Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.

Bêta : Réa S, tout aussi précieuse ^^

MADE BY TORCHWOOD


Chapitre 52 : Soirée entre amis … ou presque


Ianto entra dans l'appartement les bras chargés de sacs, ses achats pour le repas du soir même.
- Hey, ça va ? questionna-t-il en entrant.
Il devait percevoir la petite tension suscitée par la fin de ma conversation avec Elisha.
Cette dernière se leva, visiblement soulagée par l'arrivée de son ami.
- Mais que t'est-il encore arrivé ? s'exclama-t-elle en se précipitant sur lui, manquant de s'étaler en dépassant le coin de la table basse.
Ianto posa ses sacs à terre, prêt à la serrer dans ses bras. Et effectivement, c'est ce qu'ils firent. Cette effusion de sentiments me fit lever les yeux au ciel, heureusement qu'aucun des deux ne le vit. Ianto me contaminait à force de le voir faire. Je collais mes mains au fond de mes poches pour me donner une contenance et y enterrer ma jalousie naissante. Elisha sous mon toit … cela allait être long et pénible, je le pressentais mais en les voyant ensemble, mes craintes se transformaient en certitudes.
- Jack, m'appela Ianto rapidement en quittant les bras d'Elisha. Tu es debout depuis le milieu de la nuit, fit-il avec douceur m'enveloppant d'un regard attendri, pourquoi tu ne vas pas te changer pendant que je prépare le repas ? proposa-t-il en me caressant doucement le bras.
Il était si différent du Ianto de l'après-midi … c'était rassurant de le voir faire ainsi la part des choses et très agréable reconnaissons-le.
- Une manière courtoise de me proposer une bonne douche ? répondis-je fermement tandis qu'Elisha nous observait.
- Pas faux … Tu as des affaires de rechange, murmura-t-il, les yeux soudain pétillants.
Un de ces regards qui réchauffent les cœurs.
Il partit chercher ses emplettes et moi je les laissais à regret pour faire un brin de toilette. Il n'avait pas tort, j'en avais vraiment besoin.

En ouvrant les placards de la chambre, je constatais que mes affaires y avaient été soigneusement déposées ce qui me tira un franc sourire. En revanche, impossible de mettre la main sur des bretelles de rechange. Je ressortis donc poser la question à Ianto. Mais je ralentis à l'approche de la cuisine, curieux d'entendre leur conversation. Cela devenait une habitude, mais c'était tellement pratique … que je ne m'en privais pas.

- Tu aurais pu m'en parler Ianto ! reprochait Elisha.
- Tu sais bien que non, répondit fermement Ianto, Jack était là de toute façon.
- Certes, mais une personne de plus n'aurait pas été de trop vu ton visage ! Je serais venue Ianto, lui reprocha-t-elle.
Il eut un silence pendant lequel j'eus peur d'être découvert. Je retins ma respiration sans y penser.
- On a déjà eu cette conversation une bonne centaine de fois, repris Ianto très calmement. Tu n'es pas ma coéquipière, c'est lui, point barre.
- Tu ne me dis jamais rien et tu ne me laisses jamais t'aider … reprocha-t-elle d'un ton plaintif qui m'agaça.
Elle me semblait bien bavarde, une vraie pipelette qui ne supportait pas les silences qu'affectionnaient tant Ianto.
- Tu m'as caché, par exemple, que ton Jack ressemblait à une star de cinéma ! s'exclama-t-elle.
- Oh bravo … vraiment très spirituel Elisha, s'indigna Ianto.
Mais moi je souris. Très classique comme réaction, pensais-je.
- Ianto ! Je ne suis pas comme toi, je ne peux pas savoir ce que valent les personnes de l'intérieur. En revanche, je peux juger ce que je vois et il est superbe, plus encore que dans mes souvenirs, ce qui est étrange d'ailleurs. Et intelligent, et le chef de Torchwood ... Oh ça va ! Excuse-moi …
Ianto ne dit rien mais j'imaginais son attitude éloquente.
- Quand je disais du mal de Lisa, reprit-elle, tu m'engueulais et maintenant que je te complimente, je ne peux pas parler non plus ! Je n'ai le droit de rien dire ?

Ianto ne répondait toujours pas, enfin je n'entendais aucune réponse. J'aurais pourtant vraiment aimé le voir.
- Ne me dis pas que vous n'avez pas joué tous les deux, ajouta-t-elle.
- Elisha ! Tu sais bien qu'il ne faut pas … j'espère que tu t'en tiens à ce que nous avons décidé. Tu ne dois jamais montrer ton habilité en dehors du cercle, et de Jack bien sûr.
- On en a discuté une bonne centaine de fois ! rétorqua-t-elle à son tour.
Elle avait l'air blasée.
- Non, fit-elle lasse, je ne le fais pas, confirma-t-elle. Mais avec le chef de Torchwood, accessoirement ton boyfriend, je pensais que vous en aviez profité tous les deux pour faire connaissance plus intimement … Et … sa beauté saute aux yeux ! Comment il est Ianto ? Tu sais bien … oh, tu es pénible il faut tout te demander. Est-ce qu'il aussi beau que doué au lit ?

A nouveau un silence pendant lequel j'imaginais très bien le regard de Ianto, je m'en serais délecté si j'avais pu le voir.
- Je ne saurais rien, c'est bien cela ?
- Absolument rien, confirma Ianto.
- Rabat-joie. Ste plait … juste un indice, supplia-t-elle.
- C'est mieux … lâcha-t-il.
- Je le savais ! s'exclama-t-elle en lui coupant la parole.
- Mais tais-toi donc, il va t'entendre.
- Sous la douche ? Cela m'étonnerait.
J'entendis un bruit de friture signe que Ianto cuisinait en même temps, c'était une bonne nouvelle j'étais affamé.

- Tu as de la chance, dit-elle d'un ton las.
- Tu trouveras toi aussi, l'entendis-je vaguement répondre, avec les bruits de cuisine, c'était moins évident.
Je m'approchais, toujours aussi curieux de les entendre. Je commençais à me déshabiller aussi, il allait bien falloir que je me manifeste.
- J'attire les ennuis et toi les stars de cinéma, cherchez l'erreur !
- Les erreurs … j'ai toujours dû mal à y croire ...
- Pourquoi ? s'exclama-t-elle. C'est vrai qu'il est intimidant … mais tu es très beau, et sexy, rétorqua-t-elle, de la fierté dans la voix.
- Arrête ! répondit Ianto en riant, une minute après.
Que faisaient-ils ? Je tombais les bretelles, la chemise et le tee-shirt en un clin d'œil avant de débarquer dans la cuisine. C'était bien ce que je craignais, elle était collée à mon Ianto. Les bras autour de sa taille, elle le chatouillait.
- Eh ! criais-je en entrant.
Ils firent tous les deux un bond surpris par mon arrivée alors qu'ils me croyaient sous la douche. Ils me regardèrent, figés, les yeux comme des billes, c'était drôle sauf qu'elle était toujours beaucoup trop près de mon Gallois.
- Bas les pattes, ceci est ma propriété, déclarais-je en attrapant Ianto par la taille pour l'attirer à moi.
Je souriais mais pas tant que cela, mon regard posé sur Elisha était lourd de significations. Elle en revanche, même si elle comprenait bien le message ne pouvait détacher ses yeux de nous deux.

Etais-ce moi torse nu ou notre couple qui la subjuguait à ce point ?
J'aimais à croire que c'était notre couple.
- Jack ! Un souci ? me demanda Ianto en se tournant vers moi, tout sourire tandis qu'Elisha reculait elle aussi sous le charme, les mains dans le dos.
- Cela fait un moment que je cherche des bretelles de rechange, expliquais-je avec une mimique innocente qui, je le savais, le faisais fondre.
- Oh, fit Ianto en comprenant la raison de ma venue, Elisha tu surveilles s'il te plaît ? lui demanda-t-il en désignant du menton la poêle où du riz cuisait.
- On mange quoi ? me renseignais-je en regardant moi aussi la poêle où le riz se colorait doucement.
- Un risotto aux asperges, annonça-t-il, la recette n'avait pas l'air trop compliquée. J'espère que ce sera bon, c'est une première.
- J'en suis sûre, répondit rapidement Elisha.
- Moi aussi, ajoutais-je.
- J'ai la pression ! s'exclama Ianto en riant, visiblement ravi de la situation.
- Tout ce que tu as préparé jusqu'à présent était réussi, il n'y a pas de raison, insistais-je.
- Pourtant je manque d'expérience, dit-il en remuant le riz.
J'avais toujours mes mains autour des ses hanches, un brin possessif peut-être ? Il ne faisait rien pour s'en détacher, j'en profitais.
- Tu as probablement mémorisé les gestes de ta mère, proposa Elisha en piquant une chips du paquet posé sur le plan de travail.
Je fus choqué de l'entendre parler avec autant de désinvolture de la mère de Ianto. Lui n'en parlait jamais, je me doutais que c'était un sujet douloureux. Je trouvais cela maladroit … moi, je ne l'aurais pas fait.
- Probablement, j'ai passé des heures à la regarder cuisiner … on va chercher tes bretelles ? J'avoue que je ne me souviens plus où je les ai rangées.
Sa manière de me regarder me laissais supposer qu'il savait au contraire très bien. J'attrapais une chips avant de le suivre.
- Remue régulièrement Elisha, lui rappela-t-il depuis le salon.
- Ne t'inquiète pas, répondit-elle d'une voix forte.
- Elle est plutôt maladroite, me confia Ianto.
- Autre chose que je devrais savoir ?
- Elle boit des litres et des litres de thé. Tu vas voir, dans quelques heures, il y aura des mugs un peu partout.
- Et ton café alors ? demandais-je, feignant d'être outré.
- Je n'ai jamais réussi à lui faire avouer qu'elle n'aimait pas ça, mais je suis sûr qu'elle n'en boit que pour me faire plaisir. Jack, murmura-t-il d'une voix grave en entrant dans la chambre et en fermant soigneusement la porte derrière lui. C'est si bon que tu sois ici …
Il commença à déposer des baisers plus que mouillés dans mon cou et à lécher mon oreille d'une manière, comment dire, très suggestive. En quelques minutes, j'étais très excité et quand sa main vint se poser sur mon entre-jambe pour le vérifier, je laissais échapper un grognement. Il osa m'abandonner dans cet état, un simple sourire pour témoigner de sa satisfaction. Il ouvrit le grand placard de la chambre, tira un tiroir et me tendit des bretelles.
- Tu vas me laisser comme ça ? m'indignais-je.
Je demandais pour la forme, je connaissais déjà la réponse.
- Il faut que je m'occupe du risotto, mais ensuite … je passerai à toi, dit-il d'une voix suave.
- Tant pis pour toi, ta douche en fera les frais, lançais-je en m'enfermant dans la salle de bain d'un geste brusque.
Je ne le voulais pas, mais c'était effectivement ce qui se produisit.

Je revins à la cuisine littéralement alléché par la bonne odeur qui avait envahie le salon. Le repas fut joyeux et détendu, nous évitâmes tout simplement de parler de Torchwood, tous numéros confondus. Elisha nous raconta les derniers épisodes malheureux de sa vie sentimentale, Ianto demanda à voir une photo de la fille qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Elle disparut sous nos yeux ... Au sens littéral, elle s'était évanouie de la pièce. Je ressentis ce que j'imaginais les autres éprouver quand ils me voyaient ressusciter. Même aguerri, même prévenu, cela me scotcha.
- Ianto, est-ce qu'elle sait pour moi ? demandais-je soudain.
- Non, bien sûr que non Jack. Je n'en ai parlé à personne.

Elisha réapparut aussi brusquement avec plusieurs photos en main. Elle se déplaçait si vite qu'elle semblait se téléporter. Je ne fis aucune remarque et cela sembla la décevoir, elle scrutait mes réactions … les masques tombaient et je ne voyais plus qu'une jeune femme, jolie, mais paumée qui, comme Ianto, cherchait désespérément des réponses. Nous en étions tous là. Je ne ressentais plus aucune jalousie car sa détresse s'imposa à moi. Torchwood Londres n'avait pas su les rassurer, répondre aux questions existentielles qui les taraudaient, pouvais-je faire mieux ? Ce genre d'habilité ne me rappelait rien de précis, je pouvais user -voire abuser- de mes charmes pour la rassurer. C'était ce que je fis en posant une main amicale sur son épaule, d'un sourire, d'un regard je voulais l'aider à se sentir mieux.
- Tout va bien se passer, murmurais-je en réponse à la peur panique que je lisais dans son regard.

Elle venait de me révéler son secret, de se mettre à nu devant moi et chaque fois qu'elle l'avait fait, cela avait été le point de départ des pires ennuis. J'incarnais Torchwood, son ennemi, leur ennemi à tous. C'est que je lus dans ses pensées, Ianto ne lui avait apparemment pas appris à fermer son esprit.

Ce dernier releva les yeux des photos qu'il examinait, parfaitement conscient de ce qui passait, ou plutôt ressentant nos émotions. Il ne dit rien, passa d'elle à moi, puis reprit son inspection sans laisser échapper aucune émotion. Impossible pour moi de savoir ce qu'il pensait en cet instant.
- Elisha, excuse-moi de te le dire, mais c'est celle que tu as larguée que je préfère, yep, c'est sans appel, fit-il en me tendant la photo en question.
Elle prit une grande inspiration et s'appliqua à nous détailler toutes les femmes de sa vie, à grand renfort d'anecdotes. Sa malchance en amour mise bout à bout en devenait comique et cela me rappela un ami que j'avais connu. A mon tour, j'animais le repas. Ragaillardi par l'attitude de Ianto, je laissais libre cours à mon imagination et Elisha découvrit mes talents de conteur, de nombreuses histoires abracadabrantes où je sauvais la situation, évidemment au dernier moment. Cela la fit taire, elle sembla même grandement apprécier mes histoires et moi c'était ce que je lus dans son regard qui me plut. Moins craintive, plus encline à m'écouter, à me faire confiance. Un premier pas vers son recrutement. Je ne me voyais pas engager quelqu'un qui, d'une manière ou d'une autre, n'avait pas compris à qui il avait affaire.

J'avais sauvé Tosh de sa prison de l'Unit où elle était enfermée sans espoir de libération dans des conditions plus que rudes. J'avais ouvert les yeux à Owen sur la vraie nature de l'affection de sa défunte femme, je lui avais évité la dépression qui le guettait et menaçait de l'engloutir. Quant à Ianto, je l'avais extirpé plus d'une fois des griffes de Torchwood Londres, je l'aidais jour après jour à s'accepter tel qu'il était.

J'avais changé durablement leur vie, leur manière d'appréhender le monde et tout cela les liait à moi. Je pouvais apporter la même chose à Elisha, elle venait de le comprendre.

Ils étaient deux à boire mes paroles et à apprécier le spectacle. Ianto assis à mes côtés, me laissa passer mon bras au-dessus de ses épaules et jouer avec une mèche de ses cheveux. Il était détendu et heureux, c'était très plaisant à voir. Il se leva pour préparer les cafés et je fis de même.
- Je veux pouvoir utiliser cette bête-là, expliquais-je.
- Ah, c'est donc l'explication au café et à la tasse que j'ai trouvés ce matin.
Elisha profita de cet intermède pour repartir dans sa chambre, cette fois comme tout en chacun, avec ses photos. Quoiqu'elle en dise, elle les serrait tout contre elle.
- Pas de moqueries Ianto Jones !
- Loin de moi cette idée, tu ne m'en veux pas trop ? ajouta-t-il dans un murmure.
- Pour quelle raison ?
- Pour elle.
- Non. Allez montre-moi un peu, demandais-je en me serrant contre lui.
J'eus droit à ma leçon, gentiment comptée et agrémentée de deux ou trois détails que je ne connaissais pas, comme chauffer la tasse avant de la servir ou tasser le café dans le filtre. Apparemment ce dernier point était d'une importance capitale … Mais c'était évidement le choix des arômes qui faisait de son café un must, ces détails contribuaient néanmoins à l'excellence du résultat d'après mon maître cafetier.
- Bien, je crois avoir tout compris, déclarais-je, heureux avec ma tasse brûlante en main.
Après un excellent repas, j'appréciais d'autant l'amertume d'un tout aussi excellent café. Elisha partagea mon opinion avant de nous laisser et de partir se coucher sans plus de cérémonie. Joyeuse pendant le repas, elle semblait avoir retrouvé son amie de toujours, la mélancolie.

Je soupirais d'aise dans les draps propres de notre lit, légèrement parfumés et si doux … Ianto n'avait jamais eu, à ma connaissance, à gérer une maison mais il s'en sortait drôlement bien. J'avais déjà eu l'occasion de manger un excellent risotto sur la piazza del campo à Sienne et celui de Ianto n'avait rien à lui envier. Les affaires étaient rangées, les draps du lit changés, je ne savais pas quand il avait eu le temps de s'occuper de tout cela mais je reconnaissais que c'était très appréciable. Peut être, que de nous deux, c'était moi qui aspirais à changer de vie et non lui …

Ianto rit devant ma béatitude, me tirant de mes questions existentielles qu'il devait prendre pour des rêveries. Je lui fis payer sa moquerie de la plus érotique des manières qui nous combla autant l'un que l'autre. Il était aussi décomplexé en privé que strict dans son travail et même si son attitude à table avait été très détendue, cela me surprenait encore.

La troisième douche serait bel et bien la dernière de la journée, même si c'était un bel éphèbe qui me lavait d'une manière plus que lascive ! Avec une éponge d'une grande douceur qui attira mon attention, une véritable éponge de mer offerte apparemment par Tosh. Je n'étais pas au courant de tout ce qui s'était passé entre eux en mon absence … j'en conçus étrangement une sourde jalousie.

L'avait-il senti ? Peut être … peut être étais-ce la raison pour laquelle il me dévorait des yeux alors que nous étions confortablement installés dans notre lit. La fierté débordait de ses yeux que j'affectionnais tant.
- Ne me regarde pas ainsi Ianto, le mis-je en garde en me remémorant les paroles ou plutôt le petit jeu de Tosh et d'Owen.
- Quoi ! fit-il faussement offusqué en se calant un peu plus contre moi.
- Ianto …
Fichu discours de ces deux-là qui finissait par me faire douter, à nouveau. J'étais le chef mais j'accordais de l'importance à ce que pensait mon équipe, bien sûr que je le faisais. Ils imaginaient que Ianto se mettait en danger pour moi, parce qu'il voyait en moi un héros pour qui il ferait tout et n'importe quoi … peut être avaient-ils raison. Ianto n'avait pas hésité un instant à se jeter dans la gueule du loup, sous couvert du MI5 pour me sauver de double Y. Je n'en avais pas besoin, lui mieux que quiconque aurait dû le savoir.

C'était si facile d'immiscer le doute mais ça ne me disait quoi lui dire de plus ...

En même temps j'aimais ce regard, n'importe qui l'aimerait … il me galvanisait. C'était tellement revigorant, cela faisais longtemps que personne n'avait posé un tel regard sur moi. C'était celui-là même que je portais sur le Docteur. Jamais il ne me l'avait reproché pourtant maintenant comme jadis, je lui vouais un culte bien pire que celui prétendument porté par Ianto. Ce dernier, fatigué d'attendre une réponse qui ne venait pas, posa sa tête au creux de mon épaule s'enivrant de l'odeur de ma peau.
- Tu te souviens quand je t'ai emmené sur ce toit ?
J'avais trouvé mon angle d'attaque.
- Oui, très bien … j'étais blessé, je ne pouvais presque pas marcher mais tu m'as obligé à aller tout en haut … et c'était magnifique.
- L'alien qui t'avais mis dans cet état était télépathe n'est-ce pas ?
- Oui. Il ne voulait pas nous faire de mal, enfin je ne crois pas, concéda-t-il. Il était perdu, de cela j'en suis certain, perdu dans un monde inconnu, il lui était tout simplement impossible de comprendre ce qui se passait. J'ai tenté de le rassurer mais il a juste ressenti la peur qui enserrait mon cœur à cette époque-là … je lui ais fait plus de mal que de bien. J'étais tellement mal, terrifié à l'idée que tu découvres ce qu'était Yvonne pour moi et que tu me vires. Je n'avais pas envie de partir, vraiment pas envie, fit-il en relevant sa tête avec un sourire en coin.
- Mace, dis-je simplement.
- Bien sûr Mace, fit-il en se calant à nouveau contre moi. Peur enfin, que tu découvres ce que je suis réellement.
Je n'avais pas envie de parler de ma réaction à ces révélations, mais il avait eu raison d'en avoir peur.
- Tu m'avais dit que je ressemblais à un super-héros, ajoutais-je pour en revenir au sujet que je souhaitais aborder.
- Ah oui. Je ne savais pas pourtant, se rappela-t-il.
- Mais je n'en suis pas un, tu en es bien conscient ?
- Jack … me sermonna-t-il en me regardant les sourcils froncés.
Mon dieu, pensais-je, il doit vraiment se demander d'où cela sort.
- Tu es tellement plus … tu es ma bonne étoile, murmura-t-il. Il faut que je te montre un film, termina-t-il plus fermement.
- Quoi, quel film ? demandais-je un peu étonné.
- Spiderman.
- Je ne comprends pas, tentais-je.
- Non pas que je sois complètement fan mais tu comprendras en le voyant. Tu es un homme, super héros la journée, tout comme lui. Euh … le physique en plus.
- En quoi un film va m'aider ?
- Tu ne penses pas que cet art puisse éclairer nos pensées et guider nos pas ?
- Dis comme ça …
- C'est comme la musique. Elle me donne du courage quand j'en manque, c'est une compagne depuis toujours. Est-ce que je peux te faire écouter un morceau que j'aime en ce moment ?
- Tant que tu ne m'oblige pas à m'endormir avec, ça me va.
Il se leva et revint avec son ipod et les enceintes. Il mit une chanson* d'une musicalité folle, à moitié jazz et rock, une voix d'une grande pureté qui jouait avec les aigus avec virtuosité.
- Ça me plait bien, lui fis-je savoir à la fin du morceau.
- J'en étais sûr, fit-il heureux.
- Et c'est quoi cette habitude de t'endormir avec de la musique ?
- Hum … au fait Jack, j'ai vu Gwen Cooper quand on passait les barrages routiers.
- Et alors ? rétorquais-je conscient de l'esquive.
- Tu n'as pas peur qu'elle se souvienne de nous ?
- C'est une éventualité.
- Que feras-tu ?
- Je ne sais pas, on verra. Je ne suis pas inquiet, elle ne sait rien de précis. Alors pourquoi tu t'endors avec la musique ces derniers temps ? exigeais-je pour la seconde fois en m'enfonçant avec lui sous les draps et en éteignant la lumière.
Il souffla bruyamment.
- La réponse ne va pas te plaire.
Je fronçais les sourcils en m'attendant au pire.
- Cela fait deux ans que je m'endors avec le chant d'un vampire à Torchwood 1 … Mais … c'est parce que tu me manques quand tu n'es pas là, dit-il comme une évidence qui me toucha profondément. J'aime m'endormir avec toi, maintenant c'est une nécessité …


*나윤선 (Youn Sun Nah), Breakfast in Baghdad, (album Same Girl) – http : / / www point youtube point com/watch?v=B-ebLK-l0jc


Chapitre écrit entre les bulles de champagne, dés que j'avais un petit moment, pas si facile ^^
J'espère que cela vous a plu, assez pour me laisser un p'tit message ...

Pour répondre à TW, j'ai effectivement pris pour modèle Annie de Being Human que j'ai beaucoup aimée. Il y a un détail de plus qui le confirme dans ce chapitre.

Tout petit aperçu de la suite :

" La nuit avait été probablement agitée pour Elisha car nous trouvâmes nombre de mugs éparpillés dans le salon à notre réveil. Ianto ne dit rien, il en ramassa quelques-uns avant de rejoindre la cuisine et je l'imitais. J'avais hâte d'avoir mon café, j'avais même feignanté au lit dans l'unique but de partir avec ce goût divin en bouche, à défaut d'un autre que je n'avais pas obtenu …"

Merci de suivre cette histoire, à bientôt !