Genre : Angst, Spiritual ; vignette centrée sur Ino ; quelques spoilers de la première partie de Naruto ; réflexions sur la vie d'un ninja et la différence entre le rêve et la réalité.
Disclaimer : Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
Amère Réalité
D'un côté il y a les rêves, l'imaginaire, et de l'autre il y a la sombre et amère réalité.
On ne peut connaître l'un sans l'autre.
Devenir un ninja, c'est un rêve, un désir farouche qui vous prend aux tripes, et qui ne vous lâche plus jusqu'à ce que vous soyez enfin assis sur les bancs de l'académie.
Et après, quand le rêvez s'accomplit, que vous recevez ce bandeau de métal froid gravé d'une feuille stylisée, l'euphorie vous submerge, vous plonge au cœur d'un délire qui n'a pas de fin.
Même les ennuyeuses missions de rang D ou les équipiers ringards et démotivés ne peuvent briser votre bonne humeur, votre joie secrète d'être l'un de ces élus qui protègent jour après jour votre village, votre maison, votre famille.
Ino a ressenti toutes ces choses quand elle a réussi son examen. Bien sûr, il y avait aussi Sasuke, mais elle découvrait tellement plus en caressant le métal poli…
Elle était heureuse. Elle vivait un rêve.
Alors…
Quand les lignes idylliques du songe ont-elles commencé à se modifier et à se fondre dans la réalité, dans le cauchemar qu'est vraiment la vie qu'elle a choisi ?
Quand son père est rentré de mission, blessé et couvert de sang, le sien et celui de ceux tombés sous ses coups ?
Quand elle a pris connaissance du danger mortel qu'avait couru Sakura, son amie d'enfance, sur une mission de rang C ?
Quand elle a appris que Sasuke avait trahi le village, les Kamis seuls savaient pourquoi ?
Quand elle a su que Shikamaru et Chouji, ses coéquipiers, ses amis, étaient partis à ses trousses pour le ramener ?
Quand elle a vu Chouji si mal en point dans cette chambre d'hôpital trop blanche, et qu'elle s'est enfuie pour ne pas qu'on la voit pleurer ?
Un peu de tout cela.
Après tout, on ne côtoie pas la mort et le sang sur des bases régulières sans perdre sa naïveté première.
La vie d'un ninja se joue sur le fil du rasoir. Au moindre faux pas, c'est la mort assurée.
Pourtant, l'académie ne désemplit jamais d'élèves.
De l'avis d'Ino, les gens portent des œillères quand ils pensent aux ninja, et les enfants en particulier. Ils sont idiots de prendre les choses à la légère, comme s'il s'agissait d'un jeu.
Ils sont idiots de vouloir devenir des tueurs sanguinaires, des assassins de l'ombre. Car c'est ce que sont les ninja, tout au fond d'eux-mêmes ; pas des chevaliers en armure, mais des meurtriers, avec une certaine moralité tout de même.
La vie d'un ninja n'est pas une fiction où tout est toujours rose. Tout est bien plus sombre qu'on ne l'imagine.
Un ninja est une arme, il le reste jusqu'à son dernier souffle.
Et pourtant, quelque part, elle se sent beaucoup plus humaine depuis qu'elle a obtenu son bandeau.
Et c'est une ironie qui ne manque pas de la faire sourire, lorsque seule, dans le secret de sa chambre, elle contemple son reflet dans le miroir, sans savoir quoi penser d'elle-même.
