Survivant

J'ai passé toute ma vie
À compter les blessures
À faire face aux ennuis
À surmonter les murs
J'ai reçu du mépris
J'ai reçu des injures
J'en ai vu des jours gris
J'en ai eu des temps dures

Depuis mon enfance, les nuits m'ont apportés mille et une blessures dont je garde aujourd'hui les cicatrices sur tout mon corps. Jusqu'à mon entrée à Poudlard, je n'ai connu que les murs de la chambre, où je m'ennuyais à mourir, où je rêvais d'un ailleurs qui existerait derrière ces murs, et une cage au milieu de la forêt où mon père m'enfermait une fois par mois. Mon père m'a méprisé, m'a privé d'amour, a convaincu ma mère que j'étais un monstre, a fait croire à tout le monde que j'étais mort, m'a jurer que tant qu'il vivrait, je n'aurais ni amis, ni amour, ni famille. J'étais un monstre, un danger, un parasite, une nuisance. J'en ai entendu des injures. J'ai vécu dans une campagne de Londres où la grisaille était toujours présente. J'ai vécu cinq ans à être méprisé, battu, rabaissé, laissé pour mort, reçu un lavage du cerveau. Cinq ans à vivre avec un père qui avait exterminer ma race.

Aujourd'hui je passe ma vie
À faire semblant de sourire
À tous ceux qui m'ont dit
Qu'il valait mieux mourir
J'ai un cœur qui a appris
Qui a arrêté de souffrir
Qui a sortie le mal en lui
Pour faire place à l'avenir

Aujourd'hui, je vis parmi des gens qui m'ont donné une chance. J'ai été à l'école, comme les autres, et malgré ma peur, malgré que pendant des années, je n'ai été que l'ombre de moi-même… Aujourd'hui, je peux être moi-même. Lorsque je croise les gens influents au Ministère, ceux qui savent ce que je suis et qui nous craignent, moi et tous les miens, ceux qui ont supprimer tous les droits de mon espèce, je ne peux m'empêcher de leur sourire, et de marcher la tête haute. Car je sais à présent que j'ai ma place sous ce soleil. Mon cœur a apprit à aimer. Amitié. Amour. J'ai cessé de souffrir de ma condition, j'ai appris à exorciser mes peurs, a accepter le mal en moi comme une partie intégrale de ma personnalité. Cela a prit du temps. Beaucoup de temps. Mais avec des amis, l'amour et un excellent mentor, et surtout avec du temps et de la volonté, j'ai prit ma place, et fait place à l'avenir. Mon avenir. L'avenir de la famille dans laquelle je voulais prendre place.

Je vis encore
Même si la vie m'a fait du mal
Je vis encore
Même si le monde est inégal
Je vis encore
Même si le temps est assassin
Je vies encore
Je m'accroche, Dieu que j'en ai fait du chemin

Malgré toutes mes pleines lunes, je suis encore vivant. Même si mon existence, la vie, me laissa chaque lendemain de pleine lune le corps et le cœur plus meurtris que la dernière fois. Je suis toujours en vie. Même s'il y a des injustices. Je me bats contre elles, réglant celles qui le peuvent. Je vis encore, même si les temps sont durs, le lendemain incertain, même si le temps passe trop vite et me laissera bientôt à la dernière page de mon histoire. Je vis encore, je veux encore vivre, aussi longtemps que je le pourrai. Merlin que j'ai fais du chemin ! Il m'en reste encore beaucoup, mais j'en ai déjà fais un bon bout. Le plus difficile. Le premier pas. Le reste viens tout seul, avec le temps. Et c'est libérateur. Non, je ne suis pas comme les autres. Je ne le serai jamais. Mais je mérite tout autant la vie, le bonheur, et tout ce qu'un être humain ose espérer. Malgré cette différence, des gens sont prêt à m'aimer, et c'est sur eux que je dois m'appuyer. Les autres, ceux qui ne comprennent pas, n'en valent pas la peine. C'est idiot de se faire dire à 15 ans que la vie est belle, que j'y ai droit, et que ce n'est pas un petit problème de fourrure qui doit me brimer ainsi. Libérateur, après 9 ans. Et cela m'a prit trois longues années avant de ne plus douter, de me considérer comme un être ayant droit à la vie et à l'amour.

J'ai passé toute ma vie
À me battre contre des montagnes
À refouler mes envies
À refouler toute ma hargne
J'ai grandi dans l'oubli
J'ai grandi dans le drame
J'en ai crié des cris
J'en ai versé des larmes

J'ai passé 9 ans de ma vie à entendre en moi gronder une bête contre les traitements que je subissait, contre les droits dont on me privait. A voir les adultes qui s'opposaient à moi comme des entités divines qui avaient réponse à tout et à qui je me devais d'obéir. J'ai passé ces mêmes années a oublier qui j'étais, ce que je voulais. Mes rêves ne devaient rester que des songes inexprimés. J'ai du canaliser tout sentiment de colère, toute pulsion agressive, pour ne pas être abattu comme un chien qui a la rage. Je pouvais passer plusieurs jours enfermés sans que l'on ne vienne me porter à manger, comme s'ils avaient oublier mon existence. Pendant ce temps, les coups ne pleuvaient pas… J'ai ainsi vécu. A crier et geindre comme un animal blessé, a montrer que j'obéissais, pour que les coups cessent. A pleurer les nuits seulement, car un animal n'a pas de sentiments, pas de larmes à verser.

Aujourd'hui je passe ma vie
À me donner du plaisir
Même si tous mes ennemis
Aimeraient mieux me voir gémir
J'ai un cœur qui a grandi
Qui a arrêté de subir
Qui fait face à la vie
Puis qui veut plus s'enfuir

A présent… A présent, le loup en moi exprime ses désirs. Et dans la mesure où ils sont réalisables, ils deviennent réels. Mes désirs aussi. J'ai appris l'amitié. J'en profite au maximum, car mes amis ont été les premiers à me soutenir dans mon estime de moi. J'ai appris l'amour. Je ne peux plus m'en passer (sans compter qu'avec l'amour vient autre chose qui accompagne parfaitement la recherche du plaisir, et dont je vous épargnerai les détails ici). A présent, je profite de ma vie à 100, me basant sur ce que j'ai fais ou ce qui m'est arrivé de bien, apprenant de mes erreurs ou de ce qui m'est arrivé de déprimant. Aujourd'hui, je pense à moi, a mes amis et à mon couple. Tant pis pour ceux qui exècrent les loup-garous et voudraient me voir devant une cheminée en tapis, après des heures de souffrances. Mon cœur a reprit vie à 15 ans, a arrêter d'être passif à son état et n'a plus accepté de subir les injustices. A présent, je fais face à ma vie, je me bats pour mes droits, je cesse de me cacher et de fuir.

Je vis encore
Même si la vie m'a fait du mal
Je vis encore
Même si le monde est inégal
Je vis encore
Même si le temps est assassin
Je vies encore
Je m'accroche, Dieu que j'en ai fait du chemin

Je vis, je me bats. C'est un combat incessant. Ni repos, ni trêve. La vie n'est pas un jeu. C'est un combat. Malgré les blessures et les défaites, chaque sourire des gens qui comptent pour moi me donne la force de continuer. Pour qu'ils soient fiers de moi. Pour que je sois fier de moi. Pour qu'à jamais, je sois en mesure de rester avec ceux qui m'ont choisis et m'aiment, ceux que j'ai choisis et aime. Ma famille de cœur à défaut d'être ma famille de sang.

Il y a des jours où je tombe
Il y a des jours où je vois plus le monde
Il y a des jours où je me trompe
Mais j'avance

Il y a des victoires, et il y a des défaites. Toujours, je me relève. Et je continue. Pour la vie. Pour ma vie.

-Remus ? Qu'est-ce que tu fais ?

-Je pensais…

-A quoi donc ?

-A la chanson à la radio…

-Mmmm… Survivant. Tu aime ?

-Disons… qu'elle me rappelle des souvenirs.

Severus sourit et serra le loup-garou contre lui.¸

-Tu a survécu, Remus… Et tu survivra encore longtemps… Tu ne peux pas m'abandonner comme ça…

-Tu sais que je ne le ferai pas. Je me battrai jusqu'au bout.

-Pour moi ?

-Pour toi. Pour moi. Pour nous.

Une promesse. Le combat continu. Mais j'ai appris l'espoir.