L'union de Charline et James
Le grand jour était enfin arrivé et tout Netherfield était en ébullition. Les domestiques courraient depuis l'aube, alors que leurs maîtres et leurs invités se réveillaient à peine. Un ciel bleu sans nuage augurait un temps clément et cela rendit l'atmosphère un peu moins tendue.
Felicity qui s'était levée tôt, fut prête parmi les premières et vint prendre des nouvelles de la future mariée. Dans la chambre de Charline régnait une cacophonie familiale attendrissante dont Felicity n'était pas accoutumée. La mère de la mariée ordonnait aux femmes de chambres des ordres que finalement elle décidait d'exécuter elle-même. La plus jeune sœur de Charline écarquillait les yeux de voir son aînée se transformer sous ses yeux en véritable princesse et ressentait pour elle encore plus d'admiration. Sa mimique fit sourire Miss Darcy qui ne connaissait pas cette relation que pouvait avoir deux sœurs. Miss Darcy ne voulut pas interrompre plus longtemps ce moment d'intimité et s'éclipsa discrètement à la recherche de sa cousine.
Elle trouva cette dernière qui essayait en vain de calmer son impatience en regardant par une fenêtre. Elle était vêtue d'une très jolie robe verte grenat qui faisait ressortir la chaleur de ses cheveux montés en chignon, duquel ressortait quelques mèches ondulées. Jamais Felicity n'avait trouvé Helen si joliment mise en valeur. Ce n'était plus la gamine farouche et sauvage qui taquinait son cousin, racontait des histoires à sa cousine et faisait tourner en bourriques tous les adultes de la famille. A ce souvenir d'enfance, Felicity se mit à sourire.
- À quoi pensez-vous Felicity ? Ou plutôt devrais-je dire à qui? Taquina la rouquine qui s'était retournée.
- A vous figurez-vous !
- Et cela vous faisais sourire? Voilà qui n'est pas très charitable, plaisanta Helen.
- Avez-vous bien dormi?
- Ma foi pas assez.
- Vous êtes magnifique Helen, et je ne serais pas la seule à le remarquer.
- Que voulez-vous dire?
Felicity se tourna complètement vers sa cousine et la regarda dans les yeux.
- Voilà des mois que je ne vous ai plus vu autant sourire et cela coïncide avec notre venue dans le Herfordshire.
- Est-ce donc si évident? Fit Helen en rougissant légèrement.
- Je vous connais Helen et ne soyez pas si anxieuse. Mr Lucas est un homme sérieux et bienveillant, il est le meilleur ami d'Elliot qui n'en dit que du bien.
- Elliot? Vous en êtes à l'appeler par son prénom? Vous me surprenez de jour en jour chère cousine!
- Arrêtons de nous taquiner, c'est le mariage de Charline aujourd'hui et souhaitons-lui tout le bonheur qu'elle mérite.
Malgré le peu de temps qu'eut Charline et sa famille, entre l'annonce et la date du mariage, pour tout préparer, tout était parfait.
La suite de calèches avaient dû mal à se frayer un chemin dans les ruelles de Meryton jusqu'à l'église tant les badauds se pressaient pour découvrir les futurs mariés et leurs honorables convives.
Sur le perron, attendait le pasteur, certains invités curieux et Elliot impatient.
Charline était resplendissante dans sa robre crème, sa couronne de fleurs d'oranger dans les cheveux d'où débordait une cascades de boucles blondes. Sa mère versa une larme en l'embrassant et son père lui prit fièrement le bras. Les plus jeunes frères et sœurs tournaient autour avec animation.
Sortirent alors d'un second attelage, Lady Helen et Felicity, suivies de George et Andrew qui escortèrent leurs cousines. Un troisième véhicule amena prudemment les deux frères Bingley et la jeune accouchée.
Elliot n'avait d'yeux que pour sa dulcinée qui avait revêtu une superbe robe bleue aux épaules légèrement dégagées. Ses cheveux châtains étaient remontés en chignon, et parsemés de petites perles discrètes. À son cou, l'unique perle de sa mère maintenu par un ruban assorti.
Lorsqu'elle vit Elliot, elle ne pu contenir un sourire et le salua d'une rapide révérence qu'il salua à son tour. Il fila ensuite à l'intérieur de l'église pour rassurer son frère et l'assemblée de l'arrivée de la mariée. On vit alors entrer de joyeux petits enfants de d'honneur, la jolie fiancée au bras de son père, suivie de la suite: La mère Bingley au bras de Carl, la jeune Mrs Bingley au bras de son mari, Helen à celui de George et Felicity à celui d'Andrew.
La cérémonie fut à l'image des mariés, belle, joyeuse, sincère et sans faste excédentaire. Felicity avait du mal de ne pas fixer Elliot qui se tenait derrière le marié, en sa qualité de témoin de celui-ci. Elle trouvait que sa tenue le mettait particulièrement bien en valeur et se surprenait à l'admirer bien plus que la bienséance ne le permettait.
Helen, elle, chercha discrètement du regard une autre personne dans l'assemblée qu'elle ne put voir tout de suite parce qu'il se tenait juste derrière elle. C'est lorsqu'elle remarqua que son châle avait glissé de sa chaise et qu'une main attentionnée l'avait ramassée qu'elle se retourna et le remercia non sans trouble.
A la sortie des jeunes mariés, des exclamations retentirent et on complimenta joyeusement la nouvelle Mrs Bennet pour sa beauté et James Bennet pour sa bonne fortune.
Le repas à Netherfield fut copieux et gourmand comme on pouvait s'attendre de la générosité des parents Bingley. La demeure n'avait pas connu autant de vie et de rire depuis des lustres et Mrs Bingley se prenait à rêver à d'autres événements joyeux qu'elle pourrait encore y organiser.
Après le repas, les jeunes mariés s'étaient changés, avaient enfilés leur tenue de voyage et commençait à faire leurs adieux. Lorsque les effusions de larmes et de joie se firent moins nombreuses, Felicity et Elliot s'approchèrent d'eux, un peu gênés. Il profitèrent d'un moment où le couple était enfin seul pour leur souhaiter bon voyage.
- James, Charline, nous avons de plus un aveu à vous faire avant de partir, commença Elliot.
James regarda Charline d'un air entendu.
- J'ai demandé la main à Miss Darcy hier et elle me l'a accordée. Charline mit sa main à sa bouche pour étouffer un cri de joie.
- Vous êtes les premiers à qui nous l'annonçons. Continua-t-il en jetant un regard souriant à sa secrète fiancée. James prit Elliot dans ses bras, visiblement ému. Charline fit de même avec Felicity,
- Vous ne pouviez pas nous faire de plus beau cadeau de mariage ! Fit sincèrement James.
- Ainsi donc nous deviendrons sœurs! Fit Charline à Felicity les yeux embuées de contentement.
Et c'est sur ces paroles chaleureuses qu'ils regardèrent partir la calèche qui emmenaient les mariés en voyage de noce en Ecosse.
