Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi.

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Note de l'auteur : Salut tout le monde, et merci pour vos reviews ! Félicitations à angele.360 pour la numéro 600, au passage ! Euh, comment dire ? Désolé pour l'attente ?^^" Je n'ai pas vraiment de bonne excuse, à part qu'il y a vraiment, vraiment plein de trucs à faire sur le campus de Polytechnique, et que donc ce n'est pas facile de trouver le temps d'écrire. Mais bon, maintenant j'ai un gros mois de vacances, donc ça devrait aller un peu mieux ! Et ne vous inquiétez pas, pour X-ième fois, je n'abandonnerai pas cette fic !

Dans un autre ordre d'idées, j'ai maintenant une page face de bouc (qui a dit mégalomane ?), pour ceux que ça intéresse (au nom de Goten Askil, ça ne devrait pas être difficile à trouver, et de toute façon, je vais mettre un lien sur mon profil). Donc si vous avez des choses à dire en-dehors des reviews, des dessins à poster (tiens, si quelqu'un se sent de faire le blason de la famille Potter, je pense que ça ferait pas mal comme couverture pour ma fic), ou que sais-je encore, allez-y. Je pourrais aussi répondre aux reviews anonymes plus en détail là-bas, puisque c'est interdit de le faire dans les chapitres. Enfin bref, si vous avez des suggestions, n'hésitez pas !

Donc maintenant, comme vous en avez marre de lire ma note d'auteur, bonne lecture ! Et dites-moi à quel point vous avez envie de me tuer à la fin du chapitre…
RàR anonyme : Merci à (), titi6666, Voltea et LN Po pour leurs reviews et leurs encouragements.


Chapitre 53 : … Et un coup de croc


— Dis, Harry, tu crois que Fred m'en voudrait beaucoup si je mettais Greengrass en pièces ? demanda Ginny en arrivant, en retard dans la Salle-sur-Demande.

Harry se tourna vers l'entrée, relevant brièvement la tête du livre qu'il lisait –le Journal d'un Sorcier trahi. Après avoir raconté son histoire, Aymeric avait écrit une sorte de récapitulatif de tous les sorts qu'il avait inventés, ainsi que plusieurs textes sur d'autres domaines de la magie qu'il avait étudiés et qu'il trouvait particulièrement utiles ou intéressants. La plupart des faits qu'Aymeric jugeait révolutionnaires étaient devenus banals aujourd'hui, mais Harry ne désespérait pas de découvrir une nouvelle perle du genre du Dragon. Aymeric était, après tout, le premier sorcier de la plus puissante famille d'Angleterre.

— Je pense que oui, il t'en voudrait un peu. Pourquoi, qu'est-ce qui t'arrive ?

— Parce que si je suis en retard, c'est parce que j'ai dû semer la moitié de ma maison qui essayaient de me suivre. La plupart voulaient me convaincre de ne pas venir, mais il y en avait aussi qui voulaient profiter des mêmes cours que moi. Et tout ça, c'est parce qu'elle a été dire à tout le monde que tu me donnais des cours !

Harry grimaça intérieurement, il ne comptait plus les abr… élèves qui lui avaient demandé de les prendre eux aussi comme apprentis depuis que Daphné avait lâché sa bombe en cours de Défense. Sans parler des cinq ou six fois où Ron Weasley lui avait demandé ce qu'il avait fait à sa sœur. Harry aurait adoré se montrer très descriptif pour répondre à cette question, mais malheureusement il détestait mentir sur sa vie sexuelle. Il s'était donc contenté d'un petit sourire indiquant clairement que Ronald ne voulait pas savoir. Quand Rogue était arrivé peu après, Weasley avait écopé d'une retenue et Harry d'un regard méprisant. Le Maître des Cachots, étrangement, n'avait pas semblé apprécier les voir échanger quelques sorts amicaux.

— Ne t'en fais pas, ça finira par leur passer.

— Si tu le dis, répondit-elle, agacée. Bon, on s'y met ? Quel sort tu veux m'apprendre, ce soir ?

— Je pense que tu connais suffisamment de sorts comme ça, maintenant, dit-il négligemment en tournant une page de son livre.

— Quoi ? Tu veux arrêter ?

— Je n'ai pas dit ça, j'ai juste dit qu'à mon avis, tu connais assez de sorts pour te débrouiller dans un duel. Maintenant on va passer à autre chose.

— Je n'ai pas besoin de cours dans d'autres matières, merci bien, se renfrogna-t-elle légèrement.

— Et je n'avais pas l'intention d'en donner. C'est quoi le plus important, dans un duel ?

— De garder sa baguette, je dirais.

— Faux, réfuta-t-il. Si tu reçois un Diffindo à la gorge, ta baguette ne te servira pas à grand-chose. Et comme je l'ai prouvé il y a quelques semaines, on peut parfaitement se débrouiller sans sa baguette quand on est suffisamment doué. Non, le plus important, c'est de ne pas te faire toucher. Le moindre sort qui fait mouche peut être dangereux.

— Mais en même temps, si tu perds ta baguette, tu es presque certain de te faire avoir plus facilement ensuite. Je mets de côté ton petit tour avec les runes, il ne doit pas y avoir dix personnes capables de le faire et de toute façon, ça demande trop de préparation.

— Tu oublies ce que je t'ai dit sur la défense, Ginny, contredit Harry en tournant à nouveau une page. Quelle est la meilleure défense pendant un duel ?

— Tu avais parlé de l'esquive, je crois.

— Exact, et pour esquiver, tu n'as pas besoin de magie, donc pas besoin de ta baguette.

— D'accord, j'ai saisi. Le plus important en duel, ce n'est pas de garder ta baguette. Donc aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ? s'enquit-elle à nouveau.

— Facile, répondit-il en marquant sa page et en posant le Journal à côté de lui. On te fait travailler ton esquive.

Il s'était levé en disant ça, et la regardait avec un sourire dangereux. Elle parut ne pas beaucoup apprécier les implications, car elle fronça les sourcils en lui répondant :

— Je pense que je m'entraîne suffisamment à ça en jouant au Quidditch.

— Vraiment ? Et tu t'entraînes aussi à riposter en même temps, sur ton balai ? Parce que dans un duel, c'est bien beau de ne pas se faire toucher, mais ça peut aussi servir d'envoyer quelques maléfices bien placés à l'adversaire, de temps en temps.

— C'est moi ou tu me proposes enfin de me laisser te lancer des sorts à volonté ? s'assura Ginny en commençant elle aussi à sourire d'un air mauvais.

— Tu m'as mal compris si tu crois que d'y arriver, rétorqua Harry mais je pense que tu as saisi l'idée générale. On va éviter d'utiliser la magie noire pour pas que tu sois trop blessée, mais à part ça, donne tout ce que tu as.

— Dans les sorts que tu m'as appris, lesquels sont noirs ? demanda-t-elle, soudain un peu mal-à-l'aise.

— Seulement le Dragon, sinon je t'aurais prévenue. Tu peux lancer n'importe lequel des autres autant que tu veux. Ça ne suffira pas, mais tu peux toujours essayer de m'avoir par surprise.

— Frimeur. Avant que ta tête soit trop gonflée pour parler, il y a d'autres règles dont tu veux me parler ?

— Je ne crois pas. On va s'éloigner un peu des fauteuils pour ne pas être gênés. Essaie de rester debout plus de cinq minutes, histoire que j'aie l'impression de ne pas avoir totalement perdu mon temps.

Harry ne fit pas attention aux marmonnements de Ginny pendant qu'il s'éloignait en direction de la grande aire dégagée qui servait habituellement de lieu de vie pour les cibles et les mannequins d'entraînement. Une fois en place, il se tourna vers son adversaire d'un soir, décidé à l'épuiser le plus totalement possible –et ça n'avait rien à voir avec le fait qu'elle lui soit littéralement tombée dans les bras la dernière fois que c'était arrivé, rien du tout– avant la fin de la soirée. Après tout, si son but premier était de lui enseigner quelques tactiques de duel, il n'oubliait pas non plus qu'il fallait qu'elle augmente son endurance pour utiliser le Dragon efficacement.

Ils échangèrent donc des sortilèges –ainsi que de nombreux maléfices, d'ailleurs– pendant une bonne partie de la soirée, Harry étant relativement satisfait des performances de Ginny. Il lui manquait encore la technique nécessaire pour remporter un duel contre quelqu'un de bon, mais au moins ses sorts étaient précis et réussis. Ça ne l'empêcha pas bien sûr de la critiquer constamment sans jamais lui adresser le moindre compliment. Il partait du principe que plus il serait intransigeant avec elle, et plus elle aurait envie de lui prouver qu'il avait tort, et donc plus elle travaillerait.

— C'est bon, je pense qu'on va s'arrêter là ! cria-t-il pour se faire entendre au bout de quelques heures.

— Qu'est-ce que tu as dit ? haleta-t-elle en lui lançant un maléfice de Foudre vicieux qui l'obligea à se jeter sur le côté.

— J'ai dit STOP ! répéta-t-il plus fort, utilisant un bouclier complet pour se faire mieux comprendre.

— Ah, d'accord, comprit-elle enfin en baissant sa baguette, mettant les mains sur les genoux pour reprendre son souffle. Ouah, tu n'y as pas été de main morte.

— Je n'ai pas vraiment forcé non plus, sinon je ne crois pas que tu tiendrais encore debout.

— Tu n'es pas obligé de me rabaisser à chaque fois que tu me parles, tu sais.

— Je te rabaissais pas. En fait, tu t'es plutôt bien débrouillée, mais pour être franc, tu as encore besoin de bosser. Allez, viens t'asseoir, on va en parler.

— Alors, j'étais comment ? demanda Ginny une fois qu'ils se furent installés sur deux fauteuils.

— Très sexy. Si tu parlais du duel, là où tu pourrais vraiment progresser, c'est sur ta cadence de tir. J'ai le temps de lancer cinq sorts que tu n'as toujours pas terminé ton premier. Il va falloir qu'on travaille ça. Après, au niveau de la puissance, ça peut aller, fais bien attention de ne jamais lancer de sort à moitié, ce n'est qu'une perte de temps. Sinon, pour l'esquive, ça allait à peu près.

— Donc si je résume, je ne suis pas mauvaise, c'est ça ?

— C'est à peu près ce que je viens de te dire, oui, pourquoi ?

— Eh bien, étant donné ton don pour les compliments, j'interprète ça comme voulant dire que je suis géniale, répondit-elle avec un sourire hautain.

— Tu pourras t'estimer géniale quand tu réussiras à me toucher ne serait-ce qu'avec un seul sort pendant la soirée, la calma aussitôt Harry. Jusque là, tu restes simplement au même niveau que tous les idiots de ce château, c'est-à-dire très en-dessous de moi.

— Message reçu, j'arrête d'essayer de me vanter autant que toi, c'est peine perdue. Tu voulais me dire autre chose ?

— Pas spécialement. Pourquoi, tu es pressée de partir ?

— Non, c'est juste que j'ai encore quelques affaires à mettre dans ma valise, et comme le train part tôt demain matin, je dois le faire ce soir.

— Ah, fit éloquemment Harry, faisant de son mieux pour ne pas saisir la perche lui étant tendue de parler de ce qu'elle ne devait pas oublier de faire pendant les vacances. Bonne nuit, alors.

— Oui, bonne nuit à toi aussi, Harry.

Ginny partit avec simplement un petit geste embarrassé de la main, mais Harry ne fit rien pour la retenir et lui dire au revoir proprement. Après tout, il avait promis de ne rien faire d'autre que de lui donner un cours de duel ce soir-là, et elle aurait été capable de mal interpréter une initiative.

-~~O~~-

Harry s'installa à la table de Serpentard, soulagé d'être enfin arrivé à la moitié des vacances. Enfin, si on pouvait appeler ainsi une semaine qu'il était forcé de passer au château à faire ses devoirs et à aller en retenue un soir sur deux. Heureusement que ses amis et sa sœur étaient restés, eux aussi, ou il ne savait pas ce qu'il aurait bien pu trouver de réjouissant dans le fait de ne pas avoir cours. D'autant que Daphné insistait pour que lui et Drago passent tous leurs instants de libres à réviser pour leurs ASPIC.

Il lui aurait bien rappelé qu'ils n'en avaient pas besoin, mais elle aurait été capable de mal le prendre. Elle n'avait toujours pas entièrement digéré qu'il ne l'ait pas prévenue quand il s'était arrangé pour fiancer Drago à Astoria, même si elle avait recommencé à lui parler. En fait, elle était particulièrement prolixe quand il s'agissait de lui reprocher quelque chose…

— Alors, quoi de neuf, Potter ? Tu avais une retenue avec qui, hier soir ? demanda Drago d'un ton trop joyeux au goût de Harry.

Celui-ci salua les deux sœurs Greengrass qui étaient assises en compagnie du blond avant de répondre, se servant en même temps. C'était quelque chose qui arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps, de voir Astoria Greengrass à la table de Serpentard. Elle sortait officiellement avec Drago depuis la soirée de la semaine précédente –ce qui n'était pas une durée record pour le blond, mais représentait déjà un score très honorable– et avait rapidement été désignée Fille-la-Plus-Jalousée-de-l'École, étant la seule non-Serpentard s'installant avec eux de toutes les petites amies qu'avaient eues Drago. Et encore, leurs fiançailles, bien que réelles –Lucius avait vraiment fait du bon travail– n'avaient pas encore été publiées dans la Gazette.

— Je n'ai jamais de retenue le vendredi, il serait temps de t'en être rendu compte.

— Ah bon ? Il me semblait que ton jour de libre était le lundi, pourtant ?

— C'est parce que le vendredi, il le passe avec sa petite amie, l'éclaira Daphné.

— Ah oui, c'est vrai, ta future belle-sœur. Oh, mais minute, je viens de penser à un truc !

— Tous aux abris, un Malefoy qui pense ! se moqua gentiment Astoria.

— J'espère que ton cerveau n'est pas trop rouillé, tu pourrais te faire mal à trop l'utiliser, enchaîna Daphné. C'est comme les muscles, il faut le faire fonctionner de temps en temps pour le garder en forme.

Harry ricana silencieusement en écoutant les deux jeunes femmes se payer la tête de Drago. Le pauvre, si elles étaient déjà comme ça, Harry n'osait même pas imaginer à quoi ressembleraient leurs repas de famille après quelques années de mariage. Surtout si les jumeaux Weasley étaient toujours de la partie.

— C'est bon, arrêtez, j'ai vraiment pensé à quelque chose, alors écoutez.

— Deux secondes, intervint Harry, j'ai encore besoin d'un peu de temps pour me remettre du choc.

— Ah ah ah, vous êtes vraiment trop drôles, railla Drago tandis que les trois autres riaient de bon cœur. D'ailleurs, je te signale, Astoria, que tu t'insultes toi-même en disant que les Malefoy ne pensent jamais.

— Bien sûr que non, ça n'a rien de choquant qu'une Malefoy réfléchisse, rétorqua-t-elle avec un petit sourire.

— Surtout quand elle est née Greengrass, ajouta sa sœur.

Harry était content, il avait retrouvé sa bonne humeur. Les trois autres finirent par laisser Drago s'exprimer et il le fit en faisant mine d'être vexé, alors qu'au fond il s'amusait presque autant qu'eux. Presque.

— Ça y est, vous avez fini ?

— Oui, c'est bon, balance-la, ta grande découverte.

— C'est pas une grande découverte, c'est juste un truc que je n'avais pas remarqué avant.

— Et c'est quoi, exactement ? s'impatienta Harry.

— Eh bien, je sors avec Astoria, qui est la sœur de Daphné.

— Contente que tu t'en sois enfin aperçu ! commenta ladite Astoria.

— Et Daphné sort avec Fred Weasley, vrai ? continua-t-il sans faire attention à la réflexion de sa petite amie.

— Jusqu'ici, on te suit, et ce dont tu viens de te rendre compte, c'est ? pressa une nouvelle fois Harry.

— C'est simple, comme tu sors avec ta Weasley et que c'est la sœur de son Weasley, maintenant on est tous de la même famille. Il ne manque plus que je convainque mes parents de me faire un petit frère, que Cloé attende quelques années pour l'épouser, et la boucle sera bouclée !

— Bien sûr, Drago, ce serait magnifique, mais je ne sors pas avec Ginny, donc pour l'instant les seuls à être de la famille de Ron Weasley, aussi connu sous le prestigieux surnom de "la belette", c'est vous trois. Dommage, vieux !

Harry n'avait pas parlé à ses amis du délai de réflexion qu'avait demandé Ginny quand il lui avait demandé de sortir avec lui. Il savait que quand ils seraient effectivement ensemble, des commentaires du genre "je te l'avais bien dit" le suivraient encore des années après qu'ils se soient séparés, alors autant repousser l'annonce au plus tard possible.

Le regard de Harry fut attiré par la vieille McGonagall qui parlait avec Weasley et Granger, juste quand le courrier arrivait. Harry ne s'attendait pas à voir sa propre chouette arriver, étant donné que Hedwige avait été réquisitionnée par Cloé pendant une bonne partie des vacances pour envoyer "des lettres urgentes qui sont trop urgentes pour les donner aux hiboux de l'école, ils sont beaucoup trop lents" à Ginny. Il avait depuis longtemps appris que quand une fille employait ce ton-là, discuter ne servait à rien.

Les deux septièmes années de Gryffondor ne tardèrent pas à se lever pour suivre la professeure de Métamorphose, mais ce qui éveilla réellement l'intérêt de Harry fut que Cloé les rejoignit presque immédiatement. Harry s'apprêtait à se lever pour aller demander à la directrice adjointe ce qui se passait et en quoi cela concernait sa sœur, mais il fut interrompu par cri de surprise venant de son meilleur ami. Il se tourna vers lui et constata qu'il tenait un exemplaire de la Gazette, et que c'était la Une qui avait provoqué cette réaction.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, soudain pris d'un mauvais pressentiment.

— C'est… Il vaut mieux que tu lises toi-même, je pense, dit le blond en lui tendant le journal.

Toute bonne humeur avait quitté la voix de Drago, et Harry prit le quotidien avec un froncement de sourcil.

FENRIR GREYBACK FRAPPE À NOUVEAU !

GINNY WEASLEY SAUVAGEMENT ATTAQUÉE, TOUJOURS DANS LE COMA !

Hier soir aurait pu être une pleine lune comme les autres au petit village de Loutry Ste Chaspoule, dans le Devon. Pourtant, la tragédie a touché les Weasley, famille de Sang-purs bien connus qui vit un peu à l'écart du hameau. Ils avaient notamment fait parler d'eux ces derniers mois lors de "l'affaire Cloé Potter", ayant été ceux qui recueillirent la jeune fille lors de son lâche abandon par son père James Potter, actuel Commandant du Bureau des Aurors. Mais ce n'est malheureusement ni leur bonté, ni leur générosité qui les met aujourd'hui sous les feux de la rampe.

Dans la nuit, d'horribles hurlements animaux et humains se font entendre peu après minuit, réveillant la maisonnée. Arthur Weasley, père de famille travaillant au Ministère, prévient immédiatement les Aurors en constatant l'absence de sa fille, avant de partir à sa recherche, seul, dans la forêt environnante. Il est bientôt rejoint par un détachement d'urgence envoyé par le Bureau des Aurors.

« Elle a été trouvée au bord d'une clairière protégée par de puissantes Barrières de protection nous empêchant de passer, nous confie l'Auror Kingsley Shacklebolt, Commandant adjoint des Aurors par intérim (Sirius Black, l'adjoint en titre, enseignant actuellement à Poudlard) et en charge de l'enquête. Il a fallu plusieurs minutes à une équipe expérimentée d'Aurors pour les traverser. »

Derrière ces sorts de protection, ils trouvent une scène repoussante : un loup-garou inconscient, énorme même pour les standards de la race, brûlant d'ardentes flammes vertes. Ce n'est qu'en s'approchant prudemment pour examiner le corps de la bête qu'ils remarquent un fleuve de cheveux roux éclatant en-dessous, preuve de la présence de la jeune Ginevra Weasley, dite "Ginny". Expédiant le loup loin d'elle, les Aurors ne parviennent qu'à grand mal à éteindre les flammes qui s'étaient répandues jusqu'à la jeune femme, et ne réussissent pas à la ranimer.

À l'heure où nous publions ces mots, Miss Weasley est actuellement toujours en soins intensifs à l'hôpital de Ste Mangouste pour les maladies et blessures magiques, et les guérisseurs se refusent toujours à émettre la moindre conclusion quant à sa santé. On ne peut donc que supposer que la pauvre enfant a été mordue par le loup-garou, et l'origine de ces flammes vertes est encore inconnue.

« Les lycanthropes sont incapables d'utiliser la magie dans leur état transformé, c'est un fait avéré, nous explique le guérisseur Augustus Pye, spécialiste des loups-garous, c'est donc cette jeune femme qui en est la cause. De plus je ne connais aucun sort de feu créant des flammes de la couleur verte caractéristique qu'on m'a décrite, on peut donc en conclure que c'est la magie même de ce loup-garou qui est à l'origine de cette coloration pour le moins singulière. C'est une immense avancée dans la recherche d'une cure durable contre la lycanthropie…

Harry arrêta de lire à cet endroit, le guérisseur en question était vraisemblablement un incompétent pour ne pas connaître le maléfice du Dragon –en particulier après que plusieurs de ses collègues aient été occupés pendant plus d'un mois à essayer de guérir Nott. En plus, il n'avait pas le temps pour lire les élucubrations de la Gazette, il aurait plus d'informations en allant lui-même à Ste Mangouste. Ce qu'il allait d'ailleurs s'empresser de faire, décida-t-il en se levant.

— Tu sais, Harry, ce n'est pas si grave, elle ne se transformera qu'une fois par mois, tenta Drago avec l'air de ne pas croire lui-même à ce qu'il disait.

— Tu n'aides pas, Malefoy, cingla sèchement Daphné, les sourcils froncés en continuant à lire l'article. Et en plus, il n'est dit nulle part qu'elle a été mordue.

— Elle a été retrouvée à moitié écrasée sous un loup-garou ! Comment veux-tu qu'elle n'ait pas été mordue ? répliqua Drago, exaspéré.

— Je n'en sais rien, mais je vais en avoir le cœur net, et vite fait, trancha Harry d'une voix neutre, faisant de son mieux pour ne pas écouter la partie rationnelle de son cerveau qui lui répétait exactement la même chose que son meilleur ami.

— Si tu vas à Ste Mangouste, je t'accompagne, répondit Daphné.

— Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur moment pour rencontrer ta belle-famille, Daphné, fit le blond en essayant de détendre l'atmosphère, ne réussissant qu'à s'attirer les foudres de ses deux amis.

— Nous, on va rester ici et passer la journée en amoureux, intervint Astoria avant que sa sœur ne puisse lancer de répartie trop assassine. Donnez-nous des nouvelles rapidement. Tu viens, Drago ?

Elle ne laissa pas à son petit ami le temps de répondre et l'entraîna en direction de la sortie, le tirant fermement par le bras. Harry se tourna vers l'autre Greengrass, l'interrogeant du regard. Elle hocha la tête et elle se leva à son tour pour quitter clandestinement l'école. En quelques minutes à peine, en empruntant des chemins dont peu de gens, Harry mis à part, connaissaient l'existence, ils furent dans le passage secret menant à la cave d'Honeydukes. Ils n'allèrent pas si loin, cependant : dès qu'ils eurent passé le marquage que les Maraudeurs avaient laissé à la limite des protections Antitransplanage du château, Harry saisit le bras de Daphné et les fit réapparaître directement dans le hall de l'hôpital sorcier.

— Bon sang, Potter, tu pourrais prévenir quand tu fais ça, crétin ! lui cria-t-elle dessus aussitôt que la sensation de compression se fut dissipée.

— Parle moins fort, on n'est pas censés être là, je te rappelle.

— Ça n'empêche que tu es un crétin, maintint-elle en lui emboitant le pas. Tu ne vas pas au guichet ? s'étonna-t-elle.

— On est le lendemain de la pleine lune, il va sans doute y avoir tout un ramassis de crétins qui ne se sentaient pas bien hier soir et qui pensent qu'un Doxy leur a refilé la lycanthropie. On ira plus vite en allant directement à l'étage des créatures magiques.

— Vraiment ? Et qu'est-ce qui te dit qu'elle n'est pas en Pathologie des Sortilèges, pour essayer de contrer les effets du Dragon ?

Harry s'arrêta net et se retourna vers son amie, admettant en son for intérieur qu'elle n'avait peut-être pas tort et déviant de sa voie pour se rendre aller consulter la sorcière d'accueil. Il grimaça en voyant la longueur de la file d'attente, mais eut un sourire en reconnaissant la standardiste. Jeune, rousse, jolie, et l'air assez préoccupée se tenait Lucila Prewett, l'une de ses –nombreuses– ex-petites amies. Il tenait donc une occasion en or de passer devant tout le monde, s'exclamant d'une voix faussement joyeuse :

— Lucila ! Ça faisait longtemps !

— Potter. C'aurait pu faire encore plus longtemps, ça ne m'aurait pas dérangée, salua-t-elle sans émotion. Fais la queue, comme tout le monde.

— Arrête, tu sais bien que je n'aime pas passer en dernier. Tu ne saurais pas où est Ginny Weasley, par hasard ?

— Qu'est-ce que tu veux à ma cousine ? fronça-t-elle les sourcils alors que Daphné distrayait les autres patients qui attendaient derrière lui.

— Cousine ?

— Oui, cousine, comme dans "fille de la sœur de mon père". Qu'est-ce que tu lui veux ?

Le déclic se fit enfin dans l'esprit de Harry. Les Serpentard avaient tendance à l'oublier, mais les Weasley étaient une des familles au sang le plus pur du pays, et il était vrai que la mère de Ginny et de sa portée de frangins était née Prewett. Ce qui aurait pu être une belle acquisition pour les finances de la famille, si elle n'avait pas eu trois frères et deux sœurs aînés. En tout cas, ce lien de parenté expliquait l'air soucieux de Lucila.

— Je veux simplement voir comment elle va, répondit-il en retrouvant tout son sérieux. J'ai lu l'article de la Gazette.

— Et tu crois que je vais te laisser enfoncer le clou ?

— Je te donne ma parole de Potter que tout ce que je veux, c'est vérifier qu'elle va bien, jura-t-il en la regardant dans les yeux.

Elle hésita encore un instant, mais Harry savait qu'elle finirait par accepter de lui dire. Ils s'étaient quittés en relativement bons termes –autrement dit, sans crises de larmes et sans sorts échangés– et Harry savait qu'elle connaissait la valeur de sa parole.

— D'accord, Potter, mais c'est juste parce que tu bouches le passage. Quatrième étage, couloir de droite, cinquième porte à gauche.

— Merci, Lucila, répondit-il en souriant sincèrement. Je te revaudrai ça.

Il se détourna en prenant le bras de Daphné au passage, et ils se dirigèrent vers les escaliers en ignorant les protestations des autres visiteurs ou patients derrière eux. Il semblerait que même la brillante conversation de l'héritière Greengrass n'ait pas suffi à leur faire oublier qu'ils s'étaient fait avoir en beauté.

— Tu as mis le temps, commenta la jeune femme. Alors ?

— Quatrième étage, et ne fais pas de commentaire.

— Arrête, comme si c'était mon genre de te dire que j'avais une nouvelle fois raison.

Ils montèrent les marches quatre par quatre et arrivèrent en quelques minutes devant la salle que Lucila avait indiquée. Un petit panneau à côté de la porte indiquait : "Salle Gwendoline la Fantasque – Grand brûlés ; Guérisseur en chef : Ignatius Prince". Daphné posa la main sur l'épaule de Harry pour le retenir d'entrer au dernier moment :

— Tu réalises bien que si elle est ici et pas deux étages plus bas, c'est sans doute parce qu'elle n'a pas été mordue par le loup-garou ?

— Ou alors, c'est qu'ils ont considéré que les brûlures la mettaient plus en danger que le reste, contra Harry. Ce qui est tout-à-fait possible si elle a bien été touchée par le Dragon. Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir.

Daphné acquiesça en le lâchant, et il entra sans prendre la peine de frapper. De toute façon, toutes les chambres à Ste Mangouste étaient collectives, à part les pièces du rez-de-chaussée réservées à ceux qui pouvaient se les payer. Il n'avait donc aucun risque de tomber sur une scène qu'il ne devait pas voir. Ils se retrouvèrent dans une salle dégageant une forte odeur de brûlé. Il y avait deux ou trois personnes enveloppés de bandages qui se tournèrent à leur passage, mais Harry ne fit attention qu'à la grande bande de rouquins autour d'un lit au fond de la salle. Ce fut pourtant une des rares personnes du groupe ne portant pas le nom Weasley qui les remarqua la première :

— Potter et Greengrass ? Qu'est-ce que vous faites en-dehors de l'école ? s'exclama la vieille McGonagall, déjà prête à leur donner une centaine de retenues et à les réexpédier au château dans la seconde.

— La même chose que ceux que vous avez accompagnés, je suppose, rétorqua Daphné en disant bonjour à son petit ami –ce qui ne passa pas totalement inaperçu aux yeux des plus âgés des Weasley.

— Et nous avons une autorisation spéciale du professeur Rogue, vous pourrez lui demander, bluffa Harry.

Il espérait que le favoritisme reconnu de Rogue pour sa maison dissuaderait la directrice de Gryffondor d'aller poser la question, sinon il risquait d'avoir quelques ennuis. Mais bon, il n'était plus à une ou deux retenues près, de toute façon. Il s'approcha du lit en passant entre les rouquins, serrant brièvement sa sœur dans ses bras au passage, et fit le point sur l'assemblée présente. Il compta sept Weasley, en plus de Granger, Cloé, McGo, d'une très jolie blonde et d'une jeune femme aux cheveux rose bonbon que Harry reconnut immédiatement. Il tourna finalement le regard vers Ginny et put constater par lui-même l'étendue des dégâts : les seules parties de son corps visibles étaient ses yeux et ses lèvres, tout le reste étant recouvert de bandages.

— Comment tu te sens ? demanda-t-il d'une voix aussi neutre qu'il le pouvait –c'est-à-dire, selon ses standards, pathétiquement pleine d'émotion.

— Comme quelqu'un qui s'est retrouvée écrasée sous un loup-garou en flammes, répondit-elle, le coin de ses lèvres s'étirant en un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

— En parlant de cela, Miss Weasley, intervint Tonks, j'aurais besoin de savoir tout ce dont vous vous souvenez sur les circonstances de l'attaque.

— Vous ne pouvez pas attendre un peu avant de la harceler ? s'insurgea Mrs Weasley. Elle vient tout juste de se réveiller !

— Ça va, maman, je vais bien, contredit Ginny en ayant l'air d'avoir déjà fait cette remarque. Qu'est-ce que vous voulez savoir, madame l'Auror ?

— Appelez-moi Tonks, ça suffira, je suis encore trop jeune pour être appelée madame. Comme je le disais avant l'arrivée de Potter, j'aurais besoin de savoir exactement ce qui s'est passé.

— Je me suis réveillée en plein milieu de la nuit, et je suis sortie faire un tour dans la forêt.

— Pourquoi ? interrompit Tonks, que Harry n'avait jamais vue aussi sérieuse. Qui aurait l'idée d'aller en forêt au beau milieu d'une nuit de pleine lune ?

— Je ne sais pas, je… je crois que j'étais sous Impérium.

Ces mots choquèrent toutes les personnes présentes, et la matriarche eut un hoquet d'horreur en se jetant sur sa fille pour la serrer dans ses bras.

— Mon pauvre petit bébé, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? sanglota-t-elle comme si ça pouvait changer quelque chose, à présent.

— Maman, sers moins fort, tu me fais mal.

— Oh, excuse-moi, ma chérie, fit-elle en la lâchant, mais sans cesser de pleurer.

Le chagrin empêchait peut-être Molly Weasley de faire fonctionner son cerveau, mais pas Harry. Au début on aurait pu croire que tout cela découlait d'une imprudence de la part de Ginny, et d'une simple envie de casse-croûte pour Greyback, mais c'était beaucoup plus que ça. Ginny était visée depuis le début, et les types qui l'avaient attaquée avaient bien préparé leur coup. Tonks aussi devait avoir remarqué quelque chose, parce qu'elle fronçait les sourcils quand elle posa sa prochaine question :

— Comment savez-vous que c'était l'Impérium, Miss Weasley ?

— C'était comme quand… enfin… hésita-t-elle en tournant un regard apeuré en direction de Harry, qui comprit immédiatement de quoi elle parlait.

— Quand quoi ? Quelqu'un vous a déjà mis sous influence de ce sort auparavant ? devina l'Auror, tournant un regard suspicieux vers Harry –trop à son goût.

— Maugrey, notre prof de quatrième année, s'est amusé à nous le lancer pour qu'on sache ce que ça fait, inventa rapidement Harry. Peut-être qu'il a fait pareil avec les troisièmes années.

S'il était vrai que leur prof cette année-là avait employé un Impardonnable, Harry savait parfaitement que ce n'était pas Alastor Maugrey, mais une espèce de psychopathe qui avait pris sa place à coup de Polynectar. Il y avait également peu de chances qu'il ait utilisé le maléfice sur une autre classe que la sienne : le chef des Aurors avaient mystérieusement reçu une lettre anonyme les informant de cette méthode d'apprentissage, et une arrestation-éclair avait eu lieu dans la journée. Seule l'influence de Dumbledore avait pu éloigner cette affaire de la scène publique, pour ne pas effrayer les parents et ternir sa réputation.

— Comment ? Mais je n'ai jamais été informée de cela ! explosa Mrs Weasley en faisant honneur à sa réputation. Ginny, est-ce que c'est vrai ? Pourquoi personne ne m'a-t-il rien dit ?

— J'ai entendu parler de cette affaire, répondit Tonks, mais je ne savais pas que des élèves si jeunes avaient été impliqués. En tout cas, tout le monde a reçu l'interdiction formelle d'en parler à qui que ce soit, et les responsables ont été envoyés à Azkaban jusqu'à la fin de leurs jours. Très bien, ça explique comment vous avez reconnu les effets du maléfice, et pourquoi vous êtes sortie. Que s'est-il passé ensuite, Miss Weasley ?

— J'ai repris mes esprits dans une petite clairière, et le loup-garou était là. Il… il avait l'air de sourire, mais ce n'est pas possible, non ? Il s'est approché de moi en grognant, et j'ai reculé, mais je me suis bientôt cogné contre une sorte de mur invisible, et le loup a continué à avancer. Je crois que c'est à ce moment que j'ai hurlé, et il m'a sauté dessus. J'ai… roulé sur le côté, mais il m'a quand même griffée. Je… je crois qu'il jouait avec moi, parce qu'il m'a foncé dessus plusieurs fois, mais m'a seulement griffée sans me mordre. A un moment, je me suis jetée par terre encore une fois, et j'ai atterri sur ma baguette.

— Vous aviez votre baguette depuis le début ? s'étonna l'Auror Métamorphomage.

— Non, je ne sais pas comment elle est arrivée là.

— Quand je suis entré dans ta chambre pour voir où tu étais, j'ai vu une chouette blanche s'envoler avec un bout de bois dans les serres, les éclaira Mr Weasley. Je n'y ai pas fait attention sur le moment, mais peut-être que c'était ta baguette ?

— Comment une chouette aurait-elle pu savoir que vous en auriez besoin ?

— Hedwige a toujours été plus intelligente que la moyenne, lâcha Harry sans même y penser.

Il se jura de donner l'équivalent d'une vie entière de céréales à sa chouette quand il la reverrait. Il intercepta le regard intrigué de Tonks, comme si elle ne croyait pas qu'il puisse écrire à quelqu'un comme Ginny, avant qu'elle ne demande à la blessée ce qu'elle avait fait, une fois armée.

— Je lui ai lancé un sort d'Explosion, mais je l'ai raté. Cette fois-ci, j'ai eu l'impression que quelque chose avait changé, quand il m'a foncé dessus, et j'ai lancé le premier sort qui m'est venu à l'esprit, je lui ai mis le feu.

— Tu veux dire que c'est toi qui lui as mis le feu ? coupa Daphné, abasourdie, en regardant Harry les yeux écarquillés.

— Euh, oui. C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit, alors je lui ai lancée un Incendio.

— Un Incendio ne crée pas de flammes vertes, contredit Tonks qui regardait aussi Harry comme si elle ne l'avait jamais vu. Je sais très bien quel sort a été utilisé, mais je voudrais bien savoir comment vous avez appris un maléfice pareil.

— Maléfice ? s'étrangla Mrs Weasley avant que sa fille n'ait pu s'expliquer elle-même. Vous n'êtes pas en train d'accuser ma fille de quelque chose, j'espère ?

— Bien sûr que non, je voulais juste…

— Il vaut mieux, parce que ma petite Ginny est une victime, pas une mage noire, et je ne permettrai pas qu'elle se fasse insulter de la sorte !

Le caractère surprotecteur de la mère Weasley avait le mérite d'éviter à Harry d'avoir à s'expliquer sur le fait que Ginny sache lancer le Dragon, mais il n'empêchait que Harry aurait rapidement craqué s'il l'avait eue comme parente. Elle commençait déjà à l'agacer, et il n'était en sa présence que depuis moins de dix minutes. En même temps, se dit-il après-coup, vu les parents qu'il avait, il n'était peut-être pas le mieux placé pour critiquer…

— Certes, accepta Tonks, sans cesser de jauger Harry du regard. Que s'est-il passé ensuite, Miss Weasley ? Comment se fait-il que nous vous ayons retrouvée en feu, si c'est vous qui avez lancé le sort ?

— Le loup est devenu fou de douleur, il faisait des grands gestes en essayant de me toucher. Il titubait, mais il a finalement réussi à me frapper et je suis tombée sur une pierre par terre, et je ne me souviens de rien après ça.

— Est-ce que le loup-garou vous a mordue, Miss Weasley ? demanda doucement Tonks.

— Je… je ne sais pas. Pas tant que j'étais réveillée, mais je ne vois pas ce qui l'aurait empêché de le faire quand je me suis évanouie.

Elle n'avait pas tort, réalisa Harry avec effroi. Il n'y avait presque aucune chance qu'elle soit toujours complètement humaine après s'être retrouvée dans cette situation. Il serra les poings, sentant la fureur monter en lui, sans prêter la moindre attention à la famille de Ginny qui montraient de diverses manières leur choc devant son annonce. Mais sa colère ne l'empêchait pas de réfléchir. Si c'était bien Greyback qui avait attaqué Ginny, ce qui semblait confirmé par le fait que le loup-garou se contrôlait dans une certaine mesure suffisamment pour jouer avec sa proie avant de la mordre, il devait avoir un complice.

Harry connaissait Greyback de réputation, et tout le monde savait qu'il était aussi sauvage et dangereux qu'inepte en magie. Si l'Impérium devait être à sa portée, il n'était en revanche certainement pas capable de mettre en place des Barrières de protection. Et quand il aurait des noms, ces types allaient payer. Très cher. Tonks devait être arrivée à la même conclusion, étant donné sa prochaine question :

— Est-ce que vous avez vu quelqu'un d'autre aux alentours de la clairière ?

— Non, enfin, je n'ai pas vraiment fait attention à ce qui se passait dans la forêt, j'étais plus préoccupée par le loup-garou qui essayait de me tuer, rétorqua la blessée.

— Je comprends tout-à-fait, mais il fallait que je demande.

— Où est Greyback ? demanda sèchement Harry en se tournant vers l'Auror.

Sa rage bouillonnait toujours en lui, et ça se ressentait dans son ton. Il sonnait prêt à étriper sur place le premier à croiser sa route.

— Je ne vois pas en quoi ça te regarde, Potter.

— Tu sais pertinemment que je peux avoir cette info dans l'heure si je contacte les bonnes personnes, alors fais-moi plaisir et épargne-moi cet ennui.

— Je sais surtout que tu ne peux plus sortir l'excuse de ton père pour n'importe quelle raison, maintenant, donc tu bluffes, répliqua-t-elle sur le même ton.

— Réfléchis un peu, Harry, intervint Daphné. Il a été touché de plein fouet par le Dragon, donc s'il n'est pas dans la salle de soin pour les grands brûlés, il est soit mort, soit en cellule. Et honnêtement, je doute qu'il ait survécu.

— Et vous avez parfaitement raison, jeune femme, Mr Greyback est décédé dans la salle d'opération il y a quelques minutes.

L'ensemble de l'assemblée sursauta et se retourna vers l'entrée. La personne à qui appartenait la voix lasse qu'ils avaient entendue était un homme dans la cinquantaine, brun et portant une barbe de trois jours. Il semblait particulièrement épuisé et sa robe vert pâle de guérisseur était froissée, comme s'il avait dormi sans la retirer.

— Ignatius Prince, guérisseur en chef. C'est moi qui m'occupe des patients de cette salle. Veuillez m'excuser de ne pas être venu plus tôt, j'ai eu une nuit particulièrement chargée.

— Guérisseur, comment va Ginny ? lui demanda Mrs Weasley. Est-ce qu'elle a été…

— Votre fille a été touchée par de la magie noire extrêmement puissante, coupa le guérisseur. Le maléfice provoque des brûlures pratiquement impossibles à guérir, car infestées de magie noire.

— Oui, enfin ça, c'est quand on ne connait pas le contre-sort, rétorqua Harry avec mauvaise humeur. On vous a demandé…

— Pardonnez-moi, jeune homme, mais vous ne seriez pas en train de prétendre que vous en savez plus que moi sur le maléfice du Dragon, j'espère ? Cela fait plus de quinze ans que je suis affecté dans ce service et que je l'étudie, et je peux vous garantir qu'on ne lui connait aucun contre-sort. Si c'était le cas, le jeune Theodore Nott aurait survécu.

— Vous voulez dire que Ginny… pâlit le père Weasley, dont Harry avait presque oublié la présence, depuis le temps où il était resté silencieux.

Le Serpentard vit du coin de l'œil que son épouse s'était évanouie, rattrapée de justesse par celui de ses fils qui devait être l'aîné, étant donné que c'était le seul qu'il n'avait jamais vu à Poudlard. Au moins, maintenant elle allait se taire, même si c'était dommage qu'il ait fallu qu'un guérisseur lui dise que sa fille souffrait d'une blessure supposée incurable pour lui fermer son clapet.

— Ne vous inquiétez pas, se reprit Prince en voyant l'effet que venaient d'avoir ses paroles. Les jours de votre fille ne sont pas en danger, les brûlures ne sont pas assez profondes pour cela. En revanche, elles resteront sans doute toujours douloureuses, et vous ne pourrez jamais utiliser vos capacités aussi bien qu'auparavant.

— C'est ça, rentrez-lui dans la tête qu'elle ne sera pas joueuse de Quidditch professionnelle, et puis quoi, encore ? railla Harry. Je vous ai déjà dit qu'il suffit de jeter le contre-sort pour guérir les plaies. Ça fait quinze fois qu'on vous demande si le loup l'a…

— Écoutez-moi, jeune homme, je ne sais pas pour qui…

— Non, c'est vous qui allez m'écouter, vieux débris, interrompit Harry, craquant finalement. Vous commencez à sérieusement me taper sur les nerfs à me couper quand je parle ! Je suis Harry Potter, donc évidemment que j'en sais plus que vous sur le Dragon et son contre-sort ! Alors vous la fermez et vous répondez à ma question : est-ce que, oui ou non, cette pourriture de Greyback a mordu Ginny ?

C'était peut-être la révélation que ce qu'il prenait pour un gamin lambda devant lui connaissait un sort qu'il avait cherché sans succès une bonne partie de sa vie. Ou alors, c'était le visage enragé dudit gamin, qui venait de le remettre à sa place en bonne et due forme. Peut-être même que c'était à cause du vase en verre sur la fenêtre qui s'était bruyamment craquelé quand Harry n'avait plus réussi à se contrôler. En tout cas, tout ce que savait Harry, c'était que la seule réponse du guérisseur à sa tirade fut de le fixer du regard, les yeux exorbités, pendant plusieurs secondes avant de lâcher d'une voix blanche :

— Si… s'il l'a mordue ? Mais pourquoi vous voulez savoir ça ? Vous avez un contre-sort pour ça aussi ?

Harry ferma les yeux et respira profondément pour se calmer. Il fallait qu'il réussisse à se convaincre qu'étriper un guérisseur en plein milieu d'un hôpital était une mauvaise idée. Sans regarder son interlocuteur, il déclara :

— Si je n'ai pas de réponse dans les cinq secondes, je vous montre le genre de contre-sort que j'utilise contre la stupidité, ça vous tente ?