Hello mina-san ! C'est bientôt la rentrée pour ma part, j'espère que vous avez bien profité de vos vacances :) Merci pour les reviews et les nouveaux favs/follows, n'hésitez pas à poster des reviews pour donner votre avis !

Les chapitres qui vont suivre seront des chapitres de "transitions", avec un peu moins d'action que d'habitude, mais elle va vite revenir ;)

RaR :

Luxie : Ray arrive bientôt aha, merci de ta review !

Disclaimer : Merci Oda pour One Piece !

Enjoy !


ARC 3 : VESTIGES DU PASSÉ

Chapitre 19 : Coup de poker et retrouvailles

Sept mois plus tard, Shin Sekai, Risky Red…

« Marco, attend-moi ! »

Clara courait derrière Marco, qui la semait aisément avec ses grandes enjambées.

« N'oublie pas que je fais un mètre soixante-cinq ! Avec tes grandes jambes là, je dois courir !

- Tu n'as qu'à grandir un peu, on n'a pas de temps à perdre. »

La jeune femme fulminait, mais ne broncha pas. Étant donné qu'aucune Division ne devait se rendre près de l'entrée du Nouveau Monde, Marco avait gentiment accepté de la conduire sur Sabaody grâce à sa forme de Phoenix. Ils n'auraient qu'à passer par-dessus RedLine et ainsi éviter de faire le trajet par l'île des Hommes-Poissons. Elle ne pouvait pas reprocher à Marco d'être pressé, ils n'avaient pas à faire traîner le voyage.

« Nous devons vite trouver une auberge avant la nuit. »

Elle le rattrapa bientôt, et lorsqu'elle arriva à sa hauteur, il l'attira à lui en lui empoignant l'avant-bras, la gardant à une distance assez proche.

« Marco, tu n'as pas besoin de me tenir comme ça, je ne vais pas me volatiliser… Souffla-t-elle en fronçant les sourcils.

- Risky Red est une des trois îles que pointe le log pose à l'arrivée dans le Shin Sekai. Il y a sur cette île des centaines de pirates arrivant chaque jour, et je ne compte pas les chasseurs de primes.

- Je sais me défendre ! Tu as cru que je faisais comment, sur Sabaody ?

- Je crois que tu ne te rends pas compte de celle que tu es devenue. Tu n'es plus la jeune fille timide et froide que j'ai connue il y a presque deux ans. »

Marco le sentait, Clara possédait l'aura d'une femme confiante et farouche. Et Davy Jones savait que les îles regorgeant de pirates n'étaient pas des endroits fréquentables.

« Tu n'as pas tort, mais ce n'est pas une raison pour me traiter de la sorte. S'il te plaît, Marco. Je déteste être une jeune femme en détresse.

- Je suis parfaitement conscient que tu sais te défendre et je ne t'ai jamais considéré comme tel, je veux juste éviter qu'un incident se produise. »

Elle soupira à nouveau.

« C'est bon, j'abandonne. »

Marco lui ébouriffa les cheveux, mais elle n'eut aucun problème pour les remettre en place, son carré long lui évitait les nœuds et autres problèmes.

« Nous arrivons à une auberge, fit Marco en désignant du doigt le bâtiment. Nous allons vite louer une chambre et dormir, je ne suis pas en état de faire le voyage de nuit.

- Dormir sur un dos n'est pas très agréable non plus, ajouta la pirate en riant de bon cœur.

- Mon dos est confortable, petite insolente ! »

La pichenette lui laissa une marque rouge au milieu du front, la faisant ressembler à une indienne. Elle retroussa son nez pour montrer qu'elle boudait et gonfla les joues légèrement tandis que Marco se grattait l'arête du nez.

« Toi et Ace avez beau avoir des caractères différents, vous êtes des gamins tous les deux…

- Les opposés s'attirent, comme on dit ! Sauf pour le dernier point, tu as tout à fait raison. Avoue quand même que nos blagues sont les meilleures !

- Je n'en dirais pas tant, tous les Commandants ont voulu votre peau au moins une fois.

- Mais c'était drôle ! » Se justifia-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine.

Le Premier Commandant leva les yeux au ciel, désespéré par l'attitude de la jeune femme.

« Avance au lieu de bavasser, ou nous n'aurons pas de chambre pour la nuit. »

Elle obéit sans rechigner, devança le pirate et marchant droit vers l'auberge des « Sept Shichibukai ». Original comme nom, surtout pour une auberge située en plein Nouveau Monde. « Les Quatre Yonkous » aurait été plus adapté. Clara rentra dans l'auberge, suivie de près par Marco. Elle avait une architecture lui rappelant les westerns, avec les petits battants en bois à l'entrée, son grand comptoir de bois clair et la scène de cabarets, sans parler des tables rondes où plusieurs hommes jouaient au poker ! Dès l'instant où ils dépassèrent le seuil, tous les regards se tournèrent vers eux. Deux pirates des Shirohige Kaizoku, ce n'était pas rien !

« C'est Marco le Phoenix ! Avec lui, ça ne serait pas cette tueuse de marchands d'esclaves ? »

Clara se raidit, Marco le sentit et lui pressa l'avant-bras pour la rassurer. Après tout, ils étaient en territoire ennemi, car non contrôlée par leurs flottes. La rousse n'avait pas peur, elle n'appréciait juste pas forcément que l'on parle d'elle dans ces termes peu élogieux.

« Nous aimerions une chambre pour la nuit. » Demanda la Premier Commandant à l'homme derrière le comptoir.

Ils s'étaient mis d'accord, hors de question d'être séparés pour dormir. Deux pirates de Barbe Blanche n'était pas un fait commun sur cette île du début de Shin Sekai, il leur fallait rester sur leurs gardes et prendre le plus de précautions possibles.

« Ça fera 100 000 Berrys pour deux personnes. »

Le Phoenix sortit à regret le lot de billet de sa poche, tandis que Clara alignait sa part sur le comptoir. Cinquante mille Berrys par personne, ça faisait cher la nuit pour un endroit aussi peu fréquentable.

« Vos clés. » Dit le gérant en leur tendant leur dû.

Derrière les deux pirates, les commentaires fusaient de tous les côtés.

« Marco le Phoenix se paye du bon temps à ce que je vois…

- Elle n'est pas trop mal, mais il a dû voir mieux, c'est sûr !

- Mouais, pas mon style, elle a un bon cul, mais presque pas de seins. » Finirent-ils avec des ricanements gras.

Clara fronça les sourcils en inspirant doucement.

« Marco, je vais faire un carnage.

- Laisse-les parler, ils n'ont que ça à faire… Ils feraient mieux de retourner dans le Paradis, ces bons à rien n'ont pas le niveau pour affronter les dangers du Nouveau Monde.

- Tu n'as pas tort. » Concéda la pirate de la Seizième.

Ils remercièrent l'homme avant de monter quatre à quatre les marches, cherchant leur chambre.

« Évidemment, c'est un lit double. Remarqua-t-elle en dodelinant de la tête.

- Ace va me tuer s'il l'apprend. » Rit Marco.

Clara lui sourit, amusé, avant de s'effondrer comme une masse sur le lit.

« Je vais me doucher, si tu descends, ne déclenche pas de bagarre, compris ?

- Promis, papa. Je vais aller renflouer mes caisses, je suis à sec. Je vais aller plumer ces idiots au poker. Je ne remercierai jamais assez Thatch et Curiel de m'avoir appris leurs techniques suprêmes aux jeux de cartes ! »

Marco rit franchement tandis que Clara levait le menton d'un air fier. Elle adressa un signe de la main à son compagnon de voyage lorsqu'il disparut avec ses affaires de rechange dans la salle de bain. Dès qu'il referma la porte, Clara sauta sur ses jambes, s'attacha les cheveux en un petit chignon haut et troqua son débardeur contre un t-shirt blanc de la marque Criminal, plus décontracté. Elle s'empara de sa bourse avec les quelques billets de dix mille restants et sortit en trombe de la chambre, sans oublier de refermer derrière elle. Le couloir était sombre, seulement éclairé par quelques lanternes. La nuit tombait déjà, couvrant la ville et l'île entière d'une fine couche de brume.

Elle descendit rapidement, attirée par le son d'un piano et d'une voix envoûtante. Toutes les tables étaient remplies, certains hommes s'étaient rapprochés de la scène pour mieux reluquer la chanteuse. Clara la trouvait courageuse, faire un travail pareil dans un tel endroit serait pour elle impossible ! Tous admiraient les courbes généreuses de la femme, ne se privant pas pour la siffler lorsqu'elle effectuait un mouvement un peu plus sexy et enjôleur que les autres.

S'arrêtant dans sa contemplation, Clara se dirigea vers une table où un siège était encore vide, et s'y installa sous les regards interrogatifs des hommes présents.

« Qui t'a autorisé à t'asseoir, gamine ?

- Gol D. Roger ? » Ironisa-t-elle en s'appuyant sur ses coudes.

L'un des hommes chuchota quelque chose à un comparse. Ce dernier hocha la tête tandis que la rouquine haussait un sourcil. S'ils croyaient lui faire peur, c'était raté !

« Poker ? » Demanda Clara en laissant glisser son regard sur le jeu de carte.

Elle appréciait le poker. Dans ce jeu, il fallait oublier la vérité pour détrôner les autres : le bluff en était une partie intégrante et impossible à renier, tout reposait sur la capacité du joueur à tromper les autres.

« Tu parais bien confiante... »

Elle lui adressa un sourire déterminé. Elle se rappelait d'une phrase que lui avait dit Curiel : « La table de poker est comme un miroir. Si tu as peur il te rendra ta peur et t'apportera l'échec, mais si tu es confiante, il te renverra cette confiance et tu gagneras. » (1) Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait perdu tout son argent, raflé par le maître du jeu qu'était Curiel. Il ne pouvait qu'avoir raison !

« Commençons, j'aimerai aller me coucher rapidement.

- Tu veux plutôt dire, coucher avec le Phoenix, hein ? Lui demanda grossièrement l'un des hommes attablés.

- Comme tu le dis, je ne couche pas avec le Commandant Marco-sama. D'ailleurs j'espère pour toi qu'il ne t'a pas entendu, son ouïe est incroyablement développée. »

Sa mise en garde avait fait son effet, l'homme l'ayant interpellé plongea le nez dans ses cartes, penaud. Satisfaite, elle se saisit de son jeu, prête à plumer tous ces idiots, un sourire carnassier aux lèvres.


Une demi-heure que je me fais fusiller du regard par cinq abrutis un peu trop imbus d'eux-mêmes. Je les ai bien essorés, ils sont de piètres joueurs. Même Zakuro, totalement nul au poker, pourrait facilement remporter les mises, c'est pour dire ! Heureusement, pour combler mon ennui, la chanteuse de cabaret se produit toujours, enchaînant morceau sur morceau.

« Never know how much I love you

Never know how much I care...

When you put your arms around me

I get a fever that's so hard to bear !

You give me fever, you give me fever when you kiss me

Fever when you hold me tight, you give me fever !

Fever... in the mornin'

Fever all throught the night »

Elle esquisse un déhanché parfait, laissant entrevoir la naissance de son porte jarretelle en dentelle noire. Elle replace gracieusement sa cascade de cheveux blond vénitien sur le côté tout en roulant sensuellement du bassin, se mouvant avec grâce sur ses hauts talons, dans son élément avec sa longue robe rouge de diva. Exactement le type de femme que je ne serai jamais.

« Sun lights up the daytime

Moon lights up the night

I light up when you call my name

'cause I know you're gonna treat me right !

You give me fever, fever when you kiss me

Fever when you hold me tight, you give me fever !

Fever... in the mornin'

Fever all through the night

Everybody's got the fever

That is somethin' you all know…

Fever isn't such a new thing

Fever started long time ago ! »

Je reporte mon attention sur mes adversaires, ils ont les traits tirés malgré leur effort pour le dissimuler.

C'est dommage pour eux, je perçois leur peur et leur frustration, ce qui me permet de savoir lorsqu'ils bluffent, car ils ne se sentent à l'intérieur pas confiants. Ainsi, je mène le jeu depuis le début, m'amusant à leur soutirer tous leurs Berrys. J'ai pour l'instant remporté la somme que Marco et moi avons dépensé, mais il leur reste encore de l'argent qu'ils vont à coup sûr miser. Pourquoi le feraient-ils ? Leur égo, bien évidemment ! Se faire battre par une femme au poker, dans un environnement de pirates misogynes, ça fait mal à leur fierté. Et moi, je jubile.

« Dernière manche ? » Demandais-je avec un air malicieux.

Je suis certaine de remporter tout leur argent, grâce aux astuces que Thatch et Curiel m'ont appris. Ce n'est pas de la triche, juste des moyens pour s'assurer un bon jeu. La manière dont le jeu est mélangé et distribué, par exemple.

L'homme en bout de table mise tout ce qu'il lui reste, un rictus défigurant son visage. Le deuxième homme mise à son tour, ainsi que le troisième. Le quatrième se couche, le suivant aussi, puis vient mon tour. Je mise tout ce que j'ai. Pari risqué, mais gagnant. Les deux qui ont misé leurs dernières économies bluffent, je le sais. Les mains moites, le nez qui se retrousse, l'œil qui tique. Il y a des signes qui ne trompent pas. Merci Curiel et Thatch pour les tuyaux ! Le tour d'enchère terminé, le premier à miser se dévoile.

« Paire... »

Le deuxième s'aligne :

« Brelan ! »

Je remercie intérieurement les deux Commandants et bénis mon jeu. Les cinq as de pique qui me font face emportent mes pensées vers Ace. J'ai l'impression qu'il est à mes côtés.

«Baby, turn on your love light, yeah, yeah

Let it shine on me… !

Well, baby, turn on your love light, yeah, yeah

And let it shine on me !

Well, just a little bit higher…

And just a little bit brighter, baby !

Oh… You give me fever, you give me fever

You give me fever, you give me fever…

What a lovely way to burn…

What a lovely way to burn

What a lovely way to burn, oh

What a lovely way to burn... » (2)

Une salve d'applaudissements et de sifflements retentit dans la salle. La chanteuse s'incline pour remercier le public, attrapant à la volée une rose lancée par un admirateur, puis disparaissant derrière le rideau de velours à l'arrière de la scène.

« Flush !

- Par Davy Jones, mais comment est-ce possible ?!

- Vos anciens adversaires devaient être bien médiocres… Remerciez pour moi le Quatrième et le Dixième Commandant de Barbe Blanche ! »

Je fais glisser jusqu'à moi tous leurs billets, sentant leurs regards perçants me brûler.

« Bonne nuit ! Fis-je en me levant, rangeant mon butin dans ma bourse.

- Sale pirate ! Tu as triché, c'est certain !

- Moi ? Relevais-je avec innocence. Vous êtes mauvais, c'est tout. Si vous avez des comptes à rendre, demandez à Davy Jones. »

Ils fulminent, l'un d'eux frappe du poing sur la table tandis que les quatre autres tentent de le calmer. Je m'éclipse rapidement avant que la situation ne s'envenime.

« Marco ! »

J'ouvre la porte à la volée et lui lance ma bourse, qu'il attrape facilement sans même lever la tête de son livre de chevet.

« Combien ? Demande-t-il avec un sourire amusé.

- En tout, deux fois ce que nous avons dépensé pour dormir ici.

- Pas mal, Thatch et Curiel sont de bons professeurs !

- Je ne te le fais pas dire ! Qu'est-ce que tu lis ?

- Rien de spécial, il était sur le guéridon, c'est une série de livre connus par chez nous : « Brag Men ». C'est une réédition, l'original a dû brûler dans la bibliothèque d'Ohara.

- Oh, je vois. »

Il replonge le nez dans le livre tout me rendant ma bourse.

« À quelle heure on se lève demain matin ?

- Tôt, nous devons passer RedLine avant que le soleil ne se lève, afin d'attirer le moins l'attention.

- Compris. Je vais prendre une douche et après au lit. Terminais-je en prenant un simple débardeur et un short pour la nuit dans mon sac à dos.

- Ne traîne pas trop, la journée qui nous attend sera longue. »


Au petit matin, une lumière vacillante me fait sortir de ma léthargie. J'entrouvre difficilement mes yeux, je n'ai pas fini mes heures de sommeil ! Marco a ouvert les volets de la petite chambre, une douce lumière orange filtre à travers les vitres.

« Oi, lève-toi, marmotte. Il est déjà cinq heures.

- Comment ça, « déjà cinq heures » ?

- J'ai dit debout, Clara. »

Je grogne en retirant la couverture avant de glisser mes pieds sur le sol. Je m'étire tout en lorgnant sur Marco. Il est torse nu comme à son habitude, les cheveux ébouriffés, le regard ensommeillé. Marco est un bel homme, il doit faire des ravages auprès des femmes. Je me demande s'il a déjà vécu une histoire d'amour. Sûrement, mais j'aurai aimé connaître la femme en question. Pour réussir à faire tomber ce piaf, il en faut beaucoup.

Je souris tendrement tout en saisissant des vêtements de rechange. Je me dirige vers la petite salle de bain et me plante devant le miroir pour me rafraîchir un peu. Je troque mes affaires de nuit pour un jean slim noir et le même haut blanc qu'hier soir, il est décolleté dans le dos, ce qui laisse l'emblème de Père bien voyante sur le haut de mon dos. Mon carré le recouvre à moitié, mais on distingue la fin du tatouage. Je roule entre mes doigts la perle d'aigue-marine. Depuis que Joanne me l'a offerte, elle ne me quitte plus. Comme elle l'a dit, c'est une pierre qui protège les marins, alors je la garde au creux de mon cou, dans l'espoir qu'elle me porte chance. Je laisse la perle tomber sur ma peau tout en dévisageant mon reflet. Je ne peux m'empêcher de le regarder plus lentement que d'habitude. Mes traits de visage se sont affinés et j'ai pris quelques centimètres. J'ai recoupé mes cheveux avant de partir, ils m'arrivent jusqu'aux épaules, c'est la longueur idéale. Mon corps quant à lui s'est encore tonifié grâce aux entraînements.

« Il n'y a que ma poitrine qui ne grossit pas, par Davy Jones ! Jurais-je.

- Oi, Clara ! Tu te dépêches, oui ? »

Je grommelle des insultes tout en finissant de m'apprêter avant de retrouver Marco. Il est déjà sur le seuil de la porte, prêt à partir, avec son sac sur le dos. J'attrape le mien à la volée, puis nous partons en silence dans la brume matinale. L'homme à la réception somnole, nous sortons de l'auberge à pas feutrés pour ne pas le réveiller, déposant devant lui les deux clés de notre chambre. Marco prend directement la tangente, marchant d'un pas rapide jusqu'à l'entrée du port. Il repère au loin une petite falaise et me fait signe que nous allons partir depuis là-bas.

« D'où te vient cette habitude de te jeter dans le vide pour t'envoler ?

- Je ne le fais que lorsque j'ai quelqu'un sur le dos, oi. C'est un tic, si je puis dire. »

Lorsque nous avons quitté le Moby Dick, j'ai bien cru faire une crise cardiaque. Il m'a traîné sur la vigie la plus haute, m'a demandé de monter sur son dos, puis s'est tout simplement jeté dans le vide tout en se transformant en Phoenix. J'ai crié de tout mon soûl, il ne m'avait pas prévenu, le bougre ! Je suis maintenant habituée, nous avons fait une autre escale avant Risky Red. Mais la première fois, ça surprend !

« Ça fait peur la première fois, n'est-ce pas ? Demande-t-il avec un sourire aux lèvres.

- Ouais, carrément. Si tu avais vu ma tête… » Soufflais-je en retenant un rire.

Une fois arrivés au bord de la falaise, il retire son sac à dos et me le tend, avant de me pointer son dos sur le lequel je grimpe sans me poser de question. Je trime un peu avec son sac dans les bras, mais il ne peut pas le garder sous sa forme Zoan.

« C'est bon ?

- Tu peux y aller, Marco. »

Je ferme les yeux, sentant l'air me balayer le visage. Lorsque mes paupières s'ouvrent, nous volons. Les plumes de Marco sont douces et soyeuses, d'une chaleur apaisante. D'un mouvement d'aile, il capte un courant d'air et nous voilà partis. Sabaody nous attend !


Grand Line, Archipel Sabaody…

« Ray' ? »

Le Second de Roger froissa légèrement les mains sur son journal. Shakky lui offrit un regard interrogateur.

« Elle est de retour. Dit-il simplement.

- Tu oublies que j'utilise moi aussi le Haki, Rayleigh. »

L'homme rit soudainement, et quitta sa chaise pour aller enlacer son amante.

« Comment pourrais-je l'oublier ? Il t'a permis d'éviter Garp quand il te poursuivait. »

Il l'embrassa affectueusement sur le front, caressant son dos. L'ancienne pirate se lova un peu plus contre Rayleigh.

« Je suis contente que tu sois revenu.

- Je ne compte pas repartir de ci-tôt. Je dois enduire le Sunny et le protéger avant que les Mugiwaras ne reviennent. Luffy aura bientôt fini son entraînement, ce n'est qu'une question de temps. Il n'avait plus besoin de moi, il faut qu'il s'entraîne seul, maintenant qu'il maîtrise tout ce que je lui ai enseigné. Et puis je ne me fais pas de soucis pour lui, l'impératrice pirate se fera une joie de le déposer sur Sabaody dans cinq mois. »

Shakky se détacha de son compagnon et s'accouda au comptoir, allumant une nouvelle cigarette.

« Elle arrive avec Marco. Ils ne sont que tous les deux, cette fois.

- Marco a dû passer RedLine sous sa forme Zoan avec Clara sur le dos. Sourit Rayleigh.

- Certainement, une flotte d'un Commandant de Barbe Blanche ne passe pas inaperçue dans le Paradis, il n'est pas discret transformé en Phoenix, mais c'est tout de même plus acceptable, acquiesça la barmaid. J'ai hâte de voir quel genre de femme elle est devenue.

- Je me le demande aussi. Elle a certainement changé, ça fait bientôt deux ans.

- Quand on parle du loup, il montre le bout de sa queue. »

La porte du bar s'ouvrit dans un tintement familier de clochettes. Une tornade rousse fonça sur les deux pirates et les embrassa tour à tour sur les deux joues.

« Shakky, Rayleigh, ça faisait longtemps ! Je suis heureuse de vous revoir tous les deux ! Comment allez-vous ? Le mariage est toujours dans vos plans ? » Demanda la fameuse tornade rousse avec un air malicieux, la tête légèrement penchée vers le côté.

Les deux concernés n'eurent pas le temps de répliquer que Marco débarqua, serrant la main de Rayleigh et de Shakky.

« Vous voulez vous marier ? Rayleigh, moi qui aurait cru que tu resterais toute ta vie un coureur de jupon… Je me suis bien trompée ! Shakky, je te félicite d'avoir réussi l'exploit de le garder à tes côtés !

- C'est prévu en effet, mais chut… ! » Sourit l'ancienne pirate en offrant un doux regard à son futur mari.

Le Phoenix mit un doigt sur sa bouche comme pour prouver qu'il ne dirait rien, tandis que Clara sautillait, répétant qu'ils étaient « trop mignons tous les deux ».

« Calme-toi un peu, voyons ! » Gronda gentiment Marco.

Elle lui tira la langue en réponse sous les regards amusés des deux anciens pirates.

« Je vais vous la laisser à nouveau pour quelques temps. Prenez soin d'elle.

- Avant de partir, Marco, une partie d'échec, comme au bon vieux temps ?

- Avec plaisir, Rayleigh.

- Tu restes dormir là, ce soir ? Demanda Shakky.

- Merci pour la proposition, je vais me reposer un peu avant de repartir. Accepta Marco.

- Parfait, vous dormirez dans la chambre d'ami à l'étage. Ça ne vous dérange pas de dormir ensemble ?

- Pas de problème, Shakky-sama. Le lit est assez grand pour nous deux. Contra Clara en souriant légèrement, pas gênée par la situation.

- C'est réglé, alors ! Fit Rayleigh en tapant dans ses mains, invitant ensuite Marco à s'asseoir.

- Viens Clara, nous allons discuter. » Fit Shakky en soufflant une nouvelle taffe de fumée.

Tandis que les deux hommes s'attablaient autour d'un plateau d'échec, Shakky alla derrière le comptoir et sortit un verre, une paille, et commença à préparer une boisson pour Clara.

« Que deviens-tu, Clara ? J'ai vu que ta prime a augmenté… Mais autre chose a changé. »

Shakky sentit sur elle le regard brûlant de la jeune femme. Lorsqu'elle redressa la tête pour la regarder droit dans les yeux, elle y vit l'espace d'une seconde toute la détresse qu'elle ressentait.

« Clara, tout va bien ? »

La jeune femme avait les yeux dans le vide, comme si plus rien ne l'atteignait. Elle jouait avec la perle bleue de son collier ; Shakky, en bonne observatrice, l'apparenta à un tic de nervosité.

« C'est Ace qui t'a offert ce bijou ? Fit la barmaid en essayant de détourner la conversation.

- Non, c'est une jeune fille de Hand Island.

- Tu peux me dire ce qui cloche ?

- Doflamingo veut ma tête. » Lâcha Clara en plongeant le nez dans sa grenadine.

L'espace d'un instant, la compagne de Rayleigh la vit grimacer tandis qu'elle tournait la paille dans le liquide rouge d'un air distrait.

« Le Shichibukai ? Oh… Je crois avoir compris. Il n'a pas dû apprécier que tu t'en prennes à ses fournisseurs.

- Voilà le résultat. J'aurai mieux fait de ne jamais croiser le chemin de Peterman.

- Ce qui est fait est fait, Cla-chan. Edward ne laissera pas passer que quelqu'un s'en prenne à un de ses enfants, même s'il est question d'un Corsaire.

- Je le sais, mais je suis en train de devenir parano. Je suis partie plusieurs fois en mission ces mois-ci, et j'ai eu l'impression d'être épiée sur chaque île. Mon cerveau me joue des tours, car personne ne me suivait, absolument personne ! Il faut que je me calme, mais c'est compliqué lorsqu'une épée de Damoclès plane sur soi… Enfin bref, parlons d'autre chose, Shakky-sama. »

La noiraude observa longuement Clara. Elle avait changé. Beaucoup changé. Aussi bien physiquement que mentalement. Au premier regard, Shakky avait bien cru ne pas la reconnaître. Des cheveux plus courts, une peau plus bronzée à force de rester au soleil, quelques centimètres en plus, et surtout une allure bien plus élancée, digne d'une vraie combattante. Même sa poigne était plus forte, lorsqu'elle les avait serrés dans ses bras ! Surtout, elle sentait un véritable changement dans son attitude. Plus farouche, qui ne se laissait pas faire, mais confiante et calme lorsqu'il fallait réfléchir et prendre des décisions.

Marco interpella la jeune femme pour lui dire qu'il était en train de gagner, et celle-ci se tourna vivement, encourageant le Commandant. Shakky eut tout le loisir d'admirer l'emblème tatouée sur le haut de son dos.

« Tu as enfin l'emblème, je vois. Sourit-elle.

- Je suis fière de le porter !

- J'ai remarqué, Cla-chan. Comment ça se passe, avec Portgas-chan ?

- Très bien, Shakky-sama. »

Elle gloussa légèrement avant de porter la paille à ses lèvres.

« Je suis persuadée que vous formez un très beau couple. »

Le compliment fit sourire de toutes ses dents la jeune pirate.

« À quand est fixée la date du mariage, Shakky-sama ?

- Pas encore fixée. Répondit-elle évasivement.

- Si vous avez des enfants, je pourrais être marraine ? »

Une jolie bosse pour la demoiselle !

« Ne parle pas de ça, petite idiote ! À notre âge on ne fait plus d'enfants ! Aaah… Tu n'as pas tant changé que ça finalement, toujours à mettre le nez dans les affaires des autres. » Se lamenta Shakky en tirant une nouvelle taffe.

La mine faussement attristée de la plus jeune lui arracha un petit rire.

« Tu es devenue une vraie combattante, dis-moi. Je ressens quelque chose de nouveau en toi. Certaines personnes ont des auras étranges une fois qu'ils savent maîtriser le Haki, ce n'est pas ton cas.

- Il y aurait un bon et un mauvais Haki ? Il est vrai que je me suis beaucoup entraînée, mais il me reste de nombreuses choses à apprendre.

- Ce n'est pas le Haki qui est mauvais, mais la manière dont la personne s'en sert. Cela concerne surtout le Haki de l'Armement. Expliqua la barmaid. Rayleigh se fera un plaisir de t'apprendre de nouveaux tuyaux.

- Je comprends. Je ferai attention à ça, à l'avenir. J'espère bien, j'ai beaucoup de questions à lui poser.

- Je te fais confiance, Cla-chan. Il répondra à tes questions, je n'en doute pas. »

Shakky offrit son plus beau sourire à la rouquine. Clara ne s'en rendait peut-être pas compte, mais elle était du haut de ses vingt-et-un ans, devenue une vraie femme.


(1) : phrase trouvée sur internet, mais je n'ai plus la référence !

(2) : Fever de Peggy Lee


Comme précisé plus haut, un chapitre plus calme que d'habitude ^^ J'espère qu'il vous a plu, on se revoit bientôt pour un nouveau chapitre ! Le prochain sera le 50ème, ça passe vite ^^

Hug !

Date de sortie du prochain chapitre : 22/09/2018