Bonjour,
Titre : D'un baiser sur tes lèvres...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre: Romance, Drame, UA
Résumé : La vie n'est jamais facile, surtout quand on grandi dans un monde où tuer pour survivre est notre quotidien. Heureusement, dans un monde où la loi du plus fort est de maître il y a des personnes qui essayent encore de s'en sortir. Mais rien ne se passe jamais comme prévu et le c?ur a ses raisons que la raison elle-même ignore... Yaoi.
Bêta correctrice : pommedapi
Note 1: Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;)
Note 3 : Ma bêta pommedapi qui corrige ma fiction '' D'un baiser sur tes lèvres...'' à commencé une fic '' En équilibre '' sur le couple Zoro/Sanji et Luffy/Nami. C'est sa première fiction sur One piece et elle est vraiment très bien. Je la conseille à tout ceux qui aime ces deux petits couples. ;)
Bonne lecture ;)
D'un baiser sur tes lèvres...chapitre 34
Paris, Hôpital, 24 décembre 2013, 09h48.
-Très bien. Vous faites de grands progrès, monsieur Roronoa!
Zoro trouvait que le médecin en faisait un peu trop mais il savait qu'il voulait juste l'encourager à faire encore plus d'efforts. Il écouta donc le docteur Hiluluk lui expliquer le prochain exercice et fit de son mieux pour le réaliser.
De la rééducation.
Voilà où il en était rendu.
Beaucoup d'entre eux avaient été blessé après l'attaque de l'hôtel Don Quichotte. Ils avaient mené une grande bataille et Joker était dangereux, rien d'anormal alors à ce qu'il y ait eu autant de blessés à la fin. Zoro s'estimait déjà heureux qu'il n'y ait pas eu de mort dans leur rang.
La fin était malheureusement assez floue dans sa tête. Il se souvenait avoir laissé Kid se charger des deux personnes prisonnières derrière un mur pour aller retrouver Sabo mais malgré tous les détours et les chemins qu'il avait pris, il n'avait pas pu retrouver le révolutionnaire. Dans son malheur, il avait tout de même réussi à trouver Law, le numéro IV des Supernovae, d'ailleurs en bien mauvaise posture. La suite était assez confuse. Il se rappelait que le combat avait été dur et éreintant mais qu'à eux deux, ils étaient venus à bout de Joker.
Il se souvenait aussi que s'il était là, c'était à cause de Law.
Zoro se souvenait très bien de l'épée s'enfonçant dans la poitrine de Joker jusqu'à la garde, traversant également son épaule gauche par la même occasion. Il avait tenu fermement Joker, l'empêchant ainsi de bouger pendant que Law se chargeait de tuer l'homme.
Il n'en voulait pas à Law. Ça avait été la meilleure chose à faire. La preuve, tous ceux qui étaient mêlés de près ou de loin à l'organisation de Joker avaient été arrêté et allaient être jugés. Zoro ignorait encore comment tout ça avait pu se produire. Après tout, Law cherchait à arrêter Joker depuis toujours et voilà qu'après cette attaque, son souhait se réalisait enfin. Dans tous les cas, il n'allait pas se plaindre. Son bras était un petit prix à payer pour la fin de ce cauchemar alors il l'acceptait.
Après l'attaque de l'hôtel, le sabreur s'était réveillé deux jours plus tard dans une chambre aseptisée. C'était déjà la deuxième fois que Zoro se réveillait mal en point à l'hôpital après avoir miraculeusement échappé à la mort. C'était dur et douloureux mais Zoro acceptait la douleur, c'était quelque chose qu'il pouvait gérer. La mort, il la côtoyait chaque jour un peu plus. La frôlant, s'en gorgeant pour finir par remercier le ciel d'être encore vivant, de retarder une fois de plus ce moment. Alors à son réveil, il n'avait pas paniqué. Il avait tout simplement écouté Sabo et Ace lui expliquer ce qu'il s'était passé après qu'il soit tombé inconscient.
Comme il s'en était douté, il avait échappé de peu à la mort. Il avait perdu vraiment beaucoup de sang. Quelques minutes après le départ des deux frères, le médecin qui s'occupait de lui était venu et lui avait fait un petit topo sur ses blessures. Zoro avait alors serré les dents quand celui-ci lui avait annoncé, compatissant, qu'il garderait des séquelles toute sa vie. Que lui, l'homme qui rêvait de devenir le meilleur sabreur du monde, éprouverait à présent quelques difficultés à se servir parfaitement de son bras gauche.
Et depuis, il faisait de la rééducation, donnant tout ce qu'il avait pour se rétablir complètement le plus vite possible. Le temps de son séjour à l'hôpital, les visites qu'il avait reçues lui avaient fait beaucoup de bien. Il avait pu par la même occasion prendre des nouvelles des autres. A part Marco qui avait été torturé et Ace qui avait été quelque peu malmené, ils s'en sortaient tout de même bien, Kidd compris, alors qu'il avait pourtant prit une balle. Cela ne l'étonnait pas, le numéro I de l'organisation ne pouvait pas mourir pour une raison aussi stupide que de se prendre une balle…
Et puis, Sanji aussi était venu le voir. Ça lui avait fait quelque chose de le voir pleurer pour lui. Le blond avait appris au journal télévisé que l'hôtel Don Quichotte avait été victime d'un attentat.
Zoro avait magnifiquement bien caché son ressentiment à cette nouvelle. Ce qu'il s'était passé au Don Quichotte n'avait rien eu d'un attentat. Tout ça... Toutes ces souffrances causées par l'avarice et l'orgueil d'un homme sans pitié. Malgré ce qu'il pensait, il n'avait rien dit, il s'était contenté d'écouter Sanji calmement. Celui-ci avait continué avant de s'arrêter, la voix tremblante, et de s'enquérir une nouvelle fois de son état.
Sanji avait été choqué d'apprendre que Zoro, Luffy ainsi que les frères de celui-ci faisaient partis des victimes, sans parler de Law et de Marco. Pour le cuisinier ainsi que toute autre personne qui entendrait parler de cette histoire, ils n'étaient qu'un groupe d'amis là au mauvais endroit au mauvais moment.
Tout cela avait été éprouvant pour Sanji, surtout qu'il se rendait enfin compte de l'importance que Zoro avait pris dans sa vie et dans son coeur.
Cet '' attentat '' avait changé beaucoup de choses... pour beaucoup de monde.
-Très bien. Je suis content de vous, monsieur Roronoa. Je sais que ce n'est pas facile mais vous vous accrochez et c'est très important.
Zoro aurait aimé répondre au sourire du docteur Hiluluk mais cloué sur un lit pour faire sa rééducation, il n'y arrivait pas. Il était fatigué. Le numéro X des Supernovae s'était entraîné pendant plus d'une heure sur les élévations antérieures, les abductions et les rétropulsions sans forcément voir un quelconque progrès. Alors non, il ne pouvait pas sourire au docteur, quand bien même il l'appréciait. Aujourd'hui, ça lui était impossible.
Ce qui s'était passé était encore bien trop présent dont son esprit. Les cris, la peur, l'odeur de la mort et les battements affolés de son cœur. Et puis cette lame qui s'enfonçait d'un coup sec dans son épaule, déchirant ses muscles dans un bruit sinistre.
À ce moment précis, Zoro avait croisé le regard de Law. Il était resté immobile, retenant de son mieux les hurlements de douleur qui voulaient à tout prix jaillir hors de lui. Qui voulaient déchirer son environnement et extérioriser sa peine et sa souffrance. Son mentor lui avait toujours dit qu'il était possible de supporter n'importe quelle douleur, que c'était même très simple. Il fallait juste avoir quelque chose à quoi s'accrocher. Quelque chose qui, pendant l'espace de quelques secondes, ferait passer ce sentiment au second plan. Zoro l'avait écouté et avait regardé Law, son partenaire, essayant de se rassurer, de se dire que tout irait bien. Qu'ils allaient tous s'en sortir et pouvoir rentrer chez eux.
Mais Law ne l'avait pas regardé... Ses yeux noirs de colère et de détermination, il avait fixé Doflamingo sans même sembler voir son partenaire.
Ses souvenirs étaient trop vagues ensuite pour qu'il sache ce qu'il s'était passé. Zoro n'était pas réellement certain de ne pas avoir inventé ce souvenir.
Mais savoir ou non s'il perdait la tête n'était pas ce qui l'inquiétait le plus. Le numéro X des Supernovae avait déjà eu des ennuis avec la justice et son implication dans cette histoire ''d'attentat'' même en tant que victime ne le servait pas.
Il avait bien sûr reçu une petite visite de la police. L'agent Coby et l'agent Hermep l'avaient questionné sur sa présence en ces lieux, comment s'était déroulée l'attaque etc... Cela avait duré bien trop longtemps au goût du vert. Il était tout de même heureux que ce soit un ami de Luffy qui mène l'interrogatoire. Ou plutôt, il avait été heureux jusqu'à ce que le dit '' ami '' ne lui demande comment il s'était blessé.
-C'est bizarre que des terroristes utilisent des épées, non ? lui avait-il sorti alors que Hermep s'était absenté pour se chercher à boire.
Zoro n'avait pas su quoi répondre. Le jeune policier avait beau être jeune et légèrement naïf, il n'en était pas moins bon dans son travail et avait en prime une bonne intuition.
-J'en sais rien. Tout est encore flou dans ma tête.
Coby avait hoché la sienne, faisant semblant de le croire et Zoro lui en avait été reconnaissant.
Le docteur l'interpella soudain, le faisant ainsi sortir de ses sombres pensées. Hililuk discuta encore un peu avec son patient avant de le laisser partir. Zoro rejoignit alors Sanji qui l'attendait sur le parking de l'hôpital.
-Alors?
Zoro se contenta de hausser son épaule droite. Sanji lui demandait toujours comment se passaient ses séances de rééducation et lui se contentait toujours de lui dire la même chose. Il se tourna juste à temps pour recevoir le délicieux baiser que Sanji lui donnait.
-Tu dors à la maison ce soir?
-On est le 24, t'as pas autre chose à faire?
-Rien d'aussi bien que de dîner avec toi, malheureusement. En plus, j'ai inventé un nouveau plat autour du citron. Tu verras, c'est super bon !
Zoro esquissa un sourire. Reprendre une vie normale après ce qu'il s'était passé n'était pas facile mais Sanji était tellement présent pour lui que tout lui semblait un peu plus acceptable.
Même le fait que Law n'ait jamais été le voir une seule fois depuis la mort de Joker.
Paris, appartement de Law 11h01.
Troublé, Law observait Luffy faire le tri dans son disque dur. Le médecin ne savait pas vraiment comment il était supposé se sentir.
Joker était mort. Les différents procès pour juger toutes les personnes liées de près ou de loin à lui et qui l'avaient aidé dans ses affaires de contrebandes avaient d'ores et déjà commencés. On pouvait presque dire que tout se terminait bien...
Mais Law n'était pas satisfait. Il regrettait tellement ce qui était arrivé à Zoro... Il était heureux que le sabreur s'en soit tiré mais en même temps, terriblement en colère. En colère contre lui d'avoir planté la lame de son épée dans l'épaule gauche de son partenaire.
Law avait du mal à se regarder dans une glace. Il n'arrivait pas à se pardonner ce qu'il s'était passé. Il se souvenait encore parfaitement du sang, de la pâleur de Zoro ainsi que de sa respiration laborieuse. Law se demanda un instant s'il pourrait un jour l'oublier.
La satisfaction d'avoir tué Joker, d'avoir vengé sa famille et Corazon semblait bien dérisoire face à ce qu'il avait fait à Zoro. Que penserait Corazon de lui ? De ce qu'il avait fait ? Peut-être que son précieux ami serait fier de lui maintenant ?
Law repoussa cette idée aussi vite qu'elle lui était venue, se demandant même comment il avait pu penser ça une seule seconde. Son mentor et ami lui avait demandé d'oublier Joker, d'oublier sa vengeance, de passer à autre chose... Corazon avait eu raison, Law le savait, mais ce que le blond n'avait pas compris à l'époque, c'était à quel point tout ça était important pour lui. La mort de son mentor n'avait fait que renforcer ce sentiment, qu'accroître son dégoût de Joker. Alors oui, une partie de lui était déçue, dégoûtée de ce qu'il avait fait mais au fond, bien caché derrière toutes les barrières qu'il s'était forgé au fur et à mesure des années, une autre était heureuse. Cette partie-là ne regrettait pas ce qu'il avait fait. Peu importait de passer pour un sang cœur, de passer pour quelqu'un de sanguinaire. Il avait réussi et c'était le principal.
Law avait honte de lui. Il se dégoûtait de penser ainsi. Alors pour arriver à continuer à vivre après cette tragédie, il se disait qu'il avait au moins réussi à mettre en lumière quelque chose de grave et permis d'arrêter le réseau de Joker.
C'était déjà ça...
-Traffy'?
Law ne cilla pas quand Luffy le regarda avec ses yeux noirs. Parfois, il avait l'impression qu'ils étaient comme un gouffre et qu'il pouvait tomber dedans et ne jamais se relever.
-Qu'est-ce qu'il y a, Chapeau de paille?
-...Je me demandais... Est-ce que tu as de la famille?
-Plus maintenant.
Luffy fit quelques manœuvres sur son ordinateur avant de le verrouiller. Il continua d'observer son petit ami, donnant ainsi l'impression à Law de passer un test ou quelque chose qui s'en approchait.
-Ils sont morts?
-Oui.
-Tous?
Luffy semblait assez perturbé. Il devait bien rester à Law un membre de sa famille quelque part dans le monde. Il voulut demander plus de renseignement mais devant le regard noir du plus âgé, il n'ajouta rien. Et puis, ce n'était pas forcément quelque chose de courtois à faire. Pourtant…
-Et comment tu te sens par rapport à ça?
-Où veux-tu en venir, Chapeau de paille?
Luffy se tût pendant un instant. Il baissa les yeux et fronça les sourcils. Il se mit même à jouer avec ses doigts pendant de longues minutes avant de soupirer.
-Non, c'est rien.
Luffy prit son ordinateur et se dirigea vers leur chambre. Law l'observa faire, interloqué. Ce genre de comportement ne ressemblait pas vraiment au Chapeau de Paille. Il se repassa la conversation dans sa tête et se demanda si Luffy avait des problèmes avec Portgas ou Sabo. Mais généralement, Luffy n'avait pas vraiment de difficulté pour parler de ses problèmes ou de ceux de ses frères...
Law se leva dans le but de faire parler Luffy. Il entra dans la chambre où ce dernier était maintenant étalé sur le lit avec de la musique sur les oreilles. Law s'allongea à ses côtés et Luffy vint de suite se coller à lui. Il y eut un petit moment de silence avant que le plus âgé n'enlève ses écouteurs et commence à parler.
-Est-ce qu'il y a un problème, Chapeau de paille?
Luffy hésita à parler. Law passa alors son bras autour de son corps un peu plus petit comme pour l'encourager.
-Parle-moi.
-Je... J'ai rencontré mon père. Quand je suis allé dans le bureau de Joker pour arrêter le Smile, il y avait quelqu'un, expliqua-t-il. Et heureusement, parce que franchement, je sais pas si j'aurais assuré ou pas ! fit Luffy dans une vaine tentative d'humour. Il s'était déjà occupé de tout et il m'a dit qu'il faisait partie de l'Armée Révolutionnaire et que c'était pour ça qu'il était là. J'ai eu un peu de mal à y croire… Comme par hasard, on avait besoin d'aide et il était là ! Et puis, il m'a dit qu'il était mon père et que de ce fait, je n'avais pas de souci à me faire. Sur le coup, j'y ai pas trop fait gaffe... et puis tout s'est passé très vite.
Law acquiesça, d'accord avec lui.
-Où est le problème ?
-J'ai un père, c'est ça le problème...
-Tu es sérieux, Chapeau de paille? Tu es au courant de comment on fait les bé-
-Je rigole pas, Law, bouda Luffy. Pépé m'avais déjà parlé de lui, il m'avait dit qui il était. Pourtant, pour moi, c'était encore un peu vague… A vrai dire, je l'avais écouté sans vraiment y faire attention, persuadé que je ne le verrai jamais de toute façon. Avoir un père, savoir qu'il est là... C'est perturbant. Je ne sais pas quoi faire, souffla Luffy, les sourcils froncés d'incompréhension.
-Pourquoi m'a-t-il abandonné? Où était-il pendant tout ce temps? Pourquoi est-il revenu? Ce sont les questions que tu te poses, fit Law calmement
-A peu de choses près, c'est ça. C'est juste de la curiosité.
-Et toi, est-ce que tu veux le revoir? As-tu envie d'avoir une relation père-fils avec cet homme?
-J'ai pu me passer de ce genre de truc pendant pratiquement toute mon enfance et franchement, je sais pas si j'ai envie de ça... Mais d'un côté, je me dis que je passe peut-être à côté de quelque chose... Ace n'a jamais connu ses parents et malgré le fait qu'il dit détester son père, je sais qu'il aurait aimé qu'il soit encore vivant. Connaître sa mère et son père, avoir une famille.
-Tu n'es pas Portgas.
-Je sais. Mais je me dis que si je ne fais pas connaissance avec lui pendant que j'en ai l'opportunité, je le regretterais peut-être plus tard. Et puis, ça peut être amusant, je ne sais pas, moi ! termina Luffy, à court d'idée.
-Pour l'instant, tu es perdu. Prend ton temps pour réfléchir à tout ça. Peut-être même que Portgas et Sabo pourraient t'aider. Mais n'oublie pas que la décision finale doit t'appartenir.
-Je sais. J'en ai marre de me prendre la tête, surtout qu'il m'a juste dit en gros qu'il était mon père, pas qu'il voulait apprendre à me connaître ou un autre truc dans le genre !
Ils restèrent silencieux pendant que Law méditait les paroles de Luffy. A vrai dire, il ne s'était lui-même jamais posé de question sur les parents de Luffy. Il savait qu'il avait été élevé par son grand-père et que sa mère était morte. Que Ace et Sabo n'étaient pas vraiment ses frères et que l'identité de son père était inconnue.
-Qui c'est?
-De qui?
-Ton père?
-Monkey D. Dragon.
Law ne put s'empêcher de soupirer. Il connaissait très bien la réputation de cet homme. Monkey D. Dragon, le révolutionnaire et l'homme le plus recherché de France. Hé bah, le moins que l'on puisse dire, c'était que Luffy avait une famille assez atypique. Le mercenaire était à peine surpris par cette révélation. Les deux hommes portaient tous les deux le même nom de famille et s'ils ne se ressemblaient pas particulièrement, ils semblaient avoir tous les deux le même goût du risque.
-J'ai pris rendez-vous dans une clinique.
Luffy fronça les sourcils et observa Law pendant quelques secondes.
-Pourquoi? T'es malade? T'en as pas l'air...
-C'est pour toi.
-Moi?
Il se redressa et fit travailler ses méninges pour essayer de trouver pourquoi il aurait bien besoin d'aller voir un médecin. Et puis soudain, il serra les poings et arbora une mine sombre.
-Pourquoi tu fais ça? Je t'ai dit que je voulais pas y aller ! Pourquoi tu insistes jusqu'à même faire des trucs derrière mon dos maintenant ?!
-Il faut que tu le fasses, Luffy. Il vaut mieux être sûr. Et s'il s'avère que tu as bien le VIH, nous pourrons alors agir en conséquence.
-J'ai l'impression que c'est plus pour toi que pour moi…
Law tiqua et fronça les sourcils.
-Que veux-tu dire?
-Rien.
Il soupira.
-Bellamy n'est qu'un enfoiré. Si j'avais su, je lui aurais fait bien plus que lui éclater la gueule.
-Il est mort de toute façon, maintenant. Et puis, ce n'est pas forcément de lui dont il est question ici.
-Q-quoi !? Bellamy est mort? cria presque Luffy, incrédule.
Law s'insulta mentalement. Cette information n'était pas censée lui avoir échappé. D'autant que maintenant, il ne savait pas trop quoi dire pour se rattraper.
-C'est ce que j'ai cru comprendre, commença-t-il prudemment. Il travaillait pour Joker et avait apparemment raté une mission. Joker se serait débarrassé de lui.
Luffy resta sous le choc pendant quelques secondes avant de reprendre la parole.
-J'aurais jamais pensé que Bellamy était dans ce genre de magouilles ! Pour moi, c'était juste la petite frappe du quartier avec qui je me battais de temps en temps. Et là... j'apprends qu'il est mort.
-Il t'a violé.
Law savait que ce qu'il faisait était bas. Rappeler à Luffy ce que cet homme lui avait fait alors qu'il faisait son mieux pour justement ne plus y penser. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher. A l'entendre parler comme ça, il avait l'impression que Luffy ressentait presque un peu de compassion pour cette ordure.
-Je sais.
-Il le méritait.
-...
-Ne me dis pas que tu es triste pour lui !?
Et voilà, maintenant Law sentait qu'il commençait à perdre son calme.
-Je n'ai pas dit ça! Je suis juste sous le choc. Et puis, qui es-tu pour dire s'il méritait de vivre ou de mourir? Moi, je ne sais pas s'il avait le droit de vivre ou de mourir et sincèrement, ça me va très bien comme ça.
Il s'arrêta soudainement quand Law le renversa sur le lit, le surplombant maintenant de toute sa stature.
-Il le méritait.
Il fit bien attention à détacher chaque syllabe pour être sûr que Luffy le comprenne bien et ne cherche plus à argumenter de quelle que façon que ce soit.
-C'est ce que tu te dis pour pas culpabiliser?
-Est-ce qu'on parle toujours de Bellamy?
-Je sais pas, à toi de me le dire. Joker le méritait aussi, c'est ça?
Surpris, Law le lâcha et recula doucement.
-Désolé, s'excusa Luffy piteusement.
-Des fois, j'oublie que tu n'es pas aussi idiot que tu le laisses paraître...
Paris, Appartement de Zoro, 15h58
Sabo ouvrit doucement la porte de la chambre de Ace avant de jeter un rapide coup d'œil au brun. Il fut soulagé de voir qu'il dormait toujours. Depuis quelques jours, Ace était harcelé par des journalistes qui lui posaient mille et une questions par rapport à l'affaire Joker. Comme toujours dans ce genre d'histoire, les journalistes s'étaient vite emparés de l'affaire, au grand dam de la justice et de la police qui auraient préféré enquêter dans le calme et la sérénité. Parler d'attentat alors que l'enquête avait tout juste débuté avait de quoi effrayer. Évoquer la possible implication du plus grand homme d'affaires de tous les temps, Don Quichotte Doflamingo, avait également été une grande erreur. Il était vrai que le public était en droit de savoir mais à ce stade de l'enquête et des interrogatoires, il était trop tôt pour divulguer ce genre d'informations.
Très vite, les noms des victimes et des personnes présentes dans le bâtiment avait été dévoilé et si le révolutionnaire avait été plutôt tranquille du côté de la police et des journaliste grâce à l'Armée Révolutionnaire, ça n'avait pas été le cas de son frère. Le blond avait fait de son mieux pour l'aider avec toutes ces espèces de harpies féroces qui se jetaient sur lui tels des vautours à la recherche d'un scoop. Mais Ace lui avait bien fait comprendre qu'il n'avait pas besoin d'aide pour se débarrasser de ce genre d'individu. Ace ayant travaillé pour Joker, plus précisément comme escorte, il avait reçu une attention toute particulière de la police. Le chef de la police, Akainu, s'était fait un plaisir de mener lui-même l'interrogatoire.
Tous ceux qui avaient travaillé avec Joker étaient en train de tomber. Barbe Noire et même Cesar, et encore bien d'autres. Le procès allait bientôt débuter et il allait servir à identifier les rôles que chacun avait joués dans cette histoire. Il y avait eu de nombreux témoignages, notamment des escortes tels que Cavendish, Margaret et Ace qui avaient appuyé les preuves que l'Armée Révolutionnaire avait fourni à la police, ce qui avait grandement aidé les procédures d'arrestation de la police.
Sabo n'avait pas voulu recueillir plus d'informations sur cette affaire que nécessaire. Maintenant que cette histoire était en quelque sorte presque finie et pratiquement derrière lui, il voulait passer à autre chose. D'autant que le peu d'information qu'il avait eu lui avait froid dans le dos. Il frissonnait encore de dégoût rien qu'en repensant aux sévices que la jeune Margaret avait subis. Sabo ne souhaitait pas se souvenir de ça mais malheureusement, Violet qui avait été infiltrée pendant plusieurs années allait avoir du mal à passer à autre chose. La pauvre jeune femme avait failli mourir des mains de ce fou. C'était quelque chose qu'elle allait avoir du mal à oublier...
Et puis, il y avait son frère aussi. Il s'était avéré que les bonbons que Ace consommait et qu'il prenait à l'hôtel de Joker étaient en réalité un prototype de drogue que Cesar avait mis au point pour Joker.
Ace en avait pris pendant trop longtemps pour pouvoir s'en passer facilement. Il allait avoir besoin d'aide et Sabo était bien décidé à l'aider du mieux qu'il pouvait et plus encore. Au début, il avait trouvé l'attitude de Ace vraiment bizarre, tellement qu'il lui était arrivé de ne pas le reconnaître. Savoir que c'était à cause d'une substance illicite lui donnait des crampes d'estomac.
Il ne savait pas encore ce que cette drogue provoquait, tout ça était encore étudié en laboratoire par la police.
Il soupira... Sortir de cette histoire morbide n'allait pas être facile.
Quand Sabo fut rassuré de voir que tout allait bien pour Ace, il referma doucement la porte de la chambre et retourna en cuisine. Aujourd'hui, il recevait des invités pour le traditionnel repas de Noël et s'il voulait que tout soit prêt à temps, Sabo savait qu'il devait s'y mettre dès maintenant.
Il cuisina gaiement tout en écoutant de la musique quand il entendit soudain la porte de l'entrée s'ouvrir. Il s'arrêta et fronça les sourcils. Zoro était le seul à avoir les clés mais il passait la journée avec Sanji. Curieux, Sabo sortit de la cuisine pour voir qui venait d'entrer et se figea en apercevant Kid.
Le roux semblait avoir meilleure mine que la dernière fois qu'il l'avait vu, ce qui n'était pas très compliqué étant donné que leur dernière rencontre remontait à dix jours et que Kid avait alors reçu une balle.
Sabo s'aperçut alors que Kid le détaillait également. Sans doute voulait-il s'assurer qu'il allait bien. Quand le roux remarqua que le blond l'avait vu faire, il fit semblant de regarder ailleurs.
-J'ai oublié quelque chose... Enfin, je crois.
Il commença à marcher vers le couloir.
-J'en ai pas pour longtemps.
-Hum hum.
Sabo croisa les bras sur son torse tout en le guettant du coin de l'œil. Il soupira quand il fut seul dans le salon. Il en avait un peu marre de cette ambiance bizarre qui régnait dès qu'il était seul avec le roux. Sabo n'arrivait pas à penser à autre chose qu'au fait que Kid avait brûlé le Grey Terminal. Il aurait voulu faire table rase du passé mais c'était encore un peu dur. Mais comme le mercenaire l'avait dit lui-même, il était encore jeune mais non pas moins fautif, même si ses propres parents y étaient pour beaucoup.
De plus, Sabo ne l'avait pas encore remercié alors qu'Eustass lui avait pratiquement sauvé la vie lors du raid dans l'hôtel Don Quichotte. Il n'en avait pas eu l'occasion mais maintenant qu'il pouvait, il devait le faire. Sabo prit une grande inspiration et lissa son tablier avant de se diriger à son tour dans le couloir.
Il était en train de penser à ce qu'il allait dire exactement quand il percuta légèrement Kid. Celui-ci le regarda, les sourcils relevés, se demandant ce que le blond pouvait bien avoir en tête pour ne pas l'avoir vu avant.
-Euh... Je suis désolé de ne pas l'avoir fait avant mais je le fais maintenant alors on va dire que c'est pas grave... Bref, je voulais te remercier pour ce que tu as fait... Alors, merci.
-Tu parles de quoi, en fait?
-De ce que tu as fait pour moi dans l'hôtel.
Kid l'observait toujours, les sourcils froncés, puis sembla enfin comprendre.
-Oh, c'est rien. En plus, je me souviens même plus de ce que j'ai fait exactement mais si tu penses que j'ai besoin d'être remercié pour ça, OK.
Sabo fut stupéfait de voir qu'effectivement, Kid ne semblait pas vraiment se rendre compte de tout ce qu'il avait fait ce jour-là.
-Et sinon, comment ça va? lui demanda t-il alors, désireux de changer de sujet.
-Ça va.
Il souleva légèrement son haut et dévoila un petit bandage. Sabo frissonna quand il aperçut ses cicatrices, certaines semblant dater et d'autres être plus récentes. Mais ce qui le choqua le plus était leur quantité. Il se força à détacher son regard du torse du roux et le regarda à nouveaux dans les yeux avec un sourire bienveillant.
-Trois fois rien, précisa le roux qui n'avait pas manqué le regard appuyé du blond sur ses anciennes blessures.
-Si tu le dis. L'important, c'est que tu ailles mieux.
Il marqua une petite pause avant de continuer.
-Alors, que fais-tu ce soir?
-Rien de particulier...
-Tu passes le réveillon tout seul?
Sabo semblait vraiment choqué mais après coup, il se fit la réflexion que peut-être il s'agissait d'un évènement habituel pour Kidd.
-Oh, ça va, je me plains pas. On a passé Noël tous ensemble une fois et ça a été une catastrophe !
Il rigola un peu à ce souvenir. Sabo lui l'observait un peu tristement, surtout qu'il avait très bien compris de qui parlait Kid quand il avait dit '' on ''.
-Est-ce que tu veux passer le réveillon avec nous?
-Nous?
-Ace, Luffy, Law et Koala.
Soudain, la bonne humeur de Kid le quitta et Sabo chercha alors ce qu'il avait bien pu dire pour que le roux semble si amer.
-Non, je ne vais pas m'imposer et puis ce genre de truc, c'est pas pour moi.
-D'accord. Bon réveillon, alors, fit le révolutionnaire, incertain.
Kid se contenta d'acquiescer mollement avant de se diriger lentement vers la sortie.
OoOoO
-T'as besoin d'aide?
Sabo sursauta légèrement, n'ayant pas entendu son frère entrer. Celui-ci ne lui laissa pas le temps de lui répondre et commença à laver la salade. Sabo se permit alors de le regarder quelques instants avant que celui-ci ne le remarque.
Sabo se sentit triste de voir combien Ace ressortait dévasté de toute cette histoire. Il avait des cernes énormes et le teint blafard. Quand Ace était rentré après le premier jour du procès, il avait tout cassé dans sa chambre. Il avait été surpris de le voir péter les plombs ainsi mais quand le brun leur avait expliqué comment il s'était drogué pendant des semaines sans le savoir et tout ce qui se passait sous son nez sur son '' lieu de travail '', il avait en partie compris pourquoi Ace était si énervé.
Les jours suivants avaient été tout aussi difficiles. Ace avait même repris de la drogue. Bien sûr, il avait essayé d'être discret mais Sabo n'avait pas été dupe. Il n'avait cependant rien dit. Il savait que devenir clean n'allait pas se faire en quelques jours et puis, Ace s'était sentit suffisamment mal comme ça. Ce dernier avait même redoublé d'effort après cet épisode, il ne voulait plus rien consommer. Ça lui faisait toujours bizarre de se dire qu'il en était arrivé là à cause de simples bonbons...
Mais ça expliquait beaucoup de choses, notamment ses hallucinations, ses crises de colère, sa paranoïa,... Mais pas tout, malheureusement. Sabo tout comme Ace doutait un jour d'avoir des explications sur ce sujet-là. Tous les deux voulaient trop oublier ce qu'il s'était passé pour chercher plus en profondeur.
-Hé, Sab' ! Tu te souviens quand on était encore au Grey Terminal et que pour Noël on accompagnait les gosses chanter des chants religieux chez les gens ?
-Ouais.
Sabo eut un sourire nostalgique en repensant à ce souvenir.
-Dadan disait qu'étant donné qu'on ne payait pas de loyer, on devait bosser un peu pour l'orphelinat. Le jour de Noël aussi !
-Tu parles! Elle voulait qu'on emmène les gamins dehors pour pouvoir se saouler tranquillement, se moqua Ace.
-C'est vrai qu'elle sentait toujours le whisky bon marché quand on rentrait.
-Un jour, un des gosses avait dit qu'elle sentait le chien mort du voisin !
-Ouais, je m'en rappelle ! Sur le coup, j'ai vraiment cru qu'elle allait le tuer ! rigola le blond.
Les deux frères rigolèrent un peu, se remémorant cette scène. Le repas enfin prêt, ils décidèrent d'aller regarder un bon vieux bêtiser à la télé en attendant leurs invités.
-Je... vais aller sur la tombe de ma mère le 1er janvier, lâcha soudainement le brun.
-C'est une bonne chose, je suis sûr que ça va te faire du bien. Tu veux que je vienne? demanda Sabo, heureux de cette initiative.
-Non. Je pense que c'est quelque chose que je dois faire seul, répondit Ace avec hésitation après quelques secondes de silence.
-Est-ce que tu vas aussi aller sur la tombe de ton père?
-Je n'avais pas prévu mais c'est vrai que ça fait longtemps que je n'ai pas été sur la tombe de Père. J'en profiterai pour voir t-
-Je ne parlais pas de Barbe Blanche mais de Gold D. Roger.
Ace le regarda, un peu surpris. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que Sabo lui parle de Roger.
-Je ne t'ai jamais entendu l'appeler papa ou quoi que ce soit d'autre, en fait, réfléchit le blond à voix haute.
-J'ai du mal à le considérer comme mon père. J'ai passé toute mon enfance à entendre des personnes dire des trucs horribles sur lui. Et le pire, ça a été quand j'ai entendu ce qu'ils feraient au fils de Roger s'il en avait eu un. Il m'appelait « fils du démon », ils me traitaient de tous les noms sans savoir que j'étais bien là, juste devant eux. Et après, ils rigolaient et disaient que de toute manière, il ne fallait pas s'inquiéter puisque je n'existais pas ! Mais j'existe. Je suis bien réel et moi aussi, j'ai le droit de vivre…
Sabo lui prit la main. Ils avaient besoin de ce geste autant l'un que l'autre.
-A force d'entendre ça pendant pratiquement toute mon enfance, moi aussi j'ai commencé à le détester, se confessa Ace.
-Barbe Blanche non plus n'est pas un saint.
-Je sais. J'essaye de lui pardonner, tu sais? J'espère pouvoir y arriver un jour...
Sabo resserra légèrement sa main dans celle de Ace.
-Quand tu seras prêt, on ira ensemble sur sa tombe.
-Merci.
Ils échangèrent un dernier sourire avant de se concentrer de nouveau sur la télé. Quelques minutes plus tard, la sonnette retentit, signe que les invités étaient arrivés.
Pendant cette merveilleuse soirée, Ace et Sabo eurent une pensée pour la vielle Dadan et le Grey Terminal. C'était en quelque sorte le premier Noël qu'ils ne fêtaient pas à l'orphelinat. Ça leur faisait un petit pincement au cœur mais être à côté des personnes qu'ils aimaient le plus était tout ce qui comptait.
Ils passèrent donc un agréable Noël.
Heureux.
Paris, police municipale, 21h15
Coby observa une fois encore le rapport que lui avait rendu l'agent Tashigi concernant l'affaire de l'Hôtel Don Quichotte. Il devait normalement joindre son propre rapport et le déposer ensuite sur le bureau du chef, Akainu.
C'est ce qu'il était censé faire mais le jeune policier avait envie de regarder ce que l'agent Tashigi avait écrit dans son rapport. Curieux, il l'ouvrit et commença à feuilleter le dossier. Il ressemblait beaucoup au sien, ce qui à ce stade de l'enquête était tout à fait normal. Il passa quelques pages et alla jusqu'au témoignage qu'avait recueilli la jeune femme.
Tashigi avait interrogé Ace et tout à côté des réponses de celui-ci, elle avait mis quelques annotations ici et là. Ne pouvant plus reculer maintenant, il commença à lire.
Rapport de témoignage
Nom et prénom :
Portgas D. Ace.
Age :
21 ans
Profession :
J'ai été « escorte » mais maintenant...
Que faisiez-vous à l'Hôtel Don Quichote à une heure aussi matinale ? :
Je devais retrouver mon compagnon.
Pourquoi à cet endroit-là en particulier ? :
Je connaissais l'endroit et savait qu'on ne serait pas déçu. On s'est mis ensemble il y a pas si longtemps et on s'est dit que comme vrai premier rendez-vous, ça pourrait être pas mal.
(A vérifier )
Comment se nomme votre compagnon ? :
Marco.
(Recueillir son témoignage et vérifier si celui-ci confirme la version de Portgas D. Ace.)
Savez-vous ce qu'il s'est passé exactement le jour de l'attaque ? :
Pas vraiment. Ou plutôt, c'est compliqué. Comme j'ai déjà travaillé là, je connais les endroits pour être tranquille. Avec mon compagnon, nous sommes allés dans la deuxième partie de l'hôtel. Je présume que je voulais également un peu l'impressionner... Mais d'un coup, il y a eu de grands bruits et des hommes armés ont pénétré dans le bâtiment. Il y a eu quelques bousculades avec les quelques personnes présentes et c'est là que j'ai été séparé de Marco.
(Il est passé de compagnon à Marco. Parler de son compagnon est une bonne méthode pour le mettre en confiance et l'inciter à parler un peu plus.)
Que s'est-il passé ensuite ?:
J'ai essayé de retrouver Marco mais avec toute cette agitation, je n'ai pas pu. Je me suis alors caché pour échapper à des hommes. Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé après. J'ai entendu les sirènes de police et après avoir attendu quelques minutes, je suis sorti.
Le médecin, après vous avoir ausculté, a identifié plusieurs blessures récentes. Comment expliquez-vous ça ?:
Je ne suis pas un enfant de coeur vous savez... Une bagarre qui a mal tourné il y a quelques jours.
Comment s'en est sorti votre compagnon ? :
Mal. Il est encore hospitalisé. Mais ses jours ne sont pas comptés d'après ce qu'on m'a dit…
(Il s'est refermé. Sujet sensible. Si possible, se renseigner un peu plus sur ses fameuses blessures avec le médecin.)
Comment s'est-il blessé ? A t-il été attaqué lors de cet assaut ? :
Je ne sais pas. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de le lui demander pour l'instant.
Coby ne savait pas quoi penser de cet entretien. N'ayant pas eu Ace devant lui, il ne n'aurait su dire si le jeune homme était sincère ou non mais Ace était le frère de Luffy et Coby avait confiance en lui. Il savait toutefois ne pas être objectif quand il disait ça.
Le jeune policier tourna encore les pages, s'arrêtant sur la conclusion qu'avait faite la jeune femme. Tashigi émettait quelques doutes quant à un possible attentat et favorisait davantage un règlement de compte qui aurait mal tourné. Les affaires de Joker était à exploiter ainsi que les caméras de vidéosurveillance de l'hôtel.
Fatigué, Coby referma le dossier et ajouta le sien pour le porter à Akainu. Il était tard, seule l'équipe de nuit était encore présente et il devait se dépêcher de rentrer.
Saint-Denis, Appartement de Rob Lucci, 22h07
Lucci déposa rageusement son verre sur la table basse, faisant se perdre des gouttelettes ambrées sur le bois parfaitement lissé. L'ancien escorte observa son verre à moitié vide, se demandant pourquoi il n'arrivait pas à oublier. Pourquoi l'alcool ne l'aidait pas cette fois-ci...
Lucci n'était pas du genre à boire ni à fumer, et encore moins à s'adonner à des plaisirs vulgaires tel que celui de la chair. Rob Lucci était un soldat. Il était un héros servant dans l'ombre son pays. Mourir au front ou dans une de ses innombrables missions était pour lui la plus magnifique des morts. Un honneur accordé aux hommes comme lui, prêts à tout pour la patrie.
Le gouvernement était bon. Leur cause était juste et les soldats défendaient la justice.
Travailler comme escorte n'avait rien eu d'honteux pour lui ni rien de dégradant. Cela avait juste été un moyen de plus de tromper Don Quichotte Doflamingo. Parce que bien entendu, l'État était au courant des agissements de ce criminel. L'exécutif avait mis ses meilleurs hommes sur le coup, sa meilleure délégation qui s'était alors chargée d'espionner Joker. De l'étudier, de le surveiller et de connaître ses contacts. D'identifier ses clients, ces personnes qui jetaient sans honte leur argent dans les poches déjà trop pleines de ce hors la loi. Qui se pâmaient de désir devant les bouts de chairs que Joker leur jetait en pâture. Ses pauvres hommes et femmes qui, coincés, se retrouvaient à obéir à Doflamingo.
Rob Lucci avait travaillé dur pour réussir son infiltration, se fondant dans la masse et exécutant parfaitement son rôle. Que ce soit auprès de Joker, auprès des autres employés et escortes et encore plus devant ses clientes.
Oui, il s'était investi corps et âme et tout ça pour rien! Énervé, il jeta violemment son verre contre le mur. Tous ces mois à faire semblant, à sourire et à ronger son frein ! L'Armée Révolutionnaire avait tout gâché, lui volant au passage la gloire qu'il aurait dû récolter. Bien entendu, l'Armée Révolutionnaire agissait dans l'ombre tout comme lui mais ça n'empêchait pas Lucci d'être furieux. Cette mission, il l'avait complètement ratée. Il avait failli. Il était déçu de lui. Il aurait voulu faire plus pour sa nation.
L'ancien agent infiltré soupira avant d'aller ramasser les quelques débris de verre qui jonchaient le sol. Il fut arrêté dans son geste par les bruits de son pigeon qui tapait frénétiquement contre la fenêtre du salon. Lentement, il se releva et alla ouvrir à son ami.
-Bien le bonjour.
Le pigeon alla prestement se poser sur l'épaule droite du brun.
-Ça faisait longtemps que je ne t'avais pas vu, fit-il en caressant la cravate rouge de son compagnon.
Le pigeon acquiesça avant de fixer les quelques lumières encore présentes dehors.
-Quelque chose me dit que ce n'est pas fini, annonça alors Rob Lucci.
Dans le prochain chapitre :
-Sanji est un cuistot pervers, c'est comme ça, fit Zoro comme si c'était une fatalité.
Il n'ajouta rien de plus, même si ça le démangeait. Voir Sanji agir ainsi ne lui plaisait pas vraiment. Il trouvait ça déplacé de la part du blond de flirter avec la belle archéologue alors qu'il était là. Il ne savait pas si le cuisinier faisait ça pour donner le change ou s'il ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher. Agacé, il détourna le regard pour s'intéresser aux quelques personnes qui avaient décidé d'envahir la piste de danse. Il tomba alors sur ce bon vieux Bartoloméo qui l'avait déjà tant fait rire à sa fête d'anniversaire.
-Beaucoup de personnes qui n'ont rien en commun et qui sont à l'opposé l'une de l'autre forment souvent de très beaux couples. Sanji et son amour incontesté des bonnets D et Zoro et son crush pour Dean Winchester en sont un très bel exemple, continua Sabo pour apaiser son ami.
-Sérieux, Zoro ? Tu craque pour un acteur ? se moqua Ace.
-La ferme, se renfrogna le sabreur.
-Qui est Dean Winchester ?
Law qui ne passait pas la moitié de ses soirées à regarder les épisodes de la si célèbre série Supernatural ignorait tout des tourments de son partenaire.
Et voila merci de m'avoir lu. N'hésitez pas à commenter ça fait toujours plaisirs et ça aide à s'améliorer!
