Salut tout le monde! Désolé du retard mais aujourd'hui j'ai eu des invités et...comment dire...bah j'ai pas arrêté d'écrire pour vous sortir ce chapitre.
Alors attention les yeux, c'est le chapitre le plus long qu'il m'ait été donné de poster. 18 pages words, 9871 mots, bref une pure merveille de lecture pour plusieurs raisons: la première vous faire plaisir, c'est bien normal, la deuxième, c'est que le précédent chapitre a été un peu...comment dire...posté à la va vite donc s'il est un peu tiré par les cheveux c'est ma faute et je m'en excuse. Je suis moi même stréssée pour le concours qui approche et...en fait on arrive vers les derniers chapitres donc bon vous comprendrez un peu mon engouement. Mais cela n'excuse pas la médiocrité de la qualité de mon précédent chapitre et je m'en excuse.
Alors voila, un très long chapitre, bien rempli d'action de découverte, de règlement de compte etc.
Réponse à quelque reviews:
-memelyne: tu vas comprendre pourquoi j'ai tant de mal à écrire ce chapitre, même si le plus dur fut le chapitre 48 (j'ai chialé trois fois, épuisé cinq mouchoir et j'ai dû m'y reprendre à quatre fois pour le terminer.)
-mimikai: attendre patiemment est la meilleure des choses à faire^^ surtout que j'ai fait aussi vite que j'ai pu pour ce chapitre. En attendant, je suis certaine que tu vas aimé voir dans ce chapitre l'orgueil de Sesshomaru mise à rude épreuve^^ je n'en dis pas plus.
-itomi: alors petite explication. Nekoto est un des taiyoukais qui a participé à la fameuse cérémonie de la vente aux enchères de Kumiko (au début de l'histoire). La servante précise d'ailleurs qu'il est l'un des plus grands rivaux de Sesshomaru. (entre parenthèse, Neko signifie chat mouahaha je me suis pas foulé pour le nom je sais =_=). J'espère que cela répond à ta question^^.
-Nyo-yume: je sais que j'ai la chance d'être l'auteur, aussi j'ai conscience d'avoir frôler la mort par homicide volontaire avec prémiditations de nombreuses fois durant la production de cette fiction. Comme toi j'ai l'esprit scientifique et malheureusement très perfectionniste. Alors en relisant mon chapitre, j'ai remarqué comme toi qu'il était comme tu dis capillo tracté et cela m'a tellement énervé que j'ai écris ce chapitre durant toute la journée (en surveillant les momes et en mangeant deux grillades entre temps). J'ai horreur des trucs achevés à la va vite et c'est déjà insupportable de constater cela chez les autres si c'est pour en plus le faire...inacceptable! Donc voila, en espérant que ce chapitre vous plaira beaucoup, j'y ai mis toute ma dévotion en tout cas^^.
Bonne Lecture et laissez moi des commentaires sur ce que vous en pensez^^.
PS: Interdiction de faire une seule tentative de quoi que se soit en terminant de lire ce chapitre!
Peut être Toi
Chapitre 47 : Larme de sang et dernier soupir
Inuyasha souleva l'épais tissu de la tente d'un geste simple et efficace, et entra sans s'attarder.
« -Kagome, murmura-t-il en s'approchant de moi et en posant sa main sur mon épaule, tu es certaine de le vouloir ?
-Inuyasha, repris-je, j'ai pris ma décision. Je sais que Kumiko-chan où qu'elle soit, aurait voulu que je le fasse…
-C'est une affaire de famille Kagome…, je suis d'ailleurs surpris d'en faire partie…
-Il a changé…
-Tu crois ?
-Sesshomaru n'aurait jamais fait appel à toi pour aucune raison que se sois, expliquais-je. Alors ne le déçois pas…
-Kerps ! Je ne vois pas pourquoi tu dis ça, rétorqua-t-il. »
Je souris à cette remarque. Inuyasha était complètement choqué d'être aux côtés de son frère pour ce genre d'évènement. Cela me ramena à deux semaines auparavant, quand Jaken débarqua au village avec l'intention de demander l'aide d'Inuyasha contre un puissant Clan ennemi.
Inuyasha n'en revenait toujours pas d'ailleurs. Son propre frère qu'il avait combattu tant de fois, détesté, rejeté, maintenant le voila qui appelait ses services. Au début, Inuyasha ne voulait pas, mais Jaken avait insisté plusieurs fois, mettant l'accent sur son devoir de fils vis-à-vis de son père Inu no Taïsho.
Au final, Inuyasha avait accepté, et je les avais accompagnés, plus pour me rassurer. Le bébé n'était pas prévu pour tout de suite de toute façon, j'avais encore la force et le courage de me battre. J'étais la femme d'Inuyasha désormais, rien ni personne ne pourrait le contredire. Alors je devais me battre aussi, comme la famille !
Nous avons passé trois jours à marcher pour rejoindre l'armée de youkais qui avaient pris position à l'extrême ouest du Japon, et ma première surprise fut l'absence de Kumiko parmi les rangs. Quand je voulus savoir, Sesshomaru ne daigna même pas répondre et je n'eus qu'en guise de réprimande qu'un regard mauvais, voire meurtrier. Aurais-je été autre que la femme de son demi-frère, je crois que je serais morte dans la seconde qui suivait ce regard.
Quelque chose c'était passé durant ce temps, quelque chose qui avait éloigné Kumiko de Sesshomaru.
Au final, nous avons tenu position en attendant l'ordre de Sesshomaru, subissant quelques attaques de ci de là, mais rien de bien paniquant, quelques tentatives d'intimidation.
« -A ton avis, demandais-je à Inuyasha pendant que nous rejoignions Sesshomaru en haut de la colline, qu'est devenu Kumiko ?
-Comment veux-tu que je le sache ? Marmonna-t-il, je ne suis pas devin. En attendant, Sesshomaru est encore plus mauvais que d'habitude…
-Mhm, soupirais-je déçue, tu crois qu'elle est partie ?
-Kerps, Sesshomaru ne l'aurait pas laissé partir aussi facilement ! Il a dû se passer quelque chose tout simplement ! Ce n'est pas mon problème…
-Tu pourrais être un peu plus gentil avec ton frère ! Grondais-je en lui tirant l'oreille.
-Et pourquoi le ferais-je ? Il ne l'a jamais été avec moi !
-En attendant toi, tu as une femme, et bientôt un enfant ! Poursuivis-je. Lui il n'a plus personne…, ajoutais-je tristement.
-A qui la faute, cracha Inuyasha, après tout s'il est comme ça s'est entièrement de sa faute pas de la mienne !
-Tu dois avoir raison…c'est si triste, fis-je. Etre immortel et condamné à vivre seul… »
Nous arrivâmes en haut de la colline, là où dansaient les cheveux argentés d'un Sesshomaru droit et regard vrillé sur l'horizon.
« -Sesshomaru-sama, appela alors Jaken, votre frère est là.
-Inuyasha, appela Sesshomaru d'une voix si froide.
-Quoi ?
-Ils vont attaqués aujourd'hui, expliqua-t-il.
-Comment peux-tu le savoir ? Demanda celui-ci de mauvaise foi.
-Parce que j'y étais, intervint alors une voix inconnue. »
Puis un samouraï apparut derrière nous, cheveux attachés en une natte serrée et relevée, noirs, yeux d'un bleu de mer imposant, visage sérieux d'un habitué de guerre. Il s'inclina légèrement devant Sesshomaru avant de poursuivre :
« -La mission première est achevée, ils comptent lancer une première offensive cette après midi en utilisant toute la puissance du dragon…
-J'espère que tu n'en as pas pris, suggéra une autre voix féminine. »
Puis une femme apparut de la brume, ses longs cheveux noirs rassemblés en une natte épaisse reposant sur son épaule droite. Elle portait comme une paire de lunette et son regard pétillant dissimulait une certaine malice.
« -Miharu-san…, soupira le guerrier, je ne suis pas assez stupide pour le faire.
-Je voulais juste m'assurer de votre santé Kotetsu-sama, répondit cette dernière, le sang du dragon est terriblement puissant et meurtrier pour qui en prendrait.
-Miharu, appela Sesshomaru dont le regard fixait toujours le camp ennemi, qu'en est-il de ton côté ?
-Les cargaisons infestées sont toutes réquisitionnées pour l'armée, exactement comme Kumiko-chan l'avait prévu. Donc normalement la moitié de leur troupe ne sera pas en mesure de combattre…d'ici deux à trois jours.
-Vous avez empoisonné l'autre camp ? M'étonnais-je, comment pouvez vous…c'est déloyal !
-Qui est-ce ? Demanda la sorcière sans s'énerver.
-La femme d'Inuyasha, une miko…
-Oh je vois, une amie de Kumiko-chan alors, soupira-t-elle. Enchantée, je suis Oguri Miharu, la sorcière chargée de garder et protéger le dragon Ryuka…
-Un dragon ?
-Oui, expliqua le guerrier Kotetsu, le Clan du Dragon était à l'origine un Clan pacifique mais récemment un taiyoukai nommé Nekoto, ennemi de Sesshomaru-sama, s'en est emparé et a capturé le dragon pour utiliser son sang contre nous.
-Vous pouvez prétendre cette méthode déloyale, mais sachez que je n'aurais aucune pitié pour ceux qui font du mal à mon bébé ! Menaça la sorcière une lueur maléfique dans le regard.
-Maintenant que les points d'eau et la nourriture sont empoisonnés, nous n'avons plus qu'à attendre, informa Jaken.
-Nous devrions profiter de cette petite offensive pour récupérer les Maîtres Dragonniers, proposa la sorcière.
-A ce propos, intervint Jaken, nous attendions justement quelqu'un d'autres. »
A peine eut-il achevé sa phrase qu'une ombre se dessina dans le ciel, puis s'approcha de nous doucement, grossissant à vue d'œil. Puis une espèce de grosse sphère rosâtre prit forme et quand elle fut à portée de la terre, cette dernière s'évanouit dans une gerbe de fumée. A la place, un garçon d'au moins un mètre soixante dix se tenait droit, un masque sur son visage, le regard pétillant d'une même couleur que je connaissais. Ses cheveux mi-longs étaient réunis en une queue de cheval rehaussée mais certains tombaient quand même sur ses frêles épaules carrées, dissimulées par une combinaison noir et des épaulières. Il portait à la main une faucille faite en os de youkais et prolongée au bout par une chaîne longue.
Oui, il avait l'allure des Taijiyas de Sango. A ses côtés, se tenait un autre garçon, plus petit par la taille mais non moins présent d'esprit. Ses cheveux mi-longs roux s'étiraient vers le sol lisse, en dégradé. Il devait mesurer au moins un mètre cinquante et portait un kimono simple protégé par une armure bleutée. Son regard pétillant et malicieux rappelait celui de la sorcière, mais plus farouche et moins inquisiteur.
Quand la fumée se dissipa, je les reconnus tous les deux :
« -Shippo-chan, Kohaku-san ! M'écriais-je en fonçant dans leurs bras.
-Kagome ! Me répondit Shippo en faisant de même. Tu m'as manqué ! Mais tu as grossis !
-Hahaha baka, intervint Kohaku d'une voix plus grave que dans mes souvenirs, Kagome-sama n'a pas grossit, elle est enceinte Shippo-chan.
-Enceinte ? S'étonna ce dernier. Mais alors, Inuyasha va être papa !
-Et alors ? Menaça ce dernier, ça te pose un problème ?
-Nous règlerons les comptes plus tard, fit alors Kohaku plus sérieux. »
Puis il s'approcha de Sesshomaru, un regard emplie d'admiration et s'inclina tout en présentant son arme devant lui.
« -Sesshomaru-sama, déclara-t-il, c'est un honneur de servir votre cause. »
Il ne répondit pas, toutefois il sembla accepter l'aide que l'humain leur apportait.
Puis Shippo s'avança lui aussi vers Sesshomaru, mais moins respectueux, plutôt attentif :
« -Soldat au rapport, fit-il, ils se préparent à une offensive moyenne, vous et votre frère serez en mesure de les repousser suffisamment longtemps pour que nous puissions secourir les Maîtres Dragonniers.
-Concernant leur surveillance ? S'enquit Jaken.
-Deux gardes non humains, expliqua Shippo. Kohaku et moi-même pouvons nous en occuper discrètement et les libérer. Nous aurons juste besoin d'un mode de transport aérien pour l'aller et le retour.
-Faites, autorisa Sesshomaru sans détourner son regard du camp.
-Merci. »
Puis Shippo revint et nous expliqua l'histoire tout en se recoiffant et en lissant son kimono :
« -Quand j'ai eu mon diplôme d'exercice de renard, je suis partis avec Kohaku pour m'entraîner davantage et l'aider dans son métier. Nous avons fait de bons boulots, on a sillonné toutes les terres de l'Est avant de parcourir celle du Nord.
-Puis on a voulu revenir dans le village de Kaede pour prendre des nouvelles, poursuivit Kohaku. Mais en chemin nous avons croisé Jaken qui nous a expliqué le fond de l'affaire.
-Kohaku devait absolument revoir sa sœur avant de venir, alors il a continué pendant que moi je suis partis en direction du camp, histoire de proposer mon aide, acheva Shippo.
-Nous sommes donc presque tous réunis, déclarais-je nostalgique. Dommage que Sango-chan et Miroku-san n'aient pas pu venir…
-Nee-san se rétablit peu à peu de son dernier accouchement, lui demander de combattre aurait été de trop, affirma Kohaku. Et puis, je suis de la famille aussi ! J'ai moi-même un devoir à remplir. Puisque ma sœur ne peut se battre avec vous, je le ferai à sa place !
-Merci Kohaku-san, fis-je en m'inclinant.
-Ce n'est rien. De toute façon j'ai une dette envers Sesshomaru-sama et puis, je voulais voir si c'était vrai.
-Vrai ? S'enquit Inuyasha.
-Kagome-sama, à votre avis, fit-il tout joyeux, c'est une fille ou un garçon ? »
Je me mis à rougir et Inuyasha bondit le premier :
« -De…de…de quoi je me mêle ? »
Ils partirent tous les deux dans un fou rire, et furent bientôt rejoins par moi et par Inuyasha.
Mais ce rire s'estompa bien rapidement car l'alerte d'une attaque nous parvint et l'amitié et la franche camaraderie céda place au sérieux et au combat.
Inuyasha brandit son épée et attendit Sesshomaru pour partir à ses côtés repousser la petite vague offensive pendant que Kohaku et Shippo se précipitaient tout deux en direction des montures.
Inquiète de ne pouvoir être utile je me joins à eux sans leur accord.
« -Kagome-sama que faites vous ? Me demanda Kohaku en remarquant qu'ils avaient décollés avec moi.
-C'est simple je viens vous aider, expliquais-je.
-Mais le bébé, protesta Shippo.
-Ce bébé va très bien ! Tonnais-je, il n'est pas pour tout de suite. Arrêtez de croire comme Inuyasha que parce que je suis enceinte je suis incapable de quoi que se soit !
-En tout cas, vous avez assez de caractère pour nous effrayer, plaisanta Kohaku. De toute façon on ne peut pas faire demi-tour alors… »
Alors AhUn fonça droit dans le camp ennemi, en passant au dessus de la plaine où se déroulait le combat.
Il n'y avait que Sesshomaru et Inuyasha mais ces deux là, quand ils ne se battaient pas, étaient incroyablement puissants et meurtriers.
Inuyasha balançait des vagues de puissance sur une ligne et Sesshomaru complétait par des éclairs bleutés de l'autre, réduisant le nombre d'ennemi à chaque mouvement de sabre.
En les voyant ainsi, dansant l'un contre l'autre, je ne pouvais qu'admirer l'étendu de la puissance de cette famille et j'en ressentis la fierté d'y appartenir.
Chacun se battait pour ses propres convictions, à chaque fois, sans céder face à la tentation ou au mépris. Ils se battaient de manière différente, vivaient de manière différentes, mais le sang qui coulait dans leurs veines était le même et cela se ressentait quand ils combattaient ensemble.
Ils étaient…complémentaires c'est cela. Une secousse me ramena à la réalité et AhUn piqua vers le sol, dans les fourrées d'une petite forêt côtière non loin du camp ennemi.
Nous atterrîmes dans le silence le plus total nos pas étant camouflés par les feuilles accumulées des saisons et qui ne se sont pas encore décomposées.
Nous traversâmes l'étendu forestière en quelques minutes, telles des ombres assassines dansantes avec les flammes. Nous fûmes bien vite à portée des barricades ennemies et comme Shippo l'avait expliqua il n'y avait aucun garde pratiquement.
« -Durant les offensives, ils ne pensent pas qu'une attaque surprise puisse avoir lieu » pensais-je comme explication à cette absence de surveillance. Alors nous traversâmes les barricades par une petite entrée secrète que Shippo avait découvert tantôt et nous fûmes bien assez vite à l'intérieur des locaux, l'œil et l'oreille aux aguets au cas où une patrouille serait faite à l'intérieur. Kohaku et moi-même pouvions passer pour des soldats, mais pas Shippo avec ses oreilles pointus, ses canines aiguisées et sa chevelure rouquine.
Nous passâmes devant plusieurs tentes sans résultat, mais Shippo semblait connaître parfaitement son chemin.
Il s'arrêta plusieurs fois en se cachant contre un mur, un pan de tente ou un pilier, observant les alentours avec une précision particulière, nous indiquant quand bouger, quand je plus bouger.
Il avait vraiment grandis et le petit youkai peureux et pleurnichard que j'avais connu s'était transformé en un redoutable espion, sérieux et précis dans ses mouvements et ses gestes.
Puis nous nous arrêtâmes alors à l'angle d'un couloir et un simple coup d'œil m'informa que nous étions arrivés à destination. C'était une cabane plutôt petite, ancien grenier certainement, flanquée de deux gardes plus grands que les hommes et couverts de la tête aux pieds par une grande armure de samouraï. Ils brandissaient chacun respectivement une lance aiguisée et arboraient à leur ceinture un katana.
D'un simple regard, Kohaku me demanda de faire le guet pendant qu'ils s'occupaient des gardes.
Je vis Shippo se transformer en une jeune et belle youkai féline et avancer vers les deux gardes. Puis je repris ma surveillance et attendit. J'entendis des petits soupirs, des rires puis des gémissements de douleur, des coups et des bruits de chutes.
Kohaku posa sa main sur mon épaule et m'intima de les suivre.
Se faisant, je constatai alors que les gardes étaient par terre, ficelés comme du saucisson par une corde. Shippo se concentra quelques secondes et les gardes prirent la forme d'un gros caillou immobile en plein milieu de l'allée.
Puis nous entrâmes dans la cabane qui était vraiment petite. Sur le coin droit de cette dernière, se trouvait quatre personnes enchaînées par les poignets et les chevilles, incapable de bouger, les yeux bandés.
« -Nous sommes venu vous sauvé, expliqua Kohaku en retirant les bandages pendant que Shippo faisait le guet dehors. Kagome occupe-toi des chaînes.
-D'accord, m'exécutais-je en les retirant avec la clé qui était suspendu dans l'entrée.
-Nous avons été envoyé par Sesshomaru-sama et Miharu-sama pour vous aider, poursuivit Kohaku.
-Le clan est tombé, se lamenta le premier.
-Ils ont provoqués la colère du grand dragon, craignit le second.
-Que pouvons nous faire pour laver l'affront porté aux seigneurs ? Se demanda le troisième.
-Combattre à nos côtés, expliquais-je. Si j'ai bien compris le Clan du Dragon était autrefois pacifique mais quelqu'un s'est emparé du pouvoir.
-Oui, constata le dernier, et nous avons été impuissant…
-Et bien maintenant il est temps de riposter ! Ces personnes ont souillées l'honneur de votre tribu ! Il est temps de réclamer vengeance en libérant votre dragon et en aidant Sesshomaru-sama et Oguri-san à repousser les assauts.
-Elle a raison ! S'ébrouèrent-ils.
-Pour le moment nous devons vous ramener entier et vivant aux camps, calma Kohaku. Alors patience, suivez nous, ne faites aucun bruit et tout se passera bien. »
Ils acquiescèrent ensemble et un petit cri de Shippo m'informa que la discrétion ne serait plus de mise…
En sortant trois gardes se jetèrent sur nous, katana en avant. J'encochai une flèche qui partit se ficher dans l'épaule de l'un tandis que les deux autres furent immobilisés au sol par un coup de Kohaku qui leur trancha les mollets.
Nous les assommâmes avec leurs fourreaux et nous poursuivîmes le chemin du retour…mais avec moins de discrétion et plus de rapidité. Les Maîtres Dragonniers n'avaient aucune difficulté à se mouvoir toutefois le nombre d'ennemis augmentait à vue d'œil. Quand enfin nous arrivâmes aux abords de l'entrée secrète, les ennemis se comptaient en une bonne vingtaine. Sur deux lignes, les regard rouges d'une frénésie étrange, ils se jetèrent écumant de rage. Kohaku s'apprêtait à leur lancer son arme quand les quatre Maîtres Dragonniers s'imposèrent entre eux et nous :
« -Laissez nous faire, expliqua l'un deux.
-C'est le moment de vous montrer le pouvoir du Dragon qui est en nous ! »
Et ils soufflèrent des jets différents en même temps. L'un deux cracha un souffle de feu, un autre acide, un autre de glace et un dernier foudroyant. Les hommes hurlèrent de douleur, roulèrent sur le sol rongé par les flammes ou l'acide, ou bien restèrent en position de combat car complètement gelés.
Nous passâmes en vitesse la porte secrète et AhUn décolla, non sans quelques difficultés. Le voyage dura plus longtemps, mais je remarquai en rentrant que le combat sur la plaine était terminée, et qu'il n'y avait que deux survivants : Inuyasha et Sesshomaru.
Quand ils nous virent, Sesshomaru vint à votre rencontre en s'envolant et Inuyasha s'assura de nos arrières en bondissant de temps en temps derrière nous :
« -Vous en avez mis du temps, reprocha le seigneur youkai.
-Ils nous ont repérés durant le retour, informa Shippo. Mais nous avons pu les libérer sans trop de difficulté.
-Vous êtes Sesshomaru-sama ? S'enquit le Maître Dragonnier rouge. »
Maintenant que j'étais en sûreté je pus mieux les contempler : c'était des youkais pour la plupart, ils ressemblaient un peu à Sukimoto. Une tête d'iguane, un corps de lézard, ils se tenaient sur leurs jambes suffisamment longues et malgré les grandes écailles qu'ils arboraient sur leurs dos, une longue queue reptilienne permettait de garder équilibre et de se tenir dans l'ensemble droit comme des hommes. Ils portaient de grandes toges de soie, brodées richement de fis d'or et d'argent, dont les motifs floraux encerclaient les longues manches. Leurs poitrails étaient protégés par une grande armure ornée de motif de dragon au centre de laquelle justement une dragon blanc et un noir s'entremêlait dans une danse mystique.
Seul deux d'entre eux portaient des casques aux allures draconiennes dont le métal se mélangeait parfaitement avec les formes de leurs visage.
Ainsi c'était eux les maîtres dragonniers, les grands chevaucheurs et guides spirituels du Clan du Dragon.
« -Que s'est-il passé Maitre Dragonnier, demandais-je curieuse. Comment tout ceci s'est-il passé ?
-Les dragons nous ont laissés leur progéniture, Ryuka il y a bien longtemps de cela, commença le dragonnier à la toge rouge. Cela remonte à un siècle exactement.
-Nous avons veillé sur l'enfant comme sur nos vies, les humains de l'île en prenait soin et chaque génération, c'était une petite fille qui jurait sur sa vie de veiller à l'œuf, poursuivit le dragonnier à la toge bleu. La dernière en date n'est autre que Oguri Miharu.
-Il y a deux ans maintenant, raconta le dragonnier à la toge jaune, une grande ombre s'abattit sur l'île et nous fûmes envahies par des démons chats. Nous n'avons pu qu'aider Miharu-chan a s'enfuir avec l'œuf.
-Depuis, les démons chats mènent la vie dure à notre clan, soupira le dernier dragonner à la toge verte. Par souci de sécurité on nous enferma alors nous ne savons pas ce qu'il s'est produit ensuite…
-Ni la raison pour laquelle les démons chats ont décidés d'attaquer maintenant et pas avant…, ajouta le dragonnier vert.
-C'est simple expliqua Kohaku tout en conduisant AhUn vers le camp, ils ont tués Miharu-sama et ont récupérés l'œuf de dragon.
-Et ils utilisent les pouvoirs du sang du dragon pour doper les humains et envahir le Japon, poursuivit Shippo.
-Miharu-chan est morte ? S'exclama le dragonnier rouge. Comment cela a-t-il pu se produire…
-Elle n'est pas morte, précisais-je.
-Mais vous avez dit que…
-J'ai en effet dit qu'elle avait été tué, reprit Kohaku, pas qu'elle était morte.
-Je ne comprends pas, fit le dragonnier jaune en fronçant les sourcils.
-Sesshomaru-sama a ressuscité Miharu-sama, expliqua Shippo, il en a le pouvoir grâce à son sabre.
-Nous ne pourrons jamais nous remercier assez Sesshomaru-sama, firent-ils en cœur en abaissant la tête, aussi allons nous combattre à vos côtés sous vos ordres.
-He ! S'exclama Shippo, c'est avant tout de votre faute que nous sommes obligés de combattre ! Ce n'est pas rentable…
-Alors que voulez vous que l'on fasse ? Demanda le dragonnier à la toge bleu. »
Sur cette question nous atterrîmes doucement et les quatre maîtres dragonniers furent accueillis par la joie de Miharu qui sauta littéralement dans leurs bras.
« -Kô-sama ! S'écria-t-elle en sautant dans les bras du dragonnier rouge.
-Miharu-chan quelle plaisir de te revoir, fit alors le dragonnier bleu.
-Shâ-sama ! Pyou-sama…Retsu-sama, fit-elle en sanglotant. Que soit loué les dragons anciens vous êtes vivants !
-Puissent-ils bénir nos retrouvailles Miharu ! Fit Pyou le dragonnier jaune.
-Je suis tellement désolée, j'ai échoué dans mon rôle de gardienne…
-Allons Miharu-chan, protesta Shâ le dragonnier bleu, tu n'as en rien échoué. Tu as simplement fait de ton mieux…
-Et puis, poursuivit Retsu, si les seigneurs dragons t'ont menés sur la voie de ces guerriers, c'est qu'ils le désiraient.
-Merci, fit-elle en se laissant bercée par les bras de Retsu, merci beaucoup.
-Rentrons, ordonna Sesshomaru toujours aussi froid. »
Ce que nous fîmes immédiatement. Le reste de la journée se passa de manière habituelle, quelques fausses alertes, de la surveillance anti-espion, mais rien de bien méchant.
Quand le soleil se coucha et que les patrouilles s'échangèrent, Inuyasha et moi partîmes vers la colline qui était devenu le point de rendez vous des maîtres de guerre. Au moins, il n'y avait pas de place pour un quelconque traître ou espion, car tous ceux qui étaient présents n'étaient autre que les chefs de clans qui avaient jurés fidélité à Sesshomaru et de toute façon nous avions fait le plus gros du boulot en empoisonnant leurs eaux et leurs nourritures et en récupérant les maîtres dragonniers.
Et puis la colline était vraiment un endroit pratique : une grande colline qui surplombait toute la côte, le champ de bataille et d'où l'on pouvait même apercevoir les feux des torches ennemis au loin. Il n'y avait aucun arbre où se cacher, aucun moyen de se terrer sous terre pour écouter.
Sesshomaru se tenait comme avant la bataille, droit et fier, menton relevé, domptant l'horizon de son regard froid et inquisiteur. Celui qui ne le connaîtrait pas sentirait pourtant le poids et la pression qu'il exerce : c'était ceux des chefs.
Ses longs cheveux argentés dansaient autour de son corps embrassant le vent d'une grâce habituelle et les pans de ses longues manches suivaient le rythme en fouettant l'air d'un froissement de tissus.
Ses deux armes reposaient sur sa hanche gauche attendant le moment où il faudrait de nouveau les utiliser pour tuer.
« -Maîtres-Dragonniers nous vous écoutons, procéda alors Jaken. »
Kô s'avança au nom de ces congénères :
« -Nous sommes près à vous prêter main forte pour cette bataille Sesshomaru-sama.
-Ne craignez vous pas pour ceux de votre clan ? S'enquit un youkai sanglier.
-Ceux qui sont sur l'île sont les membres de notre clan. Les autres ne sont rien, expliqua Kô. C'est pourquoi nous les tuerons sans l'ombre d'un remord ! Sesshomaru-sama, fit-il en haussant le ton, s'il vous plait laissez nous combattre à vos côtés !
-Laissez nous regagner l'honneur de notre Clan ! Poursuivit Shâ.
-Et reprendre le contrôle de notre Clan ! Ajouta Pyou.
-Ainsi que sauver le dragon Ryuka, acheva Retsu.
-C'est beaucoup demander, remarqua un youkai, pour ceux qui se sont fait capturer…
-Silence ! Ordonna Sesshomaru. »
Le youkai en question se renfrogna et Kô attendit en fronçant les sourcils la suite. En fin de compte, seul lui et Shâ portaient des casques mais sans ils n'étaient pas différents des autres.
« -Maîtres Dragonniers, faites ce que vous voulez, déclara Sesshomaru. Je veux savoir maintenant à quoi nous attendre d'autres.
-Ryuka-sama vient à peine d'éclore, intervint Miharu, ils ne pourront utiliser son sang trop longtemps sans risquer de la perdre.
-Il faut aussi ajouter à cela qu'aucun de ces démons ne possèdent les arcanes majeurs du dragon, précisa Kô, ils comptaient nous les prendre…
-C'est pourquoi ils nous ont gardés vivants, ajouta Retsu.
-Mais nous avons tenu bon.
-Il faut aussi prendre en compte le jeune âge de Ryuka-sama, affirma Shâ. Selon nos estimations, la puissance du sang du dragon naissant n'équivaudra jamais à celle du sang d'un dragon mature et bien âgé.
-La durée n'en sera que plus raccourci.
-Voila une bonne nouvelle, fit Jaken, au moins nous n'avons pas à craindre de leur puissance pendant trop longtemps…
-Il y a une chose que je n'ai pas comprise, intervins-je en attirant tous les regards présents, comment les démons chats ont-ils fait pour contrôler le Clan du Dragon ?
-Ils ont pourfendus notre chef, déclara simplement Kô. Un youkai drapé de blanc et brandissant un arc de platine l'a tué d'une flèche argenté dans son cœur. C'est un puissant sort qui scelle le youkai, qu'importe sa puissance.
-C'est un arc pourtant rare, déclara Shâ, notre maîtres dragons nous en avaient parlés.
-Un arc ? S'étonna Inuyasha, en quoi un arc pourrait-il être aussi puissant ?
-J'en ai entendu parlé, déclara Jaken, c'est l'Arc du Scellé.
-L'Arc du Scellé ? Nous demandâmes en cœur.
-L'Arc du Scellé est un puissant outil fabriqué autrefois dit-on par la reine gardienne des esprits pour punir les grands démons tyranniques, raconta Jaken.
-La Reine gardienne des esprits, répéta Sesshomaru soudainement intéressé. Continue.
-Cet arc est fait de platine et de diamantine dit-on et l'on ne peut y tirer que des flèches d'argent pur. La légende prétend que, peu importe la puissance de la cible, il est impossible de rater son objectif avec…
-En d'autre terme, l'arme la plus dangereuse qui soit pour un taiyoukai, résumais-je. »
Suite à cette révélation, les youkais commencèrent à papoter entre eux, argumentant chacun pour telle ou telle raison sans que vraiment je puisse en suivre le fil.
J'étais un peu perdu dans mes pensées et cette histoire d'arc n'était pas de bonnes augures. Si jamais cette personne était présente parmi l'ennemi et qu'elle tirait sur Inuyasha…j'en frissonnai de crainte…
« -Ca suffit pour le moment, ordonna Sesshomaru, vous pouvez vous retirer. »
Ce que la plupart des chefs de clans firent. Seuls restèrent Miharu, Kotetsu, Kohaku, Shippo, Les Maîtres Dragonniers, Jaken, Inuyasha et moi-même.
« -Miharu, quand comptent-ils attaqués ? S'enquit-il.
-Et bien, selon mes estimations, je pense qu'ils ne vont plus traîner maintenant, déclara-t-elle. Après tout, nous avons réussi à récupérer les Maîtres Dragonniers, ils ne peuvent plus se permettre de nous envoyer des petites troupes comme celles d'aujourd'hui. De plus, ils peuvent se rendre compte n'importe quand du poison dans leurs plats et leurs bols…
-Demain, affirma alors Retsu les yeux perdus dans un état léthargique.
-Demain ? Redemanda Jaken. Comment le sais-tu ?
-Retsu-sama a des dons de voyance, expliqua Miharu. Quand exactement ?
-Le soleil sera à son zénith quand les premiers cris retentiront à l'autre bout de la plaine. L'archet assassin se drapera du blanc de son courroux et la flèche purificatrice scellera le cœur de son aimé, prophétisa-t-il.
-Comment ? Que veux-tu dire ? Intervint Jaken. »
Malheureusement Retsu revint à lui bien vite et ne comprit pas le sens de la question.
« -Quand Retsu-sama revient à lui, annonça Kô, il ne se souvient de rien. C'est pourquoi ses paroles sont importantes.
-Alors la bataille aura lieu demain, énonça Miharu en tremblant d'excitation.
-Tu resteras au camp, ordonna alors Kotetsu.
-Comment ? Ce combat est le mien avant tout ! S'écria-t-elle furieuse. Je dois sauver Ryuka-sama et…
-Tu protégeras le camp au cas ou, protesta Kotetsu, je me charge de Ryuka-sama.
-Mais…
-Il a raison Miharu-chan, fit Pyou. Il aura plus de chance de se glisser parmi les soldats et de récupérer Ryuka-sama. »
Miharu abaissa la regard et se tut, réfléchissant certainement à cette nouvelle.
Son regard se perdait sur le sol et la petite lueur de malice avait cédé place à une lueur d'inquiétude. Je connaissais ce genre de regard, pour l'avoir eu à chaque fois qu'Inuyasha devait combattre pour moi, pour me protéger et me sauver.
Aurais-je été moins observatrice, je n'aurais pas pu affirmer mentalement que Miharu en pinçait pour Kotetsu…
Ce dernier releva la tête et son regard, plus sérieux et plus distant, toisa celui de Sesshomaru. Il y eut comme une sorte de tension électrique dans l'air et l'atmosphère tendu sembla de plus en plus angoissante.
« -Que veux-tu Kotetsu ? Demanda alors Jaken.
-Rien de plus que ce que nous voulons tous ici, répondit-il sans lâcher Sesshomaru du regard. Quand cette guerre sera terminée, irez-vous la chercher ?
-Chercher qui ? Demanda Shippo.
-Je ne vois pas pourquoi je le ferais, répondit Sesshomaru, qu'est-elle pour que je prenne la peine de la retrouver ?
-Après tout ce temps passé à ses côtés, n'éprouvez-vous donc pas un semblant de compassion pour elle ? Fulmina Kotetsu.
-Ce serait gâcher de l'énergie…
-Comment pouvez-vous…après tout ce que vous avez fait pour la garder à vos côtés, je pensais qu'il y aurait au moins un attachement !
-Tu pensais mal en ce cas Kotetsu, rétorqua Sesshomaru, elle était mon esclave et moi son maître. Je lui ai juste rendu la liberté et elle est partie.
-Contre son gré ! S'écria Kotetsu.
-Avec ou pas son accord, elle est partie point final. Pourquoi prendrais-je la peine d'aller la chercher ?
-Parce qu'elle serait restée avec vous !
-Mais de qui ils parlent ? Se demanda Kohaku.
-Comment peux-tu le savoir ? Poursuivit Sesshomaru en ignorant la question. Tu n'es pas à sa place.
-Moi au moins je vois plus loin que ma petite personne ! Se défendit Kotetsu. Vous, tous ce que vous voyez c'est votre petit monde, tous ce qui vous importe c'est votre petit confort personnel !
-Et alors ?
-Et alors ? Je vais vous dire ce qu'il y a, vous serez malheureux pour le restant de votre misérable existence ainsi ! Kumiko-sama aurait tout donné pour rester à vos côtés, elle n'avait besoin que d'une seule preuve, un simple geste d'affection aurait suffit ! Mais non ! De toute façon pourquoi suis-je en train de vous dire cela ! J'avais oublié qu'à part vous, rien n'avait d'importance dans votre petit monde.
-Tu vas trop loin Kotetsu-kun, protesta Jaken.
-Trop loin ? Rageait-il maintenant, on se demande qui est trop loin ! Si j'avais l'opportunité je vous botterai les fesses pour être aussi aveugle devant tant d'évidence !
-Mais tu ne peux pas…, rappela Sesshomaru.
-Je ne le ferais pas par respect pour Kumiko-sama ! Par respect pour ses sentiments.
-Que sais-tu des sentiments qu'elle pourrait avoir ! Fit Sesshomaru qui commençait à s'énerver.
-Je suis certain d'une chose !
-Et laquelle ? Fulmina le taiyoukai.
-Elle vous aimait. »
Silence. Sesshomaru resta là à toiser méchamment Kotetsu pendant que celui-ci lui rendait en relevant la tête fier de ses aveux. Aucun des deux protagonistes ne sembla faire le moindre geste. Puis un petit youkai débarqua en haut de la colline et s'approcha de Jaken pour lui murmurer à l'oreille.
Sesshomaru inspira profondément et se redressa quand Jaken reprit la parole :
« -Nos espions confirment l'offensive de demain, annonça Jaken. Ils comptent régler cette affaire dans l'après-midi une bonne fois pour toute.
-Alors nous en ferons de même, annonça Sesshomaru. Fais prévenir le reste des troupes, qu'ils se préparent pour la grande bataille de demain.
-Bien sûr maître, s'inclina le petit youkai messager avant de disparaître.
-Demain sera une bataille décisive, fit Jaken, aussi devrions nous reposer…
-Je vois, soupira Sesshomaru comme blasé. Qu'en est-il de tes recherches Jaken ?
-Et bien…, le youkai crapaud hésita à répondre puis se ravisa en voyant que son silence empirait les choses, pour l'instant je n'ai toujours rien concernant sa localisation…
-Je vois…
-Même Bokuseno-sama l'ignore, expliqua Jaken, c'est comme si Kumiko-chan avait totalement disparu de la surface de la terre…
-Que s'est-il passé enfin ? M'énervais-je. Où est Kumiko ?
-Si nous le savions, nous ne serions pas là à la rechercher, répondit Jaken. Kumiko a été enlevé par la Reine du Royaume gardien.
-Le royaume gardien ? Interrogea Inuyasha.
-La perle noire qui se trouve dans votre œil fut un passage autrefois vers la tombe de votre père, expliqua Jaken.
-Le même endroit où nous avons récupérer le fragment de Shikon qui se trouvait dans le corps du père d'Inuyasha ? Demandais-je en me souvenant de l'immense squelette et de l'intervention de Sesshomaru.
-Oui, hocha-t-il de la tête, cet endroit est la frontière entre le monde des esprits et le monde des vivants, et Kumiko serait la futur reine de ce royaume…
-Incroyable, murmurais-je, comment est-ce possible, elle ne vient pas du même monde…
-Le monde des esprits est épargné par le temps, intervint Sesshomaru, elle peut très bien venir du monde des esprits et devenir la future reine que cela ne changera rien…
-Pauvre Kumiko, constatais-je tristement, le destin est parfois bien cruel…
-Pfeuh ! Cracha Kotetsu, si Sesshomaru-sama l'avait vraiment voulu, elle ne serait pas partie ! Alors pauvre Kumiko en effet, mais le destin n'est pas à blâmer ici !
-Kotetsu ! Gronda Miharu. »
Sesshomaru n'en prit aucune garde, au contraire il sembla s'en moquer éperdument.
Puis son regard se dirigea de nouveau vers l'horizon et tous ceux qui étaient présents sur la colline le suivirent dans un mouvement identique.
« -Sesshomaru-sama, fit alors Jaken.
-Quoi ?
-Je viens de me souvenir d'une chose…
-Laquelle ?
-Et bien cette Miserere, est bien la reine du royaume gardien…
-Oui.
-Mais l'Arc du Scellé n'a-t-il pas été crée par cette même femme ? »
Le silence retomba dans la petite assemblée que nous formions, chacun prenant de plus en plus conscience de la nouvelle. Il avait raison.
Au moins, si le lendemain l'archer serait introuvable, nous pourrions retrouver sa trace en cherchant en même temps Kumiko…
A ce propos je me demandai ce qu'elle devenait. Sesshomaru semblait ne pas être atteint de son absence, pourtant un sixième sens me disait que c'était le contraire.
Alors durant la nuit, tandis qu'Inuyasha se reposait en alerte à mes côtés, j'entendis des bruits de pas régulier. Me redressant Inuyasha ouvrit un œil et m'avertit :
« -C'est Sesshomaru, fit-il.
-Ah bon ?
-Depuis que nous sommes arrivés, tous les soirs ils errent dans le camp sans vraiment avoir de but…
-Pourtant il n'est pas le genre à se tracasser pour une guerre…, murmurais-je.
-Je me demande ce qui le tracasse, soupira Inuyasha.
-T'inquièterais-tu pour ton frère ? Demandais-je souriante.
-Te fou pas de moi, je m'en moque de ce qu'il pourrait avoir, bougonna-t-il, je suis juste curieux.
-Ben voyons…
-Qu'est-ce que tu insinues ?
-Tu ne peux pas mentir devant moi, soupirais-je. Tu t'inquiètes pour ton frère et c'est tout à fait normal, il n'y a aucune honte à cela ! »
Il se tut et se renfrogna, marmonnant dans sa barbe des plaintes que lui seul pouvait comprendre. Puis les bruits de pas revinrent et l'envie de les suivre me prit au cœur. Je me redressai doucement, mon ventre étant assez encombrant comme ça, et m'apprêtais à sortir quand Inuyasha me retint :
« -Que comptes-tu faire ?
-Juste aller lui parler, le rassurais-je.
-Sesshomaru n'est pas le genre à apprécier la causette, reste ici.
-Tu n'es pas ma mère, je fais ce que je veux ! Rétorquais-je en ouvrant la tente d'un geste rageur.
-Je t'empêcherais de t'exposer à pareil danger ! Protesta-t-il.
-Osuwari ! Murmurais-je avec force en sortant de la tente. »
En refermant le pan de tissu qu'était la porte d'entrer, j'entendus son corps ramener au sol violemment et des grognements de douleur s'élevèrent de l'intérieur de la tente.
Puis je suivis Sesshomaru. Il se trouvait maintenant à la colline, le regard différent de celui qu'il arborait dans la journée. Il était certes toujours aussi fermé, emprunt d'autorité et de froideur, mais demeurait une lueur de tristesse dans cet océan d'ambre.
Je m'approchai de lui, sachant qu'il m'avait remarqué depuis longtemps. Il ne protesta pas quand je m'assis à ses côtés.
Puis nous nous mîmes à arpenter le ciel obscur de nos yeux, appréciant le silence apaisant de la nuit après cette journée de bataille.
La lune pleine se refléta dans son regard ocre et éclairait un visage lisse, parfait, mais d'une fragilité incroyable. Il était beau, il semblait si humain.
Se fut à cet instant que je compris ce qui avait tant plu à Kumiko, chez ce Sesshomaru que je n'avais jamais vu.
« -Que veux-tu ? Me demanda-t-il alors sans perdre la lune de vue.
-Rien de particulier, répondis-je. Peut être en savoir plus…
-Qu'est-ce que cela t'apportera de savoir ? C'est futile.
-Je serais rassurée, pour Kumiko et pour toi.
-Serais-tu inquiète ?
-Oui, répondis-je catégorique. Aucun de vous deux ne méritent de souffrir du silence et du devoir.
-Qu'en sais-tu de ma souffrance, renifla-t-il avec dédain.
-Les humains et les youkais l'ont en commun, la souffrance. Alors je le sais c'est tout. Sesshomaru, tu es l'homme le plus impénétrable qui me soit été donné de rencontrer. Pourtant…je croyais que tu détestais les humains, mais tu en as sauvé pourtant. Je croyais que tu détestais la compagnie, pourtant tu as vécu si longtemps avec Rin-chan.
-Rin n'est plus, rappela-t-il. Elle a été violé et tué par celui qui dirige cette armée.
-Comment le sais-tu ?
-Kumiko répondit-il. Puisqu'elle sera la futur Reine qui garde la frontière entre le monde des esprits et le monde des vivants, alors elle a le pouvoir de les voir, de les entendre.
-Rin lui a dit dans ce cas, concluais-je. Et après ?
-Après, la reine est venue la reprendre, alors que j'avais ordonné à ce qu'on le retrouve. Elle m'a donné son emplacement et elle est repartie avec Kumiko.
-Tu l'as laissé partir ? Pourquoi ?
-C'est son destin tout simplement, répondit-il, elle est née pour être ainsi et pas autrement. Miserere a raison, je ne suis pas en mesure d'en décider.
-Mais que faire de sa volonté ? De ses sentiments ? Je sais que Kumiko t'aimait vraiment et qu'elle aurait tout fait pour rester à tes côtés…
-La reine demandait en échange une chose impossible, fit-il simplement.
-Que demandait-elle ?
-Quelque chose que je n'ai jamais eu, souffla-t-il.
-Des sentiments ? Demandais-je.
-Oui.
-Tu ne peux pas dire que tu n'en as jamais eu…, expliquais-je, parce que sinon tu ne serais pas vivant.
-Que veux-tu dire ?
-Même si tu es naturellement froid et renfermé, tu vis, tu as tes peurs, tes souffrances, tes regrets, tes colères, tes humeurs. Se sont ça les sentiments. Tu détestes les gens qui te font du mal, tu apprécies la compagnie de ceux qui t'en font du bien. Tu désires leur présence et c'est la preuve que tu as des sentiments.
-Tu parles comme Kumiko, soupira-t-il. Elle pensait que j'errais, parce que j'ignorais ce qu'était l'envie ou le désir.
-Moi je pense que tu erres, depuis qu'elle n'est plus à tes côtés. Sesshomaru, que ressens-tu pour Kumiko ?
-Je ne sais pas, répondit-il simplement. Le devrais-je ?
-Quand tu étais à ses côtés, comment te sentais-tu ?
-Bien je dirais, apaisé…beaucoup de chose se produise généralement quand c'est le cas…
-Comme ?
-Une douleur sourde à la poitrine, des sensations à l'estomac, je me comporte de façon étrange. Je ressens le besoin d'humer son parfum sans arrêt, de la sentir contre moi…
-Ce n'est pas un besoin, c'est une envie.
-En quoi cela est différent ?
-Le besoin est essentiel pour la vie, pas l'envie. Mourrais-tu si tu n'avais pas humer son parfum ou si elle n'était pas contre toi ?
-Je ne meurs pas aussi facilement…
-Alors c'était une envie tout simplement. L'envie de la voir sourire, l'envie d'être à ses côtés, d'entendre encore et encore sa voix te parler, son rire si agréable à tes oreilles, avoir envie de sentir son regard sur soi, sans que jamais il ne s'en détache, avoir envie de rester éternellement dans ses bras, que le temps s'arrête pour que ses moments à jamais ne demeurent…
-Tu énumères cela comme si tu l'avais vécu, remarqua Sesshomaru, sais-tu ce que cela signifie ?
-C'est ce que je ressens avec Inuyasha, tout simplement. Je crois que tu es épris de Kumiko, tout simplement.
-Pff, ne dis pas de telles bêtises, cracha-t-il froidement.
-Mais je ne dis pas…
-Il est impossible pour moi Sesshomaru d'aimer qui que se soit ! S'énerva-t-il.
-Vraiment ? Intervint Inuyasha, et pourquoi ?
-Inuyasha…
-Parce que c'est trop humiliant d'aimer ? Cela rend faible d'aimer ? Cela rend pitoyable d'aimer ? A moins que tu sois bien trop important, bien trop parfait pour avoir besoin de cela ! Tu es au dessus de tout, tu l'as toujours été, alors pourquoi l'amour aurait-il sa place en toi ? Il a raison Kagome, Sesshomaru est tout simplement incapable d'aimer quoi que se soit qui ne soit pas de sa personne.
-Inuyasha, protestais-je.
-Espèce de…
-De quoi ? Hanyo ? Ha ! S'exclama-t-il. Au moins j'en suis fier ! Parce qu'ainsi j'ai pu comprendre père et j'ai pu le surpasser ! Tu prétends que parce que je ne suis qu'un hanyo je suis incapable de comprendre père, que je ne l'ai jamais vu de son vivant, que je n'y connais rien ? Mais moi au moins je suis amoureux, j'ai une femme, je vais avoir des enfants et je vais vivre avec et les éduquer ! Père n'a jamais pu le faire lui de son vivant ! En quoi suis-je donc si faible ? Toi tu es né fort, avec déjà la possibilité de vivre de toi-même. Mais regarde-toi ! Est-ce que tu es heureux ?
-Inuyasha, appelais-je en comprenant qu'il déboulait son sac enfin.
-Depuis le tout début tu m'as rejeté comme un moins que rien parce que j'avais du sang humain ! Ma mère est morte et père n'était déjà plus là ! Je n'avais que toi ! Et j'avais besoin de toi ! Mais tu t'en foutais complètement ! Et bah j'ai survécu malgré ce besoin ! Maintenant je peux moi aussi me débrouiller seul et ça c'est grâce à Kagome et à tous mes amis ! Je suis heureux et comblé ! Et toi ? Tu as le pouvoir, la puissance, des terres, la richesse, la compagnie des femmes, le luxe et le confort, mais et après ? Es-tu heureux ? »
De rage, Sesshomaru s'élança sur lui, griffes en avant. Inuyasha lui attrapa le poignet et ensemble ils dévalèrent la colline, en évitant à chaque les tentatives de l'autre.
Ses deux là ne pouvaient-ils donc que se battre ?
Puis l'atterrissage les sépara. Inuyasha fut le premier à se relever :
« -Apparemment tu n'es pas heureux ! Tu n'es pas infaillible et tout puissant ! Tu as tes propres faiblesses et je sais exactement se son lesquels !
-Tu parles de chose dont tu ne sais rien minable ! Gronda Sesshomaru.
-C'est ta perfection qui fait ta faiblesse ! S'écria Inuyasha en lui collant un direct du droit dans la figure. »
L'impact n'était rien pour Sesshomaru, pourtant il en tomba comme d'un coup mortel. Il fut projeté à plusieurs mètres de là et resta allongé sur le flanc, la main sur sa joue.
Inuyasha se tint droit et le domina de toute sa hauteur :
« -Tu me fais pitié ! Avoir l'éternité pour condamnation et sa propre personne pour prison ! Tu as perdu Rin, et maintenant tu refuses l'amour de Kumiko ! Tu dis que je suis minable mais on se demande lequel des deux l'est ! »
Puis il se retourna et me rejoignit en me demandant de venir avec lui. Je le giflai.
Il n'en fut pas surpris.
« -Je suppose que c'est le prix à payer pour n'avoir pas été honnête envers moi-même, je serais dans la tente.
-D'accord, affirmais-je en me dirigeant doucement vers Sesshomaru. »
Il s'était juste redressé mais restait assis. Il frottait sa joue pensif, toute trace de haine et d'amertume disparut de ses traits. Le grand Sesshomaru, incroyable guerrier au sang-froid infaillible n'était en cet instant qu'un homme dont les convictions venaient de s'effondrer.
Et celle qui aurait dû le voir ainsi ce n'était pas moi mais Kumiko. Pourtant elle n'était pas là. Qu'aurait-elle fait à ma place ? Je ne sais pas.
Alors j'ai préféré agir fidèle à moi-même :
« -Est-ce que Inuyasha t'a…fais mal ?
-Va t'en, fit-il sans froideur ni grande conviction.
-Désolé je ne suis pas un soldat ni une de tes esclaves, rappelais-je. Montre moi ta joue. »
Il me repoussa violemment et je tombais lourdement dans un petit cri de stupeur. La main sur mon ventre, j'attendis que la douleur disparaisse.
La soudaine rage qui le consumait céda place à un regret :
« -Ne…t'approche pas.
-Je sais que tu aurais préféré avoir Kumiko à tes côtés mais…
-Pourquoi tu en reviens toujours à la même personne ? Kumiko est partie, un point c'est tout.
-Ce qu'Inuyasha t'a dis ne t'a rien fait ? Ne sens-tu pas le besoin de le corriger en lui montrant qu'il a tort ?
-Je l'aurais fais…s'il avait eu tort, expliqua-t-il en frottant sa joue pensivement. »
J'en étais complètement sidérée. Le grand Sesshomaru…se…se rabaisser à ça.
Cela m'énerva. Ce n'était pas le Sesshomaru que je connaissais et certainement pas celui que Kumiko aimait !
Alors je serrais le poing et lui en mis une deuxième sur l'autre joue. Ce coup-ci, il ne partit pas dix mètres au loin, il resta seulement là à ne pas comprendre.
« -Qu'est-ce qui te prend ? Me demanda-t-il.
-Bah alors ! J'ai frappé le grand Sesshomaru, pourquoi tu ne me le fais pas regretter ?
C'est ce Sesshomaru que Kumiko aime, pas un autre ! Reprends-toi ! Ok j'avoue ça fais mal de voir ses convictions s'effondrer et surtout par son demi-frère plus jeune que soi, mais on a tous le droit de faire des erreurs ! Toi y compris. Alors debout, redeviens celui que nous connaissions et agis comme tu l'aurais toujours fais.
-Comme je l'aurais toujours…fais…
-Aller quoi ! Tu es le plus puissant taiyoukai qui puisse exister ! Alors au lieu de te lamenter sur le fait que ton frère ai raison, fais en sorte qu'il ne l'ai plus ! Alors tu vas finir cette guerre stupide et sillonner tout le Japon pour retrouver Kumiko, lui dire ce que tu ressens et la garder à tes côtés pour toujours !
-Dis ainsi cela semble si simple…, plaisanta-t-il.
-Si tu ne le fais pas, je te botterai les fesses !
-Essaie donc !
-Hyaa ! »
Mais il n'eut pas le temps car au loin, une ligne noire s'étirait, masquant la vue sur la mer d'une ombre menaçante.
Puis le vent apporta des cris et des hurlements stridents, de rage, de haine et de désir de sang et Sesshomaru se releva immédiatement :
« -Que se passe-t-il? Demandais-je affolée, ils ne devaient pas attaquer avant demain après-midi.
-Ils ont dû changé d'avis ! Je te charge de la protection du camp pendant que je me charge d'eux. »
Il m'attrapa par la taille et d'un saut gracieux me mena à la colline sur laquelle régnait une agitation particulièrement emprunte à la panique.
Inuyasha vint me réquisitionner et Sesshomaru ramena l'ordre :
« -Que tous se préparent pour le bataille finale ! Je veux tous les clans prévu pour demain sur le terrain ! Vous avez une demi-heure pas plus pour la préparation ! S'écria-t-il en lançant des ordres à droite et à gauche, Kô, Shâ, Pyou et Retsu avec moi ! Kotetsu en première ligne avec Kohaku et Shippo ! Allons vite ! »
Puis il bondit en avant, sautant gracieusement par-dessus la grande colline, en direction de l'ennemi.
Inuyasha brandit Tessaiga et sauta de même à la poursuite de Sesshomaru pendant que Kotetsu rejoignait le reste des troupes. Miharu me prit par la main et ensemble nous courûmes en direction des fortifications principales.
Arrivées là-bas, arc et carquois en main, nous prîmes la défense du fort contre toute éventuelle attaque et chacune oeuvra à la garde et à la protection d'un côté des entrées.
Dans le fort, c'était un peu la panique. Les soldats se précipitaient pour prendre armes et armures et partaient en de petite troupe rejoindre le reste de leur clan pendant que d'autres se préparaient à la défense du fort, arcs et flèches en stock au cas ou…
Puis les clans respectifs partirent quand une grande explosion venant du front surgit, avec des lames jaunâtres traversant le ciel, dans un tourbillon meurtrier. Inuyasha avait déjà commencé avec La Morsure du Vent…
Puis des éclairs bleutés zébrèrent dans le ciel et vinrent s'abattre sur la plaine où se déroulait le combat, preuve que Sesshomaru ne leur rendait pas la tâche facile. Il avait complètement changé par rapport à la veille. Plus assurant, le cœur léger, il était redevenu l'indomptable taiyoukai que je connaissais, avec un but cette fois ci. Cela ne le rendit que plus fort et plus dévastateur. Ses éclairs pourfendaient les corps des soldats de première ligne, ne laissant derrière que de la poussière.
Les clans partirent un à un, et bientôt, un silence de mort s'installa dans le clan, alimenté tantôt par les cris et les explosions qui résonnaient de la plaine voisine.
J'étais terriblement inquiète pour Inuyasha. Même si j'avais fais tout ce chemin pour combattre à ses côtés, il n'avait pas accepté que je sois sur le champ de bataille et les raisons qu'il m'avait fournie m'avait fait renoncer, en plus de l'ordre de Sesshomaru de veiller sur le fort :
« -Je ne pourrais donner mon meilleur de moi-même en te sachant constamment en danger, m'avait-il dit dans un murmure. »
J'avais au final abandonner face à la tendresse de son argument et maintenant j'avais un peu de mal à l'accepter. Inuyasha était loin, il combattait plus ou moins seul contre des humains hyper dopé aux sangs de dragon et même s'il était en compagnie de Sesshomaru, rien ne me laissait présager que tout se passerait bien.
Puis l'alerte d'une attaque résonna dans le fort et une horde de soldat complètement fou se jetèrent sur les remparts de la petite forteresse avec rage et furie. Les barricades de bois craquèrent puis cédèrent face à la puissance de l'impact et les hommes entèrent alors dans le fort…cueillis par une nuée de flèche meurtrière commandée par Miharu.
De mon côté, cela semblait silencieux et j'ordonnai à ce qu'on aide Miharu dans la défense pendant qu'une petite partie de la troupe continuerait à surveiller mon côté.
Encochant une flèche, je partis de mon côté, pour aider Miharu dans sa tâche. Les ennemis n'étaient pas très nombreux, une cinquantaine tout au plus cependant leur force était terrifiante.
Il fallait pourtant tenir bon…
« -D'après mes calculs, s'écria Miharu, ils n'en n'ont que pour une heure tout au plus !
-D'accord !
-Il faut le dire aux autres ! M'informa-t-elle.
-Je ne peux pas te laisser ! M'écriais-je à mon tour en tuant deux hommes qui s'élançaient vers moi, bien que cela me répugnait d'ôter la vie. »
Puis alors que je voulais encocher une autre flèche, je sentis plusieurs bras se saisir de moi et m'immobiliser. J'allais demander de l'aide quand j'entendis une voix familière ainsi qu'un objet fendant l'air puissamment. Puis les corps des hommes furent tranchés par un boomerang géant me faisant perdre l'équilibre au passage. Deux mains se saisirent alors de ma taille et un châle bleuâtre me protégea d'une projection de gravats due à la chute d'un youkai de pierre.
« -Tout va bien Kagome-sama ? Me demanda alors Miroku.
-Miroku ? Sango-chan ? Mais que faites vous ?
-On a appris que Inuyasha avait quelques soucis et que vous étiez partis pendant notre absence, expliqua alors Sango en tranchant une poignet d'ennemi. On ne pouvait pas vous laisser tomber comme ça !
-Et puis, ajouta Miroku en me défendant, nous avons toujours combattu ensemble alors pourquoi cette fois ci serait une exception ?
-Les amis…, murmurais-je touchée, merci.
-De rien !
-N'avais tu pas un message important à transmettre à Inuyasha ? S'enquit Sango en lançant son Hiraikotsu, prend Kirara, elle t'y amènera.
-D'accord ! »
En effet, Kirara se transforma et nous partîmes dans un bond puissant en direction du champ où la bataille faisait rage. Les youkais combattaient de manière vague, évitant sans arrêt en repoussant les assauts des humains devenus incontrôlables. Le sang giclait de partout, les hurlements de douleur rythmaient et complémentaient ceux de rage de vaincre et de plaisir de guerroyer.
Cela faisait au moins trente minutes que le combat avait commencé, donc il ne leur restait que la moitié de temps à attendre avant la fin du dopage.
Et à chaque fois le nombre de victime augmentait…avec celui des ennemis. Combien de personne le Clan du Dragon avait-il recruté ? Combien de promesse inutile avaient-ils fait pour convaincre les hommes de se joindre à eux ?
C'était si triste…et si rageant à la fois. Tout cela pour la haine et l'ambition d'un seul homme ! Je détestais les guerres, autant que je détestais ceux qui les alimentaient. Mais l'heure n'était pas à la haine.
En survolant la pleine je tombai sur Sesshomaru, qui combattait avec aisance et maîtrise. Il était divinement magnifique d'ailleurs, appuyé par les quatre maîtres dragonniers qui n'en laissaient pas des masses après chaque souffle. Pourtant un nouvel assaut écarta Sesshomaru d'eux et il fut vite encerclé par, non pas des hommes, mais des youkais qui ressemblaient aux démons panthères.
« -Nous le tenons désormais, siffla l'un d'eux.
-Il est à nous, ronronna un deuxième. »
Puis ils tournèrent autour de lui de plus en plus vite, si rapide que j'eus moi-même du mal à suivre leur mouvement. Il restait en leur centre, s'arrêtant de bouger, l'attention portée sur les ennemis qui lui tournaient autour. Qui attaquerait en premier ? D'où viendrait-il ? Je pouvais lire ses questions sur son visage impassible. J'allais pour l'aider quand une étincelle m'ôta l'attention de Sesshomaru, pour m'attirer ailleurs. C'était une femme aux longs cheveux d'un blanc de soie éclatant, brandissant un arc magnifique et une flèche dont la coulure d'argent avait attiré mon regard. Et la pointe de cette flèche était dirigée vers Sesshomaru. C'était l'archer et il était sur le point de…
Comprenant ce qui allait se passer je m'élançai alors vers Sesshomaru, hurlant de faire attention. Seulement j'entendis la corde se relâcher et la flèche fendit les airs en sifflant. Traversant en tournoyant la distance qui séparait le tireur de la cible, elle fondit sur sa cible en un trait parfait, un simple mouvement, la projection de la volonté de la mort dans le monde des vivants. Sesshomaru se débarrassa de tous les démons chats en tournoyant sur lui-même, son fouet tranchant la chaire comme un couteau brûlant s'enfoncerait dans du beurre. La chaire devint morceau et retomba au sol en une pluie écarlate tandis qu'il achevait sa danse meurtrière. Il s'arrêta, rangea son fouet d'un mouvement circulaire de son bras, et remit sa manche en interrompant ce cercle et en ramenant brusquement sa main auprès de son corps. Puis il se tourna vers moi appel et l'impossible se produisit.
Alors que son regard légèrement surpris se focalisait sur ma personne, l'expression de son visage se modifia légèrement, un quart de seconde tout au plus.
La flèche d'argent s'enfonça d'abord dans son armure, puis traversa le fin voile de soie de son haori pour se ficher dans sa poitrine et transpercer son cœur de puissant guerrier.
Le temps autour de moi sembla se pétrifier. Il resta là, à poser son regard inchangé sur moi, la froideur dans son regard, lèvres scellées dans une apparente grâce. La couleur de ses yeux changea doucement, passant d'une ambre incandescente à un cuivre mort. Il porta ce regard sur la flèche, leva son bras droit pour tenter de la retirer et s'arrêta alors qu'il l'avait empoigné.
Un liquide pourpre en sortit, coulant doucement sur sa peau devenue ivoire.
Puis ses jambes se dérobèrent mais il tint bon sur ces genoux.
J'entendis Inuyasha hurler son prénom et redoubler de rage en tuant tous ceux qui se trouvaient entre lui et son frère.
Les cheveux attachés en une queue de cheval se libérèrent sous l'impact de la petite chute et cascadèrent en une auréole argentée autour du prince des youkais, retombant sur ses épaules comme une plume se reposerait sur le sol.
Un mince filet de sang s'écoula alors de la commissure droite de ses lèvres et son regard figé sur la terre du sol, terre poussiéreuse et gorgée de sang, se releva vers la Lune magnifique.
Il ferma les yeux une fois, une larme de sang perla, une seule larme.
Il les ouvrit de nouveau, le regard éteint. Je m'approchai de lui en titubant :
« -Sesshomaru ! Sesshomaru !
-Quoi ? Me demanda-t-il d'une voix faible mais qu'il tentait de contenir froide.
-Oh mon dieu ! Sesshomaru, la…la flèche, sanglotais-je.
-…
-Ne meurs pas ! Suppliais-je. Si tu meurs, comment pourrons nous…
-He, ce n'est pas comme si vous perdez quelqu'un de cher…
-Tu l'es pour Inuyasha ! M'écriais-je, tu l'es aussi pour tes serviteurs et pour Kumiko !
-Kumiko…, soupira-t-il. »
Puis ses épaules s'affaissèrent doucement et tandis que son dernier appel résonna dans la plaine devenue silencieuse, le vent emporta la supplique amoureuse de Sesshomaru au travers des collines et des montagnes, amenant l'unique preuve d'un amour étouffé à celle à qui était destiné ce cœur percé.
Puis le grand prince des youkais, le fier guerrier qui pendant si longtemps avait vécu, combattu, dominé ses terres, le grand guerrier blanc, étincelant de perfection meurtrière et froide mourut. Alors qu'il venait de comprendre et d'accepter ses erreurs, alors que la promesse de beaux lendemains l'attendait, il rompit le fragile fil de sa vie, le regard toujours porté vers cette Lune dont la beauté ne changerait jamais.
Il était accroupi sur les genoux, les bras le long de son corps, Tokijîn dans sa main droite, Tenseiga dans sa main gauche, la tête relevé légèrement, le regard éteint vers cette Lune.
Même si sa mort ne me coûtait que la perte tragique d'un allié d'autrefois, d'un beau-frère que je commençais à connaître, je savais que quelque part au loin, dans ce monde, une jeune fille de mon âge crierai son nom, hurlerai de désespoir et maudirai chaque jour qui sera sans lui…en vain. Alors je n'avais pas à pleurer pour sa mort, je n'avais pas à me lamenter de sa disparition, je n'avais pas ce droit. C'était manquer de respect à celle qui serait à plaindre quand elle le saura.
Oui, Kumiko, où qu'elle puisse être, sera bien la plus à plaindre.
