Peu d'étoiles brillaient dans le ciel. Comme si elles voulaient se cacher de ce qui était entrain de se jouer cette nuit-là. Comme si elles savaient, elles aussi, que son monde s'était écroulé sur lui-même. Et que le desespoir ressemble fort à la folie.

Ses mains étaient glacées, engourdies par le froid nocturne, et eccorchées d'avoir creusé la terre gelée. Mais elle ne sentait plus le froid depuis quelques temps déjà, depuis qu'elle avait appris la fatalité qui allait s'abbatre sur son petit garçon, en fait...Une larme s'échappa de son oeil et glissa sur sa joue pâle. Elle revoyait tellement nettement le corps tendu de son bébé sur son lit d'hopital, ses yeux révulsés et son teint si blanc qu'il en était de porcelaine...

Mais les choses allaient changer. D'un mouvement fluide et déterminé, elle plaça une petite boîte dans le trou qu'elle venait de creuser à mains nues. Elle l'enterra ensuite et se redressa prestement au milieu du carrefour où se trouvait.

Brellington Road et Charing Cross. L'endroit parfait. Un carrefour peu fréquenté et bien déssiné. Elle regarda autour d'elle anxieusement, priant le diable pour qu'il fasse au plus vite.

- Vous avez appelé? Lança une voix suave derrière elle. Elle se retourna d'un bond et ne chercha même pas à détailler l'homme en face d'elle. C'était l'homme qui allait lui rendre son fils.

- Je...c'est pour un marché. Souffla-t-elle d'une voix harassée.

- Un contrat? S'étonna l'homme d'un sourire de prédateur.

- Mon fils...Mon fils est malade. Expliqua-t-elle. Je veux qu'il guérisse.

- La santé...Minauda l'autre. Quelle banalité...Et vous savez certainement le prix de ce petit cadeau, n'est-ce pas ma chère?

- Mon âme. Répondit-elle, sure d'elle.

- Exactement. Dans dix ans, jours pour jours, je reviendrai collecter mon dû.

- Dans dix ans...Souffla la jeune femme. Timothy aura 16 ans...Je...Il aura encore besoin de moi et...

- Tut, tut, tut...Chicana l'homme en agitant son doigt en signe de négation. Dix ans, à prendre où à laisser, ma chère. Contrat standart. Et puis, c'est une vilaine chose que notre petit Timmy a attrapé là, vous savez?

- Dix ans alors...Répondit-il d'une voix tremblante.

- Nous avons un accord?

Elle eut à peine le temps d'acquièscer qu'il était déjà sur ses lèvres. Un baiser pour sceller un destin...

- Ce fut un plaisir, joli coeur...Souffla-t-il contre ses lèvres avant de disparaître.

Dans l'ombre, un autre démon se réjouissait.

. . .

Les draps étaient chauds et doux, autour de lui. L'oreiller sous sa tête lui semblait moelleux à souhait et le pâle soleil du matin qui filtrait par la fenêtre donnait une ambiance légère et fraiche à leur chambre.

Un des bras de Castiel était toujours autour de ses épaules et l'ange avait certainement dû passer toute la nuit à le regarder dormir, juste à être couché près de lui, attendant patiemment qu'il se réveille. Par peur, sans doute, qu'il ne se réveille dans un lit froid...

Savoir Castiel là, au réveil, sentir sa peau nue contre la sienne, lui procurait un sentiment nouveau, qui serrait sa poitrine autant qu'elle l'avait été la veille au soir. C'était different. Ce n'était pas du sexe, aussi bon et vrai, avait-il été...C'était une sensation plus douce, la routine banale d'un couple qui s'éveille dans les bras l'un de l'autre. Il sentit Castiel bougé contre lui, ayant certainement remarqué qu'il était à présent éveillé...L'ange déposa un chaste baiser sur ses lèvres et Dean se sentit sourire malgré lui à ce geste anodin et pourtant lourd de sens.

- Bonjour...Souffla Castiel au creux de son oreille.

- Salut...Tu es resté là toute la nuit? Demanda-t-il d'une voix encore chargée de sommeil.

- Je ne t'ai pas quitté une minute...Lui garantit-il avec un sourire tendre.

- Ca fait combien de temps?

- Il est sept heure trente du matin. Lui apprit Cass.

- Merci.

- Il n'y a vraiment pas de quoi, Dean. Souffla Castiel. Je ne me lasserai jamais de te regarder vivre...même si tu ne fais que dormir. Lui dit-il simplement. Je me suis réellement inquiété hier...Ajouta-t-il.

- Ca ne sera pas la dernière fois...

- Je sais. Je n'étais juste pas habitué à le ressentir de cette façon-là...Lui fit-il remarquer.

- Notre lien a changé?

- Il s'est fortifié. C'était attendu. Répondit simplement Cass.

- Ouais...Souffla Dean alors que ses blessures se rappelaient à lui. Il faut que je change mes pansements...Nota-t-il en avisant les taches de sang qui les teintaient déjà.

- Je m'en charge...Lança Castiel en sortant déjà du lit, toujours nu. Dean ne su pas s'il devait être gené ou amusé par le manque de pudeur de Castiel. Prend le temps d'enfiler un caleçon! Lança-t-il alors que Cas était déjà dans la salle de bains.

- Pourquoi? L'entendit-il répondre. On vient de faire l'amour, tu connais mon corps...Remarqua-t-il, perplexe.

Cette fois-ci, Dean n'hésita pas et éclata de rire. Il ne se lassera jamais de la naïveté de son ange...Son fou rire fut rapidemment coupé par trois coups à la porte. C'était certainement Caleb qui revenait s'assurer qu'il allait bien. Dean jeta un oeil à la salle de bain où son regard fut happé par celui de Castiel. Sans un seul mot, ils se comprirent et Cass recula davantage dans la salle d'eau.

C'est maintenant ou jamais, pensa Dean en prenant une grande inspiration.

- Entre! Héla-t-il avant que la porte ne s'ouvre.

- T'es sur? Lança Caleb par la porte entrouverte. C'est que...Je veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais...Tu as été assez bruyant hier soir. Et...Bon..C'est pas mes affaires mais d'après ce que tu m'as dit l'autre jour, j'avais cru comprendre que c'était assez sérieux avec ce Castiel, là...Babilla-t-il d'une seule traite, un air embêté sur le visage. Et puis, t'es blessé quoi, donc faut pas trop sur-estimer de tes forces et enfin...tu vois?

Dean n'avait pas interrompu Caleb une seule fois pendant sa tirade, trop amusé de le voir si gené. Ce n'était pas vraiment le Caleb dont il se souvenait. L'homme dont il se rappelait était quelqu'un de plus dur que le jeune homme jovial et bavard qu'il avait devant lui. Ho, Caleb aurait toujours un sourire collé aux lèvres mais ce jeune homme-ci était plus tendre et naïf que le chasseur qu'il avait jadis connu. Après tout, celui-ci n'avait jamais connu l'amusette qu'était John Winchester...

- Quoi?! Grogna enfin Caleb en avisant le sourire placardé sur son visage.

- Désolé pour le bruit, on n'y a pas vraiment pensé, c'est vrai. Admit-il en souriant davantage face à la couleur rouge brique de son ami. Et mes blessures vont bien ne t'inquiète pas, il était justement sur le point de changer mes pansements. Et enfin, sincèrement, je suis blessé que tu puisses imaginer de telles choses à mon sujet...Souffla-t-il, tout sourire.

- Hein..? Enfin...Désolé mais tu le trompais forcément vu ce que j'ai entendu hier soir...Lui fit remarquer Caleb, sardonique.

- Qui te dit que ce n'était pas Castiel?

- Ouais, bien sur, et il est arrivé quand exactement? Avant ou après que tu te sois affalé sur ton lit? Ou mieux, il était déjà là quand on est arrivé...

- Non. Admit Dean avec toujours le même sourire. Il est arrivé un peu après que tu sois partis. Il sait toujours où je suis. Ajouta-t-il.

- Quoi?! De quoi tu causes, merde! Commença à s'impatienter Caleb.

- Il faut que tu me promettes de ne pas flipper, ok? Lui demanda alors Dean, gravement.

- Pardon?!

Castiel est dans la salle de bains et quand il va entrer, je ne veux pas que tu t'énerves, d'accord?

- Et pourquoi est-ce que je m'énerverais? Demanda l'autre chasseur en fronçant les sourcils.

- Parce que je suis beaucoup plus âgés que Dean. Lança une voix grave de l'autre côté de la pièce.

. . .

Il fallu trente minutes pour expliquer la situation en long et en large à Caleb et trente de plus pour qu'il intègre toutes les nouvelles informations mais au final, Dean était satisfait. Il avait réagi bien moins violemment que Bobby à leur différence d'age mais avait eu plus de difficultés avec l'aspect "voyage dans le temps".

Tout ses amis connaissaient l'existence de Castiel maintenant et Dean s'en retrouvait soulagé. Ils n'avaient plus à se cacher désormais même si Dean préferait ne pas tenter le diable en étant trop proche de Castiel devant Bobby. Il n'était pas sur que le pauvre diable le supporterait.

Et donc, le temps avait passé; les chasses s'enchaînant, différentes mais toujours éssentiellement pareille. Tristement, il avait compris que sa relation avec Sam était entrain de s'éffriter...Depuis que le jeune garçon lui avait crié dessus, il n'en avait plus entendu parler et ses appels restaient sans réponse. Sam ne voulait pas lui parler. Cela faisait mal, bien entendu mais Castiel s'assurait d'avoir toujours un oeil sur Lawrence et Missouri ne manquait jamais de lui donner les nouvelles qu'elle avait pu glaner dans le voisinnage.

Il n'avait pas non plus rappeler ses parents, ne voyant pas très bien ce qu'il aurait pu leur dire. Il avait enfin obtenu son GED mais ne trouvait pas le courage ou l'envie de déccrocher le téléphone pour le leur dire. Et de toute manière, franchement, ce n'était pas de première importance.

L'important était que le temps passait et que Dean commençait à s'inquiéter de ce que les démons seraient prêts à faire pour libérer Lilith de sa prison. Meg et son frère devaient certainement concocter quelque chose depuis la mort de leur père et Ruby ne devait pas être en reste. Elle était la première servante de Lucifer. Il se ferait un plaisir de la tuer une deuxième fois. Le problème était qu'ils n'avaient aucune idée de comment procéder. Où chercher? Par où commencer?

- On doit empêcher Lilith de sortir de sa prison ce qui veut dire empêcher que la porte des Enfers ne s'ouvre. Le Colt est en lieu sûr et on surveille la zone de loin.

- Il n'y a pas qu'une seule porte des Enfers. Avait noté Castiel.

- Et même si on élimine Meg, il y aura toujours d'autres démons pour prendre sa suite...Avait-il complété.

- Il nous faut anticiper.

- Et comment veu-tu faire cela, Sherlock? Lui demanda Dean, clairement interessé.

- En faisant appel à un prophète.