Chapitre 44: La tempête
Harry lui murmure à l'oreille:
– Ta mère: Les biscuits n'étaient pas terrible, j'ai dit ça pour me rattraper. Devant l'entrée, je n'ai pas trouvé très sympa qu'elle me compare à l'autre, c'était qui cet autre? Même si ça fait 20 ans, ça me fait encore chier... Aujourd'hui: Je t'ai menti pour ne pas paraître égoïste mais je n'ai pas aimé que tu me laisses tout seul pour t'occuper de Ron. Et je me demande bien pourquoi il va t'appeler... A mon arrivée ici: Tu m'as demandé si tu ronflais, je t'ai dit non et je n'aime pas vraiment ton lit, il est trop petit, je n'arrive pas à dormir comme il faut dedans. Celui qu'on avait en vacances, il était top... Quand on est rentrés de vacances: J'aime vraiment tes lunettes, mais je pense que c'est débile de ne pas les mettre tout le temps, juste parce que tu n'aimes pas la tête que tu as avec. C'est tout.
Severus, navré:
– Désolé, je suis vraiment un psychopathe. Pour les mensonges, je m'imaginais le pire! Ce n'est pas du tout ça pour les lunettes, moi aussi j'ai menti, j'ai envie que personne ne sache, c'est pour ça que je ne les mets pas. Mais c'est bon, j'ai progressé, j'ai dit à Ron que j'étais daltonien. Il va m'appeler parce qu'il y a une fille qu'il aime bien et qu'il va lui déclarer sa flamme et il croit que je suis capable de le consoler en cas de pépin. Mais je ne suis pas capable. Au cas où, tu m'aideras?
Harry, gentiment:
– Oui oui. C'est Hermione?
– Peut-être.
Severus lui fait un clin d'œil.
– Je ne te l'ai pas dit.
– Si, un peu... Et pour le reste?
– Pour les potions, je me surveillerais. Je vais essayer de ne plus t'appeler ''petit'' même si ce n'est pas péjoratif. Par contre, je n'ai aucun remord pour Ron, tu aurais dû me dire que ça te dérangeait. Je l'ai fait pour toi et toi seul.
Harry, désolé:
– Oui je sais, excuse-moi.
– Pour les ronflements, ne t'inquiète pas, je vais trouver quelque chose. Je suis d'accord pour ma mère, elle a manqué de tact. Je trouve ça touchant que tu t'inquiètes pour les autres hommes. Il n'y a que toi, Harry. Quand tu as fait mine de partir...
– C'était pour que tu me rattrapes.
Severus, franchement:
– Je t'ai supplié à genoux. Je n'ai jamais fait ça pour personne. Je suis quelqu'un de fier. Obtus parfois, dramatique...
Harry, le corrige:
– ''Je t'aime Severus''.
Severus, blasé:
– Ah oui. ''Je t'aime Severus''. Quand tu l'as dit, j'ai entendu toute la colère que tu avais contre moi, c'est ça qui m'a fait pleurer.
Harry, murmure:
– Je suis désolé... Pour le loyer, je peux participer. J'ai de l'argent sur mon compte.
Severus, livide:
– Jamais, je ne te ferais payer quoi que ce soit. Ça c'était vraiment pour mettre de l'huile sur le feu... Punaise, quel con! Un petit Oubliette, tu veux?
– Non je préfère me souvenir... Je peux participer davantage aux tâches...
Severus, suppliant:
– Mais tais-toi! Tu ne vois pas que je m'en veux!
– Moi je ne t'en veux pas. Je t'aime Severus!
Severus susurre en l'embrassant:
– J'ai vraiment de la chance. Tu pardonnes tout toi. Je t'aime Harry! Oublions toute cette merde et faisons l'amour... Si tu veux.
– Tu parles si je veux!
Harry en se déshabillant:
– Je n'en peux plus, il faut que je vienne en toi. Maintenant.
– Oui. Le canapé. Il grince mais on s'en fout.
– Le mur.
– Ah oui, ça on n'a jamais fait.
Lèvre contre lèvre, un baiser passionné. Severus le soulève et l'emporte. Harry, plaqué contre le mur, des baisers sur le visage, dans le cou. Severus lui murmure à l'oreille:
– Je peux te demander une faveur? Prends-moi, sans me préparer.
Harry, fermement:
– Non, Severus. Ce n'est pas une punition. Je vais te prendre gentiment, comme tu aimes.
Severus, en riant:
– Toi alors... D'accord fais comme tu... Merde.
Une larme coule, puis deux. Un sanglot étouffé, Severus, lassé:
– Continuons.
– Non, il faut qu'on s'occupe de ça.
Front contre front, l'inondation.
Severus, blasé:
– Je pensais avoir trouvé le truc avec Fred... Mais, merde c'était ça, le vide! La tristesse...
Severus sanglote:
– Tu m'auras vraiment vu à mon plus bas.
– Si c'est ça le plus bas, ça va, il y a de la marge. Laisse sortir tout ça... Plus besoin de garder à l'intérieur.
Les sanglots redoublent, Severus s'accroche à lui comme une bouée. Il faut rester solide. Une larme coule, ce n'est pas le moment de flancher.
Severus, lassé:
– Pourquoi tu pleures toi, c'est à mon tour.
– Par empathie, c'est pour vider plus vite...
– Je ne veux pas de ta pitié. Laisse-moi vider tout seul.
Harry place les mains derrière sa tête et l'attire sur son épaule.
Severus, gentiment:
– Non je vais te salir...
– Rien à battre
– C'est tellement concentré que ça doit être acide.
Harry veut goûter ses larmes, Severus l'en empêche.
– Laisse-ça tu ne sais pas ce qu'il y a dedans, des années d'abus... Et c'est reparti.
Des gros sanglots. Harry lutte pour ne pas flancher. Image d'un bateau qui tangue et de vagues déchaînées. Non, il restera debout. Les mains posées sur ses épaules.
– Je suis là, chéri. Tu peux y aller.
Severus, avec gratitude:
– Depuis quand tu es solide comme un roc... Merci.
– De rien chéri, je m'améliore aussi.
– Il faut que je m'asseye, je ne tiens plus debout. C'est trop violent. Tire-toi avant la tempête...
Les bras d'Harry l'enserrent, les deux se laissent couler sur le plancher. Severus, désolé:
– Je t'aime mon amour, mais va falloir s'accrocher. Comme c'est parti, on en a pour un bon moment.
– Ça m'est égal.
– Alors tant pis, j'y vais. Bouche-toi les oreilles.
Harry secoue la tête. Severus lui place ses index dans les oreilles. Severus commence à crier. Des hurlements de noyé, insoutenable.
Toute l'injustice du monde sur les épaules. Envie de crier aussi. Harry lui bouche les oreilles et s'y met.
Severus, stupéfait:
– Qu'est-ce que tu fais? Tu ne prends pas sur toi quand même.
– Non, c'est à moi. J'ai aussi vécu une enfance de merde.
– Dans ce cas, évacuons le passé, ensemble...
