Kate,

J'émergeais de mon sommeil tranquillement, constatant que nous n'avions pas bougé d'un centimètre depuis hier soir. Le réveil étant de mon côté, je vis l'heure, il était 5h30. La nuit avait été courte une fois de plus mais je me sentais reposée et surtout terriblement bien dans ses bras. Sa tête était toujours dans mes cheveux et au rythme de sa respiration je pouvais comprendre qu'il dormait encore. Ne voulant pas le réveiller tout de suite, je repensais donc à toutes ces nouveautés dans ma vie et notamment au fait que je me comportais avec Rick comme jamais je ne m'étais comportée auparavant. Mais tout me semblait si naturel avec lui. Hier soir, lors de notre dispute, j'avais lâché dans un moment de désespoir un « je t'aime ». Car j'avais cru le perdre dans ce moment là. Or, je l'avais perdu une fois déjà lorsqu'il était parti dans les Hamptons avec Gina et je ne voulais pas revivre ça une fois, pour rien au monde. Si je l'avais perdu cette première fois, c'est parce que je n'avais pas eu le courage de faire face à mes sentiments.

Mais il fallait que je sois honnête, à commencer avec moi-même. J'aimais Richard Castle et ce depuis longtemps, avant même le début de notre partenariat. Ses livres m'avaient sauvé et j'avais à l'époque tissé une relation particulière avec lui, en contemplant pendant des heures sa photo sur la huitième de couverture des opus de Storm. J'avais relu chacun de ses livres un certain nombre de fois, ne me lassant pas de cette écriture fluide et parfaite qui savait me transporter à des années lumières de mon quotidien, ce dont j'avais réellement besoin. Et même si au début de mon partenariat, son côté incontrôlable et sa maturité égale à celle d'un enfant de 9 ans m'agaçait j'étais très vite tombée sous le charme. Evidemment et comme de nombreux observateurs extérieurs l'avaient noté il y avait et a entre nous cette tension sexuelle et chimique incroyable, due à la forte attraction physique. Mais il y a plus nous avons aussi cette alchimie parfaite de nos âmes et de nos esprits, dès le premier jour il s'était connecté à moi comme personne auparavant, me déstabilisant littéralement sur l'instant.

Tout ceci était effrayant et cela m'apeurait encore à l'heure actuelle et expliquait en partie pourquoi j'avais tant résisté à l'emprise qu'il avait sur moi. Qu'allais-je devenir si je laissais tomber mon armure construite depuis des années ? Qu'arriverait-il s'il se lassait de moi comme un enfant de son jouet parfois seulement quelques heures après Noël ? Qu'adviendrais-je s'il sortait de ma vie définitivement ? Car c'est ceci que je redoutais plus que tout. Lorsqu'il était parti l'été dernier, il m'avait laissé le cœur en lambeaux et d'une morosité sans égal. Sans lui je trouvais ma vie terne, mon travail devenait une routine pesante je n'avais plus goût à grand chose. Hier soir j'avais eu peur que quelque chose ne se brise. Alors voilà pourquoi je lui avais pardonné à toute vitesse, je ne pouvais me permettre de le perdre. Ses mots avaient durs, mais ses excuses étaient sincères.

J'étais encore perdue dans mes pensées, lui dormait toujours profondément. Mais alors que j'envisageais une nouvelle fois ce que serait ma vie sans lui, un sentiment de peur m'envahit. Il devait tout de suite disparaître et je savais comment je voulais faire taire mes doutes. J'avais encore besoin de lui, que nous nous montrions la force de notre union une nouvelle fois. Je commençais par caresser tout doucement son bras du bout de mes doigts et bougeais très doucement mon bassin contre lui en même temps. Quelques minutes suffirent pour que je l'entende grogner, le timbre grave et ensommeillé. Je me tournais alors pour lui faire face et déposais un baiser sur ses lèvres.

Hum, je dors me dit-il.

Monsieur Castle était grognon ce matin. Mais je continuais à bouger contre lui.

Tu es peut être endormi, mais une partie de ton corps est très éveillée lui dis-je.

Mmm. Ce n'est pas parce que Junior est au garde à vous que je suis réveillé pour autant.

Junior… vraiment Rick il va falloir que tu trouves un nom beaucoup plus approprié.

Mmm Kate tu ne vas donc pas me laisser dormir ?

Non je crois que j'ai des projets pour toi et Junior fis-je en insistant.

Tu n'es donc jamais satisfaite me dit-il.

Non que veux-tu, tu n'arrives pas à combler mes envies…

Comment ? fit-il en se levant.

La provocation fonctionnait toujours à merveille, maintenant j'avais toute son attention.

Oh j'ai touché Ricky dans son égo ? fis-je en me mordant la lèvre.

Kate ne joue pas à ce jeu là, tu sais très bien que je te fais grimper aux rideaux à chaque fois.

Monsieur Castle se prend pour un Dieu du Sexe à ce que je vois.

Je ne me prends pas, je suis et je vais te montrer à quel point je suis TON Dieu du Sexe.

J'attends de voir ça…

Et là il dévorait avec ardeur ma bouche m'entraînant dans un baiser bien plus qu'exigeant. Nos habits volèrent dans la pièce et il me fit retrouver le chemin du plaisir une nouvelle fois. Pour étouffer mes cris je le mordais dans le cou et sur l'épaule, ne souhaitant pas que nos ébats parviennent aux oreilles de sa fille. Haletants et trempés après ce nouveau round il me dit :

Alors convaincue ?

Oui pas si mal pour quelqu'un qui était endormi.

Tease, me dit-il.

Always, fis-je en souriant.

Tu as une idée de l'heure ?

Il est 8h.

Ca va jaser au commissariat.

Tu n'as pas tort. Bon on ferait mieux de se préparer une douche et on y va ?

Oui à deux la douche ?

Si tu arrives à tenir tes mains tranquilles oui.

C'est toi qui me dit ça ? Alors que ce matin tu étais la première à me sauter dessus ?

Mon pauvre Ricky…répondis-je provocatrice. Bon allez à la douche dis-je en lui tapant sur les fesses.

Violence policière lieutenant je vais porter plainte.

Avoues que tu rêves de me passer les menottes.

You have no idea.

A son tour il me mit une tape sur les fesses avant de se lever et de foncer à la salle de bains. Quelques secondes plus tard j'entendais la douche couler, je le rejoignais dans la salle de bains et prenais mes affaires de toilette, sortant mon shampoing et mon gel douche. J'entrais ensuite sous la douche où Rick était déjà en train de se savonner. Nous nous lavâmes en toute tranquillité non sans nous jeter des regards évocateurs de temps à autre. Il avait fini avant moi et m'embrassa avant de sortir se sécher. Je me rinçais ensuite les cheveux avant de sortir à mon tour. Il m'entoura d'une grande serviette, me frictionnant le corps avec. De son côté il avait la serviette entourée autour de la taille, des goutes d'eau perlant encore sur son torse. Alors qu'il se mettait de la crème sur le visage il remarqua les quelques marques d'affection que je lui avais laissé dans le cou et sur le haut de ses épaules.

On marque son territoire lieutenant.

Non je cherchais juste à ne pas traumatiser ta fille.

Il rigola à ma remarque et se saisit de sa brosse à dents.

Tu penses que je devrai me raser ?

Non reste comme ça, j'aime beaucoup. A vrai dire ça me rend folle.

Sa barbe de quelques jours renforçait selon moi son charme et je le trouvais réellement irrésistible ainsi. Je me brossais également les dents avant de m'attacher les cheveux encore mouillés. Je n'avais pas le temps de les sécher ce matin, sinon nous allions débarquer à 10h au commissariat, ce qui serait réellement suspect, même un jour de paperasse. Je m'habillais ensuite dans la salle de bains, il devait faire de même dans la chambre. Cinq minutes après je le rejoignais. Il portait un jean noir avec une chemise bordeaux satinée, toujours élégant comme d'habitude. J'aimais qu'il soit aussi attentif son allure.

On y va ? me dit-il.

Je suis prête. On prendra le déjeuner au poste car là on est vraiment à la bourre.

Ok patron.

Nous descendîmes pour retrouver le salon et nous constatâmes l'absence d'Alexis. Elle nous avait laissé une note sur le comptoir de la cuisine. « Bonjour les marmottes. J'espère que vous êtes réconciliés. Je pars au lycée et j'espère qu'on se verra ce soir. Love. Alexis. »

Elle est trop mignonne fis-je en souriant.

Comme son père me répondit Rick arquant un sourcil.

Arrête de rêver writer-boy…

Kate, c'est writer-man pour toi.

Faudra voir…Bon allez en route.

Killjoy.

Alors que nous sortions du loft je souriais face à ces nouveaux échanges. Finalement, nous avions totalement oublié le refroidissement de la veille et nos joutes repartaient à toute allure. Nous rejoignîmes ma voiture et quinze minutes plus tard nous étions en bas du poste. Exceptionnellement j'accompagnais Rick pour aller prendre les cafés et je prenais aussi de quoi faire un petit déjeuner rapide avec les gars. Ensuite, nous allâmes dans le bâtiment du 12ème et prîmes l'ascenseur jusqu'à la criminelle. Il était rare que nous arrivions ensemble le matin, mais j'avais décidé que cela n'avait pas d'importance.

Eh bien boss panne d'oreiller ? me dit Esposito. Ryan rigola à la remarque de son acolyte.

Salut les gars. Certains matins sont plus difficiles.

Tu te rends compte t'arrives en même temps que Castle !

Oui on s'est croisés en bas du poste.

Et on a amené des cafés et quoi manger, poursuivit Rick.

Waouh c'est la fête, papa régale dit Ryan.

Dis bro tu as quelque chose à célébrer ? tu as l'air particulièrement content aujourd'hui.

Je célèbre la vie tout simplement.

Nous nous rendîmes tous les quatre dans la salle de pause pour prendre notre petit déjeuner. Les gars devaient déjà avoir pris le leur quelques heures auparavant mais ne s'étaient pas opposés à l'idée d'un rappel. L'humeur était bonne enfant, nous n'avions pas d'affaire aujourd'hui et ce soir j'étais en vacances. Nous discutâmes tranquillement jusqu'à venir à bout de toutes les pâtisseries achetées ce matin.

Bon allez c'est pas le tout, mais on a la paperasse du dossier Pit à faire.

Ok boss.

Nous allâmes donc nous occuper de toutes les formalités administratives consécutives à la clôture d'une enquête. Ce travail était toujours assez long et fastidieux, mais je m'évadais déjà pensant à l'approche imminente de mes vacances avec Rick. Il était 14h quand nous eûmes bouclé la paperasse.

Hey les gars, vu qu'on a fini ça vous dit de commander des pizzas et de célébrer la fin de l'affaire ici.

Ca me va, de toute manière je ne vois Lanie que ce soir à 18h.

Pareil pour moi, Jenny est chez sa mère toute la journée.

Et vous Castle fis-je me tournant vers Rick.

Je suis tout à vous lieutenant.

Je me saisissais de mon téléphone tout de suite ne laissant pas aux gars le temps de voir le sourire que cette remarque avait suscité et je commandais des pizzas et des bières pour nous quatre.

Bon on sera livrés dans trente minutes, fis-je après avoir raccroché.

Alors que vas-tu faire de tes vacances ? me demanda Espo.

Prendre ma moto et conduire. J'ai envie de m'évader un peu. Je projette aussi d'aller voir mon père. Bref, rien de particulier.

Et toi Castle tu vas survivre dix jours sans Beckett ?

Les gars bien sûr. Et puis j'ai un roman à écrire alors je vais pouvoir me consacrer pleinement à Nikki.

Toujours pas de conquête bro ?

Non aucune. Je sais ce que je veux, donc tant que je ne l'aurai pas je crois que je préfère rester ainsi.

Il avait dit cela en me regardant profondément. Je souriais au fait que nous étions ensemble, mais que nous faisions tout notre possible pour le masquer à nos collègues.

Et toi boss, ton nouveau copain ? Tu nous le présente quand ?

Quand elle l'aura détaché du lit, dit Rick ce qui fit rire mes deux collègues.

Qui vous dit que j'ai un nouveau copain ? demandais-je.

Ben à moins que tu prétendes une nouvelle fois que le suçon d'hier était dû à un enlèvement par alien…

Oui bon peut être fis-je légèrement rougissante. Mais si je vous le présente un jour – j'insistais sur le un jour – tâchez d'être plus aimables qu'avec Josh.

On n'a pas été déplaisants, c'est juste qu'il était pas fait pour toi, répondit Ryan. Et puis, admets-le il était quand même un peu arrogant avec son « alors on a attrapé des méchants aujourd'hui ».

L'imitation de mon collègue était parfaite et nous partîmes tous les quatre dans un fou rire. Celui-ci fut stoppé par l'arrivée de notre repas. Nous partageâmes les différentes pizzas. Nous mangeâmes tout en continuant à discuter et à boire des bières. L'ambiance était tout à fait agréable. Quand nous eûmes fini de manger, Rick et moi débarrassâmes les cartons et les bouteilles. Nos collègues eux se remettaient au travail, ils n'étaient pas en congés. J'allais saluer le capitaine avant de partir. Je reprenais ensuite mes affaires à mon bureau avant de prendre congés de mes collègues.

Bon les gars, c'est l'heure je vais y aller. Gardez le bateau pendant dix jours.

T'inquiète patron on gère. Et puis si on a trop de mal on appelle Castle en renfort ! fit Ryan.

Quant à toi profites de tes vacances, me dit Espo.

J'y compte bien, merci les gars. Castle je vous dépose ?

Volontiers détective me fit-il.

Ciao les enfants dit-il à l'attention des gars.

Salut bro, répondirent-ils à l'unisson.

Nous quittâmes le commissariat quelques minutes plus tard. La présence d'officiers dehors nous empêchait d'avoir une attitude de couple normal, pourtant je rêvais d'envie de l'embrasser pour celer le début de nos premières vacances ensemble. Une fois dans la voiture je démarrais et lui proposais :

On va chez moi, j'aimerai préparer mes affaires pour notre séjour. Et puis ensuite si tu veux on prend la moto et je la fais réviser au magasin. Ce soir on peut rester chez toi si tu veux ?

Ca me semble parfait, mais il faudra qu'on s'arrête chez moi pour que je prenne mon équipement.

Oui tu as raison, allons-y maintenant.

Je démarrais et prenais la direction du loft où nous arrivâmes vingt minutes plus tard. Nous étions dans l'ascenseur de son immeuble enfin seuls, alors je l'embrassais tendrement. Nous ne restâmes pas longtemps dans son appartement, il prit juste ses affaires et laissa un mot pour Martha et Alexis les prévenant que nous serions avec elles pour dîner ce soir. Avant de sortir de l'appartement il me dit :

Kate est-ce que tu serais d'accord pour qu'on sorte dîner en ville ce soir ?

Avec ta mère et Alexis ?

Oui.

J'aimerai, mais ne crois-tu pas que ça soit trop risqué côté médiatique.

Non, ne t'en fais pas. Je ne suis pas le président des Etats-Unis tout de même.

Ok, mais rien de trop tape à l'œil d'accord ?

Promis. Je fais les réservations et on y va.

Il monta dans son bureau et en redescendit cinq minutes plus tard. La présence d'Alexis et Martha m'avait aidé à accepter, je craignais encore un peu la soirée en tête à tête qui ferait très officielle. Nous sortîmes de l'appartement et prîmes la direction du mien où nous arrivâmes un bon quart d'heure plus tard. J'avais des affaires à préparer alors j'enjoignais Rick à se mettre à l'aise en attendant et à préparer un café. Il le fit et s'installa dans le canapé non sans m'apporter une tasse alors je choisissais des affaires pour notre petit séjour. Il nous fallait faire attention quant à la quantité de bagages, vu que nous étions en moto. Mais j'avais envie de prendre tellement de choses. J'imaginais que nous allions faire des ballades, dîner dehors ou à sa maison. Il me fallait donc à la fois des tenues décontractées, mais aussi quelques robes. Je devais d'ailleurs en choisir une pour ce soir. Fouillant dans mon dressing je m'arrêtais sur la robe bleue que j'avais mise pour la sortie de Heat Wave et me souvenant de son regard ce soir là je me disais qu'elle serait parfaite pour notre petit dîner de ce soir. Je finissais finalement mon sac en prenant trois robes et d'autres tenues plus simples. J'allais ensuite dans la salle de bains pour prendre une trousse de maquillage.

Je sortais de ma chambre et le retrouvais au salon. Il lisait un des livres de Paterson qui était sur les marches de mon escalier.

On lit la concurrence ?

Oui j'aime bien de temps en temps. Et les bouquins de Paterson sont vraiment bons alors…

Bon j'ai fait mon bagage, donc on va se mettre en tenue pour la moto et aller la faire réviser. Je laisse le sac ici on le prendra en repassant ce soir avant d'aller chez toi.

Ok, cela sonne comme un plan détective me fit-il.

Nous revêtîmes tous deux nos tenues pour la moto. C'était une première pour Rick, mais cela semblait réellement naturel. Et il était définitivement ultra sexy dans cette veste. C'est le casque à la main que nous nous rendîmes au sous sol. Dans mon garage je débâchais ma moto et la sortais à la main. Une fois la cave fermée, je montais et donnais quelques instructions à Rick.

Bon alors tu vas te mettre derrière moi.

Il s'exécuta tout de suite et enfourcha la moto.

Alors quand nous allons rouler tu te tiens d'une main à moi et de tu te maintiens à l'arrière, il y a un emplacement où tu peux te tenir.

Ah bon je ne peux pas m'accrocher complètement à toi ?

Non pas pour la première fois, il vaut mieux que tu sois stable. Eventuellement si tu es à l'aise tu pourras te tenir à moi demain quand on ira dans les Hamptons. Autre chose, quand on va prendre les virages tu as deux possibilités, soit tu penches dans le même sens que moi, sois tu restes droit. Mais surtout n'essaie pas d'aller de l'autre côté car sinon la moto va partir et ça risque d'être moche. Ok ?

Clear, me dit-il.

Bon je vais démarrer, si je vais trop vite mets ta main sur mon épaule et je comprendrai d'accord.

Parfait.

Et là je mettais la clé sur le contact, faisant rugir mon bolide. J'entendis Rick avoir un rire tout excité. J'accélérais un peu dans le garage histoire de voir sa réaction. Il se tenait bien, j'ouvrais donc la porte et nous découvrions le jour. Pour le moment il se comportait très bien, au premier virage je fus attentive à son comportement. Voyant qu'il avait bien écouté, je m'autorisais à aller un peu plus vite.

Je ne savais pas ce qu'il en était pour lui, mais pour moi le plaisir était décuplé. D'ordinaire être à moto m'offrait déjà des sensations exceptionnelles, mais là le partager avec lui c'était vraiment formidable. Et je retrouvais sur la moto toute la beauté de notre relation, cette confiance, cette parfaite alchimie. Nos mouvements étaient parfaitement synchronisés rendant ma conduite d'une grande fluidité.

Vingt minutes plus tard nous étions devant le magasin, j'arrêtais la moto et posais un pied à terre. Je laissais Rick descendre et l'imitais quelques secondes après. Alors que nous retirions tous les deux nos casques je lui demandais :

Alors ?

Waouh.

Ca t'a plu ?

Génial. Je me suis bien comporté ?

Tu as été parfait Rick.

Je posais un baiser sur ses lèvres avant de l'enjoindre à rentrer dans le magasin, ce que nous fîmes main dans la main. J'allais directement vers le bureau de Tristan pour l'informer de notre présence.

Salut Tristan.

Hey Katherine, Richard. C'est un plaisir de vous voir ici. Alors tu en as déjà fait un parfait motard on dirait.

On a pris la route pour la première fois et ça s'est super bien passé. J'ai amené ma bécane pour que tu y jettes un œil. Tu as cinq minutes là ?

Oui pour toi évidemment. Amène là dans l'arrière cour et je vous rejoins tout de suite.

Ok à tout de suite.

Nous ressortîmes et amenâmes la moto du côté de l'arrière boutique où les questions techniques et mécaniques se réglaient.

Alors voyons ça fit Tristan.

Il observait ma moto et lui faisait faire une série de tests. Rick et moi étions restés en retrait et observions tous deux Tristan opérer. Au bout d'une demi-heure d'un examen méticuleux il déclara :

Ben écoute elle est en parfaite santé. Je pense que vous pouvez prendre la route en toute sureté.

Ok merci Tristan, c'est cool. Je te dois combien ?

Rien du tout.

Tristan…

Katherine…n'insiste pas.

Merci.

De rien. Par contre je vais devoir vous laisser, j'ai un rendez-vous en ville et je dois y aller.

Ok, nous on va rentrer aussi. On se tient au courant pour un éventuel dîner avec ta femme.

Oui promis.

Richard, Katherine à bientôt. Bonnes vacances.

Il partit nous laissant tous deux et la moto dans la cour à l'arrière du magasin.

Bon tu te sens de reprendre la route maintenant, pas trop fatigué ?

Non on peut y aller ?

Alors en route fis-je tout en grimpant sur la moto.

Il me suivit de très près et nous repartîmes en direction de mon appartement. A cette heure ci la route était assez congestionnée, alors nous appréciâmes le fait d'être en deux roues et de ne pas nous retrouver dans les embouteillages. Du coup trente minutes après je garais ma moto en bas de mon immeuble car nous allions repartir pour le loft.

Rick tu m'attends là avec la moto, je vais chercher le sac.

Ok.

A tout de suite.

Je me précipitais pour monter les étages et récupérer le sac de voyage que j'avais préparé quelques temps plus tôt. Je prenais des sangles qui étaient rangées dans mon appartement et redescendais. Une fois en bas, j'attachais bien le sac à l'arrière et remontais sur la moto. Nous prîmes une nouvelle fois aujourd'hui la direction du loft. Le trajet se passa à merveille, nous allâmes au garage de Rick pour mettre ma moto je n'aimais pas trop la laisser dehors vu le bijou. Je récupérais le sac et nous montâmes en ascenseur.

Richard,

Je sentis des doigts me caresser légèrement le bras et ne savais pas pour le moment s'il s'agissait d'un rêve ou si c'était la douce réalité. Je décidais de garder les yeux fermés, de façon à ce que ce moment dure s'il était un rêve. C'est un bassin en ondulation que je sentis ensuite. Il bougeait très calmement mais aussi très efficacement. Là encore je ne bougeais pas, j'étais encore trop ensommeillé et confortable dans mes pensées pour ouvrir les yeux maintenant. Je compris qu'il ne s'agissait pas d'un rêve lorsque les mouvements de bassin s'intensifièrent un peu, taquinant de plus en plus mon désir naissant. Je grognais légèrement pour signifier à ma partenaire que j'étais tranquillement en train de dormir. Décidément Kate était de toutes les heures. Je n'allais certainement pas me plaindre là-dessus, mais c'était surprenant. Je ne pensais pas avoir connu ça auparavant. Je la sentis se tourner dans le lit afin d'être en face de moi, et ses douces lèvres caresser les miennes dans un tendre baiser.

Hum, je dors dis-je quelque peu râleur.

Tu es peut être endormi, mais une partie de ton corps est très éveillée me répondit-elle.

Elle seule avait le secret de ce genre de phrases, tout à fait consciente de l'effet que ces petits agissements avaient sur moi au petit matin et à tous les autres moments de la journée. Néanmoins malgré mon envie naissante, je me sentais paresseux ce matin.

Mmm. Ce n'est pas parce que Junior est au garde à vous que je suis réveillé pour autant.

Junior… vraiment Rick il va falloir que tu trouves un nom beaucoup plus approprié.

Mmm Kate tu ne vas donc pas me laisser dormir ?

Non je crois que j'ai des projets pour toi et Junior.

Tu n'es donc jamais satisfaite lui dis-je.

Non que veux-tu, tu n'arrives pas à combler mes envies…

La technique douce ne marchait pas ce matin, alors elle employa les grands moyens. Définitivement elle irait toujours jusqu'au bout de ses envies. Elle m'avait provoqué, sachant d'avance que sa réflexion allait me faire réagir.

Comment ? dis-je en me levant d'un coup.

Elle gagnait une nouvelle fois, masquant très mal un sourire de satisfaction. J'étais donc complètement prévisible et totalement à la merci des pulsions de ma partenaire.

Oh j'ai touché Ricky dans son égo ? me dit-elle en se mordant la lèvre.

L'aguicheuse était de retour. Elle savait exactement sur quel bouton appuyer pour me faire agir comme elle le voulait.

Kate ne joue pas à ce jeu là, tu sais très bien que je te fais grimper aux rideaux à chaque fois.

Monsieur Castle se prend pour un Dieu du Sexe à ce que je vois.

Je ne me prends pas, je suis et je vais te montrer à quel point je suis TON Dieu du Sexe.

J'attends de voir ça…

Lui donnant très certainement ce qu'elle attendait depuis qu'elle s'était réveillée je l'embrassais avec fougue, l'invitant à un ballet soutenu. Très vite nos vêtements de nuit se mirent à virevolter dans la pièce et nous partageâmes une nouvelle étreinte nous emmenant vers le plaisir suprême. Durant toute l'étreinte Kate m'avait mordu, certainement pour ne pas vocaliser son plaisir en raison de la présence de ma fille dans l'appartement. Les murs étaient isolants, mais je doutais qu'ils soient capables de retenir les sons de ma partenaire. Alors que je reprenais difficilement mon souffle après ce nouveau round, le corps complètement en sueur je lui demandais :

Alors convaincue ?

Oui pas si mal pour quelqu'un qui était endormi.

Tease.

Always, répondit-elle en souriant.

Tu as une idée de l'heure ?

Il est 8h.

Ca va jaser au commissariat.

Tu n'as pas tort. Bon on ferait mieux de se préparer une douche et on y va ?

Oui à deux la douche ?

Si tu arrives à tenir tes mains tranquilles oui.

C'était l'hôpital qui se moquait de la charité là.

C'est toi qui me dit ça ? Alors que ce matin tu étais la première à me sauter dessus ?

Mon pauvre Ricky…me dit-elle railleuse. Bon allez à la douche dis-je en lui tapant sur les fesses.

Elle me rendait mais alors définitivement dingue, nous venions de faire l'amour mais j'avais déjà envie de remettre le couvert.

Violence policière lieutenant je vais porter plainte.

Avoues que tu rêves de me passer les menottes.

You have no idea.

Je me vengeais en mettant une claque sur ses fesses avant de sortir du lit et de me diriger dans la salle d'eau. J'aimais nos échanges, même si elle me battait les trois quart du temps dans nos joutes, j'appréciais le ton, les défis, les provocations. Cela avait quelque chose de particulièrement excitant et si je considérais de qui cela venait ça l'était encore plus. J'allais directement sous la douche, sans prendre le temps de jeter un coup d'œil à mon reflet dans le miroir. Elle arriva quelques minutes plus tard, munie de ses affaires de toilette. Elle ne voulait pas utiliser mon shampoing et mon gel douche de crainte de sentir trop « moi » durant la journée. Même si je m'efforçais de me tenir tranquille, je ne m'enlevais pas le plaisir de parcourir de mes yeux son magnifique corps. Alors que j'étais prêt je l'embrassais avant de sortir de la douche, la laissant tranquillement finir sa toilette. Je me saisissais d'une serviette et entourais ma taille avec, le reste sécherait tranquillement. Avec une plus petite je frictionnais mes cheveux et j'en sortais une sèche pour Kate. Quand elle mit un pied en dehors de la douche j'entourais son corps du drap de bain et la frictionnait pour la sécher. Après avoir regardé l'état de ma tête dans le miroir, je constatais que les courtes nuits commençaient à marquer mon visage. Comme hier je jugeais bon de m'appliquer une crème énergisante qui avait un effet anticernes. En la mettant je constatais que ma compagne avait réalisé quelques chefs d'œuvre dans mon cou à l'occasion de notre session ce matin.

On marque son territoire lieutenant.

Non je cherchais juste à ne pas traumatiser ta fille.

Je rigolais au ton de sa phrase, tout en lui étant reconnaissant de se soucier de la présence de ma fille lors de nos ébats. Me passant la main sur les joues je lui demandais :

Tu penses que je devrai me raser ?

Non reste comme ça, j'aime beaucoup. A vrai dire ça me rend folle.

J'avais effectivement remarqué que lors de ses caresses elle s'attardait sur mes joues caressant ma jeune barbe, ou alors qu'elle m'embrassait la joue avec sa seule lèvre inférieure. Je gardais donc une journée de plus la barbe. J'allais ensuite dans la chambre pour sélectionner ma tenue de la journée, laissant la salle de bains à Kate pour qu'elle puisse de son côté finaliser sa préparation. Je choisissais une chemise bordeaux et un jean noir un grand classique mais je m'y sentais bien. Quand elle revint dans la chambre elle était très sexy habillée de beige et de marron, portant un pull avec un grand col en V qui laissait entrevoir la naissance de sa féminité, ainsi qu'un sous-vêtement de couleur marron, complètement accordé avec sa tenue, par-dessus elle avait une veste en cuir marron et un pantalon de tailleur beige des bottes marron rehaussaient sa silhouette de quelques centimètres. Cette fille avait une classe folle.

On y va ? lui dis-je.

Je suis prête. On prendra le déjeuner au poste car là on est vraiment à la bourre.

Ok patron.

Sortant de la chambre nous allâmes en bas, le loft était désert Alexis ayant apparemment déjà quitté les lieux. Nous trouvions un mot à notre intention sue le bar : « Bonjour les marmottes. J'espère que vous êtes réconciliés. Je pars au lycée et j'espère qu'on se verra ce soir. Love. Alexis. »

Elle est trop mignonne dit Kate en souriant.

Comme son père lui dis-je charmeur.

Arrête de rêver writer-boy…

Kate, c'est writer-man pour toi.

Faudra voir…Bon allez en route.

Killjoy.

Nous retrouvâmes sa voiture et quinze minutes plus tard nous étions en bas du poste. Elle me surprit en venant avec moi chercher les cafés, nous en prîmes également pour les gars avec de quoi faire un petit déjeune avec eux là haut. Nos achats effectués nous allâmes à la criminelle. Les gars étaient déjà en train de bosser à leurs bureaux, mais s'arrêtèrent voyant leur boss arriver.

Eh bien boss panne d'oreiller ? dit Esposito. Ryan rigola à la remarque de son acolyte.

Salut les gars. Certains matins sont plus difficiles.

« Difficiles » je n'aurai pas employé ce mot là pour décrire le réveil que nous avions eu, mais ceci nos collègues n'étaient pas censés le savoir alors je me gardais de partager ma remarque avec la classe.

Tu te rends compte t'arrives en même temps que Castle !

Oui on s'est croisés en bas du poste.

Et on a amené des cafés et quoi manger, dis-je.

Waouh c'est la fête, papa régale dit Ryan.

Dis bro tu as quelque chose à célébrer ? tu as l'air particulièrement content aujourd'hui.

Si tu savais mon grand, je fête depuis une semaine car je sors enfin avec la femme de mes rêves et elle est encore plus extraordinaire que je ne le pensais.

Je célèbre la vie tout simplement.

Nous nous rendîmes tous les quatre dans la salle de pause pour prendre notre petit déjeuner. Les gars devaient déjà avoir pris le leur quelques heures auparavant mais ne s'étaient pas opposés à l'idée d'un rappel. L'humeur était bonne enfant, nous n'avions pas d'affaire aujourd'hui et ce soir Kate partait en vacances. Nous discutâmes tranquillement jusqu'à venir à bout de toutes les pâtisseries achetées ce matin.

Bon allez c'est pas le tout, mais on a la paperasse du dossier Pit à faire.

Ok boss.

Je les suivais alors même que je n'étais pas très utile dans cette phase du travail. Mais cela me donnait une occasion de plus pour observer ma bien aimée, qui était toujours aussi concentrée, même si cette partie de l'affaire était plus une formalité qu'autre chose. Mais elle y mettait tout de même toute son implication. Je me contentais de classer les papiers qu'elle remplissait au fur et à mesure dans une proche. Il était 14h les trois détectives refermèrent le carton contenant les dossiers de l'affaire Pit.

Hey les gars, vu qu'on a fini ça vous dit de commander des pizzas et de célébrer la fin de l'affaire ici.

Ca me va, de toute manière je ne vois Lanie que ce soir à 18h.

Pareil pour moi, Jenny est chez sa mère toute la journée.

Et vous Castle me demanda-t-elle.

Je suis tout à vous lieutenant.

Elle eut un magnifique sourire qu'elle ne masqua pas, mais s'empressa de prendre son téléphone pour commander à manger. Pendant ce temps je continuais à l'observer. Nous gérions très bien nos relations au commissariat.

Bon on sera livrés dans trente minutes, dit-elle après avoir raccroché.

Alors que vas-tu faire de tes vacances ? lui demanda Espo.

Prendre ma moto et conduire. J'ai envie de m'évader un peu. Je projette aussi d'aller voir mon père. Bref, rien de particulier.

Non rien de particulier en dehors du fait que je serai avec elle. J'essayais de ne pas sourire bêtement en l'entendant répondre à Esposito.

Et toi Castle tu vas survivre dix jours sans Beckett ?

Dix jours sans Beckett certes, mais dix jours avec Kate. Donc je pense que je gagnais plutôt au change.

Les gars bien sûr. Et puis j'ai un roman à écrire alors je vais pouvoir me consacrer pleinement à Nikki.

Toujours pas de conquête bro ?

Non aucune. Je sais ce que je veux, donc tant que je ne l'aurai pas je crois que je préfère rester ainsi.

J'avais regardé Kate en disant ceci, ne cachant pas aux gars à qui je pensais ils ignoraient simplement que ce n'était pas une conquête que j'avais, mais une relation.

Et toi boss, ton nouveau copain ? Tu nous le présente quand ?

Quand elle l'aura détaché du lit, fis-je.

Ils rigolèrent à mon commentaire, confirmant qu'ils avaient aussi cette vision de leur patronnne. J'avais hâte de voir leur tête le jour où nous dirons la vérité sur nous deux.

Qui vous dit que j'ai un nouveau copain ? fit-elle.

Ben à moins que tu prétendes une nouvelle fois que le suçon d'hier était dû à un enlèvement par alien…

Oui bon peut être dit-elle en rougissant. Mais si je vous le présente un jour tâchez d'être plus aimables qu'avec Josh.

On n'a pas été déplaisants, c'est juste qu'il était pas fait pour toi, répondit Ryan. Et puis, admets-le il était quand même un peu arrogant avec son « alors on a attrapé des méchants aujourd'hui ».

Ryan avait produit une très belle caricature du gamin à la moto lorsqu'il était venu chercher Kate au commissariat après une affaire. Nous avions tous – les gars, le capitaine et moi – été surpris par le débarquement de ce type là. Il avait eu un air railleur, mais lorsqu'il avait compris que Kate n'avait pas mentionné son existence il avait quelque peu ravalé sa fierté. Le repas arriva à ce moment, mettant un terme à mes pensées sur le docteur. Après tout maintenant, il était hors du tableau donc je n'avais pas à m'en soucier. Le repas se passa dans la même ambiance joyeuse et amicale. J'aidais Kate à ranger alors que les gars étaient retournés à leurs activités. Kate alla saluer le capitaine avant de revenir à son bureau pour prendre ses affaires.

Bon les gars, c'est l'heure je vais y aller. Gardez le bateau pendant dix jours.

T'inquiète patron on gère. Et puis si on a trop de mal on appelle Castle en renfort ! fit Ryan.

Quant à toi profites de tes vacances, lui dit Espo.

J'y compte bien, merci les gars. Castle je vous dépose ?

Volontiers détective répondis-je.

Ciao les enfants dis-je aux gars.

Salut bro, répondirent-ils à l'unisson.

Nous quittâmes le commissariat quelques minutes plus tard. Là encore la présence d'officiers dehors nous empêchait d'avoir une attitude de couple normal, nous devions attendre encore quelques temps pour cela. Et là pendant dix jours dans les Hamptons ça serait normal de se tenir la main, de s'embrasser sans penser que nous cachions notre relation. Une fois dans la voiture je démarrais elle me dit :

On va chez moi, j'aimerai préparer mes affaires pour notre séjour. Et puis ensuite si tu veux on prend la moto et je la fais réviser au magasin. Ce soir on peut rester chez toi si tu veux ?

Ca me semble parfait, mais il faudra qu'on s'arrête chez moi pour que je prenne mon équipement.

Oui tu as raison, allons-y maintenant.

Elle prit la direction du loft et nous nous y trouvâmes vingt minutes plus tard. Dans l'ascenseur elle profita de notre tranquillité pour m'embrasser. Nous ne restâmes pas longtemps dans l'appartement, je récupérais juste mes achats de l'autre jour et laissais un mot pour Martha et Alexis les prévenant que nous serions avec elles pour dîner ce soir. Avant de sortir de l'appartement je lui demandais :

Kate est-ce que tu serais d'accord pour qu'on sorte dîner en ville ce soir ?

Avec ta mère et Alexis ?

Oui.

J'aimerai, mais ne crois-tu pas que ça soit trop risqué côté médiatique.

Non, ne t'en fais pas. Je ne suis pas le président des Etats-Unis tout de même.

Ok, mais rien de trop tape à l'œil d'accord ?

Promis. Je fais les réservations et on y va.

Tout excité qu'elle ait dit oui, je grimpais deux à deux les marches de l'escalier pour me rendre dans mon bureau et réservais une table pour quatre ce soir. Je redescendais ensuite auprès de la belle. Nous ne restâmes pas plus longtemps au loft, car nous avions fort à faire avant la soirée de ce soir. De retour dans la voiture, elle prit cette fois la direction de son appartement. Pendant qu'elle préparait ses affaires elle me dit de faire un café et de m'installer. Je m'exécutais, lui faisant une tasse avant de prendre la mienne. Sur les marches menant à sa chambre je prenais également un roman de Paterson afin de lire en l'attendant et je m'asseyais confortablement dans son canapé. Lorsqu'elle fit de retour dans le salon j'étais plongé dans la lecture et je ne l'avais pas entendu arriver. C'est sa question qui me fit noter sa présence.

On lit la concurrence ?

Oui j'aime bien de temps en temps. Et les bouquins de Paterson sont vraiment bons alors…

Bon j'ai fait mon bagage, donc on va se mettre en tenue pour la moto et aller la faire réviser. Je laisse le sac ici on le prendra en repassant ce soir avant d'aller chez toi.

Ok, cela sonne comme un plan détective lui dis-je.

Je m'habillais, passant les vêtements par-dessus ma tenue du jour. Pendant ce temps je la regardais faire de même. Elle était définitivement divine toute de cuir vêtue. J'étais impatient de monter sur son bolide avec elle. Les casques sous le bras nous allâmes à son garage où elle gardait sa moto. Une fois l'engin sorti et dessus elle me dit :

Bon alors tu vas te mettre derrière moi.

Avant de monter j'apprécier la silhouette de ma compagne sur sa moto. C'était une vision de rêve pour moi.

Alors quand nous allons rouler tu te tiens d'une main à moi et de tu te maintiens à l'arrière, il y a un emplacement où tu peux te tenir.

Ah bon je ne peux pas m'accrocher complètement à toi ?

Non pas pour la première fois, il vaut mieux que tu sois stable. Eventuellement si tu es à l'aise tu pourras te tenir à moi demain quand on ira dans les Hamptons. Autre chose, quand on va prendre les virages tu as deux possibilités, soit tu penches dans le même sens que moi, sois tu restes droit. Mais surtout n'essaie pas d'aller de l'autre côté car sinon la moto va partir et ça risque d'être moche. Ok ?

Clear, répondis-je.

Bon je vais démarrer, si je vais trop vite mets ta main sur mon épaule et je comprendrai d'accord.

Elle était très préoccupée par ma sécurité et mon confort. C'était une autre face de Kate que je découvrais là. Un côté finalement très maternel, et j'imaginais qu'elle avait agi de la sorte avec ma fille et m'en voulait une nouvelle fois d'avoir agi ainsi avec elle hier. Heureusement, elle semblait avoir mis ceci de côté me surprenant là aussi, je m'étais fait une image d'elle différente, plus rancunière.

Parfait.

Elle démarrait l'engin, dont le moteur vrombit. C'était hallucinant, nous ne roulions pas encore que mon cœur battait à toute vitesse sous l'effet de la moto. Elle avança dans le garage s'autorisant une petite pointe de vitesse, j'étais quant à moi euphorique à l'arrière. Au premier virage j'avais un peu peur que le mouvement ne vienne pas naturellement, mais finalement je décidais de suivre l'inclinaison de Kate et de me laisser guider par ses mouvements. Je comprenais pourquoi certaines personnes comparaient la moto au sexe, c'était une affaire de communion avec l'autre. Elle n'hésita pas à prendre un peu de vitesse, ce qui provoqua en moi une décharge d'adrénaline. Les sensations étaient incroyables, on se sentait tellement différent. Le contact avec l'extérieur et la route n'était pas du tout le même qu'en voiture.

Notre premier trajet se passa pour moi à la perfection et vingt minutes après nous étions à Jamaica Bay devant le paradis de la moto pour Kate. Elle arrêta son engin et je descendis. Mettant la béquille elle fit de même quelques instants après moi et alors qu'elle ôtait son casque elle me demandait :

Alors ?

Waouh.

Ca t'a plu ?

Génial. Je me suis bien comporté ?

Tu as été parfait Rick.

J'étais content de m'être bien comporté pendant ce premier essai. J'avais un peu appréhendé mais l'exaltation avait vite pris le dessus. Et puis je faisais confiance en la personne qui conduisait ce qui était beaucoup. Elle m'embrassa chastement et nous entrâmes dans le temple du motard main dans la main. Nous allâmes tout de suite dans le bureau du directeur et ami de Kate.

Salut Tristan.

Hey Katherine, Richard. C'est un plaisir de vous voir ici. Alors tu en as déjà fait un parfait motard on dirait.

On a pris la route pour la première fois et ça s'est super bien passé. J'ai amené ma bécane pour que tu y jettes un œil. Tu as cinq minutes là ?

Oui pour toi évidemment. Amène là dans l'arrière cour et je vous rejoins tout de suite.

Ok à tout de suite.

Nous ressortîmes et amenâmes la moto du côté de l'arrière boutique où les questions techniques et mécaniques se réglaient.

Alors voyons ça fit Tristan.

Il observait ma moto et lui faisait faire une série de tests. Nous l'observions tous les deux sans échanger de mot. Il état très appliqué et tel un médecin semblait écouter les différents sons de la moto pour voir si tout allait bien. Après avoir fait un examen complet il dit :

Ben écoute elle est en parfaite santé. Je pense que vous pouvez prendre la route en toute sureté.

Ok merci Tristan, c'est cool. Je te dois combien ?

Rien du tout.

Tristan…

Katherine…n'insiste pas.

J'étais surpris, enfin quelqu'un qui ne se laissait pas intimider par Kate. Décidément je l'aimais bien ce Tristan.

Merci.

De rien. Par contre je vais devoir vous laisser, j'ai un rendez-vous en ville et je dois y aller.

Ok, nous on va rentrer aussi. On se tient au courant pour un éventuel dîner avec ta femme.

Oui promis.

Richard, Katherine à bientôt. Bonnes vacances.

Il partit nous laissant tous deux et la moto dans la cour à l'arrière du magasin.

Bon tu te sens de reprendre la route maintenant, pas trop fatigué ?

Non on peut y aller ?

Alors en route dit-elle tout en grimpant sur la moto.

Je montais derrière sachant d'avance que les sensations à peine évanouies allaient être de retour. Il y avait des embouteillages, mais Kate se faufila entre les voitures avec beaucoup d'adresse, maniant l'engin avec une grande facilité alors même qu'il faisait un certain poids. Elle stationna en bas de chez elle et me dit :

Rick tu m'attends là avec la moto, je vais chercher le sac.

Ok.

A tout de suite.

En l'attendant j'essayais de me remettre de ces émotions routières. Il fallait que je me prépare car demain la route serait plus longue et les émotions encore plus fortes. Le paysage allait être magnifique et je pense que Kate n'hésiterait pas à aller un peu plus vite une fois en dehors de la ville. Elle avait su en tout cas me faire partager sa passion pour la moto, et je comprenais maintenant pourquoi elle avait les yeux qui brillaient en en parlant. C'était intense et ce sentiment était d'autant plus fort pour moi que je faisais mon baptême avec la femme de mes rêves, de mes fantasmes. La soirée et les vacances s'annonçaient parfaites.