NOTE : • UNE SEMAINE !

Ok, peut-être deux. Mais c'est mieux que d'être en retard d'un an, non ?

POUR CE CHAPITRE : Il y a du sexe, encore. Des conversations malaisantes, et Peter est perdu. Pauvre petite chose - ironie, il est insupportable

On retourne aux bonnes vieilles habitudes : la playlist YouTube avec toutes les chansons des début de chapitres, dans l'ordre d'apparition est toujours la même : https DEUX POINT DEUX BARRES www POINT youtube POINT com SLASH playlist ?list= PL7QlsDi2OGo1vYPBpDZapcuqri -wp76e5

BÊTA : C., qui doit attendre de mes nouvelles...


- BONUS 2 – CROSSROADS – PART 3 -

MISSIO - Twisted

Peter sortit du Palais de justice pour marcher comme en territoire conquis, un énorme sourire sur les lèvres. Il était suivit de Rick et de Maureen, la jeune femme souriait d'un air amusé en fixant son mari.

- Tu es fier de toi, n'est-ce pas ?

- Tu n'imagines même pas à quel point ! Roucoula l'informaticien.

Quand il était arrivé en début d'après midi - avec une gueule de bois à en mourir, et un mal de reins assez puissant pour le ressusciter, des marques dans le cou et l'air d'avoir passé une très bonne nuit - son premier petit plaisir avait été de partager un café avec sa douce épouse, échangeant un regard complice alors que sur leurs traits s'affichait pendant un instant le même sentiment : " Ma nuit accompagnée a été extraordinaire, peux-tu en dire autant ? ". Son deuxième petit plaisir avait été de croiser Raphaël, qui lui avait offert un sourire d'ange - celui-là même qui enfilait tous les jurés auxquels il était confronté dans sa poche, parce qu'on lui donnerait le bon dieu sans concession -. Et enfin, troisième plaisir - oubliez le petit, on parle d'un autre niveau de plaisir - fut été de voir arriver Christopher Argent, qui lui lança un long regard lourd de sens et qui cachait de nombreuses choses.

Ainsi, on pouvait dire que le petit Peter - enfin, petit, façon de parler - avait vraiment bien entamé la journée, de telle sorte qu'il salua presque de bonne humeur le procureur chargé de son affaire et la nana, la plaignante... Comment elle s'appelait déjà ?

Et puis là, l'apothéose. Le summum du summum, la cerise sur le gâteau ! " - Les charges sont abandonnés, Monsieur Argent, avec toutes les excuses du bureau du procureur. Nous espérons que vous n'en tiendrez pas rigueur. "

DAMNED !

Peter allait faire péter le champagne.

Les accusations ne tenaient pas, Raphaël avait dit à Carver de creuser un peu plus, Argent n'avait pas empêché les démarches et l'affaire s'était totalement écroulé. Le matin même, le procureur avait fait venir la plaignante pour la mettre devant le fait accomplit, tel qu'un billet de train qui la plaçait à New York le jour supposé du viol passé à Beacon Hills, et seules quelques insistances du procureur, qui ne croyait plus la jeune femme, avaient suffit pour que cette dernière craque, déclarant que même s'il ne lui avait rien fait à elle, il avait sûrement dû le faire à quelqu'un d'autre et qu'il fallait qu'il paye pour tout ça.

Peter était donc blanchit de toutes accusations et rien n'était retenu contre lui.

- Je ne pensais pas qu'on pouvait faire un suçon sur une lèvre, susurra Maureen.

Peter arrêta de descendre les marches et se tourna vers sa femme en gloussant.

- N'est-ce pas magnifique ?

En effet, Chris arborait une ecchymose rouge assez impressionnante sur sa lèvre inférieur, qui pouvait ressembler aux stigmates d'une bagarre, mais Maureen avait bien vu le regard affamé que Peter avait posé le temps d'un instant sur son amant d'un soir.

- Tu es insatiable, soupira Maureen avec un sourire.

Peter haussa un sourcil, peu sûr de la démarche à suivre.

- Ça ne t'a jamais dérangé jusque là, s'étonna-t-il.

- Et ce n'est pas ce que j'ai dit. Seulement, tu aurais pu au moins attendre que cette histoire soit réglée, mon cœur. Si par malheur, ça s'apprend, on pourrait croire qu'il y a conflit dans cette affaire.

- Je ne pense pas qu'il va aller le crier sur tous les toits, après tout, tu as bien vu sa petite bague au doigt.

Elle soupira en secouant la tête, amusée mais aussi excédée par son époux.

- Réfléchit aux possibles conséquences, la prochaine fois, dit-elle simplement.

Rick les rejoignit alors, flanqué du loup dont ils parlaient à l'instant. Peter se redressa discrètement, sans - trop - laisser son regard dériver sur son amant de la veille.

- Eh bien, quelle histoire, n'est-ce pas ? S'amusa Rick en observant son patron.

Se dernier fit la moue.

- J'aurais quand même voulut un peu plus d'action, comme dans les séries. Le détecteur de mensonge, une séance d'identification... ! Grogna-t-il.

Rick ricana, parce qu'il savait que son humour foireux était une sorte de mécanisme de défense - Et peut-être que Chris l'avait comprit lui aussi. Son regard consterné avec une pointe de... quelque chose en plus sur son profil arracha un frisson à Peter, qui garda son regard braqué sur sa femme. Cette dernière sourit d'un air complice.

- Rick, dit-elle doucement. J'ai quelques détails à régler avant de retourner à Beacon Hills. Aurais-tu l'amabilité de m'accompagner ? Minauda-t-elle en se tournant vers l'avocat de l'entreprise de son mari.

Ce dernier sentit ses narines frémirent - quelle peste, celle-là ! Et Rick, en bon traître, lança un regard amusé à Peter, comprenant rapidement la situation lui aussi.

- Ce serait avec grand plaisir Maureen. Permettez, rétorqua-t-il en descendant les quelques marches, lui présentant son bras.

Maureen sourit de plus belle et après un clin d'œil vers son mari, commença à s'éloigner plutôt bien accompagnée. Peter et Chris, côte à côte sur la même marche, les regardèrent faire avant que Chris ne lâche un petit bruit amusé.

- Est-ce une manière pour elle de se venger de tes infidélités, railla-t-il amèrement.

Peter sourit et tourna la tête vers lui.

- Crois-le ou non, elle a été la première à fauter. Je ne suis jamais allé voir ailleurs pendant dix ans. Elle m'a trompé, et m'a dit que si je le voulais, je pouvais de mon côté faire ce que je voulais, tant que ça ne pénétrait pas notre cellule familiale.

Chris l'observa comme pour vérifier les dires de l'informaticien, comme si la réponse était inscrite sur son visage.

- Hn, railla de nouveau l'avocat. Et votre fille, elle en pense quoi de votre... couple libre, si je puis dire ?

- On en a jamais vraiment parlé, haussa-t-il des épaules. Elle sait que sa mère et moi, on s'aime, qu'elle a été un de ses bébés de l'amour, s'amusa-t-il avant de redevenir sérieux. Mais elle sait aussi que je me suis découvert un penchant pour les hommes bien tard et que quelque fois, l'amour que je porte pour Maureen ne me suffit pas.

Peter observa la ville face à lui, réfléchissant.

- Pendant un temps, elle a cru qu'on ne restait ensemble qu'à cause d'elle, et qu'on se disputait autre part pour qu'elle ne soit pas au courant.

Pourquoi Peter sentait-il le besoin de se justifier ? Il n'en savait rien. Peut-être que le jugement de Chris comptait, après tout.

L'informaticien se secoua et son air grave retrouva très vite ses accents de taquineries.

- Enfin ça, c'est une autre histoire. Alors Chris, bien dormit, j'espère, sourit-il en se tournant vers lui.

À son agréable surprise, ce dernier avait levé les yeux au ciel, exaspéré, mais Peter voyait parfaitement un petit sourire étirer ses lèvres. Il sourit lui-même encore plus.

- Tu es incroyablement exaspérant, soupira Argent.

- Oh, allez, je ne te pose qu'une question, Chris~ Au fait, je t'ai laissé mon numéro avant de partir hier soir, tu m'appelles quand tu veux, lui rétorqua-t-il avec un mouvement de sourcil entendu.

Mais l'avocat évitait de le regarder. Il soupira et commença à descendre les marches. Peter observa sa chute de reins.

- Ne compte pas sur moi, Peter, déclara Chris, mais Peter entendit le sourire dans sa voix.

- Appelle-moi sans faute ! Lui cria ce dernier avec un sourire.

- Adieu, Hale ! Lui rétorqua Chris sans même se retourner.

Peter le regarda disparaître, un sourire gourmand sur les lèvres. Il resserra sa cravate et plissa le devant de son costard.

- Hm, oui. Il va me rappeler, se susurra-t-il à lui-même, très fier de lui.

.

Chris ne le rappela jamais.

.*.

Peter n'avait pas oublié son ancienne victime. Pas après la nuit qu'ils avaient passé ensemble. Peter Hale avait des contacts, des amants réguliers qu'il ne voyait que très rarement, Mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas autant désiré revoir quelqu'un. Christopher Argent, quelle surprise tout de même.

L'informaticien se laissa aller dans son fauteuil en soupirant d'aise. Cela faisait six mois depuis leur petit roadtrip à Sacramento, et Maureen et Rick filaient le parfait amour - sérieusement ? Maureen l'appréciait tellement qu'elle avait même commencé à parler divorce avec Peter. Ils n'avaient jamais parlé de divorce. Mais Maureen était apparemment de plus en plus attachée à son petit avocat, et c'était apparemment réciproque.

Peter n'avait pas mentit quand il avait dit à Chris que Malia savait pour eux. Mais il avait mentit. Sa petite fille, dont il avait été si gâteux à l'époque, pensait sincèrement que sa mère était coincée dans un mariage sans amour avec un père qui batifolait à droite à gauche, avec d'autres hommes en plus de cela. Maureen avait beau essayé de lui dire que cela ne la dérangeait pas, qu'il ne fallait pas refréner ses désirs de la sorte et qu'elle était tout à fait d'accord avec cela, puisqu'elle avait aimé Peter et qu'elle l'aimait toujours comme son meilleur ami, et qu'ils l'avaient eut elle sans arrières pensées ni disputes ; cela n'avait semble-t-il pas convaincue la jeune fille qui venait de fêter ses quinze ans.

Peter s'étira en réfléchissant.

Apparemment, Malia s'était confié à sa cousine, et Laura était venu voir Maureen et Peter pour leur dire d'arrêter de faire les frais, que cela blessait plus leur fille qu'ils ne le pensaient au départ.

Tout ça à cause du procès...

Le couple, certes fort peu conventionnel, n'avait pas réalisé que leur manière de voir les choses pouvait bouleverser leur petite. Mais c'était apparemment le cas, et Peter se devait d'aller s'expliquer avec elle.

Mais Peter et les sentiments... Oh, il aimait sa fille. Il aimait Maureen. Il aimait, d'une certaine manière, les hommes avec qui il passait quelques nuits. Mais Peter faisait tout dans l'excès, jusqu'à ce qu'on ne le croie plus sincère. Et c'était ce qui était en train d'arriver avec sa fille.

Et lui, dans tout ça, ne pensait qu'à Chris.

L'informaticien grinça des dents et rassembla ses affaires pour rentrer chez lui.

Quand il rentra dans son appartement, les murs de ce derniers tremblaient presque alors qu'une musique tonitruante perçait le silence de l'endroit. Esquissant un sourire amusé, Peter fit son chemin jusqu'à son salon, où sa fille dansait, ignorante du monde qui l'entourait. L'informaticien sourit en observant son bébé qui avait déjà quinze ans. Le temps passait trop vite, beaucoup trop vite.

Sa fille, se dandinant toujours, tourna sur elle-même et l'aperçut enfin. Elle sursauta jusqu'à en bondir au plafond et fusilla son père du regard.

- Il faut vraiment que tu arrêtes de te faufiler derrière les gens, papa, grogna-t-elle en arrêtant la musique.

Peter gloussa et lui fit un clin d'œil.

- Tu es juste jalouse, railla-t-il, et sourit un peu en la voyant hausser une épaule, ne voulant pas le reconnaître.

Il fit le tour de l'ilot centrale pour se pendre à la porte du congélateur.

- Glace pistache chocolat avec de la banane, ça te dit ?

- Hm... Mouais, pourquoi pas.

Pour atteindre le cœur de sa fille, toujours passé par son estomac - ou du moins, ses papilles.

Ils s'installèrent donc autour de l'ilot, Malia assise sur un tabouret de bar en jouant avec les deux boules de glace colorée et Peter face à elle, penché sur ses coudes.

- Hm, où sont Laura et Derek ? S'enquit-il en portant une cuillerée de glace à ses lèvres.

Sa fille sautilla un instant sur son tabouret.

- Laura est à la bibliothèque, elle révise pour son diplôme, et Derek est avec sa nana mystère, qu'il ne nous présentera sûrement jamais, marmonna-t-elle en levant les yeux au ciel.

Elle fixa ensuite Peter d'un air sombre.

- Et maman a d'autre chose à faire, elle rentrera tard, cracha-t-elle enfin.

Peter soupira à moitié sous la voix mauvaise qu'elle avait. Adieu le moment père/fille. Il lâcha sa cuillère, qui tinta en se percutant aux parois du bol.

- D'accord. Alors on a le temps de parler.

- Je n'ai rien à te dire, grogna Malia.

- Alors tu te tais et tu écoute, rétorqua son père en haussant un sourcil.

Malia, en bonne adolescente, renifla dédaigneusement et se leva.

- J'ai des devoirs à faire, marmonna-t-elle en ramassant ses affaires.

- Malia ! Tonna son père en fronçant les sourcils.

Elle cligna des yeux, peu habitué à ce que son père, si joyeux, enfantin et joueur, soit aussi sérieux.

- Assieds-toi, maintenant. Tu ne vas pas pouvoir m'éviter et me détester toute ta vie, déclara-t-il froidement.

La jeune fille grimaça, le regard flamboyant, mais pas assez téméraire pour quitter la pièce en claquant la porte. Alors elle se rassit mais en faisant bien comprendre à son père qu'elle n'avait aucune envie d'être là.

- .Je sais que depuis cette histoire à Sacramento, tu m'en veux et tu crois que je fais du mal à ta mère.

- Tu la trompes tous les quatre matins, bien sûr que tu lui fais du mal ! Clama la jeune fille.

Peter leva la main et soupira.

- Écoute. Quand j'ai rencontré ta mère, on était encore au lycée. Ça a tout de suite collé entre nous, et quand elle est tombée enceinte et qu'on s'est marié, ça a été difficile pendant un temps, mais ça a été. Sauf que...

-Sauf que t'es gay, marmonna sa gamine en fixant le plan de travail devant elle.

Peter secoua la tête.

- Ça, je ne l'ai réalisé qu'à la mort de... De ma sœur.

Il déglutit difficilement. Malgré le fait que le temps ai passé, il avait encore un peu de mal à la laisser partir, pas en la voyant tous les jours dans les sourires et les mimiques de Laura et Derek.

- Il se trouve que... que ta mère et moi, bien que tu en doutes, on s'aime énormément.

Sa fille renifla dédaigneusement, prête à rétorquer quelque chose mais son père ne lui en laissa pas le temps.

- Je t'interdis de remettre en cause l'amour que je porte à ta mère !

Il fronça les sourcils et se frotta les cheveux d'une main, l'autre serrée en poing sur le comptoir face à lui.

- On s'est rencontré au lycée, et tout de suite ça a accroché. On ne t'a jamais caché qu'on t'a eut tôt et que... qu'on a été surprit.

- Je suis un accident, marmonna la jeune fille.

- Tu sais que je n'aime pas ce mot, grimaça-t-il en la regardant.

Elle soupira.

- Je sais.

- Ce n'est pas parce que... parce qu'on a eut une famille très tôt que ce n'est pas pour ça que ça ne nous plaît pas, soupira-t-il. On t'aime énormément, tu n'as pas le droit de douter de ça. Mais...

Il se frotta les yeux.

- C'est vrai que le temps m'a apprit que les femmes n'étaient pas forcément ce dont j'avais besoin.

- Comment tu peux lui faire ça ? Gémit sa petite.

Peter secoua la tête.

- Je ne lui fais rien... Écoute. Avant de rencontrer ta mère, je virevoltais de droite à gauche. Mais ce n'était jamais assez bien, jusqu'à ce que Maureen arrive.

Il leva la main, attirant son attention.

- Et je te jure... je te jure sur ma vie... sur la tombe de Talia, que je n'ai jamais trompé ta mère.

- Mais tu... S'étonna-t-elle en fronçant les sourcils.

Il hocha la tête.

- Oui. Certes, j'ai des aventures avec des hommes. Je tiens à ta mère et mes sentiments pour elle ne changeront jamais. Parce que c'est ma meilleur amie, et je sais que le sentiment est réciproque. Quand... Quand Derek et Laura sont venu vivre avec nous, tu dois te souvenir dans quel état j'étais.

Il déglutit difficilement.

- C'est à ce moment là que j'ai apprit plus de choses sur moi que je ne l'aurais cru, et oui. Je pense être gay.

- Tu penses ?

- Je n'aime pas les cases, sourit malicieusement le père.

Mais sa fille n'avait aucune envie de sourire. Alors il soupira en levant les yeux au ciel.

- Je sais que tu crois que ta mère te dit que tout va bien juste pour pas que tu t'inquiètes. Mais c'est vrai. Elle et moi avons beaucoup discuté depuis le temps. Et c'est vrai que nous ne sommes pas un couple ordinaire. Mais il a tellement de façon d'aimer les gens, d'aimer ceux qui nous sont proches et pour ta mère et moi, eh bien nous sommes un couple... disons, flexible.

Malia déglutit difficilement.

- C'est pas normal, marmonna-t-elle.

Peter se frotta le front.

- C'est sûr que si tu t'attends à ce qu'on ressemble aux parents de tes amis...

- Mais vous faîtes comme si ! S'énerva-t-elle.

Le père cligna des yeux puis secoua la tête.

- Non ! Non, on ne fait pas semblant. Le temps qu'on passe ensemble n'est pas feint, on s'aime beaucoup, je t'ai déjà dit.

- Et moi dans tout ça ? Je me trouve où dans tout ça, dans ce... ce duo si bizarre et malsain ?!

- Nous ne sommes pas malsain ! S'exclama Peter.

Il secoua les mains devant lui, énervé et assez frustré de ne pas réussir à s'expliquer correctement.

- C'est si dure à comprendre ? Tu es notre fille, notre enfant.

Il secoua la tête, dépité.

- Est-ce qu'on t'a jamais donné l'impression de se haïr ? De ne pas pouvoir passer du temps l'un avec l'autre, de s'éviter totalement ? De ne plus pouvoir...

Il soupira de nouveau.

- Est-ce que c'est plus bizarre que les couples qui ne s'aiment plus depuis des années mais qui se refusent de divorcer et qui continuent de vivre ensemble, l'un sur le canapé, l'autre dans la chambre ?! Soupira-t-il en levant les bras au ciel.

Malia observa son père puis réfléchit, le regard dans le vide, avant d'esquisser un sourire timide.

- Non...

Peter soupira - ENCORE ! Cette situation l'ennuyait et le fatiguait - et secoua la tête en se redressant.

- C'est vrai. Ta mère et moi, on est un couple peu conventionnel. Je vais voir à droite, elle va voir à gauche, mais nous sommes des amis très proches. Aussi proche que peuvent l'être deux personnes, vois-tu.

- Aaaaah, papa ! Je veux pas savoir, grimaça sa gamine.

Peter sourit et tira un peu la langue.

- Oh allez, tu as presque quinze ans, on a eu la conversation l'année dernière.

Quand ils avaient trouvé une cigarette dans sa chambre. Maureen et lui avaient fait d'une pierre deux coups, et la conversation sur le sexe et l'amour avait été très marrant... Toute la gêne passée, bien entendu.

- C'est naturel, le sexe. L'amour aussi. Tes préférences sexuelles t'apparaîtrons quand ce sera le bon moment, que ce soit homme ou femme, tout ce qui importe, c'est que tu sois bien, en paix avec toi-même et qui tu es.

Il posa sa main sur son torse.

- C'est la même chose pour moi. J'aime ta mère, mais sexuellement parlant, je préfère les hommes. Et certes, je m'en suis peut-être rendu compte un peu tard. Mais ta mère est d'accord avec ça.

Il posa ses mains à plat sur le comptoir et soupira. Vraiment, il n'aurait jamais pensé cela aussi difficile à faire.

- Et c'est comme ça qu'un couple fonctionne. Deux personnes qui s'aiment, qui sont toutes deux consentantes pour ce qu'ils... s'échangent. Ou ne s'échangent pas, dans notre cas. Ce qu'ils vivent, ensemble. Enfin, tu-tu vois ce que je veux dire.

Il se racla la gorge.

- Elle et moi avons nos secrets, bien entendu, comme toutes personnes. Mais nous sommes bien ensemble, alors on ne se cache pas ce genre de choses, parce qu'on fonctionne ensemble. Et on... t'a bien élevé, je crois. Je ne peux qu'espérer qu'on t'a aimé comme il le fallait, que tu... arriveras peut-être à comprendre plus tard ce qui nous lie, ta mère et moi. On ne s'est jamais disputé devant toi, on s'est toujours bien occupé de toi, parce qu'on est tes parents. On est juste un peu plus... original que ceux de tes amis, termina-t-il avec un sourire contrit.

Malia observa son père en s'humidifiant les lèvres.

- Je peux aller faire mes devoirs, maintenant ? s'enquit-elle d'une petite voix.

Peter ferma les yeux, soupira, et fit un geste de la main pour l'inviter à quitter la pièce.

Sa fille récupéra ses affaires et quitta donc la pièce en traînant un peu des pieds, et l'informaticien grogna en s'affalant sur le comptoir. Sa main tapota sa poche et en sortit son téléphone, appuyant sur la touche rapide avant de porter le portable à son oreille.

- Allô ? Peter chéri, tout va bien ?

- Tu parleras à ta fille, hein ?

- ... euh, pardon ? S'étonna Maureen à l'autre bout du fil.

Peter soupira et se redressa, posant son menton sur sa main posée à plat.

- Je viens d'avoir la conversation la plus difficile avec notre fille, encore plus difficile que quand on lui a expliqué l'acte sexuel pour la première fois !

- Difficile pour elle, ou pour toi ?

- J'ai dû justifier mes choix de vie et mes préférences, pour moi bien entendu !

- Peter, mon cœur, calme-toi, l'entendit-il sourire. Je lui parlerais.

- Elle veut pas me croire, geignit Peter en soupirant, boudeur. Elle pense que je te fais du mal.

Maureen rit un peu plus fort au téléphone.

- Ne te moque pas ! Fronça-t-il les sourcils en se redressant.

- Oh Peter... Tu es un vraiment un père gâteux, mon cœur. Je parlerais à Malia, elle comprendra que je suis totalement satisfaite dans notre mariage, sourit-elle.

Peter inspira doucement puis soupira.

- Tu rentres à quelle heure ?

- Hm, j'ai une réunion dans une demi-heure, mais elle ne sera pas longue. Je rentrerais vers sept heures.

- Ça te dit chinois ?

- Avec grand plaisir !

- Très bien. Alors à ce soir, ma belle.

- A ce soir, Pete, sourit-elle.

Puis elle raccrocha et Peter soupira en se rallongeant sur le comptoir.

Piou piou piou... Il était lessivé.

.*.

Le soir même, après un repas à coup de livraison chinoise, où Derek avait passé tout le dîner à jouer avec sa nourriture sans véritablement y toucher, la tête dans les nuages, et Laura qui lui lançait des regards suspicieux, et Malia qui observait sa mère puis son père, silencieuse et encore un peu sceptique... Bref, après un repas peu agréable, il fallait le reconnaître, Maureen était allé dans la chambre de sa fille pour lui parler, et Peter l'avait attendu dans leur propre chambre.

Ils s'étaient ensuite glissés dans le lit et Maureen s'était blottie contre lui.

.

Le regard braqué au plafond, caressant doucement l'épaule de Maureen, Peter soupira doucement.

- Alors ? S'enquit-il doucement.

- Alors quoi ? Rétorqua Maureen en baillant.

Peter fonça les sourcils.

- Malia. La discussion. Vous avez parlé, au moins ?!

Sa femme souffla un rire et se redressa un peu.

- Tu es vraiment trop protecteur avec ta fille, incroyable.

- Quoi ?! S'indigna-t-il. Elle me déteste ! Elle n'a pas le droit de me détester ! Pourquoi je suis le méchant de l'histoire ?

Maureen ne répondit rien et se redressa plutôt pour allumer la lumière. Elle le regarda, les sourcils froncés.

- Mais qu'est-ce que tu as en ce moment ? Ça fait quelques mois que tu es...

Elle agita la main devant lui.

- ... bizarre, termina-t-elle avec une moue.

Peter croisa les bras sur son torse et haussa les épaules, toujours allongé en refusant totalement de bouger.

- Hm... Alors, elle me déteste ?

- Non Peter. Elle ne te déteste pas. Malia est juste un peu perdue, malheureusement. Mais ça à l'air d'aller. Alors maintenant, dis-moi, qu'est-ce qui t'arrive réellement ?

Peter grommela et roula dans le lit, lui tournant le dos. Sa femme ricana un peu et se rapprocha pour se pencher sur son épaule.

- Alors ? Chantonna-t-elle.

Un long silence s'installa dans la pièce, et Peter espérait vainement qu'elle allait lâcher l'affaire, mais Maureen était têtue, presque aussi têtue que lui, incroyable ! Elle resta là, le menton sur son épaule en observant son profil, attendant patiemment.

- Il ne m'a pas rappelé, marmonna enfin l'informaticien en grommelant à moitié.

- Ah !

Maureen se redressa comme une collégienne qui était heureuse d'un quelconque ragot raconté par sa meilleure amie, puis se figea.

- Euh... Qui ça ?

Peter soupira comme un cheval et se tourna vers elle en fronçant les sourcils avec une grimace de moquerie.

- Argent, cracha-t-il.

Sa femme haussa les sourcils, surprise.

- Sérieusement ? S'étonna-t-elle.

Peter gémit un peu plus et hocha lentement la tête.

- Très bien. Chris alors ! Tu as un crush sur Chris ! Quelle ironie ! Se mit-elle à rire.

- Aucun commentaire ! AUCUN ! Et je n'ai aucun crush, rien, que dalle, nada ! Secoua-t-il la tête en claquant la langue sur son palais. Eh puis quoi, encore, hm ?

Maureen gloussa - oh, par pitié, Stop ! - et se glissa contre lui.

- Alors mon cœur, la sentit-il sourire contre son bras. Pourquoi tu ne le rappelles pas, toi ? Ça fait plusieurs mois déjà, et je sais que tu n'es pas une personne qui s'empêche d'appeler quelqu'un par ego ou par timidité. Tu veux quelque chose, tu t'offres les possibilités de l'avoir. Alors dis-moi ce qui ne va pas.

Peter renifla et fit la moue. Maureen releva le visage vers lui en haussant un sourcil.

- Eh bien quoi ?

- J'ai pas son numéro, marmonna-t-il finalement.

Un silence s'installa entre eux le temps d'un instant avant que Maureen ne soupire théâtralement.

- Mais quel bras cassé tu peux être des fois, c'est incroyable !

Elle picora sa joue d'un baiser.

- Mon beau et grand charmeur, coureur de queue de pie au sourire ravageur, qui ne sait plus quoi faire quand il veut revoir quelqu'un. Plein de contradiction que tu es, jeune padawan.

Peter cligna des yeux puis fronça les sourcils quand sa jolie femme quitta le lit, dans le t-shirt appartenant à son mari. Ce dernier la regarda quitter la chambre sans même qu'il ai eu le temps de réagir. Mais qu'est-ce qui lui arrivait, encore ? Se demanda-t-il en levant les yeux au ciel. Il haussa un sourcil quand elle revint en trottinant quelques minutes après, un papier dans la main.

- Voilà. Je n'arrive pas à croire que j'aide mon mari à conclure avec quelqu'un d'autre, éclata-t-elle de rire en se rasseyant sur le lit.

Elle agita le papier devant les yeux de son mari, qui l'attrapa.

- C'est la première fois qu'on fait ça, on devrait le noter d'une pierre blanche, s'amusa-t-elle avant de se rallonger, prête à éteindre la lumière.

- Qu'est-ce que c'est ? S'enquit Peter en jetant un coup d'œil à la note qu'elle venait de lui donner.

- L'adresse et le numéro de téléphone du cabinet de Christopher Argent.

Peter tourna la tête vers Maureen en souriant.

- Ah ?

- Hmhm. Tu l'appelle demain, sans faute, c'est clair ?

Maureen bailla ensuite et grommela sur l'idiotie de son époux en éteignant la lumière. Puis elle bougea pour s'allonger sur le lit et enfonça son visage dans son oreiller.

- Bonne nuit, mon cœur, souffla-t-elle.

Dans la pénombre, Peter sourit doucement et déposa le papier sur la table de nuit avant de se pencher vers elle et d'embrasser ses cheveux.

- Bonne nuit, Maureen.

.*.

- Par les quatre cavaliers de l'Apocalypse, mais qu'est-ce que tu fous ici ?!

Peter releva le nez du bouquin de loi qu'il était en train de lire, les pieds posés sur le bureau face à lui. Il sourit de toutes ses dents et se lécha les lèvres en posant le livre ouvert sur son estomac.

- Ça fait longtemps, petit Chris. Et une référence biblique ? C'est presque trop respectueux pour moi.

Il s'étira en se laissant aller dans le siège de bureau.

- Appelle-moi Samael, susurra-t-il, le regard brillant.

Face à lui, le visage de Christopher Argent se crispa et son regard devint aussi tranchant que le métal alors qu'il refermait la porte derrière lui.

- Au risque de me répéter, Hale... Qu'est-ce que tu fous ici ? Marmonna-t-il en faisant tomber les papiers qu'il tenait à la main sur son bureau, face à Peter.

Ce dernier renifla un instant et joua des sourcils en se mordillant la lèvre.

- Eh bien, j'ai attendu ton appel, tu sais.

Le regard mauvais que lui lança Chris le fit frissonner.

- Tu croyais vraiment que j'allais te rappeler ?

- Hm, sincèrement ? Oui. Pendant un instant, j'y ai cru, haussa-t-il des épaules.

L'avocat frappa les jambes de Peter pour les faire quitter son bureau et s'y assit, fronçant les sourcils et croisant les bras sur son torse. Peter sourit un peu plus doucement en l'observant.

- Hier, j'avais dans l'optique de te donner un petit coup de téléphone, pour raviver de bons souvenirs, vois-tu.

Son regard passa sur une photo qui traînait sur le bureau de celui qui avait été son amant pendant une nuit plusieurs mois auparavant, une photo représentant Christopher et celle qui devait être sa femme, une femme rousse à l'air un peu sombre, alors que Chris et sa fille souriaient de toutes leurs dents, une petite de l'âge de Malia, aux cheveux bruns et au regard doux. Christopher avait l'air d'aimer profondément sa fille.

- Mais au final, je me suis dit que venir directement te voir ne pouvait être que bien plus intéressant, tu vois, sourit-il en reportant son attention sur Christopher.

Ce dernier fronça les sourcils et se retourna, apercevant la photo sur laquelle Peter avait porté son attention pendant un temps, et balança son bras en arrière pour rabattre le cadre photo sur le bureau.

- Bien, marmonna-t-il.

Peter haussa un sourcil.

- Bien ? Quoi, c'est tout ? Pas de cri, pas de grognement, pas de ... Je ne sais pas, de petite colère 'kinky' où tu me plaques contre un mur ? Susurra Peter.

Chris le fusilla de nouveau du regard.

- Autre question, dévia-t-il la conversation. Comment tu as fais pour entrer, ici ?

Peter haussa les épaules et sourit de toutes ses dents.

- Hale... Gronda Argent.

- C'est bon, c'est bon, s'amusa l'informaticien en levant les mains devant lui. J'ai un petit quelque chose avec les... serrures. Portes, menottes, aucune ne me résiste.

- Et comment tu es passé par delà Alice ?

Peter cligna des yeux.

- Alice ?

- Ma secrétaire, soupira Argent.

- Oh ! J'ai attendu qu'elle aille se chercher un café.

L'avocat roula des yeux et se passa une main sur son visage. Toute sa stature se détendit imperceptiblement et il soupira en observant Peter derrière ses doigts.

- Qu'est-ce que tu fais là, murmura-t-il enfin, comme abandonnant le combat.

Peter fronça les sourcils. Alors oui, peut-être que l'informaticien était chiant, casse-couille même, envahissant et tout ce qui s'en suit ; mais ce n'était pas normal que Christopher abandonne aussi vite.

Prit d'une drôle d'impression, quelque chose qui ne lui arrivait jamais - mais il adorait faire chier Chris, et il fallait rappeler que mine de rien, la petite crevette lui avait manqué un max - il sauta sur ses pieds. Son mouvement brusque arracha un sursaut à l'avocat, qui posa sur lui un regard un peu perdu, ce qui renforça Peter dans son idée que quelque chose n'allait pas.

- Il est treize heures, tu avais des papiers en mains, et ta pochette est à côté de ton bureau, tu n'as pas encore déjeuné. Alors tu viens avec moi, s'exclama-t-il en agrippant le poignet de l'avocat.

- Quoi ?!

Peter le tira à sa suite et Chris se débattit un peu.

- Non mais, quoi ?! Cracha-t-il en réussissant à lui reprendre son bras.

- Allez, c'est moi qui invite ! Sourit Peter en se tournant vers lui.

Christopher grimaça et le PDG haussa un sourcil.

- Tu vas vraiment dire non à de la bouffe gratuite ?

Le visage de l'avocat se tordit alors qu'il se battait visiblement avec ses idées, avant qu'il ne se retourne pour prendre sa veste sur son porte manteau.

- Fais gaffe, Hale. Je vais te faire raquer, le prévint-il.

- Cela ne m'étonnerait même pas de toi, ronronna presque Peter en se léchant les lèvres.

.

Et Peter avait raison. Meilleur vin, repas fin et délicat qui était délicieux en bouche, mais qui ne remplissait pas trop l'estomac, petite harpe en fond, dresscode à l'équivalent d'une paye annuel du péquin lambda... Il ne manquait plus que les chandelles, et Peter se serait presque cru à une date tout ce qu'il y a de plus... banale. Mais Peter détestait le banal - et Christopher le savait, au vu de son regard vicieux et supérieur. Ce filou l'avait bien arnaqué. Pff, gamin.

- C'est toi qui ose dire ça ?

L'informaticien cligna des yeux et sortit de ses pensées, réalisant qu'il avait parlé tout haut. Il fixa son vis-à-vis avec une moue.

- Quoi ? Marmonna-t-il.

- C'est toi qui voulais jouer, lui rappela Chris en portant son verre de vin à ses lèvres.

Peter l'observa faire avec un petit frisson de plaisir remontant le long de sa nuque. Hm.

- J'ai à peine commencé, s'amusa-t-il en haussant un sourcil.

Un silence chargé de 'quelque chose' s'installa entre eux, ce même silence qui portait les fameuses chandelles depuis le début du repas. Yeux dans les yeux, ils terminèrent de déjeuner alors que ce quelque chose pesait entre eux. Peter eut un sourire.

- Alors, petit Chris...

En face de lui, l'avocat ferma les yeux et soupira, son corps se crispant alors qu'il devait sans aucun doute se remémorer les joyeux souvenirs de lycée, quand ce sobriquet précédait une bonne trempe de la part de Peter.

- Dis-moi donc pourquoi tu ne m'as pas rappelé, s'enquit l'informaticien avec un petit sourire libidineux.

Chris l'observa par dessus la serviette qu'il utilisait pour s'essuyer les lèvres.

- Ça te chiffonne vraiment, cette histoire, déclara doucement l'avocat en se redressant, posant ses coudes sur la table.

Peter haussa un sourcil et se redressa à son tour. Il observa Chris poser son menton sur ses mains jointe et le fixer, le regard pétillant de malice.

- Tu n'as vraiment pas l'habitude qu'on ne fasse pas ce que tu veux, n'est-ce pas ? Murmura doucement l'avocat en souriant d'un air de petit chat malicieux.

L'informaticien se pencha vers lui, mi-amusé, mi-sérieux.

- On peut dire ça, oui, répondit-il en haussant un sourcil.

Le regard de l'avocat brilla un peu plus et Peter sourit.

- Quoi ? Ne me dis pas que tu n'en as pas eut envie.

- Sache, Hale, que j'ai jeté ta carte depuis que j'ai quitté le Citizen hôtel, de retour à Sacramento, susurra Chris.

Le PDG ouvrit la bouche, outré.

- Vraiment ?!

- Surprit, Hale ?

- On peut dire ça, oui !

Peter se laissa aller dans son siège.

- C'est d'une tristesse, fit-il la moue en observant autour de lui le restaurant.

Chris souffla un rire et Peter lui lança un regard noir.

- Je suis déçu, mais peut-être pas vraiment surprit, après tout, soupira le PDG en pliant sa serviette pour la poser à côté de son assiette. Dommage.

Il se leva et reboutonna sa veste de costard. Christopher cligna des yeux et se redressa en l'observant faire.

- Quoi ? C'est tout ?

Peter sourit et haussa les épaules.

- Tu n'as plus l'air déprimé et tu ne veux plus me laisser accéder à ton corps. Je t'ai payé un dîner pour tes simples beaux yeux, et j'avoue que c'est un peu triste, se lamenta-t-il.

Il le salua avec un signe de tête et alla payer le repas, le tout sous le regard perdu de l'avocat qu'il sentait sur sa nuque.

Peter pensait quitter le restaurant comme ça, abandonnant Christopher à son sort, mais ce dernier le rattrapa sur le parvis de l'établissement.

- Quoi ? C'est tout ? S'étonna Christopher. Tu ne force pas ? Pas de sous entendus graveleux ? Pas de... De...

- En dépits de ce que tu as l'air de penser et de ce dont l'autre greluche a pu m'accuser il y a quelques mois, je ne 'force' pas, renifla dédaigneusement Peter en resserrant son écharpe autour de son cou.

Le rire que Chris lâcha fit sourire Peter, qui lui lança un rapide regard.

- Je ne pense pas à ce genre de choses.

L'informaticien senti ses lèvres s'étirer dans un sourire concupiscent.

- Non, c'est vrai que c'est loin d'être mon genre, s'amusa-t-il.

Il glissa ses mains dans ses poches et commença à partir, s'arrêtant le temps d'un instant auprès de l'avocat.

- C'est plutôt le tiens, non ? Susurra-t-il en se penchant vers lui.

Il vit clairement le frisson de Chris, qui se crispa et resta totalement immobile.

- Tu sais, pousser une pauvre petite victime contre un mur, l'embrasser de force, le jeter sur un lit et prendre son innocence... Tututut, ça ne te dis rien ?

- Et dans ce joli petit fantasme, c'est toi la victime et l'innocent ? Fais-moi rire, répondit Chris aussi bas, d'une voix tendue et presque tremblante.

Peter frissonna et s'écarta assez pour observer le visage de son ancien amant, ses pupilles dilatées à l'extrême.

- Touché, sourit-il d'un air complice.

Assez près pour sentir la chaleur qui se dégageait l'un de l'autre, Peter réprima l'envie de l'amener dans le premier hôtel du coin histoire d'écrire un remake de cette soirée plutôt génial, mais eh. On a pas tout ce qu'on veut dans la vie. Peter soupira et tapota le torse de Christopher.

- Eh bien, au plaisir de ne jamais plus se revoir dans de telles conditions, conclut-il.

Il l'observa une dernière fois avant de passer à côté de lui et commença à s'éloigner, les mains dans les poches.

- Enfin ! S'exclama-t-il en se retournant.

Chris était toujours devant le restaurant, penché sur son téléphone. L'avocat se retourna vers lui, surprit par son coup d'éclat. Peter lui sourit de toutes ses dents et joua des sourcils.

- Si tu changes d'avis, mon numéro est sur ton bureau. Des post-it traînaient, tu n'arrivais pas, il fallait bien que je m'occupe, s'amusa-t-il en haussant les épaules.

Le visage de Chris se détendit d'une agréable surprise non feinte et Peter marqua un point dans son tableau mental.

- Ne prend pas trop tes rêves pour une réalité, Hale.

- Allez, tu ne demandes que ça, répondit Peter en écartant les bras, marchant à reculons. Tu sais quoi faire, Argent !

Et Peter se mit à siffloter en rejoignant son bureau, mine de rien bien content de ce qui s'était passé aujourd'hui.

.*.

Peter sentit ses muscles se contracter alors que la morsure à son épaule lui arrachait un gémissement guttural et les mouvements dans son dos, de plus en plus saccadés, presque douloureux, combinés aux gémissements de son amant tout contre son oreille lui envoyèrent des spasmes de plaisir dans son bas-ventre douloureux. Ses mains étaient immobilisées au dessus de sa tête, et il ne pouvait pas atteindre son érection douloureusement enveloppée de sa cravate et la frustration et le plaisir se battaient en lui au point de le rendre fou.

L'homme gémit douloureusement en laissant son torse tomber contre le matelas, creusant son dos alors que ses genoux tremblaient, cherchant un moyen de friction pour son érection lancinante. Mais son amant rit plutôt, l'empêchant de s'étaler sur le matelas en enserrant fermement ses hanches, qu'il reste à genoux. Peter gémit de frustration et profita d'avoir les mains libres pour agripper sa chemise, faisant sauter un de ses boutons pour pincer un de ses tétons dur et gratter ses ongles sur son ventre dans l'optique d'aller se toucher, mais le poids soudain sur son dos lui coupa le souffle. Une main empoigna ses cheveux et appuya son visage contre son matelas.

- Non, non, non, Peter, lui susurra une voix rauque à son oreille.

Ses dents agrippèrent son oreille et Peter mordit l'oreiller pour s'éviter de crier, les yeux clos sous le plaisir qui le submergeait.

- Tu ne te touche pas, lui ordonna-t-il. Pas une touche, rien du tout, mon cher.

Ses hanches claquaient fortement les siennes, rudement, avant de tressauter et Peter sentit une chaleur tapisser ses parois, sauf qu'il ne pouvait rien faire, si ce n'était que quémander un peu d'attention ; mais bien obéissant, les mains agrippant les draps autour de sa tête.

Mais ses genoux le lâchèrent sous la fatigue, frustration, plaisir/douleur, et il s'écroula sur le matelas, un désagréable gémissement à la limite du cri déchira sa gorge alors que son érection se retrouvait compressée entre son corps et son matelas. Il sentit à peine la main fraîche qui caressa l'arrière de sa cuisse jusqu'à remonter jusqu'à son trou pour le presser lentement, glissant à côté de l'érection toujours plantée en lui. Puis la main passa entre ses jambes et un doigt s'enroula autour de sa cravate.

Peter rouvrit brusquement les yeux et poussa cri quand la cravate fut tirée en arrière, serrant un peu plus la base de son membre douloureux et pressant beaucoup trop ses testicules. Tout son corps fut secoué d'un spasme, une bulle de douleur éclata dans son ventre et se mêla à son plaisir, les deux se mélangèrent alors furieusement et Peter perdit totalement la tête.

Il gémit, même cria peut-être, ses hanches bougeaient furieusement, quémandant une délivrance qui lui était refusée - et ses mouvements enfonçait toujours un peu plus le membre dans son fondement, et son érection douloureuse, et sa respiration erratique, et sa vision piquée de blanc, et... et...

Il fut brusquement retourné sur le dos et il sentit un peu de sperme couler hors de lui. Il frémit de plaisir, la bouche entrouverte alors que son érection brûlante et palpitante était caressée par une brise légère, fraîche. La cravate était un objet de torture assez pernicieux et sa voix lui fit défaut quand le bout de son érection se retrouva dans une cavité humide, la cravate étant retirée très lentement, remplacée par une large main qui le serra tout aussi fermement. Et quand son membre fut libéré et que son gland butta le fond d'une gorge, la jouissance le faucha comme un train lancé à pleine vitesse.

.

Le cœur battant douloureusement dans sa poitrine, Peter resta un temps interminable vautré entre les draps, tout le corps tremblant et douloureux, des étoiles dansants sur l'écran que formait ses paupières. Ses poumons le brûlaient alors qu'il cherchait à reprendre son souffle, le cerveau dans du coton qui fut peu à peu percé par quelques bruits autour de lui. Gémissant, totalement épuisé, il rouvrit un œil et leva le bras pour attraper le bras de son amant et l'attirer à lui pour lui voler un baiser.

- Tu es un monstre, Chris, réussit-il à souffler d'une voix rauque.

Au dessus de lui, l'avocat sourit doucement avant d'embrasser son menton et se laissa tomber à côté de lui, soupirant profondément.

Les deux hommes reprirent leur souffle difficilement, puis Peter bougea un peu les jambes pour reprendre contact avec elles. Ses pauvres membres étaient dans un tel état...

- Là, on peut vraiment dire que tu m'as brisé les pattes arrières, explosa-t-il de rire en peinant à bouger.

Sa chemise collait à son torse, et sa veste habillée lui tenait beaucoup trop chaud, alors que tout le bas de son corps était nu. Le contraste entre les deux avait quelque chose de... d'excitant. Mais il était beaucoup trop fatigué pour un nouveau round.

- Oh pitié, Peter, soupira Chris à côté de lui.

L'informaticien tourna le visage vers lui, un sourire sur les lèvres et son regard passa sur ses habits froissés. Ce saligot était toujours habillé, il avait même prit le temps de s'arranger un peu avant de se laisser tomber là, à côté de Peter. L'informaticien, totalement débraillé, se redressa, appuyé en arrière sur ses bras pour reprendre contact avec le monde réel tandis que sa tête tournait un peu à cause du manque d'oxygène.

Il fronça les sourcils en observant la silhouette de son amant crispée sur le lit.

- Tu es l'homme le plus tendu après un orgasme que je connaisse, marmonna-t-il avant de soupirer.

Christopher Argent leva une main et se frotta le visage avant de jeter un coup d'œil vers lui.

- Il faut qu'on arrête, Peter.

Ce dernier cligna des yeux et se redressa pour se glisser dans la salle de bain et se nettoyer. Puis il partit à la recherche de ses habits.

- Tu es en train de me dire que depuis le début, tu as un cas de conscience ? Je te rappelle que tu es celui qui me rappelle à chaque fois, Chris.

- Tu es celui qui a insisté pour me laisser ton numéro.

Peter remonta son pantalon sur le long de ses jambes et haussa un sourcil dans sa direction.

- Duh. J'ai à peine insisté ! Si tu avais jeté mon numéro la deuxième fois, je n'aurais peut-être pas insisté une troisième fois.

Chris se redressa sur ses bras pour l'observer se battre avec sa ceinture, l'air exaspéré.

- Ah oui, vraiment ? Railla-t-il d'une voix froide et sceptique.

Peter boucla sa ceinture et commença à partir à la recherche des trois boutons de sa chemise qu'il s'était arraché plus tôt.

- Bon, peut-être pas. J'aurais sûrement passé un mois complet à te suivre jusqu'à chez toi pour te faire chier et faire chier ta femme et- Oh !

Il se redressa et se tourna vers Chris, les bras croisés sur son torse.

- Ça tourne autour de ta femme, c'est ça ?

Christopher soupira et secoua la tête en détournant le regard.

- En partie.

- Eh bien, six mois, et tu ne te réveilles que maintenant, incroyable, railla Peter.

Il avait bien espéré, pendant une bonne partie de cette liaison étrange - c'était vraiment une liaison, parce que Peter voyait Chris bien plus souvent que tous les autres hommes avec qui il avait des rapports réguliers - que Chris ne soit pas rattrapé par un cas de conscience d'adultère... Et ça avait été le cas, pendant un peu plus de six mois.

Sauf que maintenant...

Christopher soupira et secoua la tête.

- Tout le monde n'a pas une femme aussi ouverte et compréhensive que la tienne.

- Non, c'est sûr, la mienne se tape mon avocat, ricana Peter en glissant deux de ces boutons dans sa poche.

Il grogna en baissant le visage vers son torse, pestant contre son empressement précédent, qui avait détruit sa si jolie chemise. C'était embêtant, il ne pouvait pas vraiment retourner comme ça à son bureau, avec son ventre à l'air. Humphr. Quoiqu'en fermant minutieusement sa veste, on ne voyait rien du tout. Christopher soupira, reportant l'attention de Peter sur lui.

- Quoi ?

- C'est toujours étrange pour moi, votre conception du mariage, sourit légèrement Christopher en s'arrangeant un peu.

Peine perdu, Peter n'y avait pas été de main morte, il y avait un magnifique suçon sur sa clavicule, avec quelques marques de morsure.

- Hm, et ça, ce n'est pas très discret, susurra-t-il en faisant un geste vers la marque.

Chris leva la main et caressa son cou, juste sur ladite marque. Il fronça les sourcils puis son visage devint soucieux. Il soupira et ferma les yeux, secouant la tête.

- Je vais encore en entendre parler pendant des jours... marmonna-t-il.

Peter s'humidifia les lèvres et l'observa, un sourcil haussé.

- Hm, encore ? Ah oui, vraiment ?

Chris resserra sa cravate en se mettant à son tour debout. Il lui lança un regard blasé.

- Aucun commentaire.

- Hm. Bien. Maintenant, je veux tout savoir, soupira Peter en roulant des yeux, un petit sourire au coin des lèvres.

Christopher sourit à son tour mais se cacha rapidement en se penchant pour récupérer sa veste.

- Mais tu ne sauras rien.

- Ah ah, tu me connais mieux que ça, mon petit Chris, s'amusa Peter en le regardant faire.

L'avocat grinça des dents et le fusilla du regard.

- Arrête de m'appeler comme ça, gronda-t-il.

Peter ne fit que sourire. Parce que depuis six mois, il avait reprit cet abominable sobriquet qui avait rendu fou ledit petit Chris durant leurs années lycée. Ça avait le don de l'énerver et le rendre plus... bestiale.

Peter jeta un regard rapide à sa montre et fit la moue.

- Bon eh bien, il faut que je file moi.

Chris renifla en constatant qu'il était lui aussi en retard - Pourquoi Peter avait retenu l'heure de la réunion de Chris, il n'en avait aucune idée. Pffeu, malaise. L'avocat plissa sa veste et passa une main dans ses cheveux pour retirer les quelques épis, puis commença à se diriger vers la porte mais s'arrêta à côté de Peter. L'informaticien s'humidifia les lèvres et sourit quand Chris suivit le mouvement du regard. Ils se rapprochèrent en même temps, Peter les mains dans les poches et Chris les bras croisés sur son torse, pour se mordre les lèvres dans un baiser qu'ils se refusaient à chaque fois, si ce n'était qu'au moment de se quitter.

- Je ne te dis pas à la prochaine alors ? Murmura Peter contre les lèvres de Chris.

Ce dernier lécha doucement sa lèvre inférieure puis s'écarta, reniflant dédaigneusement.

- On verra.

Et alors que Chris quittait la chambre d'hôtel sans un mot de plus, Peter ferma les yeux et rit mécaniquement.

D'ici deux semaines, Christopher Argent laissera un message sur son téléphone, encore.


REPONSES AUX REVIEWS :

Mikawaii-chan : Ne m'en parle pas xD Ils sont... Incroyables. Naaan, ils ne sont pas bizarres, juste peu conventionnels. J'espère que cette suite t'a plus :3 Plein de bisous !


Ne me demandez pas, ok ? J'ignore totalement d'où vient ce délire avec cette p***in de cravate. Je veux dire, ça n'a aucune... AUCUNE logique.

Quoique. Avec son kink de rapport de forte, un léger bondage n'est pas incohérent, mais... Mais vraiment. Je ne sais pas.

Alors oui, je dois le reconnaître, il y a énormement de sexe dans cette histoire, et peu de sentiments, si ce n'est avec Maureen. Mais... Enfin, on parle d'eux, déjà ; et ensuite... Enfin, regardez comment ils sont l'un avec l'autre u_u Il n'y aucun sentiment mis sur la table !

.

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pour le moment. Mouahahaha 8D

Enfin bref. Voilà. Va peut-être falloir que je me mette à écrire la suite... Et la fin.

Ouais. Je vais faire ça, tient.

Plein de bisous ! 'Win