Suite au départ des deux futurs officiers, tout le groupe s'était dispersé pour rentrer chez eux. Le lendemain sonnait tout de même l'arrivée d'une nouvelle semaine de cours qui sera suivie de bien d'autres. Hinata se retrouva bien vite chez elle, mais avec un visage à inquiéter plus d'un, enfin presque. En effet, Neji était déjà préoccupé par ses dernières valises à mettre dans sa voiture pour y faire vraiment attention. De plus, il ruminait dans sa barbe son impuissance de ne pas avoir su empêcher Naruto de se donner en spectacle devant tous, en embrassant à pleine bouche sa cousine et à la toucher à la limite de l'indécence. Il espérait que des journaux à scandale n'en fassent pas grand cas. En fait, le voir plus qu'intime avec elle le dérangeait au plus au point, pas qu'à cause des paparazzis, mais de quelques choses de plus insidieux. Serait-il jaloux comme supposer par Tenten ? Non, impossible, ils étaient de la famille, un lien de sang étroit les liant.
C'était certainement son côté protecteur. Depuis sa naissance, on lui avait mis cette responsabilité sur les épaules de veiller sur Hinata et ses agissements, de servir de protection, de bouclier, mais aussi de gardien de sa morale, tout en étant le meilleur en tout. Il avait peur, peur que le blond mette à mal l'innocence de sa parente contre son grès ou la pousser à le faire. Il avait peur d'échouer, voilà, c'était surement ça, mais au fond de lui, il savait que quelque chose clochait, quelque chose de plus profond... Et si c'était cette crainte... que son ami le découvrait et risquait de... Non, impossible... Il devait faire erreur... Ce fut en réalité cette incompréhension qui le rongeait, au point que Neji se montra des plus froids. Il semblait stoïque comme à l'accoutumée, mais pour les deux jeunes femmes qui le connaissaient, elles savaient qu'au fond de lui, ce n'était que tempête. Il suffisait de voir comment il balançait d'un geste brutal ses affaires dans son coffre.
Tenten en fit même les frais quand il l'embrassa à peine alors qu'il avait serré contre son coeur Hinata. Cette dernière en était même très gênée et la regarda d'un air désolé. Malheureusement, sa meilleure amie n'aurait pas voulu le voir et en ressentit une peine bien légitime. En fait, elle ne savait pas ce qu'elle aurait attendu de la part de la Hyuga. Qu'elle le repousse doucement ? Peut-être. Que Neji n'ait pas ce genre d'attitude et de faire une telle différence ? Sûrement. Ne voulant pas faire subir son sang chaud et prompt à la colère dans de telle circonstance sur une personne, dont elle se persuadait, innocente et non responsable, Tenten ne resta pas longtemps après le départ de son petit-ami. Alors qu'elle était sur le point de partir, sa soeur de coeur tenta quand même sa chance.
"- Tenten, je..., tu ne veux pas rester un moment.
- Non, c'est gentil de le proposer, mais je suis fatiguée, alors je vais rentrer chez moi.
- D'accord... On se voit à l'Université ?
- Bien sûr," lui sourit Tenten en se retournant vers elle avant de reprendre son chemin.
Cependant, Hinata n'était pas dupe. Elle voyait bien que son sourire n'était pas vraiment sincère. Son amie voulait se montrer forte, et elle l'admirait pour ça, mais elle n'était pas aveugle. Elle avait bien vu que tout chez elle était tendu, encore plus son visage. Elle en culpabilisa instantanément et en baissa la tête alors que Tenten s'éloignait. C'était compréhensible en réfléchissant bien. Elle devait sûrement en avoir marre de discuter avec elle des soucis qui parsemaient leur vie. En général, toutes les deux parlaient de tout, mais il fallait reconnaître que le premier sujet qui revenait à chaque fois concernait leur petit-ami respectif, bien que le rapport entre son couple et Neji, et ses craintes avec Naruto tienne le haut du panier. Sa meilleure amie ne désirait pas être en ce dernier jour du week-end d'une écoute et d'une aide précieuses et c'était certainement sa faute. Hinata rentra donc rejoindre Hanabi le coeur lourd. Ainsi se séparèrent deux amies dont un voile de ressentiment risquait de se glisser entre elles.
Ce n'était pas les seuls à voir ce phénomène se produire. En effet, arrivés à l'école préparatoire, Naruto et Sasuke n'avaient pas décroché un seul mot. Ils s'étaient affairés à s'occuper chacun de leur côté sans se préoccuper de l'autre. Le ténébreux ne comprenait pas vraiment cet éloignement engendré par son frère de coeur, bien qu'il ait une petite idée. Il devait se l'avouer qu'il ne s'était pas vraiment excusé, à part lui cogner l'épaule. Il était certain que le blond l'avait compris, mais ce n'était pas la même chose que de l'entendre. D'un autre côté, il était certain qu'il avait vu juste et que son camarade se laissait trop dominer par l'impatience ainsi que la frustration. Cependant, la provocation n'avait peut-être pas été la meilleure des solutions. Son orgueil l'avait encore guidé à faire le choix le moins approprié, mais maintenant, que faire.
Il n'était pas certain que l'Uzumaki l'écouta maintenant, car lui aussi avait vu sa fierté blessée par celui en qui il avait le plus confiance, lui-même. Et puis, pas certain non plus, que ses excuses changeraient la situation entre eux, là tout de suite. Et pourtant, c'était tout ce qu'attendait Naruto, mais lui aussi, trop fier autant que le ténébreux, il ne voulait certainement pas s'abaisser à les quémander. Certes, il lui avait signifié plus tôt dans la journée qu'il avait été trop loin dans ses propos, mais l'entendre dire aurait été une petite victoire pour lui. Néanmoins, il allait s'y asseoir dessus, lui semblait-il. Soufflant discrètement, l'Uzumaki s'allongea sur son lit et croisant ses bras derrière sa tête, il se mit à rêvasser. Il pensait à sa famille disparue, à son adoption, au concours qui approchait, à Sakura qui n'avait pas été elle-même pendant des mois, le faisant quelque peu culpabiliser.
Mais surtout, ses pensées dérivèrent vers ses années de lycée perdues à courir derrière la mauvaise fille alors qu'une femme extraordinaire avait apparu à chaque fois qu'il avait eu besoin d'aide, d'écoute et de soutien, une femme merveilleuse qu'il avait relégué sans le savoir dans la friendzone, la prenant que comme une amie chère à son coeur sans plus et cela pendant longtemps jusqu'à ce qu'il ouvrit les yeux. Il ne savait pas pourquoi, mais depuis quelque temps, les images de son indifférence vis à vis d'Hinata le torturaient qu'une colère sourde l'accompagnait toute la journée. Depuis qu'il avait découvert ses sentiments, le blond se demandait toujours comment il avait fait pour ne pas avoir remarqué cette camarade qui l'attendait à chaque fois sous la pluie pour lui faire bénéficier de son parapluie après un entraînement d'arts martiaux ou à la sortie du lycée, qui l'écoutait sans se plaindre. Il se maudissait pour cela. Bien, Sakura y avait joué un rôle, mais il n'arrêtait pas à se sentir coupable.
C'était sûrement pourquoi il mettait un point d'honneur à être digne de la famille Hyuga et d'être accepté. Enfin, peut-être. Néanmoins, il existait une contre-partie à tout ce stress. Il en était devenu susceptible qu'un rien pouvait le contrarier. Le fait de se sentir toujours espionner et surveiller n'arrangeait rien et en rajoutait même. Il n'avait pas oublié les deux messages de la veille et se questionnait sur l'identité de leur émetteur. Cependant, il avait tout gardé pour lui, même Sasuke n'était pas au courant et vu ce qu'il s'était passé, il n'avait pas envi de lui en parler. C'était son problème. En tout cas, son changement d'humeur, beaucoup le lui faisaient remarquer au point que certains ne reconnaissaient plus en lui le jovial et l'enthousiaste Naruto. Ce dernier se retourna dans son lit et tenta de trouver le sommeil qui fut aussi chaotique qu'à chaque fois que ces questions le tourmentaient. Sasuke se réveillait souvent à force d'être dérangé de l'entendre se bouger sur son matelas, sans pour autant en connaître la raison, mais comme son ami, il resta dans le silence.
Ainsi, débuta la dernière ligne droite vers le concours et la fin de l'année universitaire. D'ailleurs, à Konoha, Tenten était beaucoup moins familière avec Hinata qui n'osait pas lui en demander la raison. Leurs amies ne semblaient pas l'avoir remarqué. Il fallait dire qu'elles étaient toutes préoccupées par leurs efforts pour passer dans l'année supérieure. De plus, Matsuri avait un drôle de comportement avec elle, surtout quand elle le regardait avec une lueur de suspicion dans les yeux. Etait-ce à cause de leur étrange conversation ? Peut-être. Elle semblait en tout cas tendue et passait beaucoup de temps avec Hélène. Ce qui ne dérangeait pas les filles du groupe, toujours ouvertes à de nouvelle amitié, même si celle-ci refusait de faire plus ample connaissance avec elles.
Quand à Hianta, à force de la côtoyer le week-end avec Astrid, sa petite élève, elle avait appris à la connaître et voyait en elle une soeur aimante, une camarade intéressante et cultivée. La seule ombre au tableau fut représentée par une demande assez particulière. Lors d'une de leurs pauses dans l'étude d'Astrid, Hélène l'avait informée ne pas trop parler de l'handicap de sa cadette autour d'elle et qu'elle espérait qu'elle en fasse de même. Elle posait une telle requête, pas par honte mais dans l'objectif, selon elle, de la protéger des mauvaises langues. Cela avait beaucoup étonnée la petite amie de Naruto mais elle le lui avait promis. Parfois, elle se demandait pourquoi une personne qui semblait bien sous tous les rapports, riant avec elle de temps en temps des pitreries d'Astrid et des camarades de jeu qu'elle avait trouvé au sein du domaine Hyuga, pouvait se lier d'amitié avec Halya.
Elles étaient toutes deux si différentes dans la façon d'analyser le monde, l'une voulant exercer en neuro-chirurgie pédiatrique pour aider les enfants handicapés, surtout sensoriels et l'autre juste pour la réputation et la gloire. Vraiment, Hinata ne comprenait pas, mais bon, ce n'était pas à elle d'en juger. Tout ce qu'elle avait observé était qu'Hélène affichait un tout autre visage qu'elle lui connaissait quand elle se croisait à l'Université. Là-bas, la soeur d'Astrid donnait l'impression d'être tendue à la limite de la peur, mais de quoi ou de qui, personne ne pouvait le dire, Matsuri la première malgré sa proximité avec elle. Pourtant, les deux jeunes femmes semblaient partager quelques secrets. En fait, c'était à peine si Hélène saluait et snobait l'institutrice particulière de sa cadette, sans pour autant la regarder hautainement et de haut comme continuaient à faire certaines jalouses dont ses compagnes faisaient partis. D'ailleurs, la fille de Hiashi avait remarqué que la majorité de ces inquisitrices étaient les anciennes amies de Sakura.
Elle disait anciennes, car depuis quelques temps, cette dernière leur était complètement étrangère, la laissant solitaire durant les TP, les cours magistraux et autres colloques. La rose ne s'affichait donc plus particulièrement avec elles, confirmant les explications d'Ino qui leur avait annoncées son lâche abandon par ce groupe qui lui aurait tourné le dos sans explication, à part qu'elles ne les supportaient pas et plus particulièrement Hinata qu'elle avait essayé de défendre. L'annonce avait chagriné et révolté à la fois les filles avec une Temari toujours aussi revendicatrice de la justice. La petite-amie de Shikamaru les avait injuriées dans sa langue natale de Suna, faisant rire Matsuri qui fut la seule à comprendre et qui était hilare à la vision des visages touchés d'incompréhension de toutes. Par contre, un sentiment de culpabilité cingla le coeur de la Hyuga. Savoir que l'isolement de la meilleure amie de son prince soit indirectement de son fait la peinait énormément et se rajoutait à son affliction présente continuellement. Car oui, les murmures avaient repris sur son passage, plus acerbes qu'avant.
En effet, en plus de l'éloignement de Tenten et du sentiment engendré de solitude qui commençait à peser, Hinata avait de nouveau retrouvé des pamphlets dans son casier ou alors sur le pare-brise de sa voiture. Tous l'attaquaient, mais surtout ses capacités à satisfaire les attentes de sa famille. "Incapable", "faible", "inutile", "honte" s'enchaînaient devant ses yeux. On s'en prenait aussi à son physique qu'on traitait de "banal" ou de "vulgaire" ou encore "d'horreur à regarder ou à toucher". Pratiquement tous se questionnaient sur comment Naruto faisait pour avoir le courage de toucher sa graisse ou sa peau si blanche qu'on aurait dit un cadavre, de la viande blanche, "bonne à donner aux chiens". Bien que les événements récents et le comportement empressé de son aimé démontraient qu'elle était plus que désirée, son esprit était marqué au fer rouge par ces mots. On lui balançait à la figure tous ses complexes, ceux qui lui avaient fait supposer pendant des années qu'un garçon comme l'Uzumaki ne pouvait s'intéresser à elle. Et pourtant à l'heure d'aujourd'hui, elle se demandait toujours comment calmer ses ardeurs.
Cela contredisait ce qu'Hinata lisait. Cependant, et si certains avaient raison ? Que leur supposition qu'elle, ou plutôt sa virginité, ne représentait qu'un pari, une sorte de défi, dont la récompense était sa mise en couple avec Sakura, était réelle, comme un peu dans le roman Les liaisons dangereuses ? Non, non, elle ne devait surtout pas se laisser manipuler, mais au contraire, faire confiance à Naruto. Il n'était pas ce genre de type immature à se servir d'une femme et à jouer avec ses sentiments. Elle le connaissait plus que bien. De plus, tout ce qui s'était passé durant tous ces mois renvoyait cette hypothèse aux enfers. C'était impossible qu'il ait joué un rôle avec elle à ce point, lui qui en avait en horreur le mensonge. Il l'aimait enfin, elle en mettrait sa main à couper. Néanmoins, une part d'elle se mit sur ses gardes au sein de son inconscience, sans qu'elle en prenne vraiment conscience, le doute la rongeant telles les termites dans une souche d'arbre mort. Ainsi, étant souvent mentionnée dans ces attaques par écrit, la Hyuga gardait inconsciemment ses distances avec Sakura.
De toute manière, cette dernière avait tendance à les éviter aussi ou à être mal à l'aise avec ses amis d'enfance. Les filles dont Karui et Temari trouvaient cela suspect, faisant sous-entendre qu'elle était peut-être entrain de mijoter un mauvais coup, mais elles laissèrent vite couler quand rien ne vint. Bien au contraire, c'était le calme plat. Tout cela chagrinait Ino et l'inquiétait plus que tout, vis-à-vis de sa soeur de coeur, car à la différence des mois précédant, ce n'était certainement pas à cause de sa jalousie obsessionnelle, elle en était certaine, mais d'autre chose. Cependant quoi ? C'était là la question que la Yamanaka n'avait de cesse de se poser, l'empêchant de se concentrer sur ses études. Elle dût son salut qu'à Saï qui la ramenait souvent sur terre et passait de longue soirée à la recentrer sur sa nécessité de penser à son avenir. Il lui rappelait à chaque fois que c'était nécessaire qu'elle ne devait pas accès sa vie sur la rose, mais qu'elle avait la sienne à vivre. Sa copine en avait déjà assez fait et ne devrait plus s'occuper des affaires de Sakura, selon lui. Ino lui en était plus que reconnaissante.
De son côté, bien que ces attaques étaient plus que mortifiantes, tout en étant contradictoires avec la réalité, ce qui fit le plus mal à Hinata et qui l'avait obligée à se porter pâle pendant quelques jours furent des insinuations concernant sa mère sur certains pamphlets. Beaucoup imaginaient cette dernière se retournant dans sa tombe de la voir sortir avec un pauvre officier, ou de gâcher son avenir en se destinant comme une simple institutrice sans ambition. D'autres croyaient dur comme fer que celle qui lui avait donnée le jour et qui avait offert sa vie pour sauver celle de sa petite soeur devaient en avoir honte de l'avoir mise au monde, tellement sa faiblesse ne ferait pas d'elle ni une bonne épouse, ni une bonne mère. Oui, les pamphlets s'en prenaient à un de ses plus grands rêves et à la peine de savoir que sa mère ne sera jamais là pour la voir dans sa robe de mariée, ses petits-enfants et de jouer avec eux en les gâtant.
D'autres encore contenaient des paris avec des côtes sur le temps qu'il faudrait pour que Naruto la quitte ou divorce en cas de mariage, ou encore que si elle voulait lui passer la bague au doigt, elle allait devoir tomber enceinte pour l'y obliger. C'était une véritable torture psychologique pour elle. En tout cas, Hinata avait failli craquer plus d'une fois à la lecture des pamphlets, leur donnant raison et croyant tout ce que ces mauvaises langues lui avaient balancé à la figure. Le voile qui s'était étendu dans son couple et les circonstances de ce fameux week-end ne l'aidaient pas du tout. Son sentiment d'être perdue et de ne pas savoir ce qu'elle voulait au fond d'elle l'entraînait à s'enfermer derrière une bulle pour se préserver comme durant son enfance, quand elle devait faire face à la froideur de son père et au jugement des anciens les plus exigeants.
Bon, la Hyuga avait bien essayé d'en parler aux doyens, mais surtout de l'attitude de certains étudiants masculins. En effet, les étudiants les plus téméraires, bien qu'ayant peur d'un procès pour la toucher, ne se gênaient pas pour la reluquer en lui affublant des gestes et des noms des plus explicites, allant parfois à mimer la grosseur de sa poitrine en se déhanchant comme pour lui signifier qu'ils seraient partant pour une branlette espagnole. A l'idée de masturber entre ses seins, le sexe d'un homme qui ne la respectait pas et qui ne voyait en elle qu'"un vide couille" comme une fois elle eut lu à son propos, lui avait alors donné une envie de vomir qu'elle s'était enfuie dans les toilettes, se vider l'estomac. Malheureusement, Hinata n'eut pas la réaction qu'elle escomptait.
Certes, il l'avait écoutée et lui avait conseillée de ne pas en prendre en compte ou encore de ne pas lire les lettres anonymes. Ce qu'elle faisait déjà en les jetant, mais sans trop de succès, car pour la contrer, les responsables faisaient maintenant en sorte d'écrire en gros des mots simples sur une seule feuille non pliée, si bien que ses yeux tombaient dessus inexorablement. Et puis, que devait-elle faire face aux murmures qui lui arrivaient quand elle s'approchait d'un groupe. Elle n'allait pas venir avec boules quies dans les oreilles à l'Université.
"- Et que voulez-vous que j'y fasse, lui avait-il sorti. Sans connaître l'identité de ces calomniateurs ou les prendre en flagrant délit, je ne peux rien faire.
- Mais...
- Mademoiselle Hyuga, l'avait coupé le doyen. Je comprends, je vous assure, et vous pouvez toujours porter plainte... Cependant, notre Université est encore ébranlée par la précédente affaire dont vous avez été en partie l'instigatrice. Il serait dommage que des investisseurs potentiels nous ferment leur porte à cause d'un nouveau scandale... Alors réfléchissez bien avant de prendre une décision hâtive. Ce ne sont que des racontars de bistrot.
- Je vois, fit plus que déçue, presque bafouée, Hinata.
- Ecoutez, je vais mener ma petite enquête et faire un rappel au règlement. C'est tout ce qui est possible pour moi de faire pour le moment... Et puis, je suis presque certain qu'ils vont se calmer si vous les ignorez.
- Très bien," avait terminé la Hyuga avant de sortir de son bureau.
Ayant mal refermé la porte, la jeune femme avait donc entendu le responsable de l'Université grommeler dans sa barbe
"- Encore une fille à papa qui fait un caprice... Qui croit que le monde tourne autour d'elle, incapable de gérer ses problèmes sans l'argent et l'influence du papounet... J'ai d'autres soucis plus urgents à régler que de me préoccuper d'une petite princesse à la noix."
Et cela ne s'était pas arrêté là, mais dégoûter, la petite-amie de Naruto ne resta pas plus longtemps pour écouter la suite. Elle venait de comprendre qu'elle ne recevrait aucune aide de ce côté-là. Devait-elle finalement parler de tout ça à son père ? Peut-être, mais si elle le faisait, ne donnerait-elle pas raison au doyen ? Ne donnerait-elle pas une raison aux rumeurs de ses faiblesses d'être exactes ? Finalement, elle garda le silence et refusa d'impliquer Hiashi. Cela allait peut-être se calmer. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Certes, cela ne s'était pas amplifié, mais c'était continuel au point qu'elle se faisait de plus en plus discrète dans les couloirs dès qu'elle y déambulait seule. Oh, Hinata aurait pu mieux tenir le choc, si elle avait bénéficié du soutien de ses deux meilleurs amis. En effet, en plus de l'éloignement de Tenten, l'option de Kiba était à exclure.
Ce n'était pas en l'impliquant dans ses problèmes qu'elle tiendrait la résolution qu'elle avait faite devant Naruto de garder une certaine distance avec l'Inuzuka. D'ailleurs, ce dernier avait bien tenté quelques approches et l'avait invité à partager quelques cafés ou sorties, mais à chaque fois, la jeune femme prétextait quelque chose pour refuser. Les seules fois où elle répondait positivement, c'était si elle était certaine que les autres du groupe étaient présents. En gros, elle faisait en sorte de ne jamais le voir seul à seul. Bon, il était arrivé qu'ils se retrouvent isoler de leurs amis, mais ces derniers n'étaient jamais loin. En tout cas, cette distance agaçait le maître d'Akamaru qui ne comprenait pas ce qui arrivait. Il l'avait questionnée bien sûr en tentant de rester naturel et calme. Néanmoins, il avait bien senti que désormais un mur c'était dressé entre eux. Il ne reçut qu'une vague réponse tel, par exemple, qu'on récoltait que ce qu'on avait semé.
N'étant pas très bon dans le déchiffrage des expressions et ne voyant pas trop ce qu'il avait fait de mal vis-à-vis d'Hinata pour qu'elle réagisse ainsi, le jeune homme aux crocs rouges tatoués sur les joues n'y comprenait décidément rien, leurs amis ne l'éclaircissant pas du tout. Il en était si agacé qu'il s'en ouvrit à Shino qui ne savait pas trop quoi dire, même s'il se doutait de la raison. Pour en être sûr, un soir, il prit son téléphone et appela sa soeur de coeur. Cette dernière était devant des recherches qu'elle devait faire pour ses études. Voyant le nom de son camarade de lycée, elle décrocha sans méfiance.
"- Bonsoir, Shino. Que me vaut ton appel si tard ?
-...
- Ah, Kiba t'en a parlé, s'attrista Hinata. Ecoute, je... Je ne sais pas trop quoi te dire.
-...
- Tu... Tu as vu juste, souffla-t-elle d'une petite voix toute désolée. Il m'a demandée de faire un choix et...
- Tu l'as choisi, termina l'Aburame.
-...
- Je vois. Ecoute, Hinata, tu devrais dire à Kiba ce qu'il en est. Je sais que ce n'est pas facile, mais il le faut pour éviter qu'il grossisse les choses... Si tu veux, je peux essayer d'aborder le sujet avec lui.
-...
- Très bien, mais cependant, attends-toi à l'avoir débarqué pour en parler avec toi, la prévint Shino. Tu le connais, mais je vais essayer d'amortir le choc.
-...
- Oui, bonne nuit Hinata... Bon courage."
L'ami d'enfance raccrocha après ça et souffla pour lui-même. Ce qu'il avait redouté, c'était en partie produite. Il avait pourtant prévenu Kiba, mais apparemment, il ne l'avait pas écouté. D'ailleurs, cela ne l'étonnait pas vraiment. Malheureusement, Naruto avait estimé qu'il avait dépassé la ligne rouge et d'un certain côté, il le comprenait. Il aurait certainement réagi pareil que lui dans ces circonstances. En tout cas, il ne connaissait pas le blond aussi jaloux, à croire qu'il n'avait aucune confiance en lui ou pire, en son couple. Cela ne lui ressemblait pas du tout. Après, l'Uzumaki était connu pour ne pas avoir d'expérience dans le domaine sentimental et de la romance. Cependant, après tout ce qui s'était passé, ce n'était pas certain que leur baka national les écouterait. Cela aurait été encore plausible il y a quelques mois, voir semaines, mais avec le cinéma de Neji et Kiba, ainsi que l'intrusion de certains d'entre eux dans son histoire d'amour, des oeillères avaient certainement trouvé leur place sur ses oreilles décorées des mèches blondes.
Numérotant enfin le numéro de son meilleur ami, Shino entreprit une dure conversation avec ce dernier. L'impact ne se fit pas attendre. En effet, il reçut vocifération et aberration à l'autre bout du fil. Il fallait dire qu'il s'en était douté quelque peu, au vu du caractère entêté de son camarade aux tatouages. Il pouvait être très têtu, à l'image de Naruto, mais avec un peu moins de..., de panache. Le blond l'était quand la cause était juste ou qu'il pensait agir pour le bien. Le brun était un peu plus égoïste et cela venait de le desservir puisque ses agissements avaient plongé Hinata dans une position presque impossible et à se retrouver couper en deux. En tout cas, le lendemain, lors du repas de midi, celle-ci fut assez abasourdie par le comportement de Kiba. Ce dernier les avait rejoints après ces cours à l'école vétérinaire et la collait vraiment beaucoup, ne la lâchant pas d'une semelle, allant même jusqu'à lui prendre une mèche de cheveux pour jouer avec ou à lui souffler doucement dans l'oreille. Bon, il avait déjà eu cette habitude quand ils étaient tous deux adolescents et qu'aucun d'entre eux était en couple. Cependant, les choses avaient évolué et tout avait changé. Ils avaient aussi grandi.
La Hyuga comprit encore plus la jalousie de Naruto, surtout si son meilleur ami entreprenait ce genre de geste devant lui. Il était vrai que ce tic allait en augmentant depuis qu'elle était en couple, d'où certainement ses doutes. Comme elle regrettait à la minute de ne pas avoir fait plus attention et de ne pas y avoir mis un terme plus tôt. Elle n'aurait pas été obligée d'être poussée à faire un choix. Finalement, c'était elle la responsable d'une telle situation. Si au moins, elle ne lui avait pas permis d'être aussi familier avec elle quand ils avaient atteint l'âge ingrat, jamais cela se serait produit. Elle en était certaine. Maintenant, Hinata devait s'en dépêtrer et lui faire comprendre la situation sans pour autant le chagriner, ce qui ne sera pas une partie de plaisir. Pour le moment, elle se contenta de se décaler et de remettre ses cheveux en place, agaçant de toute manière le jeune homme. D'ailleurs, ce dernier perdit vite patience et empoigna son bras pour la tirer loin de leurs amis avec qui ils mangeaient sous le regard plus que surpris et suspicieux des filles. Temari et Ino en avaient plissé les yeux et n'aimaient pas du tout ce qui se passait dans leur dos. Elles avaient bien vu le manège de Kiba et trouvaient qu'Hinata jouait un peu trop avec le feu.
Sakura aurait-elle eu raison en doutant de la sincérité de la Hyuga et l'accusant de jouer un rôle de sainte-nitouche hypocrite avec tous ? A cette hypothèse pouvant un jour être justifiée en cas de révélation, la Yamanaka ressentit du ressentiment pour l'héritière d'être le possible instrument des souffrances de la rose. Quand Tenten entendit leur messe basse, elle eut mal pour sa soeur de coeur et la défendit, mais avec beaucoup moins de verve qu'à l'accoutumé, mais suffisamment pour rassurer les autres sur la réalité des faits et leur amitié. En tout cas, assez pour que les filles décidèrent de laisser leur camarade tranquille et de ne pas se préoccuper de sa vie. Hinata restait Hinata, éternelle amoureuse de leur idiot. Kiba n'avait aucune chance alors pourquoi se faire des noeuds au cerveau. La petite-amie de Neji commença alors à regretter son éloignement avec elle. C'était à lui de changer de comportement. De leur côté, les deux fuyards arrivèrent bien vite dans un lieu éloigné des curieux. Ainsi après l'avoir kidnappée, le maître d'Akamaru la regarda intensément avant de prendre la parole.
"- Je peux savoir pourquoi tu me snobes ?
- Lâche-moi Kiba ! Tu me fais mal, se débattit Hinata pour récupérer son bras qu'il broyait.
- Pardon, s'excusa-t-il en s'exécutant.
- Et je ne te snobe pas.
- Mais bien sûr, ironisa l'Inuzuka. Prend moi pour un con !
- Kiba ! Je t'en prie, sanglota Hinata qui n'aimait pas du tout ce qui se passait à l'instant. Ne rend pas les choses plus compliqué qu'elles le sont déjà. Nous ne sommes plus des enfants et des adolescents... Certaines de nos habitudes ne sont plus possibles, c'est tout... Je sais que je suis la seule fautive et que je ...
- Alors c'était bien ça. Shino avait raison quand il m'a appelé hier, la coupa son ami d'enfance. Je n'ai pas voulu le croire mais tu viens de le confirmer... Tu prends tes distances avec moi pour lui... Pour Naruto... Il n'a pas pu s'empêcher d'exiger de toi que tu romps ton amitié avec moi pour ses beaux yeux...
- C'est faux ! Naruto n'a rien contre notre amitié, le contredit Hinata. Je t'avais prévenu mais tu ne m'as pas écoutée préférant continuer ton manège... Ton comportement lui laisse supposer que tu es amoureux de moi, et que mettre un peu de distance entre nous, te ferait du bien pour tourner la page... et je le pense aussi... pas seulement pour toi, mais pour moi également...
-...
- Kiba, tu es mon meilleur ami et je ne veux pas rompre notre lien d'amitié, mais pour cela, arrête cette ambiguïté qui nous fait tous souffrir, sinon,...
- Sinon...
- ... Naruto sera à jamais mon premier choix..., murmura Hinata. Ecoute, profitons de ce temps pour réfléchir seul, prendre du recul,..., après quoi, nous pourrons redevenir comme avant..., voir si notre amitié peut être préservée et sauvée.
- Tu... tu as sans doute raison, souffla-t-il en baissant les yeux et en serrant les poings, ajoutant à contre coeur. Faisons ça alors."
Chagrinée et compatissante face à son affliction, Hinata lui offrit un dernier baiser sur la joue avant de rebrousser chemin pour rejoindre leurs amis. Ce fut dur, mais la situation était maintenant claire. Le groupe eut la décence de ne pas la questionner, même si les questions fourmillaient sur la langue des filles. De son côté, le maître d'Akamaru fulminait sa rage et sa colère. Il aurait pu s'en vouloir, reconnaître qu'elle avait raison sur le fait qu'il avait volé trop près du soleil et qu'il s'était écrasé sur le sol, mais non. Il préféra tout mettre sur le dos de Naruto. C'était lui le responsable. Ce baka de blondinet n'avait rien compris au défi qu'il lui avait lancé, lui prouver qu'il rendait heureux Hinata et qu'il la méritait en lui faisant confiance. L'Uzumaki avait réussi à convaincre sa belle à le mettre de côté, soit. Si c'était ce qu'elle voulait, il allait le faire, et garder une distance honorable avec elle, jouant le parfait rôle du bon copain. Néanmoins, une chose était certaine, certes son jeu avait peut-être été trop loin, mais Naruto venait d'échouer à son test et il lui en voudra pendant longtemps.
De son côté, le reste de la journée passa très lentement pour Hinata. Chaque minute était presque une torture d'éternité. Comme elle aurait aimé éviter tout ça. Comme elle aurait aimé ne pas devoir faire un choix et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir prévenu Kiba de cesser ce jeu dont elle ne saisissait pas ni l'intérêt, ni les aboutissements. Elle avait l'impression d'être une balle de tennis que chaque compétiteur se renvoyait dans l'unique but de pousser l'autre à la faute. Cependant, bien qu'elle semblait en être également le trophée pour le vainqueur de cette joute, qu'est-ce qu'elle gagnait, elle personnellement ? A part, bien sûr, des meurtrissures d'avoir perdu soit l'amitié, soit l'amour. Serait-elle destinée à ne nourrir aucun espoir à vivre son histoire, sa romance sans toutes ces épreuves, comme à l'image de ses camarades ? Parfois, la Hyuga les jalousait de ne pas vivre ce qu'elle devait surmonter. A l'instant, elle s'en voulut d'une telle pensée, se rappelant Matsuri et ce qu'elle avait été involontairement le témoin.
Au final, peut-être qu'il existait une autre possibilité, que le problème venait d'elle. Elle était peut-être la seule responsable. C'était peut-être d'elle d'où venaient les barrières et toutes les complications. A force de ne pas savoir quoi faire et qui elle était en réalité, peut-être était-elle l'inquisitrice de sa propre indécision et de sa propre lance de meurtrissures. En tout cas, Hinata se sentait terriblement coupable de la situation et de la nouvelle inimitié entre Naruto et Kiba, eux qui étaient de bons amis. Là, un nouveau doute se ré deux jeunes hommes l'avaient-ils vraiment été finalement ? Elle n'en était plus très sûre. Pourtant, elle les revoyait sécher les cours ensemble, réaliser des blagues ou organiser une soirée d'épouvante pour Halloween. Oui, s'il n'y avait pas eu Sasuke et Shino, on aurait pu penser que c'étaient eux les meilleurs amis du monde. Peut-être qu'en réalité, le seul et fragile lien qui avait fait naître leur amitié entre eux, c'était elle.
C'était assez présomptueux de sa part de se donner autant d'importance alors qu'elle avait été et était encore aujourd'hui une fille si banale. En fait, non, elle se trompait,..., encore. C'était surtout grâce à Neji, en réfléchissant bien. En effet, c'était vraiment à travers lui que les rencontres s'étaient faites. Certes, tous les membres de groupe se connaissaient depuis le primaire, voir la maternelle pour certain, et Naruto l'avait défendue bien avant leur première rentrée scolaire commune. Néanmoins, la vraie présentation, en dehors du contexte de l'école, avait été faite plus tard quand son cousin avait invité ses camarades pour son anniversaire. Elle se rappelait que Naruto y avait assisté que parce que Sasuke avait voulu refuser, sauf s'il venait aussi. Les Hyuga, n'ayant pas voulu froissé et se mettre à dos Fugaku alors qu'ils étaient en pleine négociation commerciale, avaient donc cédé à son caprice. Voir le blond chez elle avait sonné le début de son espionnage, elle qui s'était cachée derrière un mur quand elle l'avait aperçue et derrière le dos de son cousin durant toute cette journée.
Maintenant, Hinata ne le regardait plus en se cachant, doutant qu'il puisse l'aimer. Non, maintenant, elle était en couple avec lui, mais en était-elle plus heureuse ? Revivant les souvenirs de son enfance et ceux de sa nouvelle vie, une douce chaleur lui envahit le coeur, détendant un peu son esprit si préoccupé ces derniers temps. Oui, elle était heureuse, mais alors pourquoi devait-elle vivre tout ça. C'était entrain de tout gâcher. A moins qu'encore une fois, la pensée qu'elle n'en soit la seule responsable effleura sa conscience. Vivrait-elle un jour plus sereinement si elle laissait de côté ses inhibitions sociales, les convenances de sa famille et pourquoi pas n'écouter que son coeur, voir,en allant plus loin, juste ses instincts ? Ces derniers lui criaient de se laisser aller et de suivre la voix de ses sentiments, mais à chaque fois, une boule se formait en elle, la bloquant. Elle avait l'impression qu'un regard de désapprobation se posait sur elle dès qu'elle faisait un petit écart et alors, elle se transformait en petite fille prise en faute.
Pourtant, c'était peut-être une solution. Cependant, Hinata sentait que malgré tout, ce genre de chose n'était pas pour elle. Elle était beaucoup trop timide et, elle le savait, souffrait d'une si piètre confiance en elle, qu'à se retrancher derrière sa bulle pour échapper au jugement de l'autre et à la virulence de ces attaques. Oh, elle avait bien tenté quelque fois de faire entendre ses opinions ou de suivre ses inspirations, mais tout avait échoué, elle se refermant comme une huître face à l'inquisition de sa famille. En fait, la Huyga avait fini par réaliser que si personne n'avait pas remis en question son choix de carrière malgré la désapprobation visible dans leurs yeux de certains, c'était parce que l'entreprise pouvait compter sur Neji ou Hanabi pour prendre ses rênes. Dans le cas contraire, elle état maintenant certaine qu'ils l'auraient obligée à suivre le chemin des affaires et même si ses désirs l'appelaient ailleurs.
En plus, depuis quelques temps, les épaules de la soeur d'Hanabi pliaient sous le poids des événements qui s'enchaînaient les uns après les autres, en plus de l'assassinat de son coeur par les mots acerbes qui dansaient devant ses yeux. Bon, depuis peu, elle trouvait le moyen de ne pas les lire, mais ceux déjà lus étaient inscrits dans son esprit et les murmures n'arrangeaient rien. De cela, elle en était sûre, aucune de ses amies ne le vivait. Oh, chacun d'entre elles avait le lot de souffrance et de difficultés, mais ces dernières lui paraissaient si fortes que cela devait être facile pour elles de les surmonter. Comme elle voudrait l'être également ! D'ailleurs, plus d'une fois, elle se demandait si cela aurait été judicieux de leur avouer pour les pamphlets.
A chaque fois qu'Hinata le pensait et qu'elle était résolue de leur en faire part, il suffisait qu'elle entrevoie leur sourire, entende leur rire pour qu'elle ne désire pas casser leur joie, leur bon vivre. Elle finissait donc par y renoncer. Elle se refusait d'être celle qui transformerait leur visage heureux en traits compatissants et de pitié. Elle ne le voulait pas. C'était pourquoi à chaque fois qu'elle souriait tristement en les regardant et se promettant de ne pas casser leur harmonie. Et puis, si c'était pour qu'elles s'éloignent d'elle comme à l'image de Tenten, cela n'en valait pas la peine. Maintenant, la Hyuga avait terminé sa journée de cours, mais elle n'avait pas eu l'envie de rentrer tout de suite chez elle. Elle avait ressenti le besoin de prendre l'air et de marcher sans réel but. Elle se trouvait donc au parc où Naruto l'avait embrassée pour la première fois et après avoir quelques minutes de marche, s'était assisse sur un banc à l'abri d'un saule pleureur au bord d'un majestueux lac.
En ce printemps, Hinata ferma les yeux et laissa son esprit suivre le chant des oiseaux au grès du vent. Elle se détendit un peu, mais vraiment qu'un peu. Se douter de ne plus pouvoir compter sur sa meilleure amie et la crainte de perdre les autres si elle se confessait pesaient énormément sur elle. Néanmoins, cela lui fit tout de même du bien. Ouvrant les yeux, elle tomba sur l'image d'un ciel aussi bleu que la couleur des pupilles de son petit-ami. Ainsi, l'image de celui-ci se dessina entre le peu des nuages qui y nageaient. La jeune femme en sourit tristement, avec une larme se formant au bord de sa paupière. En effet, au lieu de la revigorer comme à l'accoutumée, imaginer le visage de son prince la rendit nostalgique et augmenta son sentiment de solitude. Comme elle aurait aimé pouvoir courir vers lui pour se réconforter entres ses solides bras et s'y sentir en sécurité. Elle en avait terriblement besoin et attendait avec impatience les deux jours qui la séparaient de leur retrouvaille. A cette idée, son sourire se fit plus franc et elle s'abandonna au vent, pensant à Naruto.
D'ailleurs, ce dernier était toujours au sein de l'école préparatoire, entrain de faire des pompes au sein de la salle de sport. Il tentait de décharger ses batteries de leur trop plein d'énergie, mais surtout pour vaincre son impatience. Pas qu'il était heureux de retrouver la pression des Hyuga et leur surveillance constante, mais il avait hâte de revoir Hinata qu'il n'avait pas vu depuis des semaines, à force de travailler son concours qui arrivait à grand pas. Il était certain que son sentiment d'être espionné venait d'eux, mais contrairement à ses habitudes, il préféra laisser faire et leur prouver sa valeur. Bon, Neji ne l'aidait pas vraiment à le détourner de cette hypothèse en prenant ses distances avec Sasuke et lui. Contrairement, au trimestre précédent, leurs autres camarades n'eurent pas l'air d'en faire grand cas, pensant sans doute qu'ils se concentraient tous sur la réussite à l'examen final au lieu de mettre en avant leur amitié. Et puis, eux aussi devaient le travailler, alors à bas, le problème des autres. C'était sûrement aussi la pensée de Sasuke et Shino qui n'en parlèrent jamais aux concernés.
Naruto savait très bien que la raison en était tout autre et que c'était sa romance qui tapait sur les nerfs au cousin de sa dulcinée. Une idée sur la cause d'une telle véhémence lui était bien venue depuis quelques temps, mais c'était tellement absurde qu'il l'avait écarté. Cela avait jeté un nouveau froid entre eux. Enfin, il préféra oublier cela et toujours en sueur, sourit à la pensée que dans un peu plus de 48 heures, il pourra peut-être reprendre là où Hinata et lui s'étaient arrêtés. En ce prochain week-end, l'un des derniers que tous passeraient loin des études avant le concours et être enfermé une nouvelle fois pour le préparer pendant un mois, Iruka était de nouveau absent, Juugo et Sasuke aussi. Les deux avaient désiré passer ce rare temps de repos, de décompression, de défoulement, qu'importe comment tous le voyait, ensemble, rien que tous les deux. C'était également le projet de l'Uzumaki qui avait réussi à convaincre sa belle de lui consacrer ces deux jours rien qu'à lui, l'obligeant à décaler ses cours particuliers. Ce fut donc heureux qu'il décrocha son téléphone qui sonnait avant de perdre toute joie à ce que la personne au bout du fil lui disait.
Au parc de Konoha, le soir était entrain de tomber, Hinata était toujours sur le banc, absorbant l'énergie de la nature. Le vent prenait petit à petit de puissance pour enfin faire voler autour d'elle ses cheveux laissés en liberté. Le petit gilet qui lui couvrait les épaules ne suffire plus pour la protéger de la fraîcheur qui tombait inexorablement. Il était temps pour elle de rentrer, même si son coeur n'y était pas. Elle serait bien restée ici, à rêvasser de son blond, déambulant avec elle sur ces chemins qui l'avaient accueillie depuis sa sortie de l'Université. Dans son rêve, rien ni personne n'entravait leur bonheur et tous étaient heureux pour eux. Comme elle voudrait que cela se réalise, pensa-t-elle en espérant que le week-end qui se profilait en soit le début, oubliant sans s'en rendre compte le désir plus que sucré qu'il nourrissait pour elle. La jeune femme se résout à quitter sa place et se leva. Elle allait s'avancer qu'elle entendit son téléphone sonné. Le saisissant, elle sourit un peu plus à son écran quand elle vit le nom s'y affichait. Elle décrocha, une voix masculine la saluant.
"- Naruto, je suis si heureuse de t'entendre. Si tu savais comme tu me manques."
A l'autre bout du fil, son aimé se racla la gorge à cette affirmation, comme s'il était gêné et bien embêté. Il était en plein stress, mais surtout peiné de devoir faire ce qu'il s'apprêtait à entreprendre.
"- Tu me manques aussi...
Un silence poursuivit ces quelques mots avant que l'Uzumaki continua, un peu confus dans ce qu'il s'apprêtait à dire.
- Euh, Hinata... Je t'aime, tu le sais ça ?"
Cette affirmation ou question, elle ne savait pas comment le qualifier, étonna grandement sa petite-amie. Une angoisse naquit au fin fond de ses entrailles. La voix qui lui parvenait transpirait d'une inquiétude qui ne lui ressemblait pas du tout, surtout quand un long moment séparait leur coup de fil. En effet, son blondinet était devenu au fil du temps peu assidu à la contacter. Hinata en avait pris son parti, mettant cela sur le dos des études et de la préparation du concours. Bon, il était vrai qu'elle ne l'harcelait pas non plus, de peur de le déranger ou de craquer en pleurs et d'être obligée de lui raconter ce qu'elle vivait dans les couloirs. Elle ne désirait pas l'accabler avec ses problèmes et que cela le détourna de sa réussite. A chaque fois qu'elle se décidait à l'appeler, elle se préparait mentalement à apparaître affable et heureuse. Cependant, là, elle ne put empêcher sa voix de trembler.
"- Quelque chose ne va pas, Naruto ? Tu as un souci ?
-...
- Tu... tu dois annuler notre week-end !?... Mais pourquoi ? Ne put-elle pas s'empêcher de quémander. Je me faisais une telle joie de te voir."
Elle avait été si surprise par cette annonce que la soeur d'Hanabi retomba sur le banc derrière elle. Elle n'en revenait pas, elle qui s'était faite une joie de le revoir et de puiser de la force dans la sienne si réconfortante. Son coeur tambourinait dans sa poitrine au point qu'elle crut qu'il allait s'arrêter d'un coup, épuisé de battre trop fort, trop rapidement. Des larmes arrivèrent par mégarde et coulèrent sans qu'elle les sente glisser sur sa peau. A l'autre bout du fil, Naruto s'en voulut de lui faire vivre ça. Il imaginait très bien son abattement, mais il n'avait pas le choix. La personne qui l'avait contacté ne lui avait pas permis d'en avoir. Il espérait juste que sa douce lui pardonnera ce changement de dernière minute.
"- Moi aussi. Tu ne savais pas combien j'avais hâte de te rejoindre, mais... Hinata, je suis désolé... J'ai fait une bêtise... Le colonel m'a assigné à l'école pour me punir.
-...
- J'ai refait le portrait à un mec qui te manquait de respect. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait et cette fois-ci, j'ai perdu mon sang froid... Je suis désolé, vraiment... Je crois qu'il l'a fait exprès pour me faire réprimander."
Hinata n'en croyait pas ses oreilles. Alors c'était à cause d'elle que Naruto ne pourra pas se rendre à Konoha. Il avait voulu la défendre... encore et il en payait le prix, l'emmenant dans son sillage. Réalisant enfin l'eau qui lui déformait le visage, elle l'essuya d'une main. Voilà pourquoi elle lui taisait en partie son calvaire, minimisant les faits quand il se montrait trop insistant. Elle savait que son aimé serait capable d'enfourner sa moto pour courir à l'Université afin d'apprendre à ses harceleurs ce qu'il en coûtait de s'attaquer à sa petite-amie. Il serait prêt à mettre sa carrière en danger pour elle, et elle le refusait. D'ailleurs, de son côté, l'Uzumaki n'était pas très fier de lui et se rongeait les ongles en attendant sa réaction. Il se retenait de la presser imaginant le pire comme des pleurs et des cris qui se finiraient par une rupture. Son souffle se coupa quand enfin la douce voix lui parvint à nouveau.
"- Je comprends... Ce n'est pas grave.
-...
- Oui, ne t'inquiète pas... Je ne t'en veux pas, et je te remercie de me défendre, mais tu sais, ce n'est pas la peine."
Hinata avait failli lui dire que c'était elle qui n'en valait pas la peine, mais c'était retint à la dernière minute. Il n'avait pas à l'entendre et puis, le connaissant, il l'aurait contredite avec force. Elle se serait mise à pleurer et il s'en serait voulu de la mettre dans cet état. Il se serait peut-être mis en danger vis-à-vis de sa hiérarchie en bravant sa punition et en partant à Konoha. Et elle ne voulait surtout pas que cela arrivait. Elle se sentait déjà assez coupable comme ça. A l'autre bout du fil, le blond si amoureux de ce bout de femme serrait les poings avec une telle force que ses ongles risquaient d'encore ouvrir la paume de ses mains et de faire couler son sang. Toute sa séance de sport venait d'être anéantie en quelques minutes. Cependant, que pouvait-il faire d'autre ? Il se devait de suivre son nindo. Il se promit de se rattraper à la première occasion.
"- Tu me pardonnes ? Demanda-t-il.
-...
- C'est vrai ! Je te remercie, tu es la meilleure petite amie du monde."
Naruto n'en revenait pas. Sa petite-amie venait de lui accorder encore une fois son pardon et il s'en sentit soulager. Parfois, il se demandait ce qu'il avait fait pour la mériter. En tout cas, ce point réglé, les deux tourtereaux commencèrent à discuter de tout et de rien alors qu'Hinata rejoignait sa voiture. Arrivée à destination, elle dût y couper court où tous deux réitérèrent leur sentiment l'un envers l'autre. Chez elle, la jeune femme alla dans sa chambre et s'effondrant sur son lit, laissa sa déception et son affliction l'emmener au pays de Morphée. Elle dormait si bien qu'elle ne réveilla pas quand Hanavi vint la chercher pour dîner. Cette dernière préféra en rester là et referma la porte, inquiète pour son aînée qui lui semblait bien triste depuis quelques temps, comme durant son adolescence à espérer un garçon qui l'avait ignoré jusqu'à peu. Une rage envers celui-ci naquit en l'adolescente alors qu'une partie d'elle continuait à espérer faire erreur. De son côté, Naruto était de nouveau au téléphone et après avoir attendu quelques tonalités, parvint à joindre son interlocuteur.
"- C'est bon. J'ai réussi à me libérer.
-...
- Je tiens toujours ma parole, c'est connu, voyons.
-...
- Pas d'inquiétude. Je n'en parlerai à personne.
-...
- A bientôt," salua le blond avant de raccrocher.
Par la suite, trop tendu pour aller se pioter, l'Uzumaki avait entreprit une nouvelle séance de sport en utilisant toutes les machines de musculation mises à la disposition des élèves. Il ne revint dans son dortoir que très tard dans la soirée. Il réveilla même Sasuke en prenant une douche. Ce dernier s'était un peu inquiété, surtout lors du repas que son ami ne manquait pratiquement jamais, sauf quand la contrariété était sa compagne. Que c'était-il donc passé ? Il l'ignorait. Il allait s'asseoir sur son lit en attendant que son frère de coeur en finisse pour avoir des explications quand il vit l'heure et se résigna à attendre le lendemain. Il resta donc coucher à faire semblant de dormir alors qu'il entendit le blond se jeter sur son propre matelas et soupirer avant de tenter à trouver le sommeil qui le fuit. Il se retourna dans son lit plus d'une fois et avec une telle force qu'il obligea l'Uchiwa a accompagné son insomnie tellement il faisait de bruit, l'empêchant également de fermer l'oeil.
Un autre jour se leva donc sur deux futurs officiers qui affichèrent des cernes aussi longues que leur bras. Ils étaient si fatigués qu'ils ont eu du mal à rester éveiller durant une conférence dont l'orateur récitait d'une voix si monocorde que leurs yeux se fermaient tout seul. Bon, en réalité, le seul qui réussit à garder un minimum de conscience fut Sasuke. Par contre, à ses côtés, un léger ronflement lui parvenait. Naruto s'était effondré de sommeil, la tête en arrière sur son fauteuil, un petit filet de salive au bord de la salive. Les camarades qui en furent témoins ricanaient dans leur barbe alors que Neji, quand à lui, le regardait avec désapprobation. Le neveu d'Obito priait pour qu'il ne soit pas vu par leurs chefs. Il avait tenté de le maintenir éveiller en le cognant de son coude pour l'empêcher de s'endormir ou pour le sortir de ses songes. Malheureusement, le blond retombait inexorablement dans ses rêves. A la fin du cours, il dut le secouer plus fort pour le faire immerger. D'ailleurs, son ami sursauta avant de bailler et de le suivre dans les couloirs.
"- Mauvaise nuit, quémanda Sasuke.
- Ouais. Je n'aurai pas dû me dépenser autant et me couche aussi tard hier. Je suis crevé.
- Tu n'es pas le seul. Il faut dire que tu n'as pas été très discret cette nuit.
- Désolé... Je ne sais même pas pourquoi en plus.
- Bah, plus que demain et on va pouvoir décompresser et se reposer, lui rappela le ténébreux. Je pars chercher Juugo et à nous un petit séjour à la mer. Cela me fera le plus grand bien et toi ce sera à Konoha.
- D'ailleurs, en parlant de ça... Je ne pars pas demain soir avec toi.
- Ah bon ?! Tu vas rester ici ? Je croyais que tu étais impatient de revoir Hinata.
- Tu ne peux pas savoir combien j'en avais envi, cela n'a pas changé... En fait, je vais partir directement là où j'ai prévu d'aller. J'ai prévu...
- Laisse-moi deviner, le coupa Sasuke. Tu as encore organisé un week-end surprise avec elle.
- Je vois que tu as tout deviné, lui sourit Naruto, une main derrière la tête.
- Naruto, Sasuke, le prochain cours va bientôt commencer," leur cria un de leurs camarades.
Les deux meilleurs amis se tournèrent ainsi vers lui et le suivirent, sauvant sans le savoir le blondinet qui s'était demandé comment il allait de dépêtrer du traquenard que représentait l'intelligence de l'Uchiwa. Il avait cogité toute la nuit pour lui donner une explication à son absence lors de leur prochain départ, mais toutes ses solutions ne lui avaient pas paru très viables. Il avait alors profité de la perche qu'il lui avait lancée en posant son hypothèse. Il devait maintenant prier pour qu'il ne croise pas Hinata quand il ira chercher son amant. En tout cas, il partit l'air morose d'avoir dû mentir à son frère de coeur, mais surtout à sa princesse. Cependant, une promesse était une promesse et la requête qu'on lui avait faite semblait des plus sérieuses et préoccupantes, en tout cas pour la personne qui venait de le contacter. Sasuke fut quand même interpellé par ce visage fermé. Bien que cela lui paraisse bizarre pour quelqu'un qui s'apprêtait à retrouver sa belle dans peu de temps, il mit cela sur le coup de la fatigue.
A Konoha, étrangère à cet échange, bien qu'elle en fût l'épicentre, Hinata déambulait dans les couloirs de l'Université dans le but d'attendre l'heure de son prochain cours au sein de la bibliothèque. Elle avait encore quelques recherches à y faire. Malheureusement, elle n'était pas sûre d'arriver à se concentrer. Et ce qui se produisit quand elle constata que cela faisait un moment qu'elle lisait la même page du même livre. Le moral dans les chaussettes, la Hyuga ne réussissait pas à savourer une journée sans aucun pamphlet dans son casier. Même les murmures ne lui étaient pas parvenus, à moins que sa déprime l'avait si enfermé sur elle-même que les réflexions acerbes des mauvaises langues lui coulaient dessus sans l'atteindre. En tout cas, elle souffla une énième fois, pauvre victime de la triste nouvelle que son petit-ami lui avait annoncée. Cela la touchait encore plus qu'elle ne l'aurait pensé.
D'ailleurs, en repensant à son annulation, l'aînée d'Hiashi remercia le ciel de l'absence de ce dernier, accaparé par un colloque durant les quatre prochains jours, Hanabi passant le week-end chez les Sarutobi. Elle n'était pas obligée de se creuser la cervelle à trouver une excuse à sa présence en sa demeure, alors qu'elle avait bataillée avec certains anciens revanchards, accompagnant son père et qui auraient bien voulu la garder enfermer pendant leur absence pour sortir. Elle risquait de passer pour une girouette. Un mal de tête arrivant et résignée de n'arriver à rien dans son état actuel, Hinata décida de ranger le livre qu'elle avait dans les mains dans son rayon pour ensuite partir à la recherche de sa meilleure amie, qu'une ombre lui cacha la lumière du soleil. Levant les yeux, elle sourit en reconnaissant la personne devant elle.
"- Tenten, bonjour. Comment vas-tu ?
- Bonjour Hinata. Je vais bien... Et toi ?
- Oh... et bien... cela peut aller. J'ai un peu de mal à me concentrer sur les cours, juste un peu de fatigue sans doute.
- Ah ! Tu es sûre qu'il n'y a que de la fatigue... Tu n'as vraiment pas l'air bien du tout.
-..."
La Hyuga ne sut quoi dire et laissa un silence gêné s'installer entre elle deux. Que répondre, allait-elle l'abrutir avec ses problèmes ? Non, ce n'était pas une bonne idée. En effet, elle vit son amie fixer des points tout autour d'elle, sauf vers elle. Elle semblait plutôt éviter sa direction et fuyait même son regard. Elle se posait la question du pourquoi. Avait-elle vraiment fait quelque chose de mal pour un tel évitement ? Cela renforça les mots durs qu'on lui envoyait à la figure et qui la jugeait indigne d'entretenir une quelconque amitié. La dulcinée de Naruto baissa la tête et se leva pour fuir cette atmosphère des plus blessantes. La voyant faire, Tenten sentit son coeur se briser. L'air sombre autour de sa meilleure amie le lui perça et se sentit coupable. Oui, elle s'en voulait d'avoir mise autant de distance avec elle alors que visiblement, elle déprimait. Elle se doutait bien que l'absence du blond en était la principale cause et que cela la pesait plus qu'à l'accoutumée.
En effet, cela faisait plusieurs jours, voir semaines, que son état l'inquiétait de plus en plus. Hinata avait recommencé à marcher la tête cachée entre ses épaules, voûtée, comme du temps de leur pré-adolescence. Se pensant en partie responsable en s'en prenant à une innocente, la croyant coupable, lui faisant payer le comportement de Neji, la petite-amie de celui-ci s'était sentie de plus en plus mal chaque fois qu'elle avait aperçu la descente de morale de sa soeur de coeur. Persuadée que cette dernière avait besoin d'elle, elle avait bien tenté plus d'une fois de l'aborder, mais une certaine gêne l'en avait empêchée. Cependant, le matin même, l'abattement de la bleutée donnait l'impression d'être monté d'un cran, lui apportant assez de détermination pour aller jusqu'au bout cette fois. Elle avait donc attendu que sa camarade soit seule pour venir la voir.
"- Hinata, attends, l'intercepta Tenten en lui prenant le bras. Je suis désolée.
- De...
- De ne pas avoir été vraiment là pour toi depuis les vacances de printemps.
- Oh, ça !... Ce n'est pas grave. Je t'en demande déjà trop en me servant d'alibi quand j'en ai besoin.
- Si c'est grave, insista la future professeur de sport. Tu es ma meilleure amie, ma confidente et moi, je n'ai pas été là pour toi alors que tu sembles être au plus mal. Je ne suis pas aveugle tu sais... Je n'aurai pas dû, mais... j'ai l'impression de perdre pied entre mes études et Neji... ainsi que toutes ces histoires.
- C'est moi qui m'excuse alors, affirma Hinata en la prenant dans ses bras. Car, j'ai ma part de responsabilité... J'aurai dû m'imposer beaucoup plus et... parler à...
- Non, c'est moi. je n'aurai pas dû, la reprit son amie, déterminée à ne pas lâcher l'affaire.
- On ne va pas s'en sortir si on s'envoie la balle ainsi," lui sourit la Hyuga en se retenant de rire.
Cependant, elle ne résista pas longtemps et les deux jeunes femmes éclatèrent pour se calmer au bout d'une petite minute. Après ce petit moment de détente improvisée, elles se sourirent, heureuses de se retrouver. Qu'importe au final, la raison et la coupable de tout ceci. L'important était de renouer ensemble et de nouveau vivre une amitié forte et vraie. Cependant, des voix de réprimande s'élevèrent face à cette paix retrouvée. En effet, les deux meilleures amies avaient parlé fort dans le palais du savoir et du silence. Les autres étudiants les foudroyèrent du regard en les priant silencieusement de les laisser travailler tranquillement, sans ce genre d'interruption. Tenten en rougit avant de rire à nouveau dans sa main. Elle poussa alors la Hyuga et la guida jusqu'au dehors. Les deux camarades se rendirent jusqu'au vendeur de crêpes ambulant et en partagèrent une. Hinata aurait bien aimé connaître les vraies raisons de l'éloignement de sa soeur de coeur. Cependant, elle se refusa de lui poser la question de peur de la voir de nouveau lui tourner quelque peu le dos. De plus, elle sentait que c'était un sujet un peu trop délicat.
"- Bon, prête pour le prochain week-end. Tu sais que j'ai maudit ton père de m'enlever Neji pour son colloque. Comme si c'était nécessaire qu'il soit là alors qu'il en a loupé le début et qu'il n'en verra pas la fin.
- Selon lui, cela lui permettra de nouer des liens avec les autres chefs d'entreprise. Se faire un carnet d'adresses, tu vois. Une manière de le présenter comme l'héritier officiel.
- Mouais, mais quand même, bouda Tenten.
- En parlant du week-end, commença Hinata toute hésitante. Puisque tu es toute seule,..., ça te dit de le passer avec moi ?
- Oui, pourquoi pas, accepta sa meilleure amie avant de s'étonner en se rappelant un petit détail. Mais... et Naruto ? Cela ne risque pas de le déranger.
- Il... Il a annulé, lui avoua la Hyuga.
- Quoi ?! Cria presque sa voisine. Et ben, je comprends un peu mieux ton air abattu. Il t'a dit au moins pourquoi.
- Et bien..."
Hinata ne put poursuivre car l'alarme de son téléphone se fit entendre, lui rappelant qu'il ne lui restait plus que cinq minutes pour rejoindre sa salle et d'assister à son prochain cours. Elle proposa donc à Tenten d'en reparler calmement chez elle quand elle viendra. La douce de Neji acquiesça sans chercher plus loin et la regarda s'éloigner vers les couloirs de l'Université. Ainsi, la soeur d'Hanabi ne la vit pas perdre son sourire qu'elle avait au moment de lui dire à bientôt. Pas qu'elle n'était pas contente d'un tel renouvellement de leur lien, mais par inquiétude. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait un mauvais pressentiment, comme si l'absence du blond lors du prochain weed-end n'était pas la seule cause de l'état mental de son amie. Non, ce n'était pas aussi simple, elle en était certaine. Mais qu'est-ce qui pourrait être aussi puissant pour la tirer vers les ténèbres, se demanda-t-elle. Malheureusement, tout comme Hinata, Tenten se refusa de la pousser à la confidence, par crainte de rompre leur amitié reconstruite et mise en danger par la tension existant entre leurs deux couples, le conflit entre Neji et Naruto loin d'avoir été réglé.
