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Standing Still :

S'il y avait un fléau que la maison Phantomhive, plus que tous les démons ou les Anges des Enfers, craignait, c'était bien que Ciel Phantomhive soit malade. Fort heureusement pour eux, c'était rare malheureusement, c'était malgré tout, car la manie qu'avait leur maître de se balader en short en toute saison ne pouvait qu'amener ce genre de résultats.

Il arrivait donc que leur jeune maître soit cloué au lit par une forte fièvre qui rosissait ses joues, ou des quintes de toux telles que Finian s'attendait à tout moment à voir un bout de poumon, bien rose et sanglant à souhait, atterrir sur la belle moquette turquoise du petit salon privé ( contenance 25 personnes environ ).

Dans ces cas où leur maître se trouvait reclus au fond de ses draps, toute la maisonnée était aux abois. D'abord car cela arrivait réellement peu souvent – seulement lorsque l'enfant qu'était leur maître implacable ne pouvait plus marcher droit. Ensuite, car ledit enfant implacable était alors juste insupportable – comme tout enfant malade, somme toute, mais en pire. Enfin, parce que Sebastian, en sa qualité de majordome, se devait de s'assurer de l'état de santé de son maître, s'enquérir de sa guérison et s'y employer, et que cette tâche hautement ingrate et périlleuse semblait le mettre de merveilleusement bonne humeur – et ça, c'était une mauvaise nouvelle.

Parce que, sincèrement, un Sebastian qui souriait de toutes ses rangées de belles dents bien blanches, Bard avouait que ça foutait grave les jetons, tout de même !

Le carboniseur avait élaboré plusieurs théories sur la raison de cette joie, en passant de la séquestration vengeresse à l'instinct paternel de cocooning. Mais plus de la moitié de ses hypothèses étaient assez farfelues – Sebastian ? Instinct paternel ? C'était un très bon majordome, mais il était aussi très flippant ! – alors Bard en avait conclu que c'était juste le fait de pouvoir enquiquiner leur maître de maison, le faire râler et le martyriser avec les prescriptions qu'il devait ingérer à des horaires scrupuleusement réguliers. Quoique le voir affaibli, hargneux – plus que d'habitude, s'entend – et boudeur, enfoui sous sa couverture avec interdiction de tout faire sauf respirer… ce devait être assez plaisant en soi.

Mais personne – hormis Sebastian, mais lui ce n'était pas pareil : était-il vraiment humain ? – ne se serait aventuré à entrer dans la chambre de l'enfant. Ils le savaient malade, et ça suffisait pour qu'ils restent. Parce qu'il n'était pas invincible finalement, et qu'il n'était qu'un enfant qui avait encore besoin d'eux.

Alors, ils font quoi dans la chambre, Seby-chan et Ciel ?^^

Lyly[u]