Bonsoir!
Ca fait très longtemps que je n'avais pas écrit d'introduction à mes chapitres tiens ^^. C'est surtout pour dire qu'en vérité, je ne suis pas très contente de mon dernier chapitre, je le trouve un peu bâclé. Par contre, celui-ci, je suis vraiment fière. Certes, il est plus court mais je me suis bien posée pour le faire et j'espère que ça va se ressentir. D'ailleurs, je pense faire comme ça pour les prochains chapitres: faire court mais faire bien et, qui sait, faire plus rapide (qu'on se l'avoue, il m'a pris 5 heures ce soir, je pense).
Je dois avouer que je ne suis pas capable d'écrire un chapitre sur plusieurs jours. Dès que j'ai une idée pour cette fiction, j'ai envie de l'écrire entièrement jusqu'à ce que je la sorte. De plus, j'ai envie d'écrire aussi sur d'autres choses, reprendre des fictions et en faire d'autres histoire de me changer les idées (bonjour la vie d'éternelle étudiante que je suis).
J'espère donc que ce chapitre vous plaira, des bisous!
« Le jour où j'aurai l'occasion d'en finir avec mon passé, est-ce que je serais capable de saisir l'opportunité ? »
C'est une question que je ne m'étais pas posée depuis bien deux ans. Une fois retournée dans mon Monde, une fois ma vie d'étudiante revenue, une fois que je pouvais me balader dans la rue sans me demander si un danger allait survenir de l'autre côté de la rue, je n'avais plus aucune raison de m'interroger à ce sujet.
Ce n'est qu'une fois dans cette fameuse situation que je regrette de ne pas y avoir songé plus tôt. Elle était enfin à ma merci, son corps souffrait, meurtrit par mon bras qui compressait sa trachée. Son visage rouge me fixait, paniquée, j'en viens à vouloir savoir ce qui se passe dans sa tête à cet instant. Elle ne se débat pas, elle n'en a pas la force – probablement de par son anorexie. La forte poussée d'adrénaline qui m'avait poussée à l'étrangler ne se décide pas à se dissiper. C'est comme si…comme si mon être tout entier attendait ce moment, ce moment où Laetitia mourrait une bonne fois pour toute.
Soudain, alors que je m'apprête à l'achever de mes propres mains, une force surhumaine me tire en arrière. Surprise, je ne parviens pas à contrer cette puissance et me détache du coup de Laetitia, dont le corps tombe lourdement sur le sol comme s'il s'agissait d'un simple poids.
Mon cœur bat durement dans mes oreilles, je suis également au sol, les mains appuyées sur mes tempes. Une légère douleur survient sur mon bras tant j'ai forcé dessus pour la tuer. Je lève difficilement le visage, ne comprenant rien à ce qui se passe. Mon regard tombe sur la silhouette d'Edward, debout à côté de moi, lorgnant la jeune blonde avec une expression que je n'arrive à déchiffrer.
- Pourquoi…je gémis, me rendant compte que des larmes me montent aux yeux.
L'alchimiste retourne son attention à mon égard, visiblement choqué. Pourquoi a-t-il l'air surpris ? Ne l'a-t-il pas fait par le passé ? Ne l'a-t-il pas tuée aussi ? Pourquoi m'a-t-il arrêté alors que tout pouvait se régler ici ?
- Rentre chez toi. Me dit-il d'un ton dur en secouant la tête.
Chez moi… ? Mes mains glissent de mes tempes pour couvrir mes oreilles. Je n'ai plus de chez moi ! Ces paroles refusent de sortir de ma bouche. La police m'attend chez moi, je n'ai nulle part où aller désormais. Elle m'a tout enlevée, une fois de plus.
- Non…laisse-moi la tuer. Je réponds en me redressant sur mes genoux, regardant Laetitia avec colère. On a l'occasion de la faire payer pour tout ce qu'elle a fait, finissons-en !
J'ai presque hurlé cette dernière phrase, raisonnant dans tout le couloir. J'implore des yeux Edward de me laisser terminer ce que j'ai commencé mais son expression ne se fait que plus dur envers moi. Sans un mot, il agrippe mon poignet et le tire vers le haut pour me relever sur mes pieds. Je tiens difficilement en équilibre et tremble de haine. Je suis prête à la tuer, laisse-moi !
- Rentre chez toi ! S'écrie-t-il en me poussant vers l'autre bout du couloir.
Une nouvelle poussée d'adrénaline monte dans mes veines, je refreine l'envie de faire demi-tour et de récupérer l'arme dans mon sac. Automatiquement, j'obéis et marche en direction de la porte, je l'ouvre sans vraiment m'en rendre compte. Personne. Il n'y a donc plus personne dans ce foutu bordel, personne pour entendre la vérité et lui foutre une balle dans le crâne ? Personne ! Je me sens parcourue par bons nombres d'émotions : colère, incompréhension, désarroi, détresse, tristesse.
Lorsque j'atteins l'accueil, je croise le regard de plusieurs étudiants, crédules de ce qui aurait pu se passer dans leur dos, à une cinquantaine de mètres d'eux.
Cet afflux de gens me rend mal à l'aise, je m'empresse de sortir de l'université, bousculant une ou deux personnes sur mon passage. Je suis trop préoccupée pour m'en excuser. Un vent puissant l'engouffre dans mes vêtements, il demeure cependant trop faible pour refroidir ma colère. Passant mes doigts engourdis sur mes joues, elles sont tellement chaudes comparées à la température extérieure…
Je m'engage dans la rue, puis m'arrête aussitôt. Où vais-je ? Les gendarmes m'attendent à mon immeuble, mes affaires sont sûrement sans dessus-dessous à l'heure qu'il est. Y a-t-il un endroit qui voudrait encore de moi ? Les mains le long du corps, je serre les poings en observant tout ce qui se trouve autour de moi. L'appartement d'Edward et Alphonse ? Non, même si j'ai envie d'en parler à Alphonse pour avoir des conseils, c'est peut-être un risque que je prends. Gracia ? Je ne ferais que la mettre en danger, puis peut-être Hughes y est-il en ce moment-même pour m'attendre.
Un long soupire traverse mes lèvres. Est-il temps de rendre mes armes ? Au final, plus j'y pense, moins je vois d'issue à cette situation. Je me demande bien ce qu'Edward a pu faire avec Laetitia, je ne crois pas qu'il lui pardonne ce qu'elle a fait. Un petit sourire las se dessine sur mon visage tandis que je reprends la route. Il y a un dernier endroit où je voudrais aller avant de me rendre.
Il doit être midi quand j'arrive à destination, je ne vois personne à l'horizon mais cette fois, ça n'a rien d'étonnant. Je me trouve au cimetière de Munich. La plupart des gens ne viennent ici qu'au printemps, lors de la fête des morts. J'enfonce mes mains gelées dans les poches de ma veste et pénètre dans cette nécropole.
Dans un premier temps, j'erre le long des tombes, baladant mes yeux de pierres en pierres, lisant à voix basse des noms qui n'évoquent rien en moi. Ensuite, je ralentis le pas et relève le menton pour avoir une vue d'ensemble sur toutes les stèles aux alentours. Je vais mettre un moment avant de trouver celle que je cherche. Après tout, n'ai-je pas tout mon temps ? Ce n'est pas comme si on m'attendait quelque part. « Van Hoheneim », ce nom m'oblige à m'arrêter devant elle.
- Alors, c'est ici que vous avez fini, professeur ? Je demande en souriant légèrement.
Cet homme, sans le savoir, nous avions pas mal de point commun, à commencer par les frères Elric. S'il était au courant pour cette histoire d'échange équivalent, pourquoi n'est-il pas venu à ma rencontre avant de mourir ? Mh…de mémoire, je ne devais pas non plus être très accueillante de ce côté-là. Je songe à ce que l'Officier Hughes m'a raconté sur lui, sur le fait qu'il soit mort le jour de la marche. Comme Alfons, il est mort pour permettre à Edward et Alphonse de se retrouver à Shamballa.
- Vos morts ont été en partie vaines, je chuchote en retirant mon attention de la stèle pour les suivantes.
Je poursuis ma balade dans les allées du cimetière. Il me faudra une dizaine de minutes avant de croiser le nom que je cherchais. Sentant une vive émotion me traverser brusquement, je me force à garder la tête froide et ferme les yeux. Je m'autorise un moment pour m'asseoir sur le sol mélangeant de la boue et de la neige. L'état de mes vêtements m'importe peu. Une fois l'émotion retombée, je lève mes paupières et fixe franchement la tombe.
« Alfons Heiderich »
- Ou comment tuer à petit feu ce qu'il reste d'humain sur cette Terre.
Je me trouve un peu bête sur le coup. Nous n'avons jamais réellement parlé, sauf cette fois-là, aux feux d'artifices. Pourtant, j'ai l'impression que nous nous serions bien entendus. Ce moment fut court mais assez significatif pour me remémorer la forme de son visage, ses cheveux blonds, tirant presque sur le blanc et ses yeux, bleus clairs, purs.
Cette sensation de regret me semble illusoire. Regretter de ne pas avoir pu connaitre quelqu'un, cela paraît stupide, pas vrai ? Je reste un moment, ainsi, à regarder sa tombe comme si, d'un moment à l'autre, il allait sortir de sa tombe et m'offrir son magnifique sourire.
Je jette un coup d'œil à ma montre, il s'est écoulé une heure depuis mon arrivée. Je ne peux pas rester éternellement ici. Je n'ai pas envie de rentrer, je veux attendre dans ce cimetière pour toujours. Qui m'en empêcherait de toute façon ? Inconsciente de ce que je fais, je me permets de me coucher sur le côté. Dormir à côté de tombes est sûrement très glauques. Pourtant, je ne me suis jamais sentie autant en sécurité.
Un blanc, un vide, une sensation familière mais pas nécessairement agréable, je suis de retour. Un énorme doute m'envahit. Les dernières fois, lorsque j'avais ce sentiment de vide, il était précédé par un élément déclencheur suivi d'une chaleur intenable, comparable à un malaise. Je me suis bien endormie dans de la neige, non ?
Soudain, une immense porte se dessine devant moi. Ah…j'en serais presque heureuse, ces symboles représentant Tout et Rien.
- La Vérité ? J'appelle en utilisant mes mains comme portevoix.
Je donnerais tout ce que j'ai pour qu'elle se manifeste…mais rien. Je m'avance vers la porte et dépose ma main dessus. Naïvement, je frappe trois coups. On ne sait jamais qu'elle s'ouvrirait en demandant poliment l'autorisation.
- Pourquoi m'as-tu appelée ? J'enchaine en tournant dos au portail.
Rien. Que du vide. Bon, il faut voir le côté positif, tant que je suis ici, je ne risque rien de plus que l'ennui.
Tout à coup, une idée me traverse l'esprit, je me précipite devant la porte et joins mes mains. Peut-être que l'alchimie est la solution à mon impasse !
Mais non.
Je soupire, vexée. Cette porte ne peut pas être là sans raison ! Elle doit forcément me transmettre un message pour m'aider à avancer. Je m'assois en tailleur, les jours entre les mains, plantée là comme une idiote.
- Ouvre-toi ! Abracadabra ? Je t'ordonne de t'ouvrir sur le champ ! Allez…si tu es gentille et que tu t'ouvres, je viendrai te lustrer tous les jours s'il le faut…
Si les murs ont des oreilles, les portes, elles, n'en ont pas. Toujours assise, je me mets à essayer différentes combinaisons, je frappe à plusieurs reprises dans mes mains, provoquant un écho presque irréel. Au fur et à mesure que mes mains se joignent, je m'apaise en détendant mes épaules, le dos droit et les pieds collés. Soudain, alors j'adopte une position de méditation parfaite, un son différent résonne. Mais, à la place de les poser sur la porte, une intuition me pousse à les déposer sur ma poitrine. A cet instant, je ne saurais décrire la sensation qui accapare tout mon être, celle de se dématérialiser, de sentir ses membres se désintégrer et disparaître sans douleur.
Doucement, je retrouve chacun des sensations du quotidien. Tout d'abord, le touché, de petits soubresauts attaquent mon corps, visiblement assis. Après vient l'odorat, une odeur de cuir mêlé à la cigarette, rien d'agréable en soit. Ensuite s'ajoute l'ouïe, une personne à ma droite tousse à plusieurs reprises, probablement un fumeur à en croire mon nez. On dirait que je me trouve dans un endroit clos. Mon goût n'a rien à jouer à cet instant. Enfin arrive la vue, j'ouvre mes yeux, encore embrumé de mon sommeil forcé.
Mon cœur s'emballe. Je suis bien loin du cimetière. Si j'étais claustrophobe, j'aurais sûrement fait un malaise. Mes doigts s'agrippent au cuir qui me sert de siège, les secousses proviennent de la route abîmée. Je me trouve dans une voiture, non, un fourgon ? En soit, c'est le même véhicule qui m'a amenée à la cérémonie nazie.
Je réprime péniblement l'envie de crier. L'homme à ma droite, recouvert d'une longue veste noire, est avachi à moitié endormi sur la banquette. Il ne m'inspire pas la moindre conscience. Un détail me frappe : entre nous se trouve mon sac à main. Je devine à sa forme qu'ils ne l'ont pas fouillé.
Deux autres hommes sont en pleine discussion, à l'avant du véhicule. Aucun n'a encore remarqué mon réveil. Je suis perdue. Que suis-je supposée faire ?
Je tente un coup d'œil à gauche, le crépuscule s'affiche de l'autre côté de la vitre. Combien de temps suis-je restée inconsciente ? Je songe un moment à ce que j'ai vu devant la Porte. Mh…non, l'alchimie ne saurait aider dans ce cas. Par contre…une arme le peut. Je dois m'enfuir, avant qu'on atteigne leur point d'arrivée.
Luttant contre les coups effrénés de mon cœur contre ma poitrine, je glisse lentement ma main le long du cuir pour atteindre mon sac. J'attrape le zip entre mon index et mon pouce, le tirant progressivement, craignant que le moindre bruit alerte l'inconnu à moins d'un mètre. Une fois ceci fait, je glisse précautionneusement ma main à l'intérieur du sac et saisis le gun. Je me sens alors beaucoup mieux, j'ai l'impression d'être imprégnée d'une puissance imparable.
Dieu, si tu existes quelque part, excuse-moi pour ce que je vais faire.
D'une traite, je ressors ma main du sac et tire une balle dans la tête de l'homme au manteau noir. Evidemment le bruit averti ses collègues à l'avant du fourgon. L'inconnu sur le siège passager a à peine le temps de se tourner que je dirige l'arme vers lui et l'abat d'un autre projectile dans le cou. Il s'époumone en portant les mains vers l'afflux de sang.
- Sale petite merdeuse ! S'écrie le conducteur en freinant brusquement.
Je manque de tomber en avant mais m'accroche à son siège. J'en profite pour m'élancer vers lui et intercale mon bras entre son cou et le dossier. Le fourgon percute un arbre, ce qui l'immobilise complètement. Je résiste au choc et presse davantage le cou de l'inconnu.
- Je n'ai pas le choix ! Je hurle en tirant une dernière balle dans sa tempe.
Le corps sous mon bras se détend. Sans regarder, je peux sentir son sang recouvrir mon bras. Un silence de corbeau s'installe dans le véhicule. Il ne reste plus que moi. Je retire finalement mon bras et m'effondre contre la banquette. Les yeux plantés au plafond, les larmes me montent aux yeux. Je ne cherche pas à empêcher leur chute. Les sanglots me prennent la gorge, je brise le silence par des pleurs que je ne peux pas enfuir.
