Hey ! Oui, je sais, ça fait longtemps, et je ferais n'importe quoi pour m'excuser... Mais cette année fut longue et très remplie, et j'ai pu peu écrire alors que c'est une de mes principales passions. De plus, une foule de monde, prof inclus, m'ont démoralisé me disant que je ne savais pas écrire, et une de mes touches provoque un bug vraiment chiant pour taper. Mais me voilà, et encore une fois, excusez-moi... Bonne lecture, malgré mon bas niveau, et merci mille fois de lire Ailic !


Un vent immobile, presque figé dans son envole de grâce, des formes de cotons qui s'éclatent en transparence dans le firmament pastel clairant le monde. Aucun son, aucun bruit, quelques pas qui arrivent, et juste cette sublime fraîcheur immortelle qui lui rappelait sa protégé aux cheveux d'or terni. Il n'y a rien, les allées sont vides de rires, de pleurs, de joie et de tristesse. Vides de tout et n'importe quoi, sauf encore du bruitage de leurs pas entremêlés et leurs mains et doigts entrelacés. Le temps, il était imbrisable, et l'univers, simplement arrêté. Les minutes; des secondes ensorcelées par la plus puissante des sorcières, et les frôlements et touchés de sa part, des piqûres d'acide de cotons. Et la vie... La vie avait l'air d'avoir disparu, anéantie par le bonheur qu'elles pouvaient encore tendrement, émaner, en gambadant de doux pas jusqu'à l'appartement de la première année, un peu comme si la mort en avait déjà fait son affaire et que gentiment elle avait un peu aidé. Rien, rien de coupable, rien de punissable, rien qui ne puisse s'approcher du paradis qui paraissait les encercler, et les mener à l'infini du ciel qui transperçait leurs esprits chaque jour.

Enfin du moins, c'était ce qui semblait arriver à chaque chose qui l'entourait. Comme si cette barrière magique les protégeait, et les avait envoyés dans cet endroit fabuleux qui avait hanté leurs rêves. Deux êtres dans un temps déchu, ou elles auraient été les seules personnes vivantes à respirer le fantagieux air qui se parsemait à leurs côtés. Chaque nuage, chaque goutte, chaque vague, chaque rayon étincelant de sauvagerie, tout était mis sur pause, et ils ne laissaient place qu'à eux deux, les deux tourtereaux, princesses du monde, princesses de leur monde. Elles avancent, un peu plus rapidement, Anna sourit, jusqu'à ses oreilles, elles ferment presque les yeux tellement ses joues, heureuse, écrasent ses petits globes et ses pupilles émeraude. Elle resserre son étreinte chaude dans la main d'Elsa qui lui parait congeler, comme si elle espérait ainsi pouvoir la réchauffer. De toute façon, si ça ne marche pas, j'ai une autre façon de la réchauffer.

Tentant de se rassurer, elle se colle avec un geste tendre et peut-être dégoulinant légèrement trop d'une pointe d'amour, contre sa marquise, sa jolie reine des glaces. Elle laisse soudainement ses paupières beige se cloîtrent sur elles-mêmes, fatiguée, et écarte ses poumons étroitement recroquevillés dans son buste pour aspirer cette chaleur rigoureusement polaire. Quelques mouvements réguliers suivent sa poitrine, et elle se blottit contre celui de la grande blonde, dont le coeur, une pointe accélérée, continu de la faire vivre. L'entendre respirer, même si paisiblement et faible, c'était pour Anna tous les bonheurs du monde réunis, juste de pouvoir la savoir en vie, et si proche... Juste l'avoir pour elle... Expliquer ce drôle de sentiment, ce truc qui empoigne ton principal organe de vie, et qui le plonge dans un chamallow si violemment, qui le chatouille de droite à gauche et le cajole quand il le faut, le fracasse quand elle n'est pas là, comme si ce putain de marteau te donnait un coup bien central pour te faire parvenir le plus de douleur possible, et qu'il s'amusait à le secouer de partout quand les petits bisous allaient un peu trop loin, c'était juste une petite pression un peu trop dur pour la jolie demoiselle couverte de minuscules et idiotes taches de rousseur.

Et elle n'aimait plus réfléchir autant, après tout, les émotions étaient quelque chose qu'elle n'arriverait sans doute jamais à comprendre, alors à quoi bon y penser. Anna souhaitait juste profiter, au jour d'aujourd'hui. Ses iris fragiles et son regard augmenta d'un léger mouvement vers le haut. Elle scruta, un peu assoupie, les fins traits lisses et épurés que portait Elsa. Les quelques mèches rougeâtres, ne supportant pas l'autorité qu'Anna osait leur infliger, s'échappèrent des coiffures et mêlèrent le blond au roux framboise. Il faisait paisible, les rues simplement désertes, et l'appartement si près. Anna inhalait doucement le doux parfum fleuris des nouveaux jours. A chaque inspiration, elle se sentait revivre à son bras, elle avait un sentiment d'être apaisée, et d'être invincible, un tout petit peu comme si aujourd'hui, elles avaient tout battu, et tout ça, ensembles.

La plus petite lycéenne à l'allure légère, toujours cramponnée à Elsa, se permettait de se laisser tourmenter par l'idée que cette sensation était peut-être la plus calmante du monde, après, ses baisers, et le contact de leurs si douces lèvres et langues dansantes, évidemment. Enfin, le bâtiment pu apparaître dans le champ de vision des deux jeunes femmes, et un smiley fraise s'installa creusement sur le sourire de lèvres fines qu'Elsa montrait doucement, en cherchant instantanément les clés argent qu'elle avait encore rangé tout au fond de son sac. Ce fut devant l'interphone, alors que le ciel tournait à un violet pâle, et à une nuit sûrement qui se présageait sans étoile éclatante pour éclairer le chemin des étranges perdus, que la jeune française se mettait à avoir encore plus de mal à retrouver ce fichu trousseau. Anna, bien que trop excitée et commençant tout de même à s'écrouler sur place à force d'avoir fait la folle toute la journée, ne put s'empêcher d'attraper le frêle bras de sa petite amie et de le secouer dans tous les sens.

"Elsa !" Sa faiblarde voix bien que mignonne accentua le fluet son sur la dernière voyelle, un peu comme une idiote d'enfant qui ne pourrait tenir sur place. "Je veux renter ! Tout de suite !"Elle se mit alors à l'agiter encore plus fort la demoiselle qui monta la voix, une pointe énervée, fronçant ardemment ses légers sourcils bruns aux dessins bien cadré sur ses arcades sourcilières.

"Anna, doucement ! Il se fait tard alors laisse-moi chercher tranquillement mes clés s'il te plait." Elle se tut gentiment, et se retourna pour fouiller encore et encore, mais la plus jeune, réellement déterminée, se plaça avec passion devant la blonde et bloqua ses mains.

"Je veux. Un. Bisou ! Sinon, je continue." Une petite moue boudeuse, les accents que vêtaient ses yeux herbe plissés d'une ride singulière, son regard trancedait et la fusillait si fort que la Française sentit ce frisson de sanglot encore plus glacé que sa peau s'appropriait en longeant sa moelle épinière jusqu'à ses deux fortes épaules. Ses yeux icerberg devinrent fugitifs, s'en allant se cacher là ou elle ne les trouverait pas. Le ton aigu augmenta encore un peu, s'élançant de la gorge serrée de la rousse aux cheveux sauvages. "Elsa !"

Un long soupire exténué s'effila de ses lèvres à travers le vent ranimant qui paraissait les suivre de près, et s'envola avec celui-ci. L'odeur fine d'essence de voitures pas loin et de la nature, plantes fraîchement rasées et arrosées, s'en allant se coller dans leurs narines, le mi violacé se propageant dans le vaste espace que le ciel était. Elsa remonta le visage, clés, finalement en main, et de l'autre, elle attrapa sa petite Américaine embêtant par le poignet et plongea sa bouche contre la sienne. Anna, un filet surprise du geste qu'elle espérait tant, se laissa guider, fermant les yeux et agrippant contre son buste fragile l'enlaçant de ses bras, se colla rapidement contre son corps qui lui avait tant manqué, alors qu'elles ne s'étaient pas embrassées depuis une heure, à peine. Son coeur s'affola un peu trop brusquement dans sa poitrine qui semblait se faire percuter de coups acidement doux, et son odeur écumait son odorat, cette odeur faible de menthe forte, ce poison, drogue qui lui faisait tourner la tête et lui faisait même oublier le présent. Elle arrivait même à s'en demander si elle connaissait encore son propre prénom.

Sous ses paupières, des étoiles crépitaient, à l'inverse du monde pourpre qui s'énonçait au-dessus de leur tête. Elle avait l'impression de flotter du bout des pieds, avec sa reine, sa jolie reine. Son étreinte se resserra, ses mains accrochèrent encore plus le tissu des vêtements qu'avait Elsa sur elle sans s'en rendre réellement compte, après tout, elle perdait presque la tête lorsqu'elles étaient si près. Leurs langues entrèrent en collision, et ce fut un long et tremblotant choc électrique dans leurs bouches et leurs pauvres cerveaux peu oxygénés. Un petit goût de pomme qu'avait encore la plus jeune de leur dernier repas de fruits frais fusait doucement plus les secondes défilaient. Puis elles s'arrêtèrent, presque à bout de souffle, haletantes, et le regard amoureux, pommettes rosées.

Elsa ouvrit lentement la bouche, en même tant que ses paupières cristal prirent la force de se relever, révélant ses pupilles attractives et congelante, et de ses cordes vocales un peu essoufflées, elle murmura. "Tu es satisfaite maintenant ?"

Anna la foudroya d'un gentil regard au creux de ses iris, un smiley peinant à se décrocher en essayant de se remettre de la passion de son corps si froid et si chaud à la fois, et puis finalement arriva à acquiescer plusieurs fois d'affiler. La plus âgée se retourna, aux côtés de sa petite américaine, et elle entra le bout de métal à la forme si particulière dans la vieille serrure, tourna d'un clic familier, et suivirent les courbes de l'immeuble jusqu'aux escaliers de bois aubre poncé, et elles commencèrent à monter les étages, main dans la main, l'organe vital de la plus jeune rassurée, en quelque sorte. Elles grimpaient, les deux jeunes filles montaient doucement, sans se précipiter, un peu engourdies, mais ensemble, l'ouïe fine, avec le son de la porte se refermant d'un claquement sur elle-même, et de leurs pas qui se mêlaient au crépitement nouveau que les gouttes d'eau s'amusaient à faire sur le toit et fenêtres, en sortant faire la fête de leurs petits nuages de cotons gris.

"Oh, il pleut. Il faisait pourtant si beau cette après-midi." La voix fluette d'Anna força sur les derniers mots, et elle se laissa, encore une seconde fois, tomber et s'étaler sur Elsa qui eut une charge supplémentaire à monter jusqu'en haut. Au bout de deux minutes, elles arrivèrent au seuil de la porte ou le nom de la Française figurait en lettres noires, ce seuil de porte qu'elle avait traversé tellement de fois. Elsa entra encore la clé et dans un tintement, elle la retira et d'une pression elle appuya sur le morceau de bois pour pousser la porte et pouvoir entrer. Elle referma derrière la petite rousse qui ne sentait plus ses pauvres membres endoloris.

Alors elle s'éclipsa d'Elsa qui s'était dirigée vers la salle de bain, et avait toutes les deux déposé leurs affaires dans un coin près du petit canapé. Elle avait commencé à péniblement enlever son haut et négligemment le jeta par terre avec son bas, et de pas élancés, elle se dirigea vers l'endroit ou sa petite amie trafiquait je ne sais quoi. Vêtue de presque rien, quelques bouts de tissus dentellés de pourpre pastel, elle ouvrit la porte, et l'enfonça avec son derrière, et à sa surprise, elles étaient dans le noir, la blonde un briquet en main, tentant maladroitement d'allumer des bougies, sursautant en entendant du creux de l'oreille la jeune rousse s'incruster et lui passant ses bras autour, quelques peu étouffante, en ramenant son joli corps contre le sien. Elle leva la voix, brisant le silence infâme s'étant créée à travers les bruits métalliques qu'arrivaient à fabriquer cette furieuse pluie sombre et de l'eau qui craquelait à côté.

"C'est pas un peu cliché des bougies ?" Et elle se mit à placer son nez contre son cou, et à renifler l'enivrant parfum qu'Elsa dégageait. Celle-ci se fige une seconde, presque blessée que son idée ne lui plaise pas, sentant son coeur s'emballer. Elle se sentit si nulle une seconde qu'elle crut s'effondrer du fait que son idée ne lui plaise pas. "Je plaisante voyons Elsa." Elle s'approcha en remontant une pointe plus haut et déposa ses lèvres chaudes sur sa joue droite quelque peu plus froide. Ses baisers, par inadvertance, coururent le long de sa peau pâle, et elle continua, laissant ses cordes vocales couler près de son ouïe, et elle susurra. "Je plaisante..." Puis elle laissa glisser longuement ses fins doigts brûlants sur son torse encore habillé tandis que son organe qui relevait son fluide vital dans tous ses membres s'excitait lui-même bien ancrée sous son sein gauche. Elle se sentait si puissante, comme la chef du monde, et pourtant elle n'était rien, elle n'était qu'une jeune fille, un peu trop faible pour avoir du mal à tenir sur ses pieds sans trembloter.

Avec folie, elles s'arrachèrent un à un le peu de vêtements qui les couvraient encore, et c'est ainsi que rapidement, entre quelques baisers doux et brutaux, elles se laissèrent fondre dans le chaleur du bain qui les attendait, à la lueur de fines bougies. La mousse recouvraient leurs beaux corps nus, et Anna, collée contre Elsa, se mit à cloître encore ses iris, toujours et encore plus apaisée, par ce silence infâme, et ce silence à la fois discrètement doux et relaxant. Les lumières dorées s'entrelaçaient de danses inconnues, et leurs chaleurs en plus de celle de l'eau si brûlante qu'elle avait un effet de gèle, fancelaient une épaisse buée blanche sur les miroirs en faces. Il faisait si bon, et Elsa aussi se laissa tomber presque chez Morphée, caressant du bout de la main et l'agrippant contre elle l'épiderme craquelé de minuscules taches, toutes aussi belles les unes que les autres. Ses lèvres rouges, froides comme la glace, se perchèrent sur l'épaule dessinée d'Anna qui ressortait de la mousse. Doucement, ce délicieux contact la fit se raidir simplement et nettement, et elle se recroquevilla sur son pauvre frêle corps.

La rousse, plus tout d'un coup réveillée, se sentait si impuissante au touché épileptique d'Elsa, et de ses baisers glaçant, dans tous les sens du terme. Ses mains se mirent à se balader en long et large sur l'épiderme qui lui se trouvait sous l'eau de la rousse, et elles commencèrent à finalement échanger leurs salives et de permirent à leurs langues de danser et de pratiquer cette passion folle qui les faisaient revivre. Leurs coeurs battaient à l'unisson et elles avaient ce sentiment de pétiller, d'être juste eux deux, d'être réunies et unies à jamais. Elles se sentaient forte, et complètent, tandis que leurs doigts se croisaient ensemble. Ce fut alors de longues longues minutes qui se transformèrent en une fresque et courte heure qui leur parue s'être abattue comme une seule minute de langoureux baisers ou l'amour vogue finalement après tout ce qu'elles avaient pu vivre et surmonter, et ou aujourd'hui, elles se trouvaient enfin.

Finalement, elles durent se résoudre à sortir de l'eau, à déboucher le bouchon rapidement, avant de s'enlacer dans des serviettes colorées, encore étourdies de la chaleur et de la lourde ambiance qui régnait aux travers des câlins. Une fois enfin sèches, et se précipitèrent toutes les deux vers le lit froid qui les attendait depuis bien longtemps déjà. Elsa renversa la couette vers elle, et ainsi les deux amoureuses s'installèrent doucement entre les couvertures, coussins, et draps. La blonde se plaqua doucement contre Anna, qui, toute faible, se laissa contrer dans ses bras réconfortant. Elles étaient si bien, hein, finalement. Elles n'avaient besoin de rien d'autre, que de l'étreinte de l'autre. Anna reposa ses paupières, toute molle, et se laissa guider par le marchand de sable, fière de faire son boulot. La Française, elle, était encore éveillée, elle s'assurait juste que ce soit bien le marchand de sable qui vienne la voir, et non l'un de ses marchands de mauvais songes bien hasardeux et monstrueux. Elle embrassa d'un bisou authentique le front de sa bien aimé, sous la pâle étincellance de la lune blanchâtre qui se croyait être la plus belle, en cette soirée, vide d'étoile, compagnons pourtant de cette jolie dame. Elsa laissa son regard glaçant pourtant s'échanger une seule fois avec l'extérieur, et se fut ainsi, que soulagée, et callée dans ce lit avec tout ce qu'elle aurait voulu, elle se fit porter elle aussi, dans ce monde merveilleux ou la vie semble toujours être bien plus jolie que l'on ne le croit.

Le soleil n'était qu'à peine à l'horizon, présentant l'aube et le nouveau jour qui allait bientôt se lever et faire face à nous. Ses rayons forts et luisants d'une lumière raffinée caressaient d'une faible pression invisibles les peaux nues des deux jeunes filles. Anna sur le ventre, laissait apercevoir son dos lisse et tacheté hors de la couverture et des draps blancs qui sentaient une légère et appétissante odeur de fleurs et de miel. Son épiderme doré resplendissait sous la luminosité qui s'évaporait aux premiers à bord, et derrière, à la large fenêtre de verre qui laissait entrer tous cet air frais et cette épaisse boule de feu dans la pièce, se trouvait le magnifique ciel qui reprenait de ses couleurs et ainsi un bleu d'une forte et étincelante vigueur, suivi des boules blanches aux formes diverses et variées, et aux chants calmes des petits êtres de la nature qui rôdaient non loin d'ici pour que leurs cris perçants viennent jusqu'à nous. A ses côtés, Elsa venait juste à l'instant même d'ouvrir les yeux, ses paupières mal réveillées se levant à l'égard de ses iris qui redécouvraient le monde devant lui. Ce monde, son monde, sa Anna. Elle gisait là, devant elle, sur le ventre, en bavant d'un épais filet de bave qui dégoulinait le long se bouche jusqu'au matelas. Les yeux bouffis, les cheveux plus qu'en pétard, mèches allant dans tous les sens, Anna restait cependant la chose la plus adorable qu'elle n'avait jamais vu.

Son sourire augmenta jusqu'à toucher ses oreilles, un sourire apaisé et amoureux surtout. La blonde, pas mieux coiffée, examinait chaque grain de peau que la rousse avait, et ses si fines lèvres rosées, même endormie et sans aucun artifice superficiel, elle arrivait à rester aussi belle que le premier jour qu'elle avait passé son champ de vision. Sa main de se déplaça pour s'en aller se distraire d'effleurer et de caresser du bout de doigts glacés la peau chaude et encore parfumé de l'odeur de bain de la veille, et elle laissa se longer sur les traits que formaient son visage endormi. Elle aurait voulu la voir ainsi près d'elle toute sa vie, et avoir tellement un nombre de fois inimaginable caressé son visage que même en étant aveugle elle aurait pu le refaire et surtout la retrouver entre mille. Son coeur frôlait les battements étouffés, et elle n'arrivait pas à se dire à quel point elle l'aimait fort.

Elsa se laissa tenter par le péché de la Luxure, affreusement, et se mit à l'embrasser, embrasser son cou, sa peau, son dos, ses joues, et à laisser sa marque d'emprunt sur son cou. Elle se mit à frémir, malgré tout, endormie, et à se reblottir sous la couette qui la couvrait à moitié, un brin effarouché. Un gémissement négatif s'échappa de ses lèvres, tandis qu'avec une allure effrénée, Elsa retourna le corps de sa princesse et continua d'y déposer baisers et baisers. "Essa... Arrête, je suis fatiguée."

La blonde eut un sourire presque moqueur mais trop timide pour l'être, et elle poussa du bout de sa voix gentiment "Même si je fais ça ?" Elle glissa alors soudainement sa main droite sur son corps, passant de son ventre jusqu'à ou la perversion peut vous amener. Anna retenu un cri de surprise mais eut une sorte de sursaut sous l'effet d'une cambrure instantanée qui la fit se redresser droite.

"Mes parents ne sont pas là avant je ne sais quand alors laisse-moi me reposer s'il te plait. Et ne joue pas à ce jeu, habituellement, c'est l'inverse souviens-toi." La plus âgée, d'humeur joueuse, l'attrapa férocement pour l'embrasser encore, et se pencha en arrière pour attraper une vieille brosse jaune, couverte de cheveux blonds, et elle se plaça vers son oreille gauche pour lui murmurer doucement

"Puis-je alors au moins te coiffer ?" Anna tourna furieusement la tête. "Ne suis-je pas assez grande pour ça ?" Les bras croisés sur eux-mêmes, le temps blafard et les yeux encore un peu gonflés et rouges, elle fut vite terrassée par les adorables yeux que lui faisait la jeune Française, et c'est ainsi que doucement, elle se mit à passer l'objet le long des cheveux roux qui défilaient jusqu'au milieu de son dos, éradiquant noeud, après noeud, retrouvant la douce chevelure rebelle qu'elle avait.

Mais au bout de quelques minutes, d'une centaine de coups de haut en bas dans un silence effarant, elle sentit sa princesse sangloter, son dos remuant étrangement. Elle s'approcha et la retourna, lorsqu'elle vit que les larmes coulaient à flot sur son habituellement rayonnant visage, et que ses yeux jade rougis ne pouvaient s'arrêter la fabrication de larmes salées perlant le long de ses joues. Elle avait du mal à respirer, et elle fronçait tous traits sur sa face. Elsa aussitôt jeta l'objet sur le côté, son coeur ayant lui aussi sauté une dizaine de battements et n'ayant sûrement plus un rythme stable. Elle se mit alors à essuyer chaque gouttelette qui osait franchir la barrière des cils noirs d'Anna, et elle l'enlaça fort fort contre elle, pour au passage, se faire raviver de son odeur printanière. La blonde osa alors parler. "Bon sang. Qu'est-ce qu'il y a, Anna ?"

La rousse n'arrivait même plus à articuler, et entre deux inspirations, elle tenta de lui dire. " Je... Je veux profiter. Profiter car demain, peut-être... Peut-être... Peut-être que l'on ne sera plus ensemble. On ne connait pas- le futur..." Sa voix enrouée et surtout nouée sur elle-même tordait de douleur la blonde qui resserra encore plus ses bras protecteurs autour de la jolie petite fille qui semblait si forte.

"Chut, Anna, je suis là, pour le moment, je suis là, on est là, ensemble. S'il te plait, ne te soucie pas de ça. Pas pour le moment, en tout cas." Ses doux yeux questionneurs vinrent vers le regard bleu profond d'Elsa, comme si elle attendait un signe pour qu'on lui prouve que c'était vrai, que c'était promis, et qu'elles seraient toujours, coûte que coûte, quoi qu'il arrive, ensemble. A jamais. Alors la blonde, d'un geste doux et attentionnée, retourna doucement le corps d'Anna en sa direction, et la fit se reculer jusqu'à avoir son dos contre le matelas moelleux.

Alors elle s'avança au-dessus d'elle, comme pour y déposer encore une fois ses lèvres sur les siennes, ses iris perdues ensembles. Mais elle s'arrêta, sadiquement, quelques millimètres juste avant, elle ouvrit la bouche, et doucement lui murmura de sa voix cristalline à l'accent tout de même bien français. "Tu es la seule chose dont j'ai besoin pour être heureuse, Anna. Alors je te retrouverais, je te sauverais, mais nous serons toujours ensemble, je te le jure." Et finalement, Elsa s'approcha, et l'embrassa, du bout de son sourire cerise, dans un baiser électrique, qui n'aurait même pas pu lui refléter tout l'amour qu'elle possédait pour cette fille au caractère bien trempé, et ses taches colorées qui couvraient chaque recoin de son épiderme d'or.