Disclaimer: vous savez tous que Harry et son univers n'appartiennent qu'à J.K. Rowling et que je ne touche aucun subside de cette histoire
Merci aux lecteurs qui auront surmonté mon absence et à tous ceux et touts celles qui m'ont soutenu durant l'écriture de cette fic.
Chapitre XLIX Mortelle combinaison
Situé au sud de la City londonienne sur Cannon Street, le Centre des Transmissions Magiques était camouflé dans un immeuble de bureau anonyme, une de ces tours d'acier et de verre que les Moldus affectionnaient pour aller travailler semblait-il. Tonks, Hestia et Ron étaient venus à pied avec l'Ordre du Phénix. Hermione, lorsqu'elle s'était jointe à la mission au Q.G. avait jugé préférable de camoufler le groupe en horde de touristes. On avait puisé dans les réserves de déguisements moldus du 12, Square Grimmaurd et parcouru le chemin jusqu'à la City à pied, en faisant bien attention à s'émerveiller à chaque coin de rue ou à chaque explication de la jeune fille qui jouait son rôle de guide.
Arrivé dans Cannon Street, Ron examina attentivement le bâtiment et n'y trouva rien d'anormal. Leur tâche n'allait pas être facile : l'immeuble était vaste et comme un immeuble déserté à la City serait vraiment trop louche, on avait loué tous les bureaux de la façade vitrée à des sociétés écran, le terme étant on ne peut mieux choisi.
- A quoi tu penses, Ron ? demanda Arthur Weasley à son fils qui semblait soucieux.
- Que si Voldemort veut faire coup double sur ce coup-là, il a tout intérêt à attaquer aussi les bureaux Moldus. Si son but est de terrifier tout le monde, il ne s'en privera pas. Mais comment protéger des Moldus sans dévoiler nos pouvoirs ? Sur ce coup-là, on n'est pas loin d'un échec et mat.
- On peut faire évacuer l'immeuble, proposa Hestia. Ce n'est pas très dur de se faire passer pour un agent de leur gouvernement et donner une quelconque alerte.
- Mais ça ne résout que le problème des civils, objecta Ron. Le Centre de Transmissions Magiques resterait toujours vulnérable à une attaque et nous ne pourrions toujours pas l'empêcher sans nous dévoiler au grand jour.
- Sans parler de la panique engendrée par une alerte, ajouta Hermione. Ces derniers temps, le monde des Moldus a subi pas mal d'attaques terroristes. L'évacuation serait complètement hors de contrôle et malheureusement, une alerte à la bombe reste le meilleur prétexte pour faire évacuer l'immeuble.
-Terropiste ? interrogea Arthur Weasley. Qu'est-ce que c'est ?
- Terroriste, M Weasley. Le terrorisme, c'est ce que nous fait vivre chaque jour Voldemort. Des attaques ciblées, ne tenant aucun compte des pertes civiles et avec une visée unique : semer la peur et la mort. Certains groupes Moldus en font usage pour faire entendre leurs revendications, mais ce n'est jamais qu'une façon détournée de faire la guerre.
- Intéressant, mais pour le moment, aucune évacuation, trancha Ron. Cela montrerait à Voldemort que nous connaissons ses plans et pourrait aussi mettre la puce à l'oreille de Pénélope. Il ne faut pas qu'elle nous échappe. Nous ne pouvons pas faire courir ce risque à Harry. Voldemort pourrait envoyer des troupes à son espionne pour la secourir. On va se réunir dans ce parc et je vous assignerai vos positions, si Papa, Hestia et Tonks sont d'accord.
Son père et les deux Aurors acquiescèrent et Hermione guida le groupe de touristes dans le parc un peu plus loin. Tous entourèrent Hermione qui s'arrêta à l'écart de la foule, comme pour donner des explications sur le quartier. Pendant ce temps, Ron prenait les membres de l'Ordre à part par petits groupes pour leur donner leurs instructions. Le secteur serait quadrillé par une trentaine de membres de l'Ordre. Dès que les Mangemorts pointeraient le bout de leur nez, l'Ordre isolerait la rue avec une barrière anti-moldus et simulerait un immense incendie. Pour ceux qui seraient pris dans la barrière, ils seraient immobilisés en attendant de changer leurs souvenirs. Tous restèrent jusqu'à la fin des explications d'Hermione. Lorsqu'elle eut terminé, elle conclut son rôle de guide à la perfection :
- J'espère que cette visite vous aura plu et éclairés sur l'histoire de notre bonne ville de Londres, n'oubliez pas le guide !
Plusieurs membres qui avait écouté la jeune fille avec attention tout le long la récompensèrent de quelques noises, les autres se contentant de lui sourire en s'éloignant pour rejoindre le poste qui leur était assigné.
Hermione rejoint Ron et Hestia dans un pub qui donnait sur le Centre de Transmissions Magiques.
- Je n'aime pas ça, je n'aime pas ça, marmonnait Ron en jouant avec la paille de son soda moldu. Il y a quelque chose qui cloche, mais quoi bon sang ?
- Tu as fait quadriller le secteur par une trentaine de membres de l'Ordre, dont plusieurs membres expérimentés comme ton père. Que veux-tu faire de plus ? Sans informations, on ne peut rien faire de plus pour le moment. Ton plan est impeccable. Dès que les Mangemorts pointent le bout de leur nez, on isole la rue avec une barrière anti-moldus et on simule un immense incendie. Pour ceux qui seront pris dans notre barrière, on les immobilise en attendant de changer leurs souvenirs, résuma Hestia.
- Mais il y a trop de paramètres incertains. Et puis cette idée de « terrorisme » me turlupine depuis tout à l'heure. Explique-moi en détail, Hermione.
Le jeune fille entreprit alors un historique des dernières attaques subies par les Moldus et leurs motivations. Ron lui posait une multitude de questions auxquelles elle s'employait à répondre de son mieux. Lorsqu'elle arriva au chapitre des techniques employées par les terroristes, Ron se leva d'un coup et s'écria :
- Mais c'est bien sûr, c'est ça qu'il va faire !
- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'alarma Hermione.
- Pas le temps de discuter ! Hestia, déclenche une procédure d'évacuation du quartier entier tout de suite ! lança Ron.
- Mais je vais devoir passer par la Brigade Magique ! objecta Hestia.
- Je m'en fiche ! Passe même par le Ministre s'il le faut ! Dépêche-toi !
- Mais pour quel motif ? demanda-t-elle.
- Pour un gigantesque attentat à la bombe, répondit une voix derrière elle.
- Harry ! Kingsley ! s'exclama Hermione.
- Comment peux-tu le savoir, Harry ? s'étonna Ron.
- Nous avons confisqué certains documents, expliqua Shacklebolt en posant une liasse de parchemins sur la table.
Ron, Hermione et Hestia les parcoururent et pâlirent à mesure de leur lecture. Ron avait compris : Voldemort allait utiliser le terrorisme moldu à son profit. Par conséquent une attaque à la bombe paraissait la plus appropriée. Voldemort commençait à manquer d'effectifs après ses deux revers à Azkaban et Glastonbury. Il ne pouvait pas se permettre un nouvel échec et encore moins de risquer d'autres troupes. Leurs vies ne l'intéressaient pas, mais il avait encore besoin d'eux pour prendre le pouvoir. Une attaque indirecte semblait donc plus indiquée. Mais Voldemort était bien plus retors que ça. Il avait recruté et financé des terroristes qui ne savaient rien de lui pour poser des bombes dans le Centre de Transmissions Magiques… Des bombes dont il avait amplifié la puissance grâce à la Magie Noire.
- C'est encore pire que je ne l'imaginais, commenta Ron.
- Je déclenche l'évacuation immédiatement, dit Hestia. Hermione, préviens le reste du groupe de la situation.
- Mais où vous êtes-vous procuré ces documents ? s'enquit Ron.
Pendant que les deux jeunes femmes s'affairaient, Harry et Kingsley racontèrent à Ron la capture de Pénélope, la fuite de Lucius Malefoy :
- Lorsque nous avons fouillé l'appartement, nous avons trouvé une drôle d'armoire. Drago nous a aidé à comprendre comment elle fonctionnait, mais nous avons frôlé la catastrophe. Si Harry n'avait pas trouvé le mot de passe, tout l'immeuble se serait évaporé et nous avec. D'ailleurs, avec tout ça tu ne m'as toujours pas dit quel était le code, Harry.
- Yaxley, une idée qui m'est venue comme ça. Pénélope suit le chemin de son vrai père, alors pourquoi pas son nom? répondit l'intéressé.
- C'était un sacré risque que tu as pris là, commenta Ron.
- Si je me trompais l'explosion nous aurait tués, si je ne faisais rien, l'explosion nous tuait aussi. Nous n'avions pas le temps de fuir et c'était la seule idée que j'ai eue sur le moment.
- Vous avez une idée de comment procéder ? demanda Ron. Jamais nous n'avons eu à désamorcer des bombes jusqu'à présent.
- Les bombes moldues sont très complexes, ajouta Hermione qui avait fini de joindre tous les membres du groupe d'intervention. Et Merlin sait quels pièges Voldemort a pu ajouter à celles-ci.
- En temps normal, les bombes ne nous poseraient pas problèmes, dit Kingsley, il suffirait de perturber les ondes électriques grâce aux ondes magiques, ou si ça ne marchait pas, de les envoyer loin de tout, au fond des océans par exemple. Mais comme le dit Hermione, les modifications de Voldemort compliquent trop les choses.
- Avant tout il faut les trouver ! déclara Harry. Nous n'avons pas le temps de réfléchir. Nous aviserons une fois que nous aurons les bombes !
Il n'attendit pas l'accord de ses amis et sortit du pub en direction de l'immeuble abritant le Centre de Transmissions Magiques. Hestia n'eut pas besoin de leur dire que l'alerte avait été donnée. Déjà les Moldus travaillant dans les bureaux de façade se pressaient pour fuir le bâtiment dans une pagaille indescriptible. Mais Harry n'en avait cure. Il fendit la foule jusqu'au hall d'entrée. Les gens semblaient l'éviter naturellement. Une fois dans le hall, il se précipita vers les escaliers en se concentrant sur la magie qui flottait dans l'immeuble. La puissance des transmissions magiques brouillait tout. Harry n'arrivait pas à localiser la Magie Noire qu'il sentait à l'œuvre dans le bâtiment.
- Harry ! Attends-nous! lui cria Ron en bas des escaliers.
Le jeune Potter se retourna et découvrit une trentaine de personnes habillées comme des policiers accompagnées de Ron et Hermione. Un vigile qui supervisait l'évacuation s'approcha de Kingsley habillé d'un costume noir et d'un imperméable beige. L'Auror lui montra une plaque et le vigile le salua avec respect avant de lui faire un rapport sur l'évacuation.
- Qu'est-ce que tu lui as dit ? demanda Harry à Kingsley quand il l'eut rejoint.
- Que nous étions d'une section spéciale du MI-5, le contre-espionnage britannique, une des nombreuses couvertures de la Brigade Magique. Dès qu'il aura évacué lui aussi, nous pourrons dissiper le sort de camouflage.
- Je suis sûr qu'Ursula aurait adoré te voir dans ce costume, dommage, commenta Tonks.
- Tonks, ce n'est pas le moment de plaisanter ! rétorqua Kingsley. Harry qu'est-ce que tu essaies de faire ?
- De localiser la source de Magie Noire que je sens dans l'immeuble, mais les ondes magiques perturbent tout.
- Ce n'est pas normal, intervint Arthur Weasley. Le Centre de Transmissions magiques est isolé du reste des locaux. Aucune onde magique ne peut passer la barrière qui empêche les appareils moldus de fonctionner.
- Voldemort avait prévu que nous tenterions quelque chose, nous, ou le groupe du Vengeur. Il ne veut pas que nous retrouvions ses bombes, en conclut Ron.
- Quelqu'un a dû ouvrir une brèche dans la barrière, supposa Hermione.
- Concentre-toi, Harry. Nous allons tous chercher avec toi. A nous tous, nous sommes sûrs de les trouver.
Harry se concentra de nouveau. Il ferma un à un ses cinq sens : vue, ouïe, odorat, toucher, goût pour ne sentir que la magie qui flottait autour de lui. Il pouvait sentir celle de ses compagnons, sentir la différence de potentiel de chacun. A mesure que sa perception de la magie s'accentuait, il pouvait visualiser l'immeuble par la magie qui l'avait envahi et qui commençait à le pénétrer de l'intérieur. Il fallait agir vite. Voldemort avait aussi prévu un possible échec. Avec cette brèche, même si les bombes n'explosaient pas, le bâtiment serait inutilisable pour les Moldus et donc comme couverture. La magie qui s'échappait du Centre commençait à imprégner les lieux. L'immeuble allait devenir un bâtiment magique.
Harry concentra toutes ses pensées sur la Magie Noire. Il la sentait, comme du pétrole flottant sur la mer et s'y mêlant progressivement. Sa vision des locaux se fit plus globale, il avait atteint un nouveau palier de perception de la magie. Et comme une révélation, le plan de l'immeuble apparut dans son esprit, laissant voir plusieurs points d'une sombre lumière à différents endroits.
- Deuxième étage, derrière une grille d'aération ; quatrième étage dans un bureau inoccupé ; cinquième étage dans un faux extincteur fixé à un pilier de soutènement ; premier sous-sol dans une armoire à archives référencée A-H 1997. Dernier étage, en plein milieu du Centre de Transmissions Magiques, dit Harry. Il y en a cinq. Trouvez-les !
Kingsley, Ron et Hermione lurent dans l'esprit de Harry pour visualiser les emplacements, puis la troupe se divisa en cinq groupes pour trouver les engins de Voldemort. Harry se précipita vers le Centre de Transmissions Magiques. Il avait senti que celle-là était la plus dangereuse. Au milieu de toutes ces ondes magiques, la bombe de magie Noire aurait un effet des plus dévastateurs. Un petit groupe de six le suivit jusqu'à la porte cachée du Centre. Harry l'avait vue pendant qu'il cherchait les bombes.
Elle était incrustée dans un mur tout ce qu'il y a de plus banal entre un vieux poster d'île tropicale et un ficus en pot desséché. Harry posa simplement la main à l'emplacement de la porte et la barrière anti-ondes magiques laissa l'espace suffisant à un homme pour entrer. Harry et ses compagnons pénétrèrent dans la place et découvrirent une immense salle. Elle s'élevait du premier étage au dernier. En son centre trônait un gigantesque dispositif qui aurait fait pâlir les premiers ordinateurs moldus. Harry avait entendu dire qu'ils prenaient plusieurs salles. La porte qu'ils avaient empruntée les avait amenés sur une des nombreuses passerelles qui parcouraient les murs et traversaient la pièce.
- Comment trouver une bombe ici?! s'exclama un des compagnons de Harry.
- Dispersez-vous et cherchez partout. L'attaque est prévue pour 20 heures. Il est 18 heures, mais nous ne savons rien de ces bombes. Pas de temps à perdre en lamentations, au boulot ! ordonna Harry.
Pour montrer l'exemple, Harry partit en tête. La tâche se compliquait. Il savait que la bombe était au milieu de la salle mais à quel niveau ? Toutes ses pensées étaient fixées sur cette bombe. Il savait que le délai de deux heures n'était qu'une illusion. La brèche dans la barrière n'avait pu être faite que pendant l'évacuation, sinon les Moldus auraient compris que quelque chose n'allait pas. Ce qui impliquait un homme infiltré au sein du Centre de Transmissions Magiques, un homme capable de modifier le compte à rebours en cas de problème. Le temps était compté.
Le jeune Potter dévalait les escaliers métalliques des passerelles, passant d'un niveau à l'autre en un éclair, concentré sur ses sensations. Elle était tout près, il en était convaincu.
- Harry ? C'est Kingsley ! On en a déjà trouvé deux ! lui annonça l'Auror via le médaillon de communication.
- A quoi elles ressemblent ? demanda Harry.
- Ce sont des tubes métalliques noirs ornés de runes argentées, lui répondit Hermione par le médaillon.
- Bien reçu, répondit Harry. Tâchez de trouver les deux autres. Moi je m'occupe de celle du Centre.
Harry scruta la gigantesque machinerie. Partout des voyants, des câbles électriques, des rouages et de la tôle. Rien qui ressemblait à ce qu'Hermione lui avait décrit. Mais maintenant qu'il connaissait l'apparence de l'engin, sa perception devenait plus aisée. Soudain il la sentit… Juste en dessous de lui, chargée de magie Noire, débordante d'une puissance sans nom. Il se précipita dans sa direction, mais alors qu'il se trouvait en face d'elle, une brûlure déchirante lui traversa le front.
-Alors Potter ! On s'amuse à chercher mes petits joujoux ? dit une voix dans sa tête.
