C'est parti pour une course poursuite.

- Plus vite, Jack ! m'écriai-je.

- Je fais ce que je peux !

Je continue de jeter des regards derrière par dessus la vitre et entends retentir des coups de feu.

- MA BAGNOLE ! ragea Jack.

- Il y a plus important, là ! lui rappelai-je.

Il ne dit rien mais marmonne quelque chose d'intelligible. Je me penche alors à l'extérieur tandis qu'il conduit avec beaucoup de concentration. Je passe le haut de mon corps par la vitre et sors mon gun en me tenant au siège. J'ai du mal à ne pas basculer à cause de la vitesse et essaie de tirer dans les roues des voitures nous poursuivant. Je me tourne de l'autre côté après avoir éliminé un véhicule et vois que Jack va bientôt devoir prendre un virage, alors je rentre à l'intérieur et souffle un bon coup en rechargeant mon fusil.

- On va à Phoenix, clamai-je.

- On a encore nos affaires au motel, on peut p...

- Jack, on est poursuivi par au moins 20 putains de bagnoles blindées, et je te parie ce que tu veux qu'il va y en avoir d'autres ! m'exclamai-je. On a pas le temps de se faire une pause pipi !

Il ne répond pas tout de suite et tourne un second virage.

- Ok, mais on y arrivera pas avec les autres qui nous collent au cul, faut que tu travailles seule sur ce coup là, dit-il.

- T'inquiète, je gère, affirmai-je.

J'ai maintenant rechargé mon gun et repasse à la fenêtre en visant la vitre d'un véhicule. Je loupe ma cible plusieurs fois, mais parviens à briser le verre et tuer le conducteur, car la voiture part dans la fourrée des bois. Je retourne encore à l'intérieur et souffle un peu en passant la main dans mes cheveux. Je ressors, abats deux voitures, cette fois-ci en les touchant aux pneus, et lorsque je me rassois correctement, une question me vient à l'esprit.

- Est-ce qu'on aura assez d'essence ?

- J'ai fait le plein hier donc normalement, oui, me rassura Jack.

Je soupire de soulagement et il vire violemment de droite, ce qui me fait légèrement tomber sur lui. Je me redresse tant bien que mal et repars vers l'extérieur pour viser une énième voiture, mais j'arrive à la fin de ma recharge et dois retourner à l'intérieur. Manque de bol, je n'ai plus de cartouches, je prends donc ma mitrailleuse et commence à tirer longuement sur nos poursuivants. Je réussis à éliminer 5 ou 6 véhicules quand j'en vois un sur lequel un homme se poste au toit et tient un bazooka.

J'ouvre de gros yeux et rentre en prévenant Jack.

- Ils vont tirer au bazooka.

- QUOI ? cria-t-il en tournant la tête vers moi.

Je le regarde à mon tour et explique :

- J'ai vu un gars avec un bazooka, ça devrait pas tarder à...

Je vois dans le rétroviseur le type tirer la roquette et me stoppe dans ma phrase, ce qui alarme Jack.

- ATTENTION ! hurlai-je.

Il esquive juste à temps en décalant violemment la voiture sur le côté et je me cogne contre le bord de la portière. La roquette explose quelques mètres plus loin dans un virage et Jack tourne rapidement le coin.

- C'était chaud... soufflai-je.

- Ma caisse... fit-il, au bord des larmes.

Il l'aime vraiment, cette bagnole ! Je ressors mais vois juste avant une pancarte comme quoi nous avons quitté la périphérie de San Diego. Pas étonnant, vu la vitesse à laquelle nous allons. Je continue de viser sur les voitures de derrière et finalement, je parviens à toutes les éliminer au bout d'une heure. Lorsque je rentre, pour la dernière fois je l'espère, je ris de joie.

- On les a semé ! déclarai-je.

- Wouhouuuuu ! cria-t-il.

Il me tape dans la main et nous sautons sur nos sièges, puis il prend un virage serré et nous perdons notre joie.

C'est comme quand j'ai appris que le père Noël n'existe pas. Ce changement d'humeur, cet espoir détruit... Ouais, c'est pareil :

Un barrage de police est installé en pleine route et nous filons droit dessus.

- Jack... fis-je d'une voix tremblante, voyant qu'il continue sur sa lancée.

Il ne s'arrête toujours pas et je stresse de plus en plus.

- Jack ! répétai-je.

Il ne fait rien ou plutôt, il accélère. Nous fonçons droit dessus.

- JACK ! criai-je.

Il enlève une main du volant et la tend devant lui en doublant de vitesse. C'est alors qu'une rampe de glace apparaît juste au-dessus du barrage de police. La voiture roule sur cette rampe et est propulsée dans les airs. Je me sens même décoller de mon siège. Je pousse un long cri strident et Jack, d'amusement. Je ne sais pas s'il a tout calculer, mais la voiture retombe sur ses deux roues dans une grande secousse et continue sa trajectoire, cependant, les bloody scar sont de nouveau à notre poursuite. Je regarde Jack suite à la cascade qu'il nous a fait faire et il paraît plutôt content.

- Occupe-toi d'eux ! me rappela-t-il.

Je hoche la tête et repasse derechef à la fenêtre. Je fais déraper une voiture tout à droite, qui fonce sur la gauche, et l'effet domino agit car elle s'écrase contre une voiture, qui s'écrase contre celle d'à côté, et ainsi de suite. De sorte, je découvre qu'il y a deux rangées de poursuivant et que je n'ai éliminé que la première. Je rentre dans la voiture et désespère.

- Jack, ils sont deux fois plus !

- Heu... fit-il en réfléchissant. Je sais pas, moi... Gèle la route !

Waw, pas con ! Je lui ébouriffe les cheveux et prends une arme derrière avant de me pencher par la vitre. Je me concentre et ne réussis pas à geler tout le chemin, mais au moins le suivit de la Lamborghini. Deux voitures au loin dérapent dessus et entre en collision. Quatre sur le côté ralentissent un peu mais deux autres n'ont pas eu ce réflexe et explose avec les deux voitures. Je tire sur un des véhicules quand un bruit qui ne présage rien de bon fait son entrée. Un hélicoptère. Je retourne dans la sécurité de la Lamborghini et préviens Jack.

- Ils ont un hélico.

- Je vois ça ! dit-il en regardant dans son rétroviseur.

- Je fais comment ? m'enquis-je.

- Démerde-toi, t'es une grande fille !

- Ah bah super, merci de ton aide ! m'emportai-je.

- Désolé mais là, c'est pas le moment !

- N'essaie pas de dévier le sujet ! m'énervai-je.

- JE NE DÉVIE PAS LE SUJET MAIS ON A UN HÉLICO ET QUATRE VOITURE QUI NOUS COLLENT AU CUL ! hurla-t-il.

- ARRÊTE DE CRIER !

- MAIS VA LES BUTER !

Je n'ajoute rien et me penche derechef par la vitre. J'abats un véhicule en visant ses pneus et retourne à l'intérieur.

- On a des grenades ? demandai-je à Jack.

- Je dois en avoir deux ou trois derrière, répondit-il.

Je passe une jambe derrière et m'y installe pour chercher ça. Je fouille rapidement et trouve un petit sac dans lequel i grenades, puis je retourne devant avec. Je sors ensuite et regarde quelle voiture est la plus proche avant de dégoupiller une grenade à l'aide de mes dents, une main me maintenant à la voiture et l'autre tenant l'objet. Je lance l'explosif et la grenade atterrit au pied d'une voiture, qui explose alors qu'elle roule juste au-dessus. Je refais de même avec la deuxième et il ne reste qu'une voiture quand la nôtre tourne un virage. Je lâche ma grenade dégoupillée sous l'effet de la surprise et me rattrape de justesse au toit de la voiture, ayant failli tomber. Je rentre encore et Jack s'excuse.

- Désolé, je l'avais pas vu venir !

Je hoche la tête et ne réponds rien avant de repasser le haut du corps par la fenêtre. Malheureusement, la dernière voiture a compris que je lançais des grenades et elle zigzag sur la route, réduisant mes chances de l'atteindre à 1 sur 3. Je finis pas réussir à geler une roue et balance la grenade en hurlant :

- BOUFFE-TOI ÇA, BÂTARD !

Je me loge à nouveau dans la voiture et cette fois, il ne reste que l'hélicoptère.

- Jack, ralentit un peu, l'avertis-je. Je vais monter sur le toit.

- T'ES FOLLE ? s'étonna-t-il. Tu ne tiendras pas !

- Je vais me geler à la voiture, crétin !

Il se renfrogne et je ne sais si c'est dû à l'insulte, au fait que je prenne autant de risque ou celui que je vais peut-être griffer sa voiture. La troisième solution est la plus envisageable.

Je tiens ma mitrailleuse d'une main et de l'autre, je m'agrippe au haut de la voiture. Je m'extirpe par la vitre et grimpe dessus en peinant à me maintenir en place.

Finalement, je parviens à me lever et ne perds pas une seule seconde pour me geler les pieds au métal. Je prends alors ma mitrailleuse et la pointe vers l'hélicoptère. Je tire plusieurs coups dans la paroi mais n'arrive a rien. Je finis par trouver le réacteur et tire dedans, le faisant exploser. L'hélicoptère vire en fumant sur le côté et tombe vers les bois entourant l'autoroute. Cependant, moi qui me croyait au bout de mes peines, je me trompais car il semblerait qu'il y ait un sniper dans l'engin et il me tire dessus. Je reçois la balle à l'épaule gauche et me la tiens instantanément. La douleur est assez intense et vive, ce qui est dur à supporter. Je réussis, je ne sais comment, à retourner à l'intérieur de la voiture, et geigne un peu de douleur en maintenant la main sur mon membre, ce qui alerte Jack.

- Elsa, qu'est-ce que tu t'es fait ?

- Balle dans l'épaule, dis-je en serrant les dents.

- Tiens bon, on arrive bientôt, m'informa-t-il.

- Enfin une bonne nouvelle !

Il rit anxieusement et me félicite.

- Bravo, t'as géré sur ce coup.

- Merci, c'est un peu grâce à toi, répondis-je.

- Non, j'aurais du te conseiller un truc ou quoi, désolé...

- C'est rien, oublie, le rassurai-je.

Je le vois sourire faiblement et il tourne la tête vers moi en gardant une main sur le volant. Il porte l'autre à mon épaule et examine quelques peu soucieusement. Lorsque je tourne mon regard sur la route, je vois un fan la traverser.

- ATTENTION ! criai-je avant de me saisir du volant et de tourner brusquement sur la gauche.

Je reviens ensuite rapidement dans le chemin et soupire un bon coup.

- Bravo, t'as sauvé bambi, dit Jack.

Je tourne la tête vers lui et il a repris le volant en portant un air amusé sur le visage. Je ris quelques peu et doucement, nous partons dans un fou rire incontrôlable. Nous déversons tout le stress de cette journée dans notre hilarité et je dois dire que je m'amuse bien.

Entre mon rôle de pute auprès de Smerkov, le stress de la cachette et la fuite dans l'hôtel, suivis d'une première partie de la course poursuite, puis du tremplin de glace, l'élimination de deux rangées d'une bonne dizaine de voiture bloody scar chacune et l'explosion d'un hélicoptère, sans ajouter mon sauvetage du fan, je dois dire que cette journée était des plus palpitantes, mais pas tout à fait dans le bon sens.

Nous rions bien et finissons par nous calmer au bout de quelques minutes. Je reprends conscience de la douleur dans mon épaule et me retiens de geindre pour ne pas encore plus alarmer Jack, mais il s'en rend compte et passe doucement le bout de ses doigts sur la blessure, ce qui me fait tressaillir. Je me souviens alors d'une chose qu'il ne m'a jamais expliquée et lui pose la question.

- Jack, quand tu combats ou genre, à notre rencontre avec Bunny, tu fais un truc bizarre. C'était... tu as posé ta main sur son épaule et il avait l'air tout penaud.

- Ho, ça ! fit-il sans quitter la route des yeux. C'est une nouvelle technique que j'ai apprise il y a maintenant un peu plus d'un mois, expliqua-t-il. Je me suis inspiré de la métaphore "C'est comme si on avait refroidi l'air de mes poumons" que j'ai lu dans un livre pour en faire quelque chose de vrai. Ça consiste simplement à... ben refroidir l'air voire les poumons de la personne. Avec Bunny, j'ai fait que l'air, mais pendant les combats, je le fais à la barbare et je refroidis tout parce que j'ai pas le temps d'être minutieux. Ça fonctionne assez bien.

Je médite ce qu'il vient de me dire quelques temps et appuie la tête au carreau de mon côté. J'ai très mal à l'épaule et j'espère que nous arriverons bientôt.

- Rassure-moi, il t'a rien fait, Smerkov ? demanda-t-il.

Je tourne la tête vers lui et me sens mal à l'aise. Il me jette un coup d'oeil mais doit garder les yeux sur la route.

- Je suis vraiment obligée de te le dire ? me lamentai-je.

- Si c'est si grave que ça, oui.

- Il a rien fait de grave, rassure-toi, dis-je avec l'espoir qu'il ne pose plus la question.

Espoir vain.

- Et il a fait quoi ?

Je soupire de frustration.

- Ben il m'a touché où ça le chantait et il m'a embrassé comme il voulait, expliquai-je.

- Je me disais bien, admit-il. Je le tuerais s'il tu l'avais pas fait...

- Comment ça, tu te disais bien ? m'étonnai-je.

- Ton cou.

Il passe ses doigts légèrement rougis par mon sang sur ma gorge et je relève la tête en posant moi aussi les doigts là.

- Qu'est-ce qu... ?

- C'est rouge, me coupa-t-il.

Je plaque ma main contre ma gorge et lui passe tristement ses doigts sur mon visage. J'ouvre le petit panneau sur lequel se trouve un miroir et examine ma gorge, où s'affichent des traces de suçons. Bon sang, je déteste ce type...

- J'aurais pas dû te laisser faire, dit Jack.

Je le regarde derechef et vois qu'il est à moitié sur la route, à moitié sur moi.

- C'est bon, c'est passé, déclarai-je avant de pousser un soupir.

- Non, c'est pas bon, affirma-t-il. Ce type allait te violer et moi, je restais derrière la porte, à attendre. Je m'en veux.

- Ben tu devrais pas, le sermonnai-je. Je te rappelle que c'était mon idée, j'étais d'accord, et tu sais très bien que je ne l'aurais jamais laissé aller jusque là.

Il ne répond rien mais ne semble pas convaincu. J'abandonne le sujet pour aujourd'hui et repose la tête contre la vitre en essayant d'oublier la douleur dans mon épaule. Mission impossible. Après quelques minutes de silence tranquille, Jack me demande :

- Appelle les autres pour les prévenir qu'on arrive dans pas longtemps.

- Ok, acquiesçai-je en sortant mon portable de ma poche. D'ailleurs, combien de temps ?

- Je dirais une demi heure à tout casser, répondit-il.

J'ouvre de gros yeux et le regarde avec ébahissement, ce qui semble le faire rire.

- Cette caisse est plus rapide que la lumière ! s'exclama-t-il.

Je n'ajoute rien et garde mon expression jusqu'à ce que j'appelle Raiponce pour la prévenir que nous arrivons dans pas longtemps. Elle nous dit de nous rendre près de l'aéroport de Phoenix une fois arrivés et je raccroche en lui expliquant aussi que j'ai une blessure. Je passe donc le reste du trajet à me reposer sans pour autant dormir et nous arrivons à l'aéroport après une demi heure.

Le voyage ne nous aura pris que trois heures au lieu de cinq. Anna se précipite vers moi comme à son habitude mais je ne peux réprimer un petit sifflotement de douleur lorsqu'elle m'enlace et elle se retire en regardant sa manche couverte de mon sang. Mon sang, qui a beaucoup coulé.

J'ai de plus en plus mal à la tête et des difficultés à comprendre le monde qui m'entoure. Je suis serrée contre le torse d'Harold pour nos retrouvailles mais me sens de plus en plus faible. Je lui tapote l'épaule du doigt et il se stoppe dans sa discussion avec Jack pour me regarder. Je peine à lever la tête et ne parviens même pas à sortir un son tant je me sens mal. Mes jambes flageolent et je tombe, mais Harold me rattrape juste à temps et crie quelque chose aux autres que je n'entends pas à cause de mon état second. Je vois flou et mon mal de crâne s'intensifie avant que je ne ferme les yeux.

Coucou tout le monde !

Juste un petit mot pour vous dire que je ne pourrais pas poster avant une bonne semaine car je serais en stage en interne donc voilà ^^ Je sais que beaucoup d'auteur ici ont déjà un métier ou font des études, mais je n'ai que 13 ans ! Je me sens petite, dites donc !

Bref, n'oubliez pas que vous pouvez lâcher un com' ou quoi, ça me ferait super plaisir ;-)

Kiss 3