Pureté Morbide

Written by Dairy22


Titre : Pureté Morbide

Résumé : - Tu sens cette odeur Malefoy ? – C'est l'indescriptible parfum de la mort. […] Peut-être que tu le porteras plus vite que prévus Granger. – Je le crains aussi.

Bêta-lectrices : Fiind-L0ve & Sayuri. Deux pour le prix d'une =)

Genre : Drame [Thriller] & Romance

Rating : M – Pour la violence et la sexualité

Personnage principale : l'inconnu ou l'ombre

Couples : Draco Malefoy & Hermione Granger [DM & HG] et d'autres couples secondaires.

Cadre spatio-temporel : A Poudlard, école de sorcellerie durant la cinquième année d'étude d'Harry Potter.

Fréquence de postage : Environ tout les vendredi soir ou samedi.

Avis au lecteur : Cette fanfiction peut heurter les plus sensibles. Donc si vous ne vous sentez pas apte à lire et à vivre un drame veuillez ne pas poursuivre. Merci

Préface de la fanfiction : J'ai voulus écrire quelque chose de terrible en y mêlant la volupté et la beauté. En somme, une tragédie et peut-être bien plus. Les personnages devront faire face à des situations extrêmes en passant du « je », « moi » et « sur-moi » [Théorie de Freud]. On se rend compte de la valeur d'un individu que lorsqu'on le pousse à bout. Arriveront-t-ils à garder leur sang froid lorsque celui-ci coulera partout autour d'eux ? Je me le demande.


Chapitre 36 : Alunir en Enfer

« Jamais nous ne trouverons la vérité si nous nous contentons de ce qui est déjà trouvé. » [Gilbert de Tournai]


OOO

La nuit était froide. Une silhouette se fraya un chemin parmi l'obscurité. Cet inconnu traversa Ron de part et autre avec une incroyable aisance, comme s'il n'avait jamais existé. Astoria Greengrass dormait encore paisiblement quand l'homme s'assit au bord de son lit aux teintes de sa maison. Ron contourna la scène et tenta, en vain, de réveiller la préfète des Serpentard. Voyant qu'aucun de ses actes n'avaient d'impact, il essaya d'ouvrir avec force la porte qui ne céda pas. Il était impuissant. Il en déduit rapidement plusieurs hypothèses. D'une part, il ne pouvait prévenir personne et par conséquent le cours des choses ne pouvait être modifié. D'autre part, il n'était certainement pas un fantôme. Car si cela avait été le cas, la porte ne serait pas devenue un obstacle insurmontable et l'homme l'aurait vu. Etait-ce finalement un mal pour un bien ? Ron en doutait. Il fit brutalement volte-face quand un cri étouffé fit défaillir son cœur.

Astoria s'éveilla en sursaut, ses paupières papillonnant à toute allure pour distinguer cette personne dans le noir. Aussitôt, son agresseur lui murmura à l'oreille :

- Tu as deux choix. Soit je te fais l'amour sauvagement. Soit je te tue en douceur.

Les yeux de la jeune fille s'exorbitèrent tandis qu'elle se débattait de toutes ces forces. Ron essayait tant bien que mal de repoussé le meurtrier mais ses mains passaient à travers leur corps sans qu'il ne ressente pas la moindre sensation désagréable caractéristique des fantômes. Paniquée, la Préfète des Serpentard lui mordit la main faisant couler du sang entre ses lèvres. L'inconnu poussa un hurlement empreint de rage :

- Puisque tu n'arrive pas à te décider. Tu auras les deux.

Il la gifla de toutes ses forces. Le son du claquement de sa peau se répercuta en écho dans la chambre. Pour Ron, il semblait comme ne jamais s'arrêter. Il aurait préféré mourir sur le champ de bataille que d'assister à une pareille horreur sans ne pouvoir agir. A l'aide de sa baguette magique, l'agresseur l'immobilisa puis fit apparaître un poignard brillant au clair de lune. Il passa la lame argentée le long du cou de sa victime, puis sur sa poitrine qu'il découvrit en déchirant sa robe de nuit d'un précis coup de couteau. Tétanisée, la jeune fille cria à l'aide. L'homme ricana :

- Personne ne peut t'entendre, crois-moi. Dit-il d'un ton doucereux. Mais si tu veux, je peux t'aider à hurler.

Ron criait, suppliait même que cela s'arrête. Mais rien n'y fit. Tout ce passa comme dans un vieux film… L'inconnu enleva son sous vêtement avec une lenteur frôlant l'insupportable. Le poignard suivant toujours ses gestes.

Il planta la dague dans l'intimité de la jeune fille répandant un volume conséquent de sang sur ses draps. Ron avait véritablement envie de vomir et c'est ce qu'il fit. Pourtant aucun liquide ne s'écoula de ses lèvres n'atteignit le sol. Comme si ces gestes s'effectuaient dans un autre espace-temps. Au même moment, Astoria se cambra de douleur criant à plein poumon et ses yeux se révulsant. Il la regarda s'éteindre, le sang coulant toujours et encore comme une fontaine intarissable propageant une flaque rougeâtre. Son meurtrier s'en alla sans faire de bruit, respectant scrupuleusement le silence de la nuit.

Le meurtrier admira une nouvelle fois sa victime puis ouvrit la porte et ne prit pas la peine de la renfermer complètement. Ron profita de l'embrasure pour le suivre. Le meurtrier dévala les marches de l'escalier en colimaçon puis se faufila par le trou réservé au portrait qui gardait la salle dissimulé des autres. Le meurtrier fit une courte halte dans le couloir et écouta ce qui se passait dans les alentours. Toujours dos à Ron, il continua à marcher en grandes enjambées. Puis il commença à courir. Ron fit de même afin de ne pas perdre sa trace.

Soudain, il s'arrêta brusquement au coin du couloir des cachots menant à la salle commune des Serpentard. Des bruits de pas, quelqu'un arrivait. L'accélération cardiaque de Ron s'emballa. On allait découvrir le meurtrier !

Le visage de Théodore Nott fut reflété par une torche accrochée au mur du couloir. L'éphèbe esquissa un sourire et déclara :

- Tu t'es encore égaré lors de ta ronde ?

- Oui… Hésita à répondre le meurtrier. Beaucoup d'élèves à punir ce soir.

- Viens, il se fait tard. Je crois que c'est aux Gryffondor de prendre le relais à cette heure ci.

Ron allait s'avancer pour les suivre jusqu'au repère des Serpents. Mais l'assassin d'Astoria se retourna et contempla le couloir de ses yeux perçants, comme s'il pressentait une sorte de présence. Ron resta comme pétrifié.

- Qu'y-a-t-il Draco ?

- Rien, murmura ce dernier, j'ai cru voir quelque chose.

Les deux garçons s'éloignèrent alors. Ron s'adossa contre le mur du couloir, son esprit sans dessus dessous. Draco ? Le tueur ?

Avant qu'il ne puisse laisser plus libre court à sa pensée un halo d'une blancheur immaculée inonda le couloir, tant et si bien que le Gryffondor s'étonna que ni Théodore ni Draco ne l'aperçoivent. Un bruit perçant, comme une alarme l'assourdit et il sentit son corps effectué comme un transplanage encore plus désagréable que l'ordinaire….

Ron se retrouva dans un autre couloir du château. Il avait toujours les paumes de ses mains sur ses yeux afin de se protéger de la lumière aveuglante qui venait juste de survenir. Mais celle-ci s'était évanouie pour faire place à un Soleil radieux. Le rouquin devina aisément qu'il s'agissait du petit matin. Comme pour confirmer ses dires, son image encadrée par Ron et Harry arrivèrent face à lui. Puis le traversèrent en parlant de leur journée de cours qui allait suivre.

Le chevalier du Catogan les hua de toile en toile tout au long de leur itinéraire. Le trio d'Or arriva enfin au couloir menant à la bibliothèque. Ron se souvint subitement de cette journée. Ce fut celle suivant de peu l'assassinat d'Astoria Greengrass. Il avait donc fait un saut dans le temps ? Par quel prodigue ?

A mi chemin, le petit groupe fit une halte car Harry devait attacher un des lacets de ses tennis. Ron retint avec appréhension la découverte du cadavre de Susan Bones ; celui qui était collé au plafond grâce à de la glue sempiternelle.

Hermione et l'autre Ron discutaient de choses et autre, dont les examens à venir en fin d'année. Une goutte sombre tomba alors sur le sommet du crâne du reflet de Ron qui n'y prit pas garde. L'autre rouquin sentit un goût amer défiler le long de sa gorge. Puis les gouttes tombèrent sur son visage avec plus de régularité telle une pluie sempiternelle. Hermione poussa un cri d'horreur à l'état pur. C'était du sang.

Tout trois levèrent la tête et se figèrent comme glacés par ce qui se trouvait au-dessus d'eux.

Le corps nu de Susan Bones était maintenu au plafond dans une position grotesque laissant alors apparaître des plaies béantes qui ternissait le carrelage d'hémoglobine….

Un sifflement incessant fit bourdonner les oreilles de Ron qui se plaqua vivement les mains de chaque côté de son visage. Il hurla de douleur et la lumière blanche l'aveugla une nouvelle fois. L'air semblait irrespirable. Tout à coup, l'humidité de l'atmosphère emplit ses narines. Il neigeait.

Ron papillonna des yeux et contempla le milieu qui l'entourait. Le parc de Poudlard. Le Gryffondor se demanda aussitôt pourquoi il se trouvait là. Quelle chose intéressante il allait découvrir ? Il doutait fortement qu'il puisse se passer quoi que ce soit étant donné qu'aucun meurtre n'était survenu ici même.

- Tu as été vraiment nul aujourd'hui Blaise. Persifla une voix dans l'obscurité. On n'arrivera jamais à gagner la coupe si tu continues comme ça. Et puis avec Draco qui ne participe à aucun entraînement…

- En parlant de lui, coupa une autre voix, vous savez ce qu'il trafique dans sa chambre ?

- Il lit continuellement le même livre. Répondit la première. A ton avis, que veux dire Nox et Lucem ? Je crois qu'il s'agit du titre du bouquin ; ou quelque chose du genre…

- Nox et Lucem ? Dit la voix inquiète de Blaise. Tu es en sûr ?

- Bah, évidemment. Toi-même tu l'as vu. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu es sur la défensive depuis ce matin.

- Rien, je suis un peu anxieux depuis le début des assassinats… Bredouilla le Serpentard.

A présent, l'équipe des vert et argent étaient éclairé par les lumières provenant de la cabane de Hagrid. Ils portaient tous leur tenue de Quidditch imprégné de gel et de flocons de neige. Marcus Flint étaient à leur tête et tenait fermement son Nimbus 2001. Théodore Nott et Blaise Zabini avaient fait l'abstraction des quatre autres joueurs le temps de leur échange verbal. Théo toisa une dernière fois son camarade de chambre d'un regard suspicieux avant de reprendre la marche. Inconsciemment, il traversa le spectre invisible de Ron.

- Attends ! S'écria Blaise en rattrapant Théodore en quelques foulées. Je sais que je dois paraître étrange. Mais tu sais tout comme moi que jamais la….La Marque n'a été aussi brûlante. Ajouta-t-il à voix basse. On doit en parler à Draco.

- Je lui dirai pour moi. Répondit finalement Théodore en passant sa main dans sa chevelure brune. Mais ne dis rien à propos de ton insertion dans les rangs Mangemorts. Le Maître veut garder cela secret encore un moment. Il t'a confié une mission et personne ne doit être au courant, même moi.

- Nous mettons peut-être trop Draco à l'écart. Murmura Blaise en vérifiant que les autres membres de l'équipe ne pouvaient l'entendre.

- Tu as voulu devenir un Mangemort cela aura ses conséquences. Conclut-il.

Ron marchait vite à leur côté afin de pouvoir saisir la moindre bribe d'information qui pourrait être cruciale. Désormais, le groupe de jeune hommes se trouvaient à l'entrer du château et gravissaient les quelques marches menant aux portes principales. Avant de pénétrer dans l'enceinte de l'école de sorcellerie, Ron aurai pu jurer voir Blaise Zabini enlever un cheveu reposant sur les épaules de Théodore. Puis, de ranger le précieux sésame dans sa poche…

Le bruit strident donna immédiatement la migraine à Ronald qui tomba tant la douleur lui vrillait sa boîte crânienne. Ses genoux heurtèrent violement le sol et il retint un énième cri. La douleur disparut aussi vite qu'elle était venue.

En ouvrant les yeux cette fois, il se retrouva dans la salle de classe de divination. Le professeur Trelawney allumait des encens à l'aide de sa baguette magique. Ron se releva péniblement et se rendit compte que la pièce était vide de tous élèves. Enfin, plus pour longtemps !

Le professeur Trewlanay rangeait tranquillement ces boules de cristal dans un coffre lorsque quelqu'un s'approcha d'elle à pas furtif. Ron se déplaça pour mieux apercevoir l'identité de la personne. Il rencontra alors le regard quasiment trouble de Théodore Nott. Lorsqu'elle sentit sa présence derrière son dos, elle sursauta :

- A ce n'est que vous mon cher ? Vous m'avez fait une peur bleu. Surtout avec les temps qui courent. Alors qu'est-ce qui vous amènent ici ?

- J'ai fais des recherches à la bibliothèque. Dit tranquillement Théodore en s'approchant de la table où se trouvait la boule de cristal. On dit que vous êtes la plus grande voyante de Grande Bretagne.

Les joues de Trewlanay s'empourprèrent. Il savait exactement comment la mener à ce qu'il souhaitait. Il avait appris à flatter les gens, ou du moins, il essayait. Il se tenait droit et ne la lâchait pas du regard tout en débitant un flot de parole continue en mesurant son intonation de la voix comme si il avait préparé son discours à l'avance. Ou peut-être la manière dont on lui avait soufflé…

- Vous allez trouvez ça stupide mais… Hésita le Serpentard. Enfin, on dit que dans votre lignée, de grandes prophéties ont été annoncées. D'après les informations que j'aurais reçu de la part de mes parents, ce sont les degrés d'affinités avec le voyant qui provoque une prophétie plus ou moins conséquente dans son avenir. J'avais pensé que… Non oublié. Dit-il enfin avec nonchalance.

Théodore avait fait volte-face et se dirigeait vers la sortie très lentement. Trop lentement pour que cela paraisse naturel. Ron le regardait faire et il jeta un bref coup d'œil à son professeur de Divination qui semblait désorienté.

- Dites mon cher. Insista Trewlanay avec ses énormes yeux globuleux.

Théodore s'arrêta alors et un sourire presque démoniaque le défigura. Il retrouva une expression naturelle puis se retourna pour faire face à la voyante.

- Je me disais juste que vous me considérez peut-être comme quelqu'un digne de confiance. Vous savez, la divination a toujours été une de mes matières favorites. Rajouta-t-il avec empressement. Si nous établissons une sorte de… connexion… il se pourrait que nous dévoilions une nouvelle prophétie. Mais, je suis novice donc je ne peux savoir si cela est vraie ou non. Enfin, il s'agit juste d'activité pédagogique. Dit-il tellement bas que Ron eu du mal à l'entendre.

- Cela me flatte énormément que vous fassiez confiance à mon troisième œil. Dit Trewlanay en rajustant un de ces nombreux châles sur ses épaules. Et bien nous allons essayer. Donnez-moi votre main.

Il lui tendit sa main convaincus que quelque chose se produira. Il en était certain. Il l'avait très vite compris lors de ces recherches. Il lui fallait cette prophétie pour savoir exactement si son plan atteindra son but et s'il aura à faire à des obstacles. Et surtout, comment les éliminés…

Une sorte de lumière aveuglante parcourant la pièce pour se concentré autour des deux concernés durant lesquels ils revirent les scènes des crimes qu'il avait déjà commis. Contrairement au halo blanchâtre qui accompagnait chaque voyage dans le temps de Ron, cette lumière ne provoquait aucun son ni douleur. Les yeux de Trewlanay se révulsaient par vague successive comme si son cerveau enregistrait de quelconque information. Théodore se rendit compte, trop tard, qu'une sorte de magnétisme avait poussé son don à parcourir son esprit. Il était sur le point de rompre le contact lorsque la voix rauque de la voyante s'éleva dans la pièce :

- Nox et Lucem. Au solstice d'hiver la Lune et le Soleil seront réunis exceptionnellement. Lors de l'éclipse les éléments connaîtront un nouveau souffle. Deux d'entres eux se rencontreront et prendront connaissance de leur puissance. Tous deux différents ils ne se rendent pas compte de leurs similitudes. L'un détruira tout sur son passage, l'autre tempérera le premier. Ils formeront un tout. L'ennemi invisible devra prendre garde car une fois ces forces réunis sa tâche deviendra plus compliquée. Nox et Lucem.

La lumière se dissipa peu à peu et Trewlanay reprit contenance en regardant autour d'elle comme si elle venait de tout oublier.

- Vous disiez quelque chose ?

- Je suis désolé professeur. Je vais être dans l'obligation de faire un geste regrettable.

Théodore saisit rapidement la boule de cristal et avant que cette dernière entre en contact avec le crâne du professeur Trelawney, un autre flash éblouissant fit disparaître Ron. Le Gryffondor avait du mal à faire le point dans tout ce qu'il avait vu jusqu'à présent. Voyait-il tout dans l'ordre chronologique ? Il en doutait fortement car l'hiver n'avait pas encore enveloppé Poudlard de son manteau neigeux lors de l'assassinat de son professeur de Divination. Pourtant, lorsque l'équipe des vert et argents étaient sortit du stade, la neige tombait fortement sur les alentours. Entre chaque scène, ils devaient y avoir un laps de temps de quelques jours voir quelques semaines…

Mais qui était véritablement le meurtrier ? Draco ? Blaise ? Théodore ? Les trois ?

Une chaleur sans précédent embruma ses pensés. Il regarda les alentours et se rendit compte qu'il se trouvait dans les toilettes des filles du troisième étage. Au coin de la pièce, une fille recroquevillée pleurait à chaude larmes. Son visage enfoui au creux de ses bras empêchait le Gryffondor de savoir de qui il s'agissait. Assise sur un robinet, Mimi Geignarde la regardait avec un air presque désolé.

- Peut-être qu'il t'aime. Souffla la fantômette. Peut-être qu'il t'aime trop maladroitement pour te le prouver comme il se doit.

- Non ! Il me déteste. Il préfère de loin toutes ces filles stupides aux corps de rêves. Je le hais. Si tu savais comme je le hais. Hoqueta faiblement l'adolescente.

Ron s'approcha à pas feutré bien qu'il soit invisible. Il se demandait à quoi cela rimait. Au dehors, un Soleil éclatant aspergeait le parc de Poudlard. La pelouse était verdoyante et quelques étudiants s'étaient allongés par terre. Ronald remarqua que le carrosse de Beaubâtons et le bateau de Dumstrang figuraient dans le paysage. C'était donc les derniers jours de leur quatrième année. Le Gryffondor crut voir Hermione étudier près du Lac. Mais les gémissements incessants de la jeune fille le fit se concentrer davantage sur la scène des toilettes des filles.

- Il me déteste… Je le hais… Je l'aime mais pas lui. Répétait inlassablement la jeune fille.

Ron remarqua qu'elle portait la cravate Serpentard autour de son cou. Il s'accroupit face à elle afin de pouvoir mieux distinguer son visage noyé de larmes. Au même moment, la Serpentard releva sa figure et dit avec une lueur démente dans les yeux.

- Il le paiera. Quand je reviendrai je serai devenue suffisamment forte pour lui rendre la monnaie de sa pièce. L'année prochaine, il souffrira tellement qu'il me suppliera de tout arrêter. Je lui enlèverai tout ce qui est précieux à ses yeux.

Ronald eut juste le temps d'identifier Pansy Parkinson avant d'entendre de nouveau l'alarme stridente qui annonçait un nouveau bond dans le temps. Cette fois, le choc fut si grand que les oreilles du Gryffondor saignèrent. Lorsque le voyage s'acheva, il se retrouva accroupit, dans la même position qu'auparavant. Il n'osait ouvrir les yeux tant la douleur l'aveuglait.

Mais le bruit de quelque chose que l'on trainait par terre força à faire un autre effort. Il était dans l'infirmerie de l'école et une traînée de sang dessinait une sorte de tapis rouge en travers de la salle. Face à lui, Pansy Parkinson trainait par les pieds le corps inerte de Mrs Pomphresh. Le Soleil brillait encore à l'extérieur mais des feuilles d'automne venaient recouvrir les rebords des fenêtres. Ron se releva péniblement et les gouttes du sang de ses oreilles roulèrent jusque dans son cou. Il regarda la Serpentard emmené le corps de l'infirmière jusque dans son bureau.

Pourtant, il était comme fixé à cet endroit, sans pouvoir bouger. C'était au-dessus de ces forces d'être le témoin passif de tous ces crimes. Pansy revint finalement et trempa ses doigts dans la marre de sang et inscrit sur un des murs du bureau « Sans elle, vous ne pourrez plus échapper à la mort. » Très vite, des larmes picorèrent les yeux du Gryffondor. Pansy acheva rapidement son labeur puis effaça les quelques preuves du crime. Elle s'apprêtait à traverser l'infirmerie lorsqu'elle s'arrêta net devant un lit. Ron venait juste de remarquer que celui-ci n'était pas vide. Draco Malefoy devait être endormis par une potion de sommeil. Le torse du Serpentard se soulevait doucement au gré de sa respiration. Doucement, Pansy déposa ses lèvres sur les siennes et souffla à quelques centimètres de son visage :

- Je vais faire de ta vie un véritable Enfer.

Elle ôta quelques cheveux blonds de sa tête et les entreposa dans une fiole vide. Elle plaça le flocon dans sa poche et courut vers la sortie sans un dernier regard derrière elle, frôlant de peu Ron toujours estomaqué. Une sensation désagréable le prit au niveau du nombril, et il su que cela présageait à la fois une nette envie de vomir et un autre voyage dans le temps. La lumière aveuglante dura un bref instant mais la douleur restait la même.

Ron se prit la tête entre les mains et essaya de faire abstraction à la douleur lancinante d'une migraine. Il sursauta lorsqu'il entendit sa propre voix derrière lui.

- Méfaits accomplis.

Ron sous sa forme spectrale se retrouva face à son reflet qui rangeait la carte dans sa poche. L'autre Ronald avançait doucement dans le couloir à la lueur des torches accrochées aux murs, la baguette et les oreilles aux aguets. Le Ron invisible le suivit dans la pénombre. Il se demandait ce qu'il faisait là. Qu'est-ce que son autre lui faisait en dehors de son dortoir seul ? Pour quelle raison s'était-il aventuré jusqu'ici ? Qu'allait-il découvrir cette fois-ci ? Ron marchait à pas feutrés.

Puis à un détour de couloir, il vit quelqu'un d'autre. Draco Malefoy avait ses cheveux en bataille et les yeux hagards. Et se sont ces yeux qui ont tout d'abord interpellé Ron. Noir et parsemé d'une lueur étrange et à la fois inquiétante. Sous le choc, le rouquin recula. Le Ron du présent se rappela alors que c'était la nuit où Clio avait été agressée. Ce soir-là c'était à son tour d'observer la carte du Maraudeur.

Draco continuait à avancer dans le couloir tel un somnambule. Partout où il passait, la température semblait se réchauffer de plusieurs degrés. Le blond s'approcha près d'une fenêtre et observa le clair de lune.

- Ne tente rien qui puisse te nuire Malefoy. Prononça distinctement le Ron du passé en se révélant à lui.

Draco ne se retourna pas et demeura silencieux. Ce n'était pas dans son habitude. Ron s'approcha doucement, toujours sa baguette à hauteur de visage.

- Que fais-tu ici ? Dit l'autre Ron avec une voix assez forte pour paraître assurée.

- Et toi Weasley, que fais-tu loin de ton dortoir ? Répondit automatiquement Draco sans détaché son regard de la lune.

Ron s'apprêtait à répliquer quelques choses lorsque Draco murmura plus pour lui-même :

- Ca sera pour bientôt.

- Bientôt quoi ?

Ron n'obtenu aucune réponse car un bruit sourd retentit dans l'étage accompagné par des bruits de déchirement et de froissements de vêtements. Les yeux de Draco reprirent aussitôt leur teinte initiale et les deux jeunes hommes se regardèrent. Le Ron sous sa forme spectrale courut immédiatement vers l'endroit où il avait trouvé le corps gisant de Clio. Il devait savoir qui lui avait fait du mal cette nuit là. Pour le tuer ensuite. Derrière lui, Ron entendait son autre lui accompagné de Draco sur ses talons.

Arrivé à destination il retrouva le corps de Hannah Abbot gisant au milieu du couloir, un couteau planté dans son thorax. Son sang glissait sur le sol froid et suintait entre les joints des dalles de pierres. Son teint était étrangement livide et elle restait immobile, morte. Plus loin, une silhouette noire était accroupie à même le sol, les jambes d'une autre personne autour de sa taille.

Un sortilège de stupéfixion frôla l'oreille sanguinolente de Ron. Le jet de lumière n'atteint pourtant pas le tueur. Celui-ci abandonna sa victime et s'élança à travers les dédales de couloir de Poudlard. Draco se lança à sa poursuite faisant fuser divers sortilèges dont, la plupart était inconnus au Gryffondor. Ronald s'approcha du corps inanimé qui était un instant plus tôt martyrisé par le meurtrier et constata qu'il était nu. Clio avait les yeux encore ouvert et haletait dans son uniforme maintenant en lambeaux. Ron eu envie à l'instant même de la prendre dans ses bras, de la réconforter, de lui dire que tout s'arrêterait maintenant qu'il était là. Mais ce fut son double qui prit le relais. Le Ron du passé enleva sa cape au couleur de sa maison qu'il avait mis pour ne pas attraper froid et la posa sur le corps de la jeune fille. Il l'enveloppa à l'intérieur et la porta.

- Tout ira mieux maintenant, je suis là. Souffla-t-il.

Clio Hunter ne put répondre quoi que se soit. Lorsqu'elle s'évanouie, Ron sous sa forme spectrale fut submergé d'une envie de vengeance qui irriguait ses veines. Il se rendit compte, bien que trop tard que Draco s'était élancé à la poursuite du tueur. Il se remit à courir et entendit les bruits d'une course effrénée : son envie de meurtre semblait lui donner des ailes. Draco propulsait des jets de flammes au bas d'un escalier, Ron profita de son statut pour les traverser sans se faire brûler. Le meurtrier ripostait avec ferveur en lançant des sortilèges qui pouvaient s'avérer dangereux utiliser à mauvais escient. Ron s'arrêta net quand il s'aperçut que l'adversaire du Serpentard n'était rien d'autre que le propre reflet de Draco…

Un bruit infernal lui fit siffler les oreilles et du sang coula de plus belle. Ron tomba à terre et était sur le point de perdre connaissance. Une odeur d'humidité l'enveloppa. Il reconnaissait cette odeur entre mille. Il ouvrit les yeux et se retrouva par terre, entre les jambes d'élèves de Poudlard qui ne pouvaient ni le voir, ni le sentir. Il se releva et prit appuie sur une table à tréteaux. C'était la serre numéro trois du cours de Botanique.

Neville s'occupait d'une plante en écoutant avec soin les conseils de son professeur tandis que Pansy à ses côtés ne cessait de secouer sa tête. Draco, face à cette dernière, la regardait en biais sans cesser de continuer de tailler son arbuste. Ron regarda le restant de la salle et s'aperçut qu'Hermione, Harry et lui-même étaient au fond de la salle en train de parler à voix basse. Ron se souvint que ce jour-là, leur discussion portait encore une fois sur les meurtres.

Durant plus de quinze minutes, Pansy lançait des petits signes et autres sifflement que seul un nuisible pouvait parfaitement reproduire sans mettre en péril sa santé. Contre son gré, Draco s'approcha doucement d'elle en prétextant chercher une truelle. Et la nouvelle explosa :

- On a retrouvé Cho Chang morte ce matin. Dit Pansy Parkinson d'une voix surexcité. Certains se sont même évanouis en découvrant le corps et tu sais quoi ? Et bien…

- Je ne me sens pas très bien. Coupa une voix sombre.

Ron n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait de celle de son meilleur ami. Il savait qu'à la suite de cette nouvelle, Harry ne sera plus le même. Mais comment ont-ils été aussi aveugles ? Pansy était juste sous leur yeux à revendiqué ses actes et personne ne le voyait…

Il sombra une nouvelle fois dans la lumière la plus éclatante et cette fois-ci, son corps sembla mieux supporter le choc du voyage dans le temps. Il entendit alors quelque chose de lourd et métallique tombé par terre. Le bouclier de Poudlard. Ron l'avait complètement oublié ; pourtant cet objet semblait comme toujours revenir vers lui. Le jeune Gryffondor ramassa le bouclier et passa son doigt dessus. Il releva les yeux de l'arme défensive et se retrouva face à une tapisserie qu'il avait trouvée autrefois tout à fait banale. Cependant, aujourd'hui son point de vue changeait. Cette tapisserie représentait le bouclier de Poudlard. Les écussons de chaque maison figuraient avec au près d'elle, une image des quatre fondateurs. Tous avaient leur index posé sur le bouclier et un nuage bleuté les éclairait, le tout finement brodé. Ron était sûr et certain que cette image avait un sens particulier, peut-être même déterminant pour la suite de cette histoire…

Derrière la tapisserie, on pouvait distinguer le bruit des froissements d'étoffes. Ron arqua un sourcil et lança un coup d'œil circonspect dans les alentours, tenant toujours fermement le bouclier.

- Non Draco, on ne peut pas faire ça ici. Dit une voix suppliante de jeune fille. Il y a des toiles d'araignée et les patrouilles ne vont pas tarder à commencer. Il faut qu'on retourne dans notre salle commune…

- Rassure-toi ça ne sera pas long. Répliqua la voix presque étouffée du Serpentard.

On ne voyait plus que la tapisserie se mouver plus ou moins rapidement en fonction des gestes vifs qu'il accomplissait. De loin, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un tapis volant attendant sagement son maître. Mais de près, quiconque aurait vite compris d'après les râles de plaisir que c'était une toute autre affaire. Ron était assez embarrassé à l'idée de se trouver à cet endroit à un moment pareil. Pourtant, il avait la vive impression que ce qui allait se produire allait être important. Peu à peu, la partie verte du bouclier s'illumina et le Serpent se tortilla sur lui-même. Ron se demanda ce que cela signifiait.

Dix minutes plus tard, les deux adolescents se rhabillèrent et sortirent de leur cachette satisfait de leur prouesse charnelle. Ron découvrir Millicent Bulstrod qui affichait un sourire radieux. Cette dernière dévala rapidement les marches qui conduisait jusqu'au cachot. Le couvre-feu était prévu pour les cinq prochaines minutes. Draco, quant à lui, adoptait une attitude moins pressé et marchait d'un pas de sénateur.

Ron se demanda quel était l'intérêt d'avoir assisté à cette scène lorsqu'il sentit un regard se poser sur lui ; ou plutôt le traverser. Il descendit quelques marches et tourna au coin à droite et découvrit Pansy Parkinson dissimulée dans la pénombre, quelques larmes perlant sur ses joues.

Et Ron comprit immédiatement que c'est en les regardant disparaître au coin d'un couloir qu'elle décida. Millicent Bulstrod allait mourir.

Une lumière aveuglante parcourut le couloir désert du premier étage et enveloppa le Gryffondor qui essaya de faire abstraction à la douleur. Il se retrouva échoué dans la salle commune de sa maison. Un petit groupe discutait au milieu de la pièce à voix basse. Cela devait être une heure très avancée de la nuit car on n'entendait que le bruit régulier du pendule de l'horloge. Pattenrond suivait la conversation en passant ses yeux alternativement sur tous ceux qui prenaient la parole.

- Et à ce moment là, je m'écarterai pour que vous puissiez agir. Prononça faiblement Clio Hunter.

Le Ron du passé, Mr Weasley et Harry acquiescèrent simultanément. Ron sous sa forme spectrale se souvint de ce jour-ci. Ils avaient mis au point un plan méthodique où chacun avait son rôle, le but étant de récupérer Ginny sans que Clio se fasse prendre.

Maugrey Fol'œil et Nymphadora Tonks étaient de la partie ainsi que le professeur Chourave et le professeur MacGonnagal. Hermione mit sur une des tables un chaudron contenant du Polynectar. Le professeur Rogue leur en avait fournis en guise de collaboration. La préfète des rouge et or tendit deux gobelets remplit d'un liquide fumant à Clio et Ron qui devaient échangés de corps durant la soirée accompagnée de leur cheveux respectifs.

Dans cette opération, Clio – ou plutôt Ron – servirait d'appas alors que l'autre le conduirait à travers le château. Sous la cape d'invisibilité, Harry serait dissimuler du tueur et attaquerait si nécessaire sans dévoiler sa position grâce à des sorts informulés. Mr Weasley, quant à lui, serait près du dit Ron afin de faire l'échange. Tonks et Maugrey attendraient chacun au bout du couloir. Tout était fin près pour la libération de Ginny. Rien ne manquait et cela ne pouvait pas rater. Ou du moins, ils le pensaient… Ron serra les poings en pensant que leur plan se ne passera pas comme prévu. Il fallait qu'il voie par lui-même ce qui n'avait pas fonctionner.

- En cas de danger, revenez tous à la salle commune, le professeur Chourave vous escortera. Précisa Maugrey. Bien, tout le monde à ce qu'il faut ? Allons-y.

Le petit groupe suivit l'auror après avoir épongé les regards inquiets d'Hermione qui les regarda disparaître derrière le portrait de la Grosse Dame. Ron lança un dernier coup d'œil à sa meilleure amie qui ne pouvait le voir. Puis il s'élança derrière les autres. La nuit était calme et froide. Harry et Mr Weasley étaient en tête de file, la baguette pointée droit devant eux. Nymphadora escortait Ron et Clio qui avaient échangé d'apparence tandis que l'autre Ron – celui qui était invisible – marchait au près de Maugrey Fol'œil. Cela faisait étrange à Ronald de revivre des moments comme celui-ci.

Et maintenant qu'il y était, il avait du mal à croire que seule Pansy avait réussit à mener cette entreprise à bien. Ils marchèrent rapidement à travers le château sans pour autant savoir où le meurtrier pouvait bien leur avoir donner rendez-vous. Mais avant même qu'ils puissent tourner au coin du couloir, Ron se retrouva dans une autre pièce, comme s'il ne s'agissait plus d'un voyage dans le temps, mais d'un déplacement spatiale. Sans savoir pourquoi, le Gryffondor savait que c'était au même moment. Un ricanement le fit se retourner. Ginny Weasley était assise par terre, les bras attachés dans le dos. Pansy Parkinson buvait quelque chose qui ressemblait à une potion. Peu à peu elle prit l'apparence de la jeune sœur Weasley.

Ainsi donc, Pansy utilisait le Polynectar depuis le début pour effectuer ses crimes. Et c'était là où résidait la faille de Dumbledore. Car on ne pouvait jamais savoir en qui elle allait se transformer. Ron se surprit à penser que cela était judicieux de la part de la meurtrière de prendre l'apparence de la victime. Mais pour combien de temps ?

- Nous verrons bien si ta famille est si contente que cela de te retrouver. Proféra la Serpentard avant de quitter la pièce où la vraie Ginny grelottait de froid.

Une nouvelle sensation désagréable picora les yeux de Ron et il se retrouva de nouveau dans l'escorte au près de Maugrey dans un couloir sombre du château. Il avait toujours pensé que cela était impossible d'être à plusieurs endroits à la fois. Pourtant, cette soirée lui prouvait tout le contraire. Leurs pas devenaient lourd tout comme leur souffle répandant des nuages de buées. Ron, sous sa forme spectrale, voulait crier afin de les avertir. Mais aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres. Soudain, une Ginny toute essoufflée arriva à leur encontre. Elle fondit dans les bras de son père. Heureux de retrouvé sa fille Mr Weasley ne se posa pas plus de questions. Maugrey contemplait les alentours comme s'il craignait de voir le tueur débarquer de nulle part.

- Attendez, souffla Harry, comment se fait-il qu'elle ai sa baguette magique ?

Mr Weasley s'écarta doucement de sa fille et vrilla son regard au sien. Ginny n'était surement pas la même. Mais en vérité, elle était quelqu'un d'autre.

- Expelliarmus ! Scanda Nymphadora.

Ginny eut le réflexe habile de se baisser juste à temps pour éviter le jet de lumière. Elle lança un sortilège inconnu à Ron métamorphosé en Clio. Harry fit ricocher divers sort sur les armures alignées le long du couloir sombre. Pendant ce temps, les effets du Polynectar commençaient à s'estomper. Clio retrouvait peu à peu son apparence d'origine. Ginny, ou la personne se faisant passer pour elle, lança de la poudre de Pérou par terre.

Un nuage opaque enveloppa la scène, seul le Ron du futur semblait détenir la faculté de voir dans l'obscurité. Il vit Ginny entraîné Clio en dehors du nuage. La Pouffsouffle, croyant surement qu'il s'agissait d'un membre de l'Ordre se laissa entraîner. Le Ron invisible les suivit puis il entendit de nombreux cris à travers le château. Ron atterrit au niveau du département de la métamorphose, au septième étage. Ginny avait revêtus une cape sombre tandis que Clio se vautrait par terre, un piège à ours autour de la cheville. Elle tapait désespérément sur le portrait de la Grosse Dame en regardant systématiquement par-dessus son épaule.

Hermione apparut finalement par l'embrasure du portrait et dégaina sa baguette. Elle lança un sortilège de répulsion qui fit diminuer la pression qu'établissait l'agresseur masqué. Clio se retrouva sous une pluie de sortilèges tandis qu'elle était dans l'incapacité de marcher, sa blessure la clouant sur la terre ferme. Hermione se rendit vite compte qu'elle perdait en force et que si on ne lui prêtait pas bientôt secours elle allait perdre.

Alors qu'elle s'apprêtait à jeter le sort du Bouclier, une vague de pouvoir magique déferla en elle. Jaillit de la paume de ses mains des jets d'eau qui tombèrent droit sur le meurtrier. L'eau se rassembla dans une danse savante et entoura l'assassin dans une sorte d'aquarium. La Gryffondor profita de cette diversion dont elle ne s'attendait pas pour saisir Clio et l'emmener à l'intérieur.

Les membres de L'ordre affluèrent. La fausse Ginny disparut dans un tourbillon de cape. Ron eu juste le temps de voir arriver sa directrice de maison avec sa véritable sœur mais affaiblie avant de disparaître de nouveau…

Ron réapparut dans la salle commune des vert et argent. Le Gryffondor avait encore du mal à comprendre tout ce qui lui arrivait et à classer les informations dans l'ordre. Tout semblait si confus ! Ron se passa la main dans les cheveux et il comprit aussitôt. Pansy tuait les filles que convoitait Draco en utilisant sa propre apparence ou celle d'autres garçons de Poudlard juste pour pouvoir profiter du semblant de pureté qui se dégageait de leur corps. Elle faisait l'amour à ces victimes afin de les souiller un peu plus avant de les achever. Pansy brouillait les pistes pour qu'on n'en vienne jamais à l'accuser. Donc Neville était innocent. Draco était manipulé depuis le début. Dumbledore trompé. Et toutes ces victimes bafouées…

Pansy arriva derrière le Gryffondor et le traversa de part et autre sans sentir sa présence. Elle se dirigea droit vers un grand fauteuil en cuir capitonné où siégeait Draco Malefoy. Il était comme captivé par les flammes, son regard vacillant au fur et à mesure du temps qui passait. Il semblait comme alanguis par la fatigue. Pansy passa ses bras autour de son cou et souffla au creux de son oreille d'une voix chaude :

- Il faut que tu te repose.

Draco ne prit pas la peine de se retourner. Le Serpentard ferma les yeux lorsqu'il sentit les mains de la jeune fille glisser sur son torse par-dessus sa chemise blanche. Il les rouvrit avec lassitude et commença à tapoter l'accoudoir du fauteuil en sans quitter les flammes des yeux. Pansy baissa sa tête et son menton se posa sur le front du blond.

- Tu sais que ça va faire longtemps qu'on ne s'est pas retrouvé tout les deux. Chuchota Pansy en observant l'âtre de la cheminée.

- Je suis fatigué en ce moment ; tu l'as dis toi-même. Répondit automatiquement Draco en se levant soudainement.

- Fatigué ? S'emporta la Serpentard. Au début de notre relation tu étais quasiment partant pour toute partie de jambes en l'air et depuis… J'ai l'impression que tu te lasse, que mon corps te dégoute et que tu as la pulsion vitale d'aller voir ailleurs. Ca me tue, et toi tu fais semblant de ne rien voir.

- De toute manière il fallait que je me conduise correctement.

- Ah oui et pourquoi ?

- J'étais promis à Astoria. Répliqua-t-il. Elle vivait au même endroit que moi. Nous étions censé nous mariés.

- Et bien tu as un poids en moins sur tes épaules depuis son décès. Cracha Pansy en s'avançant vers lui.

- Tu dis ça comme si cela t'arrangeait. Persifla Draco en plantant ses orbes métalliques dans ses yeux.

Pansy ne cilla pas, le défiant du regard. Ron comprit que si Astoria était morte c'était juste afin de faciliter le terrain à Pansy pour un hypothétique mariage avec l'homme qu'elle convoitait. En somme, une mort inutile.

- Tout ce que je dis Draco, c'est que tu me prends pour une idiote et que tu le paieras cher.

- Serais-ce une menace ?

- Un avertissement.

La blancheur vint si soudainement que Ron du plaquer ses mains sur ses yeux afin qu'il ne soit pas totalement aveuglé. Il en avait marre de tous ces voyages qui lui enserraient les entrailles. Il avait l'impression que sa tête était sur le point d'exploser. Il avait mal à en mourir et ses oreilles sifflaient comme les soupapes d'une cocotte-minute. Il voulait que tout cela cesse ; qu'il retourne dans son monde ; sur ce fameux champ de bataille…

- Je savais que tu viendrais. Déclara une voix traînante.

Ron ouvrit soudainement les yeux et crut pendant un bref instant que l'on s'adressait à lui. Lorsqu'il se retourna, il croisa le regard chocolat d'Hermione. Face à elle, le préfet des Serpentard la fixait de son regard d'acier. Il avait sa baguette pointée sur elle, l'éclairant grâce à un Lumos. Draco se retourna vivement et inspecta les alentours.

- On ne devrait pas rester ici trop longtemps. Conseilla-t-il.

Il l'entraîna à sa suite, Hermione semblait ne plus avoir la force de lutter. Tout à coup, elle s'arrêta.

- Je ne suis pas venue pour toi. Cracha Hermione en dégageant son bras de son emprise. Lavande est quelque part ici-même : je dois la retrouver.

C'était donc ce fameux soir où Lavande était retrouvée morte ? Comment Draco avait-il pu savoir qu'il allait retrouver Hermione cette nuit précisément ? Seulement grâce au solstice d'Hiver ? Si, lui le savait, Pansy aussi… Et si cela était le cas, elle devait se trouver non loin de là. Ron préféra s'éloigner afin d'inspecter le couloir. Même s'il s'était éloigné, il entendit Draco déclarer :

- Très bien. Tu n'as qu'à aller la sauver. Mais je ne te garantis rien concernant ton succès étant donné l'état dans lequel tu te trouve.

Hermione fit volte-face et commença à marcher dans les couloirs en faisant le moins de bruit possible. Derrière elle, le souffle régulier du Serpentard heurta sa nuque. Ron se sentit alors obliger d'emprunter le même chemin qu'eux. Si le bouclier l'avait amené jusqu'ici c'était pour une raison valable. Sans aucun doute.

- Ne te sens pas obligé de me suivre Malefoy. Dit Hermione d'une voix courroucé.

- Tu risque de t'écrouler au moindre instant avec ta jambe complètement… Enfin, je n'ai pas envie d'être le dernier témoin d'une fille qu'on retrouvera morte dès le lendemain. Je te ferai dire que le tueur entre ces murs n'a pas encore prit de vacances bien que Noël approche.

Ron constata avec effarement qu'Hermione boitait. Comment s'était donc elle blessée ?

- Ne penses-tu donc qu'à toi ? S'écœura Hermione.

- Je ne vis que pour moi Granger, tu devrais le savoir depuis le temps.

Hermione ne prit même pas la peine de répondre et marcha encore un peu. Au bout d'un instant, une odeur pestilentielle se fit ressentir.

- Tu sens cette odeur Malefoy ?

A ces côtés, le blond s'arrêta et inspecta les environs de son regard anthracite.

- C'est l'indescriptible parfum de la mort. Répondit Draco. Peut-être que tu le porteras plus vite que prévus Granger.

Hermione réfléchit, plus mal à l'aise qu'autre chose face à cette réalité cruelle. Tout le monde pouvait mourir, même elle. Surtout en cette période de trouble. La guerre dehors ; la tuerie à l'intérieur.

- Je le crains aussi.

Survint alors une série d'évènements. Un portrait se mit à faire plus de bruit que les autres et la toile commença sa bouger frénétiquement comme si le sujet ne demandait qu'à en sortir. Ron s'avança afin de mieux pouvoir apercevoir ce qu'il se passait à la lueur des torches fixées le long du mur.

Les yeux des deux autres adolescents se fixèrent sur l'œuvre d'art sans pouvoir s'en détacher. Tout à coup, la toile se fendit et une meute de loups en sortit tous plus affamés les uns que les autres. Hermione recula sous le choc et se cogna contre le torse du Serpentard.

- Les cons te diraient de ne pas faire un geste brusque. Mais moi je te conseillerai juste de courir. Murmura Draco à l'oreille.

Sans lui laisser de réfléchir davantage, il prit son poignet et l'entraîna dans une course folle à travers le second étage, les loups à leur trousse. Voyant que la blessure de la Gryffondor réduisait ses forces très rapidement, Draco la prit par sa hanche la portant même parfois. Ils coururent à en perdre la tête se demandant quand ils allaient croisés quelqu'un, que se soit le tueur ou même un professeur. Les loups gagnaient rapidement du terrain sans qu'ils puissent faire quoi que se soit. Par-dessus son épaule, Hermione lançait des sortilèges dans un élan désespéré. Mais ces loups n'étaient fais que de peinture et rien ne les atteignaient. Cependant, une chose était certaine. Si ces bêtes arrivaient à les rattraper, il ne s'agirait pas d'une mort fictive…

- Pars là ! Hurla Draco en ouvrant à la volée une porte qui venait d'apparaître.

Les Deux ennemis disparurent dans une pièce et le Ron invisible resta à l'extérieur, les loups l'encerclant sans pouvoir le voir. Il se rendit compte avec effarement que si les loups étaient là, c'était juste pour les éloigner du cadavre de Lavande. Ron prit la direction opposée et tomba sur Albus Dumbledore accroupis et mesurant le pouls de la Gryffondor. Le directeur de Poudlard leva ses yeux perçants au-dessus de ses lunettes en demi-lune et fixait Ron, ou plutôt l'endroit où il devait se trouver. Il se leva brutalement et fonça droit vers la pièce où Draco et Hermione s'était réfugiée. Sur le passage du directeur de Poudlard, les loups en peinture s'étaient évanouis. Albus Dumbledore ouvrit grand la porte et déclara sur un ton bienveillant :

- Excellente soirée pour une placard-party.

Ron se sentit une nouvelle fois transplané. Le sang provenant de ses oreilles avait désormais séché. Son corps s'était un peu habitué à la douleur des voyages dans le temps. Ou du moins, pour l'instant…

- Si tu joue avec la lumière Malefoy ce n'est pas le moment.

Ron reconnut immédiatement la voix d'Hermione sans qu'il ne puisse la voir. Ils étaient plongés dans la pénombre.

- J'ai beau être Lucem dans cette prophétie je n'ai pas encore eu les joies de maîtriser ce pouvoir. Persifla le Serpentard.

Ron pensa qu'il était à sa droite.

- Alors si ce n'est pas toi, qui cela peut être ?

Un bruit qui leur glaça le sang. Des pas. Un souffle rauque. Et une baguette qui se lève.

- Esquissez le moindre geste et je vous tue sur le champ.

Une voix d'homme. Une voix facilement reconnaissable.

- Neville ?

Aucune réponse ne vint excepter une gifle.

Draco ne savait plus où se trouvait Hermione et tâtonnait dans tous les sens dans l'obscurité afin de la retrouver. Ron essayait de mieux entendre ce qu'il se passait lorsque les lumières commencèrent à poindre de part et autre de la pièce.

Lorsque la lumière fut, Ron se trouva face à une scène morbide. La préfète des Gryffondor allongée par terre avec les poignets meurtris par des coups de couteaux. Neville Londubat semblait comme possédé. La colère monta vite en Draco et il dressa une barrière de flammes hautes et denses entre l'agresseur et sa victime. Puis, il mit le feu à la robe de sorcier de Neville ce qui le força à lâcher sa baguette magique. Draco se précipita pour la saisir.

Tout à coup, la porte de la salle des trophées s'ouvrit sur la directrice des Gryffondor. Elle vit le corps d'Hermione par terre ainsi que celui de Neville puis Draco debout avec l'arme ensanglanté à ses pieds. Elle ne prit pas la peine de réfléchir qu'elle propulsa le Serpentard à l'autre bout de la pièce et le stupéfixa pour être sur d'avoir la tranquillité. Elle s'approcha d'Hermione et mesura son pouls. Son cœur battait faiblement et son sang coulait à une vitesse vertigineuse. A l'autre bout de la pièce, Draco voulut lui avertir du danger mais il restait immobilisé.

Derrière le dos de la directrice adjointe, Neville se releva et saisit sa baguette que Draco avait fait tomber dans sa chute. Il la pointa directement sur celle-ci et lui lança un sortilège de découpe qui fracassa les os de sa colonne vertébrale. Elle cria comme si cela était possible et ce hurlement ce répercuta en échos dans le château. Draco était toujours le spectateur de cette scène macabre. La douleur fit écrouler le professeur de Métamorphose. D'un coup de pied, Neville la força à se retourner et lui jeta le sortilège de la mort. C'en était finit. Elle était partit…

La lumière aveuglante que Ron connaissait désormais parfaitement le fit voyager sur une autre scène. C'était dans un couloir du septième étage du château. Harry marchait avec ses lunettes cassées dans sa gauche. A l'autre bout du couloir, Neville potassait un manuel de Botanique avancé tout en marchant. Lorsque les deux garçons se croisèrent Harry interpella son camarade de chambre :

- Eh Neville, j'ai cassé mes lunettes et j'ai oublié ma baguette dans la Tour Gryffondor. Pourrais-tu me passer la tienne le temps que je les répare ?

- Pas de problème Harry.

Sans poser plus de question, Neville tendit la sienne avec un sourire poli. Harry la contempla avec malveillance et regarda autour d'eux avant de lancer :

- Impero ! Tu es vraiment débile Londubat. A ta place, je ne ferai pas confiance aveuglément à mon entourage car celui-ci peu réserver bien des surprises. Maintenant écoute-moi bien, je t'ordonne de tuer Hermione Granger par tous les moyens quels qu'ils soient et d'exterminer tous ceux qui s'y opposeront excepté…Excepté Draco Malefoy. Est-ce clair ?

Neville hocha prestement la tête, le regard dénué de toute expression.

- Je te laisse jusqu'à demain ; n'oublis pas ta baguette.

Le Gryffondor était sur le point de faire demi-tour lorsque la voix du Survivant s'éleva dans le couloir :

- Au fait, moi c'est Pansy.

La lumière éblouissante fit chavirer Ron. Cette fois, il était dans un train qu'il connaissait presque par cœur. Pansy, sous son apparence ordinaire, marchait en tête du convoi du Poudlard Express. La Serpentard heurta de nombreux élèves mais ne s'excusa pas. Elle continua à filer droit devant elle comme si elle était seule au monde. Elle semblait comme furieuse, et ceci n'était qu'un euphémisme. Arrivée au bout du wagon, elle aperçut que Katie Bell attendait toute seule en lisant Sorcière Hebdo. Une lueur sadique cerna les yeux de la Serpentard. Elle entra silencieusement dans le wagon, sa baguette magique derrière son dos. Elle lança un sortilège de sommeil à l'attrapeuse des Gryffondor. Lorsque cette dernière commença à somnoler, Pansy ferma les rideaux du compartiment.

Elle s'approcha de Katie et fit apparaître à l'aide de sa baguette magique, le même poignard qui lui avait servit à assassiner Astoria Greengrass. Elle approcha la lame des yeux clos de la Gryffondor et creva ses deux yeux en l'espace de quelques secondes. Ron se retourna afin de s'épargner la vue de ce spectacle. Katie se réveilla en sursaut. Mais avant qu'un hurlement ne puisse déchirer ses poumons, Pansy planta sa dague dans son thorax. La Gryffondor roula sur le sol, morte. Pansy s'agenouilla près de la dépouille et murmura des paroles à la fois douce et crue en tailladant le front de sa victime :

- P et M. Deux lettres magnifiques. Le P signifie Pansy, la reine du crime. Mais veut à la fois dire Parkinson. Le M est la lettre que j'aimerai avoir un jour. Pansy Malefoy. Je rêve que cela soit mes initiales. Pourtant, ils ne veulent que dire Pureté Morbide.

A suivre


[Mot de la Bêta, Fiind-L0ve] Super chapitre ! tu as bien trouvé pour le P-M ! Super génial ! Tu es plus que douée ma Fabi adoré ! kiss. Merci beaucoup ^^ Ca fait trop plaisir. Voilà le chapitre que vous attendiez tous. Alors je vais vous avouer quelque chose d'important. On a plagié mon histoire ainsi que d'autres, dont " Papiers Froissés " sur des blogs et des forums. Donc je suis un peu déprimée. Alors à la suite de cet élan créatif, tout est bousillé. D'ailleurs, si certains ont remarqués, je ne réponds plus aux reviews. Trop blasée. Donc je demanderai aux plagieurs de retirer les textes dont ils spolient les droits. Car si cela persiste, je me retire du monde des fanfictions pendant un long moment.Et je crois que tout laisser en plan en fâcherai plus d'un. Donc voilà. Je suis désolé d'annoncer ça aux lecteurs honnêtes. * excusez-moi encore une fois * Donc j'espère que vous avez tout de même aimer ce chapitre où on apprend que Polo est en fait Paulette ! mdr. Oui c'était Pansy qui était derrière tout ça depuis le début et elle a tout fait pour qu'on ne la soupçonne pas, se mettant parfois en scène comme victime ! Donc voilà les révélations que vous attendiez tous. Maintenant il reste trois chapitres, dont un épilogue. A très bientôt je l'espère, Dairy22.