Chapitre22 :
Les septièmes années de Gryffondor étaient en cours de métamorphose avec les Serdaigle. C'était le dernier cours avant les vacances de fin d'année et Hermione s'ennuyait ferme. Elle avait l'impression d'assister à un cours pour débutant alors qu'ils étaient en dernière année… Etait-ce parce qu'elle était en avance par rapport aux autres ou était-ce eux qui étaient en retard ? En temps normal elle aurait pu le penser, mais avec les Serdaigle… Elle soupira et se reconcentra sur McGonagall. Le cours d'aujourd'hui serait peut-être un peu moins ennuyeux que les autres : ils devaient traiter de la métamorphose humaine. Si elle semblait confiante le sentiment n'était pas partagé : ils seraient leurs propres cobayes et certains élèves comme Neville étaient inquiets. Le professeur venait de terminer son explication quand Hermione eut une idée en repensant à une certaine conversation.
– Professeur, l'appela-t-elle, une métamorphose sur un humain est-elle permanente ?
– Non, lui répondit la vieille dame. Quelle que soit la métamorphose effectuée et la partie du corps touché, le sort est éphémère. Il cessera de faire effet de lui-même au bout d'un certain laps de temps. Cela varie selon le sorcier, le sort et la partie du corps visée. Seuls les métamorphomages sont capables de métamorphoses permanentes.
Des soupirs de soulagement retentirent dans la salle de classe ce que ne manqua pas de remarquer le professeur.
– Vous pouvez donc être tranquille, reprit-t-elle. Même si vous vous faites pousser des plumes, cela ne durera pas ! Ce n'est pas irrémédiable.
C'est plus sereins que les élèves se lancèrent dans la réalisation de l'exercice du jour : métamorphoser leur nez en bec à l'aide des miroirs fournis. Evidemment Hermione réussit immédiatement et s'empressa de mettre fin au sort avant qu'un malin n'ait l'idée de prendre des photos. Elle mit à profit le temps qu'elle avait devant elle pour réfléchir à l'idée qu'elle venait d'avoir concernant son projet « Potter sous cape ». Quand le professeur passa devant elle, Hermione l'interpella.
– Excusez-moi professeur, mais j'aurais encore une question au sujet de la métamorphose humaine.
– Je vous écoute, Miss Granger.
– Si un sorcier transfigure une partie de son corps pour le remplacer par celle d'une créature, magique ou non, est-ce que le sorcier aura les mêmes capacités que le modèle.
– Que voulez-vous dire ? demanda la directrice des Gryffondor qui n'avait pas compris le sens de la question.
– Eh bien, hésita Hermione, si un sorcier métamorphose ses oreilles pour les changer en des oreilles d'un chat, est-ce que le sorcier aura la même acuité auditive que ledit chat ?
McGonagall réprima avec difficulté un sourire de fierté.
– Une fois de plus, Miss Granger, je constate que vous comprenez beaucoup plus vite que vos camarades… Mais pour répondre à votre question : oui, la partie transformée du sorcier possèdera les mêmes capacités que celle copiée, à condition que le sort soit réussi. Mais attention, ce genre de pratique est interdit en examen ou événement sportif, même si j'ai entièrement confiance en votre intégrité.
– Merci, professeur.
McGonagall reprit son tour de salle tandis qu'Hermione réfléchissait aux nouvelles possibilités qui s'ouvraient à elle.
Hermione se dirigeait vers ses appartements. Elle venait d'accompagner Blaise, Pansy, et par extension Drago, jusqu'à la gare de Pré-au-lard. Ils retournaient chez eux pour Noël même si elle se doutait qu'ils ne feraient pas vraiment la fête. Elle-même ne fêterait pas Noël cette année. Elle n'en avait pas le cœur et surtout pas le temps. C'est pourquoi elle avait fait promettre aux Serpentard, surtout Blaise et Pansy, de ne pas lui envoyer de cadeaux. Blaise avait compris la raison sous-jacente et avait accepté à contre cœur. Hermione allait désormais pourvoir se concentrer sur son nouveau projet durant les jours à venir. Drago et Blaise ne devaient revenir que la veille du nouvel an, soit deux jours avant le reste des élèves, lui laissant tout le temps nécessaire pour progresser.
C'est donc un peu moins d'une semaine plus tard que Drago et Blaise se dirigeaient vers les appartements préfectoraux où Hermione devait les attendre. Drago était bien obligé de reconnaître qu'il se languissait de son corps et de sa répartie. Au manoir, tout le monde était à ses ordres, ce qui était normal vu son statut de bras droit du Lord. Mais il devait bien avouer que les joutes verbales qu'il échangeait avec Granger le stimulaient et l'amusaient grandement. Sans parler de leurs incroyables parties de jambes en l'air ! Heureusement que les « retrouvailles » seraient en privé, il aurait eu du mal à se retenir devant tout le monde… C'est presque avec soulagement qu'il passa le portrait pour entrer dans leur salon et se stoppa net, Blaise lui rentrant dedans.
– Eh mec ! Pourquoi tu t'arrêtes au milieu du passage ?
Blaise balaya à son tour la pièce des yeux et fut aussi sidéré que son ami. Hermione était bien là, mais elle ne semblait pas avoir remarqué leur présence. Elle était assise en plein milieu du salon, à même le sol et enfouie sous des tonnes de parchemins et livres divers. Elle avait les cheveux vaguement retenus en queue de cheval et portait en tout et pour tout qu'un simple pantalon de jogging et un débardeur. Elle avait d'énormes cernes sous les yeux et le teint plutôt pâle. A la voir ainsi, on aurait pu croire qu'elle n'avait pas bougé depuis au moins trois jours. Ce n'est que lorsqu'elle se pencha pour se saisir d'un parchemin qu'elle aperçut la présence des deux garçons et daigna les regarder.
– Mais qu'est-ce que vous faites là ? s'étonna-t-elle. Je croyais que vous ne deviez revenir que le trente ?
– Mais nous somme le trente, lui répondit Drago en haussant un sourcil.
– Oh, murmura-t-elle. Il faut croire que je n'ai pas vu le temps passer, alors.
– Hermione ! s'alarma Blaise en passant devant Drago pour se précipiter vers la jeune fille. Mais as-tu vu dans quel état tu es ? Depuis combien de temps es-tu là ? Est-ce que tu as mangé au moins ?
– STOP ! l'arrêta Hermione en levant une main vers le métis alors qu'il allait enjamber l'amoncellement de documents en tous genres qui entouraient la jeune fille. Surtout ne bouge pas !
Refroidi par cet accueil des plus indifférents, Drago se dirigea vers le canapé sur lequel il se laissa tomber, bientôt rejoint par son ami.
– Et on peut savoir ce que tu fais ? interrogea le blond avec amertume. Ça doit être important pour que tu ne bouges pas en oubliant de t'alimenter et ne remarquant pas notre absence !
– Je travaille sur un projet et j'ai presque fini, répondit-elle vaguement, déjà retournée à ses parchemins.
Drago ne la quittait pas des yeux, elle était désormais à quatre pattes, fouillant dans ses tonnes de documents, visiblement à la recherche de quelque chose de précis. Mais ce qu'il remarqua surtout, c'est que cette position était des plus évocatrice : penchée comme elle l'était, elle lui dévoilait une vue plongeante sur son décolleté et il remarqua avec plaisir qu'elle ne portait pas de soutien-gorge. Il n'avait plus qu'une hâte : que Blaise parte pour qu'ils puissent fêter dignement leurs retrouvailles. Il fut arraché de sa contemplation par une exclamation de Blaise.
– Hermione, c'est quoi ça ? demanda-t-il en tendant vers elle un parchemin qui traînait sur la table basse à leur arrivée.
– Qu'est-il écrit dessus ? l'interrogea la préfète sans s'arrêter d'écrire.
– « Relevé des soldes des comptes de Miss Hermione Granger », lut Blaise à voix haute.
– Eh bien tu as ta réponse. C'est le montant actuel de mes différents comptes de Gringotts.
– Mais tu as vu combien il y a de chiffres ? insista Blaise, attirant l'attention du blond qui lui arracha le document des mains avant d'hausser les sourcils de surprise.
– Oui… il faut croire que ça rapporte pas mal de devenir orpheline.
Cette réplique jeta un froid et les deux garçons se regardèrent. Il fallait qu'ils fassent quelque chose pour la sortir de sa léthargie. Mais avant qu'ils n'aient pu amorcer le moindre mouvement, Hermione poussa un petit cri qui les fit sursauter.
– J'ai réussi ! J'ai réussi ! J'ai enfin terminé !
– Terminé quoi ? lui demanda Blaise, qui s'inquiétait de plus en plus pour sa santé mentale.
– Mon projet ! J'ai trouvé la solution ! Bien sûr il faut encore que je le teste mais je suis presque sûre que ça marchera !
Elle avait un sourire rayonnant et de nouveau les garçons échangèrent un regard. Ce qu'Hermione remarqua.
– Je vous en dirai plus une fois que j'aurai ma confirmation, ne vous inquiétez pas vous saurez bientôt tout !
Emportée par son euphorie, elle se releva brusquement. Ce qui s'avérait être une mauvaise idée quand on a ni bougé, ni dormi depuis trois jours. Hermione vacilla dangereusement sur ses jambes mais Drago fut plus rapide et il la rattrapa avant qu'elle ne s'écrase au sol.
– Hermione, tu es inconsciente ! la gronda Blaise en les rejoignant. Mais je suis content de te revoir. Dray, je compte sur toi pour la mettre au lit, de force s'il le faut.
D'un même mouvement, ils regardèrent Hermione qui tenait plus du mort-vivant qu'autre chose.
– Même si je ne pense pas qu'elle t'opposera une forte résistance, ricana Blaise. Je vous laisse, je vais dormir. A demain.
Drago le suivit du regard et dès qu'il fut sorti, il le reporta sur la jeune fille qui était dans ses bras. S'il avait compté sur une incommensurable nuit de sexe, c'était raté : Hermione s'était endormie. Il soupira et la conduit dans sa propre chambre : elle serait capable de l'engueuler une fois réveillée pour être entré dans sa chambre sans son autorisation !
Il l'allongea sous les couvertures, se dévêtit pour se mettre en caleçon et la rejoignit dans le lit. Il la regarda un instant : c'est fou ce qu'elle pouvait être détendue quand elle dormait.
– Tu m'en devras une, Granger ! lui murmura-t-il à l'oreille avant de s'allonger et de s'endormir.
En se réveillant le lendemain, Hermione sentit un corps proche du sien. Elle se tourna pour découvrir la pâleur représentative des Malefoy. Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler les événements de la veille : leur retour, son aboutissement et puis le trou noir. Elle avait dû tomber de fatigue à cause de son travail intensif des derniers jours. Mais cela avait enfin fini par payer : elle avait trouvé ! Il ne lui restait plus qu'à faire les tests et elle serait fixée. Elle profiterait des derniers jours des vacances pour mettre ça sur pieds. C'était sans compter sur l'intervention d'un certain blond.
Drago était réveillé depuis quelques secondes quand il se tourna sur le côté pour voir son amante déjà bien éveillée et visiblement plongée dans ses pensées. Il ne put retenir un sourire : c'était tellement elle de réfléchir à peine levée. Elle était si désirable quand elle se mordillait la lèvre inférieure avec les sourcils légèrement froncés… Cette vision ainsi que sa condition d'homme eurent raison de lui et il se pencha vers la jeune fille pour l'embrasser dans le cou.
Hermione fut surprise mais ne le repoussa pas. Au contraire, elle l'encouragea en poussant un léger gémissement. Après tout, ils ne s'étaient pas vus depuis une semaine, même si elle ne s'en était pas vraiment rendu compte. Drago prit sa réaction pour une invitation et s'allongea sur elle pour peser de ton son poids sur ce corps si fragile qui lui avait tant manqué.
– Quel réveil, remarqua-t-elle entre deux gémissements.
– Il faut bien que j'en profite tant que je peux, s'expliqua le blond en descendant ses baisers vers sa poitrine. Dès qu'on sortira d'ici, il faudra reprendre nos distances et j'ai besoin d'être satisfait si je veux tenir…
Ces mots refroidirent immédiatement Hermione, qui se raidit. Elle repoussa Drago et se leva prestement du lit pour mettre le plus d'espace possible entre eux. Surpris, Drago se glissa sur le dos et la fixa avec incompréhension.
– Tu peux m'expliquer ce qu'il te prend exactement ?
– J'en ai marre, ça ne peut plus durer comme ça.
– Mais de quoi tu parles ?! s'énerva-t-il devant son attitude et ses paroles : elle venait de le laisser sur sa faim et disait des choses sans queue ni tête.
– Je parle de cet accord entre nous ! s'emballa la jeune fille qui n'appréciait que moyennement qu'il se permette de lui crier dessus ainsi. J'en ai assez de ce petit jeu : on fait semblant devant les autres, on s'insulte et on garde nos distances alors que dès qu'on est seul on s'envoie en l'air comme des lapins !
– On s'insulte également en privé… répliqua-t-il malicieusement.
– Ne joue pas au con, tu vois très bien ce que je veux dire !
– ET QUOI ? Qu'est-ce que tu veux exactement ? Qu'on arrête tout ? Je croyais que ce compromis te satisfaisait !
– Mais c'est le cas, approuva Hermione d'une voix plus douce.
Drago ne comprenait plus où elle voulait en venir. Si elle aimait ce qu'il y avait entre eux, pourquoi vouloir tout changer ? Pourquoi cette réaction quand il lui a parlé de prendre leur distance…
– Tu… tu veux qu'on s'affiche ensemble ? Comme un couple ?!
Le silence d'Hermione valait tous les mots du monde. Drago était effaré. Mais pourquoi diable vouloir une telle chose ? Ils étaient si bien comme ça ! Et l'évidence le frappa de plein fouet comme un cognard lancé à pleine vitesse.
– Granger, es-tu en train de me dire que tu es tombée amoureuse de moi ?
– Hein ? N'importe quoi ! s'insurgea la brune. Il n'est pas question de sentiments ou quoi que ce soit d'autre ! C'est juste que ça me gonfle de devoir jouer la comédie, de me retenir de te sauter dessus devant tout le monde et surtout d'être traitée comme un vilain secret qu'il faut absolument dissimuler aux autres ! J'ai déjà suffisamment de problèmes à gérer comme ça !
– Ouais, tes petits secrets dont tu refuses de me parler !
– Exactement, approuva-t-elle sans se laisser démonter. Alors maintenant c'est à toi de voir : soit on arrête tout dès maintenant, soit tu te décides à assumer tes actes devant tout le monde et on forme un couple à part entière.
– Un couple ? ne put s'empêcher de répéter Drago avec une légère grimace.
– Ne vas pas te rendre malade en te faisant des idées ! Il n'est pas question de petits surnoms niais, de compliments vides de sens ou toutes autres bêtises. Non, il s'agit juste de pouvoir être tels que nous sommes en privé mais en public. A toi de voir, le souaffle est dans ton camp.
Après un dernier regard, elle entra dans la salle de bain pour se doucher et le laisser méditer à ses paroles. Il n'avait jamais envisagé l'idée d'être avec Granger au grand jour mais il devait bien avouer que l'idée de pouvoir l'embrasser et la faire sienne sans restrictions, n'importe où et n'importe quand dans Poudlard était assez séduisante. Et plus personne n'oserait s'approcher d'elle ou la regarder s'ils savaient qu'elle était à lui. Restait le problème de la réaction des élèves et professeurs. Il avait acquis un respect durement gagné en martyrisant et maltraitant les plus faibles et les inférieurs. Ne risquait-il pas de tout gâcher ainsi ? Mais en y pensant bien, avouer sa relation avec Granger serait une excellente couverture. Sans compter que ça ferait enrager Potter et Weasley, surtout Weasley… Cette idée le fit sourire.
Hermione avait passé la journée dans la salle sur demande à tester son nouveau sort. C'est avec un immense sentiment de satisfaction et fierté qu'elle arriva à la conclusion qu'elle avait réussi. Elle avait été capable de créer son propre sort. Ce qui était déjà énorme en soit, mais qui plus est, un sort capable de repérer toutes personnes dissimulées par un sort quelconque ou par un objet magique. Dans le cas qui l'intéressait : la cape d'invisibilité de Potter. Elle allait enfin pouvoir le mettre en échec.
C'est avec un énorme sourire qu'elle rejoignit le hall d'entrée où elle devait retrouver Blaise et Drago. En repensant à ce dernier, elle se demandait quel choix il avait fait. Elle espérait secrètement qu'il ne voudrait pas mettre fin à leur « histoire » car elle la trouvait des plus épiques. Ça faisait tellement romanesque ! Le suspense prit fin lorsqu'elle vit les deux garçons arriver vers elle. Ils étaient silencieux et semblaient des plus sérieux. Hermione perdit vite son sourire et sentit son cœur battre la chamade. Elle se trouvait ridicule de réagir de cette façon mais elle n'avait plus aucun contrôle sur ses réactions. Elle inspira un grand coup quand ils ne furent plus qu'à un mètre d'elle. Ils s'arrêtèrent devant elle et le blond ne fit aucun mouvement vers elle. Au fond d'elle, Hermione sentit la déception grandir mais elle fit tout pour le cacher : hors de question de perdre la face devant Malefoy ! Après tout, tout est une question d'apparence ! Elle leur fit un léger sourire et commença à avancer vers la Grande Salle, s'attendant à ce qu'ils la suivent. Tout s'enchaîna alors très vite.
Elle sentit une main se saisir de la sienne et la faire pivoter. Alors qu'elle se retrouvait face à celui qui était désormais son ex-amant, elle le vit regarder par-dessus son épaule avant qu'il ne la renverse en arrière pour finir par lui donner un baiser digne des plus grands films du cinéma. Surprise mais ravie, Hermione répondit à son baiser avec fougue en s'accrochant fermement à son cou. Après ce qu'il lui semblait être une éternité, Drago se recula et la releva tout en la fixant avec un petit sourire satisfait.
– Je croyais t'avoir dit qu'il n'était pas utile de faire dans le niais, lui fit-elle remarquer avec amusement.
– N'y prend pas trop goût, Amour ! C'était juste pour tester.
– Amour ? répéta-t-elle avec un haussement de sourcil.
– Je trouve que cela te qualifie très bien, surtout envers moi : douce, calme, aimante…
Hermione ne put retenir un rire de s'échapper de ses lèvres devant l'ironie de ses paroles. Elle n'aurait pu imaginer une meilleure tournure. Elle fut stoppée par une exclamation provenant de derrière elle.
– Non ! Dites-moi que ce n'est pas vrai !
Elle se retourna pour voir Neville accompagné de Ron, Harry était une fois de plus aux abonnés absents. C'était Ronald qui, affligé par le spectacle qui venait de se dérouler sous leurs yeux, avait poussé une exclamation d'horreur. Hermione se retourna vers Drago et lui lança un faux regard accusateur.
– Tu l'as fait exprès n'est-ce pas ?
Pour toute réponse, il lui adressa un double haussement de sourcil qui eut le don d'exciter Hermione avant qu'elle ne soit de nouveau interpellée par son ancien ami.
– Hermione, fais quelque chose ! Tu réalises ce que tu es en train de faire, là ? C'est Malefoy ! Le mal incarné ! Reviens sur terre… reviens nous ! la supplia-t-il.
Elle l'observa un moment, puis Drago et une nouvelle fois Ron. Elle s'éloigna alors petit à petit de Drago et s'approcha de Ron.
Lorsqu'il voulut la prendre dans ses bras, elle recula et explosa de rire. Ron ne comprenant rien, l'interrogea du regard.
– Voyons, Weasley ! Tu croyais vraiment que j'allais te sauter au cou comme ça, comme si de rien n'était ? Mais qu'est-ce que tu croyais : qu'après tout ce qui s'est passé, j'allais vous pardonner et revenir vers vous ? Mais comment pensais-tu que ça allait se finir ? Qu'Harry, toi et moi on reformerait notre Trio et qu'avec le temps on finirait ensemble, toi et moi ? Dans quel monde vis-tu ? La vie n'est pas un conte de fée, il serait temps que tu te réveilles et que tu ouvres les yeux.
Elle lui tourna le dos et repartit vers Drago, qui à présent souriait. Il attira vers elle son visage, afin de l'embrasser d'une façon très peu correcte. Ron n'avait toujours pas bougé, trop choqué pour effectuer le moindre mouvement. Lorsque Drago et Hermione arrêtèrent leur baiser, ils jetèrent un regard à Ron et rirent de plus belle.
– Tu as dit quelque chose, Weasley ? demanda Drago en se détournant d'Hermione. Je n'ai pas entendu.
Ron se contenta de répéter un peu plus fort :
– Tu ne la connais pas, tu ne sais rien d'elle.
Hermione voulut répliquer mais Drago l'en empêcha. Il se dirigea alors à pas lents vers Ron. Neville tressaillit à l'idée qu'une bagarre éclate entre eux deux, mais ne fit rien : ils étaient en infériorité numérique et il était toujours autant effrayé par le blond. Cependant Drago ne frappa pas Ron mais lui fit bien pire. A mi-voix, pour que seuls lui, Ron et Hermione entendent ce qui suivrait, dit :
– Oh que si je la connais, et je sais tout d'elle. Je sais qu'elle a un tatouage dont tu ne dois même pas connaître l'existence je sais qu'elle aime danser et d'ailleurs bouge son corps comme personne je sais qu'elle adore que je l'embrasse dans le cou je sais qu'au moment de jouir quand je lui fais l'amour elle se mord la lèvre inférieure je sais qu'en ce moment même elle porte une culotte rouge en dentelle mais pas de soutien de gorge et je sais également que tu l'aimes. Mais dis-toi bien une chose, Weasley, s'il faut que tu retiennes une seule chose, c'est que je sais que jamais elle ne t'aimera parce qu'elle est à moi !
Sur ce, il fit demi-tour, embrassa une nouvelle fois Hermione et lui attrapa la taille pour aller vers la Grande Salle quand Ron interpella une dernière fois Hermione.
– C'est pour l'argent, hein ? Tu restes avec lui simplement pour son argent, parce qu'il est riche ! Ça expliquerait tout.
Hermione se figea avant de se tourner lentement vers lui.
– Alors c'est ce que tu penses de moi : tu crois vraiment que je suis une fille vénale ? Et après tu oses encore te dire mon ami ? Tu n'as rien compris ! Ce n'est pas une histoire d'argent, mais de personnalité. Et ça tu le saurais si tu en avais.
Et sans attendre une éventuelle réaction, ils se détournèrent de lui et rentrèrent dans la Grande Salle. A peine venaient-ils de mettre un pied dans la salle que tous les regards se tournèrent vers eux et les conversations cessèrent. Habitué à être le centre d'attention, Drago n'y prêta aucune importance et se dirigea vers la table des Serpentard, tenant toujours la jeune fille de façon possessive.
Hermione devinait aisément les regards hostiles d'environ les trois quarts des élèves présents, toutes maisons confondues. Elle remarqua l'absence de Potter et Dumbledore, leur présence aurait pu pimenter les choses. Chez les rouge et or, seule Parvati semblait surprise mais ravie pour son amie tandis que Pansy et Goyle accueillaient la préfète-en-chef avec un sourire ou neutralité. Cependant un seul regard de l'héritier Malefoy dissuada rapidement ses camarades de maison d'émettre la moindre objection. Hermione intercepta cependant le regard débordant de haine d'Astoria Grengrass. Non, cette histoire n'était pas finie.
