Dernier chapitre... Ça devenait compliqué de mener trois histoires de front. J'espère que cette fin vous plaira...

à bientôt


Chapitre 53.

Le lendemain, Neal décida de ne pas se rendre au tribunal. Il avait encore en mémoire l'épisode de la veille et il ressentait le besoin de passer une journée au calme avec sa famille. Il en profita pour passer du temps avec Emily. La petite fille était aux anges, son père était souvent très préoccupé mais ce jour-là, il riait avec elle et ils reprirent même leur petit rituel. Neal avait pris l'habitude, à chaque visite chez Alice et Thomas, de la prendre sur ses genoux et de l'aider à faire un dessin. Emily aimait particulièrement la peinture et cet après-midi là ils étaient tous les deux installés à la table de la cuisine, un pinceau à la main.

-À qui vas-tu offrir ce dessin?
-Piper...
-D'accord. Alors que' est-ce qu'on va dessiner pour Peter?
-Petit chien.
Neal sourit. Sa fille adorait Satchmo et l'animal le lui rendait bien. Il avait pris l'habitude de s'allonger au pieds de son lit toutes les nuits. Tous les matins, ils descendaient tous les deux dans la cuisine, le labrador suivant de près la petite fille, attentif à chacun de ses pas dans les escaliers.

Peter et Élisabeth observaient la scène d'un regard attendri. Peter, les bras autour de la taille de sa femme, les mains posées délicatement sur son ventre arrondi, savourait la quiétude de cette belle journée.
-Quel beau tableau...
-Tu as raison, chérie... Et en plus, je vais avoir un beau dessin.
-Oui, tu es un homme chanceux, mon chéri.
-J'en suis bien conscient.

Élisabeth se retourna pour faire face à son mari, les bras de celui-ci la tenant toujours fermement contre lui.
-As-tu parlé avec Neal de notre projet?
-Je pensais qu'on pourrait peut-être lui en parler ensemble.
-C'est l'occasion rêvée...
Peter sourit à la jeune femme dans ses bras. Elle avait dit elle-même qu'il était chanceux mais ça allait au-delà de la chance. Ils prirent place autour de la table et le sourire que Neal leur adressa leur réchauffa le cœur.

-Quel beau dessin...
-Pour Piper...
-C'est très gentil ma chérie... Je le mettrai dans mon bureau...
Emily lui offrit un radieux sourire et reprit son pinceau.

-Neal, Élisabeth et moi aimerions te parler de quelque chose.
Le regard du jeune homme se voilà d'un masque d'inquiétude.
-Je sais que la journée de demain ne va pas être facile pour toi mais j'aimerais qu'on pense à ce qu'on va faire ensuite...
Cette fois, Neal commençait à s'affoler et Élisabeth pouvait voir sa main droite se crisper sur le pinceau qu'il tenait. Elle s'avança vers lui et lui prit la main.

-Peter n'est pas très doué pour exposer les faits. On pourrait croire qu'en tant qu'enquêteur expérimenté il saurait aller droit au but mais non... Il bavarde...
Neal tenta de sourire. Élisabeth avait raison et même si leur attitude ne laissait pas penser qu'il s'agissait d'une mauvaise nouvelle, il ne pouvait s'empêcher d'appréhender la suite.

-Neal, on aimerait que tu nous aides à trouver une maison...
-Vous voulez déménager?
Peter reprit la parole. Il sentait l'angoisse que envahissait son ami.
-On risque de se retrouver un peu à l'étroit mais il y a une autre raison...
-Laquelle...?
Neal avait baissé les yeux feignant de s'intéresser aux traits de couleur que sa fille étalait sur la feuille.
-Neal, s'il te plait, regarde-moi.
Après quelques secondes, le jeune homme leva un regard humide vers Peter.

-Je suis désolé, Peter. Je vous aiderai avec plaisir...
Peter pouvait voir qu'il prenait sur lui pour ne pas éclater en sanglots.
-Il vous faudra un grand jardin pour installer une balançoire... Dans un coin tranquille où votre fils pourra faire du vélo...
Peter s'approcha encore et posa une main sur la joue de son amant.

-Je n'ai pas fini ma phrase... Il y a une autre raison... Cette maison n'est pas la tienne... J'aimerais qu'on choisisse ensemble notre future maison... Celle qui abritera notre famille...
-Tu veux dire...?
-Oh, Neal... Comment peux-tu penser que tu pourrais ne pas faire parti de nos projets...?
Peter connaissait la réponse. Les événements des dernières semaines avaient anéanti les fondements de la personnalité de son ami. Neal n'était plus le même homme, il était bien plus fragile, son insécurité resurgissait en permanence.

-Je pensais... Avec le bébé...
Élisabeth prit le relai de son mari.
-Neal, je n'envisage pas de renoncer à ce que nous avons commencé à construire ensemble. J'aime ces moments passés avec Emily... J'aime vous avoir tous les deux à la maison... Je pensais que cette situation serait difficile à gérer et je t'avoue qu'au départ j'ai eu peur d'être trop jalouse pour le supporter mais c'est le contraire qui s'est produit...
Neal était assez mal à l'aise. Élisabeth et lui n'avaient jamais vraiment parlé de leur nouvelle vie.

-Tu as changé nos vies, Neal. Et ce petit bout de chou a tout bouleversé. Mais le plus important c'est que je n'ai jamais vu Peter aussi heureux... Alors, je me battrai pour que ça fonctionne...
Neal ne pût retenir ses larmes plus longtemps. La main de Peter serrait la sienne.
-Baba...?
-Tout va bien, mon Ange.
Emily posa sa petite main sur sa joue, essuyant une larme. Ses sourcils froncés montraient son inquiétude. Peter la souleva et la prit dans ses bras.

-Qu'est-ce que tu dirais si on allait habiter dans une grande maison avec une jolie chambre, rien que pour toi... Un grand jardin et, papa a raison, il nous faudra aussi une balançoire...
Emily arborait un large sourire et Neal était persuadé que le mot balançoire n'y était pas pour rien.
-Je crois qu'Emily est d'accord... Et toi, qu'est-ce que tu en penses?
-Je pense que c'est une merveilleuse idée.

Peter se pencha et pour la première fois depuis qu'il lui avait avoué ses sentiments, il l'embrassa en présence de sa femme et de sa fille. Le jeune homme se recula vivement, soudain au bord de la panique... Élisabeth lui prit à nouveau la main.
-Tout va bien, Neal. Je ne veux pas que tu ressentes le besoin de cacher tes sentiments devant moi.
-Elisabeth... C'est pas bien... Je...
-Peux-tu répondre à une question... Qu'est-ce que tu ressens pour Peter?

Neal se sentit rougir mais il devait une réponse honnête à la jeune femme assise à côté de lui.
-Je l'aime... Crois-moi, j'ai essayé de le convaincre du contraire, j'ai essayé d'enterrer tout ça mais je ne peux pas nier cet amour...
-Et jamais je ne te demanderai de faire une telle chose. Je te promets une chose... Nous allons être heureux ensemble et personne ne viendra ternir ce bonheur.
Neal ferma les yeux et l'espace d'un instant il envisagea que ce bonheur soit réellement à sa portée. Et si Élisabeth avait raison... Il avait envie d'y croire, il voulait s'accrocher à cette idée mais tout en lui, lui hurlait qu'il n'avait pas droit à ce bonheur...

-Neal, ton père a tort... Tu as le droit d'être heureux... Il n'y a aucun mal à vouloir profiter des bons moments que la vie nous offre.
-Cette fois c'est toi qui lis dans mes pensées.
Peter s'avança à nouveau pour l'embrasser et il fut soulagé de voir le jeune homme accepter son étreinte. C'est le rire d'Emily qui les ramena à la réalité. La petite fille, toujours sur les genoux de Peter regardait les deux hommes, sa petite main posée sur sa bouche pour contenir son rire.

-Tu trouves ça drôle de voir papa et Peter s'embrasser...?
Emily hocha la tête en regardant Élisabeth.
-Tu as raison, ma chérie. Ils sont marrants tous les deux... Et si je t'aider à terminer ton dessin pendant que papa et Peter préparent le dîner...?

Les deux hommes s'exécutèrent et après seulement quelques minutes, une douce odeur envahissait la cuisine. Ils passèrent à table et discutèrent pendant de longues minutes du genre de demeure dont ils rêvaient. Emily s'était assoupie dans les bras de son père et elle ne protesta pas lorsque Peter la souleva pour la porter dans son lit. Neal le suivit et il fut ému de voir avec quelle tendresse il déposait la petite fille dans son lit et posait un léger baiser sur son front.

-Ça va?
-Oui, Peter. Tout va bien.
Peter poussa son fauteuil jusque dans le couloir.
-Alors pourquoi ces larmes?
-L'émotion... J'avoue que votre proposition, les mots d'Elisabeth m'ont un peu secoués.
-On a tout notre temps. Tu n'es pas obligé d'accepter immédiatement... Tu peux prendre le temps de réfléchir... On peut aussi envisager d'habiter pas trop loin pendant un certain temps... Si ça peut te permettre d'être plus à l'aise...

Neal sourit en entendant les propos un peu décousus de son ami.
-du calme, Agent Burke...
-Je suis très calme... Je veux juste éviter de te mettre la pression...
-Je sais, Peter et je t'en remercie...
-D'accord... Alors, on pourra en reparler plus tard... Après tout tu peux rester ici aussi longtemps que tu veux... Tu pourras aussi retourner à l'appartement avec Emily...
-Peter, tu recommences...

Debout au milieu du couloir, Peter se rendit compte qu'il s'était mis à marcher sans but pendant qu'il parlait à Neal. Il s'arrêta et se retourna vers le jeune homme.
-Quoi?
-Quand tu es nerveux, tu parles sans t'arrêter...
-Ah...
-Je n'ai pas de doute, Peter. Je veux qu'on vive ensemble... J'ai très envie de me battre, moi aussi, pour construire ce bonheur...

Peter sentit, immédiatement, son angoisse se dissiper. Il s'agenouilla devant Neal, prenant ses deux mains dans les siennes.
-Tu es sûr?
-Oui, Peter... Quand ce procès sera terminé, on pourra commencer à chercher notre maison. Ensuite on pourra s'atteler à la préparation de la chambre de ton fils...
-Toujours persuadé que ce sera un garçon...?
-Certain... Ne me demandes pas pourquoi, je ne saurais pas l'expliquer mais j'en suis certain...

Les amis passèrent les deux heures suivantes à sélectionner les quartiers où ils se voyaient bien vivre. Neal prit congé prétextant une soudaine fatigue.
-Peter, tu devrais rester avec lui cette nuit. Je crains que la perspective de son témoignage de demain ne l'empêche de dormir. Si tu es près de lui, il parviendra peut-être à se détendre.
Peter se leva, se pencha vers sa femme pour l'embrasser.
-Vous êtes une femme merveilleuse, Madame Burke.
La jeune femme sourit en regardant son mari s'éloigner, les mains posées sur son ventre.

Le lendemain matin, le petit déjeuner fut pris en silence. Toutes les personnes présentes pouvaient sentir la tension présente dans la pièce. Neal fut incapable d'avaler quoi que ce soit. Ses jambes s'agitaient sans cesse montrant sa nervosité. Il était convenu qu'ils retrouveraient l'avocat du jeune homme au tribunal.

Une nouvelle fois, June et Mozzie vinrent pour s'occuper d'Emily. Élisabeth et Daniel prirent place à l'arrière de la voiture pendant que Peter aidait Neal à s'installer dans le véhicule. Une fois arrivés au tribunal, ils pénétrèrent tous les quatre dans la petite salle où l'avocat devait les retrouver. Celui-ci passa, à nouveau en revue la liste des questions prévues avant de les inviter à prendre place dans la salle d'audience.

La séance du jour débuta par l'audition d'un expert psychiatre. Neal devait être appelé après le témoignage du médecin. En attendant son tour, il manipulait nerveusement sa cravate. Peter lui prit la main.
-N'oublie pas... Si quelque chose ne va pas, tu n'as qu'un mot à dire...
Neal hocha la tête et tenta de sourire.

-J'appelle à la barre, Monsieur Neal Caffrey.
Le jeune homme sursauta et mît quelques secondes à réaliser que c'était lui qu'on appelait. Il saisit ses béquilles et se leva lentement. Il prit une profonde inspiration avant de s'avancer vers la barre des témoins. Sa démarche était laborieuse et il pouvait sentir la douleur dans chacun de ses muscles. Mais il tint bon et parvint sans encombres à s'asseoir sur la chaise positionnée à la gauche du juge. En levant les yeux vers la salle, il croisa le regard de Peter et son cœur fit un bond dans sa poitrine en voyant le sourire fier que celui-ci arborait.

Après les premiers questions concernant son identité et son parcours "professionnel", l'avocat aborda les événements les ayant conduit devant cette cour.
-Quels sont vos liens avec les accusés?
-L'un des accusés, James Bennett est mon père.
-Pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé? Comment cette affaire a commencé?

Neal raconta comment, après l'emprisonnement de Peter, il avait été contacté par Curtis Hagen et comment celui-ci avait monté un guet-apens afin de se venger de lui.
-C'est pour vous nuire que Curtis Hagen a placé vos empreintes sur l'arme ayant servie au meurtre de l'agent David Siegel?
-En effet, un appel anonyme a informé les agents chargés de l'enquête de l'endroit où ils pourraient trouver l'arme. Mes empreintes ont été retrouvées sur cette arme et j'ai été arrêté.

L'avocat se tourna vers le Juge.
-Nous avons déjà évoqué cet épisode. Il a été démontré que Monsieur Caffrey a été victime d'un terrible complot.
Le Juge hocha la tête et l'avocat poursuivit ses questions.
-Qu'a fait votre père quand il a compris que son plan n'avait pas fonctionné?
-En fait, son plan n'était pas de m'envoyer en prison.
-Comment ça?
-Il souhaitait me pousser au suicide car il me pensait responsable de la mort d'un certain McGreth. Cet homme a mis fin à ses jours après une enquête du FBI, à laquelle j'ai participé.
-Et voyant que ça n'avait pas fonctionné, qu'a-t-il fait?

Neal inspira et avala difficilement sa salive. Cet épisode était encore vivace dans son esprit. Il se rappelait encore la peur qu'il avait ressentie en pensant que Daniel ou Peter pourrait être blessé.
-Monsieur Caffrey, avez-vous besoin de faire une pause.
-Non, ça va. Mon père nous a séquestré... L'agent Burke et moi... J'ai passé un marché avec lui en promettant de faire ce qu'il voulait s'il laissait Peter partir.
-A-t-il respecté sa parole?
-Non mais je savais que Peter saisirait la première occasion de s'échapper.
-Ce qu'il a fait et qui a amené à l'arrestation de Monsieur Bennett et ses complices.

L'avocat retourna vers la table où il consulta quelques documents. Neal savait quelle serait la prochaine question mais il ne pouvait s'empêcher d'admirer la mise en scène et l'effet de suspense que cette attente provoquait.
-Monsieur Caffrey, pensez-vous que votre père avait réellement l'intention de vous tuer?
Ils avaient convenu que Neal ne s'étendrait pas sur les détails à ce moment là. Il se contenta donc de répondre par un "oui" fort et clair. L'avocat laissa la place aux avocats de la défense. Le moment tant redouté arrivait enfin et Neal serra les dents, attendant la première question.

-Comment pouvez-vous affirmer que votre père voulait votre mort?
-Premièrement parce qu'il me l'a dit.
-Ce ne sont que des paroles rapportées... Rien ne prouve...
-Pourriez-vous me laisser terminer, Maître.
Le Juge esquissa un sourire et fit signe à Neal de poursuivre.
-Monsieur Caffrey a raison, Maître. Si vous posez des questions, veuillez attendre la réponse.

-En prison, je partageais ma cellule avec un certain Ivan. Cet homme était chargé de me pousser à bout afin de faciliter mon passage à l'acte. Il m'a frappé à plusieurs reprises et quand il a compris que ça ne suffirait pas... Il a...
Neal ferma les yeux cherchant à reprendre le contrôle de sa respiration. Les mots de Peter lui revinrent en mémoire alors il ouvrit les yeux et fixa ces yeux, posés sur lui, attentifs et amoureux. Il y puisa l'énergie nécessaire pour poursuivre. Rien d'autre n'existait dans cette salle que le regard de son amant, de l'homme qui allait partager sa vie, avec qui il allait construire un futur plein d'espoir, loin de ce tumulte, loin de ces cauchemars. Mais pour ça, il devait d'abord en finir avec cet épisode de sa vie et tout dire même si c'était douloureux...

-Cet homme m'a violé... Il se savait séropositif et il avait pleinement conscience qu'il risquait de me contaminer.
-Il n'y a aucune preuve que votre père savait...
-En effet... Mais c'est bien lui qui l'a chargé de me maltraiter de la sorte. Comme il pensait que les choses n'allaient pas assez vite, il est venu dans ma cellule et a aidé Ivan à mettre en scène mon suicide. Mes amis m'ont fait sortir de l'hôpital mais je ne voulais pas leur faire prendre de risque alors j'ai pris contact avec James... Pour faire court, c'est à ce moment là qu'il m'a tiré une balle dans le genou.

L'avocat resta muet. Il ne s'était certainement pas attendu à avoir en face de lui un témoin aussi clair et concis. James avait dû lui dresser un tout autre portrait de son fils. Neal n'avait pas hésité à exposer tous les faits sans omettre ceux qui auraient pu le desservir.
-Comme ça ne lui suffisait toujours pas, il a demandé, par votre intermédiaire, l'organisation d'une confrontation. À la suite de cet entretien, il m'a fait parvenir des photos par mails, montrant des personnes qui me sont proches. La menace était parfaitement claire.
-Vous ne pouvez rien déduire de ça. Les photos étaient celles de membres de votre cercle privé, il n'y avait là rien de suspect.

Neal se pencha en avant, fixant un regard déterminé sur l'avocat.
-Ces photos prises au téléobjectif montraient mes amis. Elles avaient été prises à leur insu. Mais vous avez raison, je ne pouvais rien déduire de ces photos. Mais la dernière photo était celle de ma fille Emily dont personne ne connaissait l'existence. Ils s'étaient donné la peine de faire des recherches approfondies sur ma vie et ils étaient en possession de renseignements que personne d'autre ne connaissait. Il ne fait aucun doute que ces photos étaient une menace.

Neal reprit son souffle.
-Alors, Maître... Oui mon père a tout fait pour me détruire et détruire ma famille. Et si on lui en donne à nouveau l'occasion, il recommencera sans hésiter. Ces gens ont mis sur pieds une organisation criminelle complexe qui avait pour but de récupérer des œuvres d'arts. Mais l'objectif de James Bennett, a toujours été de me pousser vers la tombe, d'une manière où d'une autre.

Neal se tourna à nouveau vers son père.
-Tu as échoué... Je vais bien et Emily aussi. Je devrais même te remercier car tu m'as permis de retrouver mon petit frère et tu m'as ouvert les yeux sur ce qui est vraiment important...
-Comme votre relation avec votre patron...?
Neal sourit. Il s'était attendu à cette remarque. Il chercha Peter des yeux et le fixa tout en continuant à parler.

-En effet, j'ai réalisé que l'amour valait la peine de se battre. Alors, aujourd'hui, je vais quitter cette salle de tribunal physiquement affaibli mais bien plus fort qu'avant. Plus fort parce que je sais que rien ni personne ne pourra m'enlever cet amour...
L'avocat ne trouva rien à ajouter et Neal rejoignit ses amis. Ils sortirent de la salle d'audience, Neal sur ses béquilles, Daniel poussant le fauteuil vide, Peter et Élisabeth avaient une main posée sur les épaules du jeune homme. Les portes se refermèrent derrière eux et Neal pria silencieusement pour qu'il n'ait plus jamais à poser les yeux sur son père.

Des pleurs de bébé le réveillèrent au beau milieu de la nuit. Neal sourit en entendant Peter grommeler avant de se lever. Le petit Joshua Henry Burke avait tendance à se réveiller systématiquement alors que son père venait juste de fermer les yeux. Après de longues minutes d'attente, n'entendant plus de bruit dans la maison, Neal se leva et se dirigea vers la chambre d'enfant réservée au petit bonhomme.

Il s'arrêta sur le pas de la porte. Peter s'était endormi dans un fauteuil, son fils lové contre sa poitrine. Il entendit Élisabeth s'avancer derrière lui. En quelques mois, ils avaient presque tout changé dans leur vie...une nouvelle maison, l'arrivée de Joshua, Neal était libre...vraiment libre... James et ses complices avaient écopé de lourdes peines et ils ne sortiraient pas de prison avant longtemps. Daniel avait obtenu son diplôme et il travaillait comme guide dans un musée.

-Je ne m'en lasse pas...
Neal se retourna et sourit à la jeune femme qui glissa ses bras autour de sa taille. Élisabeth et lui étaient devenus très proches... Ils avaient trouvé leur équilibre, partageant l'amour et le temps de Peter.

-On a tous les deux beaucoup de chance de partager la vie d'un homme tel que lui.
Ils restèrent de longues minutes en admiration devant cet attendrissant tableau. Élisabeth retourna se coucher et Neal s'avança vers Peter. Il prit délicatement le petit Joshua et le reposa dans son lit.
-Je crois que ton papa a besoin de dormir dans son lit cette nuit...
Il se tourna ensuite vers Peter, toujours endormi. Ils posa une main sur son épaule.
-Il dort paisiblement. Tu peux revenir te coucher.
-Avec plaisir...
Peter se leva, prit Neal dans ses bras et ils regardèrent le petit ange endormi les deux poings serrés.
-Tu avais raison, Peter...
-Je suis heureux de le savoir mais, rafraîchis moi la mémoire... À propos de quoi?
-C'est simple le bonheur...
Peter l'embrassa tendrement et ils prirent la direction de leur chambre. Peu importe ce que l'avenir lui réservait, Neal savait maintenant qu'il était suffisamment fort pour tout affronter. Il n'était plus seul et l'amour de sa famille et de ses amis l'aidait à se tenir debout, la tête haute et d'avoir confiance en l'avenir.