Bien le bonsoir! Voici le dernier chapitre de la semaine. Il est un peu plus long que d'habitude (6 pages au lieu de 5, énorme!^^) mais ça ne se voit pas vraiment. La raison pour cela? Harold pousse une gueulante et je ne voulais absolument pas couper ce morceau ou attendre à lundi pour l'écrire. Donc, vous avez droit à un Harold qui pète un câble dans ce chapitre. J'espère que vous aimerez.

Merci beaucoup pour vos commentaires et votre soutien. Bon week-end et bonnes vacances aux personnes de la zone C. Bonne lecture!


Quand Harold entre dans la salle de communications le lendemain peu avant midi, il se fige dans l'embrasure de la porte. Ticmin et Tacshi, complètement affolés, s'agitent dans tous les sens tandis que des cris s'élèvent des radios et des récepteurs. En voyant le jeune garçon à l'entrée de la salle, les deux patrouilleurs se tournent vers lui brusquement.

- Odin soit loué, tu es là! s'écrie Ticmin. Je t'en supplie, appelle tes amis et reprenez vos postes!

- Ne nous laisse plus jamais en charge sans l'un de vous à nos côtés, enchérit Tacshi, presque au bord des larmes.

- Oulà, du calme, dit Harold en élevant la voix. Qu'est-ce qui se passe ici?

Une voix furieuse s'élève de l'une des radio mais comme le casque est branché, ce qu'elle dit est pratiquement inaudible. Sans perdre de temps, Harold s'empare du casque et laisse tomber ses béquilles au sol, s'asseyant.

- Ici Harold Haddock, j'écoute.

- Harold? Enfin quelqu'un qui comprend ce qu'on lui dit! Fils, tu as intérêt à retenir les noms des deux incapables qui vous ont remplacé, toi et Varek. Ils vont avoir droit à un entretien privé avec moi. Enfin, s'il reste quelque chose d'eux après leur entrevue avec le général.

- Je ne comprends rien du tout, papa. Je viens juste d'arriver. Tu veux bien expliquer?

- Ces deux idiots sont incapables de transmettre des ordres correctement. Ils ont causé un tel chaos que c'est pire que quand on affronte les Sharkgrifs! Par pitié, ne les laisse plus s'approcher des radios.

- Je verrais ça plus tard, une fois que j'aurais entendu leur version de l'histoire. Passons au plus urgent, tu as des ordres?

- Oui. Pour commencer, une annonce générale dans tous les abris : les Sharkgrifs se sont retirés de leur côté de la capitale, l'attaque actuelle est terminée.

- Vraiment?!

- Oui. La surface n'est pas encore sûre donc pour l'instant, interdiction de sortir des abris, du moins pour les civils. Des accès vont être donnés à certaines personnes, j'ai une liste. Tu as de quoi noter?

- Une minute.

Harold regarde autour de lui et attrape un crayon et un bloc de papier. Après en avoir informé son père, le jeune garçon écrit les noms et les corps de métier des personnes autorisées à quitter les abris.

- Je pense que ce sera tout pour le moment. Nous devons sécuriser la zone autour de l'entrée des abris avant de permettre aux civils de mettre le nez dehors. Et puis nous devons nettoyer un peu, aussi. Il y a pas mal de dégâts.

- Si tu veux, je peux faire demander des volontaires pour venir nettoyer. Comme ça, les patrouilleurs pourront se reposer.

- C'est une bonne idée, mais pas tout de suite.

- Pourquoi?

- Il serait préférable de récupérer les corps et les déposer dans un lieu à l'écart avant de laisser des civils les voir. Certains ne sont vraiment pas en bon état.

- Je vois, dit Harold d'une vois sourde. Co-quelles sont les pertes?

- Trop nombreuses à mon goût mais pas au-delà de ce que nous craignions. À ce propose, peux-tu faire envoyer des chariots et des nacelles? Nous en aurons besoin pour les corps des dragons.

- Bien sûr, je vais faire passer le message.

- Merci. J'ai encore quelques instructions avant de devoir retourner sur le terrain. Informe Gueulfor que son aide est requise en priorité. L'équipement a été lourdement endommagé et il y aura beaucoup de réparations à faire. Le...

Stoïck continue à parler et Harold note tout avec précision. Lorsque le Chef a terminé, il pose quelques questions à son fils sur l'état des réserves dans les abris.

- Papa, dit Harold d'un ton las, je ne sais pas où en sont les réserves. Nous n'avons pas eu le temps de faire d'inventaire depuis le début de l'attaque et il faudra un moment pour tout remettre en ordre. Je vais voir si je peux trouver des gens qui veulent bien s'en charger.

- Hum, d'accord. Tu as des nouvelles de ta mère?

- La dernière fois que je lui ai parlé, elle était sur le point de prendre une arme et de venir à la surface pour s'en prendre à ceux qui osent blesser des dragons. J'avais presque envie de la laisser faire, les Sharkgrifs n'auraient eu aucune chance.

- Je suis du même avis, ta mère est redoutable quand elle est en colère. Je l'ai appris à mes dépends. Je ne te raconte pas le nombre de fois où je me suis retrouver à dormir sur le canapé ou dans la chambre d'amis.

- Maman m'a raconté certaines anecdotes. Hilarantes.

- Bien sûr, pour toi, c'était amusant. Et toi, comment vas-tu?

- Ma tête ne me fait plus mal, même si j'ai parfois l'impression qu'elle pèse une tonne. Ma cheville, c'est une autre histoire. J'en viendrais presque à souhaiter ne plus avoir de pied. Mais bon, j'arrive au moins à me déplacer avec les béquilles, alors je ne vais pas me plaindre.

- Non, comparé à certains patrouilleurs, tu t'en tires très bien. Il y a un bon nombres de combattants qui ne pourront plus jamais se battre.

- En effet, je m'en tire à bon compte, reconnaît Harold avant d'hésiter. Papa?

- Oui?

- Tu n'es pas blessé?

- Quelques égratignures, deux ou trois brûlures bénignes. Rien de bien grave.

- Je suis rassuré, soupire Harold.

- Ne t'inquiète pas, fils, je n'ai pas l'intention de vous abandonner, toi ou ta mère. Je resterais à vos côtés le plus longtemps possible. Même quand tu ne pourras plus me voir en peinture!

- Je l'espère.

- Bon, assez de séquence émotion pour aujourd'hui. Tu as des ordres à transmettre, j'ai des hommes, des femmes et des dragons à aider.

- Oui. À plus tard.

Harold repose le casque et ferme les yeux en soupirant. Il s'accorde trente secondes de calme avant de s'emparer de ses béquilles et de se diriger vers la porte. Dans le couloir, les jeunes attendant patiemment, observant les allées et venues nerveuses de Ticmin et Tacshi.

- Tic et Tac, revenez dans la salle mais ne touchez à rien, dit Harold. Varek, retourne à ton poste s'il-te-plaît. Les autres, pareil : vous avez les mêmes ordres qu'hier.

- On va encore passer la journée à courir dans tous les sens, se plaint Rustik en se levant. Tu as le travail facile, toi, tu restes assis.

- Non, ce sera plus calme aujourd'hui, réplique Harold. Et puis ce sont les dragons qui courent, toi, tu te contentes de rester assis dans la selle.

- Pourquoi ce serait plus calme? s'enquiert Astrid.

- À cause du message très important que vous devez communiquer à tous les abris : l'attaque est terminée.

Des exclamations de surprise et de joie emplissent le couloir et Harold laisse quelques minutes à ses amis pour parler avant de cogner une des ses béquilles contre le mur pour attirer leur attention.

- Je suis sûr que les gens dans les abris seront aussi heureux que vous mais ils doivent encore être mis au courant. Vous pensez pouvoir vous mettre au travail rapidement?

- Oui!

Sans perdre de temps, les jeunes évacuent le couloir. Harold retourne dans la salle et reprend sa place devant la radio. Il écoute un moment mais comme aucune nouvelle communication n'arrive, il pose le casque pour se retourner vers les trois autres occupants de la salle.

- Varek, voici les ordres de mon père, dit Harold en tendant une feuille à son ami. Tu as entendu ce que j'ai dit aux autres?

- Oui, je dois avouer que c'est une très bonne nouvelle.

- En effet. Tu peux commencer à transmettre les ordres à chacun des messagers seul?

- Bien sûr, mais pourquoi? Tu vas quelque part? Oh, et où est Krokmou?

- Monsieur ne voulait pas se lever, il dort encore. Et non, je reste ici mais je dois comprendre ce qui s'est passé avant qu'on arrive.

- D'accord, je commence alors.

- Merci.

Le jeune garçon blond regarde la feuille un moment puis prend un crayon et commence à faire des notes tout en branchant son micro et son casque pour transmettre les ordres. Harold se détourne de son ami et reporte son attention sur Ticmin et Tacshi qui sont assis à une table vide, s'agitant nerveusement.

- Vous voulez bien m'expliquer, de façon claire, ce qui s'est passé depuis que nous vous avons laissé en charge hier soir?

- Euh, eh bien, commence Tacshi, tout allait très bien au départ. Le système que tu as bricolé est vraiment simple, alors on n'avait aucun problème pour nous en servir.

- Et les désignations étaient précises aussi, ajoute Ticmin, nous savions toujours à quelle personne il fallait envoyer tel ou tel ordre.

- Alors qu'est-ce qui s'est passé? interroge de nouveau Harold.

- Ah, tu vas rire, il y a eu une sorte d'incident, répond Ticmin.

- Un incident?

- Oui, quelque chose de vraiment pas intentionnel du tout, ajoute Tacshi.

- Je vois. Quel genre d'incident?

- Hum, il y a eu un moment où tout était calme, dit Ticmin. Du genre, vraiment très calme, aucune communication, rien.

- Du coup, on s'ennuyait un peu, continue Tacshi. Alors on a décidé de faire quelque chose pour nous distraire.

- Au départ, on faisait des pendus ou d'autres jeux dans ce genre, mais on s'est vite ennuyés, encore, reprend Ticmin.

- Alors on s'est dit qu'on pourrait fouiller dans les placards pour voir s'il y avait quelque chose d'intéressant.

- On a trouvé pas mal de trucs, mais le plus marrant, c'était le coupe papier électrique.

- On avait absolument rien à faire alors on a pris quelques feuilles et on s'en est servi, avec la machine.

- Sauf qu'on a pas fait très attention et on a aussi pris les feuilles où tu avais noté tous les codes.

- Et les désignations des secteurs.

- Avec le fréquences des radios pour les messagers.

- Bref, tout ce qui pouvait nous aider à transmettre les messages.

- Quand on s'en est rendu compte, on a essayé de recoller les feuilles, mais c'est à ce moment-là que de nouvelles communications sont arrivées. Du coup, on a essayé de tout faire de mémoire.

- Mais apparemment, on avait pas tout mémorisé, dit Tacshi en serrant les dents.

- Alors, euh, c'était un peu le chaos, finit Ticmin d'une toute petite voix.

Le silence règne dans la salle pendant une bonne minute. Même Varek cesse de transmettre les ordres pour regarder les deux patrouilleurs avec stupéfactions. Harold ferme les yeux et inspire profondément avant de souffler lentement.

- Vous êtes des patrouilleurs, n'est-ce pas?

- Oui! répondent les deux hommes.

- Et des experts en communication?

- Oui!

- Vraiment? Parce que là, j'avais l'impression d'entendre deux gamins de cinq ans qui ont fait une bêtise et qui, au lieu d'appeler un adulte pour venir les aider, ont préféré essayer de tout arranger seulement pour finir par empirer les choses. Vous êtes des adultes! Qu'est-ce qui vous est passé par la tête pour faire quelque chose d'aussi stupide?! Et quand vous vous en êtes aperçus, pourquoi n'avez pas la chose intelligente qui est de nous appeler?! Certes, j'aurais certainement été prêt à vous tuer, surtout à cause de mon manque de sommeil, mais ça aurait évité le chaos absolu que vous avez semé! Vous vous rendez compte à quel point votre conduite puérile et irresponsable aurait pu avoir de graves conséquences? Nous ne sommes pas ceux qui combattent, mais nous sommes leur soutient, ceux qui essaient de faciliter les choses pour que les combattants n'aient pas à se casser la tête ou à diviser leur attention. Vous auriez pu causer des morts! Qui sait si votre négligence n'est pas responsable des morts ou des blessures de certains de vos collègues?!

- Je..., commence Ticmin.

- Je n'ai pas fini!

- Pardon!

- Et vous dites que vous êtes des experts en communication?! Vous l'avez trouvé où, votre diplôme? Dans un œuf de dragon? Un expert en communication doit être capable de mémoriser des codes presque immédiatement afin d'assurer des transmissions fluides et ininterrompues. Même si vous n'étiez pas tombé en enfance pour jouer à faire des confettis, vous auriez dû être capables de vous rappeler de tous les codes et autres pour faire votre travail?! Quelle sorte d'expert en communication ne sait pas retenir quelques chiffres?! Si je voulais des experts en démolition, j'aurais laissé les jumeaux en charge des communications, ça aurait été encore plus efficace! J'ai pleinement l'intention de dénoncer votre incompétence, nous ne sommes pas dans une situation où nous pouvons nous permettre d'avoir des gamins qui jouent avec des radios! Varek!

- Oui! s'exclame le jeune garçon blond avec surprise et un peu de peur.

- Oups, désolé. Tu peux emmener ces deux-là au patrouilleur de garde à l'entrée de l'abri et lui dire que ce sont ses assistants jusqu'à nouvel ordre? Et surtout, qu'il les fasse travailler.

- Bien sûr, tout de suite!

Varek quitte son siège et sort de la salle avec précipitation. Ticmin et Tacshi se lèvent à leur tour pour le suivre mais Harold les retient quelques instants.

- Hé, les écureuils : je ne veux plus vous voir à proximité d'un poste de radio, quel qu'il soit, c'est compris?

- Oui!

- Parfait. Disparaissez.

Les deux patrouilleurs ne se le font pas dire deux fois et s'enfuient en courant. Resté seul, Harold soupire et s'affale dans sa chaise.

- Jenny a raison, il y a des avantages à avoir un peu d'autorité...


Oh non! Harold prend conscience qu'il peut hurler sur les gens sans se sentir coupable et il va y prendre goût! Il va finir par conquérir le monde!