Hello !

Bonne lecture


Précédemment :
Après avoir trouvé le mangeur de péchés, un homme ayant mangé un fruit du démon, l'esprit de Law est envoyé dans le subconscient d'Abby afin de la sauver. Visitant plusieurs souvenirs, Law apprend la vérité sur les deux sœurs et leurs origines d'un autre monde. Après divers voyages, il tombe sur le souvenir qui a changé à jamais Abby, mais emportée par son chagrin et par sa colère elle fait une crise d'hyperventilation, se mettant elle et Law en danger.


'Un enfant frappe à ma porte, il laisse entre la lumière, il y a mes yeux et mon cœur et derrière lui c'est l'enfer.'
Natasha St Pierre.

Chapitre 48 : Vérité rétablit.

POV Externe (dans l'église avec Shachi, Penguin, Losc et le prêtre) :

Allongés sur un lit l'un à côté de l'autre, leurs mains jointent, se tenaient Law et Abby.
On aurait pu y voir là un magnifique tableau de romantisme si, de un, les deux concernés s'aimaient réellement et, de deux, si le corps d'Abby n'était pas pris de violentes convulsions.

- Qu'est ce qui lui arrive ? Paniqua Shachi.
- Je ne comprends pas. Dit le prêtre, une main posée sur le front de Law. L'esprit de cette femme est devenu tout à coup beaucoup plus trouble, tout n'est que désordre et confusion.
- Et le capitaine ?
- J'ai encore une connexion avec lui, mais elle devient de plus en plus faible. Si jamais je le perds. Il ne pourra plus jamais se réveiller
- Vous devez tenir.
- Je fais de mon mieux, mais l'esprit de cette femme s'est tout d'un coup affolé.
- Je me demande si… Commença Penguin septique.
- Si quoi ? L'interrogea Shachi.
- … Si Abby ne fait pas l'une de ses crises.

Échangeant un regard, ils se tournèrent vers le corps convulsé d'Abby. Les deux hommes se dirent que ça n'était pas impossible.
Les yeux du prêtre virent les mains des deux jeunes gens commencer à se délier l'une de l'autre.

- Non ! Hurla-t-il. Ils ne doivent pas se lâcher.

Bondissant en avant, Shachi et Penguin firent en sorte que les mains de Law et d'Abby restent liées l'une à l'autre. Losc quant à lui, retint les épaules d'Abby contre le matelas pour l'empêcher de bouger et de se faire mal.
Lorsqu'il observa Abby, il vit son visage crispé sous la douleur et entendit sa respiration saccadée devenir de plus en plus sifflante, comme si elle manquait d'air. La voir dans un tel état, lui pinça le cœur. Il pria intérieurement pour que son capitaine parvienne à la sauver rapidement, car il ne faisait aucun doute qu'Abby ne tiendrait pas longtemps face à une crise d'hyperventilation aussi violente.

POV Abby (dans son subconscient) :

La douleur était insoutenable. De toutes les crises que j'avais faites, celle-ci devait être la plus douloureuse. Ma poitrine était compressée et ma tête semblait se fracasser à chaque son qui la percutait.
Et des sons, il n'y avait que ça. Des cris, des pleurs, j'entendais et voyais tout. Je voyais mes parents se faire tuer, juste sous mes yeux. Je revoyais la faute qui, il y a longtemps m'avais privée de leurs présences. Cette faute que j'avais commise, moi le véritable assassin.

Je les revoyais tous les deux, leurs visages habités par cette expression de peur et de douleur, je les revoyais tomber au sol, je les revoyais allongés dans leur propre sang… je les revoyais mourir encore et encore.
Leurs images ne voulaient plus quitter ma tête, elles étaient collées à ma rétine et jamais rien ne pouvais plus les en décoller. J'étais condamnée à vivre à jamais avec cela.
Non… je ne veux plus… je ne voulais plus vivre avec cette douleur… le seul moyen pour que je ne vois plus cette image, c'était la mort. Avec ma mort, je connaitrais enfin la paix, je serai libérée de toute cette rancœur, de cette effrayante vie… même si je savais que seul l'enfer m'accueillerais.

Finalement les enfants de l'orphelinat et tous ces gens, ils avaient raison : j'étais un démon, un monstre. Et quel meilleur endroit pour un démon que l'enfer.

Faisant fi de la douleur, sachant que dans très peu de temps je ne sentirais plus rien, je m'emparai d'un des couteaux qui se trouvaient dans la cuisine. L'empoignant à deux mains et bras tendus, je fis pivoter la pointe de la lame aiguisée vers ma poitrine.

- Me pardonnerez-vous jamais ? Murmurais-je.

Le cœur. Je devais viser le cœur, mon pauvre cœur gelé. J'allais enfin le libérer de sa prison de glace. Mais je devais frapper un grand coup. Inspirant plus fort, je fis plonger la lame du couteau en avant.

La lame s'arrêta à quelques centimètres de ma poitrine. Quoi ? Pourquoi avais-je ralenti ? Pourquoi la lame ne m'avait pas touchée ? N'étais-je pas assez forte pour me donner la mort ? Non ce n'était pas ça, une force m'empêchait d'aller plus loin. Mais qui voudrait m'empêcher de me libérer, qui ne voulait pas que je meure… que je soulage mon cœur meurtri ?
Ouvrant les yeux, je croisai deux yeux gris orage plantés profondément dans les miens… Law.

- Qu'est-ce que tu fais ? Dit-il d'une voix pleine de reproches.

Ses mains retenaient fermement les miennes au niveau des poignets. Il m'empêchait de mettre fin à mes jours, de mettre fin à mon tourment.

- Ce n'est pas une solution. Donne-moi ce couteau.
- Non. Laisse-moi. Je dois le faire.
- Tu ne dois rien faire du tout pas dans ce sens-là. Je ne te laisserai pas te donner la mort aussi stupidement.
- Cela n'a rien de stupide, je ne fais que mettre fin à ma douleur.
- Ce n'est pas la bonne décision.
- Que crois-tu en savoir ? Tu ne sais rien de ma douleur, tu ne sais rien de ce que j'ai dû endurer.
- J'ai vu ce que tu as vécu.
- Tu n'as vue qu'une infirme partie de la réalité. Chaque jour était un combat, tu ne sais rien de la vraie douleur.

Je voyais face à moi les orbes de Law s'assombrir et ses sourcils se froncer. D'un geste puissant et rapide, il me fit lâcher le couteau qui tomba à terre.

La douleur qui me traversait le corps, qui me comprimait la poitrine et me fissurait le crâne se fit sentir plus intensément que jamais. Les images de mon triste souvenir qui nous entouraient se firent plus floutés, plus transparentes, un peu comme un tableau dont la peinture s'écoulait lentement avant d'en défigurer la toile.

- Contrairement à ce que tu peux croire, j'ai moi aussi dû endurer la douleur.
- Je ne peux le croire. Dis-je en articulant difficilement.
- J'ai perdu beaucoup, tout ce que j'avais même… mais ce n'est pas ton cas, il te reste ta sœur. Que dirait Kana si elle savait ce que tu as l'intention de faire ? Que dirait-elle si tu l'abandonnais ?
- K-Kana…

Je réalisai avec force que je l'avais oublié… j'avais oublié Kana, ma sœur. Je restai figée sur place face à ce crime atroce que je venais de commettre. Comment avais-je pu faire pour oublier Kana ? Comment ai-je pu penser l'abandonner ? Comment ai-je pu faire une telle chose ? Finalement j'étais bien égoïste.

Prenant ma tête dans mes mains, je laissai la douleur m'envahir pour me faire payer cette monstrueuse preuve d'égoïsme. Lorsque soudainement, j'entendis des pleurs. Je relevai les yeux.
Il s'agissait de pleurs d'enfant, les pleurs d'un nourrisson. C'est alors que je le vis, un grand berceau blanc.
Je m'en approchai et vis que l'enfant qu'il contenait n'était autre que Kana bébé. Elle pleurait et gesticulait dans tous les sens. Je voulus me pencher pour la prendre dans mes bras et la réconforter mais mes mains passèrent au travers sans la toucher, puis le berceau et le bébé qu'il contenait disparurent. Me laissant tomber à genoux, je pris une fois de plus ma tête entre mes mains.

- Abby ?

Cette voix. Cette petite voix cristalline. Je relevai une fois encore la tête et tombai sur deux yeux vert pomme et un visage enfantin d'une enfant d'à peine 8 ans. Penchée vers moi, la petite Kana semblait triste.

- Pourquoi tu pleures Abby ? Tu as mal ?
- Kana…
- Tiens tu en veux ? Demanda la petite Kana en tendant une main qui renfermait un bonbon. Aller, prend-le. Comme ça après tu iras mieux.
- Pardonne-moi…
- Que je te pardonne ?
- J'ai été égoïste… je le sais, mais je ne t'abandonnerai jamais… je suis tellement désolée.
- Je sais que tu ne m'abandonneras pas. Tu es ma sœur, Abby. Et puis tu n'as pas à te faire pardonner.

Je tendis la main vers elle, dans le but de toucher son visage si joyeux mais elle se mit à courir en rigolant. Ses petites jambes de fillettes s'affolaient pour la porter loin de moi. À mon tour je me levai et tentai de la rattraper.

- Non, Kana reviens. Criais-je.
- Abby stop.

Je sentis une fois encore une force m'arrêter. Les yeux rivés sur Kana, je tendis le bras et criai son nom dans l'espoir qu'elle m'entende et qu'elle se retourne pour revenir vers moi.
Tirant toujours plus fort en avant, ce fut cette fois un corps qui se plaça devant moi et qui m'empêcha d'avancer. Quittant un instant Kana des yeux, je regardai Law. Je tentai de le contourner, mais il revenait toujours face à moi. Sentant que je n'abandonnerai pas facilement, il m'attrapa et m'emprisonna dans son étreinte.

- Je sais que c'est dur, mais tu ne dois pas y aller. Tu n'as pas le droit de te morfondre. Dit-il à mon oreille. Tu ne dois pas te sentir coupable de ce qu'il s'est passé, rien n'est de ta faute. Le passé ne reviendra jamais, tu ne peux pas le changer. Le seul moyen de revoir ta sœur c'est de vivre dans le monde réel.

Au fur et à mesure que Law parlait, je cessais de me débattre pour finalement ne plus bouger. Le front posé contre le torse de Law et les poings serrés sur son pull, les larmes commencèrent à rouler le long de mes joues.
Les bras de Law se firent plus doux et protecteurs. L'une de ses mains glissa dans mes cheveux. Il tachait de calmer les soubresauts de mes épaules alors que mes larmes dévalaient mes joues.

- Tu dois revenir dans le présent.
- Je… je ne peux pas…
- Abby… le monde n'est pas fait que de mauvaises choses. Il y a de bons moments que tu dois vivre et Kana attend ton retour.

Réalisant qu'il disait vrai, je me calmai. Peu à peu les images autour de nous disparurent pour ne laisser qu'une grande pièce vide. L'endroit était ni sombre, ni éclairé, on y voyait c'est tout. Puis tout disparu.
J'ouvris les yeux et me redressai rapidement en position assise tout en reprenant une violente inspiration. Regardant rapidement autour de moi, je ne reconnue pas l'endroit. J'étais assisse dans un lit dans un endroit étrange. Sur le bord du lit, Losc me prit doucement par les épaules et me regarda avec inquiétude.

- Abby ? Est-ce que ça va ?

Je ne répondis pas tout de suite. J'entendis un bruit à ma gauche et tournai la tête pour voir Law se redresser lentement. Baissant les yeux, je vis que ma main était glissée dans la sienne, plus chaude.
Je voulus d'abord lui lâcher la main et reculer, mais son contact avais un je-ne-sais-quoi de rassurant, d'apaisant… alors je ne bougeai pas. Hélas Law n'eut pas ce même ressenti car il se leva et récupéra sa main. À côté de lui, Penguin et Shachi dansaient en criant comme les bienheureux qu'ils étaient. Puis tout aussi soudainement, Penguin se figea et s'avança vers un coin de la pièce pour tirer un morceau de tissus qui s'avéra être une longue cape noire. En la secouant légèrement il en fit tomber du sable.

- Attendez une minute. S'exclama Penguin. Cette cape et ce sable… c'est vous le marchand de sable ?
- Je ne vous permets pas de toucher à mes affaires. Répliqua vivement le prêtre en reprenant son bien.
- Pas si vite. Dit à son tour Law d'une voix menaçante. Tout ce qui vient de se passer… c'est vous qui l'avez provoqué.
- Les habitants de cette ville sont tous des pleurnichards, des damnés voués aux enfers. Je ne fais que les guider sur un chemin sûr afin de conduire leurs âmes vers un paradis paisible. Je ne fais rien de mal.
- Vous avez failli tuer Abby. Hurla Shachi. Vous êtes un meurtrier.
- Je ne suis pas un meurtrier, je suis un guérisseur. Je guide les âmes égarées vers un avenir meilleur. Un peu de sable Voodoo mélangé à mon pouvoir et les gens se retrouvent face à leurs démons. Ceux qui ne sont pas capable d'y faire face ne sont pas dignes de fouler les terres du paradis.

Ils continuèrent de parler un moment mais les mots ne semblaient plus avoir de sens, la dernière chose que je vis c'est Law s'approcher du prêtre en dégainant lentement son sabre. La suite je ne pu la voir : épuisée, je sombrai dans le sommeil.

Lorsque j'ouvris les yeux, le monde semblait encore avoir changé. Je reconnus ma cabine. Allongée dans ce que je savais être mon lit, je balayai la pièce du regard jusqu'à tomber sur une chaise occupée. Sur celle-ci, je vis deux yeux gris orage me scruter avec attention.
Lentement et avec douceur, je me redressai en position assise. Ma tête se mis à tourner, mais ce fut supportable. J'eus la drôle impression d'avoir dormi pendant des jours.

- Comment te sens-tu ?

Lorsqu'il prit la parole, Law avait une voix rauque, une voix fatiguée. Il avait très certainement dû me veiller.

- Faible. Répondis-je d'une voix aussi rauque que la sienne.
- Te souviens-tu de ce qu'il s'est passé ?

Je marquai une pause pour chercher ce dont je me souvenais.

- Je me souviens… de l'homme en noir, du sable blanc et… de tout le reste.

Law inspira grandement assis sur la chaise, ses yeux ne bougeaient pas et restaient posés sur moi. Je savais, je sentais qu'il voulait me poser des questions.

- Ce que j'ai vu, dans tes souvenirs… c'est vrai ?
- Oui.
- Pourquoi n'avoir rien dit ?
- M'aurais-tu cru si je t'avais dit venir d'un monde différent où ce monde ci n'est que pure fiction et que j'étais déjà morte ? Et je ne te faisais pas entièrement confiance.

Law ne dit rien, se contentant de me regarder fixement d'un air impassible et fatigué. Il savait que j'avais raison, c'est pourquoi il garda le silence. Soudain dans ce silence des flashs de souvenirs me revinrent, je baissai la tête et mes mains se serrèrent contre la couverture qui me recouvrait.

- Rouvrir les blessures du passé ne t'aidera pas. Dit-il soudain.
- Je le sais.
- Alors cesse de te morfondre.

Il se leva et se dirigea lentement vers la sortie avant de poser sa main sur la poignée et d'ouvrir la porte.

- Tu as affirmé avoir tout perdu…

Il s'arrêta et ne bougea plus.

- Comment fais-tu pour avoir encore la force d'avancer ?
- Il y a une chose que je me suis promise de faire. Je me suis interdit de mourir ou de perdre tant que je n'aurais pas réalisé ma promesse. Il marqua une longue pose, puis il se tourna vers moi. Et puis j'ai des personnes autour de moi qui m'aident à avancer.

Il me fit un presque sourire, je vis dans ses yeux ce que je n'avais jamais vu jusqu'à aujourd'hui : un éclat de bonté, de gentillesse, de compassion. Il sortit ensuite de la chambre, refermant la porte derrière lui.

Est-ce qu'un jour je comprendrais l'homme qu'est Trafalgar Law ?
Je me le demande vraiment.


A suivre...

Au prochain chapitre, KISS !