Bonjour tout le monde,

C'est avec beaucoup de plaisir que je vous retrouver pour ce chapitre 48 tant attendu puisque le précédent a crée beaucoup d'émotions et de remous de votre côté ! J'adore quand vous êtes si enthousiasmes ! Je vous remercie pour tout vos commentaires, pour votre compréhension concernant les retards de ces dernières semaines (mon p'tit chat a déjà 5 semaines bon sang ! ) et pour vos encouragements et douces pensées pour nous. Je vous souhaite une bonne lecture et j'ai très hâte d'avoir vos réactions concernant ce chapitre !

Bonne lecture, Patmol25


L'incorrigible attraction

Chapitre 48

Quand Harry reprit conscience, une douleur vivace irradia de sa tempe droite et se propagea dans toute sa tête, provoquant un martèlement insupportable. Il cligna des yeux à plusieurs reprises mais la douleur le fit se courber en deux. Ce fut à ce moment là que Harry prit conscience qu'il était assis sur une chaise inconfortable. Où était-il ? Que s'était-il passé ? Son esprit était comme vide, seulement envahi par une douleur effroyable qui bloquait toutes pensées.

En serrant les dents pour retenir le flot de larmes menaçant de s'échapper de ses yeux, Harry releva la tête et observa autour de lui. Tout était sombre et l'absence de ses lunettes rendait son environnement encore plus confus. Tout en poussant un geignement douloureux, Harry voulut bouger mais il s'aperçut alors que ses bras étaient maintenus derrière le dossier de la chaise par une corde épaisse. Tout comme ses chevilles. Il était entièrement immobilisé. À la merci de ceux qui l'avaient attaché de la sorte.

Le premier choc passé, la peur s'éveilla en Harry et la douleur reflua pour le rendre de plus en plus alerte. À défaut de voir grand-chose autour de lui, il tendit l'oreille mais ses oreilles bourdonnaient désagréablement. Son souffle s'accéléra au moment où il réalisa la situation critique dans laquelle il se trouvait et son corps se mit à trembler avec force.

Ses souvenirs commencèrent à lui revenir mais tout était encore flou. Quelques images flashèrent dans son esprit. Ron, Neville, Hermione. La discothèque. Drago était là aussi. Il avait dansé. Beaucoup dansé. Wayne Hopkins. Un rencard. Il avait accepté un rencard avec l'étudiant en histoire. Il avait ensuite salué ses amis. Ou peut-être avait-il dansé encore un coup avant de partir. Il ne savait plus trop. Mais il était parti seul. La rue était déserte mais rien de bien étonnant puisqu'il avait marché quelques minutes pour atteindre le seul parking dans lequel il avait trouvé une place pour garer sa voiture.

Et…

Quelqu'un l'avait salué. Salut Potter. Oh merde. Et il s'était pris un rude coup à la tête, sûrement le côté droit s'il se fiait à la douleur particulièrement vivace à cet endroit. Un coup qui l'avait assommé, le laissant complètement démuni face à ses agresseurs. Qui étaient-ils ? Que lui voulaient-ils ? Et bon dieu, pourquoi était-il enfermé dans une pièce aussi sombre et ligoté à une chaise ?

Harry n'eut pas le temps de paniquer davantage car il entendit le martèlement métallique propre à l'ouverture d'une porte de garage ou de hangar résonner en écho dans l'espace. Il plissa les yeux dans l'espoir de voir quelque chose mais il put seulement entendre la porte se refermer, frappant contre le sol dans un bruit sourd. Une lumière à sa droite s'alluma et Harry ferma les yeux, ébloui par la source de lumière soudaine. Lorsque ses paupières se soulevèrent à nouveau, il sursauta mais ne put fuir le regard doré qui le fixait à quelques centimètres de lui.

« Besoin de lunettes, Potter ? »

La voix était rauque, grondante et menaçante. Harry tressaillit quand il distingua difficilement les deux mains de l'homme s'approcher de son visage et il se crispa par anticipation. Mais l'homme à la voix bourrue se contenta de poser ses lunettes sur son nez et soudain, tout devint net autour de lui.

La gorge sèche, Harry resta terrifié par la stature massive de l'homme qui s'éloigna de deux pas, l'observant avec un sourire cruel aux lèvres. C'était une armoire à glace, encore bien plus impressionnante que ne l'état Crabbe ou Goyle. Ses cheveux gris étaient tirés en arrière et une barbe de trois jours, de la même couleur, mangeait le bas de son visage. Il était vêtu d'un tee-shirt noir simple mais ses muscles étaient si impressionnants que Harry pouvait voir le tissu s'étirer sur ses pectoraux.

« Fenrir Greyback, » souffla Harry, devinant sans mal l'identité de son vis à vis.

« Enchanté, Harry Potter. Je suis heureux de faire enfin la connaissance de celui qui a fait chavirer le cœur de pierre de ce cher Tom Jedusor. »

Cette fois-ci, la voix de l'homme était presque amusée mais elle sembla encore plus effrayante pour Harry. Les dents du trafiquant de drogues étaient étrangement pointues, menaçantes. Des rires s'élevèrent derrière Greyback et Harry repéra pour la première fois la présence de deux autres hommes. Ils étaient eux aussi massifs mais ils avaient moins de prestance que leur chef.

« Navré de ne pas ressentir le même enthousiasme. »

Sa voix était sèche et son regard menaçant mais Harry ne se faisait guère d'illusion : il ne devait pas être bien impressionnant. Non seulement, il n'avait jamais été une montagne de muscles mais en plus de cela, il était dans une situation particulièrement délicate. Ainsi ligoté, il n'avait aucune chance de faire le poids face à Greyback et ses hommes.

« Vous avez essayé de me tuer. En février, » reprit Harry en fronçant les sourcils.

« Derrière ses airs de bourgeois coincé, Lucius a toujours eu d'incroyables réflexes, » souligna Fenrir en commençant à marcher lentement devant lui, se frottant les mains.

Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale en avisant les énormes mains au bout des bras longs et épais de l'homme. De sa place, Harry repéra les doigts jaunis par le tabac de Greyback et ses ongles noirs et pleins de crasse.

Profitant du bref silence, Harry tourna la tête, provoquant ainsi un pic de douleur qui manqua de lui arracher un gémissement, et observa la pièce dans laquelle il se trouvait. Si le bruit de l'ouverture de la porte coulissante lui avait d'abord fait penser à celle d'un garage, Harry devina qu'il s'agissait davantage d'un hangar. Tous les murs étaient en béton brut, comme le sol, et des fenêtres hautes, quasiment collées au plafond, rouillées et jaunies par le temps couraient tout le long du mur droit.

Maintenant qu'il pouvait voir un peu plus clair et plus loin de façon net, Harry nota qu'une vieille table en fer avec des chaises toutes aussi abîmées tenaient debout tant bien que mal dans le coin gauche de la pièce. Un frigo ronronnait tranquillement à côté d'une montagne de pneus, de boîtes à outils et de vieilles cagettes en bois. Un nouveau frisson le traversa en avisant les différentes chaînes suspendues au plafond et descendant jusqu'à moins d'un mètre du sol. Oh. Merde..

« Alors, c'est ici que tu te terres. Dans les bas-fonds de Londres, » lâcha Harry d'une voix volontairement méprisante.

« Je sais que Tom t'a habitué à plus de luxe, » renâcla Fenrir mais son amusement s'était fait la malle, ne laissant place qu'à un orage terrifiant dans ses yeux mordorés. « Mais parfois, être discret a du bon. Comme celui d'éviter la prison. »

« Vous ne pourrez pas toujours contourner les lois. Les choses finissent toujours par retrouver leur place. »

« Jedusor approuve t-il tes propos ? »

« Tom Jedusor et moi n'avons plus de contact. Je sais simplement qu'il m'a parlé de vous comme un bâtard frustré de voir son marché être piqué par la mafia. »

Sa voix s'était faite plus féroce tout comme son regard mais son attitude ne parvint qu'à arracher des grognements menaçants des deux hommes de Greyback. Celui-ci resta davantage impassible même s'il renifla avec dédain. Il se détourna de lui et Harry ne vit que son dos large avant que celui-ci ne fasse volte-face et que sa main ne se lève, le frappant avec violence à la joue gauche.

Le coup était si violent que la tête de Harry partit sur le côté au moment où la chaise tomba en arrière sous la force de la gifle. Harry poussa un cri peu flatteur quand il percuta le sol, complètement empêtré dans la chaise et sans possibilité de se relever. Quelques gouttes de sang perlèrent dans le coin de sa bouche et Harry comprit que la main de Greyback avait fendu sa lèvre. Un mélange de peur et de colère bouillonna en lui mais il demeura silencieux, affrontant malgré tout le regard mauvais de Fenrir qui le surplombait.

Tranquillement, l'homme s'agenouilla à ses côtés et des larmes d'humiliation brûlèrent les yeux de Harry. Il geignit entre sa mâchoire contractée et la poigne féroce de Greyback s'enroula autour de ses cheveux noirs. Son visage tiré en arrière et rapproché de celui du trafiquant, Harry ne put que rester immobile. L'haleine putride lui claqua le visage de plein fouet mais il ne parvint pas à reculer.

« Je l'avoue, Tom a été particulièrement brillant sur ce coup-là. Il est parvenu à prendre le contrôle de presque deux-tiers du marché de cocaïne que je gérais jusque là. C'était une belle prise et il a œuvré dur pour y parvenir, » reconnut Greyback d'une voix plus calme, comme s'il n'était pas en train de lui décrocher la moitié de son cuir chevelu. « J'ai toujours regretté que nous n'ayons pas pu travailler ensemble davantage. »

« Il paraît que vous n'étiez qu'un gros con incapable d'arrêter d'aboyer, » souffla courageusement Harry.

Ses yeux émeraude se remplirent de nouveau de larmes quand la poigne de Greyback se fit encore plus dure et qu'il parvint, par la simple tenue de sa masse de cheveux, à le soulever de quelques centimètres du sol. Sa joue gauche pulsait encore douloureusement comme un rappel brûlant du coup précédent.

« Je ne pouvais pas laisser Jedusor me voler une telle chose sans répliquer. Il devait s'y attendre. Et comme je sais que, même en prison, il est encore pété de thunes, que ses hommes gèrent sans souci sa petite organisation de merde, il ne me restait guère d'autres choix que de me tourner à nouveau vers toi. J'avais pourtant décidé de te laisser plutôt tranquille après t'avoir flanqué la peur de ta vie en février mais Tom m'a forcé à cela. Il est l'unique responsable de ce qui t'arrive. »

« On est plus ensemble, » répéta Harry entre ses dents serrées. « Tom en a rien à foutre de moi. »

« Ce n'est pas parce que sa condamnation a coupé court à votre idylle absurde que Jedusor n'a plus fais attention à toi, » répliqua Greyback en desserrant légèrement sa prise, le faisant retoucher le sol froid. « Tu es si naïf que c'est particulièrement rafraîchissant, Harry. Je n'ai plus l'habitude de côtoyer tant d'innocence. »

Sur ces mots, Greyback le lâcha complètement et Harry expira un grand coup, une nouvelle douleur se propageant dans sa tête déjà malmenée. L'homme se releva souplement et adressa un mouvement de tête à ses deux gorilles. Aussitôt, ceux-ci se précipitèrent vers lui et le relevèrent d'un geste brusque, reposant la chaise correctement au sol. Harry fut étourdi par le soudain mouvement et il laissa échapper un halètement.

« Jusqu'au mois de juin, tu étais constamment encadré d'un garde du corps. Cela était fort regrettable mais l'arrestation de Jedusor l'a forcé à revoir ta protection, » ajouta l'homme en passant une énorme main sur son visage recouvert de sueur. « Les flics n'ont jamais cessé de te tourner autour. Et puis, quand ils s'endormaient un peu sur leurs lauriers te concernant, des hommes de Jedusor prenaient le relais. »

Harry resta silencieux, tentant de lutter contre son mal de tête terrible. Certains mots de Greyback se confondaient mais il parvint à comprendre le message global de ces dernières paroles. Lucius, Narcissa et Severus avaient été assez honnêtes avec lui en lui confiant que la police gardait un œil sur lui même si James Potter faisait tout – encore une fois – pour détourner l'attention de lui. Et quand ce n'était pas le cas, effectivement, les deux gérants actuels de la mafia mettaient un ou deux hommes près de lui. Mais la soirée au club de la veille… Il n'avait pas pensé à en parler avec Narcissa. Ça s'était fait comme ça, en dernière minute et puis, il s'était senti bien moins en danger ces derniers temps. Qu'il avait été stupide et négligeant !

« Ça va se savoir. On va me rechercher, » dit Harry. « Mes parents vont s'inquiéter de ne pas me voir rentrer. »

« Oh bien sûr que ça va se savoir. Un de mes contacts à la prison central de Londres a glissé une lettre pour Jedusor dans le courrier. Il a sûrement dû déjà recevoir une petite photo de toi. »

« Il ne va pas vous laisser faire. Il va vous arrêter. »

« De sa cellule ? Je regrette tellement de ne pas avoir été présent pour voir sa tête au moment où il t'a vu ici, attaché et blessé. »

Là encore, des rires se déclenchèrent, comme si Greyback venait de raconter une blague particulièrement hilarante. La rage explosa dans la poitrine de Harry et il se tortilla dans tous les sens sur la chaise, le coeur au bord des lèvres. Quand allaient-ils se taire, bordel ?

« Fermez-là ! » hurla soudainement Harry, les yeux brûlants de larmes. « Tom va me venger. Vous allez mourir pour ça ! Il va vous tuer. »

Cette fois-ci, ce ne fut pas Greyback qui le frappa mais un de ces sous-fifres. Ce ne fut pas une gifle mais un coup de poing qui lui arracha un cri étouffé et les larmes jaillirent hors de ses yeux sans qu'il ne puisse se retenir.

« Je sais que tu possèdes une mine d'or d'informations concernant la mafia. Son quartier général, le nom de certains de ses membres, quelques uns de leurs biens cachés et qui ont échappé à la justice, ses amis proches et ses clients. »

« Je ne sais rien de toute cette merde, » souffla t-il en secouant la tête. « J'ai toujours refusé d'être mêlé à cette partie de la vie de Tom. »

« Te fous pas de ma gueule, Potter. Je suis certain que Jedusor n'a pas pu s'empêcher de se vanter auprès de toi de tout ce qu'il possède. Il est bien trop fier pour ne pas le faire. Il t'a même probablement baisé à l'intérieur de son bureau. »

Harry secoua la tête de droite à gauche alors même qu'un rire nerveux traversait ses lèvres. Bien sûr que Tom lui avait confié des informations, fait rencontrer – volontairement ou non, d'ailleurs – des personnes évoluant dans le même milieu que lui, montré les dessous du Club Serpentard, là où toutes les munitions et armes de la mafia se trouvaient, là où la police s'évanouirait de trouver tant de drogue, là où un mur entier du bureau de Tom était recouvert d'armes. Là où, effectivement, Tom l'avait pris jusqu'à lui en faire perdre la tête. Là où Tom lui avait dit, pour la toute première – et rare – fois je t'aime.

Si Greyback était parvenu à l'enlever, notamment pour le brandir comme un trophée sous le nez de Tom, l'homme espérait également récolter de lui une mine d'informations. Étant l'amant du patron de la mafia jusqu'à son arrestation, Fenrir s'attendait probablement à ce qu'il détienne des informations capitales qui pourraient l'aider à renverser définitivement la mafia malgré tout fragilisée par l'arrestation de Tom.

Mais Harry ne pouvait pas. Non, il ne pouvait pas trahir la confiance que Tom avait placé en lui en le mettant dans la confidence de différents éléments concernant la mafia. Si Harry se sentait toujours réticent face à cette organisation criminelle et tous ses actes, il ne pouvait pas trahir Tom. Surtout pas pour aider Fenrir Greyback. S'il avait tenu bon face à la police, il pouvait le faire ici. Mais quand une nouvelle gifle vint frapper son visage, Harry songea que le cartel de drogues de Greyback n'avait pas exactement les mêmes méthodes que la police pour le faire parler.

« Je n'sais rien, » cria Harry.

« La police a peut-être voulu le croire mais je ne peux pas croire que Tom t'aie gardé hors de tout ça. Alors dis-moi ! Donne-moi quelques informations et tout ira bien pour toi, Potter ! »

« Non ! Allez vous faire foutre. »

Un glapissement lui échappa au moment où l'un des gorilles de Greyback mit un coup de pied dans un des pieds de la chaise et le fit chuter au sol. Sa tête tomba contre le béton et sa vue se brouilla l'espace de quelques instants. L'homme en profita pour le détacher et un fol espoir traversa Harry. Mais ce sentiment fondit vite quand cette fois-ci, le pied de l'homme entra en contact avec son abdomen.

À présent libre de ses mouvements, Harry se mit à quatre pattes pour ne pas rester bêtement recroquevillé sur le sol. S'il avait été libéré de la chaise, c'était pour faciliter la besogne de Greyback et de ses hommes – c'est à dire le frapper jusqu'à ce qu'il parle – mais Harry voulait croire que c'était son occasion pour partir de là. Ou du moins, pour tenter quelque chose.

« On sait que t'aimes bien te faire prendre comme ça, mon petit lion, mais patiente encore. Je suis sûr que quelques uns de mes collaborateurs voudront bien accéder à ta demande. »

Au sous-entendu plus qu'explicite de Greyback, Harry sentit une nouvelle terreur le gagner et son corps se recouvrit d'une couche de sueur. Non ! Pas ça. Tout mais pas ça. Il releva la tête pour rencontrer le regard mauvais et plein de haine du chef du cartel mais il ne put rien dire qu'un nouveau coup de pied dans les côtes l'envoya rouler à quelques pas de là.

La douleur explosa dans son estomac alors que les coups ne s'arrêtaient pas. Il se recroquevilla en position fœtale, ses bras s'enroulant autour de son ventre dans une faible tentative de se protéger. Les deux hommes s'étaient mis à le frapper et ses propres cris ne suffisaient pas à couvrir leurs voix et celle de Greyback qui tournaient autour de lui en lui crachant dessus des menaces, toutes plus horribles les unes que les autres.

« Parle ! »

« Dis-le ! »

« T'as besoin de te faire enculer pour parler ? »

« Où était-ce ? »

« Tu vas mourir Potter ! »

Les coups et les voix s'arrêtèrent brusquement, le laissant pantelant. Le soudain silence, après ce déferlement de violence, l'assaillit et ses oreilles se mirent à bourdonner avec violence. Harry demeura recroquevillé sur lui-même, le corps tremblant. Son mal de tête était encore plus terrible qu'à son réveil. Du sang coulait à flot de son nez et tombait le long de son visage et de son cou, tâchant ses vêtements. Il ignorait s'il pouvait encore bouger mais les forces lui manquaient pour essayer.

Greyback s'agenouilla une nouvelle fois à ses côtés. Étourdi, Harry se raidit néanmoins, s'attendant à une nouvelle slave de coups. Pourtant, l'homme ne fit rien de cela. Au contraire, il posa doucement sa main sur la joue droite déjà bleuie par les coups de Harry et la caressa doucement, arrachant un frisson de peur et dégoût au plus jeune.

« Tom… Tom va… Il va pas me laisser ici, » crachota difficilement Harry entre deux quintes de toux.

« Tom est en prison. S'il pouvait être dehors, il le serait déjà et il n'aurait jamais été condamné à vingt-six ans de prison, » rappela d'une voix calme Greyback comme s'il parlait à un jeune enfant. « Tu n'as qu'à nous dire tout ce que tu sais sur la mafia et nous te laisserons tranquille. Il ne t'arrivera rien. Tu seras sous notre protection. »

Alors que la douleur irradiait dans tout son corps, Harry se surprit à envisager cette offre. La tranquillité ? La protection ? Greyback avait raison et lui-même s'était forcé à se faire une raison, notamment depuis le mois d'août d'où remontait sa dernière entrevue à la prison : Tom était condamné à une longue peine de prison et il ne pouvait clairement pas lui apporter la sécurité nécessaire.

Mais Fenrir Greyback le pouvait n'est-ce pas ?

Si cela signifiait sortir de cet espèce de hangar froid et sombre, ne plus subir tous ces coups, Harry se devait d'envisager cette option au moins l'espace d'une seconde. S'il ne disait rien, Greyback allait finir par le tuer. Il allait ordonner à ses hommes de le rouer de coups jusqu'à ce que son cœur s'arrête. Ou bien, il allait s'emparer du flingue glissé dans son dos – entre son pantalon et son tee-shirt étroit – que Harry avait déjà repéré, lui poser sur le front et tirer. Ce qui le tuera net.

L'effroi grandit en lui à cette pensée et ses tremblements s'accentuèrent. De nouvelles larmes se formèrent dans ses yeux et il vit Fenrir lui adresser un sourire presque sincère mais particulièrement terrifiant avec ses dents pointues. La peur pulsait dans le creux de son ventre avec force – avec une violence que Harry n'avait jamais connu – et le jeune homme ouvrit difficilement la bouche et sa voix tremblante s'éleva dans le hangar silencieux.

« Mon père va venir. Il fera tout pour me retrouver. »

Le sourire de Greyback fondit et fut remplacé par une grimace affreuse. Sa main glissa le long de sa joue avant d'atteindre son cou. Les yeux élargis par la peur et la stupeur, Harry put à peine ramper sur quelques centimètres du sol avant que Greyback ne l'immobilise d'un genou appuyé contre son estomac puis ses doigts se serrèrent autour de son cou. Les énormes doigts de l'homme s'enfoncèrent dans sa trachée, lui coupant efficacement le souffle. Harry se mit à se tortiller avec toute l'énergie encore en lui.

Oh bordel de merde.

Il ne pouvait pas mourir ainsi. Il ne pouvait pas mourir ici. Étranglé par cet espèce de gros connard de Fenrir Greyback. Son père allait venir. Oui, James Potter n'allait pas laisser son fils entre les mains d'un des plus puissants trafiquants de drogues de la capitale londonienne. Harry ne pouvait pas croire que son père ne mette pas tout en œuvre pour le retrouver. Sirius aussi serait là. N'est-ce pas ? Son parrain non plus ne le laissera pas mourir de la sorte.

Sauf si Greyback le tuait avant.

Sauf si la police ne le trouvait pas.

Sauf si son entourage ne s'inquiétait pas avant plusieurs heures de sa disparition.

Sauf si Tom n'avait pas encore reçu la photo de Greyback.

Sauf si Tom ne disait rien à personne et le laissait aux mains de l'homme sans agir.

Sauf si Tom, emprisonné, n'avait aucun moyen d'action.

Sa vue se troubla alors que le souffle lui manquait de plus en plus. Il continua à se tortiller mais ses maigres forces – encore plus affaiblies qu'à l'accoutumée – ne pouvaient rien face à la puissance brute de Greyback. Ses mains parvinrent à voler jusqu'à celle de l'homme et il le griffa avec toute sa rage, tout son désespoir de vivre mais Greyback ne bougea pas d'un iota, ne réagissant pas aux marques rouges qui vinrent bientôt colorer sa main.

La panique de Harry se démultiplia quand un des gorilles attrapa ses jambes et les immobilisa pendant que son coéquipier enroulait une nouvelle corde autour de ses pieds. Se débattre fut encore plus difficile et des points blancs vinrent obscurcir sa vue une poignée de secondes. Ses bras furent soudain tordus en arrière puis ligotés par une corde là aussi. Greyback relâcha enfin son cou et Harry prit une grande inspiration, désespérant d'avaler une goulée d'air frais. Il s'écroula au sol, complètement ligoté et juste avant de sombrer une nouvelle fois dans l'inconscience, la voix rauque de son ravisseur résonna dans son esprit.

« Personne ne viendra Potter. Tu vas mourir ici avec nous si tu ne parles pas. Et je ferai parvenir une photo à ton père et à Jedusor. »


A bientôt :)