Bonjour tout le monde! J'espère que vous allez bien. Excusez-moi pour le manque de chapitre ce dernier mois.. mais voilà un nouveau long chapitre et j'espère que ça va vous plaire! Bonne lecture :) Bisous :)


Chapitre 52

Lundi 25 Octobre 2010.

Je sortis de la douche et m'enveloppai dans une serviette avant de retourner dans la chambre où Owen était paisiblement endormi. Je fis doucement pour choisir mes vêtements et m'habillai grâce au filet de lumière qui filtrait de la salle-de-bain entrouverte. J'enfilai mes bas en repensant à cette semaine calme qu'on venait de passer, entre câlins, films et discussions posées. Rentrer le soir et se retrouver était le plus beau moment de la journée, quoique, le réveil est aussi agréable le week-end. Je passai les jambes dans ma robe quand je sentis ses mains sur mes hanches.

- Tu devrais te rendormir, il est encore tôt... murmurai-je.

En guise de réponse il embrassa le creux de mon dos avant de remonter la fermeture éclaire et d'attacher le petit bouton casse-pied du haut.

- C'est à moi de t'aider à remonter tes robes le matin, dit-il d'une voix éraillée.

- Merci...

Je me retournai et lui caressai la joue.

- Tu es belle, soupira-t-il, comme toujours.

Je lui souris et ne résistai pas à l'embrasser.

- Bonne journée.

- A ce soir mon cœur, bonne journée.

Il embrassa ma main et se rallongea en prenant mon oreiller dans ses bras. Je le regardai une seconde, attendrie, et quittai la pièce.

Je ne m'attendais pas à rentrer aussi furieuse. La colère m'avait fait monter les larmes et j'avais craqué pendant tout mon trajet qui m'avait ramené à l'appartement. En me voyant arriver en furie dans le salon, Owen écarquilla les yeux et se leva précipitamment, alarmé.

- Amelia, tu...

- Ne parle pas, le coupai-je. Je ne veux pas t'entendre!

Il allait rétorquer mais je levai la main pour lui demander le silence.

- J'ai eu Jo au téléphone. Je ne l'ai jamais autant entendu pleurer que là, et elle était sérieusement en colère contre moi!

Il soupira sachant où j'allais en venir.

- Comment tu as pu aller balancer à Alex qu'elle était enceinte?! Owen putain! Déjà, ils ne sont pas au courant qu'on est ensemble, je n'étais même pas supposée t'en parler! Et dans tous les cas c'était à Jo de lui dire!

- Elle n'allait pas le faire!

- Est-ce que tu te rends compte des conséquences maintenant? Jo m'en veut à mort! Alex et elle se sont en plus engueulés comme jamais! T'as vraiment foutu la merde, c'était pas à toi de lui dire!

- Il avait le droit de savoir.

- Et bien il fallait prendre Jo à part et essayer de la convaincre, comme je le fais depuis qu'elle m'en a parlé!

- J'ai été dans son cas je te rappelle! Tu ne m'as rien dit avant d'avorter!

- C'était différent, soufflai-je. Tu étais parti! Là ils sont ensemble, et je connais Jo elle lui aurait dit!

- Ou pas!

- Ou pas oui, mais dans tous les cas tu as vraiment déconné! Ce n'était vraiment pas à toi de le dire!

- Je me suis juste mis à sa place! Si tu étais enceinte j'aimerais bien qu'il me prévienne!

- Ça ne risque pas d'arriver Owen, je ne veux pas d'enfant avec un mec en qui je ne peux pas avoir confiance!

Il resta interdit et sentant les larmes de colère revenir je partis dans la chambre en claquant la porte. Contrairement à ce que je pensais, il claqua la porte à son tour en quittant l'appartement. Mes pleurs reprirent de plus belle et tout se chamboula dans ma tête. Je laissais mes pensées vagabonder en me remémorant toute la conversation, tout ce qui s'était passé depuis le coup de fil de Jo jusqu'à maintenant. Puis, une fois mon cœur complètement en miettes, je me levai pour fouiller dans un dossier et trouver l'adresse d'Owen. En vingt minutes j'étais en bas de chez lui. Je grimpai les marches en courant et entrai sans frapper. Ne connaissant pas l'appartement, j'avançai vers le séjour et entendis du bruit dans la pièce d'à côté. Lorsque j'y pénétrai, Owen releva les yeux. La table était dressée pour deux, il faisait cuire je ne sais quoi dans la poêle.

- Qu'est ce que tu fais? Demandai-je en essuyant mes larmes

- Je prépare à manger pour un dîner avec celle que j'aime mais qui ne veut pas d'enfant avec moi.

Je baissai les yeux, monstrueusement coupable. Il savait parfaitement que j'allais venir.

- Oui, je m'en doutais. La dispute a été trop violente pour qu'on reste chacun dans nos coins ce soir. Tu as trop peur de me perdre Amelia, et moi aussi.

- Et si je n'étais pas venue?

- J'ai des Tupperware.

- Je suis désolée... je te demande pardon.

- Pour?

- J'ai été dure dans mes mots.

- Au moins ça avait le mérite d'être clair.

- Je ne le pensais pas...

Il haussa les épaules et servis les légumes dans les assiettes.

- Assieds toi

- Je n'ai pas faim...

- Pour une fois que je fais à manger!

Il me regarda un instant et je le vis serrer les dents.

- Arrête de pleurer s'il te plait.

C'était plus fort que moi. Je me retournai pour sécher une énième fois mes yeux et me réfugiai dans le salon pour stopper les larmes comme je pouvais. En deux secondes, il me serrait dans ses bras.

- Chut... Arrête je t'en prie. Tu ne m'as même pas laissé m'expliquer Amelia, ce n'est pas comme ça qu'on se parle toi et moi d'habitude.

- Qu'est-ce que tu voulais expliquer de plus?

- Je n'ai pas balancé Jo, en tout cas, pas comme tu l'imagines. J'ai été prendre un café avec Alex, il m'a confié qu'il sentait Jo s'éloigner en ce moment. Je lui ai demandé s'il lui avait posé des questions, si elle avait des problèmes, il se savait rien! J'ai fini par lui dire qu'il devrait lui en parler, que peut-être elle s'ouvrirait à lui. Au final, on a changé de conversation. J'ai pris des nouvelles de Jude, et pour essayer de voir je lui ai demandé s'il songeait à un deuxième enfant. Il a été catégorique là-dessus, il est très bien comme ça. Puis comme j'ai insisté, peut-être maladroitement, il a fini par comprendre. J'ai essayé de rattraper comme je pouvais mais je m'enfonçais alors j'ai fini par lui expliquer. Mais je t'assure que c'était pour aider Jo que j'ai commencé à en parler, pas pour lui causer des problèmes.

Je me serrai plus fort contre lui et m'en voulu encore plus. Même si ça me mettait dans la merde avec Jo, j'avais dépassé les bornes.

- Excuse-moi. J'aurais dû te laisser m'expliquer... mais quand j'ai eu Jo au téléphone elle était tellement en colère contre moi, elle était complètement perdue, Alex est parti chez ses parents en prenant une valise. J'ai peur pour elle.

- Ca va aller, il va revenir. Je lui parlerai si besoin et dans tous les cas nous on est là pour elle, pour Jude et pour le bébé. Peut-être que ça va faire électrochoc dans l'esprit d'Alex et qu'il a juste besoin de quelques jours pour laisser passer la pilule.

- Je veux vraiment avoir des enfants avec toi O'. Je crois que ce sera le plus beau cadeau qu'on m'ait fait dans ma vie.

Son étreinte se resserra quelques instants et je m'écartais pour définitivement sécher mes yeux. Je regardai autour de moi pour découvrir le salon. Un petit canapé, une table recouverte de feuilles avec des phrases barrées ou réécrites, trois guitares sur le côté et puis plein de petits bibelots, des drapeaux de France, des photos de famille...

- Tu aimes bien?

- Oui, dis-je en continuant d'explorer, ça te ressemble

- Viens, je te fais visiter.

Il prit ma main et me fit découvrir l'intégralité de l'appartement. Sa chambre était aussi simple que la mienne, murs blancs, un grand lit au centre et deux petites tables de nuit en bois (celle de gauche étant déserte). Un placard encastré était sur le côté, et une affiche des Guns'n'Roses était la seule touche de couleur.

- Tu passes la nuit ici?

- Si tu veux bien de moi.

- Si j'avais su que tu viendrais chez moi après une engueulade on se serait disputé plus tôt.

Je lui souris et il caressa ma joue.

- On va manger?

- Je t'assure je ne peux rien avaler. J'ai essayé d'appeler Jo quinze fois sur le trajet elle ne décroche même pas. Puis de pleurer autant ça m'a donné mal à l'estomac.

- Bon, je vais mettre au frais pour demain alors.

- Mange toi si tu veux!

- T'en fais pas j'ai des réserves.

Il allait partir mais je le retins par le poignet.

- Tu veux bien m'embrasser?

Il me sourit et encercla mon visage en plongeant son regard dans le mien.

- Tu sais que tu es très belle quand même quand tu t'énerves?

- Tu dis ça pour me faire plaisir.

- Non chérie, tu es belle tout le temps.

Il approcha son visage et m'embrassa doucement une première fois avant de capturer mes lèvres plus longuement. Tout mon stress accumulé s'évapora par enchantement. Je me laissai aller dans ses bras en profitant mais un bâillement m'interrompit.

- Déjà?

- J'en peux plus...

- Rude journée.

J'acquiesçai et il partit fermer les volets.

- Tu veux quelque chose pour dormir?

- Non ça ira, si j'ai froid je me collerai à toi...

Il me sourit.

- Par contre il va falloir que je parte un peu plus tôt demain pour aller me changer.

Il acquiesça et il me dépanna d'une brosse à dents avant de la mettre dans son pot.

- Déjà ce sera ça de moins à apporter. Allez, au lit, je vais mettre un peu la télé?

- Oui, ça ne m'empêchera pas de dormir à mon avis... répondis-je en sentant mes paupières s'alourdir.

J'ôtai ma robe, mes bas et restai en sous-vêtements avant de me faufiler dans le lit. Il s'allongea à son tour et me serra dans ses bras une fois la lumière éteinte et le réveil planifié.

- Je suis content que tu sois là

- Moi aussi.

- Etre dans mon lit avec toi, tu n'imagines pas le nombre de fois où je l'ai imaginé.

Je me serrai un peu plus contre lui puis rapidement je sombrai dans le sommeil.

Lorsque le réveil sonna à 7h, j'avais beau avoir dormi près de neuf heures, mes yeux refusaient de s'ouvrir. Owen embrassa mon front.

- Réveille toi ma chérie.

- Non, encore un peu...

- Tu es chez moi, il faut que tu repasses chez toi. Tu risques d'arriver en retard.

- Je dors trop bien... dis-je encore dans la somnolence. Repousse le réveil à 45 s'il te plait, je m'habillerai avec quelque chose à toi, je me débrouillerai.

Je le sentis rire silencieusement.

- Tu es sûre?

- Hmm hmm...

Je replongeai aussitôt dans un sommeil profond, le nez plongé dans le cou de mon amoureux.

A la deuxième sonnerie, je battis des paupières en soupirant. Owen était réveillé et me serrait fermement contre lui, comme lorsque nous nous étions endormis. Je levai le visage vers lui.

- Je regrette pour hier tu sais, je m'en veux.

- Je sais, je te connais. Mais ça va, dit-il en caressant ma joue. Tu es plus exigeante envers toi même que n'importe qui chou. Des réactions de colère ça arrive... ce n'est pas moi qui vais t'en tenir rigueur.

- Mais moi à l'inverse...

- Ce serait pareil, regarde, tu n'en veux pas à Jo pour sa réaction.

- Parce que j'ai fait une connerie et qu'elle ne sait pas tout...

- Comme pour là, j'ai fait la connerie de lui dire mais tu ne savais pas tout. Je pense qu'après une explication, elle ne t'en voudra pas et sera dans le même état que toi.

- Encore faudrait-il qu'elle accepte de me parler... et puis je ne peux pas tout lui expliquer...

- Ecoute, que Jo sache pour nous deux ne posera aucun problème pour l'anniversaire d'Alex. Elle tiendra sa langue. Et dans tous les cas, il vaut mieux que ça pète maintenant parce qu'Alex nous fait la morale, du moment que Jo et toi vous conservez votre amitié. Tu ne penses pas?

J'acquiesçai.

- Je ne t'en veux pas. Je sais que ta confiance envers moi n'est pas totalement là, et sans connaître ce qui s'était passé je comprends que tu m'aies balancé ça en pleine face.

- Je veux des enfants avec toi, même si cette idée m'effraie depuis ma fausse couche.

- On en aura quand on sera prêt et tout se passera bien.

Il embrassa mon front.

- J'ai hâte de savoir comment tu vas réussir à te fringuer...

Je souris et me levai pour aller vers son armoire. Je réfléchis rapidement : j'avais toujours des bas en rab dans mon sac, au cas où je file ma paire au travail. J'avais mes escarpins, ce qui passerait avec tout... Je pris une chemise blanche et même si je risquais de flotter un peu dedans au niveau des épaules, elle ferait l'affaire. Je me dépêchai pour prendre une douche et utilisai le peu de maquillage qu'il me restait dans mon sac pour en faire quelque chose de léger. J'enfilai ensuite la chemise d'Owen qui m'arrivait au milieu des cuisses. Un peu court mais je n'avais pas le choix... je resterai derrière mon bureau le plus souvent possible. Je laissai les boutons du haut légèrement défaits et remontai les manches jusqu'aux coudes. Mes cheveux privés de brosse, ils séchèrent à l'air libre et ondulèrent naturellement, provoquant un effet décoiffé sauvage. Je chaussai mes escarpins et rejoignis Owen dans la cuisine. Il haussa les sourcils et croisa les bras après m'avoir tendu une tasse de café fumant.

- Qu'est ce qu'il y a?

- Tu penses vraiment que je vais te laisser partir comme ça?

- Et bien... oui.

- Trop sexy, répondit-il en secouant la tête.

- Je n'ai pas le choix. Puis ça va, on ne voit rien, dis-je en vérifiant.

- Je me retiens de ne pas te sauter dessus.

Je lui souris tendrement et m'approchai.

- Ce soir tu pourras.

Il encercla ma taille pour me coller à lui.

- Je pense qu'on devrait peut-être commencer à baptiser ton appartement, non?

- Tout de suite on peut.

- Non, je vais être en retard.

Il embrassa mon cou en remontant vers mon oreille. Je me sentis défaillir et repris une gorgée de café pour reprendre contenance.

- Tu passes me chercher à 17h30?

- Tout ce que tu veux ma chérie.

Je me plongeai dans son regard à la fois tendre et ardent. Une bouffée d'amour me percuta de plein fouet, je capturai sa bouche alors qu'il me serrait encore plus fort contre lui. J'étais encore plus amoureuse de lui que hier matin. Il se recula en souriant et je savais que c'était pour se retenir.

- On peut manger ensemble ce midi? J'ai une interview à 15H pas très loin de ton bureau.

- Je te dis ça un peu plus tard? Il faut que je vois ce que fait...

- On peut déjeuner tous les trois, me coupa-t-il. Il faudra bien qu'un jour tu me le présentes vraiment...

- D'accord, je te tiens au courant de ce qu'on fait.

Il acquiesça et on termina notre café sous des petits coups d'œil amoureux.

- Je vais aller parler à mon boss aujourd'hui, il faut que je lui dise pour toi et moi. Il risque de te voir dans mon bureau plus souvent qu'autre chose pour les pauses déjeuners ou pour venir me chercher... autant qu'il sache de ma bouche au lieu d'avoir droit aux rumeurs et compagnie.

- Est-ce que tu veux que je vienne?

- Non ne t'en fais pas. Peut-être qu'il te convoquera si jamais tu dois changer de manager, je ne sais pas.

- Hors de question Amelia.

- Ecoute, je n'en sais rien. Je pense que ça n'est jamais arrivé officiellement dans la boîte...

- Et bien c'est soit toi, soit personne d'autre et il perdra son contrat, point barre.

- On verra ce qu'il dit, ok? Soufflai-je.

Je partis me laver les dents, mettre une petite touche de rouge à lèvres et m'apprêtais à partir.

- Je t'appelle pour ce midi?

- Oui mon ange, pas de problème.

Il s'approcha et encercla mon visage pour m'embrasser.

- A tout à l'heure mon amoureux...

- Je t'aime tellement.

Je fermai les yeux et il m'embrassa rapidement.

- Allez file, tu vas être en retard.

J'acquiesçai et quittai l'appartement.

Aux alentours de 11h30, après avoir appelé Owen pour lui dire qu'on pouvait manger avec Andrew à 13h, je respirai un bon coup et frappai au bureau de mon chef. Il me laissa entrer.

- Comment ça va Amelia?

- Très bien merci. Je viens pour plusieurs choses, est-ce que vous auriez un petit quart d'heure?

- Bien sûr, assieds toi.

- Merci.

Je lui racontai mon expédition de la semaine dernière dans le bar où il voulait que j'aille pour rencontrer un nouvel artiste. Une fois fait, je me lançai.

- Le deuxième point que je voudrais aborder avec vous est un peu plus personnel.

- D'accord, acquiesça-t-il attentif.

- Je ne vous ai pas mentionné qu'Owen Hunt était mon ex-petit ami lorsque vous me l'avez présenté.

Il haussa les sourcils, surpris.

- Nous avons eu une histoire sérieuse lorsqu'on était en études.

- Est-ce que cela risque d'interférer sur le plan professionnel?

- Non. Le problème n'est pas là... soupirai-je. On s'est remis ensemble. Nous savons très bien faire la différence au travail et en dehors, je tenais à ce que vous le sachiez.

- En dix ans, c'est la première fois que ça m'arrive je dois dire...

- Honnêtement, je ne m'attendais pas à cette situation.

- Je ne sais pas si je dois te laisser le prendre en charge, ça représente gros et si le plan affectif entre en jeu...

- Je comprends. Après, autant que vous le sachiez, vous ne lui ferez pas voir cette optique et j'aurais autant de mal à lui faire entendre raison. C'est moi ou personne. Je sais que je suis capable de le porter et vous vous imaginez bien que je veux encore plus qu'il réussisse connaissant mes sentiments pour lui.

- Bien. On peut faire un test et laisser comme tel. Si jamais je vois que votre personnel intervient trop sur tes décisions ou son travail, je serai obligé de faire ce qui me semble le plus juste.

- Très bien. Merci.

- Pas trop d'effusions ici non plus, d'accord? On va éviter de donner des idées aux autres.

- Lorsqu'il viendra on sera discret.

Il hocha la tête et je compris que la discussion était close. Je retournai dans mon bureau, soulagée, avec une petite pointe au ventre tout de même... En espérant que le test fonctionne.

Owen arriva pile à l'heure après avoir récupéré notre commande dans la rue perpendiculaire. Il passa la tête dans l'entrebâillement de la porte.

- Je peux entrer mon ange?

- Oui, viens.

Je terminai d'écrire un mail. Il contourna le bureau et m'embrassa rapidement.

- Je finis, j'en ai pour une minute. On va se mettre sur la table là bas, dis-je en montrant la table ronde de mon bureau.

Il partit installer le repas en sifflotant et je soupirai une fois le mail envoyé.

- Ça c'est fait. J'ai parlé à mon patron ce matin.

- Ah oui?

Il revint vers moi alors que je me levai, puis il m'enlaça.

- On laisse le contrat comme ça et si jamais il y a le moindre dérapage, tu changeras de manager.

- Hors de question.

- De toute façon O', il n'y aura pas de dérapage ou du moins on ne le montrera pas et puis c'est tout. Il ne veut pas que notre personnel intervienne sur le professionnel, ce qui est logique.

- Forcément que ça va nous influencer Amelia, que ce soit en bien ou en mal, on ne sait pas.

- Ecoute on verra, il est prévenu et on saura s'arranger.

- Ok...

- Il a demandé à ce qu'on soit discret ici aussi pour ne pas donner d'idées aux autres.

- Quels genres d'idées? Répondit-il avec un sourire.

- Pas forcément que ça... dis-je en éclatant de rire.

- Donc je ne peux même pas t'allonger sur ton bureau là?

- Non monsieur, même si la proposition serait tentante... en plus j'ai des rideaux.

Je le vis crisper la mâchoire, ce qui me fit sourire. Je m'approchai de lui un peu plus pour l'embrasser quand Andrew toqua avant d'entrer.

- Sauvés par le toc-toc.

Je pouffai de rire et Andrew leva un sourcil.

- Ca va?

- J'ai trop faim!

- Pour changer... Andrew, je te présente Owen mon amoureux. Owen... Andrew mon collègue.

Ils se serrèrent la main et Andrew ricana.

- On s'était déjà vu je te rappelle!

- Je n'avais pas fait de présentation officielle alors c'est chose faite! A table!

- On mange quoi, on mange quoi?

- Sushis!

Andrew applaudit comme un gamin et mon chéri pouffa de rire.

- Ca doit être drôle de bosser avec toi! Annonça Owen

- Oui, je pense que je suis vraiment rigolo comme garçon.

Il avait dit ça tellement sérieusement qu'on le dévisagea, un sourire en coin.

- Je pense que tu manques de fleurs en ce moment... O' a une carte d'abonnement chez le fleuriste, tu devrais la prendre aussi!

- C'est vrai il y a des cartes d'abonnement?!

- Mais non! Répondis-je en riant. Il m'offre tellement souvent des bouquets... c'était pour te taquiner.

- Tu as de la chance d'avoir un homme qui t'offre des fleurs!

- Je sais.

Je regardai Owen amoureusement et il me sourit en gobant un sushi.

- Amelia est tellement accrochée au romantisme, j'ai plutôt intérêt.

- C'est vrai ça?

- Oh la la oui, vivre plus dans le cliché c'est impossible. J'ai le stock de bougies, de chandelles, de pétales de roses aussi... mais il faut de l'imagination parfois!

- Tu me fais rêver... le jour où Amelia ne veut plus tu sais, tu ne seras pas tout seul hein...

- Hey! M'exclamai-je.

Je lui shootai dans le pied et les deux hommes rirent.

- C'est Amelia ou personne.

Je me raclai la gorge.

- A partir de maintenant, se rattrapa-t-il.

- Je vous le souhaite en tout cas, et ne t'en fais pas Owen, je ne risque pas de te la voler.

- Ca me rassure, je suis toujours en train de fliquer dans la rue mais à son boulot c'est plus compliqué...

- Non mais je t'en prie qu'est-ce que je devrais dire?! Dis-je.

- Moi elles ont 16 ans chou.

- Chou? C'est mignon chou...

Je croisai les bras en souriant.

- T'as fini?

- Pardon, ricana-t-il.

- Sinon, tu fais quoi toi exactement chez Warner? Demanda Owen.

Et là je bénis Owen. La discussion s'orienta principalement sur le professionnel. Après avoir parlé des projets d'Andrew, de son travail et de ses dossiers en cours, ils parlèrent de l'album de mon petit ami.

- Mais du coup, ce sera toi qui bosseras avec moi?

- Ça, on ne sait pas. C'est ton manager qui choisit quelle personne du marketing elle prend, mais ça vient bien plus tard.

- Aucun doute que ce sera toi alors!

- Je ne sais pas O', répondis-je en haussant les épaules. Tout dépend de nos besoins, de ce que tu me proposes comme titre... ils ont chacun leur spécialité et même si Andrew sait s'adapter, il faudra voir leurs propositions et leurs idées.

- La chef a parlé! Si elle dirige comme ça à la maison, tu n'as plus qu'à rentrer pépère et te mettre à table...

- Ah non, ça ne se passe pas comme ça à la maison, rétorqua-t-il en riant.

- Encore faudrait-il qu'on ait une maison... marmonnai-je.

Owen me jeta un coup d'œil mais ne répondit pas. C'était bien trop tôt pour emménager ensemble mais je savais que ça nous fatiguerait très vite de devoir faire les allers-retours chez l'un ou chez l'autre, surtout avec Owen qui allait recommencer les spectacles. Lorsque je le regardai, il me lança un petit regard me disant "on en reparlera plus tard" et j'acquiesçai. On termina notre repas, je racontai à Andrew ma discussion avec Richard.

- Il a raison de flipper, mais vous êtes assez grands pour gérer!

- Oui, ça ira.

- Et puis on sait faire la part des choses, on réglera les problèmes chez nous, pas ici, ajouta Owen.

- Moi j'ai confiance. On va faire du bon travail!

Je posai ma main sur celle d'Owen et il entremêla nos doigts.

- A qui je dois les sushis?

- Laisse, c'est pour moi.

- T'es sur?

- Mais oui, pas de souci.

- Merci! Je vais vous laisser, j'ai du boulot.

- Ca marche.

- D'ailleurs je repasse te voir tout à l'heure, il faut qu'on parle de Louis, tu sais le petit jeune du bar?

- Ouais, ok, à tout à l'heure!

- Owen, à bientôt? Dit-il en lui tendant la main

- Bien sûr, quand tu veux!

Ils se serrèrent la main et on se retrouva vite tous les deux.

- Il te reste combien de temps?

- Un quart d'heure, dis-je en regardant ma montre, pourquoi?

- Pour que je ne te retarde pas.

- Ne t'en fais pas va... Je pensais envoyer un SMS à Jo.

- Tu devrais je pense

- J'ai peur qu'elle m'envoie promener...

- Est-ce que tu veux que je l'appelle, moi?

- Non, soupirai-je, tu pourras toujours lui expliquer comment ça s'est passé, mais je pense qu'elle attend principalement des excuses de ma part. Tu n'as pas de nouvelles d'Alex?

- Aucunes chou...

- J'ai peur qu'ils fassent des conneries, autant l'un que l'autre. S'il a quitté l'appartement hier, ça a peut-être poussé Jo à avorter?

- Tu n'y seras pour rien mon ange, ne te culpabilise pas.

Je haussai les épaules, résignée.

- Je vais te laisser, je vais aller traîner un peu avant d'aller à l'interview. Je passe te chercher ce soir.

Il embrassa mon nez alors que j'acquiesçai et conquis mes lèvres tendrement avant de se lever. Un dernier bisou et il quitta mon bureau. Je mis un peu d'ordre avant de me remettre derrière mon ordinateur. En soupirant, j'attrapai mon portable pour envoyer un message à Jo.

"Jo, je comprends vraiment que tu sois fâchée mais je t'en prie, il faut qu'on se voit. Il faut que je t'explique tout. Au moins dis moi que ça va... tu es ma meilleure amie, je m'inquiète. Est-ce qu'on peut aller boire un café demain? Ou manger ensemble le midi? S'il te plait..."

Envoyé.