Chapitre 37.
Vers la Porte Noire.
Comme il fallait s'y attendre depuis le temps, Elërinna ne dormis pas. Pourtant à un moment les bras de Morphée l'accueillir mais les quelques minutes de sommeil auxquelles elle eu droit furent peuplées de nombreux cauchemars dont elle se souvenait bien malheureusement. À l'aube quand le soleil pointa le bout d'un de ses premiers rayons, la jeune femme s'habilla avec les nouveaux vêtements qu'Aragorn lui avait fait fournir. C'étaient des vêtements taillés pour un homme mais ils étaient heureusement à sa taille. Elle enfila donc le pantalon qu'elle rentra dans ses bottes avant de mettre une brassière, de passer une chemise légère puis d'enfiler la cotte de mailles ainsi que la tunique sombre qui aller par-dessus. Ensuite, Elërinna mit les gants que les jumeaux lui avait donné Fondcombe et accrocha les brassards allant avec la tenue. Avec tout ça sur le dos elle se sentait lourde mais rien n'entraver ses mouvements ce qui était fort utile pour se battre. La jeune femme attacha ensuite ses cheveux en une longue tresse comme elle en avait l'habitude et piqua sa broche à la base de la coiffure, bien en évidence. Puis enfin, elle passa son carquois et son arc dans son dos et accrocha sa ceinture où se trouver l'épée qu'Haldir lui avait donné. Une fois prête la Prodige s'approcha du miroir de la coiffeuse avant de lâcher un soupir.
La dernière bataille...murmura-t-elle à son reflet en replaçant une mèche bouclée rebelle. Souhaites-moi merde Julie...
Sans surprise, aucune réponse. Ce n'était toujours pas étonnant, sa meilleure amie ne pourrait plus jamais l'entendre et cette dernière n'était même pas au courant qu'elle n'était pas tout à fait morte et qu'elle vivait une aventure des plus folles dans un monde qu'elle ne connaissait plus en dehors de ce qu'elle découvrait au fil des jours passés en Terre du Milieu. À nouveau, l'argentée lâcha un soupir avant de quitter la chambre qu'Aragorn lui avait attribué depuis hier matin. Toute seule et en silence, Elërinna arpenta les couloirs de la citadelle avant d'enfin rejoindre l'extérieur où l'Arbre Blanc du Roi refleurissait tranquillement. L'air frais du matin lui fouetta le visage mais cela ne lui fit quasiment aucun effet. Avec appréhension Elërinna alla jusqu'au bout de la cour puis regarda les plaines en contre-bas. Ces dernières, en seulement une journée et certainement aussi une ou deux nuits, avaient été complètement vidées de tout les corps d'hommes et de tout les cadavres d'Orques. Même les Mumâkil avaient été déplacés puis brûlés, à son grand étonnement. Tout à coup, il y eu des bruits presque aériens de pas dans le dos de la jeune femme mais cette dernière ne se retourna pas, trop concentrée sur l'horizon même si elle les avaient entendus.
Tu es déjà debout Chère Elërinna ? demanda Elladan en se postant à côté d'elle.
Impossible de dormir, répondit l'argentée sans détourner les yeux. Je suppose qu'il en ai de même pour toi, très cher Elladan.
Hum... pouffa doucement l'Elfe brun. Non, j'ai l'habitude de me battre et de voir ce que tu as vu, je fais des cauchemars mais ils ne m'empêche plus de dormir. Mais ne t'en fais pas, je suis sûr qu'avec les années et bien entourée, les cauchemars ne seront plus un problème.
Avec les années ? répéta Elërinna légèrement étonnée en se tournant enfin vers son ami. Tu parles comme si nous avions déjà gagné Elladan, ne cri pas victoire trop vite.
Je ne cri pas victoire trop vite, j'ai juste l'espoir que certain d'entre nous et toi avec, seront encore là pour voir les prochains jours. Je ne me souvenais pas que j'étais le seul de nous deux à croire en l'espoir.
Tu n'es pas le seul Elladan, j'ai juste peur.
C'est normal d'avoir peur Chère Elërinna mais ne te laisse pas abattre.
Elërinna observa le plus vieux pendant plusieurs secondes et ce dernier lui offrit un grand sourire rassurant. En retour la jeune femme lui fit un petit sourire. Enfin de compte, ils n'étaient pas amis pour rien. Ils restèrent là, à regarder les plaines où plusieurs pilles de cadavres d'Orques étaient entrain de brûler.
Au fait, vous en êtes tout les deux avec Haldir ? s'intéressa le Semi-Elfe.
Bien... je... pense, répondit lentement l'argentée en fronçant les sourcils.
C'est vrai que pour toi te faire courtiser est tout nouveau... dû-t-il reconnaître. Mais tu sais, Haldir est énormément patient car vu les circonstances, il ne peut vraiment rien t'offrir...
Rien m'offrir ? Pourquoi voudrait-il m'offrir quelque chose ?
Étonné qu'elle lui pose la question Elladan lui expliqua donc que lorsqu'un Elfe ou une toute autre personne décide de courtiser l'être aimé il lui offre des cadeaux. Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent et ses joues devinrent complètement rouge de gêne.
Ne rigole pas... mais j'aime pas trop qu'on m'offre quelque chose... je sais jamais comment réagir...
Cette fois-ci, au lieu de pouffer, Elladan éclata littéralement de rire. En l'entendant faire la Prodige d'Oromë et Nessa croisa les bras sur sa poitrine en fronçant sévèrement les sourcils, légèrement vexée par l'hilarité du plus vieux. Oui, elle savait que sa gêne de recevoir un cadeau était complètement stupide mais pas besoin de rajouter. Il fallut un petit moment à l'immortel pour se calmer mais quand ce fut le cas, il se rendit bien compte de l'expression faciale de son amie.
Excuses-moi mais tu n'as pas être gênée, c'est tout à fait normal.
Elërinna regarda le brun avec toute la dubitation qu'elle possédait et son ami hocha vivement la tête. Elle voulait bien croire Elladan mais la gêne n'allait pas disparaître pour autant. La jeune femme poussa un soupir puis s'éloigna du rebord, sentant son vertige refaire surface. Le son d'un cor résonna soudainement dans la Cité, annonçant le début du rassemblement de la petite armée qui allait se mettre en marche pour rejoindre la Porte Noire.
Le chemin va-t-il être long ?
Une journée, répondit le fils aîné du Seigneur Elrond. Nous monterons ensuite un camp à l'abri et nous attaquerons le lendemain. Malheureusement... pour rejoindre la plaine de Dargolad, devant les Portes Noires, nous devrons traverser une partie du Marais des Morts...
Le Marais des Morts... ?
Ce nom ne lui était pas totalement inconnu. Elle se souvenait parfaitement qu'elle avait une vision lui montrant un marais avec des cadavres présent dans l'eau et ensuite, elle en avait parler avec les membres de la Communauté avant que Boromir de meurt et qu'ils se dispersent. La Cilmë pinça les lèvres en chassant les souvenirs de cette vision désagréable. C'est Aragorn qui avait fait leur itinéraire pour ce rendre à la Porte Noire, pour que nouveau Roi du Gondor décide de passer par là, c'est qu'il n'y avait aucun autre passage plus rapide.
Nous ferions mieux de rentrer pour terminer de préparer nos affaires, dit-elle.
Elladan acquiesça et ils prirent le chemin pour retourner dans la citadelle qui était un peu plus animée que lorsqu'ils étaient sortit.
Les préparations ne durèrent pas longtemps et tout le monde fut prêt à partir aux environs de huit heures. Les quatre Jackser étaient réunis dans les écuries, juste devant les box de leurs chevaux. Ils étaient tous vêtus avec des vêtements propres et résistant, avec des côtes de mailles pour les protéger. Par contre, n'ayant pas l'habitude des lourdes armures, ils n'en portaient pas et il aurait été de toute façon difficile d'en trouvait une à la taille de la seule fille de la fratrie.
Vous êtes toujours sûr de vouloir y aller ? demanda Aldaron à ses deux cadets.
Oui, répondirent Elërinna et Aranwë de concert. Arrête de nous demander ça maintenant, ajouta l'argentée.
Le vert leva les mains en l'air en signe d'abdication avant de pénétrer dans le box d'Heleg. Il avait tenter une dernière fois de les en dissuader mais maintenant il ne le ferait plus. De toute manière, Elërinna et Aranwë étaient devenus assez grand pour pouvoir prendre des décisions de leur plain gré. L'argentée alla dans la sellerie pour y prendre la selle ainsi que la bride de sa jument. Ainu se laissa gentiment faire et cette fois, elle ne tenta pas de lui manger ou de lui tirer une mèche de cheveu. Elërinna en fut surprise mais visiblement, tout les chevaux étaient très calmes, comme s'ils savaient qu'il allait se passer quelque chose d'important. Une fois Ainu prête, la jeune femme alla aider Lenwë qui avait un peu de mal avec la bride de Malta tandis qu'Aldaron venait en aide à Aranwë pour lui expliquer comment bien installer une selle. Bien qu'ils ne soient pas tout seul dans l'écurie, leurs amis étant aussi présents pour préparer leurs propres chevaux, le silence régner dans l'endroit. Quand tout les cheveux furent prêt, Elërinna attrapa les rênes de sa jument pour la guider à l'extérieur. Là par contre il y avait du monde et pour éviter d'être trop serrée parmi la foule avec Ainu, elle commença à descendre pour rejoindre les étages inférieurs de la Cité. La foule ne lui avait jamais plu et c'était encore pire en Terre du Milieu. Par contre, son esprit était tellement accaparé qu'elle n'avait plus eu le temps de faire de crise d'angoisse comme c'était le cas avant.
Alors c'est pour un Elfe que vous n'avez pas voulu que je vous fasse la cour ? fit une voix dans son dos.
Surprise, Elërinna sursauta et fit volte-face avant de s'apercevoir que la personne qui venait de lui adresser la parole était Medwin. Depuis la dernière fois dans l'écurie d'Edoras, ils ne s'étaient pas reparler. Néanmoins en comprenant ce que le jeune Rohirrim venait de lui dire, la jeune femme fronça les sourcils d'agacement.
Si je n'ai pas voulu sortir avec vous c'est parce que je ne suis pas amoureuse de vous, tout simplement, Haldir n'a rien à voir l'a dedans.
Pourtant c'est bien lui que vous aimez alors qu'il ne pourra jamais vous rendre heureuse.
Jamais me rendre heureuse ? répéta froidement Elërinna, ce qui ne lui ressemblait pas. Parce que peut-être qu'avec vous je serais heureuse ? Mais laissais-moi vous dire que je n'ai besoin de personne pour être heureuse et que personne ne me forcera jamais à faire quelque chose qui ne me plaît pas ! J'aime Haldir, point et personne ne me fera changer d'avis.
Mais c'est un Elfe ! Il a les oreilles pointues et... et... voulu argumentait le jeune homme.
Et alors ? Elfe, Homme, Nain ou Hobbit, ce n'est pas la race que j'aime mais Haldir.
Son obstination à répondre sembla énerver Medwin qui lui lança un regard assassin mais l'argentée ne se démonta pas. Elle n'allait pas se laisser marcher sur les pieds juste car elle aimait Haldir et que pour le Rohirrim, ce n'était pas correct. Son agacement se changea en colère, Elërinna croisa les bras sur sa poitrine puis commença à pianoter avec ses doigts sur ses bras tout en tapotant du pied sur les dalles de la rue de manière impatiente.
Alors franchement maintenant, c'est pas parce que j'ai refusé d'avoir une relation avec vous qu'il faut que vous me pourrissiez la vie en jugeant mes choix !
Très bien... mais ce n'est pas vous qui aller être jugé mais plutôt cet Elfe, déclara méchamment Medwin. Au final, c'est bien que vous n'ayez pas voulu de moi, au moins je ne serais pas le centre de moquerie de mon peuple pour mettre marié à une bête de foire et personne ne me fera honte.
L'incrédulité et le choque pu parfaitement ce lire sur le visage devenu pâle comme la mort de la jeune Prodige d'Oromë et Nessa. Au collège et même au lycée, elle s'était souvent fait harcelée et avait souvent été le centre de moquerie de ses camarades mais jamais rien ne lui avait fait aussi mal que ce que le Rohirrim venait de lui dire. Rendue muette par de sombre souvenir venu de ses années de scolarité, Elërinna voulu répondre quelque chose de cinglant mais elle n'eut le temps de ne rien dire. Medwin se retrouva plaquée contre l'un des murets entourant la rue par une grande masse blonde aux oreilles légèrement pointues que la jeune femme aux cheveux argentés reconnu comme étant Haldir.
Bête de foire ? Faire honte ? gronda le Galadhrim qui ne semblait plus répondre de rien. Comment osez-vous parler ainsi d'Elërinna ? Comment osez-vous parler de mon âme-sœur ?
Haldir ! s'exclama la Cilmë en lâchant les rênes d'Ainu pour asseyez de retenir l'immortel. Haldir calmes-toi ce n'est pas grave !
Pas grave ? Elërinna cet homme viens de t'insulter ouvertement devant tout le monde !
J'ai l'habitude, dit-elle, ses doigts se crispant sur la manche du blond. C'était tout le temps comme ça avant... j'ai l'habitude... ne t'énerve surtout pas pour ça... s'il te plaît.
Mais Elërinna... tenta Haldir mais la jeune femme secoua la tête.
S'il te plaît...
Amoureuse d'un Elfe qui ne sait même pas tenir tête à une simple femme.
Cette fois-ci, ce n'est pas Haldir qui eu une réaction rapide et violente. Le coup partit vraiment tout seul et le poing d'Elërinna rentra en contact direct avec le visage du jeune Rohirrim. Néanmoins son coup ne devait pas être très fort car le nez de son interlocuteur saigna à peine. Cependant son acte sembla assez surprendre Haldir car il lâcha Medwin et ce dernier se sauva sans demander son reste. Les larmes aux yeux, pas parce qu'elle avait un peu mal à la main, Elërinna se frotta le poing avant de faire volte-face pour rejoindre Ainu.
Elërinna !
À peine eut-elle tournée le dos que deux bras qu'elle ne connaissait que trop bien lui entourèrent la taille et elle sentit Haldir la serrer fort contre lui. Sans pouvoir s'en empêchait, Elërinna fondit en larme sans pour autant faire de bruit mais ses épaules se mirent à tremblaient. Elle était sensible ? Oui... et elle avait honte de pleurer pour ce que Medwin venait de lui dire.
Elërinna... tu ne sera jamais, jamais une bête de foire et jamais tu ne me fera honte, murmura l'immortel en la serrant encore plus.
Comment peux-tu en être sûr ? J'ai toujours était une honte, une bête de foire... rétorqua la jeune femme. Je fais comme si de rien n'était mais je le sais... pendant cinq ans on me l'a toujours dit...
Vraiment outré par ce qu'elle disait, le Capitaine des Gardes de la Lorien la libéra de son étreinte et l'obligea à se retourner pour pouvoir la regarder en face. Jamais Elërinna n'avait vue autant de colère mais aussi d'inquiétude dans les iris bleus foncés du plus grand et cela la toucha en plein cœur. À l'aide de ses pouces, Haldir essuya délicatement les larmes salées ayant coulées sur les joues.
Je peux te promettre qu'à mes yeux, tu ne sera jamais une honte ou tout autre chose. La seule chose que tu pourrais être c'est...
C'est ? demanda-t-elle avec appréhension et un sourire étira les lèvres du blond alors qu'il se pencha pour chuchoter à son oreille avec sérieux.
Ma femme, après que je t'ai fais une cour digne de ce nom.
Ne s'attendant pas du tout à cela, le visage de la Prodige d'Oromë et Nessa passa du blanc très pâle au rouge flamboyant. Elle ouvrit la bouche et la referma à plusieurs reprises, ne sachant pas quoi répondre et cela fit un peu plus s'agrandir le sourire de l'immortel.
Elërinna, Haldir, êtes-vous prêts ? demanda soudainement Aragorn qui, vêtu d'une magnifique armure et montant Arod, venait de réunir les soldats.
Toujours aussi rouge, Elërinna hocha précipitamment la tête tandis qu'Haldir acquiesçais sérieusement. Ils s'échangèrent tout les deux un dernier regard puis l'argentée monta sur Ainu avant d'être rejoins par ses frères. Le Galadhrim lui, monta sur un cheval qu'on lui avait prêté, tout comme il avait été fait pour Elladan et Elrohir qui ne tardèrent pas à les rejoindre. Quand ils furent tous présent, avec l'armée de huit milles hommes derrière eux, ils se mirent en route et quittèrent Minas Tirith.
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La seule pause qu'ils prirent fut à l'heure de midi, alors qu'ils avaient dépassé Osgiliath, pour qu'ils puissent manger et prendre quelques minutes de repos. Les Jackser chevauchaient dans le silence à côté de leurs amis. Lenwë fronça les sourcils perplexe en observant sa sœur et son petit frère. L'argentée avait l'air complètement au bout du rouleau tandis que le rouge semblait inquiet. Curieux et aussi pour savoir ce qui semblait tracasser les deux derniers membres de sa famille, le bleuté demanda doucement à Malta de se rapprocher de la jument à la robe bordeaux de la seule fille de sa famille qui se trouver juste à côté d'Aranwë qui montait Naur.
Tout va bien vous deux ?
Le Prodige d'Aulë et Tulkas sursauta alors qu'Elërinna redevenait aussi rouge qu'une pivoine et qu'elle détournait les yeux sans lui répondre. Le seul qui répondit fut Aranwë.
J'ai été voir la Grand-Mère de Trisha, Tyld voulait que j'aille me battre pour que je prouves que je sois digne de sa petite-fille. J'ai accepté, bien sûr, j'aime Trisha et je veux vraiment prouver que je suis digne d'elle.
Mais enfin tu es complètement inconscient ! siffla de colère Aldaron qui s'était rapprocher pour les écouter parler. Risquer ta vie pour une fille !
Une fille que j'aime, rétorqua Aranwë avec agacement. Dans tout les cas, j'ai accepté et j'étais vraiment prêt à avoir une nouvelle raison de me joindre à la bataille devant la Porte Noire mais Tyld à finalement changer d'avis en disant que j'étais bien digne de Trisha.
Et elle à raison ! ajouta Lenwë. Jonathan...
De toute façon qu'est-ce que ça change ? Trisha ou pas, je viens quand même me battre.
Les deux frères aînés des Jackser s'échangèrent un regard consternés. Leur frère était impulsif et ne réfléchissait parfois pas avant d'agir, raison pour laquelle ils disaient qu'il était le membre Gryffondor de leur fratrie.
Et toi Gwen qu'est-ce qui t'arrive ?
Rien...
Mon œil, dit Aldaron en levant les yeux au ciel. Dit nous ce qu'il y a, tu allais bien avant de quitter les écuries et maintenant... on dirais que tu reviens d'une mauvaise journée au collège...
Sans surprise, le visage de la jeune femme perdit toute couleur à l'évocation de ses années de collège. Le vert se mordit l'intérieur de la joue, s'en voulant déjà de lui avoir demandé cela mais Elërinna secoua la tête, ferma quelques secondes les yeux pour se calmer et se réinstalla confortablement sur la selle d'Ainu avant de se tourner vers ses frères.
Je me suis faite insultée...
Quoi ?! s'exclamèrent les trois Jackser sous le choc mais elle ne fit pas attention.
Par Medwin dont j'avais refusé les avances, ne l'aimant pas et parce que j'en aimes un autre. Il m'a dit que je ferais honte à Haldir, que je ne serais qu'une bête de foire. Ça m'a blessée mais Haldir à tout entendu et c'est quasiment jeté sur Medwin. Ensuite tout c'est enchaîné très vite et il a insulté Haldir en disant qu'il n'était pas capable de tenir tête à une simple femme parce que je ne voulais pas qu'Haldir se batte pour ça. Il c'est prit mon poing dans la figure !
Et tu as bien eu raison ! approuva Aranwë qui semblait prêt à faire un meurtre. Qui c'est le Medwin qui j'aille lui faire manger les pissenlits par la racine ?!
Elërinna haussa les épaules. Casser la figure au Rohirrim ne servirait à rien et de plus, elle lui avait déjà fichu le poing dans le nez, même si ce n'était pas pour les insultes qu'il lui avait dit mais pour l'unique qu'il avait adressé à Haldir. Un regard en direction du Galadhrim qui était un tout petit peu plus loin devant la fit rougir. Elle passa sous silence ce qu'il lui avait dit après, comme quoi que la seule chose qu'elle voudrait qu'elle devienne, se soit sa femme. L'idée fit surgir des papillons dans son ventre. Avant que le blond lui dise ça, elle n'y avait jamais pensée. Elle n'avait même jamais envisagée l'idée car déjà, ils faillaient qu'ils survivent à la guerre. Elërinna secoua la tête. Hors de question de se retourner l'esprit avec l'aveu d'Haldir. Il fallait qu'elle ai les idées clairs pour pouvoir combattre demain.
Voici le Marais des Morts, annonça sombrement Aragorn en faisant s'arrêter Arod.
Les Jackser se concentrèrent à nouveau sur le chemin qu'ils empruntaient et ils plissèrent le nez tout les quatre en grimaçant. L'odeur était pestilentielle, presque pire que celle que l'Anneau Unique dégager.
Rester bien sur le chemin et ne regarder pas dans l'eau surtout ! S'exclama fortement Aragorn pour que tout le monde l'entende. Nous devons juste le longer.
Avec l'aide d'un pan de sa cape elfique, Elërinna se protégea le visage et surtout le nez pour ne pas avoir à sentir l'odeur. Dans l'armée qui avait été réuni, elle ne fut pas le seul à le faire.
Leur avancée fut lente. Le sol était spongieux, l'odeur insupportable et il fallait faire bien attention à ce que personne ne regarde longtemps dans l'eau. Elërinna ne savait pas pourquoi ce dernier point était important mais en tout cas, elle exécutait les ordres d'Aragorn sans discuter, n'ayant pas vraiment envie qu'un malheur arrive. Pour éviter justement qu'un accident arrive, ils étaient descendu de leur chevaux pour ne pas que les sabots de ces derniers ne s'enfoncent plus dans la terre humide et qu'ils ne se blessent.
Je déteste les marais... marmonna Lenwë de mauvaise humeur.
Et encore... on est pas assez enfoncé dans le marais pour les moustiques... sinon... expliqua Aldaron en ayant un frisson.
L'une des bottes d'Aranwë s'enfonça dans la boue du marais et il jura en français, permettant à personne d'autre en dehors des trois Jackser de le comprendre alors qu'il se dégageait en secouant son pied pour faire partir un maximum de boue. Elërinna de son côté, garda le silence en observant autour d'eux. Le soleil commençait doucement à décliner et cela faisait plusieurs heures déjà qu'ils étaient dans le Marais des Morts. Derrière eux, l'armée de Rohirrim et de Gondéréen était extrêmement silencieuse, rajoutant à l'atmosphère déjà lugubre quelque chose de presque mortel. La jeune femme soupira doucement lorsqu'elle sentit les petits talons de ses bottes s'enfoncer dans la terre.
Cet endroit t'agace-t-il ? Demanda Haldir qui vint marcher à sa hauteur.
Un sourire étira les lèvres de l'argentée alors que ses joues rougissaient doucement. Tout comme eux, Haldir était descendu de sa monture pour marcher, sa légèreté étant altérée à cause de son armure elfique qu'il avait revêtu.
Ce n'est pas le premier marais que je traverse depuis mon arrivée en Terre du Milieu, répondit-elle en se souvenant très bien du voyage jusqu'à Fondcombe lorsqu'ils avaient quitté Bree. Cette armure te va bien mais comment arrive tu as bouger avec ?
Elle fut forgée par mon peuple, comme l'épée que je t'ai donné, elle est donc légère et j'ai l'habitude de combattre avec.
Elërinna plissa les yeux. Il avait l'habitude de la porter ? Elle se demandait bien quel âge pouvait avoir Haldir. Oh bien sûr, elle ne faisait pas de doute. Pour être Capitaine des Gardes de la Lothlorien, il ne devait pas être tout jeune selon un point de vue de mortel. À nouveau, ses talons s'enfoncèrent dans la boue et elle entendit ses frères qui étaient maintenant un peu plus loin devant eux pester en français contre ce monde qui avait des contrées trop étranges.
On a pas idée d'avoir un endroit comme ça près de chez soit ! gronda Aranwë.
Sans parler de l'odeur, ça se sent à des kilomètres à la ronde !ajouta avec dégoût Lenwë.
Sans pouvoir s'en empêcher, Elërinna leva les yeux au ciel en les entendant. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas entendu ses frères se plaindre de la sorte et ça ne lui avait pas manquer à vrai dire. Peu à peu, le silence revint parmi eux, rajoutant encore du malaise à l'ambiance pesante de l'endroit. Pendant qu'elle marchait en regardant par alternance le sol et devant elle pour ne pas marcher dans l'eau ou bien rentrer dans quelqu'un, Elërinna pensa à tout ce qui s'était passé durant ces derniers mois. Quelques fois, elle se demandait si ce qu'ils vivaient n'était pas juste un très gros rêve, chose qui était compréhensible mais ces quelques fois devenaient de plus en plus rare. Se réveiller le matin ou en pleine nuit en se demandant où elle était ne lui arriver quasiment plus. Perdue dans ses pensées, la jeune femme sursauta quand Aragorn pris la parole.
Nous sortons enfin de ce marais putride.
À cette annonce, Elërinna releva vivement la tête. Effectivement l'héritier d'Isildur avait raison, au loin on pouvait enfin voir le chemin qui redevenait normal même si c'était les plaines devant la Porte Noire et qu'elles étaient donc complètement déserte. Le soulagement d'enfin quitter le Marais des Morts étaient contagieux car leur rythme de marche s'accéléra et ils ne mirent que quelques minutes pour enfin se retrouver sur une route dure et non aussi molle que celle du marais. Malgré l'état pitoyable de ses bottes qui auraient bien besoin d'un petit coup de nettoyage Elërinna plaça l'un de ses pieds dans les étrier, s'agrippa doucement à la crinière blanche d'Ainu et se hissa sur son dos. Une fois en selle, l'argentée talonna la jument qui se mit à suivre Arod et les autres chevaux. Ils ne voyait pas encore les Portes Noires du Mordor, ces dernières étant cachées par la montagne entourant le pays de Sauron. Cependant, rien qu'en sachant qu'ils approchaient, l'endroit la mettait mal à l'aise.
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Ce n'est que deux heures plus tard qu'ils stoppèrent leur avancer en direction du Mordor pour installer leur camp. Une fois tous le pied à terre, ils se mirent à monter les tentes. Avec l'aide de Legolas ainsi que de Merry et Pippin, Elërinna montèrent l'une des deux tentes principales. Aragorn, Gimli et Haldir s'occupèrent deux la seconde. Aldaron, Lenwë et Aranwë ainsi que les jumeaux montèrent en parallèle plusieurs petites tentes en même temps que les Rohirrims et Gondoréen de l'armée. En dehors de la fois à Dunharrow, c'était la seul fois où ils allaient dormir sous des tentes, d'habitude s'était soit à la belle étoile ou bien dans une chambre comme à Edoras. Mais généralement, c'était à la belle étoile. Quand les tentes furent toutes montées, on en attribua une de taille moyenne aux Jackser qui avaient décidés qu'ils dormiraient ensemble pour cette dernière nuit avant la bataille.
Elërinna tu dormiras ici ? lança Aldaron à sa sœur.
La Prodige d'Oromë et Nessa jeta un regard à la couche que son frère aîné lui indiquer. Son lit de fortune était installé en plein milieu de la tente, entre celui d'Aranwë et Lenwë. Ayant déjà dormi avec ses frères quand elle était petite et une nouvelle fois lors de leur voyage dans la Terre du Milieu, ça ne gênait pas Elërinna de dormir encore à côté d'eux.
Pas de problème, répondit-elle en hochant la tête. À condition qu'Aranwë ne prenne pas toute la place et que Lenwë ne pique pas toute la couette.
Hé je ne prend toute la place !
Et moi je pique bien toute la couette, reconnu le bleuté avec sérieux.
Non mais sérieux les gars, pouffa le vert. Si elle dors là, la faites pas chier.
Les deux Prodiges haussèrent les épaules, pas sûr de pouvoir se contrôler en dormant. Cela agaça légèrement Elërinna mais elle n'ajouta rien, se contentant de déposer sa selle à la tête de son lit de fortune. Avec les années, elle avait fini d'essayer de comprendre les manières de dormir de ses frères mais heureusement qu'elle ne dormait pas tout les jours avec eux, déjà parce que se serait étrange et ensuite car elle les aurait étouffés dans leur sommeil depuis bien longtemps. Cette simple pensée, qui n'allait pas se concrétisait car jamais elle ne tuerait ses frères, la fit sourire avec sadisme.
Pourquoi tu souris comme ça Gwen ? demanda le Prodige d'Aulë et Tulkas avec suspicion.
Moi ? s'étonna l'argentée. Pour rien.
Mouais...tu vas où ?
Jonathan... tu es le cadet, je suis l'aînée, on est dans le camp, tu as ta réponse.
Le rouge bougonna quelque chose sur le fait qu'un frère devait protéger sa sœur mais elle ne l'écouta pas, préférant sortir de la tente. À l'extérieur, c'était l'effervescente et la jeune femme dû plisser les yeux pour ne pas être complètement aveuglée par toute la poussière que les soldats remuaient en se déplaçant. Pendant plus instants, Elërinna resta plantée devant la tête et regardant tout autour d'elle pour pouvoir apercevoir l'un de ses amis. Au bout de quelques minutes elle distingua Merry et Pippin qui se tenaient près d'Éomer et qui semblaient discuter avec lui. Elle hésita un peu puis se dirigea vers les deux Hobbits qui eurent un sourire en la voyant approcher.
Elërinna ! Tu as fini de préparer ta tente ? dit Pippin.
Oui, je me retrouve coincée entre Aranwë et Lenwë et je peux vous dire que c'est pas une partie de plaisir de dormir à côté d'eux.
Vous dormez avec vos frères ? fit Éomer à la fois étonné et perplexe. Mais ce n'est pas...
Normal ? termina Elërinna avec exaspération. Détendez-vous Éomer, j'ai déjà dormi avec eux en plus de cela. J'ai aussi dormi avec dix hommes pendant plusieurs mois et je n'en suis pas morte
Vous êtes vraiment une femme bien étrange.
Elërinna haussa négligemment les épaules, pas plus étonnée que ça qu'il lui dise cela. Avec douceur, elle s'approcha de Merry et souleva quelques unes des boucles miels qui cachait le front du plus petite. Son arcade sourcilière, qui avait été ouverte lorsqu'il avait combattu le Roi Sorcier, était complètement remise.
Je sais que cela fait trois jours mais tu vas mieux Merry ?
Nous avons vu pire tu sais, rétorqua le Hobbit en lui offrant un léger sourire.
Oui je sais ! Mais cela ne m'empêchera jamais d'être toujours inquiète pour mes amis, répondit Elërinna. Dans mon monde, là où je vivais il n'y avait pas la guerre mais cela ne m'empêchais pas d'être inquiète pour mes frères et pour ma meilleure amie quand ils allaient quelques parts sans donner de nouvelle.
Cela fit sourire les deux cousins mais quand elle disait cela l'argentée ne rigolait pas. Même dans son monde elle était souvent inquiète et souvent pour rien. À l'époque ça faisait aussi beaucoup rire les garçons et Julie.
Vous allez vous battre demain aussi ? les coupa soudainement le neveu de feu le Roi du Rohan.
Bien sûr ! Je ne suis pas venue jusqu'ici pour attendre bien sagement.
Même votre Elfe n'a pas réussi à vous faire changer d'avis ?
Ce n'est pas mon Elfe, déjà, rétorqua la Prodige aux cheveux d'argents. Et ensuite, Haldir respect mes choix et comprends pourquoi je fais cela.
Éomer acquiesça sans rien ajouter. Cela étonna un peu Elërinna mais elle comprit en se souvenant qu'Éowyn avait aussi combattue lors de la bataille pour Minas Tirith. Peut-être que le Rohirrim avait comprit que malgré tout, une femme aussi pouvait se battre pour les gens qu'elle aimait ? La jeune femme l'espérait en tout cas. Pendant qu'Éomer et les Hobbits continuaient à discuter, Elërinna s'éloigna de quelques pas. Le camp qu'ils avaient montés était caché par un morceau de la montagne mais ils pouvaient déjà voir les plaines s'étendant devant la Porte Noire menant au Mordor. Comme à chaque fois qu'elle allait avoir une vision, le son se coupa autour d'Elërinna et les personnes qui passaient à côté d'elle disparurent pour ne laisser place qu'au vide. Cependant ça ne dura pas longtemps et bien vite, d'autres images apparurent devant les yeux de la Prodige d'Oromë et Nessa. Une bataille scène de bataille se dérouler sous ses yeux oranges clairs. Des Hommes et des Elfes, tous réunis dans un endroit désolé et luttant contre des légions d'Orques tous menés par une seule personne. Un être vêtu d'une armure noire et portant à son annulaire droit l'Anneau Unique. Parmi les Hommes et les Elfes, Elërinna aperçu le Seigneur Elrond, sale et couvert de poussière mais qui avait l'air aussi plus jeune que lorsqu'elle l'avait vu à Fondcombe. En dehors du Seigneur de la Cité de l'Ouest, la jeune femme ne reconnaissait personne mais cela n'empêcha pas son cœur de se serrer en voyant les membres des deux peuples mourir les uns après les autres.
Elërinna ?
Alors qu'elle continuait de voir la bataille une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter. Visiblement, le son était revenu et le fait qu'on l'appel l'avait fait revenir brutalement à la réalité. Elërinna papillonna des yeux avant de se rendre compte qu'elle était revenue et que la personne à qui appartenait la main était Aragorn.
Ah... c'est vous Aragorn... murmura-t-elle avec soulagement.
J'étais venu vous cherchez car il est temps de manger. Vous allez bien ?
O-Oui... Désolée Aragorn, j'arrive...
Le rôdeur fronça brièvement les sourcils avant de hocher la tête et de faire demi-tour. Elërinna se passa les mains sur le visage et se massa un peu les tempes. La vision qu'elle venait d'avoir n'était pas douloureuse mais tout de même éprouvante et puis le fait qu'elle avait vu le Seigneur Elrond dans la bataille ne lui laisser aucun doute. Ce n'était pas quelque chose qui allait arriver, c'était un événement du passé. La jeune femme poussa un soupir puis se détourna pour rejoindre ses amis qui étaient déjà entrain de manger avant d'aller dormir.
Dire que Lenwë était inquiet été un bel euphémisme. Son inquiétude pour sa famille et pour l'avenir était encore plus grande que pour la bataille au Gouffre de Helm ou pour celle devant Minas Tirith. Il n'en montrait rien mais l'idée de rester au camp en attendant un hypothétique retour de ses frères, de sa sœur et de l'armée lui donner envie de s'arracher les cheveux. Le Prodige d'Estë se tourna dans sa couche, frôlant en même temps le bras d'Aldaron qui grogna de mécontentement dans son sommeil. Lenwë s'immobilisa, craignant d'avoir réveillé son aîné sans le vouloir mais un silence de plomb régner dans leur tente, au dehors par contre, il pouvait entendre de bruyant ronflement qui devait venir d'un peu partout dans le camp. Il se passa les mains sur le visage avant d'à nouveau se tourner pour se mettre sur le côté gauche.
Bordel ! Alexandre t'arrêtes de bouger oui ? pesta la voix d'Aldaron.
Désolé... je voulais pas te réveiller, s'excusa le bleuté.
Tourner dans l'autre sens, le Prodige de Yavanna décela l'angoisse dans le ton de la voix de son frère. Surpris, il se tourna vers la droite pour pouvoir faire face à Lenwë qu'il ne voyait pas dans la pénombre de la nuit, cependant il devina qu'il le regardait car il sentait son souffle près de lui.
Tu vas bien ? Il faut qu'on dorme tu sais.
Je sais, dit Lenwë. Mais l'idée de rester ici à ne rien faire...
Tu ne vas pas rien faire, le coupa le vert en fronçant les sourcils. Tu es le meilleur Guérisseur que je connaisse, tu vas préparer le camp pour accueillir les blessés, tu vas préparer tout ce dont tu as besoin pour soigner et grâce à toi, tout les blessés qui reviendrons seront soignés, réduisant ainsi le nombre de mort.
Lenwë fronça à son tour les sourcils bien que son frère aîné ne puisse pas le voir. C'était bien beau de dire cela mais le jeune homme n'avait aucune garantit qu'ils allaient bel et bien revenir. Il pinça les lèvres et se tourna sur le dos. Cependant il n'avait pas prévu lors de son mouvement qu'il taperait sans le vouloir dans la jambe rempliée d'Elërinna qui se trouvait à côté de lui.
Oh bordel c'est qui qui viens de me mettre un coup que je le défonce ? grogna l'argentée d'une voix pâteuse.
Langage Gwendoline.
Déso, je pensais pas que ta jambe était là.
La seule fille de leur fratrie marmonna quelque chose d'inintelligiblement avant de se redresser. Bien que la lumière soit manquante, Elërinna y voyait un peu prêt bien, certainement grâce à sa don offert par Oromë et Nessa. Elle fronça les sourcils distinguant l'air inquiet de Lenwë et celui perturbé et fatigué d'Aldaron.
Ok... vous m'expliquez ?
Alexandre angoisse pour demain, répondit le vert.
Elërinna se rallongea avant de se tourner sur le côté pour faire face à son frère aux cheveux bleus clairs. Lui angoisser ? Ce n'était pas surprenant. Il était moins un angoisser qu'elle mais tout de même. Comprenant ce que son frère pouvait ressentir, la jeune femme lui attrapa la main droite et la serra un peu avant de la relâcher.
Alex, n'angoisse pas, on a tous peur mais... il ne faut pas... qu'on se laisse abattre, murmura-t-elle pour ne pas réveiller aussi Aranwë.
Mais si... tout se passait mal ? Si vous étiez blessés ? Ici je ne pourrais rien... !
Si tu pourrais faire quelque chose, coupa à nouveau Aldaron. Tu seras là pour venir en aide à ce qui reviendrons et à nous, si nous sommes blessés.
Le Prodige d'Estë fit une moue dubitative mais il n'ajouta rien, comprenant le point de vue de son frère et de sa sœur. Elërinna lui lâcha la main et se tourna de telle façon qu'elle se retrouva allongée sur le ventre avec un bras replié sous la couverture plié qui lui servait d'oreiller. C'était sa position favorite pour dormir, même si là en l'occurrence pour le moment les cailloux sous leur tente lui labourait un peu le ventre.
Sinon j'y pensais... tu sais Aldaron quand j'étais avec Aragorn, Legolas et Gimli ? commença-t-elle pour détendre un peu l'atmosphère.
Hum ? Bah quoi ?
J'ai vu la mer.
Ah...
L'exclamation dite en chuchotant du plus âgé d'eux trois fit sourire Elërinna et elle vit Lenwë secouer la tête avec consternation.
Bon, maintenant vous dormez et le prochain qui me met un coup, je le frappe.
Les garçons s'entre regardèrent dans le noir sans pour autant se voir mais ils n'ajoutèrent rien. Aldaron se tourna à nouveau sur la gauche en se couvrant un peu plus de sa couverture tandis que Lenwë garder sa position avant de fermer les yeux pour essayer de dormir.
