Harry Potter et la Prophétie du Triangle
Chapitre vingt-sept
Confessionnal
Un espace fermé était requis pour servir d'alternative à la confession habituelle où le pénitent avait la possibilité de parler à un prêtre face à face ou en secret, derrière un panneau. Un mur a été construit pour fermer une nef existante, qui abritait un petit confessionnal. Le confessionnal a été démantelé et reconfiguré pour créer un panneau amovible, qui sert de lien entre l'ancienne et la nouvelle forme.
--The Renovation of the Chapels of St. Ignatius Church, San Francisco
Harry ouvrit la porte d'entrée de Bout-du-Lard. Il s'était attendu à ce que Draco Malfoy soir sur le pallier, mais à la place, il était à mi-chemin sur l'allée, là où Harry l'avait vu quand il était en haut. Ginny ne sembla pas surprise par cela. Elle prit sa main après qu'il eut refermé la porte et opina du chef. Ils se dirigèrent vers Draco Malfoy, qui se comportait très bizarrement, ses mains poussant l'air comme s'il était solide.
Comme il se rapprochait, la réaction de défense instinctive de Harry, le sarcasme, remonta à la surface. « Tu penses à une nouvelle carrière, Malfoy ? C'est pas une mauvaise idée… Tu n'auras même pas besoin de te peindre le visage en blanc pour faire le mime, bien que le coup du coincé dans la boîte invisible commence à être un peu éculé, tu crois pas ? » Harry aurait souhaité que sa voix ne tremble pas, et il commença à avancer sa main vers la poche où il avait sa baguette.
Malfoy arrêta ce qu'il faisait et lança un regard noir à Harry. « Pour ton information, il semble y avoir une sorte de sort de bouclier qui m'empêche de m'approcher davantage de la maison. Pratique pour toi, hé ? Inquiet que je te frappe encore ? Où est le courage de Griffondor ? » se moqua-t-il.
« Et pour ton information » dit acidement Ginny, « Harry ne savait rien du sort de bouclier. Ce sont mes frères qui l'ont lancé, et ils en ont mis un autour de chez mes parents aussi. Tu ne penses pas que Percy, Fred et George feraient leur métier sans quelque sécurités ? De plus George doit penser à Angelina et à ses enfants. »
Malfoy croisa les bras et haussa un sourcil. « Tu ne peux pas me laisser passer ? Je veux juste parler… Je ne veux faire de mal à personne… »
Ginny ricana. « C'est un mensonge. La seule raison pour laquelle tu es conscient du charme est que tu as l'intention de t'en prendre à quelqu'un de Bout-du-Lard. C'est pour cela que Harry n'a même pas su qu'il y avait ce sort. Et c'est pour cela qu'il ne te laisse pas aller plus loin. »
« Ce n'est pas considéré comme 's'en prendre à quelqu'un' de faire ce qu'il t'a fait ? Mais bon, je suppose qu'il s'en est pris à toi de cette manière avant, alors cela importe peu maintenant, n'est-ce pas ? » fit-il en reniflant.
« De quoi parles-tu ? » demanda-t-elle, croisant les bras.
« Bien, c'est évident que vous êtes discrètement venus ici pour baiser ! » cracha-t-il. « Vous n'auriez pas pu attendre de retourner au château ? Y a-t-il une pièce du château où vous ne l'ayez encore pas fait ? »
Ginny resta bouche bée. « Nous… Comment oses-tu… »
Malfoy lui lança un regard de mépris total. « Tout le sait pour vous deux, après le petit problème de la 'mise à pied' de Potter . L'aile des professeurs ! Bon Dieu, tu ne manques pas de culot, Potter. Tu penses que tu peux t'en tirer en toutes circonstances, pas vrai ? Bien sûr, c'était aussi évident que Rogue t'a suspendu simplement pour le spectacle, pour te faire quitter le château. Pour t'éloigner de moi, et peut-être aussi de Mariah. Nous devons protéger notre précieux Harry Potter à tout prix, après tout. Rien ne doit arriver à notre Harry. » dit-il sur un ton chantant ennuyeux.
Harry regardait Malfoy la bouche ouverte. « Q…Quoi ? » bafouilla-t-il, incapable de formuler à quel point certaines des accusations de Malfoy étaient décalées. Le problème était qu'elles ne l'étaient pas toutes. Spécialement celle sur le faire sortir du château pour le protéger.
Ginny avait cependant trouver un moyen de formuler son indignation. « Pour ton information, cet après-midi a été la première fois où… » Elle s'arrêta soudain, réalisant ce qu'elle disait, virant au rouge vif et détournant le regard de lui. Malfoy éclata de rire.
« Oh mon Dieu. Est-ce que tu me dis que cela lui a pris si longtemps ? C'est trop drôle. Et quand je pense que moi, et tout le monde à l'école, ajouterais-je, » aimant clairement la manière dont Ginny rougissait de plus en plus « pensions que vous vous cachiez constamment pour baiser comme des bêtes. Bien, miss Weasley, cela vous apprendra à jeter un Serpentard. Au moins votre sœur peut sans doute bien se faire prendre régulièrement, avec Rogue. Je pourrais toujours bien vouloir te donner une chance, en ignorant que tu as été polluée par ça. » dit-il en montrant Harry de la main, et en prenant un air dégoûté. « Il doit bien exister un sort pour enlever son odeur de toi… »
Harry commença à s'avancer vers lui, mais Ginny le retint, lui chuchotant « Non. Cela romprait le charme. »
« Oh, j'ai de la chance que Ginny soit là pour me protéger de toi, Potty. » fit Malfoy de sa voix traînante. « Qu'aurais-je fait si elle n'y était pas ? » Il fit une tête tragique, qui se transforma brusquement en un sourire mauvais. « J'aurais fais disparaître ton caleçon, tiens. Branleur. » lui lança-t-il pour faire bonne mesure.
Harry déglutit, voulant lancer un maléfice à Malfoy plus qu'il n'avait jamais voulu le faire à quiconque, mais il y avait quelque chose dans ses yeux de légèrement dérangeant, quelque chose qui rendait ses provocation un peu moins sincères. Il cachait quelque chose.
« Pourquoi nous as-tu réellement suivi ici, Malfoy ? Qu'est-ce que tu as en tête ? » demanda-t-il doucement, scrutant très soigneusement le visage de son opposant, au cas où il trahirait quelque chose.
Là, un éclair terrifié dans les yeux, disparu aussi vite qu'il était apparu. « Tu ne sauras jamais, Tête Fendue. Pourquoi devrais-je… » Il s'arrêta net, comme s'il en avait trop dit. Harry saisit cette opportunité.
« Pourquoi devrais-tu quoi ? Ce que j'aimerais savoir, c'est pourquoi tu devrais te soucier de ce que Ginny et moi faisons quand nous sommes seuls ensemble. Tu devrais plutôt t'occuper de Mariah… C'est elle qui a besoin de toi en ce moment. »
« Je n'ai rien fait d'autre que m'inquiéter pour Mariah ! » cria-t-il soudain. « Pourquoi penses-tu… » Il s'arrêta et se mordit la lèvre. « Peu importe. » dit-il rapidement. « Ce n'est pas comme si tu te souciais de quelqu'un d'autre que toi de toutes façons… »
Harry pinça ses lèvres et s'avança vers Malfoy, prenant le risque de passer le bouclier du sortilège. « Mais c'est le cas. Pour toi. Et… » Il regarda Draco Malfoy, qui avait soudain l'air très jeune et effrayé, « Et nous nous faisons aussi du souci pour toi. Je doute que tu veuilles que Voldemort utilise le sort d'Obéissance sur toi, pas plus que l'un d'entre nous veut qu'il utilise la peau de selkie de Mariah pour lui faire faire des choses affreuses. » Malfoy ne lui répondit pas, mais il avait une expression sceptique. Il lança un regard défiant à Harry, qui lui secoua tête. « Tu sais que nous avons plus en commun que ce que tu penses. » Il sourit. « J'ai appris une paire de choses sur les fondateurs quand j'étais en retenue. La mère de Sirius connaît beaucoup de choses que même Hermione ne pourrait pas trouver dans la section Interdite de la bibliothèque de l'école. Selon Mrs Black, je descends de l'une des filles de Griffondor. Savais-tu que nous, toi et moi, avons tous les deux du sang Malfoy et Griffondor ? »
Draco Malfoy recula et fit la tête à Harry. « Est-ce que Granger et Bell savent que baiser te rends dingue et ont oublié de nous le dire ? »
Harry rit, lui expliquant que le fils illégitime de Godric Griffondor portait le nom de sa mère, Malfoy, et que les filles qu'il avait eues avec sa femme étaient aussi pour moitié Malfoy, parce que c'était le nom de famille de son épouse. Draco Malfoy avait l'air de vouloir vomir.
« Est-ce que tu me dis que je suis Griffondor en partie ? Tu penses que c'est un moyen de passer de mon bon côté ? »
Harry essaya de ne pas rire à son expression. « Et je suis Malfoy en partie. Bien, si l'on revient à un millier d'années plus tôt. Et les frères qui ont épousé Serdaigle et Poufsouffle s'appelaient Weasley. Le fils de Serdaigle a épousé la demi-sœur du fils de Godric Griffondor, souviens-toi. Et elle était à moitié Malfoy. Alors, ils s'entendaient tous bien… »
Malfoy renifla. « Ils ne s'entendaient pas tous bien si tu parles de la fiancée de Serpentard baisant Griffondor, et de Serpentard lui lançant un maléfice. Pas exactement ce que j'appelle bien s'entendre. »
« Je veux dire, une fois que Serpentard était parti… »
Malfoy lui lança un regard noir. « Juste comme tu aimerais que je partes. Oh, tu aimerais cela, pas vrai, si je refusais simplement un ordre direct du Seigneur des Ténèbres et que je tombais raide mort. Tu adorerais cela ! Comme ce serait pratique pour toi… »
« Non, je n'aimerais pas cela ! » dit Harry avec énervement, momentanément surpris de réaliser qu'il le pensait vraiment. Mais il était encore en colère que Malfoy soit si têtu. « Écoute, que tu aimes cela ou pas, j'ai vu ce dont tu étais capable dans mon autre vie, quelle sorte de personne tu pouvais être. Tu n'as pas à être comme cela ! Tu pourrais choisir d'être… »
« Tu n'as pas idée ce que c'est d'être à ma place ! » lui siffla Draco Malfoy, les dents serrées. « Ne me parle pas de choix ! Si j'avais le choix, tu penses que je… » Il eut l'air de s'être littéralement mordu la langue. Il se détourna de Harry, regardant ses mains qui tremblaient.
Harry eut une révélation soudaine. « Que t'a-t-il demandé de faire ? » chuchota-t-il avec crainte. « Il l'a fait, n'est-ce pas ? Il t'a donné un ordre. Quand était-ce ? Quand tu es allé à l'enterrement de ton père ? » Malfoy se retourna, les yeux grands ouverts, comme si Harry avait touché juste. « Que t'a-t-il demandé de faire ? » lui demanda encore Harry, essayant très fort de ne pas prendre l'autre garçon par les épaules.
Malfoy ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais cette dois, Harry vit vraiment ses dents se refermer sur sa langue, et le mordre fort, jusqu'au sang. Malfoy tomba à genoux et un filet de sang sortit de sa bouche, coulant le long de son menton. Toute l'hostilité de Harry disparut, et il se précipita vers lui, passant le bouclier, et tombant à genoux à côté de Malfoy, le regardant sans pouvoir rien faire. Ginny fut à son côté en un instant. « OK ! » dit Harry. « Tu ne peux pas nous le dire, j'ai saisi. Il t'a lancé un sort, ou cela fait partie du sort d'Obéissance… Il aurait pu t'ordonner de ne pas le dire, et tu as accepté, alors même si tu le voulais, tu ne pourrais pas… »
Harry se sentit très mal, se souvenant à quel point cela avait été frustrant quand il avait accepté de suivre Jedusor, comment cela avait été énervant quand ses pieds avaient semblé bouger de leur propre fait, et comment cela avait été encore pire quand il n'avait pas pu toucher Jedusor, peu importe comment il essayait.
« Est-ce pourquoi tu nous as suivi ? Tu venais nous chercher… Pour t'aider ? » lui chuchota maintenant Harry. Malfoy avait encore ses yeux grand ouverts. Il avait presque l'air de vouloir acquiescer, mais il semblait incapable de faire quoique ce soit pour répondre par l'affirmative. Il ouvrit la bouche comme pour parler, mais une fraction de seconde plus tard, il grognait encore de douleur comme ses dents se refermaient sur sa langue une fois de plus, et Ginny passa ses bras autour de ses épaules, son visage livide de crainte.
« Nous devons t'amener à Rogue. » dit rapidement Harry. « Il saura que faire. » Malfoy le laissa l'aider à se relever, mais ils n'avaient pas fait trois pas ensemble quand tous les deux poussèrent des cris de douleur et tombèrent encore à genoux. Ginny ne savait plus du tout quoi faire. Elle les regarda tous les deux, Harry se tenant sa cicatrice, ayant l'impression que sa tête allait se fendre en deux, et Draco Malfoy se tenant son avant bras gauche avec sa main droite, ayant l'air de souhaiter pouvoir s'arracher le bras pour se débarrasser de la douleur.
Harry dut fermer les yeux à cause de la douleur. On aurait dit que quelqu'un avait enfoncé un coin dans sa tête pour la fendre en deux. Au milieu de sa douleur, cependant, quelques images commencèrent à devenir claires. Il pouvait voir Voldemort pressant sa baguette sur l'avant-bras d'un homme, rendant la Marque des Ténèbres d'un noir profond, convoquant ses serviteurs restants. Et puis Harry vit qui était l'homme à la Marque.
Queudver.
Il était sur un fauteuil, ligoté, immobile, son bras gauche posé sur l'accoudoir. La peau pâle et tendre de l'intérieur de l'avant-bras exposée vers le haut, montrant l'abominable tatouage, la Marque de sa servitude. Il avait un bâillon dans la bouche, et Harry pouvait voir que ses yeux étaient remplis de douleur. Voldemort avait à nouveau fait de Queudver son serviteur, et il lui trouvait une fois encore une utilité.
Soudain, Draco se dégagea d'eux et Harry rouvrit ses yeux, luttant pour voir ce qui se passait autour de lui, tout en continuant à sentir la douleur extrême résonner dans sa tête. Draco se leva et sortit sa baguette. Avant qu'ils ne puissent faire quoique ce soit, il transplana avec un pop ! Harry s'effondra contre Ginny, sa tête encore douloureuse. Quand il ferma les yeux, il ne put plus voir Draco Malfoy cependant. Il n'était pas avec Voldemort. C'était quelque chose au moins. La question était… Où était-il parti ?
Soudain, la douleur dans sa tête diminua, et il prit de grandes inspirations, se sentant épuisé. Il regarda les grands yeux sombres et inquiets de Ginny. « Rogue. » Il prit sa main et il commença à courir vers les Trois Balais. Ginny peina à le suivre.
« Mais Draco est parti ! Comment saura-t-il… »
« Il a aussi la Marque ! » lui rappela Harry comme il courait. « Il saura où se trouve Voldemort ! »
Ginny referma sa bouche quand elle entendit cela, et accéléra, tenant maintenant la distance avec lui. Quand ils atteignirent le pub, c'était comme s'ils avançaient à contre courant tellement il y avait de monde qui sortait. Quand ils réussirent finalement à se glisser dedans, ils trouvèrent Rogue sur le sol à côté de la table où il avait été assis. Sa tête était sur les cuisses de Maggie, et il se tenait l'avant-bras gauche à travers sa robe, qu'il n'avait pas remontée, afin que sa marque soit cachée. Son visage était couvert de sueur et il était encore plus pâle que d'habitude, si cela était possible. Harry supposa que, comme Draco Malfoy, il avait hurlé quand sa Marque des Ténèbres avait été activée par Voldemort, et que c'était pour cela que les clients avaient filé. Harry s'accroupit auprès de lui, posant sa main sur son épaule. Il se souvint maintenant à quel point c'était douloureux d'avoir la Marque et d'être invoqué par Voldemort, et il haït penser à ce Rogue vivait en ce moment. Mais… Parce que Rogue avait encore la Marque, ils pourraient peut-être trouver Voldemort.
Il s'assura de parler à voix basse, parce qu'il restait encore des gens dans le pub, qui s'était écartés par crainte. « Malfoy l'a senti aussi, et il a transplané ! » lui chuchota h avec urgence. « Vous savez où Voldemort est, où il veut que les mangemorts aillent ? »
Severus Rogue déglutit et leva ses yeux remplis de douleur vers Harry acquiesçant gravement.
« Little Hangleton. »
Harry referma la bouche. Bien sûr. Il acquiesça, puis dit « Est-ce que vous avez souvent senti cela ? Est-ce qu'il a souvent convoqué les Mangemorts ? Pour quelque raison, a cicatrice n'a pas fait mal… »
Rogue inspira et pressa encore sa main sur son avant-bras. Quand la douleur sembla diminuer, il dit laconiquement. « Non. C'est la première fois depuis des mois. Mais… Les rapports de renseignement ont dit que ses lieutenants géraient le plus gros du travail pour lui. Malfoy, et un autre. » Verpey, pensa Harry, revoyant encore son visage juste avant qu'il ne tombe dans les limbes. « Il semblait être… Inquiet pour quelque chose, et gardait ses distances par rapport à l'Angleterre… Je pense que depuis Stonehenge, il est revenu. »
« Il s'est peut-être inquiété que Dumbledore… Essaye encore d'utiliser sa cicatrice, pour l'atteindre. » chuchota Harry. Rogue acquiesça.
« Tu as probablement raison. »
Harry réalisa que, d'une certaine manière, ce que Dumbledore avait fait avait marché. Cela avait éloigné Voldemort par peur que Dumbledore le fasse encore. « Ce qui signifie qu'il était trop loin pour que je puisse ressentir quoique ce soit avec ma cicatrice quand il ressentait beaucoup d'émotions… »
Encore une fois, Rogue saisit son bras, et il commença à réciter une litanie des pires jurons que Harry avait jamais entendus, même s'il les disait dans sa barbe, très calme et déterminé. Harry fit une grimace, horrifié par la douleur qu'il savait que Rogue subissait.
« Ne s'arrête-t-il pas maintenant habituellement ? » chuchota Harry. Il se souvenait être tombé en chute libre dans le ciel, alors qu'il volait en griffon d'or dans son autre vie. Après un moment, la douleur extraordinaire avait cessé. Mais très brusquement, Harry n'eut pas besoin de Rogue pour lui répondre… Il savait.
Ce fut au tour de Harry de crier et de se tenir la cicatrice. Il s'effondra contre le pied de la table et ferma les yeux à cause de la douleur, voyant à nouveau Voldemort et Queudver ligoté. D'autres étaient arrivés pendant ce temps. Ils étaient dans ce qui semblait être une très grande salle à manger avec des moulures élaborées dont la peinture pelait en bandes s'enroulant sur elles-même. Un énorme manteau surmontait un foyer froid. Il y avait déjà tant de mangemorts, pour Harry. Pourquoi les convoquait-il encore ?
Mais un instant plus tard, il découvrit pourquoi. Il attendait encore un mangemort particulier.
Draco Malfoy.
Quand il entra, Harry le remarqua tout de suite. Malfoy essaya de se cacher derrière la foule, près de la porte, mais Voldemort le vit immédiatement. La foule nerveuse s'écarta, exposant Malfoy et permettant à Voldemort de traverser la pièce en l'observant critiquement.
« Alors, » fit lentement la voix étrangement haut perchée « nous avons décidé de ne pas mourir aujourd'hui. »
Malfoy acquiesça, tremblant visiblement. « Je… Je savais que vous tiendriez parole, mon Seigneur. Vous aviez dit que vous le feriez… »
« Tu pensais négocier avec moi ? » dit soudain le sorcier aux yeux rouges, le coupant. Draco Malfoy se figea. Ses lèvres bougèrent en silence, comme s'il essayait de formuler une réponse, mais un instant plus tard, Voldemort éclatait de ce rire aigu et cruel. « Bien sûr que je tiens ma parole, pour un mangemort loyal. Comme l'était ton père, à la fin. Bien que je peine à comprendre ce que tu vois dans cette fille pour faire de tels efforts pour la protéger… Elle vient d'un mauvais sang. Tu le sais. » cracha-t-il presque.
« Elle est… Elle est de sang pur. S'il-vous-plaît, mon Seigneur… » chuchota Draco. Quelque chose comme un sourire fendit le visage cruel de Voldemort en deux.
« La voici. » Harry reconnut MacNair, le bourreau du ministère. Il amena un paquet informa enveloppé dans du papier kraft avec une ficelle. Avec un air suspicieux, MacNair tendit le paquet à Draco, qui sembla très soulagé de l'avoir.
« Mais ! » s'écria soudain Voldemort, sa voix coupant l'air comme une machette. « Ceci est à toi. C'est ta propriété. Je t'ordonne de ne pas la donner. » il regarda significativement Draco Malfoy, qui déglutit et acquiesça.
« Oui, mon Seigneur. Je ne la donnerai pas. Elle est à moi. »
Un des coins de la bouche de Voldemort remonta en un sinistre demi-sourire. « Comme tu es à moi, Enfant de la Lune. »
Dans le fauteuil, Queudver ligoté se tortilla soudain, secouant la tête et fixant Draco avec des yeux affolés. Il était bâillonné, alors il ne pouvait pas parler, mais des grognements aigus essayaient de passer la bâillon. Voldemort pointa simplement sa baguette vers lui et il tomba inconscient. Il semblait à Harry qu'il respirait encore, mais c'était difficile à dire. Draco Malfoy se mordait la lèvre et regardait nerveusement Peter Pettigrew.
« Oui, mon Seigneur, » dit-il à Voldemort, tremblant encore légèrement. « Je suis à vous. »
« Aaah! »
Le cri de Harry lui fit mal à la gorge. Il regarda le plafond des Trois Balais. Pour quelque raison, il était allongé sur le sol, et il était trempe et avait très froid. Hermione et Ron se tenaient au-dessus de lui avec des carafes. De toute évidence, ils lui avaient lancé de l'eau glacée dessus. Harry enleva ses lunettes et vit qu'elle avaient besoin d'un nouveau sort d'Impervius.
« C'était pour quoi ? » demanda-t-il avec colère, se passant la main sur le visage et clignant des yeux pour évacuer l'eau.
« Qu'est-ce que tu veux dire, c'était pour quoi ? » lui demanda Hermione, incrédule. « Tu criais sans discontinuer en te tenant la cicatrice… »
Harry fronça les sourcils. « C'est vrai ? » cela expliquait la douleur dans sa gorge. Il se toucha la cicatrice en hésitant. Elle était chaude et sensible. « J'ai vu… J'ai vu Malfoy. Avec Voldemort et les mangemorts. MacNair lui a donné quelque chose et Voldemort a dit que Malfoy était sien et Malfoy a acquiescé. » dit-il très rapidement, essayant de ne pas parler trop fort.
Soudain, Ginny apparut en provenance du bar, portant une bouteille de bièraubeurre. Elle s'arrêta net, fixant Harry, trempé, encore sur le sol à côté de Rogue, dont le bras semblait avoir cessé de lui faire mal. « Qu'avez-vous fait ? » demanda-t-elle à Ron et Hermione.
« Il avait besoin de plus que de la bièraubeurre, Ginny. » dit penaudement Hermione.
« Ouais. » approuva Ron, lançant à Harry un regard quelque peu hostile. « En plus… Considérant ce que je sais sur ce que vous avez fait tous les deux, c'était très satisfaisant. » ajouta-t-il, l'air assez content de lui, ses narines dilatées.
« Ron ! » dit Maggie avec colère, comme si elle avait des années de pratique dans son rôle de grande sœur, et pas moins d'un an. « Ce ne sont pas tes affaires… »
« Et les tiennes ? Avoir à te mêler de leurs vies privées, je veux dire. » ajouta Ron.
« Ce n'est pas le moment ! » les coupa soudain Rogue. Maggie lui lança un regard noir. Il l'ignora et se tourna vers Harry. « Tu l'as vu. » dit-il doucement. Ce n'était pas une question.
« Oui. Je… J'ai pu voir Malfoy ! Avec lui ! Il y est allé. Je… Je pense que j'ai du crié parce qu'il… Il a lancé le Cruciatus sur… Sur Queudver… »
« Il a Pettigrew ? » dit rapidement Rogue, un goutte de sueur perlant sur sa lèvre. Harry acquiesça.
« Je vais me lancer un sort de silence. Si Voldemort fait encore quelque chose avec colère, je pourrai peut-être en apprendre davantage. » dit Harry, commençant à diriger sa baguette contre sa gorge.
« Non, Harry, laisse-moi faire. » dit Hermione. « Je connais quelque chose qui t'évitera d'avoir mal à la gorge. Un sort de silence nous empêchera juste d'entendre tes cris. » Il acquiesça et la laissa lancer son sort. Il se remit sur une chaise et ils s'assirent autour de la table, Ginny lui tenant sa main serrée, son visage très pâle. Mais après quelques minutes, il sembla que plus rien ne serait communiqué à Harry par sa cicatrice. Il haussa les épaules et fit un signe de la tête à Hermione, montrant sa gorge, et elle lui enleva le sort.
« Je suppose que c'était avoir trop d'espoir. » dit-il. « Bien sûr, la seule fois où j'espère que ma cicatrice va me faire mal, afin de voir ce qui se passe, rien n'arrive… »
Ron avait l'air un peu embarrassé par sa réaction précédente. « Désolé, Harry. » Il regarda aussi penaudement sa sœur. « Et toi aussi, Ginny. Je suis… Désolé… D'avoir réagi de cette manière. » Il était très rouge, et Harry pouvait à peine l'entendre tellement il parlait doucement. « Ce n'est pas comme si vous ne m'aviez pas dit de manière répétée que je devrais me préparer… »
Harry acquiesça, son bras autour de Ginny. « Tu sais que j'aime beaucoup Ginny, Ron ? Et que je ne lui ferais jamais de mal ? » Ginny regarda son frère avec de grands yeux pleins d'espoir, et Ron acquiesça, les lèvres pincées, comme Hermione prenait sa main dans les siennes et lui faisait un gentil sourire. Maggie scrutait aussi attentivement Ron.
« Je sais, je sais. » admit-il finalement. Poussant un grand soupir, il dit « Je suppose que nous devrions mettre un terme à notre visite et aller dire à Dumbledore ce qui s'est passé. Avec Malfoy. »
« Oui. » acquiesça Harry. Rogue opina du chef et tous les six se levèrent pour partir. Cependant, ils n'avaient pas fait plus de quelques pas dans la rue qu'une douleur déchirante s'enfonçait à nouveau dans la tête de Harry. Voldemort n'avait pas fini…
Un homme dont il ne pouvait pas voir le visage était au sol de la même pièce qu'il avait vue plus tôt, se tordant de douleur pendant que Voldemort avait sa baguette pointée sur lui. Harry pouvait voir l'éclair de lumière ambrée, et il se mit les mains sur les oreilles pour ne pas avoir à entendre les cris inhumains de la victime. Cela ne fit rien cependant, car Harry n'entendait pas vraiment l'homme agonisant par ses oreilles.
A la longue, Voldemort releva sa baguette et demanda à l'homme ruiné à ses pieds. « Dis-moi pourquoi je n'ai plus mes dragons ! Dis-moi pourquoi je n'ai plus mes détraqueurs ! Dis-moi pourquoi tu as transplané ici au lieu de rester à Stonehenge pour te battre ! » Des postillons s'envolaient de sa bouche comme son ton se muait en un cri de colère, et de coin de l'œil, Harry était conscient que l'homme, n'étant plus sous le coup du maléfice, battait en retraite à quatre pattes, comme un crabe. Les mangemorts rassemblés se reculèrent, élargissant le cercle autour de lui, mais Harry se fixait sur Malfoy, qu'il avait repéré dans la foule, plus au centre de la colère de Voldemort.
Cependant, malgré le fait qu'il était plus sur le grill pour l'instant, Draco Malfoy s'avança. Il ne cilla pas face à l'inquiétant regard rouge de Voldemort.
« Qu'y a-t-il ? » cracha-t-il avec impatience.
Draco Malfoy chuchota « Harry Potter. »
Le visage reptilien de Voldemort commença à se tordre follement. Un tic fit soudain cligner son œil droit de manière incontrôlable. « Quoi encore ? » pressa-t-il Malfoy, qui avait l'air d'avoir une confiance totale en ce qu'il faisait. Son père avait été dans le premier cercle de Voldemort, et il semblait prêt à prendre sa place maintenant.
« Je sais de bonne source que c'était Harry Potter qui a dit à Dumbledore comment se débarrasser des détraqueurs, et qu'il a aussi retourné les dragons, mon Seigneur. » dit-il, sa voix claire et froide, l'air assez content de dire cela à Voldemort. « Il leur a parlé. »
Voldemort fixa Malfoy et s'avança vers lui, ses traits déjà inhumains tordus dans une expression de totale confusion. « Il leur a parlé ? » en se dirigeant vers Malfoy, il se trouva qu'il marchât sur le mangemort qu'il venait de torturer. Quand l'homme émit un cri étrangement haut perché, Voldemort se retourna et pointa encore sa baguette sur lui, prononçant une fois encore l'incantation redoutée, avec un détachement glaçant.
Le hurlement de Harry sembla (au moins pour lui) continuer une éternité. Finalement, il ouvrit les yeux et les cligna en regardant les cinq personnes accroupies autour de lui.
« Qu'était-ce ? » demanda Rogue dans un souffle, ses yeux sombres anxieux.
« Malfoy. » croassa Harry, à peine capable de parler. « Il… Il dit à Voldemort que tout est de ma faute. La perte des dragons, et celle des détraqueurs aussi. Il… Il ne semble pas être mangemort très à contre-cœur ces temps-ci. » ajouta Harry, essayant de se débarrasser à jamais des souvenirs du Draco Malfoy de son autre vie. Le garçon qui s'était mordu la langue en essayant de leur dire ce qui se passait, aurait tout aussi bien pu ne pas exister.
Ron devint rouge de furie. « Ce petit bâtard de furet. Quand je vais y mettre la main dessus… »
« Concentrons-nous pour retourner au château pour le moment, Mr Weasley. » dit sévèrement Rogue, aidant Harry à se remettre debout. « Le directeur doit être mis au courant de tout cela. »
Ron referma la bouche. A travers ses lèvres serrées, il réussit à extirper ces simples mots « Oui, sir. ». il lança un regard irrité à sa grande sœur, comme s'il mourrait d'envie de lui demander comment elle avait accepté d'épouser Rogue, mais il retint sa langue.
Le retour de Pré-au-Lard à Poudlard n'avait jamais semblé durer plus longtemps. Cela démangeait Harry de se changer en griffon et de voler, en prenant Ginny sur son dos, mais il se força à marcher. Il ne voulait pas prendre le risque de se retransformer en plein air. La colère de Voldemort pourrait passer par sa cicatrice à n'importe quel moment, et si Ginny était sur son dos, elle serait aussi en danger. Il lui jeta un coup d'œil, marchant à son côté. Il lui fit juste un petit sourire et enlaça ses doigts dans les siens.
« Pense simplement à … plus tôt. » dit-elle doucement. Il savait qu'elle essayait d'aider, mais il secoua la tête.
« J'aimerais pouvoir, mais… Non. » fut tout ce qu'il dit. La perfection de l'après-midi avait volé en éclat quand ils avaient vu Draco Malfoy en dehors de Bout-du-Lard, et tout était parti en vrille après cela. Il pouvait se contenter de penser à leur première fois ensemble, mais cela serait égoïste et contre-productif. Ils avaient à s'inquiéter d'autres choses maintenant.
Comme Draco Malfoy prenant la place de son père auprès de Voldemort.
Quand ils atteignirent finalement le château, Harry se traîna dans sur les marches de pierres, ayant l'impression de ne plus avoir de forces, et attendant que Ron ouvre la lourde porte. Rusard attendait dans le hall d'entrée, un parchemin à la main. Il était assis sur une chaise en bois, tenant sur les jambes de derrière, ronflant bruyamment, ses pieds sur la porte d'un placard (le même placard, se souvint Harry, où lui et Ron avaient rentré Crabbe et Goyle drogués quand ils les avaient incarné en utilisant le polynectar). Quand Ron referma la lourde porte, Rusard se réveilla en sursaut et sa chaise s'abattit sur les dalles de pierre.
« Que… Que se passe-t-il ? Que faites-vous à déjà rentrer de Pré-au-Lard ? » il fronça les sourcils, suspicieux. « Vous pensiez commettre quelques méfaits dans le château, et essayer de dire que vous étiez au village comme alibi, n'est-ce pas ? Bien… Ho, hem, bonjour, professeur Rogue. » dit-il penaudement, se mettant debout, trafiquant son parchemin entre ses doigts, venant juste de noter le maître de potions debout derrière Ron (ils avaient à peu près la même taille). Le changement de ton de condescendant à servile fut si soudain que Harry se demanda s'il avait reçu un coup de fouet. Il avait envie de lui dire qu'il avait oublié de lisser sa houppette… Pas qu'il lui en reste encore une.
« Nous sommes rentrés pour affaires avec le directeur. Alors si vous vouliez bien marquer ces élèves comme étant rentrés, j'apprécierais. Nous n'avons pas de temps à perdre. » dit laconiquement Rogue. Rusard acquiesça, examinant de près son parchemin.
« Bien sûr, bien sûr, professeur Rogue… » Harry se sentait irrité et nerveux en attendant que Rusard vérifie leurs noms. Mais au lieu de simplement les laisser passer, il regarda suspicieusement par-dessus le parchemin. « Étaient-ils tous au village avec vous et Miss Dougherty, professeur Rogue ? » demanda-t-il lentement, avec un craquement dans la voix qui fit se serrer l'estomac de Harry.
« Oui, oui. Dépêchez-vous donc ! » lui dit Rogue, sa voix s'élevant.
Rusard parcourut encore une fois la liste, puis leva les yeux vers Rogue, une espèce de sourire satisfait tordant le coin de ses fines lèvres amères. « Vous serez sans doute intéressé de savoir, professeur, qu'aucun d'eux n'a signalé sa sortie avant de quitter le château. Et qu'elle… » dit-il plus fort encore, pointant un doigt osseux sur Ginny, « n'avait même pas à partir pour le village ! » Il regarda Rogue avec de grands yeux coléreux, rappelant bizarrement à Harry ceux de sa propre chatte, Mrs Teigne, avec ses yeux comme des lampes.
Ginny resta bouche bée. « Bien sûr que je pouvais partir pour le village ! Je viens d'avoir dix-sept ans ! »
Hermione s'avança maintenant, un peu blanche. D'une voix tremblante, elle dit « J'ai bien peur que ce soit en partie de notre faute, à Harry et à moi, Mr Rusard. En tant que préfet et préfète en chef, nous avons pris sur nous de prendre quelques mesures de sécurité supplémentaires, et nous avons quitté le château par un autre chemin. Nous ne voulions pas être vus en train de descendre au village en plein jour… Mais maintenant, nous devons vraiment aller voir le professeur Dumbledore. Sûrement que tout cela pourra être élucidé plus tard… »
Mais il montra encore Ginny du doigt. « Cela ne l'excuse toujours pas d'avoir franchi les limites ! Seuls les élèves majeurs étaient sensés y aller, et elle n'est pas majeure ! »
« Si je le suis ! » disputa Ginny avec ardeur, s'avançant, pas effrayée. « Je vous ai dit… Je viens d'avoir dix-sept ans. Il y a quelques jours. Quand cette liste a-t-elle été faite ? Elle n'est peut-être pas à jour… »
« Elle a été magiquement générée ce matin-même par le directeur en personne. Elle contient le nom de tous les élèves majeurs aujourd'hui ! » répliqua-t-il, avec un sourire de maniaque. « Maintenant, si je me souviens bien, professeur Rogue, ce bagage... » Ron s'avança avec colère et Harry se joignit à contrecœur à Hermione pour le retenir. « … avait déjà eu des problèmes pour s'être promené de nuit avec notre préfet en chef. » Il lança à Harry un bon regard noir. « Je crois que cette fois, pour être à nouveau en dehors des clous, la mise à pied est de rigueur ? » finit-il, haussant un sourcil et ayant l'air rempli d'espoir. Ginny resta bouche bée.
« Mais je n'ai rien fait de mal ! J'ai dix-sept ans ! » cria Ginny, sa voix craquant. « Demandez à mes parents ! Ils enverront un certificat de naissance… »
« Mr Rusard, » dit Rogue d'une voix basse et dangereuse. « nous avons des affaires pressantes avec le directeur, et nous pourrons voir ce problème avec lui. Il a le Registre dans son bureau. Soyez assuré que si Miss Weasley n'avait pas l'autorisation d'aller à Pré-au-Lard, sa punition sera à l'échelle de sa faute. Cependant, nous n'avons plus de temps à perdre sur des sujets si triviaux ! »
Les lèvres de Rusard étaient plus fines que Harry ne les avait jamais vues, mais il battit finalement en retraite et les laissa passer tous les six. Harry passa son bras sur les épaules de Ginny comme ils montaient les escaliers de marbre. Elle lança par-dessus son épaule un regard noir de colère à Rusard, tremblant encore de colère.
« Quelqu'un a du supprimer mon nom de la liste par enchantement, pour me jouer un tour ! » cracha-t-elle. « Je ne peux pas croire ce que les gens sont prêts à faire… »
« Si c'est du fait de Malfoy, » grogna Ron, « c'est encore autre chose dont il devra me répondre… »
« nous n'avons pas le temps pour cela ! » leur dit Harry à tous les deux comme ils atteignaient le couloir avec la gargouille gardant la porte du bureau de Dumbledore. « Rogue a raison ! Nous avons des soucis plus important que ceci. »
Ginny baissa la tête comme Rogue donnait le mot de passe et que le mur s'ouvrait. « Oui, tu as raison, bien sûr. » chuchota-t-elle, l'air contrite. « Je suis désolée, Harry … »
Il opina du chef comme ils montaient sur l'escalier en colimaçon. Quand Rogue frappa à la porte du bureau de directeur, ils furent admis par un Dumbledore qui n'avait pas l'air le moins surpris. Harry ne put se contenir et commença immédiatement à parler.
« Nous sommes revenus parce que nous devons vous parler de Malfoy. Il est avec Voldemort. Il a été convoqué, par sa Marque des Ténèbres, et il est allé à Little Hangleton. Ils sont tous là ! Si les aurors et les opérationnels veulent l'avoir, tout ce qu'ils ont à faire, c'est de… »
« Harry. » Dumbledore le regarda par-dessus ses demi-lunes, très calme. « Respire. Penses-tu un seul instant que je n'ai pas d'espions parmi les mangemorts ? Je suis conscient de la réunion, et j'attends un rapport après cela. Quant à envoyer quelqu'un pour appréhender Voldemort et ses partisans… Cela a été essayé. Malheureusement, Voldemort a rendu la maison incartable, alors c'est impossible pour quiconque n'a pas été convoqué par la Marque des Ténèbres de la trouver. Et bien que nous ayons des opérationnels qui ont reçu la Marque des Ténèbres pour aider à espionner, ils ont grandement surpassé en nombre par les mangemorts loyaux. Et se serait du suicide pour eux de s'en prendre à Voldemort et ses partisans sans un soutien significatif. Ils ont plus de valeur en tant qu'espion qu'en tant que corps. »
« B… Bien, » bégaya-t-il, « mais vous devriez savoir que Draco Malfoy est là. Et qu'il sert Voldemort de son plein gré. »
Dumbledore soupira. « Y a-t-il autre chose, Harry ? »
Hermione resta bouche bée. « Que voulez-vous dire, y a-t-il autre chose ? N'avez-vous pas entendu ce que Harry disait ? » couina-t-elle presque.
Dumbledore acquiesça, placidement. » Si, j'ai entendu. Pour ce qui est de Mr Malfoy se rendant auprès de Voldemort quand il est convoqué… Pensez-vous réellement que j'aurais permis un week-end à Pré-au-Lard si je n'avais pas eu une assez bonne idée d'où Voldemort et ses mangemorts seraient aujourd'hui ? Et pensez-vous que j'autoriserais Mr Malfoy, mais pas Miss Kirkner, à aller au village sans raison ? » Il haussa un sourcil. Elle resta à nouveau bouche bée.
« Alors… Alors vous aviez prévu qu'il aille voir Voldemort ? Et vous lui avez donné un moyen de la faire ? » dit Harry, incrédule. « Est-ce que… Est-ce que Malfoy espionne pour vous ? » le cœur de Harry bondit dans sa gorge. Peut-être que Draco faisait la bonne chose après tout. Mais Dumbledore secoua la tête.
« Hélas, Harry, je peux seulement espérer. J'ai pensé qu'il serait pour le mieux de faire confiance dans le jugement de Mr Malfoy et de lui permettre de faire ses propres choix. De plus, si on lui avait donné une potion ou placé sous Imperius, et questionné pour savoir s'il était dans mon camp… Bien, en gardant mes distances, il peut répondre assez sincèrement que nous ne sommes pas ensemble. J'ai foi en Mr Malfoy. Il a montré auparavant sa capacité à penser indépendamment, et à faire la bonne chose. Son père ne serait pas allé à Azkaban autrement. J'ai des opérationnels pour me reporter les événements de la journée concernant Mr Malfoy. Comme vous n'êtes pas dans les meilleurs termes en ce moment, je pense que vous devriez me laisser cela. » dit-il avec un ton de finalité.
Ce fut au tour de Harry d'être indigné. « Mais… Mais ma cicatrice me faisait mal, et je l'ai vu ! Il disait à Voldemort que tout était de ma faute. Les dragons et les détraqueurs. Je vous dis qu'on ne peut pas lui faire confiance ! » Il ne pouvait pas croire que Dumbledore était assis là, disant calmement à Harry de ne pas mettre son nez dans une affaire qui l'impliquait à ce point.
Dumbledore, à sa stupéfaction, acquiesça. « Tu as peut-être raison, Harry, tu as peut-être raison. Mais à ce point, je dois lui accorder le bénéfice du doute. Je savais que tu étais en relative sûreté à Pré-au-Lard, avec les mangemorts à leur réunion à Little Hangleton, et avec le professeur Rogue à proximité. Ce n'est pas comme si je ne me souciais pas de ta sécurité… »
« Ce n'est pas ma foutue sécurité qui m'inquiète ! » dit faiblement Harry, incapable de comprendre comment Dumbledore pouvait être si calme. « C'est … Malfoy est un mangemort. Un mangemort de son plein gré. Quand il partira de cette réunion et reviendra au château, est-ce que vous me dites que vous allez le laisser aller et venir ici librement comme si rien n'allait pas ? »
Dumbledore se leva. Il avait maintenant l'air très sévère. « J'ai déjà dit que la situation est sous contrôle, Harry. Si tu ne me fais pas confiance… »
Harry ferma les yeux, secouant la tête. « Bien sûr que je vous fais confiance ! C'est juste que… »
« Alors fais-moi confiance ? » dit doucement Dumbledore, ses yeux bleus très durs, ne scintillant pas du tout comme il regardait Harry. Harry ne s'était jamais senti plus frustré de sa vie.
« Je vous demande pardon, monsieur le directeur. » dit soudain Rogue, montrant Harry, Ron, Ginny et Hermione. « Je ne voulais pas remettre en question votre jugement en les amenant ici… »
Dumbledore lui fit un petit sourire. « C'est bon, Severus. Je comprends entièrement. Cependant, j'ai quelques lettres à écrire, alors si vous voulez bien m'excuser… »
« Mais, et pour mon anniversaire ? » dit Ginny, s'avançant.
Dumbledore lui adressa un regard gentil, mais perplexe. « Pardon, Miss Weasley ? » Ginny lui expliqua ce qui s'était passé quand ils étaient rentrés au château, et Dumbledore fronça les sourcils, l'air assez mystifié. « Allons donc, c'est très étrange, vraiment très étrange. Vous n'étiez pas sur la liste, vous dites ? » Ginny acquiesça vigoureusement. Il traversa la pièce jusqu'à une haute bibliothèque remplie d'énormes livres reliés de cuir, les étagères s'élevant dans les hauteurs sombres de la tour.
« Accio Registre ! » dit-il calmement, tenant sa main au-dessus de sa tête. Un très gros livre noir sembla tomber de l'une des étagères du dessus, et Harry était certain qu'il allait frapper le directeur sur le crâne et le tuer. Cependant, il arriva directement dans sa main noueuse tendue, et il l'apporta à son bureau, le posant par-dessus les parchemins qui se trouvaient déjà là. Sur sa couverture, il arborait un grand blason de Poudlard, l'or ressemblant vraiment à de l'or, et l'argent sur le blason de Serpentard ressemblant réellement à de l'argent. Le cuir noir était ancien et craquelé, des marques sombres tout le long de la tranche. Dumbledore l'ouvrit au milieu, et un fin nuage de poussière se leva des pages de vélin, déclenchant chez tout le monde des crises de toux convulsive. Dumbledore balaya la poussière avec seulement quelques signes mineurs d'irritation sur le visage, s'éclaircissant la gorge en faisant cela.
« Ah, désolé. Nous avons eu quelques naissances de bébés en janvier et en février, mais pas de nouveaux enfants magiques depuis. Je m'attends à ce que nous en ayons dans une semaine ou deux cependant. La plus longue attente dont je me souvienne pendant que j'étais directeur a été de mars à septembre soixante-quinze. L'influence de Voldemort, sans doute. Et bien sûr, seules les dernières pages du Registre n'ont pas de poussière, bien que j'essaye de l'aérer de temps en temps… »
« Qu'est-ce que c'est, professeur ? » demanda Hermione, sa main devant sa bouche, et les yeux plissés à cause de la poussière qui flottait encore dans l'air.
Il lui sourit. « C'est le Registre, Miss Granger, dans lequel une plume magique écrit votre nom, dès que vous en avez un, le jour de votre naissance. C'est le Registre où tous les noms des enfants magiques apparaissent, s'il sont nés quelque part sur les îles britanniques, que ce soit dans des familles de sorciers ou bien moldues. Quand chacun de vous a été nommé par ses parents, la plume a écrit votre nom sur les pages de ce livre, et c'est sur ce livre que je lance chaque année le sort pour envoyer les lettres de Poudlard à nos nouveaux première année. » Il tourna la plupart des pages maintenant, ne laissant environ que vingt pages à la fin. De la poussière s'éleva encore dans les airs, mais ils s'étaient maintenant tous couvert la bouche et avaient les yeux presque fermés à cause de la poussière irritante. « Et, » continua-t-il, « c'est sur ce livre que j'ai lancé le sort ce matin pour créer une liste pour Mr Rusard de tout les élèves qui étaient majeurs. Allons à l'année quatre-vingt-un, pour déterminer ce qui a pu ne pas aller avec mon sort. Je suis désolé que cela vous ait importuné, Miss Weasley. Je n'ai jamais eu de problème avec ce sort avant, quand j'aide le professeur MacGonagall à préparer les lettres de Poudlard… »
« Je… Je ne dis pas que c'était vous, professeur, » dit-elle doucement. « je suppose… Que quelqu'un a effacé mon nom du parchemin. Pour me faire une mauvaise blague… »
Dumbledore acquiesça comme il tournait une page. « Oui, il y en a qui trouveraient cela amusant. Cela pourrait très bien être ce qui est arrivé, mais d'abord, nous devons éliminer… ». Il fit descendre son doigt le long des ligne sur les pages jaunies et s'arrêta, regardant à travers ses lunettes, puis par-dessus. « Hmm. Bien. Le mystère est résolu. C'était assez facile. » Il leva la tête et sourit.
Ginny pouvait à peine se contenir. « Quoi ? Que s'est-il passé ? »
« Mr Rusard avait raison. » dit Dumbledore assez plaisamment. « Cependant, pour ce qui est que vous ayez eu l'impression que votre anniversaire était déjà… »
« Quoi ? » s'écria Ginny. Hermione lui fit écho un instant plus tard, et Ron et Harry commencèrent à parler en même temps. Dumbledore essaya de les calmer avec ses mains, mais il fallu quelques temps avant que la pièce ne soit à nouveau silencieuse.
Il se tourna vers Ginny et dit simplement. « J'ai bien peur, Miss Weasley, que vous n'ayez pas encore dix-sept ans. »
« Mais… Mais je… » Ginny ne savait pas quoi dire.
« Vous pouvez venir voir, si vous voulez. Vous êtes quand même la première personne à être née en avril, comme vous pouvez voir. Mais selon le Registre, la date est le sept, pas le… Quand avez-vous dit que vous pensiez que c'était ? »
« Le premier. » chuchota-t-elle, fixant le livre.
« Ah. » fit-il, acquiesçant sagement. « Pas de doute que les jumeaux ont tiré grand avantage de cela quelques fois ? » suggéra-t-il avec un sourire en coin. Ron pouffa.
« Quelques fois ! Les jumeaux adoraient qu'elle ait son anniversaire ce jour-là ! » dit-il. Puis son visage se défit. « Mais comment avons-nous pu tous penser que son anniversaire était le premier alors que c'est… quand ? »
« Le sept. » dit lentement Harry, regardant la page jaunie où une plume magique avait écrit pas tout à fait dix-sept ans plus tôt Virginia Annabel Weasley.
Dumbledore scruta Ron. Il avait l'air plutôt sérieux. « Est-ce que vous me dites que votre propre mère avait l'impression que l'anniversaire était le premier, et pas le sept ? »
Ron commença à acquiescer, puis il dit « Bien, à moins qu'elle l'ait… Qu'elle l'ait simplement inventé. Mais pourquoi aurait-elle fait ceci ? »
« La Prophétie ! » dit soudain Hermione. Ils se retournèrent tous pour la fixer. Elle montra Maggie, qui blanchit. « La Prophétie de Trelawney ! Bill est allé voir ce centaure, qui lui a dit que la Fille de la Guerre serait dans sa famille. Il a pensé qu'il parlait des sœurs qu'il avait déjà, et Pettigrew aussi. C'est pour cela qu'il était sensé les tuer. Je veux dire… toi, et ta sœur, Maggie. » dit-elle maintenant à la grande sœur de Ginny, qui commença à retrouver ses couleurs. « Et pendant un moment, j'ai pensé que c'était Annie,… Nita, je veux dire. » se corrigea-t-elle. « Mais… Si l'anniversaire de Ginny est le sept… Cela fait d'elle un trois ! Et même sans cela… Son nom est déjà un trois. J'ai trouvé cela après que nous soyons revenus de Stonehenge. Jusque là, j'ignorais le deuxième prénom de Ginny. »
« Un trois ? » couina Ginny. « Quoi ? »
« L'arithmancie ! Ta date de naissance ! Le quatrième moi ajouté au sept fait onze. Ajoute à cela neuf et un, les deux premiers nombres de ton année de naissance, dix en d'autre mots, et tu as vingt-et-un. Ajoute les deux derniers nombres de ton année de naissance, huit et un, et tu as trente. Ajoute le trois et le zéro, et tu as … trois. Ton chiffre de naissance. »
Ginny déglutit, puis regarda Harry pour se rassurer. Il passa son bras autour d'elle. « Je suis la Fille de la Guerre ? » chuchota-t-elle. « Mais… Mais je pensais… A cause de ma date de naissance.. »
« Mais ce n'était pas ta vraie date de naissance ! » dit Hermione, encore très excitée. « Oh… Tu ne vois pas ce que cela signifie ? Il peut être vaincu ! Nous connaissons tout le monde dans le Triangle ! Harry est le Lion, Ginny la Fille de la Guerre… »
« Et Draco Malfoy, et l'Enfant de la Lune. » dit amèrement Harry. « Oui, il va probablement se montrer extrêmement coopératif pour abattre sa personne favorite du moment, et aider celle qu'il déteste le plus, moi, à le faire. » Il évita de croiser le regard de Dumbledore. Il n'avait pas besoin d'une autre leçon sur la nécessité de laisser à Malfoy le bénéfice du doute.
« Alors… Pourquoi est-ce que quelqu'un veut que tout le monde dans notre famille croie que j'ai une date de naissance différente ? »
« Probablement pour te protéger… » commença Hermione. A la surprise de Harry, Rogue intervint.
« Pettigrew. » dit-il simplement. Ils se tournèrent tous pour le regarder. Il avait contemplé le Registre. Maintenant, il leva ses yeux sombres et dit « La nuit où… Où tes parents ont été tués, » dit-il à Harry, « j'ai appris de Croupton que le Gardien du Secret, celui qui les avait trahi, connaissait aussi l'identité de la Fille de la Guerre. Je pensais qu'il parlait de Sirius Black… » Il regarda Maggie et lui prit la main, ses yeux humides. Soudain, Harry eut une image très vivante de ce qu'il avait vu dans la pensine de Rogue, Barty Croupton Jr, riant et disant à Rogue qu'ils étaient venus à Godric's Hollow pour voir 'le spectacle'.
« Et après que Sirius soit allé en prison, vous pensiez probablement qu'elle était en sécurité, qui que ce soit. » ajouta Harry. Rogue acquiesça. « Alors… Est-ce que vous dites que c'est lui qui a changé la date de naissance de Ginny ? Queudver ? Et que c'était pour la protéger ? »
« Je pense que cela pourrait très bien être le cas, Harry. » dit doucement Dumbledore, inclinant la tête.
Harry resserra sa prise autour de Ginny comme elle continuait à fixer la page du Registre avec son nom dessus. Quand elle était seulement un bébé, sept moi avant que Harry ne devienne orphelin, Peter Pettigrew avait essayé de protéger Ginny. Avait-il eu peur de recevoir l'ordre de tuer une autre fille Weasley ? Était-il inquiet de devoir la kidnapper et la faire disparaître comme ses grandes sœurs ?
Une seule personne connaissait les réponses à cela… Et elle était prisonnière de Voldemort.
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Harry attendait Draco Malfoy dans le hall d'entrée quand il revint au château ce jour-là, mais avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit, Rogue avait monté à grandes enjambées les escaliers du donjon, en disant à Malfoy avec irritation « Il est temps que vous rentriez. Pendant que vous étiez partis, Zabini a eu une dispute avec un troisième année et lui a lancé un maléfice. Bulstrode a essayé de discipliner Zabini, et maintenant elle est à l'aile de l'hôpital. Zabini est maintenant en salle de cours, en train de nettoyer les tâches de tables et du sol en utilisant des méthodes moldues, surveillé par Mr Rusard. Je ne peux pas passer mes journées à faire de la garderie dans la salle commune. Descendez et assurez-vous que plus aucune dispute n'escaladera jusqu'à des attaques réelles. Si vous avez besoin d'aller aux toilettes, faites-vous remplacer par l'un des préfets de cinquième ou sixième année. Compris ? »
« Même si c'est Mariah ? »
Rogue eut l'air de vouloir balayer d'un coup de baguette le sourire que Malfoy avait sur le visage. « Utilisez votre jugement, Malfoy. » répondit-il, comme s'il doutait que ce dernier en ait. « Que pensez-vous ? » Sa lèvre remonta en un rictus, et Harry se retint de pousser un cri de joie, sa mâchoire lui faisant presque mal pour s'empêcher de faire du bruit.
Draco Malfoy regarda calmement son responsable de maison. « Oui, sir. » dit-il laconiquement, sans être irrespectueux, mais certainement pas aussi respectueux qu'il avait pu l'être envers Rogue par le passé. Ses yeux s'attardèrent sur Harry une fraction de seconde avant qu'il ne précède Rogue vers les donjons. Avant de partir, Rogue lança un regard noir à Harry et lui indiqua l'escalier de marbre. Il le congédiait. Il m'envoie me faire voir, basiquement, pensa Harry avec mécontentement. Comme il se traînait dans les escaliers, loin de Malfoy.
Ginny, à la grande déception de Rusard, ne fut pas suspendue. Mr, Mrs Weasley et Bill amenèrent son certificat de naissance à l'école, et il fut facile de voir que le '1' dessus avait auparavant eut une petite barre horizontale au-dessus, quand il avait été un sept. Les parents de Ginny furent assez choqués d'avoir été piégés pendant toutes ces années.
Cependant, Bill dit à Dumbledore et Harry, ainsi qu'à ses parent et Ginny, pour la première fois, qu'il avait trouvé très bizarre que sa mère leur ait écrit à lui et à Charlie pour la naissance de Ginny six jour après qu'elle ait eue lieu. Il avait encore une vieille lettre, datée du quatre, dans laquelle sa mère disait que le bébé n'était pas encore né. Bill n'avait jamais questionné sa mère à ce sujet, comme il avait aussi pensé qu'ils pouvaient vouloir protéger Ginny à cause de la Prophétie. Avec les années, Bill avait oublié qu'il s'était posé des questions sur la raison de ces lettres. Il avait quitté la maison pour travailler à la Gringott en Égypte juste après avoir terminé Poudlard, et jusqu'à la Coupe du Monde de Quidditch, il était rarement revenu au Terrier, sauf pour les vacances de Noël. Il n'était jamais par là lorsque c'était l'anniversaire de Ginny, et il ne pensait en tous cas pas à une date précise. Il avait habituellement envoyé les cadeaux pour Ginny, les jumeaux et Ron dans un paquet. Il confessa qu'il ne se souvenait même pas de la date d'anniversaire précise de Ron, souriant penaudement à sa mère. Elle promit qu'elle ne le dirait pas à Ron.
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C'était très étrange pour Harry que la vie revienne basiquement à la normale la semaine suivante. Il y avait tant de nouvelles choses dans sa tête qu'il devait mettre de côté pour les réunions de préfets, l'entraînement de Quidditch (la finale était le premier samedi après les vacances de Pâques), les révisions des ASPICs, et les réunions du club de duel. Il n'avait pas eu le courage de convoquer l'armée des elfes à une séance d'entraînement depuis la mort de Dobby, mais Ron et Hermione lui avaient dit qu'il devait faire cela, pour lui autant que pour les elfes, et il avait accepté à contre-cœur. Il avait promu un elfe à l'ancien grade de Dobby, essayant de maintenir sa composition comme la petite silhouette le saluait et puis commençait à mener les troupes. Il avait voulu pleurer sur Ginny après, mais les larmes n'étaient pas venues, et à la place, elle avait simplement bercé sa tête sur ses cuisses sur les rives du lac.
Le printemps était en en plein quand les vacances approchèrent, et cela semblait étrange pour Harry de déjà retourner à Ascog, comme il venait d'y être pour sa mise à pied. Mais à sa surprise, il apprit qu'il allait passer ses vacances à Pré-au-Lard. Ursula, la sœur de Sirius, son mari et leurs trois enfants allaient partir sur l'île de Wight avec les parents de Sirius, et seulement Cassiopée et son mari, Floyd, resteraient à Ascog. Sirius lui-même serait aux quatre coins de la Grande-Bretagne pour les affaires de Dumbledore.
« A moins que tu veuilles rester en compagnie de ma charmante sœur aînée, et de son mari, pendant toute une semaine… » avait-il commencé à dire à Harry comme ils descendaient les escaliers vers la Grande Salle pour le petit déjeuner. Il affectait une expression de totale innocence. Harry était horrifié.
Heu, non, je vais choisir Bout-du-Lard, merci. Tu es sûr que je suis invité ? »
« Par Percy en personne, et considérant ce que ta relation était avec sa femme, je pense que c'est un signe de bienvenue assez clair, non ? »
Harry sourit et acquiesça. Ce serait bien de revoir Katie, et cela ne serait probablement pas trop difficile non plus de rendre visite à Ron et Ginny au Terrier. Hermione resterait chez ses parents, alors ils ne pourraient pas se voir pendant les vacances, mais on ne pouvait pas tout avoir. Et les jumeaux étaient toujours prêts à rire. Cela promettait d'être des vacances drôles. Peut-être qu'il pourrait se sortir de l'esprit quelques unes des choses qui peuplaient ses cauchemars, comme la vue des personnes qui s'étaient faites réduire en cendre par les dragons, ou celle de Draco Malfoy s'avançant devant Voldemort et disant avec suffisance, Harry Potter…
Mais quelques unes de ses attentes s'avérèrent fausses. Ron, Ginny et Hermione restaient aussi à Bout-du-Lard. Ron partagerait avec lui la chambre qui avait été sienne dans son autre vie, et Ginny et Hermione partageraient la chambre de Ginny. Cependant, le fait que Hermione serait là pendant les vacances signifiait que Harry devrait penser à quelque chose qui n'avait pas été dans ses cauchemars, bien qu'il ait certainement l'impression que Hermione pensait que c'était le cas.
Les ASPICs étaient presque là.
Hermione trouvait que les vacances fourniraient une excellent opportunité de réviser et de s'entraîner en métamorphose, sortilèges et défense contre les forces du mal dans le jardin de Bout-du-Lard. Harry n'avait pas pensé au ASPICs du tout. Il n'avait fait qu'une demi-tentative pour tenter de se maintenir à jours dans ses leçons pendant qu'il était suspendu. Et Hermione revenant sur les ASPICs avait fait retomber Ron dans une nouvelle dépression.
« Bon sang Hermione, tu penses que quelqu'un bien dans sa tête va me donner un boulot quand je finirai l'école ? » Ils prenaient tous le petit déjeuner à la table Griffondor le samedi qui marquait le début des vacances. Après cela, ils iraient prendre un carrosse jusqu'au village. « Pour quoi aurais-je besoin d'un seul ASPIC ? Tu penses que cela ferait une différence ? Tout le monde sait que je suis un loup-garou. C'est comme avoir des ASPICs négatifs. Tu penses que Lupin ne s'est pas bien sorti des ses examens en septième année ? Tu penses que Dumbledore l'aurait embauché s'il avait tout loupé ? Mais ça n'a pas valu grand chose, n'est-ce pas ? Tu vois du monde faire la queue pour l'embaucher ? » Il poussa ses œufs avec sa fourchette, piquant vicieusement un bout de blanc et de jaune et le fourrant dans sa bouche.
« Ron, c'est ridicule ! Pourquoi es-tu si défaitiste ? Est-ce que tu me dis qu'après avoir fait ce discours pendant la cérémonie pour l'Ordre de Merlin… »
Ron se renfrogna. « Oui, bien, il y a quelque chose que je n'ai dit à, heu, personne… » dit-il doucement, discrètement, regardant le restant de ses camarades de maison, qui bavardait avec excitation entre amis sur leur plans pour les vacances.
« Quoi ? » fit sèchement Hermione. « Que tu as des sautes d'humeur ? Désolé, Ron, mais c'était vrai avant que tu deviennes un loup-garou. » ajouta-t-elle acidement, se servant en jus d'orange.
Harry se hérissa à son ton « Ca c'est amical. » dit-il, décidant que c'était mieux qu'il la critique lui-même avant que Ron le fasse et qu'ils se disputent tous les deux.
« Désolée. » marmonna-t-elle, rougissant. « Je voulais juste dire que… »
« Écoute, il y a des tonnes de racistes anti-loup-garou au-dehors. » chuchota Ron, se penchant au-dessus de son assiette pour leur parler. « Depuis que j'ai eu l'Ordre de Merlin, j'ai… J'ai eu des lettres… Elles font ressembler celles que tu as eues avec du pus de bubotube à des billets doux… »
« Quoi ? » cria presque Hermione. Ron donna l'impression de vouloir lui lancer un sort de silence permanent
« Tu vas te taire ? » chuchota-t-il avec colère. « Je dis juste… »
« Elles étaient anonymes ou tu sais qui les écrivait ? » demanda-t-elle rapidement, chuchotant.
« Quelques unes de chaque. » dit-il, soupirant et reprenant des œufs. « Écoute, peu importe. » dit-il comme il mastiquait. Il avala et dit « J'ai laissé Nita,… Et toi,… me remonter sur les droits des loups-garous et tout ça quand j'ai fait mon discours. Je sais pas à quoi je pensais. Les choses ne vont jamais changer. » dit-il morosement, fixant son assiette vide.
Hermione posa sa main sur son bras avec compassion. Mais elle était encore sur sa lancée des ASPICs. « Alors tu pourras les faire changer en ayant des notes brillantes à tes ASPICs ! » dit-elle avec jubilation. « Penses-y. Ce sera une belle revanche sur tous ces ignorants. Ou quiconque a jamais été biaisé contre les loups-garous. »
« Tu parles des gens comme moi ? Je n'étais pas la personne la plus éclairée au monde à ce sujet, souviens-toi. Qu'est-ce que je suis sensé faire pour faire comprendre les gens… Les mordre pour les transformer eux aussi en loups-garous ? » grommela-t-il.
Hermione secoua la tête. « Bien sûr que non. » répondit-elle, comme si Ron avait été sérieux. Il jeta un coup d'œil à Harry et roula les yeux. Mais Harry commençait à saisir ce que Hermione voulait dire.
« Ron… Tu te souviens comment j'étais quand je voulais montrer à Rogue ce que je pouvais vraiment faire en potions ? Comment je me suis mis à faire tout ce travail supplémentaire pour y parvenir ? Bien… Penses-y comme cela. Et de toutes façons, nous serons ensemble pendant les vacances. Nous pourrons souffrir ensemble. » fit-il en riant, tapant légèrement sur le bras de Ron. Ron rit un instant, souriant finalement à Harry.
« Oui, je suppose. La misère aime la compagnie après tout. » dit-il sombrement. Il donna une tape amicale dans le dos de Harry, mais il n'avait de toute évidence pas pensé à se contrôler, et Harry tapa durement contre Neville, qui finit promptement avec la moitié gauche de son visage dans son porridge. Harry essaya de dépêtrer des bras de Neville et se confondis en excuses, mais de l'autre côté de Neville, Parvati Patil s'était levé et se rapprochait maintenant de Ron.
« Ron Weasley ! Qu'est-ce que tu penses être en train de faire ? Utiliser Harry pour t'en prendre à Neville n'est pas vraiment constructif si tu te sens jaloux ! »
Ron la regarda, la bouche grande ouverte, clairement totalement abasourdi. « Pardon ? » réussit-il à dire faiblement, après un instant de silence.
Neville essuyait encore le porridge de son visage quand elle le fit mettre debout. « Est-ce que tu clames que tu ignores que nous sommes ensemble depuis la St Valentin ? » demanda-t-elle à Ron, le foudroyant du regard.
Neville était plus qu'un peu en désordre, du porridge coulant sur le devant de sa robe. Il se redressa finalement et sortit sa baguette. Ron se crispa, ne sachant pas ce qu'il allait faire, mais Neville de contenta de calmement nettoyer les restes de porridge de sa robe. Il avait l'air assez content de lui, passant son bras autour de Parvati après cela. « Je pensais que tu était un petit peu plus intelligent, Ron, mais je n'en suis plus si sûr. » dit Neville avec contentement, bien que cela sonne faux. Harry savait que Neville admirait Ron. Neville sourit à sa petite amie, qui le regarda avec satisfaction sur le visage. « Parvati viens nous rendre visite, à grand-mère, oncle Algie, tante Enid et moi, pendant les vacances. Nous devons y aller. Ciao ! » dit-il joyeusement, comme lui et Parvati partaient en direction du hall d'entrée. Ron les regardait encore avec étonnement. Hermione tendit la main et lui referma la bouche d'un geste sec.
« Si tu ne savais vraiment pas pour eux, je ne peux pas vraiment t'accuser de ne pas faire trop attention à ton ex-petite amie, mais honnêtement, Ron ! Si tu n'es pas plus attentif pour les révisions de tes ASPICs, tu va vraiment avoir une note négative. » fit-elle, retournant à son assiette.
« Allons bon, qu'est-ce qui vient de se passer là ? Si je suis ce qui se passe entre ces deux là, je fais trop attention à Parvati, mais comme je n'en ai aucune idée, je suis un idiot ? » Il secoua la tête, passant son bras sur les épaules d'Hermione. « Est-ce ma faute si j'ai une petite amie si belle et si brillante que je suis distrait et que je ne vois rien d'autre au monde, les autres gens, les devoirs, les révisions… » Il lui fit un sourire malicieux et elle rit.
« Tu deviens bon en flagornerie. Trop bête qu'il n'y ait pas d'ASPIC pour cela. »
« C'est là où tu te trompes, » dit Ron avec légèreté, piquant un bout de bacon dans l'assiette de Harry. « Harry et moi appelons cela la Divination. »
Tous les trois rirent, et de l'autre côté de la table où elle parlait à Ruth Pelta, Ginny leur sourit. Harry était content de voir que Ron était sorti de sa dépression assez rapidement. Mais soudain, l'expression joyeuse de Ginny se chargea d'appréhension. Elle semblait regarder derrière Harry, dans la vaste salle. Il se retourna pour voir Draco Malfoy lui lancer un regard noir. Malfoy détourna les yeux le premier, se tournant vers Goyle pour lui dire quelque chose avec le coin des lèvres ironiquement tourné vers le haut. Harry ne se détourna pas de Malfoy et il croisa encore brièvement son regard avant que ce dernier ne sorte de la pièce, Mariah, Crabbe, Goyle, Nott et Zabini derrière lui.
Depuis la sortie à Pré-au-Lard, Mariah s'était sentie à nouveau remarquablement bien, et Draco Malfoy avait fait tout un spectacle d'aller avec elle partout, bras dessus- bras dessous, comme s'ils étaient chirurgicalement attachés. Son ancienne cohorte, plus Nott et Zabini, était aussi bien en évidence. Mariah ne semblait plus être intéressée par être amie avec Ginny, et en fait, elle avait snobé de manière répétée les ouvertures que Ginny lui avait faites. Ginny avait été assez blessée par cela, mais Harry lui avait rappelé que la loyauté première de Mariah allait à Draco Malfoy. Si Malfoy avait dit à Mariah qu'elle ne pouvait plus être amie avec Ginny, alors c'était ainsi.
Il y avait des éclairs dans l'air, une tension palpable, à chaque fois que Draco Malfoy entrait dans la même pièce que Harry, qui avait l'impression d'attendre que quelque chose se passe, mais il ne savait pas quoi. Étrangement, Malfoy gardait ses distances, ironisant sur Harry de loin, comme lui et sa clique s'ouvrait un large passage dans les couloirs, riant quand quelqu'un se plaignait d'être bousculé ou heurté. Et pourtant, Malfoy ne répliquait pas par la magie. En général, si ce n'est son attitude, son comportement était au-delà de tout reproche. Harry aurait adoré trouver une raison pour au moins lui donner une retenue, mais Malfoy ne lui présenta pas cette opportunité. Est-ce que cela changerait quand il ne serait plus dans le château ? se demanda Harry. Quand le chat ne serait pas là, est-ce que le dragon danserait ?
Harry n'avait aucun doute qu'il serait en sûreté à Bout-du-Lard pour les vacances, ainsi que tous ceux qui y vivaient, mais est-ce que Poudlard serait à l'abri de Draco Malfoy ?
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Harry, Ron, Hermione et Ginny descendirent les escaliers jusqu'à la salle à manger de Bout-du-Lard, où George, Angelina et les petits Rufus et Rowena les attendaient. Percy et Katie travaillaient et Fred et Lee étaient en voyage d'affaire. Pendant qu'ils déballaient leurs affaires, Ron avait défié Harry pour une partie d'échecs, et Ginny avait voulu écouter Hermione jouer un nouveau morceau de violoncelle qu'elle avait écrit. Ils étaient tous plongés dans une conversation amicale, quand la porte d'entrée s'ouvrit soudain, révélant Nita Anderssen, l'air assez nerveuse. Ils arrêtèrent brusquement de parler et Ron et Ginny allèrent vers leur sœur, comme elle était clairement en détresse.
« Je suis désolée, d'arriver comme ceci. P-Percy m'a donné le mot de passe. » bégaya-t-elle nerveusement. « Je suis venue voir Harry. » Ses frères et sa sœur se tournèrent vers lui, surpris. Il fronça les sourcils et finit de descendre les escaliers, Hermione derrière lui, tenant son violoncelle. Avant qu'il puisse dire quoique ce soit, Nita parla « Tu dois venir avec moi. A Ste Mangouste. Ta tante t'a réclamé. Et… Quelqu'un d'autre que je pense que tu devrais voir en premier. »
Il fut choqué. « Tante Petunia parle finalement ? Merci Dieu ! Mais.. Qui d'autre ? »
Ses lèvres étaient très fines. « Rodney Jeffries. D'une certaine manière… »
Ginny, Ron et Hermione la regardèrent avec de grands yeux, et il ne se sentait pas moins surpris. « Heu… Tu es certaine que c'est sûr ? » avança-t-il.
« Bien,… C'est une très bonne question à Ste Mangouste ces jours-ci. Mais j'ai contacté ton directeur en premier, et nous avons trouvé une solution. Je suis venue en ambulance, afin de pouvoir te faire rentrer. Nous ne voulons pas qu'il y ait de trace de ta visite. Ce n'est pas vraiment sûr à Ste Mangouste en ce moment. Nous pensions que les mangemorts qui se sont rendus à Stonehenge seraient comme ceux qui se sont rendus à la Gringotts, qu'ils pourraient se rebeller et essayer de s'échapper, alors nous avons mis quantité de gardes en dehors de leur enceinte. A la place, il s'est avéré que beaucoup d'entre eux étaient sous Imperius, que ce n'étaient pas du tout des mangemorts, et… Et… »
Ginny passa son bras sur l'épaule de sa sœur. « Quoi ? »
Nita déglutit, l'air très grave, mais ne pleurant pas. « Cinq jusqu'ici… Ils disaient tous qu'ils étaient sous Imperius… Ils ont été assassinés dans leur lit par d'autres patients mangemorts, bien que déterminer lesquels va s'avérer très difficile. Et par-dessus le marché, mon responsable refuse de croire que c'étaient d'autres patients, dont les blessures étaient volontaires, il s'est avéré, afin de pouvoir être auprès des autres. L'un d'eux a failli m'avoir quand je suis venue faire ma ronde. » Elle remonta sa manche, révélant une longue cicatrice sur son avant-bras droit qui semblait encore en cours de guérison. Elle eut l'air un peu fière d'elle. « L'idiot ! Il ne s'était pas attendu à avoir affaire à un docteur qui avait été à Durmstrang… Je l'ai vu venir… »
Hermione et Ginny étaient horrifiées. Ron semblait justement fier. Nita regarda Harry avec sérieux. « Déguise-toi de nouveau, pour être en sûreté. Et toi seul viendra. Je ne peux pas conduire toute une foule dans les couloirs… Se serait trop suspect. Je vais te mettre sur un brancard et te faire léviter. Comme tu arriveras dans une ambulance, ce sera mieux. Le chauffeur ne suspecte même pas que nous ne sommes pas ici pour un vrai patient, alors je vais te faire léviter hors de la maison, si cela ne te dérange pas. Et même si ça te dérange. » ajouta-t-elle.
Harry secoua la tête. « Non, non. C'est bon, cela ne me dérange pas. La sécurité n'est pas si mauvaise à Ste Mangouste maintenant ? »
Nita soupira. « Ce n'est pas tout qui va mal, mais je n'ai pas vraiment le temps de rentrer dans les détails. Allons… Nous devons nous dépêcher. »
« Pourquoi ? Toute cette précipitation ? » voulut savoir Ron.
« Si j'avais le temps d'en parler, nous n'aurions pas à nous dépêcher ! » dit-elle, irritée. « Harry pourra vous mettre au courant quand il reviendra. Mais pour le moment… »
« C'est bon. » dit rapidement Harry, comprenant que quelquefois, les explications prenaient bien trop de temps. Il ferma les yeux et se concentra pour faire poussez sa barbe et ses cheveux. Quand il les rouvrit, il vit Nita le regarder, choquée.
« Bien ! C'est pratique, n'est-ce pas ? Je n'avais pas réalisé que tu avais fait comme cela… Bien, peu importe, je suppose. » Elle fit apparaître d'un geste de la main un brancard, flottant dans les airs dans le hall d'entrée. Harry s'assit sur le bord en hésitant, puis s'allongea complètement dessus, son corps très raide, sentant des liens invisibles presser sur lui. Elle fit un autre geste de la main et un drap apparut, le couvrant jusqu'au cou. Ron ouvrit la porte d'entrée, et elle guida le brancard dans l'allée, vers l'ambulance. Les portes s'ouvrirent et Harry flotta à l'intérieur. Il sentit le brancard s'attacher directement au sol.
« Je vais monter devant. » lui dit Nota comme elle fermait les portes. « Nous y serons en un clin d'œil. » Avec les portes fermées, l'arrière de l'ambulance était sombre, mais pas complètement noir. Un peu de lumière filtrait par la paroi qui le séparait de Nita et du chauffeur. Il l'entendit monter dans son siège et refermer la porte, et puis le moteur magique démarra, faisant violemment vibrer le véhicule. Ils quittèrent l'allée de la maison, et tournèrent sur la rue pavée, et un instant plus tard, Harry sentit un choc terrible accompagné par un fort BANG ! Il réalisa que son cœur battait très vite, et il se demanda dans quelle sorte de nid de vipères il allait entrer. Il semblait que Ste Mangouste était un endroit très dangereux, ces jours-ci.
Il ferma ses yeux quand les portes de l'ambulance s'ouvrirent, et les garda fermés pendant que Nita faisait léviter son brancard dans Ste Mangouste. Il sentit sa main sur son front brièvement, et il réalisa qu'elle lissait ses cheveux par-dessus sa cicatrice. Il n'osa pas ouvrir ses yeux, mais il n'eut pas l'impression qu'ils étaient allés bien loin quand il l'entendit parler brièvement à quelqu'un qui semblait être un garde. Un moment plus tard, il sentit un courant d'air à l'ouverture d'une porte, et le brancard se remit à bouger. Il ouvrit très légèrement les yeux, regardant la pièce en entrouvrant à peine les yeux.
Seul un autre patient était dans la salle de taille moyenne, bien qu'il y ait deux lits. Harry resta bouche bée. Ce n'était pas du tout Jeffries. Il essaya de s'asseoir, mais il était encore attaché.
« Oh, désolée. » dit rapidement Nita, enlevant le sort d'attache. Harry se redressa en un instant, se dirigeant vers le lit et fixant l'homme qui y était allongé, qui ouvrit lentement ses yeux.
« Bonjour, Harry. » dit-il doucement. Apparemment, le déguisement de Harry ne le trompait pas. Il mit sa main contre son front et réalisa que ses cheveux ne cachaient plus sa cicatrice. Harry se tourna vers Nita.
« Tu es sûre que c'est Jeffries ? Pourquoi est-il comme cela ? »
Elle croisa les bras, un air désapprobateur sur le visage. « Il avait utilisé l'apparence de quelqu'un d'autre. La potion a perdu son effet après que nous l'ayons ramené ici. » Elle jeta un coup d'œil à la porte. « Je serai dans le couloir, pour m'assurer que personne ne rentre ici. Je ne suis pas certaine pour tous ces gardes… »
« Merci. » lui dit Harry, acquiesçant. Elle lui fit aussi un signe de la tête, lui rappelant une version féminine de Percy, la lumière se réfléchissant sur ses lunettes. Après qu'elle soit partie, Harry se retourna vers l'homme devant lui. Il regarda Harry avec angoisse, une larme commençant à apparaître au coin de l'œil. « Elle est partie, Harry. Complètement disparu… »
« Qui est-ce qui est parti ? » chuchota Harry.
« Ma magie. »
Harry tira une chaise et s'assit à côté du lit. « Vous voulez dire… vous ne pouvez plus guérir les gens ? Vous en êtes certain ? » Il pensa à toutes les personnes qu'il avait vu Jeffries aider. « Peut-être que vous pourriez, heu, simplement croire ça… »
Il secoua la tête. « Les… Le détraqueur. Il a mis sa bouche contre la mienne… » Il frissonna. « Cela n'a pas duré assez longtemps pour qu'il puisse prendre mon âme, mais ça a été assez long pour… » Il ne put pas finir. Il avait l'air verdâtre, peut-être comme il se rappelait du détraqueur.
« Vous êtes sûr ? Vous êtes de nouveau un cracmol, comme avant l'attaque de Westminster ? » Il acquiesça. Harry secoua la tête avec étonnement. « Je ne comprends pas comme vous avez jamais pu aller à Poudlard si vous étiez un cracmol, même si vous avez été expulsé à cause de cela… »
Il redressa son assise, fronçant les sourcils et curieux. « Comment savez-vous cela ? Est-ce que Bill vous l'a dit ? »
Harry fut confus. « Bill ? Vous voulez dire Bill Weasley ? Non, c'est la Dame en gris qui m'a en parlé. Le fantôme de Serdaigle à Poudlard. Bill Weasley ? » demanda-t-il encore, perplexe.
« Bill était un de mes meilleurs amis à l'école. » Il soupira. « Et Alex Wood et Jack Richards. Bill et Alex étaient à Griffondor. Jack était à Poufsouffle avec moi, mais lui et Bill avaient été bons amis quand ils étaient plus jeunes, avant Poudlard. »
« J'ai rencontré Alex Wood ! » dit Harry, se souvenant de Bill le lui présentant au stade, au Pays de Galles. « A un match de Quidditch. Il est venu avec Bill. »
Il acquiesça. « Bill a toujours été un ami très loyal. Il aurait pu être à Poufsouffle. Est-ce que vous lui avez parlé de moi ? Devrais-je vous remercier de n'avoir dit à personne d'autre qui je suis ? J'espérais qu'après vous avoir guéri, vous décideriez de protéger mon secret, mais je n'en étais pas complètement certain… »
« Quoi ? » Harry était perdu. « Bill et moi n'avons jamais… Votre nom… Quoi ? » dit-il encore.
Il émit un triste rire. « Je pense que nous parlons de choses différentes, Harry. Ne réalisez-vous pas que j'étais Rodney Jeffries au mariage, en août ? N'était-ce pas pourquoi vous étiez si bouleversé de me voir là ? »
Harry secoua la tête, se souvenant de son choc quand il était rentré dans la salle à manger des Spinnet, et qu'il avait entendu la voix familière chanter Gilbert et Sullivan. « Non ! Je pensais que vous étiez le cousin de Roger ! »
« Je suis le cousin de Roger. Et cela a suffit à vous énerver à ce point ? »
« Non, pas seulement cela. Dans mon autre… » Harry s'arrêta et regarda vers la porte, qui restait fermée. Il avait été sur le point de parler du changement de temps, et il n'était pas sûr qu'il devait. Il se retourna vers le lit. « Heu, je connais quelqu'un, vous voyez, qui… Qui a changé le temps. Et l'a remis dans l'ordre, mais quand il l'a changé, Voldemort n'est jamais tombé. Vous savez, quand j'étais bébé. Et je n'ai jamais été le garçon qui a survécu. Un autre monde a été créé à cause de cela. » Il déglutit, pensant à toutes les personnes qu'il avait laissées dans ce monde, à Jamie, à ses frères, au Draco Malfoy qui avait été son meilleur ami. Mais penser à Malfoy le fit retourner à la réalité… Le vrai Malfoy était là, dans ce monde, et il n'était pas son ami. « Et vous… Vous étiez à Azkaban dans ce monde. Mais les fantômes… Ils se souviennent des deux mondes, vous voyez. Quelques fantômes de Poudlard m'en ont dit plus sur cet autre monde. Il était horrible, mais pas simplement à cause de Volde… de Vous-savez-qui. Les réactions du ministère étaient si terribles… Les nés de moldus étaient bannis de Poudlard, pour les 'protéger'. Tous les loups-garous que le ministère pouvait trouver étaient mis dans des camps de détention, afin qu'ils ne puissent pas se joindre à Vous-savez-qui. Les cracmols étaient mis dans des camps aussi, mais c'était sensé être pour les protéger, comme les élèves nés de moldus. Cela vous incluait, je suppose. Les camps de cracmols. Mais vous… vous n'étiez pas là. Vous étiez à Azkaban pour quelque raison. Je ne sais pas pourquoi. Vous étiez dans le quartier de confinement solitaire, aussi. Et pourtant… Vous étiez un cracmol. Je ne pense pas que vous soyez jamais devenu magique dans ce monde, mais bon, je pourrais me tromper… »
Jeffries se raidit un peu plus encore, le regard affolé. « Quoi ? »
« Oui, je sais. C'est vraiment bizarre… »
« Non. » fit-il, sa respiration erratique. « C'est… C'est que j'ai rêvé être… Être dans un camp… »
« Que voulez-vous dire, vous avez rêvé de cela ? » s'enquit Harry.
« Que pensez-vous que cela veuille dire ? Je pensais… Je pensais… Je ne sais pas ce que je pensais. » dit-il, désespéré. Il ferma les yeux, puis les ouvrit et essaya de recommencer. « Dans mes rêves, j'étais pris dans un camp avec d'autres cracmols, par des aurors… C'étaient horribles, ils clamaient que c'était pour nous protéger, comme vous avez dit. A chaque fois que je me réveillais d'un de ces rêves… Je n'ai pas réalisé que c'était vraiment une autre vie que j'ai vécue. Je pensais que c'était une sorte… d'avertissement. C'était pour cela que j'étais content de ne plus être un cracmol, et aussi pour cela que j'essayais d'aider les gens à trouver la magie en eux. La première fois que j'ai eu le rêve, je pensais qu'être un cracmol était comme être dans une sorte de prison, d'où on regarderait toutes les personnes magiques autour se promener, libres de faire ce qu'elles veulent… Cela ne m'est jamais venu à l'esprit d'interpréter littéralement le rêve. Et je pensais que lorsque j'aurais vraiment réussi, quand j'aurais aidé autant de monde que possible à utiliser leur propre source de pouvoir, de magie, les rêves s'arrêteraient. Personne d'autre ne se sentirait enfermé, comme je me sentais quand j'étais cracmol. Mais à la place, il semblait que plus je travaillais vers mon but, plus j'avais de rêves. » Ses yeux avaient un regard distant.
« J'ai commencé à tenir un journal de mes rêves. Dans les rêves, j'étais le meneur d'un groupe qui essayait de s'échapper d'un camp de cracmols. J'étais le seul à être allé à Poudlard, et donc celui qui en connaissait le plus sur la magie. Le restant en connaissait un peu, comme il avait un parent magique, comme moi, ou les deux. Beaucoup avaient des enfants magiques aussi. Pourtant… J'étais celui qui en connaissait le plus. J'avais vraiment cinq années de Potions, ce qui était nécessaire pour que nous puissions préparer un somnifère pour mettre les gardes hors-service, afin de pouvoir nous échapper. Réunir les ingrédients a été diablement difficile, sans parler de trouver un moyen de préparer la potion. Nous avions de petits poêles à charbon dans notre baraquement, pour chauffer, et ils nous laissaient aussi préparer notre propre thé. Nous avions utilisé la théière pour préparer le somnifère. Notre baraquement avait le thé qui puait le plus dans tout le camp. » dit-il doucement, souriant à ce souvenir. « J'étais aussi celui qui avait vu le plus de baguettes, alors j'avais pu conseilles les gens dont la tâche était d'en fabriquer de fausses, au cas où… Nous devions échanger les vraies baguettes des gardes par des fausses, en plan B, si la potion ne marchait pas… »
« J'ai fait ces rêves pendant des mois et des mois. Je les ai tous écrits, essayant de trouver ce qu'ils signifiaient. Je pensais que l'un de mes plus grands problème était de comprendre ce que cela signifiait que l'un des mes amis les plus proches dans le camp me dénonce aux autorités. » Il secoua la tête. « Il m'a simplement… trahi. Et quelques instants plus tard, dans mes rêves, je me suis retrouvé incarcéré à Azkaban. Ils m'ont mis en confinement solitaire parce qu'ils ne voulaient pas que je parle aux autres des camps de cracmols, qui étaient sensés être secrets. »
Harry fut choqué. Il n'avait eu aucune idée que des gens, des gens ordinaires de cette vie, pouvaient avoir des souvenirs enfouis de l'autre monde qu'il avait créé. Cela était logique, pourtant. Si les fantômes savaient, ces souvenirs devaient être quelque part dans l'esprit des gens avant qu'ils ne meurent. Il semblait simplement que, pour la plupart des gens, les souvenirs étaient trop profondément enfouis pour être aisément atteints avant que la mort ne rende tout cela clair, alors ils remontaient sous forme de rêves, que les rêveurs considéraient naturellement comme des bêtises, ou, dans ce cas, comme des augures.
« Alors, c'est pour cela que vous étiez à Azkaban, » dit Harry dans un souffle, soulagé de finalement savoir. « et en confinement solitaire. Vous chantiez du Gilbert et Sullivan en permanence, parce que vous en aviez horreur, et que les détraqueurs vous avez pris toutes vos pensées heureuses. Vous n'aviez pas voulu me répondre jusqu'à ce que je vous appelle 'Buttercup'. Vous chantiez constamment cette maudite chanson. Et puis, chez les Spinnet, quand je suis entré dans la pièce, vous chantiez cette chanson, et j'ai tout de suite reconnu votre voix… »
Ses yeux s'écartillèrent. « Vous ! Vous étiez dans mes rêves ! Je ne pouvais pas très bien vous voir cependant… Je ne me souviens certainement pas que vous ayez eu une cicatrice. »
« J'ai la cicatrice seulement parce que Vous-savez-qui a essayé de me tuer, et échoué. Cela n'était pas arrivé dans ce monde là. » lui rappela Harry.
« Vous aviez dit que vous vous appeliez Harry. Vous étiez aussi à Azkaban ! »
Harry réalisa qu'il s'était trahi. Il grimaça. « Exact. Ce… C'était en fait de ma faute s'il y a eu un nouveau cours du temps. » admit-il. « J'ai dû m'échapper de prison pour le rétablir. »
« Oui, j'ai rêvé de l'alarme, après que vous vous soyez échappé. » dit-il, acquiesçant. « Je me souviens avoir pensé, quand j'écrivais le rêve dans mon journal, le lendemain matin, il y a quelqu'un qui ne voulait pas se laisser maintenir prisonnier, qui a pris le contrôle et est sorti à la rencontre de son destin. Et j'ai décidé que je voulais être comme cela. J'ai voulu m'échapper de ma prison, arrêter de me sentir piégé. Je… Je ne savais pas que c'était vous. » Il rit. « Je ne savais pas que j'avais pris pour modèle Harry Potter ! »
« Bien, c'est pour cela que j'ai… que j'ai réagi de cette manière, quand je suis arrivé chez les Spinnet pour le mariage ! Je savais que vous étiez allé en prison dans mon… Dans cet autre monde. Ce qui signifiait que vous étiez un criminel potentiel dans celui-ci. »
« Et alors, vous ne m'avez pas fait confiance. » Une ombre passa sur son visage. « Je comprends maintenant. Et moi qui pensais que vous m'aviez reconnu en tant que Rodney Jeffries, même si ce n'était pas sous ce visage que nous nous étions rencontrés à Surrey. » dit-il, se désignant.
« Alors… Comment dois-je vous appeler ? » voulut savoir Harry.
« Vous pouvez m'appeler Geoff. Mon vrai nom est en fait Rottenham. »
« Votre mère n'a pas changé de nom ? » Les lettres d'Alicia avaient dit que le nom de sa mère était Bronwen Davies.
« Papa et maman n'ont jamais été mariés. » Il haussa les épaules. « Cela n'a jamais été d'assez d'importance pour eux. Ils auraient dû faire de faux papiers pour maman, parce que de ce que savent les moldus, elle n'existait pas. Je sais que les gens qui font des mariages mixtes font cela tout le temps, mais ils ne voulaient pas s'ennuyer. Nous ne restions pas assez longtemps à un endroit pour que cela importe, de toutes façons. »
« Comme votre père était un acteur itinérant. » poursuivit Harry. Geoff acquiesça.
« Se déplacer en permanence rendait plus facile de cacher que ma mère était une sorcière. De plus, elle était souvent négligente, et nous avons fréquemment dû nous enfuir d'un village juste après qu'elle ait été, hum, un peu imprudente avec sa magie. Je suppose que le ministère a fait le ménage derrière nous, mais je ne sais pas vraiment. Ils n'ont jamais réussi à attraper ma mère, ou à déterminer que c'était elle qui causait les problèmes. Comme elle n'avait pas de résidence permanente. »
« Et puis ils pensent, s'ils savent où vous vivez, que parce que quelqu'un fait de la magie chez vous, c'est forcément vous qui la faites. » marmonna Harry, pensant à la lettre qu'il avait reçue du ministère après sa première année.
« Bien, je ne sais pas cela. » dit Geoff, haussant les épaules. Harry était encore étonné par beaucoup de choses.
« Comment avez-vous pu passer cinq années à Poudlard ? Comment avez-vous même pu être réparti ? »
« C'est vrai que je n'étais pas sur la liste des élèves de la répartition, » dit-il, acquiesçant. « Je ne savais toujours pas, à ce moment là, ce que ma mère avait fait, c'est à dire me donner sa vieille lettre avec juste le prénom modifié. Elle voulait bien faire, vraiment. Ils m'ont laissé mettre le Choixpeau, mais il m'a dit que je n'avais pas ma place là. J'ai pensé… J'ai pensé que j'allais mourir. Alors Dumbledore a eu une conversation avec lui… Je ne sais pas ce qu'il a dit…. Et il me l'a remis. Il ne m'a pas vraiment dit quoique ce soit d'autre. Il m'a juste mis à Poufsouffle. »
Harry était stupéfait. « Alors… Dumbledore savait que vous étiez un cracmol, et que vous n'aviez pas reçu de lettre, et il vous a laissé rester ? Comment avez-vous pu faire les devoirs alors… ?
Il haussa les épaules. « Ce n'était pas aussi dur que ce que vous pensez. Année après année, j'ai eu de bonnes notes à mes examens écrits, et j'étais premier en astronomie, herbologie et histoire de la magie. Je m'en sortais même pas mal en divination. Plein d'élèves n'ont pas le Don, et n'ont pas de trop mauvaises notes aussi longtemps qu'ils inventent leurs diagramme stellaires et mémorise ce à quoi correspondent les formes dans les feuilles de thé… Je me débrouillais bien en étude des moldus aussi, évidemment. Même les potions ne posaient pas trop de problème. Oh, je travaillais dur. Les seules classes dans lesquelles je ne m'en sortais pas bien étaient les sortilèges, la métamorphose et la défense contre les forces du mal. Un tiers des cours, et les plus importants. Mais aucun de ces professeurs ne m'a vraiment mis dehors… Ils m'ont juste donné des notes à peine convenables, alors j'ai continué comme élève à Poudlard. Cela n'a pas fait de mal que Bill, Alex et Jack m'aident aussi à tromper les professeurs. La magie sans baguette de Bill était tout simplement étonnante, et c'était avant la cinquième année. »
« Cependant, quand est venu le temps de mes BUSEs… je n'ai tout simplement pas pu passer les examens pratiques pour ces trois matières. Et alors que cela ne m'avait pas arrêté plus tôt, ça l'a fait lors des BUSEs. Les tests pratiques sont très importants, comme vous savez. J'en ai reçu deux en Potions, une en astronomie, herbologie, histoire de la magie, divination et étude des moldus. Maintenant, normalement, sept BUSEs, ce n'est pas si mal. Mais on n'est pas autorisé à ne pas en avoir une seule en sortilège, métamorphose ou défense contre les forces du mal. Est-ce que vous saviez cela ? Probablement pas. Cela n'a probablement pas du poser problème à quiconque de votre connaissance parce la plupart de gens va en avoir au moins une. Cependant, je n'en ai pas eu une seule, et Dumbledore n'a pas eu d'autre choix que de me dire que je ne pouvais pas rester. » Il soupira. « Il a vraiment été très gentil avec cela, et il n'a pas puni Bill, Alex et Jack pour m'avoir aidé à tricher pendant toutes ces années. Dumbledore m'a même demandé pardon. Il a dit que j'étais resté à l'école pour une 'petite expérience'. Il m'a proposé un travail aussi, afin que je puisse rester au château si je voulais. Mais je n'ai pas pu supporter l'idée de voir mes amis continuer leurs deux dernières années d'études pendant que je transporterais du fumier dans les serres, ou que je suivrais Hagrid sur le domaine. Je l'ai remercié, mais j'ai décliné son offre. »
« Bien sûr, après, j'ai quitté Poudlard, et j'ai découvert que je n'étais pas qualifié pour passer les examens moldus quand ils ont seize ans. Je n'avais pas eu une vraie éducation moldue. »
« Mais… Qu'avez-vous fait alors ? »
Jeffries… Harry réalisa qu'il commençait à le considérer comme Jeffries, et non comme Geoff, le cousin de Roger… eut l'air un peu mal à l'aise. « Ma mère m'a payé des papiers, pour me laisser passer dans le monde moldu. Nous avons inventé le nom de Rodney Jeffries, ainsi qu'une histoire scolaire. J'ai commencé à vivre dans les bibliothèques, où que nous allions, étudiant tous les sujets que les élèves moldus apprenaient entre onze et seize ans, essayant de rattraper mon retard afin de pouvoir fonctionner dans le monde moldu. Je me suis finalement enrôlé dans un lycée moldu, et j'ai finalement pu passer mon bac. Quelque part pendant cette période… Je pense que c'était un an ou deux après que j'ai quitté Poudlard, j'étais avec ma mère quand elle a reçu sa Gazette du Sorcier, et on y lisait en long, en large, et en travers que Vous-savez-qui avait tué vos parents, mais que vous aviez survécu, et que son pouvoir avait été anéanti après qu'il ait essayé de vous tuer. Il y a une paire d'années, alors que je rendais visite à papa et maman, j'ai vu un autre exemplaire de la Gazette, disant que vous étiez champion du Tournoi des Trois Sorciers. Il y avait des photos, alors j'ai su que c'était vous, quand vous êtes venu me voir à Surrey… »
« Oui, à ce sujet, » fit anxieusement Harry, se penchant en avant, « ces gens qui travaillaient pour vous… Quand c'est passé aux informations qu'ils avaient disparu, j'ai pensé que vous… Que vous leur aviez fait quelque chose. » Il regarda attentivement Jeffries comme il répondait. Mais Jeffries haussa simplement les épaules.
« Ils vont bien. Je leur ai lancé des sorts de mémoire et je les ai renvoyés. Après ce qui était arrivé avec votre tante, j'ai commencé à avoir des remords à faire ce que je faisais… Le problème, c'est que j'étais relativement novice pour ce qui est de la magie, vous voyez, comme cela m'est arrivé si tardivement, et je n'avais en tous cas pas appris les sorts de mémoire à Poudlard. Je les ai fait trop forts. Quelques uns ont erré pendant quelques temps avant d'être retrouvés. Je n'ai pas réalisé ce que j'avais fait. J'ai été assez surpris de découvrir qu'ils étaient presque tous portés disparus. De ce que je sais, ils ont tous été retrouvés. Mais cette sorte d'information ne fait pas les gros titres, n'est-ce pas ? Juste les disparitions. » Harry acquiesça, mais il se demanda pourquoi Jeffries avait eu des remords.
Harry bougea ses épaules, sentant sa chemise frotter contre son dos. Il se souvint le soulagement que cela avait été quand ses blessures avaient été guéries. « Vous… Vous avez guéri mes brûlures. Plus rapidement que le baume. Pourquoi ? »
Jeffries avait les lèvres très fines. « J'étais en fait à Ste Mangouste ce jour là parce que maman et moi étions venus rendre visite à Fleur. Roger nous avait demandé de veiller sur elle, et en plus,… Bien, je pense qu'il espérait que je pourrais l'aider. Je l'ai espéré aussi. Je savais qu'elle allait avoir l'enfant de Roger. » Il se passa la main sur le visage, l'air angoissé. « Mais je n'ai pas pu l'atteindre. Elle était... Elle n'était simplement pas là, vous voyez ? »
Harry acquiesça, se souvenant de ses visites à Fleur. « Je sais. » chuchota-t-il, sa voix craquant.
« Nous avions signé comme étant Bronwen Davies et Geoffrey Rottenham, parce que le parchemin est enchanté pour réagir si l'on ne met pas son vrai nom. Maman leur a expliqué que j'étais un cracmol et que je n'avais pas besoin de leur donner une baguette. Après avoir essayé de guérir Fleur et échoué, je me suis sentit très frustré, et puis j'ai découvert que vous étiez là. Et j'ai pensé que peut-être que si je vous guérissais, vous ne diriez à personne qui j'étais, et que je pourrais encore faire des choses bien… Alors je vous ai guéri, et d'autres. J'ai parcouru les différents services cette journée là, en fait, jusqu'à ce que ma mère décide que ce n'était plus sûr que nous restions plus longtemps. J'ai découvert plus tard que j'avais causé pas mal de disputes parmi les équipes soignantes. » Il sourit. « Je suis peut-être un Poufsouffle vaillant et loyal, mais je suis aussi un peu anarchiste, je suppose. Cela doit venir d'avoir été élevé dans une caravane et d'avoir vécu n'importe où. »
Harry rit un instant. « C'est un tel soulagement de savoir que vous vouliez bien faire. J'avais peur qu'il y ait toutes sortes de motifs ultérieurs, que vous soyez en fait… Je ne sais pas. Mon meilleur ami a supposé, dès que les choses ont commencé à mal tourner à Stonehenge, que vous étiez du même bord que Volde… Je veux dire Vous-savez-qui. Je lui ai dit que vous pouviez ne pas savoir ce qui allait se passer. »
Son visage s'effondra à nouveau et il l'enfouit dans ses mains un moment. Quand il leva les yeux pour regarder à nouveau Harry, il avait l'air plus anéanti que quiconque Harry avait jamais vu. « C'est vrai, Harry, que je ne savais pas pour les détraqueurs et les dragons. Cela a été une surprise totale pour moi. Mais… Mais je savais que les mangemorts allaient venir. Je savais que c'était un piège. J'ai fait cela… J'ai tendu ce piège. C'était complètement délibéré. Votre ami était plus près de la vérité que vous, d'une certaine manière. » Il parlait maintenant très doucement. « J'ai recommencé à voyager, à faire des rassemblements de plus en plus importants, à cause… à cause de Vous-savez-qui. Mais vous devez comprendre ! » dit-il rapidement, quand il vit la fureur en train d'éclore sur le visage de Harry. « C'était pour protéger ma famille ! »
Harry se leva et se recula, dégoûté. « Quoi ? Est-ce que vous dire… »
Il courba la tête. « Oui. Vous voyez… Tout a commencé quand Roger a été recruté par Vous-savez-qui… »
« Je suis au courant de cela. » dit rapidement Harry, sa compassion pour Jeffries s'étant brusquement évaporée. « Je sais qu'il était sensé piéger Alicia pour qu'elle l'épouse… »
« Mais il ne pouvait pas le faire ! » dit rapidement Jeffries. « Roger n'avait pas mauvais cœur, quoique vous pensiez. Et il était amoureux de Fleur. Il a tout dit à Alicia, et elle, quelle gentille fille, a accepté de l'aider, pour assurer la sécurité de notre famille. »
Harry croisa les bras et scruta Jeffries du pied du lit. « Je sais déjà tout cela aussi. »
« Tout ? Vraiment tout ? »
Harry fronça les sourcils. « Que voulez-vous dire ? »
Jeffries regarda la porte très nerveusement. Elle demeurait fermée, mais Harry se tourna aussi instinctivement pour la regarder. « S'il-vous-plaît, Harry. Écoutez tout ce que j'ai à dire. Je veux que quelqu'un sache tout cela, juste au cas où… »
« Juste au cas où quoi ? Juste au cas où vous disparaissiez à nouveau ? »
Il secoua la tête. « Non. Je vous ai dit que je ne pouvais plus faire de magie. Le détraqueur… » Il frissonna et croisa les bras contre lui, fermant les yeux. Quand il les ouvrit, Harry se calma un petit peu, revenant à la chaise à son chevet.
« Pourquoi dites-vous que tout a commencé avec le recrutement de Roger ? » demanda-t-il, essayant de garder sa voix calme.
« Parce que Roger a du faire ce qu'on lui disait, afin de garder la famille en sûreté. Et pour protéger Fleur et le bébé. Et Alicia et ses parents. Il n'avait pas le choix. Il m'a dit… Il y avait même un garçon de Serpentard qui était allé à l'école et qui avait été tué par son propre père parce qu'il avait refusé de devenir un mangemort. Tout ce qu'il voulait, c'était jouer au Quidditch… »
Harry acquiesça, se souvenant. « Oui. Marcus Flint. Je ne lui aurais jamais donné le crédit d'avoir le bon sens de ne pas devenir un mangemort, mais il s'est avéré qu'il était bien après tout. »
« Au dépend de sa vie. » lui rappela Jeffries. « Roger était terrifié que cela nous arrive. Nous n'avons pas une grande famille… C'est juste ma mère et son frère, le père de Roger. Et mon père et moi, et la mère de Roger et… Bien, il y avait Evan, aussi, bien sûr. Roger faisait tout ce qu'il pouvait pour garder tout le monde en sûreté, et il a eu l'impression que ce qui était arrivé à Evan était entièrement de sa faute. C'était exactement ce qu'il ne voulait pas qu'il se produise, alors il a accepté de faire tout ce qu'on lui disait. Mais ensuite… On lui a dit d'épouser Alicia. C'était avant que Evan ne meure. Mais il était amoureux de Fleur… »
« Il y a un peu plus de an, pour Noël, je lui ai rendu visite. Il hésitait à dire à Alicia ce qui se passait vraiment. Il ne voulait pas la tromper, ni Fleur. Il ne voulait vraiment pas, mais il était coincé. Je voulais lui parler comme j'avais été changé par l'attaque de Westminster. Je voulais quelques conseils. Je savais que ma mère serait biaisée. Je pensais… Roger a du sang-froid. C'est un gars intelligent, préfet en chef et tout cela. Il aura peut-être quelques idées. »
« Et il en avait. Il… Il a eu l'idée de m'utiliser pour attirer des tonnes de partisans, moldus, sorciers et sorcières qui aimaient les moldus. Un moyen de livrer des victimes à Vous-savez-qui, bien qu'il ne me l'ai pas dit comme cela. Il disait juste que je devrais faire ce que les sorciers ne sont habituellement pas autorisés à faire… Utiliser mes pouvoirs pour faire le bien. Il disait que les sorciers devaient faire attention au ministère de la Magie, mais que je n'en aurais pas besoin. Bien sûr, il avait tort à ce sujet. Le ministère m'a suivi à la trace depuis le début. Mais ce que je ne savais pas alors, c'était qu'il espérait supplier de ne pas épouser Alicia en échange de donner à Vous-savez-qui de nombreuses victimes à travers moi. »
« Ce qui n'a pas marché. » dit gravement Harry, se sentant maintenant bien plus charitable envers Jeffries qu'envers Roger Davies.
Jeffries fit la tête. « Bien sûr que ça n'a pas marché. D'abord, j'ai eu la trouille et j'ai essayé de disparaître, après ce qui s'est passé à Surrey. De plus, Roger n'avait pas saisi le but, au début, de son mariage avec Alicia. »
« Le but ? »
« Vous savez, faire rentrer son père moldu au Parlement, puis le discréditer et mettre quelqu'un d'autre à sa place. Pour prendre le pouvoir sur le gouvernement moldu. »
« Ah, » fit Harry, acquiesçant. « Vous en êtes sûr ? Que Roger ne savait pas, je veux dire. »
« Bien, comme je disais, il ne savait pas au début. Il a découvert au moment d'exécuter ses ordres, bien sûr. C'était avant que Roger ne prenne la place du père d'Alicia, en utilisant du polynectar, abatte le whip de la majorité et puis prétende essayer de tuer le gars qui remplaçait le whip. Il devait avoir quelqu'un pour témoigner que c'était Spinnet l'assassin après tout. C'était l'image crachée de son beau-père quand il a commis le meurtre, alors c'était parfait. Les empreintes de Spinnet étaient sur l'arme, c'était clairement lui sur les vidéos de surveillance, et la victime survivante pourrait témoigner de son identité. Et le seul alibi de Spinnet était qu'il était endormi dans son bureau. Roger l'avait assommé en fait. Après qu'il soit vérifié dans la presse que le gars que Roger avait blessé pourrait témoigner contre Spinnet, Roger l'a mis de côté, il l'a enfermé et a commencé à prendre sa place en utilisant du polynectar. Il a même témoigné contre son propre beau-père au procès… »
Harry resta bouche bée. « C'était Clive…heu, comment déjà ? »
« Clive Metford. Oui. Le vrai Mr Metford était caché dans sa propre maison, prisonnier. Par chance pour Roger, il était célibataire, pas de femme ou d'enfant auxquels Roger doive faire face. Très propre et soigné. »
Harry se leva et se mit à faire les cent pas, son esprit assimilant les nouvelles informations selon lesquelles lorsque Clive Metford avait témoigné au procès de Mr Spinnet, cela avait en fait été Roger Davies. « Cela explique tout ! » déclara-t-il. « C'est comme cela qu'il connaissait tant de choses. Et la photo truquée… Je parie qu'elle montrait Roger à l'origine, avec Alicia et son père ! Il l'a changée magiquement afin qu'elle montre Metford dessus ! »
« Vous avez l'air d'en savoir plus que vous ne dites. » dit Jeffries, haussant les sourcils.
« Bien, pas vraiment. L'avocate de Mr Spinnet est une vieille amie de mon parrain, et après le verdict, elle nous a raconté le procès. Considérant qu'Alicia et son père savaient que Metford n'avait pas été au mariage, cela semblait logique de penser que la magie était impliquée dans la modification de la photo. Ce que personne n'avait saisi, c'est que le vrai Metford avait été remplacé par un sorcier. Et je ne pense pas que quiconque ait pensé que c'était en fait Roger. Maintenant, la femme qui a pris la place de Mr Spinnet au Parlement… Nous suspections depuis longtemps que c'était une sorcière… »
Ce fut au tour de Jeffries d'avoir l'air choqué. « Vous saviez ? Comment ? »
« Que savez-vous de cela ? » questionna Harry, serrant le pied du lit.
Jeffries eut l'air à mal à l'aise. « Bien, vous voyez, quand Roger n'allait pas très vite, qu'il rechignait encore à épouser Alicia, on lui a assigné quelqu'un qui était fidèle à Vous-savez-qui pour travailler, pour garder un œil sur lui. Il savait qu'il devait filer droit comme il l'avait sur le dos. Elle voulait aussi garder un œil sur son fils pendant les vacances d'été, alors elle, bien,… Elle a fourré cette famille moldue dans son propre grenier, et elle a pris la place de la mère en public. Elle n'était cependant pas toujours à traîner par là… Elle avait aussi d'autres choses à faire. Roger et moi avions dit à ma mère ce qui se passait, afin qu'elle nous aide, comme elle est très rusée. Elle commençait à s'inquiéter que cette sorcière nous double, alors elle s'est portée volontaire pour prétendre être un membre de la famille moldue. Elle a pris la place de la fille. Cela a bien plus à l'autre sorcière… Elle était encore en position d'autorité, même quand elles prétendaient être des moldues. Et la sorcière pouvait garder un œil sur son fils, comme elle avait voulu. Et sur vous, aussi. »
« Moi ? » Harry était très confus.
Jeffries laissa lentement apparaître un petit sourire sur son visage. « Vous n'en savez pas autant que ce que vous pensiez, hein, Harry ? Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi vous travailliez encore dans ce domaine de New Stockington ? »
Harry resta bouche bée. « Vous voulez dire… Que cette sorcière était… Était Narcissa Malfoy ? »
« Aussi connue sous le nom de Joan Harrington-Smyth, membre du parlement. »
« Aussi connue sous le nom de Daisy Furoncle. » grommela Harry, comprenant maintenant comment Mrs Malfoy avait pu obtenir certaines informations.
« Quoi ? » fit Jeffries, fronçant les sourcils. Ce fut au tour de Harry d'être fier de lui.
« Il y a de toute évidence des choses que vous ne savez pas sur vos co-conspirateurs. » Il commença à dire quelque chose d'autre puis se figea, venant soudain de réaliser quelque chose. « Attendez… Vous avez dit que votre mère prenait l'apparence de la fille ? Felice Harrington-Smyth ? » Jeffries acquiesça, fronçant encore les sourcils. « Mais… Mais elle… Elle a baisé Draco Malfoy ! »
Jeffries se pencha en avant, écartillant les yeux. « Elle a quoi ? »
Harry rougit. « Je suis désolé. Ce n'est probablement pas quelque chose que l'on devrait jamais entendre dire sur sa maman, spécialement comme votre père n'a pas… »
« Oh, ce n'est pas cela. Mon père et ma mère… Bien, quand j'ai été assez grand, ils m'ont expliqué qu'ils avaient toujours eu 'une compréhension mutuelle', dirons-nous. Ce qui a été très dur à accepter au début, mais cela fait des années maintenant, et je suppose que je me suis immunisé avec le temps. Ils ne se sont jamais marié après tout. Mais quand même ! Ma mère a baisé un garçon de dix-sept ans ? »
Harry commença soudain à rire. Il pouvait voir que Jeffries n'avait aucune idée du pourquoi. « Vous ne voyez pas ? Elle faisait cela pour Narcissa Malfoy. Elle était sensée garder un œil sur son fils. Je pensais qu'il semblait qu'ils voulaient être pris. Votre mère voulait qu'ils soient pris. Par la mère de Draco. Elle lui faisait un pied de nez. »
« Entre autres choses. » dit sombrement Jeffries. « Je doute qu'elle ait trouvé cela pénible. »
Harry se souvint de fille comme Niamh Quirke dans son autre vie, et de leurs réactions face à Draco Malfoy. « Vous avez probablement raison. Mais je pense qu'elle voulait quand même que sa 'patronne' soit au courant. » Il se remit à rire, se souvenant de Bronwen Davies au mariage d'Alicia et Roger. Si Draco Malfoy savait qui il avait vraiment sauté…
« Bien, mais je ne comprends toujours pas comme vous avez trouvé que cette Harrington-Smyth, la mère, je veux dire, était une sorcière. »
Harry dut fouiller dans sa tête maintenant. Cela faisait tellement longtemps qu'il avait des problèmes pour se souvenir. Mais ensuite, une image de Draco et 'Felice' le lui fit retrouver. « Oh ! Ca y est. Quand nous étions en Suède pour la course de balai, Draco Malfoy m'a dit que lorsqu'il avait été avec Felice… »
« Ma mère. »
« Heu, oui. Quand ils étaient… Ensemble, une fois, pendant l'été, il avait découvert des photos magiques sous un lit. Des photos de deux petits garçons. »
« Ah, exact. Maman m'a dit que pour occuper son temps libre en été, elle avait pris des photos de famille avec elle, à Surrey. Elle voulait en faire un album. Vous avez probablement trouvé de vieilles photos de Roger et Evan, quand ils étaient petits. Elle travaillait sur… Sur un cadeau pour ma tante Eve. Un souvenir pour Evan… » Il fit la tête. « Clairement, ce n'est pas tout ce qu'elle a fait de son temps libre… » Jeffries ferma les yeux puis les rouvrit. « Si seulement j'avais pu rester caché. Mais avec maman juste sous son nez tout le temps, quand j'ai reçu l'ordre de recommencer les spectacles de Rodney Jeffries, je n'ai pas eu le choix. Et je dois dire que j'ai été très choqué quand ta tante est arrivée. Mais elle semblait très perdue, sans endroit où aller, que je l'ai laissée rester. Elle est assez, hum, directive. » Harry acquiesça, sa bouche se tordant. « Bien sûr, tout se passait bien avant l'évasion d'Azkaban. » Jeffries soupira encore.
« Pourquoi ? » voulut savoir Harry.
« Parce qu'avant cela, ce n'était pas Lucius Malfoy qui tirait les ficelles. »
Ce fut encore au tour de Harry d'être choqué. « Lucius Malfoy ! »
Jeffries acquiesça. « Oui. Sa femme l'avait fait venir au domaine, à Surrey, et nous avons eu une grande réunion. Moi, Roger, qui prétendait encore être Metford, sa femme et ma mère. Il nous a montré, nous disant que nous étions juste bons à être assis là, sans rien accomplir. J'étais sensé livrer un nombre vraiment énorme de gens qui devraient être manipulés et même transformé en victimes, mais j'étais limité par le fait que de nombreuses personnes considéraient que mes partisans étaient un tas marginaux bizarres, et que j'étais vu comme un charlatan à la fois par les sorciers et les moldus. Nous devions mettre le phénomène Rodney Jeffries en avant, et c'est là où les liens avec le Parlement entraient en ligne. Mais d'abord, Malfoy a dû nous faire passer à tous l'idée que c'était lui le responsable. Alors il a… » Jeffries s'étrangla brièvement.
« Quoi ? »
« Il a tué Roger. Devant nous tous. Juste comme cela. Il a dit à quel point il était sans valeur, que ce n'était même pas son idée de le recruter au début, mais celle de son fils. Et Roger était juste… Parti. Et Lucius Malfoy a pris sa place en tant que Clive Metford… »
Harry avait la bouche sèche, se souvenant de la manière dont Cédric avait été frappé par la mort, au moment où il avait été déclaré inutile, le 'restant'. Des personnes dont on dispose. Et d'une certaine manière, c'était tout de la faute de Draco Malfoy. Quand il avait essayé de mettre son père en prison, il devait lui avoir donné des noms de personnes qui feraient de bonnes recrues. Malédiction, pensa Harry. C'était probablement la faute Draco Malfoy si Flint avait été tué par son père, et si la famille de Pénélope Deauclaire avait été assassinée. Un haine renouvelée et plus forte de Draco Malfoy était née en lui, et il fit face à Jeffries, les dents serrées.
« Et alors ? »
« Bien, je n'ai pas vraiment cru que c'était lui le responsable, comme quelqu'un d'autre s'était arrangé pour faire disparaître les dragons de la réserve, en Suède, n'est-ce pas ? Ils ont été utilisés pour l'opération à Azkaban, après tout. Malfoy était encore en prison à ce moment-là. Alors il devait y avoir quelqu'un d'autre à qui il répondait, très probablement, quelqu'un entre lui et Vous-savez-qui. »
Harry acquiesça. « Ce devait probablement être Ludo Verpey. »
« Qui ? »
« Ludo Verpey. Il travaille pour le ministère. Travaillait, je devrais plutôt dire. Département des sports et jeux magiques. Il avait des raisons pour se rendre en Suède aussi, à cause de la course de balai. Il s'occupait des concurrents britanniques, entre autre. »
Jeffries comprit maintenant. « Oui, ça semble logique. Mais comment savez-vous que c'est un mangemort ? »
Harry avait les lèvres pincées. « Il a essayé de me tuer à Stonehenge, et il s'est fait aspirer dans les limbes avec les détraqueurs. » dit-il rapidement. Jeffries eut l'air surpris, mais il ne dit rien de plus. Harry se souvint du cognard enchanté au match de Quidditch… Ce devait aussi être Verpey ! Et la façon dont Winky avait toujours été convaincue que c'était un méchant sorcier diabolique… Elle avait été en position de voir de nombreuses choses quand elle avait travaillé pour les Croupton. Spécialement après que Queudver ait utilisé la résidence des Croupton pour base, pour s'occuper de Voldemort avant de l'aider à regagner un corps. Je parie que Verpey n'essayait pas juste de me faire gagner pour se faire de l'argent sur les paris, réalisa Harry. C'était ce qu'il avait eu l'habitude de considérer, mais ceci était sans doute une meilleure explication : il était probablement le plan de secours au cas où Barty Croupton Jr aurait eu des difficultés à m'aider à me faire gagner, et il pensait qu'il pourrait aussi se faire un peu d'argent en pariant…
Il se souvint de Verpey dans la pensine de Dumbledore, disant qu'il n'avait pas su qu'il passait des informations du ministère aux mangemorts. Il était l'une de ceux qui s'en étaient bien sorti, un de ceux que méprisait Barty Croupton Jr. Ni un mangemort vraiment loyal, ni un espion. Verpey devait avoir travaillé dur pour revenir dans les bonnes grâces de Voldemort. Et après que Barty Croupton ait été embrassé par un détraqueur, que Lucius Malfoy soit allé en prison, et que Pettigrew ait été capturé, il avait finalement été celui vers qui Voldemort s'était tourné. Il devait avoir été celui à monter toute cette machination, réalisa Harry. Une machination plus compliquée que le plus compliqué des jeux magiques… Et les jeux, c'était son travail après tout…
« Je suis désolé, Harry. » s'étranglait maintenant Jeffries. « Je pensais vraiment ce que je vous ai écrit dans cette lettre, comme quoi je voulais aider les gens… Mais je devais protéger ma famille. Roger n'a jamais voulu qu'Evan se trouve pris dans tout cela, mais comme le temps passait, nous avons tous comme à réaliser que nous devions être ensemble dans cela, veiller les uns sur les autres, toute la famille… »
Harry lui lança un regard noir. « J'essayais de sauver ma mère et ma sœur en modifiant le cours du temps, et cela a créé un monde cauchemardesque. Vous savez… Vous l'avez vu dans vos cauchemars. Ma mère pensait qu'il valait mieux que toute notre famille périsse ensemble plutôt que ce que l'un de nous courbe l'échine devant Voldemort. » Jeffries se crispa en entendant le nom. « La seule raison pour laquelle il a été défait la première fois, c'est parce qu'elle a donné sa vie pour moi. Je pense… Je pense qu'un part d'elle savait qu'il ne la tuerait pas à ma place, qu'il essayerait encore de me tuer après elle. Mais je pense aussi qu'elle pensait que nous serions tous ensemble réunis dans la mort, et que c'était mieux que d'être vivant ensemble si c'était pour servir le mal. Quand j'ai changé le cours du temps, j'ai découvert à quel point elle avait raison. » Jeffries acquiesça, les yeux humides.
« Oui, vous avez raison, vous avez raison, bien sûr. » chuchota-t-il. « Mais… Mais peu de personne sont aussi forte que votre mère, Harry. La plupart des gens feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver les gens qu'ils aiment, à part se sacrifier. S'il y a un moyen d'éviter cela,… Ils le feront. » Il leva à nouveau les yeux vers Harry. « Vous devriez aller voir votre tante, » chuchota-t-il. « Elle est comme moi… Le détraqueur qui l'a attaquée a réussi à avoir sa magie, mais pas son âme. Elle n'est plus une sorcière. Vous devriez aller la voir. » dit-il encore, très doucement.
Harry acquiesça, ayant perdu patience avec Jeffries. « Que vont-ils faire de vous ? »
Il haussa les épaules. « Je ne sais pas. Je vais probablement aller en prison, une fois qu'ils auront trouvé un remplacement pour Azkaban. Je ne risque pas d'être aussi dangereux que bien d'autres, comme je ne peux pas faire de magie. Je suppose que c'est ma destinée d'aller en prison dans ce monde aussi. » finit-il tristement.
Harry était sur le point de l'approuver, n'ayant pas la moindre compassion pour lui, mais soudain, un énorme oiseau frappa la fenêtre de la chambre de Jeffries, les serres râpant contre la vitre en faisant un bruit horrible. Harry se couvrit instinctivement les oreilles, choqué de réaliser, quand il se tourna vers la fenêtre, qu'il connaissait l'oiseau qui donnait des coups répétés contre la vitre. Il courut dans le couloir, s'attendant à trouver Nita, mais elle devait être partie faire une ronde. Il y avait deux gardes en dehors de la pièce, et il leur cria à tous les deux « Appelez le Docteur Anderssen ! Et les aurors qui sont de garde ! Il y a un mangemort animagus qui essaye de rentrer dans la pièce ! »
Les gardes, qui semblaient être des troufions, restèrent tous les deux là, à le regarder. Il pensa d'abord à quel point sa déclaration devait avoir l'air absurde, et seulement en deuxième lieu au fait qu'ils l'avaient vu entrer dans la pièce sur une civière, apparemment inconscient. Le reconnaissant pour la menace qu'il était, ils le stupéfixèrent immédiatement.
Harry tomba à leurs pieds, face contre terre, et ne sur plus rien de ce qui se passait pendant un très long moment.
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