Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Bonsoir tout le monde !!!

Avant mon blabla habituel, je tenais à vous souhaiter une bonne et heureuse année 2010, que ce nouvel an vous apporte amour, santé, bonheur, argent, bref, tout ce qui pourra le rendre parfait.

J'espère aussi que le Père Noël vous a gâté et que vous avez passé de bonnes vacances !

Encore une fois bonne année !

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Avant ce nouveau chapitre, je tiens encore à vous remercier pour toutes vos reviews ! Merci énormément !

Pour les anonymes :

Tifolitoi : Merci pour ta review ! Désolée, mais je viens juste de rentrer de vacances et de récupérer ma connexion Internet. Donc, voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Bonne lecture !!!!

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Chapitre 37 : Reviens-moi !

Carlisle entra dans la demeure des Denali, il ignora les regards inquiets, les questions. Tout en serrant son précieux fardeau contre son torse, il gagna leur chambre. Jasper qui le précédait lui ouvrit la porte. Carlisle déposa son compagnon sur leur lit. Tendrement, il lui ôta ses chaussures, puis sa veste, son pantalon. Une fois qu'il fut en boxer et en chemise, il ouvrit le lit et y glissa son ange, le recouvrant de l'épaisse couette. Une fois qu'il eut terminé, il voulut s'asseoir sur une chaise pour attendre le réveil de son amour, mais il s'en révéla incapable. Il devait s'occuper. Il devait faire quelque chose. Sous le regard angoissé de Jasper, il se rendit dans la salle de bain et revint avec un linge humide. Il s'assit ensuite sur le rebord du lit et passa le gant tiède sur le visage de son amant tout en lui parlant doucement.

Carlisle entendit du bruit dans son dos, ils étaient là. Il se tourna vers eux, bien décidé à les chasser, il n'avait pas besoin d'eux dans ses pattes. Alors qu'il allait ouvrir la bouche, son regard se posa sur sa mallette qui était posée dans un coin de la chambre. Il se précipita vers elle et la saisit, il s'y accrocha désespérément comme s'il s'agissait d'une bouée de sauvetage. Il revint vers le lit. Ses doigts tremblants peinèrent à ouvrir la sacoche qu'il renversa par dépit sur le lit. Ses mains devenues malhabiles fouillèrent les différents instruments qui étaient répandus sur la couette. Il attrapa une petite lampe, la seconde suivante, il en promenait le faisceau lumineux devant les yeux figés de son compagnon. Réfrénant un feulement de désespoir, il laissa tomber la petite lampe et attrapa son stéthoscope. Des murmures, puis des grondements s'élevèrent dans son dos, mais il s'en moquait. Il posa la petite surface métallique sur le torse de son amant, fermant les yeux pour mieux se concentrer.

« -Non, gémit Alice.

-Il… Il a perdu la raison, dit Caïus en fixant le vampire d'un regard incrédule.

-Il faut l'arrêter, décida Emmett en s'avançant dans la chambre.

-Non, le stoppa Jasper, laisse-le.

-Mais…

-Cela le calme, l'apaise, souffla le blond en analysant les émotions de leur père, il a besoin de faire des gestes qui le rassurent, de faire quelque chose, même si cela parait totalement dingue.

-Mais c'est dingue ! Gronda Rosalie en voyant son père déplacer le stéthoscope sur la poitrine du Prince.

-Ca va lui passer, assura Jasper, laissez-lui un peu de temps.

-Tu es sûr ? S'enquit Alice qui retenait mal ses sanglots.

-Jasper a raison, garantit Aro, cependant, nous sommes sans défense. Je sais que tu as du chagrin Alice, mais pourrais-tu essayer de surveiller l'avenir pour nous prévenir à temps de l'arrivée d'Arès.

-Oui, bien sûr, accepta la vampire qui ne bougea pourtant pas, son regard était toujours accroché sur les silhouettes de son père et celle d'Edward.

-Rosalie, Emmett, pourriez-vous l'accompagner ?

-Oui, acquiesça Emmett, allez, venez !

Le grand brun entraîna sa compagne ainsi que sa sœur hors de la chambre, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil au couple.

-Je vous accompagne les enfants, annonça Carmen en leur emboîtant le pas.

Carlisle avait suivi leur échange. Peu à peu, il se rendait compte de l'absurdité de ses gestes. Lentement, il retira le stéthoscope. Il attrapa sa mallette et entreprit de tout ranger consciencieusement à l'intérieur. Quand il eut terminé, il pouvait toujours sentir leurs regards peser sur lui, mais sans pour autant leur adresser la parole ou les rassurer, il s'allongea aux côtés de son ange et le prit dans ses bras.

-Papa ? L'appela doucement Jasper.

Carlisle ne souhaitait qu'une chose, qu'ils partent tous, qu'ils le laissent seul avec son amour. Cependant, la voix de son fils résonnait douloureusement à ses oreilles, son fils… Sa famille… Ils comptaient sur lui.

-Papa ?

-Jasper ?

-Merci, souffla le blond en s'agenouillant à côté du lit pour enlacer son père.

-Je suis désolé, je ne voulais pas vous effrayer, s'excusa Carlisle.

-Ce n'est rien, papa, je peux comprendre.

-Carlisle, comment va notre fils ? Demanda Marcus dont la voix trahissait l'inquiétude.

-Son corps est avec nous, mais j'ai l'impression que son esprit est bien loin.

-Qu'est-ce qu'Arès a encore fait ?! Enragea Caïus. Je pensais qu'Edward avait dit qu'il ne pouvait pas nous localiser ?

-C'est exact, concéda Aro.

-Alors, comment a-t-il fait pour s'en prendre à lui ?

-Edward a dit tout à l'heure qu'Arès souhaitait entrer en contact avec lui, leur rappela Eléazar, pensez-vous que le Prince aurait pu passer outre votre ordre et le contacter ?

-Ca lui ressemblerait assez, maugréa Caïus.

-Non, Edward ne l'a pas fait, j'en suis certain, le contredit Carlisle.

-Peu importe comment Edward s'est retrouvé dans cet état, déclara Marcus, le plus important c'est qu'il revienne parmi nous.

-Rien n'émane de lui, les informa Jasper, aucune émotion, c'est le vide total. Je n'avais jamais rien vu de tel, sauf chez un …

-Mort, compléta Caïus d'une voix grave.

-Son bouclier peut-il te bloquer l'accès à ses sentiments ? Proposa Marcus.

-C'est possible, admit Jasper guère convaincu par cette hypothèse.

-Edward ne semble pas en état d'utiliser ses dons, fit remarquer Aro, par ailleurs, nous avons tous vu qu'il ne les maitrisait plus.

-Alors, comment pouvons-nous l'aider ? Murmura Carlisle désespéré. »

Un silence pesant s'abattit dans la pièce. Carlisle ne supportait plus de voir leurs regards voilés. Il enfouit son visage dans les cheveux de son ange, s'imprégnant de sa douce odeur qui l'apaisa quelque peu. Il resserra son emprise sur son corps tout en déposant un baiser dans ses cheveux. Il aurait pu rester ainsi durant des heures. Il laissa le temps filer, ignorant les propos que tenaient ses amis non loin de lui. Ce léger brouhaha ne troublait pas la litanie qu'il ne cessait de murmurer à l'oreille de son ange. Le médecin savait que les autres l'entendaient, mais il s'en moquait, il continuait d'appeler son ange, de lui chuchoter des mots d'amour. Une de ses mains enserrait fermement sa taille, alors que de l'autre, il caressait ses cheveux, embrassant par moment son front.

Un grondement s'éleva de son torse quand il sentit une main se poser sur son épaule. Son regard furieux croisa celui carmin d'Aro. Ses mains se refermèrent sur le corps de son ange lorsqu'il comprit que le Volturi lui réclamait le jeune vampire. Une vague de calme le percuta de plein fouet et il fusilla Jasper du regard. Il se recula sur le lit, emportant avec lui son compagnon, l'arrachant aux mains d'Aro.

« -Papa !

La voix de Jasper claqua forte et impérieuse. Carlisle cligna plusieurs fois des yeux, prenant conscience du monde qui l'entourait.

-Tout va bien, Carlisle, assura Aro, je ne veux pas te l'enlever.

-C'est notre fils, grogna Caïus furieux.

-C'est son compagnon ! Répliqua Marcus.

-Carlisle, je veux juste essayer de comprendre ce qui est arrivé à Edward, expliqua Aro.

-Comment ? Murmura le médecin.

-Mon don, répondit le Volturi en lui souriant, laisse-moi le toucher. »

Avec regret, Carlisle s'écarta du corps de son ange, ne souhaitant pas interférer avec le don d'Aro. Les traits du Volturi étaient jusqu'alors assez détendus, cependant, ils se crispèrent rapidement lorsque sa main entra en contact avec celle d'Edward.

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Aro ne tolérait plus de voir son ami souffrir ainsi. Il comprenait la douleur qui rongeait Carlisle, la même se répandait en lui, il ne supportait pas de voir son fils dans cet état. Il se sentait impuissant et ne savait pas quoi faire pour aider son enfant. Si seulement ils pouvaient savoir ce qui se passait dans sa tête ! Aro grogna tout en pestant contre lui-même. Les autres l'observèrent, interloqués par son comportement. Il lut même de l'inquiétude dans celui de Marcus, peut-être craignait-il qu'il perde lui aussi la raison ?

« -Aro ? L'appela doucement Marcus.

-Je vais bien, mon frère, le tranquillisa-t-il. Je sais comment nous pouvons savoir ce qu'a Edward.

-Comment ? L'interrogea Caïus.

-Ton don, bien sûr ! S'exclama Eléazar. Comment avons-nous pu oublier ?

Il acquiesça silencieusement tout en s'approchant du lit.

-Attends, le stoppa Caïus, c'est peut-être un piège. Que se passera-t-il si tu te retrouves dans le même état qu'Edward ?

-C'est mon fils, répondit simplement Aro, si tu en avais le pouvoir, n'agirais-tu pas comme moi ?

-Si, concéda son frère. »

Aro s'était donc approché du lit d'un pas prudent, il n'était pas certain que Carlisle apprécie de se séparer, même durant quelques secondes, d'Edward. Il sut qu'il avait eu raison de se méfier quand son ami lui grogna dessus. Cependant, Carlisle s'éloigna doucement, lui laissant sa place. Avant qu'il ne pose sa main sur celle d'Edward, il vit Jasper enlacer tendrement son père, autant pour le réconforter que pour l'immobiliser entre ses bras.

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Aro resta un instant interdit. Que se passait-il ? Jamais son don n'avait agi de la sorte. D'ordinaire, il lui suffisait de toucher les gens pour entrer dans leur esprit et y prendre les informations dont il avait besoin, mais pas cette fois. Il observa d'un œil incrédule son corps bien réel, d'habitude il n'était pas acteur, il était un être omniscient et omnipotent, un simple spectateur des évènements. Il observa le monde qui l'entourait. Il se trouvait dans une forêt dévastée, l'air y était lourd, l'eau du ruisseau était noirâtre, l'herbe était brûlée. Il vit plusieurs cadavres d'animaux joncher le sol autour de lui. Il fit quelques pas, une seule question hantait son esprit : où était-il ?

Soudain, la vérité lui apparut, il était dans l'esprit dévasté de son fils et il pouvait s'y promener à son gré ! Toujours étonné, il avança prudemment. Il n'avait essayé qu'une seule fois de lire l'esprit de son fils et ce n'était pas du tout le souvenir qu'il en avait, il n'y avait pas tant de noirceur, de tristesse, de désolation… Alors, qu'il passait près d'un buisson, un son étrange lui parvint. Il tendit l'oreille, écoutant, reconnaissant des sanglots. Doucement et prudemment, il écarta les branchages du buisson pour découvrir une petite cavité dans la roche. Recroquevillé sur lui-même, un enfant pleurait. Il tendit une main vers lui, le petit sursauta et poussa un cri de terreur. Aro se figea. Son cœur se serra à la vue du regard émeraude terrifié, des cheveux bruns en bataille parsemés de mèches cuivrées. L'enfant tenta maladroitement de s'enfuir, mais ses petites jambes semblaient bien frêles, il ne tarda pas à chuter. Aro le rattrapa.

« -Non ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi !

-Chut, souffla Aro en caressant ses cheveux, je ne te veux pas de mal, Edward, calme-toi.

L'enfant cessa de se débattre entre ses bras, ses grands yeux émeraude plongèrent dans les siens, évaluant sûrement son honnêteté.

-Je ne te ferais jamais de mal et tu le sais, Edward, assura Aro, tu es ce que j'ai de plus précieux.

-D'accord, murmura l'enfant.

Aro lui sourit, il relâcha quelque peu son étreinte, mais garda le jeune garçon dans ses bras. Son regard se posa sur le genou écorché et sale du petit garçon. Doucement, il se redressa, portant son précieux fardeau jusqu'à une flaque d'eau claire. Il déchira un pan de sa tunique et s'agenouilla devant l'enfant pour nettoyer son genou. Le Volturi fut étonné et ravi quand il se rendit compte que le sang ne déclenchait pas sa soif.

-Je ne te fais pas trop mal ?

-Nan.

-Alors, Edward, quel âge as-tu ?

-6 ans.

-Dis donc, tu es grand pour ton âge.

Le sourire empreint d'innocence que lui offrit celui qui deviendrait son fils gonfla son cœur de joie.

-Avant, j'étais encore plus grand, avoua l'enfant dans un murmure.

-Que veux-tu dire ? Interrogea Aro curieux.

-Rien, s'empressa de dire le jeune Edward.

Aro n'insista pas. La confiance que lui accordait l'enfant était encore frêle et il ne souhaitait pas la gâcher.

-Sais-tu où nous sommes ?

Pour toute réponse l'enfant pointa du doigt un endroit. Aro se tourna pour regarder dans la direction que lui indiquait l'enfant. Au milieu de toute cette noirceur, il aperçut un frêle halo de lumière.

-Il s'éteint peu à peu, confessa l'enfant d'une voix tremblante, tu penses pouvoir le sauver ?

A cet instant, Aro comprit. Il s'était trompé. Il n'était pas dans l'esprit d'Edward, mais dans son inconscient et son fils l'appelait à l'aide. Edward était ce petit garçon terrifié et fragile qui s'agrippait à sa tunique, aussitôt, il se promit de tout faire pour l'aider et le protéger.

-Es-tu déjà allé là-bas ? Lui demanda Aro.

-Nan, ils m'en empêchent, mais je sais que je dois y aller.

-Qui t'en empêche ?

L'enfant baissa les yeux, une larme roula sur sa joue. Aro s'agenouilla et le prit dans ses bras.

-Peu importe ce qui te tourmente mon enfant, je te protégerai, promit le Volturi.

-Ses péchés nous hantent et nous détruisent.

-Quels péchés, Edward ? Tu es l'être le plus pur que je connaisse.

Le jeune garçon allait répondre, mais il se figea. Ecoutant un bruit que lui seul pouvait percevoir. La panique déforma ses traits angéliques. Le jeune Edward attrapa sa main et l'entraîna vers les feuillages où il le força à s'allonger sous un abri de branches. Son petit corps tremblant se blottit contre le sien de pierre.

-Tout va bien, personne ne te fera de mal, tenta de le rassurer Aro.

-Chut ! Ou ils vont nous entendre ! »

Aro se tut en voyant l'air terrorisé de l'enfant. Il perçut plus qu'il ne vit ce qui terrifiait le jeune garçon. Un vent violent s'était levé qui faisait frémir leur abri de fortune, menaçant à tout moment de le briser. Des sanglots secouèrent le corps du jeune Edward, il voulut sécher ses larmes, mais avec horreur, il vit sa main passer à travers la joue de l'enfant. Rapidement, son corps se mit à disparaître tout comme le monde qui l'entourait. Son regard croisa une dernière fois celui de l'enfant qui l'appelait, sa voix ne lui parvint pas, mais il vit ses traits terrorisés, il vit des ombres qui telles des griffes se refermèrent sur le corps du jeune Edward qui hurla de terreur.

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Carlisle aidait Jasper à calmer les Volturi et Eléazar. Le comportement d'Aro les inquiétait, en effet, celui-ci s'était en quelque sorte évanouit depuis qu'il avait touché son ange. Malgré le fait que Jasper ressentait enfin quelque chose émaner d'Edward, les autres vampires souhaitaient rompre le lien. Impuissant, il regarda Caïus séparer les mains d'Aro et d'Edward. Aro se redressa brutalement sur le lit, son regard furieux le fit tressaillir.

« -Pourquoi ?! Rugit-il. Pourquoi avez-vous rompu le contact ?!

-Je te signale que tu as perdu connaissance et que cela faisait plus d'un quart d'heure ! Répliqua Caïus d'un ton tranchant.

-Il faut que j'y retourne, annonça Aro d'une voix paniquée.

Alors que sa main allait se poser sur celle d'Edward, Caïus le stoppa.

-Tu vas d'abord nous dire ce qui te met dans un tel état !

-Tu ne comprends pas ! Vous avez rompu le lien au moment où il avait besoin de moi ! Qui sait ce qui lui est arrivé, maintenant ?

L'angoisse d'Aro étreignit Carlisle, qu'avait-il donc vu qui puisse le mettre dans un tel état ?

-Calme-toi, lui demanda Marcus tout en jetant un coup d'œil à Jasper qui acquiesça silencieusement, bien, maintenant, raconte-nous.

-Ce n'était pas comme d'habitude, avoua Aro, je ne suis qu'un simple spectateur, mais pas cette fois. Je me suis retrouvé dans l'inconscient d'Edward, il n'y avait que désolation et mort autour de moi. Et il était là…

-Qui ? Edward ? S'étonna Eléazar.

-Edward ou plutôt une représentation de lui. Il devait avoir 6 ans, il était complètement terrifié. Il avait besoin de mon aide et vous m'avez arraché à lui alors qu'il était attaqué !

-Attaqué ? Répéta Carlisle. Par qui ?

-Je n'en sais rien, tout était assez confus. Cependant, je pense que si j'arrive à regagner la confiance du jeune Edward et à le guider jusqu'à l'halo de lumière, j'arriverais à ramener notre Edward.

-A-t-il parlé de quelque chose qui nous permettrait d'identifier ce qui le menace ? Demanda Jasper.

-Comme je l'ai dit c'était confus, mais il a dit quelque chose d'étrange : ses péchés nous hantent et nous détruisent.

-Il parle de lui à la troisième personne, remarqua Carlisle.

-Je ne sais pas s'il en a réellement conscience.

-Ses péchés ? S'étonna Marcus. Mais quels péchés ?

Carlisle frémit. Se pourrait-il ? Non… En même temps, cela ressemblait bien à son ange de porter le poids du monde sur ses frêles épaules.

-Il faut que tu y retournes ! Ordonna le médecin. Il faut absolument que tu gagnes sa confiance et une fois que tu auras retrouvé l'adulte, colle-lui ton poing dans la figure de ma part !

-Quoi ? S'étonna Aro en l'observant ahuri.

-Je suis désolé, soupira Carlisle, mais j'aurais dû me douter qu'il réagirait ainsi. Je ne pense pas que ce soir Arès ou quiconque qui l'ai mis dans cet état. Il s'est lui-même infligé cela.

-Mais pourquoi ? S'écria Caïus.

-Ses péchés, murmura Aro dont le regard s'éclaira.

-Il se sent fautif pour ce qui est arrivé en Espagne, expliqua Carlisle, il m'a assuré qu'il avait compris qu'Arès était le seul coupable, mais, de toute évidence, il m'a menti.

-Que peut-on faire pour l'aider ? Demanda Eléazar.

-Si cela avait été un de mes patients, je l'enverrai en thérapie auprès d'un bon psy, il a en quelque sorte le complexe du survivant. Cependant, le temps nous manque, Aro, tu devras trouver les bons mots pour qu'il reprenne confiance en lui et cesse de culpabiliser.

-Je ne sais pas si j'en serais capable, admit le Volturi.

-Tu y arriveras, j'en suis certain, c'est ton fils.

-Je ne pense pas que tu doives y aller seul, lâcha soudain Marcus.

-Que veux-tu dire ?

-Carlisle devrait t'accompagner, je pense qu'il est la seule personne qu'Edward écoutera.

-Mon don ne fonctionne que pour moi, lui rappela Aro.

-Et comme tu l'as dit tout à l'heure, ton don ne fonctionne pas non plus de cette manière.

-Où voulez-vous en venir ? Demanda Jasper.

-Je pense qu'il s'agit d'un appel au secours d'Edward, il a laissé son pouvoir établir cette étrange connexion entre vous car au plus profond de lui-même il sait qu'il a besoin de notre aide. Si mon hypothèse est la bonne, tu pourras emmener Carlisle avec toi.

-On ne risque rien à essayer, convint Aro en tendant sa main à Carlisle. »

Carlisle saisit la main de son vieil ami au moment où ce dernier s'emparait de celle de son ange. Sa vision se brouilla. Lorsqu'il put voir à nouveau, il se trouvait dans un lieu dévasté, les arbres étaient brisés, toute trace de verdure avait disparu, le ciel était noir et une brume dense recouvrait les alentours. Il aperçut la silhouette d'Aro, il s'empressa de le rejoindre. Le visage de son ami était tendu, il détaillait les alentours avec anxiété, cherchant le moindre signe de vie.

« -Aro ? L'appela-t-il doucement.

-Ce n'étais pas comme ça, Carlisle, expliqua-t-il de sa voix inquiète, tout n'était pas aussi dévasté, c'est de pire en pire.

-Calme-toi, demanda le médecin en posant une main rassurante sur son épaule, comment l'as-tu trouvé la dernière fois ?

-Il se cachait non loin de moi, mais je ne vois rien cette fois. Je n'entends pas ses sanglots et si…

-Il va bien ! Assura Carlisle qui se refusait d'envisager toute autre possibilité. Avançons un peu, peut-être le trouverons-nous ?

-Allons dans cette direction, décida Aro en lui montrant une pâle lueur, il a dit qu'il fallait aller là-bas.

Ils commencèrent à avancer. Leurs pas étaient prudents, le brouillard était tellement dense qu'ils avaient du mal à voir leurs pieds. Ils marchaient depuis un moment lorsque Carlisle eut l'impression que quelqu'un les épiait. Il ralentit ses pas, incitant Aro à en faire de même. Alors que son ami lui lançait un regard intrigué, Carlisle lui fit signe de ne pas faire de bruit. Plus vif que l'éclair, le médecin étendit sa main à travers l'épais brouillard.

-Nan ! Lâche-moi ! Lâche-moi ! Cria une voix d'enfant.

Carlisle tira doucement l'enfant vers lui. Il resta un instant interdit en voyant le jeune garçon qu'avait été son amant.

-N'aie pas peur, lui dit-il d'une voix douce, je ne te veux pas de mal. Nous sommes là pour t'aider.

-C'est pas vrai ! S'écria le jeune garçon en fusillant Aro du regard. Il m'a laissé tout seul !

-Je suis désolé, Edward, j'aurais aimé rester à tes côtés. Je te promets…

-Nan ! T'es qu'un menteur ! Ze t'aime pas ! T'es méchant !

-Edward, murmura Aro dont le visage reflétait la peine.

-Nan ! Vas-t-en ! Hurla Edward en sanglotant avant de trouver refuge contre le torse de Carlisle.

-Je suis vraiment navré, sanglota Aro, si tu savais à quel point je t'aime, jamais je n'ai voulu te blesser.

Edward enfouit son visage contre sa chemise, ses petits poings serraient frénétiquement son vêtement. Carlisle caressait son dos en un geste réconfortant qui apaisait quelque peu le petit garçon.

-Je vais partir, annonça Aro, Carlisle va rester avec toi, tu peux lui faire confiance, il ne te laissera pas.

Carlisle releva la tête. Pourquoi Aro disait-il cela ? S'il partait, le lien se romprait et il perdrait lui aussi Edward. Comme pour répondre à ses interrogations, Aro leva simplement sa main. Le médecin frémit en voyant que celle-ci s'effaçait.

-C'est ta présence qu'il recherchait, pas la mienne, lui murmura le Volturi, veille sur lui et ramène-le nous.

-Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il revienne, promit Carlisle.

-Le temps presse, l'enfant est plus jeune que tout à l'heure, lui révéla Aro en disparaissant.

Carlisle baissa le regard vers le petit être qui séchait ses larmes contre son torse. L'enfant releva la tête et ses yeux innocents rencontrèrent les siens. Doucement, il essuya les dernières trainées de larmes avant de se pencher pour déposer un baiser sur son front.

-Ze t'aime bien, sourit le jeune Edward.

-Je t'aime aussi, mon ange.

-Il est parti l'autre monsieur ? Demanda-t-il en observant les alentours.

-Oui, il ne reste plus que nous.

-Et toi, tu vas rester avec moi ?

-Pour l'éternité, promit Carlisle en plongeant son regard ambré dans les émeraudes qui le fixaient avec intensité.

-Ze te crois, murmura l'enfant en se blottissant contre son torse.

-Bien, si j'ai bien compris ce que m'a dit Aro, nous devons aller vers la lumière ?

-Oui, répondit l'enfant en réprimant un bâillement.

-Tu es fatigué, tu devrais dormir, conseilla Carlisle.

-Ze peux pas, s'ils reviennent…

-Ils ne reviendront pas Edward, je suis là, je te protège. »

Le jeune garçon l'observa pendant quelques minutes, se demandant s'il pouvait ou non lui faire confiance. Un doux sourire se dessina sur son visage avant qu'il ne se pelotonne dans ses bras et ne ferme les yeux. Dans un geste inconscient, Carlisle se mit à le bercer tout en fredonnant une mélodie qu'Edward avait composée pour eux. Au fur et à mesure qu'ils approchaient de la source de lumière, Carlisle remarqua que le paysage changeait. L'épais brouillard avait disparu, les gros nuages sombres qui obstruaient le ciel avaient été chassés par des rayons de soleil. La nature reprenait vie, l'herbe redevenait verte, les arbres retrouvaient toute leur majesté, l'eau de la rivière redevint limpide.

Le sentier qu'il suivait depuis un moment déboucha soudain sur une clairière baignée d'une douce lueur. Des fleurs de toutes les couleurs créaient un tapis coloré sur lequel reposait son ange. L'enfant dans ses bras s'agita et finit par ouvrir les yeux. Il gigota et Carlisle le posa à regret sur le sol, il avait aimé le tenir dans ses bras, sentir sa douce chaleur et surtout pouvoir le protéger et l'aimer. L'enfant lui prit la main et l'emmena vers son compagnon. Il s'agenouilla face à celui qu'il aimait, ce dernier paraissait inconscient. Le jeune Edward posa sa petite main sur son épaule pour attirer son attention. Une dernière fois leurs regards se croisèrent, l'enfant se pencha, ses fines et douces lèvres effleurèrent les siennes alors qu'il disparaissait.

« -Carlisle ? »

Le médecin se retourna et ne put retenir un sourire lorsqu'il vit son ange éveillé. Son compagnon se redressa. Le tourment qui habitait jadis ces lieux se reflétait sur le visage d'Edward, il semblait dévasté. Tendrement, Carlisle le prit dans ses bras. Son jeune guide s'en était allé, il avait fait son travail. Le petit garçon l'avait conduit au cœur du problème qu'il était le seul à pouvoir régler.

« -Edward, je t'en prie, écoute-moi, supplia Carlisle, tu n'y es pour rien ! Certes, ce qui s'est produit est horrible et ces innocents ne méritaient pas de mourir, mais tu n'y es pour rien, Arès est le seul coupable.

Ne le crois pas, il te ment ! Sais-tu pourquoi il est là ? Parce qu'il veut que tu les protège, mais tu ne le feras pas, tu les laisseras mourir comme tu nous as laissé mourir !

Carlisle eut un geste de recul quand il vit le visage cadavérique de la femme qui venait d'apparaître, il frémit lorsque son regard se posa sur le trou béant qui ornait sa poitrine.

Tu es un monstre, montre-lui quel monstre tu es !

Une petite fille venait d'apparaître, son visage, son corps laissaient entrevoir quelle fin horrible elle avait dû avoir. Alors, c'était ça… Edward avait donné vie à ses remords…

-Edward, mon ange ! L'appela-t-il en posant ses mains sur ses épaules l'obligeant ainsi à croiser son regard. Tout ceci n'est pas réel ! C'est le fruit de ton imagination, tu te punis pour un crime que tu n'as pas commis ! Edward, je t'en supplie ! Cesse de t'infliger ce calvaire ! »

Le visage de son ange était déformé par la douleur, Carlisle n'était même pas certain qu'il l'entendait, qu'il comprenait ses propos. En désespoir de cause, il fit la seule chose qui lui venait à l'esprit, ses lèvres s'emparèrent de celles de son compagnon alors que ses bras l'étreignaient avec force. Une souffrance sans fin secoua son être quand leur baiser étouffa le cri de douleur d'Edward.

****************

Aro lâcha difficilement la main de son fils. Lorsqu'il reprit connaissance, ses frères et leurs amis furent surpris de son retour. Sans répondre à leurs questions, il s'empara des mains de Carlisle et d'Edward qu'il joignit avant de se lever.

« -Aro ? L'interpella doucement Marcus.

-Il ne me faisait plus confiance, confessa le Volturi, j'ai dû partir. Carlisle est resté, lui seul est capable de le ramener.

-Il y arrivera, le rassura Eléazar. »

Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas. Tous les regards se posèrent sur Alice dont les traits étaient livides. Sans un mot, elle se jeta dans les bras de Jasper qui la serra fortement. Aucun mot n'avait besoin d'être prononcé, tous savaient ce que le petit lutin avait vu dans ses visions. Leur fin était proche…