Bonsoir mes amours ! :D
Une fois de plus, je suis ravi-e de votre enthousiasme ! Ça a peut-être une incidence sur mon incroyable productivité, j'ai écrit énormément ces derniers jours. (a)
Sans plus tarder, je vous laisse avec ce troisième missing moment !
Réponse aux reviews anonymes :
MMalfoy34 : Oh comme tu dois avoir bon là-bas ! Ici, je manque de luminosité. Merci, profite bien de ce chapitre alors !
Betameche : Bonjour ! Waw en 3-4 jours ! Je suis vraiment content-e que ça t'ait plu autant. C'est vrai qu'au premier abord, l'écriture inclusive est complexe. Puis quand ça te paraît logique, ça devient vite intuitif. Moi-même, j'écris automatiquement en écriture inclusive, je crois que je vais souffrir pour les prochains travaux universitaires que je vais devoir rendre ahah C'est vraiment un plaisir de lire que je t'ai fait prendre conscience de la diversité humaine... mission accomplie, j'ai envie de dire ! Et c'est vrai, la fiction est une histoire d'amour, une histoire de famille. Merci pour ta review ! Bisous.
Cecile : Coucou ! Exactement, Drago n'apprend sa paternité qu'après le retour d'Hermione. C'est même Ron qui vend la mèche sans s'en rendre compte ! C'est marrant, ton questionnement concernant une visite des ami-e-s d'Hermione tombe à pic... (a)
Pourquoi tu es en colère après Drago ? Un rapport non protégé ne mène pas systématiquement à une grossesse et même Hermione n'y a pas pensé avant de se rendre compte qu'elle n'était plus réglée ! On a bien vu dans TALYPE qu'ils percutaient après coup... Puis c'était à Hermione de l'en informer. Je pense que tu finiras pas avoir petite satisfaction dans la suite des missing moments. (a) Il y en a 12 ! Bisous.
Guest : Merci !
Merci à Lyra Muushya !
Another day, just like any other
Un nouveau jour, juste comme tous les autres
Out of the blue, it turned to horror
Sans compter la tristesse, c'est devenu une horreur
A senseless act that goes unforgotten
Un acte insensé que l'on n'oubliera pas
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When the Eagle Cries
Quand l'aigle pleure
Blood will flow
Le sang s'écoule
When the Eagle Cries
Quand l'aigle pleure
For freedom's fight
Pour le combat intérieur
When the Eagle Cries
Quand l'aigle pleure
We will sacrifice
Nous allons nous sacrifier
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Out of the ashes came a tempted vengeance
En dehors des cendres naît une vengeance si tentante
But we are focused, we seek redemption.
Mais nous restons concentrés, nous courons après la réparation.
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When The Eagle Cries, Iced Earth.
Missing moment 3 : When the eagle cries (Quand l'aigle pleure)
Mai 2001 : Élia a deux ans
« Maman, maman ! », s'exclama élia, qui se précipitait en direction d'Hermione.
Cette dernière affichait son habituelle mine éclatante de joie, ses boucles châtains – presque brunes à présent - entourant son visage d'ange. Son sourire faisant pétiller ses magnifiques yeux bleus dans lesquels Hermione se perdait souvent, entre mélancolie et explosion d'amour.
Elle s'accroupit alors que sa puce arrivait à son niveau.
« Oui, mon cœur ? »
Élia lui tendit le petit paquet qu'elle tenait dans les mains, un cadeau que sa marraine Alexandra venait de lui offrir pour ses deux ans. C'était une petite chaîne en argent sur laquelle son prénom était gravé.
« Marraine a donné ça à Élia », lui annonça-t-elle.
Hermione lui sourit.
« Et ça, c'est quoi ? », lui demanda Hermione, fidèle à ses principes d'apprentissage.
Élia fonça les sourcils et plissa le front dans une concentration extrême, avant de baragouiner quelque chose qui ressemblait au mot « bracelet ».
La language inintelligible de sa fille avait tendance à attendrir Hermione, même si elle ne pouvait pas s'empêcher de la rectifier.
« C'est un bracelet, oui. Tu vois comme il est brillant ? Eh bien s'il est brillant, c'est parce qu'il est fabriqué dans une matière métallique que l'on appelle l'argent. »
« Argent », tenta de répéter sa fille en tordant son petit corps dans tous les sens, comme s'il suivait les torsions dans son cerveau alors qu'elle réfléchissait. Elle ne tenait pas en place. « Argent. Les monis ? »
Ce fut au tour d'Hermione de froncer les sourcils. Pour le coup, elle ne comprenait pas bien où Élia voulait en venir.
« Les monis, ma chérie ? De quoi est-ce que tu parles ? »
« Mais maman ! Les monis ! » s'exaspéra alors l'enfant, comme si c'était d'une évidence imparable. « Magasin. Bonbons pour Élia et maman ! »
D'abord hébétée, Hermione finit par éclater de rire.
« Les Mornilles, ma chérie. Tu parles des Mornilles », la corrigea-t-elle. « Mais tu as raison, les Mornilles sont fabriquées avec de l'argent, et on se sert de l'argent pour aller faire les courses au supermarché. Et pas seulement pour acheter des bonbons. »
« Bracelet. Argent. Monis », énuméra sa fille, reprenant chaque mot-clef en s'appliquant.
Hermione répondit à sa fille par un immense sourire. Deux ans. Sa fille avait deux ans, et elle se sentait extrêmement fière de tous les efforts d'apprentissage que l'enfant faisait. Peu d'enfants de son âge étaient en mesure de faire de telles associations.
Hermione poursuivit sur sa lancée et lui transmit d'autres informations.
« Tu sais que les Mornilles sont fabriquées par les Gobelins », lui expliqua-t-elle alors qu'Élia secouait la tête de bas en haut. « Les bracelets aussi, parfois. Mais le plus souvent, c'est un bijoutier ou un joaillier qui les confectionne. »
Sa fille continua de hocher la tête plusieurs fois, comme si elle se représentait mentalement l'information pour mieux la retenir. Mais Hermione n'était pas certaine qu'elle était en mesure de comprendre tout ce qu'elle lui disait.
Ce n'était pas grave, elle savait que c'était cela l'éduction : se répéter, encore et encore. De toute façon, elle ne pouvait être que fière d'être la mère d'une petite fille aussi vive d'esprit. Cela ne faisait aucun doute pour elle, même si sa fille n'avait encore que deux ans : elle était digne d'une Serdaigle. Elle le sentait.
OoOoO
Juillet 2001.
Le mois de juin s'était écoulé à une vitesse défiant tout vivet doré. Le mois de juillet était arrivé lui aussi, présageant une autre date d'anniversaire : les trois ans d'Hermione depuis son arrivée en France. Trois ans sans ses amis. Ses amis qui continuaient à lui écrire, sans rien se douter de son terrible secret.
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Hermione,
Je viens officiellement d'être engagé comme Auror au Ministère de la Magie. Je serai dorénavant au même niveau que tous les autres Aurors de la section, et plus le stagiaire qui les a suivis durant sa longue formation de trois ans. J'étais si heureux que je voulais partager ça avec tous mes proches… sauf que tu n'étais pas là.
Tu me manques tellement Hermione. Trente-cinq mois que tu es partie. Je comprends que tu veuilles rester en France, tes études t'apporteront tellement et tu feras une formidable magistrate. Mais tes réponses se font de plus en plus espacées. J'espère que tu ne crois pas pouvoir te faire oublier si facilement ! Ahah
J'aimerais que l'on puisse se retrouver à trois, comme au bon vieux temps. Même le temps d'un weekend.
Je t'aime,
Harry.
P.S. : Ron ronchonne dans un coin de la pièce parce que je t'écris alors que tu n'as pas encore répondu à notre dernière lettre et que, je cite « si on était importants pour elle, elle ne se serait pas terrée à l'autre bout de l'Europe ». Mais tu le connais, il est surtout blessé par ton silence.
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Hermione replia la lettre qu'elle venait de lire, non sans un soupir, avant de la ranger dans le tiroir de sa commode avec les autres accumulées au cours des mois précédents. Elle savait qu'elles étaient là, mais elle n'avait pas besoin de les avoir à vue tous les jours. Même si elle y pensait constamment, ne fûsse que le soir, au moment où elle se retrouvait allongée seule dans le noir. Seule, c'était le mot. La solitude était parfois pesante, mais elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.
« Cela fait un petit temps que tu ne leur as pas répondu, par vrai ? »
Hermione sursauta. Elle se retourna, découvrant son amie Alexandra dans l'encadrement de la porte de sa chambre. Elle soupira derechef.
« Ce n'est pas si facile… », murmura-t-elle, plantive. Le ton de sa propre voix l'exaspérant tellement elle se sentait pitoyable. Mais c'était plus fort qu'elle.
« C'est surtout de plus en plus dur. Et plus tu attendras, plus ce sera difficile de le dire la vérité », lui asséna Alexandra, avant de se radoucir. « Si c'est dur aujourd'hui, imagine ce que ce sera dans un an. »
Depuis leur première année de cours, Alexandra et Hermione avaient appris à mieux se connaître. La jeune femme timide qu'était alors Alexandra avait pris de l'assurance et n'hésitait pas à faire remarquer à Hermione ce qui n'allait pas dans son comportement, bien qu'elle le fasse avec beaucoup de gentillesse et de prévenance. Et donc pas suffisamment de dureté pour enjoindre Hermione à l'action.
« Je sais… mais je ne suis pas encore prête. »
Alexandra acquiesça, compréhensive.
« N'oublie pas que tu n'es pas seule. Quand tu seras prête, je serai là pour te soutenir. »
Hermione acquiesça, plus par réflexe que par réelle envie. Elle savait que son amie était là pour elle. Elle savait aussi qu'elle avait raison. Mais elle était définitivement encore trop gentille pour que cela insuffle l'énergie nécessaire à la Serdaigle qu'elle aurait pu être pour se secouer les ailes.
OoOoO
Novembre 2001
« On pourrait aller voir dans la crèche universitaire, elle pourrait s'y trouver. »
« Enfin Ron, ne sois pas ridicule. Que voudrais-tu qu'Hermione fasse dans une crèche ? »
Hermione se figea en entendant ces paroles, prononcées en anglais. Évidemment, elle aurait reconnu ces voix entre mille : Harry et Ron étaient ici, dans le Languedoc-Roussillon. Quelle idiote ! Elle aurait bien dû se douter qu'en ignorant aussi longtemps la dernière lettre reçue par son meilleur ami, il allait tenter quelque chose pour la retrouver.
Ce n'était pas son absence de réponse qui arrêterait deux Gryffondor, même si l'un était compréhensif et l'autre râleur. Elle côtoyait depuis trop longtemps des sorciers et des sorcières dignes d'être répartis chez les Poufsouffle qu'elle en avait oublié la détermination chevaleresque de ses amis.
Elle savait qu'elle devait transplaner au plus vite pour éviter qu'ils ne l'aperçoivent, mais tellement de temps était passé… elle voulait les apercevoir, voir s'ils avaient changé. Même si elle avait bien conscience que ça lui ferait un pincement au cœur, elle s'en voudrait sans doute encore plus de ne pas avoir regardé que de l'avoir fait. De toute façon, au point où elle en était, elle n'avait pas la force de s'en empêcher.
Se faufilant dans un coin sombre à proximité de la crèche de laquelle elle venait de sortir, elle s'appliqua un sortilège de désillusion. Elle vit alors Harry et Ron, arrêtés en bas des marches qui menaient à l'école de Magie-Strature dans laquelle elle suivait ses cours. Ils avaient donc bien suivi sa trace, elle ne pouvait qu'admettre qu'ils se débrouillaient très bien… Mais bon, pour un Auror et un aspirant Auror, ça n'avait rien d'étonnant.
« Ouais, tu as sans doute raison. Mais où est-ce qu'on cherche maintenant alors ? »
C'était Ron. Hermione était suffisamment proche pour voir qu'il n'avait pas changé tout au plus paraissait-il plus musclé qu'auparavant, probablement en conséquence des entraînements de sa formation. Il avait bien évidemment accès à une salle de sport, et elle n'imaginait pas les examens physiques qu'il devait passer. Tout ce qu'elle n'était pas capable de faire, puisque son seul sport était intellectuel.
À côté de Ron, Hermione vit Harry secouer la tête. Lui aussi paraissait avoir pris du muscle, et gagné en prestance : il ne ressemblait pas à un sorcier de vingt ans, Hermione lui aurait donné quelques années de plus.
« Rentrons à l'auberge. Écrivons-lui en lui disant qu'on est là et attendons un peu… »
Hermione les vit tourner à droite et disparaître dans une autre rue. Il lui fallut quelques minutes pour se resaisir et réaliser ce qu'il venait de se produire. Qu'allait-elle faire ?
Elle ressentait à la fois un grand manque, un immense besoin de se blottir dans les bras d'Harry pour qu'il la réconforte et, en même temps, elle ressentait aussi une immense peur à l'idée que ses amis la prennent à nouveau de court et découvrent le pot aux roses. Sans parler de la réaction de Ron, compte tenu de la relation qu'ils étaient supposés mener à distance… Officellement, ils n'avaient pas rompu. Mais, implicitement, ils sentaient que la distance n'était pas normale.
OoOoO
Tremblante, Hermione tenait dans ses mains la lettre qu'elle venait de recevoir. « Nous sommes à l'auberge des Strangéraults. J'imagine que tu as beaucoup de choses à faire avec tes études, mais quand est-ce qu'on pourrait se voir ? Harry. »
La brune leva la tête en direction de son amie Alexandra, qu'elle avait appelée à la rescousse après l'épisode près de l'université. Elle ne pouvait pas ne pas les voir. Mais elle ne pouvait pas leur parler d'Élia. Elle se trouvait dans une situation complexe, dont elle était la seule responsable. Elle était totalement coupable du fait de ses mensonges et de ses non-dits.
« Il faut que j'aille les voir… mais… et Élia… ? » commença-t-elle, à la fois en pensant à haute voix et à la fois en s'adressant à Alexandra.
« Vas-y. Je m'occupe de ma filleule », lui promit-elle, d'une voix posée et rassurante.
Hermione acquiesça. Elle savait qu'elle pouvait compter sur elle. Ça ne lui enlevait pas la boule qu'elle avait dans la gorge à l'idée de jouer un rôle, mais elle ne pouvait pas ne pas affronter ses peurs. Elle ne pourrait pas justifier son absence, alors que ses amis étaient si proches…
« Merci », lui souffla-t-elle en réponse.
Elle écrivit alors quelques mots à la suite du message d'Harry. « Je termine à dix-huit heures. On peut aller manger ensemble si vous voulez. Rendez-vous devant le bâtiment universitaire. Hermione. »
Elle prit une grande inspiration et soupira longuement, avant de renvoyer le hibou. Sa concentration en cours risquait d'être délicate et la journée particulièrement rude à poursuivre.
Et, bien sûr, la fin de la journée arriva beaucoup trop rapidement au goût d'Hermione. Tremblante, elle sortit de l'établissement universitaire en compagnie de son groupe de camarades, toujours constitué d'Alexandra, Sébastien, Carlos, Vanessa et Angélique.
Repérant ses meilleurs amis au bas des marches, Hermione s'arrêta net. Alexandra suivit son regard, et lui offrit une pression réconfortante sur le bras.
« ça va aller », lui promit-elle dans un souffle.
Hermione eut envie de lui signifier qu'elle n'en savait rien, mais elle se retint. Ça partait d'une bonne intention. À défaut, elle hocha la tête. Il était temps de regarder vers son passé, ressurgissant au présent, afin d'affronter son avenir.
Elle croisa alors le regard d'Harry, qui lui sourit. Elle ne put s'empêcher de lui sourire en retour. Son meilleur ami et son regard bienveillant n'étaient qu'à quelques mètres d'elle. Elle descendit alors les marches qui la séparaient de lui et de Ron, se retrouvant très vite au même niveau qu'eux.
« Hermione », commença Harry, tout sourire.
Envahie par l'émotion, Hermione sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle se rendit compte à cet instant ô combien il lui avait manqué.
« Oh, Harry ! » s'exclama-t-elle, pleurant franchement cette fois.
Elle se jeta dans ses bras, qui se refermèrent autour d'elle.
« Toi aussi tu m'as manqué, 'mione », lui chuchota-t-il, riant à moitié.
Elle se dégagea alors de son étreinte, croisant son regard émeraude. Comment avait-elle pu se passer de sa tendresse aussi longtemps ?
Puis elle se tourna vers Ron, et la vérité la frappa, brutalement. L'espace d'un instant, elle avait tout oublié : son infidélité, son secret, sa honte, ses cachotteries, la rupture qu'elle n'avait jamais osé annoncer, et finalement, ce silence qui la pesait. Il lui avait suffi d'un regard dans sa direction pour le poids retombe dans sa gorge, son plexus, son estomac.
« Ron », lui dit-elle en guise de salut.
« Hermione », lui répondit-il, visiblement pas très à l'aise lui non plus.
Il devait sentir que la proximité physique qu'ils avaient eue plus de deux ans auparavant n'était plus d'actualité entre eux. De toute façon, même si l'on occultait les événements tels qu'ils s'étaient produits, comment pouvait-on se comporter après autant de temps ? Et puis, il s'était peut-être trouvé une petite amie depuis. Hermione l'espérait vraiment. Il le méritait. Elle n'avait plus rien à lui offrir, elle donnait tellement à sa fille…
« Hermione ! » entendit-elle crier derrière elle.
Elle se retourna, découvrant Sébastien qui lui faisait de grands signes.
« à demain ! » lui lança-t-il.
« Oui, à demain ! » renchérit toute la bande, avant de s'éclipser dans des directions différentes.
Elle leur fit signe, avant de se tourner à nouveau vers ses amis. Harry était souriant, tandis que Ron semblait tendu comme le caleçon trop étroit de Merlin. Il n'était pas vraiment passé à autre chose alors…
« Ce sont tes amis de fac ? » lui demanda Harry, alors qu'elle acquiesçait et que Ron grommelait dans sa barbe quelque chose qu'Hermione comprit comme « Même pas fichu de prononcer correctement son prénom… ». « Tant mieux, tu n'étais pas toute seule pendant tout ce temps alors. Où est-ce que l'on va manger ? »
Jetant un dernier coup d'œil vers la crèche, Hermione envoya toutes ses pensées vers sa fille et lui promit mentalement de la couvrir de bisous quand elle la retrouverait. Son estomac se tordit.
« Au Mille crabes de feu de la mer, un restaurant qui sert des spécialités de la mer. Toute la nourriture servie est locale », dit Hermione, pensant au slogan particulièrement poétique de la chaîne : « Au Mille crabes de feu de la mer, faites-vous péter la panse. »
Du coin de l'œil, elle vit la grimace dégoûtée de Ron.
« Oh ! Je t'en prie, Ron. C'est délicieux. Et puis, il y a aussi de la nourriture pour enfants. Tu te contenteras bien de fish sticks, non ? »
Le grommellement de ce dernier fut dissimulé par le rire d'Harry.
Les habitudes, bien que couvertes par un voile qui rappelait la situation, revenaient au galop.
OoOoO
Le moment du dessert était arrivé. Harry, Ron et Hermione avaient ri aux éclats et raconté tout de leur vie de ces derniers mois. Enfin, tout…c'était un grand mot. Parce qu'Hermione avait quand même passé sous silence une grande partie de ce qui composait à présent sa vie. Et ses rires finissaient inlassablement par lui rappeler qu'elle avait fait des choix qui la privaient de ce genre de moment.
Malgré le bon moment qu'elle passait avec ses amis, une boule n'avait pas cessé de grandir dans son ventre, lui faisait prendre conscience qu'elle était bien avec eux, et qu'elle ne voulait pas les perdre en leur annonçant la vérité. Et quand ils rentreraient en Angleterre, ils lui manqueraient à nouveau, mais la pression serait à nouveau un peu plus facile à gérer…
Au moment où Ron s'éclipsa dans les toilettes des hommes, Harry se pencha vers elle.
« Honnêtement, tu n'es pas restée silencieuse aussi longtemps à cause de tes études, pas vrai ? »
L'estomac d'Hermione se tordit. Il ne pouvait pas avoir compris, il ne pouvait pas, ce n'était pas possible… Est-ce la mention de la crèche par Ron qui avait finalement fait du chemin de l'esprit d'Harry ?
« Tu peux me le dire à moi, Hermione. Ron le prendra mal, mais il finira par comprendre. Après tout, après trois ans, il se doute bien que ça ne peut pas reprendre comme avant. Il ne se voile pas la face… il a juste besoin de savoir, d'avoir tes mots pour avancer. Mais si une rupture fait forcément mal, c'est important que ça soit dit. »
En fin de compte, peut-être qu'Harry n'en était pas exactement là où Hermione le craignait. À moins qu'il pense qu'Élia était de Ron, auquel cas il se trompait lourdement. Mais la culpabilité lui tenaillait toujours l'estomac. Et, alors qu'elle se perdait dans l'abysse émeraude, les vannes lâchèrent : elle éclata en sanglots.
Il ne fallut pas plus de deux secondes à Harry pour faire le tour de la table et venir la serrer contre lui.
« Je suis désolée… », avoua-t-elle sans plus de précision, s'excusant en même temps pour tout ce qu'elle n'était pas encore prête à dévoiler. « Je ne pouvais pas lui dire… »
« Il faut que tu lui dises, 'mione. Que vous puissiez tous les deux aller de l'avant. Tu es une Gryffondor, pas vrai ? »
Hermione acquiesça, bien qu'elle pensât intérieurement qu'elle manquait au contraire cruellement de courage. Elle ne faisait pas honneur à sa maison. Elle prit une grande inspiration et Harry essuya quelques larmes qui subsistaient sur ses joues.
« Je ne veux plus d'une histoire avec lui. Je ne le conçois plus », admit-elle.
« Dis-le-lui. Et d'ici à la prochaine fois que l'on se verra, il aura eu le temps de digérer l'information. D'accord ? » l'encouragea-t-il d'une voix douce.
« D'accord », lui concéda Hermione. « Il y a autre chose… »
Son cœur battait à cent à l'heure, alors qu'Harry attendait.
« Je… Il y a eu quelqu'un d'autre l'été où je suis partie. C'était juste… un gars de passage. Mais… J'ai trompé Ron », bredouilla-t-elle.
Harry resta interdit quelques instants, affichant ouvertement son étonnement, avant de lui répondre.
« Dis-le lui aussi. Ça te retirera une épine du pied et tu pourras enfin avancer », lui conseilla-t-il.
Hermione acquiesça, la peur au ventre au ventre. Elle était dépitée, mais résolue à avancer. Pas à pas. Heureusement qu'Harry était là pour la pousser dans la bonne direction.
OoOoO
Décembre 2001
Cette année, les parents d'Hermione étaient venus passer le réveillon de Noël et la journée du vingt-cinq décembre dans l'Hérault. Ils avaient récité des chants de Noël avec Élia qui, tout en s'appliquant, terminait généralement dans un fou rire incompréhensible, mais tellement adorable. Hermione s'émerveillait toujours devant la joie de vivre de sa puce.
Le moment de déballer les cadeaux avait été magique. Elle avait vu les yeux d'Élia pétiller comme si mille Lumos s'y étaient allumés. Elle avait reçu une nouvelle peluche, un chien dalmatien qu'elle emmenait partout avec elle, en plus de la chouette. Elle avait d'ailleurs nommé cette dernière Grisi, s'inspirant probablement du volatile d'Harry. Et, comme ses grands-parents lui avaient offert un DVD du dessin animé « Les 101 dalmatiens », Élia avait immédiatement baptisé sa nouvelle peluche Pongo.
Hermione était un peu triste de passer de nouvelles fêtes de fin d'année loin de ses amis, alors qu'elle avait pris l'habitude de les passer chez les Weasley. Mais c'était ainsi. C'était une résultante de ses choix, aussi douloureux soient-ils.
Au moins, Élia semblait heureuse. Et finalement, c'était tout ce qui importait à Hermione.
OoOoO
Janvier 2002
Hermione tenait dans sa main la carte postale qu'elle venait de recevoir de la part d'Harry, qui lui souhaitait une bonne année.
Quand ils s'étaient quittés deux mois auparavant, il lui avait fait promettre qu'ils se reverraient bientôt. Elle ne savait pas encore comment elle allait respecter sa promesse, mais revoir son meilleur ami lui avait fait tellement de bien qu'elle ne pourrait plus laisser passer autant de temps sans le voir.
En revanche, depuis cette soirée du mois de novembre, Ron lui faisait la gueule. Sans surprise. Mais ça n'en restait pas moins douloureux. Malgré tout, Hermione tenait à lui. Elle n'était plus amoureuse depuis longtemps déjà, mais on n'oubliait pas si facilement une si longue amitié. Et elle avait senti son cœur se briser quand elle avait vu le visage de Ron se décomposer quand elle lui avait finalement annoncé qu'elle lui avait été infidèle.
Bien sûr, elle ne lui avait pas tout avoué. Elle ne lui avait rien dit concernant cet été à Los Angeles. Elle ne lui avait rien dit concernant Malefoy. Elle ne lui avait rien dit concernant le fruit de leur aventure… Ses amis ne savaient toujours rien d'Élia.
La culpabilité ne la quittait pas, même si elle savait qu'elle avait au moins permis à Ron d'entamer son processus de deuil : leur couple était officiellement terminé. Et ça, c'était grâce à Harry. Parce que, sans lui, elle n'aurait rien dit. Sans lui, elle serait davantage engluée dans tous ses mensonges.
Heureusement qu'elle pouvait compter sur lui. Mais Harry ne savait pas tout. Harry ne pouvait donc pas la pousser à tout révéler. Et, pour l'instant, Hermione gardait le silence. Hermione s'enfonçait dans ses non-dits.
Pour l'instant, Hermione ne se sentait pas capable de révéler la vérité. Pour l'instant, elle avait juste besoin d'accepter la vérité pour elle, et évacuer le trop-plein de tension en pleurant, en sachant qu'un jour, elle devrait avoir le courage de se libérer de ses mensonges.
Oui, un jour, elle aurait ce courage.
Quand l'aigle pleure…en attendant le rugissement du lion.
OoOoO
L'année 2002 avait commencé sur les chapeaux de roue pour Drago. La troisième année était synonyme de stage, en plus des cours. Il avait décidé de partir effectuer le sien en Allemagne, étant donné qu'il avait choisi l'allemand comme langue étrangère. Avec les contacts de son père, il avait obtenu une place directement au sein du Ministère, situé à Berlin même.
Il se disait que si son père lui offrait une telle opportunité, c'était qu'il croyait en ses capacités. Sinon, il n'aurait jamais risqué ses relations pour le stage d'un incapable. Drago méritait sa confiance, et il comptait bien le lui prouver.
Rentrant en Angleterre, après trois mois d'absence, il avait retrouvé Astoria. Leur relation s'était officialisée auprès de leurs proches, mais, suivant la tradition, ils restaient chastes. Quelle ironie, tout de même, sachant qu'ils avaient tous les deux déjà consommé les plaisirs de la chaire.
Pour autant, aucun d'eux n'en parlait. Comme s'ils n'avaient pas ce désir ardent, comme s'ils n'y avaient pas ce besoin invahissant de passer à l'acte. Ils pourraient bien attendre le mariage.
Oui, Drago savait déjà que c'était Astoria qu'il allait épouser. Ce ne serait pas une union d'amour, mais une union de conventions et de compromis. La perspective ne le rendait pas très joyeux, mais il sentait que c'était ce qu'il devait faire, même s'il n'avait pas vraiment à se plaindre. Il était plutôt bien tombé avec elle. C'était sa destinée, qu'il soit d'accord ou non.
A la semaine prochaine pour le quatrième missing moment ! On espère qu'Hermione se dépêtrera bientôt de sa dépression...
