Merci à Evlan, Elia41, Ysa666, Lunastrelle, Emokami et Avana pour leurs reviews ! Bonne lecture.

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix. Ariale et les terriens sont nés de mon imagination.


Chapitre 52 :

De supers nageurs… ou chanteurs ?

Ariale s'éveilla au son des voix des enfants dans les couloirs du bar.

Deux jours s'étaient écoulés depuis qu'elle avait raconté son histoire à Reeve, Tifa, Cloud et Nanaki. Ils l'avaient plutôt bien pris. Reeve et Nanaki avaient été les plus convaincus. Tifa aussi, mais Cloud semblait méfiant vis-à-vis d'elle, puisqu'elle avait passé beaucoup de temps avec Sephiroth et les Incarnés, malgré le fait qu'elle ait parlé d'Aéris et Zack qui les avaient aidés dans leur quête des esprits.

Reeve avait dit que puisque la jeune fille avait récupéré le dernier des quatre esprits, il suffisait de trouver ce fameux vortex qu'utilisait la Shinra pour amener des Terriens ici et alors, elle pourrait utiliser son pouvoir pour le détruire.

Mais Ariale devait rester en sécurité au bar, le reste de l'équipe s'occuperait de trouver le vortex.

Voilà pourquoi depuis plus de deux jours, la jeune fille restait au bar. Même si elle appréciait le fait de rester ici, en sécurité et de reprendre des forces, elle n'aimait pas le fait d'être inactive. Et ses amis, où étaient-ils ? Toujours à Providence, ou bien la cherchaient-ils ?

Un autre sujet la perturbait : elle continuait d'avoir mal au ventre par moment. Elle n'avait plus beaucoup d'appétit, en plus. Tifa avait fini par lui demander au bout d'une journée si elle voulait prendre le risque de se faire ausculter par un médecin, mais Ariale avait refusé. Plus jamais elle n'approcherait de scientifiques, elle avait eu sa dose au laboratoire !

Une fois habillée, Ariale descendit l'escalier jusqu'à la cuisine. Tifa lui souhaita bonjour puis lui donna un bol de céréales comme à Marlène et Denzel, déjà à table. Cait Sith lui fit un grand bonjour depuis le comptoir où il se tenait assis.

Ariale venait d'engloutir sa troisième bouchée quand Tifa appela Denzel, lui disant qu'un camarade de classe souhaitait lui parler au téléphone. Puis la barmaid sortit de la cuisine pour aller ouvrir le bar.

Denzel parla quelques instants à voix basse, puis poussa un grand : « QUOI ? Oh… En tous cas, merci de me l'avoir dit. À plus ! »

Puis le garçon raccrocha et s'approcha de la table où Marlène s'amusait à essayer de faire manger des céréales à Cait Sith.

« Devine ce que Nathalie apportera en classe pour la journée Les animaux & nous ? »

Marlène haussa des épaules.

« Un bébé chocobo noir dressé pour danser ! »

« Waouh ! » dit Cait Sith.

« Ça, c'est encore un coup de son riche papa ! » dit Marlène, l'air aussi déçu que Denzel.

« Il va venir déguisé en bébé Chocobo ? Peuh, ça ne trompera personne ! » dit Cait Sith.

« Mais non, ce que je veux dire, c'est qu'il lui a payé cet oiseau ! Il lui décrocherait la Lune si elle le voulait. Oh, tout ça, c'est de la triche ! » dit le garçon avec l'air boudeur et les bras croisés.

Ariale le regarda avec tristesse. Depuis son arrivée au bar, les deux enfants s'étaient révélés de sympathiques amis, ils l'avaient aidée à occuper ses journées en leur racontant quelques-unes de ses aventures et eux, en échange, lui avaient raconté des anecdotes de leur vie sur cette planète.

Aussi prit-elle la parole : « Oh, mais faites pas cette tête ! Vous amenez des poissons rouges, vous ! C'est mieux que d'y aller bredouille ».

Elle pointa du doigt l'aquarium qui trônait sur le buffet au fond de la salle.

« Mouais, tu parles ! Tout ce que font ces stupides poissons, c'est nager en te regardant d'un œil de merlan frit ! » dit Marlène.

« Oh ! Mais la voilà, l'idée ! Oui, c'est du pur génie ! » fit Denzel.

« Comment ça ? » demanda Ariale.

« Si elle triche, on a aussi le droit de tricher ! Ariale, tu pourrais pas nous aider avec tes pouvoirs ? »

« Euh… Je sais pas trop… Vous voulez quoi, au juste ? » demanda la jeune fille, méfiante.

« Je voudrais que nos poissons deviennent des nageurs hors-pairs ! Qu'ils évoluent comme des dauphins, qu'ils sautent et fassent de super figures ! » dit Denzel en posant l'aquarium sur la table avec l'air surexcité.

Ariale fit la grimace. Les parents des deux enfants n'approuveraient peut-être pas ça !

« Allez, fais-le, s'il te plaît ! » supplia Denzel avec les mains jointes.

« Euh, j'ai jamais essayé de faire ça, avant… » dit Ariale.

« Essaie, allez ! »

Bon… si ça leur fait plaisir, après tout…

Elle ferma les yeux, essayant de trouver l'esprit de l'eau en elle. Celui-ci lui répondit. Ariale ouvrit les yeux puis tendit la main vers l'aquarium. Une douce lumière bleue jaillit de ses doigts et frappa les trois poissons.

Denzel, Marlène, Cait Sith et Ariale se penchèrent alors vers l'aquarium.

« On vous regarde ! À vous de jouer, les gars, vous êtes nos vedettes ! » dit Denzel.

Mais rien ne se passa. Cait Sith joignit le pouce et l'index pour former un anneau au-dessus de l'eau et dit : « Allez, hop ! On saute, les copains ! »

Mais les trois poissons rouges restèrent bêtement immobiles au fond de l'eau.

« Et zut ! T'as raté ton coup », dit Denzel.

Ariale n'y comprit rien. Pourquoi ça ne donnait absolument rien ? D'habitude, il se passait toujours quelque chose, quand elle utilisait ses pouvoirs !

Juste à ce moment, Tifa entra dans la salle.

« Allez, les enfants, c'est l'heure pour vous d'aller à l'école », dit-elle en leur tendant leurs sacs.

« Bon… À ce soir, Ariale », dit Marlène.

Denzel la salua d'un vague geste de la main, encore trop déçu par l'échec de la jeune fille pour se montrer aussi chaleureux que Marlène.

Tous deux quittèrent la cuisine.

« Un problème avec l'aquarium ? » demanda Tifa.

« Euh, non, je… rien, c'est rien », dit Ariale.

« Bon. Et ton ventre, tu n'as pas mal, ce matin ? »

« Non. Pour l'instant », soupira la jeune fille.

« Ah. Écoute, j'ai une proposition à te faire. Est-ce que tu connais le docteur Hankle ? »

« Euh, non. Mais Reeve m'en a parlé. C'est cette scientifique terrienne qui a le pouvoir d'endormir ou rendre les gens nerveux ? » (Cf. chapitre 40 Murmures et hurlements dans le vent).

« Oui, c'est elle. C'est quelqu'un de farfelu mais de gentil. Elle s'est proposée de t'examiner, si jamais tu continues de te sentir mal. »

« Non, je regrette, mais je n'ai pas besoin de médecin, terrien ou non », dit Ariale en se dirigeant vers l'évier pour nettoyer son assiette.

« Ariale, on s'inquiète pour toi. Tu continues de te sentir mal, tu es très pâle et en plus… »

Tifa ne put terminer sa phrase car soudain, Ariale gémit puis se pencha vers l'évier pour vomir. La jeune fille mit un moment à rendre le contenu de son estomac. Elle vit que les céréales n'avaient pas tenu, et en plus, il y avait une inquiétante couleur grise. Elle la reconnut : c'était la même que celle du produit qu'on lui injectait dans les laboratoires par perfusion. Quelles horreurs lui avait-on infligées ?

« Bon, ça va, tu m'as convaincue », soupira la jeune fille.

« Bien. Je l'appelle, elle viendra ce soir, après le dîner », dit Tifa en sortant dehors pour prendre le téléphone sur le comptoir du bar.

Si je suis encore en vie d'ici là ! Pensa la jeune fille avec amertume.

Vers la fin de la journée, lorsque l'école d'Edge fut fermée, Denzel et Marlène rentrèrent au bar et allèrent dans la cuisine.

Ariale les y attendait, assise à table avec l'aquarium près d'elle.

« Vous vous souvenez ce que vous avez demandé pour vos poissons ? » demanda la jeune fille.

« Oui, on voulait que tu fasses d'eux des nageurs hors-pair. Pourquoi, y'a eu un problème ? » demanda Denzel en posant son sac par terre.

« Oh non, enfin… rien de bien grave. J'ai pas dû savoir traduire le mot nageur dans leur langage. C'est peut-être pas ce que vous espériez, mais… c'est pas non plus une catastrophe. Vous avez peut-être pas… une équipe de super-nageurs, mais vous pouvez vous vanter d'avoir un super trio… »

Ariale ne put terminer sa phrase car soudain, une voix de chanteur masculin grave résonna dans la cuisine et chanta : « La brasse, le papillon, le crawl, le dos crawlé ! »

Marlène et Denzel ouvrirent une bouche ronde de stupeur. Celui qui chantait, c'était l'un des trois poissons rouges ! Et les deux autres s'y mirent. Celui de gauche avait une voix de femme harmonieuse et l'autre, une voix d'homme moins grave, plus légère que le premier poisson.

« Quand il s'agit de nager,
On est tous très bons !
Mais y' a des choses
qu'on ne peut pas faire
Et ça nous rend malades !
Oui, comme conduire une grosse moto,
Et partir en balade
! »

« … un trio de chanteurs », acheva Ariale, avec un sourire gêné.

Denzel secoua la tête.

« Super ! T'es contente ? Grâce à toi, on se retrouve le bec dans l'eau ! Bon, comment on dit en langage poisson ''Mettez-la en sourdine'' ? Si Cloud entend ça, on… »

Juste à ce moment, la porte de la cuisine s'ouvrit et Cloud entra, l'air fatigué. C'était l'heure où il terminait ses livraisons !

« Qui est-ce qui chantait ? » demanda-t-il.

« Oh, gagné ! » gémit Marlène.

« Là, on est mal ! » dit Ariale.

Les deux enfants et la jeune fille se mirent devant l'aquarium pour le cacher de la vue de Cloud. Mais le poisson à la voix grave se remit à chanter.

Pris de court, Denzel ne put que mimer ses paroles avec ses lèvres en bougeant un peu de gauche à droite, avec l'air de danser.

« Quand les algues brillent,
Que les sirènes chantent,
On se sent heureux,
D'humeur frétillante !
Le refrain, maintenant :
Hobabelouhouhou!
Hobabelouhouhou!
Hobabelouhouhou… oui!
»

Cloud regarda Denzel avec un mélange de surprise et d'admiration.

« Waouh… C'est nouveau, ça ! »

« Oui, Denzel prend des cours de chant, il se débrouille pas mal. Il a décidé qu'il pourrait jouer avec moi dans le spectacle de l'école », dit Marlène.

« Ah ? Et le sujet, c'est quoi ? » demanda Cloud, très intéressé.

« Euh… Une histoire de… de sirènes ! » dit Marlène.

« Oui, de sirènes ! Je les ai inspirés pour les paroles », dit Ariale.

« Ah ? C'est bien. Mais, j'y pense ! Et si vous en chantiez un autre extrait, rien que pour moi ? » dit Cloud, tout content.

« Euh, mais, euh… Oui, juste un extrait, ça peut se faire ! Tu te lances, Denzel ? » demanda Ariale.

« Ben… Euh… » dit le garçon.

Juste à ce moment, le poisson femelle du trio se mit à chanter. Marlène ne put que mimer ses paroles avec ses lèvres :

« Les goujons sont saignants,
Et les saumons sont des princes,
Mais ce que je trouve trop craquant,
Moi, ce sont les requins !
Je sais que j'ai tort de choisir un poisson
Aussi carnassier…
Mais j'aime tant les eux troubles
Que toujours, je retombe dans leurs filets !
Dans leurs filets…
Ah ! Dans leurs filets !
»

Cloud écarquilla les yeux et regarda Marlène comme si des bois lui avaient poussé sur la tête.

« Oui, elle a aussi pris des cours ! C'est vrai, hein ? » dit Denzel.

« Oui ! » confirma Marlène.

« Ils vocalisent tous les deux comme des poissons dans un aquarium ! » dit Ariale avec un sourire gêné.

Soudain, le téléphone retentit.

« C'est pas dans ton bureau que ça sonne, Cloud ? » demanda Denzel.

« Si… On remet le concert… ce soir… après le dîner », dit Cloud en sortant de la cuisine sans lâcher des yeux les enfants et la jeune fille.

« Oui », dirent les trois malheureux amis.

Une fois seuls, ils regardèrent les poissons avec l'air dépité. Misère, comment allaient-ils se sortir de cette situation ?