Cher journal

Chapitre 51 :

Il m'a fallu deux mois pour arriver à ce résultat. Deux mois pour obtenir quelque chose de ressemblant au modèle de base. Prenant en main ma création, je descends de mon tabouret et pars à la recherche de M. Scar.

- M. Scar ! Regarde ! M. SCAR ! !

- Que se passe-t-il Winry ? demande une voix depuis la chambre d'un patient.

M. Scar en sort et me regarde. Ses sourcils sont froncés et ses poings sur les hanches me permettent de dire qu'il n'est pas content que je crie ainsi dans le couloir.

- J'ai réussi à faire mon emblème ! sautais-je de joie. Regarde ! regarde comme il est beau !

Se penchant sur le blason que je tiens devant moi, il soupire avant de passer sa main dans mes cheveux. Ses sourcils ne sont plus froncés et il sourit.

- C'est bien Winry. Il est superbe. Continue ainsi et j'arrive dans quelques minutes. Jean n'est pas avec toi ?

- Non, boudai-je, il a voulu faire un tour au cimetière voir s'il y avait des fantômes.

- Ce gamin me rendra fou, soupira-t-il en se relevant. Bien, je m'en occupe, retourne dans la salle et continue de faire des emblèmes.

Il pourra penser ce qu'il veut moi je suis certaine que ça sera le plus beau que je devrais même le montrer à papa et maman. Oui c'est ce que je vais faire. Partant en courant dans le couloir, j'appelle mes parents tout le long avant de me taire en voyant Edward un peu plus loin qui se tient devant la fenêtre de la chambre de sa maman.

- Pourquoi tu rentres pas la voir ? demandai-je en avançant vers lui.

- J'ai peur, marmonne-t-il. Maman est couchée depuis longtemps, j'ai peur …

- Mais tu sais mon papa c'est le meilleur, elle a quoi d'abord ta maman ?

- La tuberculose m'a dit papa.

Tuber … tuberculose ? c'est quoi ? je crois que papa en a parlé avec maman à la maison. Mais j'en suis pas sûre.

- Moi je suis sûre qu'elle va allez mieux !

- Comment tu peux le savoir ? réplique-t-il en me regardant

- Tu pleures ?

- Non c'est pas vrai, renifle-t-il en s'essuyant les yeux du revers de la manche.

Si tu pleures ! mais tu veux pas le dire ! Jean aussi veux pas me dire quand il pleure … vous êtes nuls !

- Tu sais, quand tu es à la maison tu peux pleurer. Moi je pleure parfois aussi.

- Je suis pas une fille !

- Mais les garçons aussi ça pleure

Resserrant ma prise sur l'étoile d'Ishbal, je lui souris alors qu'il semble sur le point de pleurer.

- Te moques pas de moi ! râle-t-il

- Je me moque pas, me défendis-je. Dis Ed tu connais la signification de l'étoile d'Ishbal ?

- Nan et je m'en moque !

Méchant ! T'es vraiment un mec tiens ! beuh … et bah je te le dirais quand même ! Même si tu veux pas, na.

- L'étoile à sept branches symbolise l'homme, ses pêchés, son courage face à eux … il les connait et peut les affronter s'il veut.

- …

- Les ailes symbolisent Ishbala, la déesse d'Ishbal. C'est le sacré, la force des habitants d'ici, la base de leur force face à leur pêchés. C'est le courage de faire face à la vie …

- D'où tu sais ça ?

- C'est M. Scar qui me l'a dit. Moi je crois qu'en réalité c'est tout simplement quelque chose qui nous donne du courage. Tiens !

- C'est quoi ? demande-t-il en regardant l'étoile que je lui tends

- C'est mon étoile d'Ishbal. Je l'ai faite moi-même, c'est la seule que j'ai réussi. Je te la donne pour que tu soutiennes ta maman.

- Mais …

- C'est un secret entre nous ! lui dis-je en l'embrassant sur la joue avant de partir en courant vers la cuisine.

M. Scar est déjà là en train de disputer Jean parce qu'il est tout sale. Je suis sûre qu'il a encore voulu escalader l'arbre au dessus du cimetière.

- Jean ? M. Scar ? on goûte ?

- Winry, soupira le frère Scar.

Jean me fait signe de venir vers lui. M'asseyant à ses côtés, je regarde le goûter que nous donner l'Ishbal avant de lui sourire en le remerciant. Alors qu'il nous tourne le dos, je sens Jean me tapoter le bras, m'obligeant à le regarder.

- Tss Winry ! tu sais quoi ? murmure-t-il

- Non.

- Chuttt, pas si fort ! j'ai décidé de passer la nuit dans le cimetière pour regarder si les fantômes existaient vraiment ou

- JEAN HAVOC ! hurla Scar en levant la louche qu'il tenait au dessus de sa tête. J'EN PARLERAIS A TON PERE !

- Non pas à papa !

- LE CIMETIERE N'EST PAS UN TERRAIN DE JEU !

Retournant à sa gamelle aussi vite qu'il en était sortit, l'Ishbal marmonne à ce qui se trouve dans la casserole en pestant contre Jean

- Eh … tu trouves pas qu'avec une plume dans les cheveux, il ressemblerait à un Xinois ?

- JEAN !

- HIIIIII ! hurle mon ami en courant hors de la pièce.

- Au fait Winry, je n'ai pas trouvé ton étoile. Où l'as-tu mise ? me demande le cuisinier en posant son tablier

Cours Jean cours … quand il l'enlève c'est mauvais pour toi … la dernière fois tu t'es sacrément fait remonter les bretelles.

- Je l'ai donné à Edward !

- Pourquoi ? me demande-t-il surpris

- Parce qu'il en avait besoin pour sa maman, lui souris-je en finissant mon jus d'orange.

- C'est bien Winry, c'est gentil de ta part. bon maintenant allons nous occuper de ce chenapan de Jean.

Adieu Jean adieu … le voilà parti … moi j'irais cueillir des fleurs. Maman m'a dit que le bouquet de la salle était fané. Sortant dans le jardin derrière l'hôpital, je regarde les fleurs qui s'y trouvent avant de soupirer. Si mamie était là ça serait plus facile. Une fleur se pose devant mon nez, m'obligeant à sursauter et à regarder qui ma la tend. Edward ?

- Tu peux cueillir de celles-là. On en a la maison, elles sentent bon.

Des lys ? il a des lys chez lui ?

- Merci.

- C'est plutôt à moi de te dire merci pour ton étoile. Je … j'ai un cadeau pour toi aussi.

Fouillant dans sa poche, je le vois en sortir quelque chose en rougissant.

- Tiens ! c'est un coquillage d'Aruego. On est allé à la plage je l'ai trouvé là-bas.

- Il est beau ! m'exclamai-je en le voyant briller au soleil. Mais tu devrais le donner à ta maman non ?

- Non, il est pour toi. Ça sera comme un trésor, me répond-t-il en me le glissant dans la main avant de partir en courant après m'avoir embrassé.

Son père et le mien sont dans le couloir, nous regardant en souriant.

- PAPA ! hurle Edward en se jetant sur lui. WINRY C'EST MA FIANCEE !

Uh ? C'est quoi ça ? Nos pères rigolent doucement alors qu'il me sourit d'un air heureux. Levant la tête je regarde le ciel. Il est bleu … bleu comme mes yeux où brille un soleil d'or comme ses yeux à lui. Pourquoi le bleu et l'or sont si jolis ensembles ? Est-ce qu'on est pareil ? Une main se pose sur mon épaule avant que papa me porte dans ses bras.

- Winry on va rentrer … ta mamie arrive aujourd'hui.

Oui mamie est arrivée, Edward est parti quelques jours après avec son père, son frère et sa mère. Moi je suis restée à Ishbal avec Jean et nos familles pendant quelques années encore. Je suis même tombée malade, m'obligeant à aller à l'hôpital pendant deux semaines.

Mon regard se trouble alors que les souvenirs refont surface. Quelque chose que j'avais oublié, que je m'étais efforcée d'oublier est revenue au galop me poussant à me retrouver aussi déconfite que lors de leur départ. Une goutte roule sur ma joue alors que je reprends appui sur le bureau. Mes jambes me lâchent … j'entends un froissement léger derrière moi.

Mon dieu … la tête me tourne, je me tiens le front.

- Winry ? WINRY !

Tombant en arrière, je sens deux bras m'empêcher de toucher le sol alors que le noir s'impose à moi. Pourquoi ? Pourquoi tout cela revient maintenant ? Quand je disais qu'ils foutaient le merdier dans ma vie, j'étais loin de m'imaginer qu'ils allaient déterrer ces souvenirs enfouis au fond de moi qui m'ont fait pleurer des nuits entières à Ishbal. Et dire que je …

- Edward …, murmurai-je avant que le noir m'enveloppe totalement