...
Récapitulatif : Anléas succombe à la douleur d'une crise cardiaque. Il emporte avec lui tous ses secrets, notamment l'identité réelle de Sanae Oichio et de Cynar. Pendant ce temps, Conan est toujours plongé dans le coma.
Chapitre 52 : L'histoire d'une rencontre
Trois ans avant le début de l'histoire...
- Et c'est une nouvelle victoire pour Makoto Kyogoku !
Jeune. Fort.
Il n'avait pas encore la vingtaine quand il célébra cette nouvelle victoire. Fier de son combat, Makoto brandit la coupe qu'il venait de recevoir en l'air, des applaudissements et des cris lui donnant l'impression d'être appréciée, mais surtout que ce trophée était mérité.
Le jeune garçon était heureux. Un grand sourire était dessiné sur son visage, jusqu'à ce qu'il descendit de l'estrade. Une poignée de main au directeur, puis les organisateurs de ce tournoi, et enfin il croisa le regard d'un homme qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. Il fut interpellé par plusieurs journalistes qu'une seconde après, sans avoir eu le temps de souffler.
La déclaration du karatéka fit sourire celui qui avait observé ce match avec un grand intérêt. Ce dernier se tourna et demanda à un de ses hommes de quitter les lieux pour garder le véhicule.
Petit à petit, les lieux furent désertés. Il ne restait que quelques personnes, participantes ou non, dans l'enceinte du stade de compétition. Makoto en faisait partie, prenant son sac afin de partir.
Soudain, il s'arrêta. Ce même gars qui l'avait regardé plus tôt était assis sur une barre d'entrainement, une casquette sur le visage.
- Vous, interpella le gagnant du tournoi. Pourquoi ce regard ?
Il n'eut aucune réponse.
- Vous pourriez répondre, poursuivit-il en s'avançant et en posant son sac près de celui avec qui il tentait d'échanger. Il y a quelqu'un ?
Il claqua ses doigts devant ses yeux.
- C'était un très beau combat, tu te débrouilles bien, complimenta l'inconnu.
- Merci, répondit-il. Vous êtes quelqu'un d'important, non ? Cette chemise blanche, ce badge en forme d'étoile, et ce pantalon bleu. On dirait... un marin.
- Je suis de la marine oui, confirma-t-il. Mais j'ai toujours aimé regarder les sportifs se combattre pour déterminer qui a eu l'entrainement le plus méritant. Et si tu as gagné, c'est que tu le méritais amplement.
"..."
Kyogoku resta sans voix.
- Toutes ces années à apprendre l'art du karaté t'ont-elles servi ? se demanda-t-il.
Soudain, sa main s'approcha dangereusement et à une vitesse folle jusqu'au visage du gagnant. Mais non impressionné par cette attaque soudaine, celui-ci l'esquiva aisément en pivotant son corps que très légèrement.
En réponse, sa main stoppa celle du marin, d'un geste aussi vif que l'éclair.
- Qu'est-ce que cela signifie ? répliqua Makoto.
- Tu n'as même pas changé ce regard. Sans émotion, tu m'as contré facilement. Oui... ces années t'ont vraiment servi, tu es fait pour gagner.
Le futur petit-ami de Sonoko resta de marbre alors que son interlocuteur lui fit dos pour s'éloigner, en direction de la sortie.
- Quel est ton nom ? demanda-t-il, faisant stopper l'inconnu.
Il sourit.
- Makuro Anléas ! répondit-il sans se retourner. À bientôt !
Il fit un signe d'au revoir avec ses deux doigts, se mélangeant à la lumière de la sortie.
« Anléas... » pensa-t-il. « Il a l'air très doué lui aussi. »
Puis Makoto quitta les lieux à son tour.
[==]
- Je vous dis que je n'y suis pour rien ! se défendit Kyogoku. Ce meurtre... je ne suis pas le coupable ! J'étais dans la salle jusqu'à 18 heures à peu près, et je suis sorti des locaux à 18 heures 30.
- Vous êtes sorti du gymnase pour vous rendre dans les locaux ? s'étonna l'inspecteur. Pourquoi donc ?
- J'avais oublié des affaires dans ma chambre, répondit-il.
Le policier sourit.
- Quelqu'un peut-il confirmer cela ?
« Merde... » pensa Makoto.
Sans réponse, l'inspecteur soupira en sortant une paire de menottes.
Il s'approcha du jeune gagnant, qui baissa la tête sans rien pouvoir répondre à cela. Pour les agents de police, il était le coupable, et c'était la fin d'une carrière qui s'annonçait déjà gratifiante.
- Je peux confirmer.
Cette voix qui avait résonné, depuis la foule qui observait la scène de crime à l'extérieur, s'approcha tout en disant cela. Un agent de police ouvrit le passage en décalant une barrière.
« Anléas ? »
Le concerné serra la main de l'inspecteur.
- Je suis désolé mais quand bien même vous n'avez pas la preuve que Makoto était dans la salle après 17 heures 30, je dois l'emmener, poursuivit l'agent.
- Alors, regardez ceci, proposa Makuro.
Une photo du karatéka sur son téléphone, prise à 17 heures 40 pétantes.
- Ah... très bien, soupira l'homme de la police. Merci à vous alors, je suppose. Laissez-le partir.
Makoto fut soulagé. Il quitta la scène, quelque seconde avant celui qui venait de le sauver, et se retrouva à l'arrière de la foule. Lui qui aurait voulu le remercier ne put le faire, sa disparition s'en étant suivi.
Malgré tout il avait apprécié cette rencontre. Mais n'avait pas pu comprendre la raison pour laquelle cette photo avait été prise. Peut-être était-il un fan, caché derrière ce visage si serein ?
De loin, Anléas observa le jeune prodige partir en taxi jusqu'à son hôtel. Le parking se vida petit à petit, restant seul avec sa voiture.
- Chef, chef, appela un de ses hommes. Nous avons eu le directeur du FBI. Shûichi Akai a été banni de l'Organisation, Rye n'est plus !
Le marin écrasa sa cigarette sur le sol puis la jeta dans la poubelle à côté de lui.
- C'était prévisible. Akai a beau être très doué, ses collègues ne le sont pas autant. On y va.
Anléas grimpa à bord de son véhicule, la photo de Makoto toujours sur son téléphone.
« On va se revoir... jeune gagnant. »
Et il disparut roulant face au soleil couchant.
