, qui donnait à Hermione la sensation d'être envahie par la chaleur à l'endroit où elle était posée. Il glissa son nez le long de sa mâchoire, avant de le nicher derrière son oreille et d'attendre. Sa respiration provoqua une série de frissons dans le chef d'Hermione et il lui sembla que la pression dans son bas ventre s'accentuait.
« Depuis que Cai est là, on n'a plus… et… mmh… enfin… je… », s'emmêla-t-elle.
Drago déposa un minuscule baiser derrière son oreille, juste dans le creux et elle fut saisie par des tressaillements plus intenses.
« Han Merlin, Drago… Tu me donnes chaud ! » se plaignit-elle en gémissant.
Il s'esclaffa, à la fois avec douceur et amusement.
« C'est toi qui donnes le sifflet de départ, Hermione. Ce n'est pas moi qui ai le cerceau endommagé… Mon balai est en état de marche. »
Hermione secoua la tête, sans retenir le sourire qui naissait au coin de ses lèvres. Puis elle tourna le visage vers lui, croisant deux pupilles anthracite. Son estomac fit une culbute.
« J'ai envie d'essayer », rougit-elle. « Mais j'ai peur… »
D'un mouvement brusque, Drago exprima son enthousiasme.
« Si ça te fait souffrir, on arrêtera », promit-il.
Hermione acquiesça et ils reprirent là où ils s'étaient arrêtés. Alors que la main de Drago glissait lentement vers son intimité, Hermione retenait son souffle, perdue dans un regard anthracite qui la faisait chanceler.
Il ne la quitta pas du regard pendant qu'il jouait avec son clitoris, accentuant la tension qu'elle ressentait.
Lorsqu'elle sentit les premières vagues d'un exquis plaisir, elle s'agrippa à sa chemise, lui soufflant de la compléter. Il lui répondit d'un ardent baiser, au cours duquel ils s'aidèrent mutuellement dans l'épluchage des derniers vêtements.
Nu, Drago se détacha difficilement et roula sur le côté, sous le regard interrogatif d'Hermione. Du tiroir de la commode, il sortit un préservatif et un tube de lubrifiant.
« Évitons un deuxième bébé. Enfin un troisième », s'amusa-t-il.
« Et le gel ? » demanda Hermione en le pointant du menton.
Il revint vers elle, commençant à déballer la protection.
« Pour ne pas tenter les quatre fondateurs. Ça a plus de chances de diminuer les éventuelles douleurs », expliqua-t-il.
Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux, émue qu'il y ait pensé. Drago l'embrassa sur le front, avant d'enfiler le morceau de latex et de l'enduire.
« Prête ? »
Elle confirma d'un hochement de tête, et Drago s'exécuta, venant se placer au-dessus d'elle. Avec des gestes précautionneux, il s'inséra lentement en elle, pendant qu'Hermione se mordait la lèvre, tentant de combattre la sensation de déchirure.
Drago suspendit son geste, la dévisageant. Mais elle ne pouvait pas discerner son expression, son regard rendu flou par les larmes qui menaçaient de dévaler hors de ses orbites.
« Ça ne va pas », affirma-t-il, alors qu'elle secouait la tête, éclatant en sanglots.
Il se retira avec précaution, jetant le préservatif dans la poubelle – bien présente dans la chambre, à présent – avant de revenir vers Hermione, qu'il serra contre lui. Le dos contre son torse, Hermione se recroquevilla en cuillère, murmurant des excuses étouffées.
« Mais, enfin, Hermione, ce n'est pas de ta faute », voulut-il la rassurer. « Tout va bien. Chaque chose en son temps. »
Pourtant, elle s'en voulait, elle avait tellement envie de retrouver ce genre de moment avec lui...
OoOoO
Le réveillon se déroulait à merveille. Drago se sentait à sa place, alors qu'il était étrange de rassembler en un même lieu Sangs purs, Moldus et Potter. Mais c'était bien plus que cela aujourd'hui, c'était sa famille. Il ne manquait que Scorpius pour que le tableau soit au complet, mais Astoria lui avait promis de l'amener avant le repas. Elle reviendrait le chercher le lendemain.
Pour l'heure, il observait son fils, qui était au centre de l'attention, entre ses grands-mères, sa mère et l'un de ses parrains. Élia et Teddy s'étaient réfugiés dans la cuisine, quand il leur avait fait comprendre que, lui vivant, il ne laisserait personne doté d'un pénis monter dans sa chambre, ce à quoi Teddy avait grigné. Au moins Drago avait-il évité de le mégenrer.
Henry, Blaise et lui étaient assis en retrait, un spiritueux dans la main. Drago soupira.
« Dire qu'un jour, je devrais aussi gérer les histoires de cœur de Cailean. Même dans la cuisine, je n'ai pas confiance. »
Henry et Blaise s'esclaffèrent.
« Je ne suis pas en confiance non plus. Ma fille ayant déjà eu deux enfants avec toi, ça me semble amplement justifié », rétorqua Henry, moyennement amusé. Drago grimaça.
« En parlant de ça, Blaise… ? » commença-t-il.
Son meilleur ami comprit instantanément où il voulait en venir.
« Je ne l'ai plus vue en présence directe avec Mattheys, à part dans le cadre du club. Mais elle reste à distance. En revanche… », répondit-il, provoquant une expression horrifiée chez Drago.
« En revanche ?! » reprit-il.
« Le petit Kenneth et elle… ils passent de plus en plus de temps ensemble. »
Une longue plainte s'échappa du gosier de Drago.
« Je ne serai jamais tranquille », gémit-il.
« Jamais ! » s'exclamèrent Henry et Blaise d'une même voix.
OoOoO
Dans la cuisine, Élia et Teddy discutaient, une Bierraubeurre à la main. Ils l'avaient obtenue malgré un rictus désapprobateur de leurs parents et tuteur, grâce à l'intervention de Jean (« après tout, c'est Noël ! »).
« Tu m'as manqué ces derniers mois », dit Élia avec un air triste.
« Hum ! Toi aussi, mais tu étais fort occupée », lui répondit-iel, sur le ton du constat.
Il n'y avait pas d'animosité dans sa voix, ce qui n'empêcha pas Élia de se sentir mal à l'aise. C'était vrai. Depuis le début de l'année scolaire, elle passait beaucoup de temps en compagnie de Kenneth.
Ils ne s'étaient pas embrassés, mais continuaient à se voir pour faire leurs devoirs et parler. Enfin, Élia parlait beaucoup, lui ne disait presque rien. Il se contentait de la tenir par la main et elle trouvait ce geste réconfortant.
« Il paraît que tu traînes beaucoup avec Victoire », lâcha Élia, presque jalouse. C'était saon meilleur-e ami-e, pas lae sien-ne !
Teddy lui lança un regard surpris.
« Vous sortez ensemble ? » ajouta-t-elle.
« Non », répondit-iel. « Je ne sais pas si elle voudrait sortir avec quelqu'unx… comme moi. »
Élia secoua la tête.
« N'importe quoi ! D'ailleurs, on appelle comment un couple avec une personne non binaire ? Parce qu'on ne peut pas dire un couple hétéro ou homo ! » s'interrogea-t-elle, les sourcils froncés par la réflexion.
« On dit que c'est une relation diamorique », répondit-iel en haussant les épaules, juste au moment où un coup fut frappé à la porte d'entrée.
Posant sa bière, Élia sauta sur ses deux pieds et s'y dirigea. Elle ouvrit la porte sur son frère, accompagné d'Astoria et d'un homme qu'elle ne connaissait pas.
« Grande sœur ! » s'exclama Scorpius en s'élançant pour serrer ses jambes contre lui.
La tête blonde envahissant ses jambes, Élia dévisagea celle qu'elle était contente de ne plus considérer comme sa belle-mère. Elle préférait nettement avoir ses deux parents réunis.
« Bonjour, Astoria. Bonjour, Monsieur », fit-elle néanmoins.
« J'aimerais bien parler à Drago », annonça Astoria après un bref mouvement de tête poli.
« Je vais le chercher », se dévoua Teddy.
Il disparut alors dans le salon, revenant avec Drago quelques instants plus tard, sortant Élia d'un silence gênant.
« Hé ! Bonhomme », fit-il en caressant la tête blonde, qui s'accrochait dorénavant à la main d'Élia. « Astoria, je t'écoute. »
« Je voulais juste que tu fasses la connaissance de Robert. Étant donné que Scorpius est amené à le voir, je pense que c'est mieux que tu le rencontres en personne », lui expliqua Astoria.
« Tu as bien fait », lui répondit Drago en tendant la main au nouveau. « Drago Malefoy. »
« Robert Arkright », se présenta-t-il.
Assistant toujours à la scène, Élia se figea. Arkright, c'était le nom de famille de…
« Mattheys », souffla Teddy à son oreille, aussi étonné-e qu'elle.
OoOoO
Plus tard, alors que la maison était endormie, la conscience d'Hermione commençait lentement à se dissiper. Elle sentait le souffle de Drago dans sa nuque. Il dormait profondément.
Un sourire se dessina lentement sur le visage d'Hermione. C'était son premier Noël en sa compagnie. Qui l'aurait cru ? Qui aurait cru qu'ils formeraient un jour une famille ?
Ce soir-là, Hermione se sentait bien. Évidemment, elle avait encore peur : elle était mère, elle se soucierait toujours de ses enfants. Mais elle avait aussi le sentiment que leur père était exceptionnel. Elle pouvait le dire, elle aimait sa vie. Son compagnon. Sa fille. Son fils. Et même Scorpius.
Elle avait le sentiment que tout ce qu'elle avait subi était nécessaire pour l'amener à ce bonheur.
Je pense que je vais tout simplement vous laisser sur cette fin, vous laissez réagir sur ce qui vous a surpris, sur vos pronostics de suite... (a) Il reste six chapitres, de quoi faire quelques petites choses, mais ne vous attendez pas à un tremblement de terre d'ici là non plus. :p
Plein de paillettes de licorne sur vous.
