- Pauvre fou. Qu'as-tu fait de moi ?
Le visage du Gryffondor se décomposa en entendant la voix menaçante du Mage Noir siffler dans sa tête…
- Harry, je me sens bizarre. Je crois que Voldemort s'est réveillé, devina Drago en se redressant brusquement dans le lit.
Le regard du Mage Noir se braqua dans la direction du Serpentard. Harry put alors sentir une vague de dégoût l'envahir tout entier.
- Le traître à son sang, bien sûr qu'il devait être là. Vous avez beau jouer aux sorciers de la Lumière, vous n'en êtes pas moins des Sangs-Purs manipulateurs et fourbes. J'ignore quel plan diabolique vous avez mis à exécution pour tenter de me neutraliser, mais la chose dont je suis sûr, c'est qu'il porte la signature des Serpentard. En fait, je devrais te féliciter d'oser recourir à de tels procédés, provoqua Voldemort. Dommage que l'amour soit toujours moteur de tes choix…Tu aurais pu être aussi puissant que moi…Ensemble, nous aurions pu accomplir des exploits magiques et placer le monde entier à nos pieds…A vrai dire, ce projet est encore à notre portée. Pour cela, il te suffit d'ouvrir les yeux, Harry. L'amour n'a jamais existé pour les visionnaires. Elle a été créée par les faibles d'esprit, tout comme la religion, pour empêcher le peuple de penser et de se confronter à ses peurs les plus intimes. Libère-moi et je t'apprendrai à ne plus avoir peur, ni de la souffrance, ni de l'abandon, ni de la mort.
- C'est vous qui faites erreur, répondit le Gryffondor par la pensée. L'amour est bien réel et par amour j'inclus l'amitié et plus généralement l'amour que je ressens à l'égard de la vie. Ce n'est pas parce que vous n'y croyez pas que cela n'existe pas. Ce n'est pas parce que vous n'avez jamais pu vivre de tels sentiments qu'ils ne sont pas réels. S'il m'est arrivé de souffrir et d'avoir peur de mourir, c'est uniquement par votre faute ! cracha Harry avec férocité.
N'entendant plus la voix de Voldemort dans sa tête, Harry reprit ses esprits et constata qu'il s'était machinalement cloîtré dans la salle de bain. Il entendit alors des coups frappés à la porte avec frénésie et la voix inquiète de Drago qui lui ordonnait d'ouvrir la porte. C'est à ce moment que le Gryffondor constata qu'il pouvait sentir le cœur battant du Serpentard dans sa propre poitrine et la panique qui régnait dans sa tête. Il ne pouvait l'expliquer, mais il était certain que ces sensations provenaient du Serpentard et non du Mage Noir.
Harry se pressa d'ouvrir la porte. Déboulant comme un diable dans la salle de bain, Drago attrapa les épaules du Gryffondor et le secoua violemment avant de le relâcher, les yeux bouillonnants de colère.
- Bon sang, Harry ! éclata Drago. Tu peux m'expliquer ce qui vient de se passer ? Tu n'as pas idée comme j'ai eu peur !
- Excuse-moi, dit Harry en secouant la tête, les sourcils froncés. Je ne me souviens même pas avoir quitté le lit…
Les lèvres de Drago bougèrent mais aucun son n'en sortit. La stupeur se lisait facilement sur son visage.
- Je ne comprends pas, articula le Serpentard au bout d'un moment. Comment est-ce possible ?
- Je…parlais avec Voldemort, dans ma tête, avoua le Gryffondor avec prudence, guettant la moindre réaction du Serpentard.
- Tu…quoi ?
- Je sais, ça paraît dingue, mais il fallait s'y attendre…
Drago se prit la tête dans les mains.
- Ce cauchemar s'arrêtera-t-il un jour ? soupira le Serpentard entre ses dents.
- Relâche-moi et je te promets d'épargner Drago et tes proches, susurra le Seigneur des Ténèbres. Mieux encore, si tu me libères, je m'engage à te prendre sous mon aile, ainsi que ta famille.
- Ne me prenez pas pour un imbécile. Je sais bien que votre souhait le plus cher reste de me tuer. Je ne vous libèrerai pas, répondit Harry avec conviction. Autant que vous le sachiez, tout le monde sait que je vous ai vaincu. Vous êtes mort, Tom…
- Tu sembles si sûr de toi, Harry. Sache que tout plan a ses faiblesses et que je finirai par trouver un moyen de te faire capituler. Je vais retrouver ma liberté, sois-en certain…
- Harry ! éructa Drago en secouant son épaule. Tu m'écoutes ou tu discutes encore avec lui ?
- Excuse-moi. A présent je suis à toi.
Les deux sorciers prirent une douche et s'occupèrent de Jade. Par la suite, Drago dut s'injecter une dose de GHB dans les veines pour se calmer et faire disparaître le tremblement au niveau de ses mains. Cela permit à Harry de se détendre par la même occasion, malgré la présence de Voldemort en lui.
La fin de matinée, Drago et Harry se recueillirent au chevet de Pansy. Les bougies avaient fini par s'éteindre. La cire refroidie avait pris la forme de coulées de lave circulaires. Le Serpentard plaça de nouvelles bougies sur les tables de chevet qu'il alluma dans un crac d'allumette.
Les deux hommes avaient apporté une bassine d'eau tiède savonneuse avec deux gants de toilette et une grande serviette blanche. En silence, chacun se munit d'un gant et commença à laver le corps de Pansy. Ses bras et ses jambes furent débarrassés de la crasse, mais sa peau était si brûlée au niveau de ses bras qu'on ne voyait pas forcément de différence. Malgré tout, cet acte importait pour les deux sorciers.
Son visage inerte et froid reçut les mêmes soins. Les yeux larmoyants, le Mangemort ouvrit le tiroir de la table de chevet qui se trouvait du côté droit du lit et en sortit la boîte à bijoux de Pansy. Il choisit alors le collier de perles blanches qu'elle portait à leur mariage et l'attacha autour de son cou. Aidé par Harry, le Serpentard dévêtit Pansy de sa chemise de nuit blanche et toute trace de souillure fut nettoyée du reste de son corps. Ensemble, Harry et Drago la rhabillèrent d'une robe d'été blanche et son corps fut à nouveau déposé sur le lit.
Drago versa du whisky pur feu dans trois verres simples et alluma une cigarette qu'il tendit à Harry.
- En souvenir du bon vieux temps, expliqua-t-il avant de s'asseoir sur une chaise à côté du Gryffondor.
Harry prit une grande bouffée et ferma les yeux, le visage souriant de Pansy apparaissant dans son esprit. Il sentit alors les doigts délicats de Drago s'entremêler avec les siens pour lui retirer la cigarette. A son tour, le Serpentard se brûla les poumons avec la nicotine. Le souvenir de leur première fois lui revint douloureusement en mémoire. Drago souffla la fumée en direction de Pansy.
- Je ne t'oublierai pas, murmura-t-il à la Mangemort.
Harry se leva, contourna la chaise où était assis Drago, et prit deux des trois verres qui se trouvaient sur la table de nuit et en tendit un au Serpentard. Ce dernier se mit debout et prit le verre, ses yeux gris fixés sur Pansy.
- Pansy, je bois en ton honneur. Merci pour ton amour et ta sincérité. Merci pour tout. Tu m'as sauvé la vie.
- Elle n'a eu que ce qu'elle mérite, la traitresse, provoqua Voldemort avec délectation. Et le prochain, ce sera Drago. C'est cela que tu veux, Harry ? Nettoyer la sang de la dépouille de l'homme que tu dis aimer ?
Harry serra les dents, tentant vainement d'ignorer les paroles du Mage Noir. Mais Voldemort pouvait voir en lui sans difficulté maintenant qu'ils partageaient la même enveloppe corporelle. Le Seigneur des Ténèbres semblait se nourrir de la colère du Gryffondor. En retour, Harry sentait le plaisir malsain que Voldemort prenait à voir le cadavre de Pansy et à sentir sa tristesse et sa colère. Alors Harry avala son whiskey d'une traite, dans l'espoir que la brûlure dans sa gorge accapare tout son esprit.
En cette fin de matinée, Pansy fut enterrée derrière la maison, au pied d'un vieux cerisier. Une pierre tombale fut taillée et gravée à l'aide de la magie, puis Drago la fixa dans la terre, le cœur lourd…
Du côté de Poudlard, Severus Rogue reprenait conscience avec difficulté. Le professeur de potions avait lutté contre une septicémie pendant près de dix-huit heures. Médicomages et infirmières s'étaient relayés à son chevet jusqu'à ce que son état ne se stabilise en début d'après-midi.
L'esprit embrumé, Severus Rogue ouvrit les yeux. Le visage d'une belle rouquine apparut dans son champ de vision et le Mangemort crut alors qu'il était mort.
- Lily ? dit-il d'une voix hésitante et éraillée.
- Non, je m'appelle Isabel et je suis infirmière. Vous l'avez échappé belle, Severus, répondit-elle en souriant.
Toujours déboussolé, le sorcier regarda autour de lui. Des gens circulaient dans tous les sens. D'autres personnes gisaient sur des lits à même le sol, les bras, les jambes ou la tête enturbannés de bandages.
- Je ne suis toujours pas mort ? soupira-t-il en fermant les yeux.
La jeune infirmière perdit son sourire mais son visage garda une expression apaisante.
- Non, votre heure n'est pas encore arrivé. Je me trompe, où vous semblez déçu de ma réponse ? osa-t-elle demander, l'œil vif et curieux.
- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? Je ne suis personne pour vous, maugréa Rogue en ouvrant les yeux, son regard dur et froid défiant la jeune femme.
- Vous êtes Severus Rogue, dit-elle comme si cela expliquait tout.
- Et ?
- J'ai un profond respect pour ce que vous avez fait. C'est le cas de tout le monde, ici.
Le Mangemort ne put s'empêcher de détailler son visage, à la fois parce qu'il était en quête de réponses, mais aussi parce qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir une belle femme d'aussi près. Son teint était laiteux, ses yeux marrons dégageaient douceur, chaleur et sincérité, ses lèvres étaient fines et rosées et ses cheveux longs couleur fauve. Tout en elle lui rappelait Lily. Excepté la couleur de ses yeux. Rogue déglutit et ferma les paupières un instant pour dissiper son trouble et reprendre ses esprits.
- Je ne vous suis pas.
- Albus Dumbledore avait pensé à votre avenir, à l'après-guerre, expliqua-t-elle patiemment. Le saviez-vous ?
- Non…
- Ce matin, le professeur McGonagall a fait un discours en son nom. Apparemment, il lui aurait transmis une lettre il y a des mois de cela, une lettre qu'elle ne devait ouvrir que si nous sortions victorieux de la guerre. Albus Dumbledore a révélé votre rôle d'espion dans cette guerre. Il a expliqué que votre vie était en danger et que vous deviez être mis sous la protection des Aurors. Il a également assuré que le fils Malefoy et sa femme étaient des acteurs essentiels de la résistance et qu'on devrait les juger avec clémence.
- Rien ne s'est déroulé selon le plan, murmura le Mangemort pour lui-même. Et maintenant, où es-tu Potter ?
- Est-ce que ça va ? Vous êtes livide.
- Ça va, répondit Rogue de manière morne.
- Il serait bien que vous mangiez un peu, dit-elle en s'éloignant vers une table qui débordait de nourriture.
Le professeur de potions grogna tout en lui tournant le dos. Le message était clair mais la jeune femme ne se laissa pas impressionner. Elle fit le tour du lit et s'assit sur un tabouret. Le sorcier lui jeta un regard noir, la défiant silencieusement de le forcer à s'alimenter.
- Ce n'est pas en étant grincheux que vous allez vous remettre, dit-elle en souriant, l'air complice.
- Vous allez finir par me ficher la paix, oui ? ! Je me fiche pas mal de vos opinions et de ce que vous pouvez penser de moi ! Je ne vous ai rien demandé.
Alors que la jeune infirmière s'apprêtait à lui répondre, Fol'œil apparut dans l'encadrement de la porte, tout sourire, et entra dans la salle de classe.
- Mon Mangemort préféré ! s'éxclama-t-il sous le regard réprobateur des médicomages qui déambulaient dans la salle. Bienvenue au club des estropiés !
- Non mais ça va pas ? ! éructa l'infirmière qui s'était interposée entre l'Auror et le lit du professeur de potions. Qui êtes-vous, monsieur ? !
- Le célèbre Auror Alastor Maugrey Fol'œil, lui dit-il en bombant le torse.
- Pas si célèbre que cela, je ne vous connais pas, répondit-elle sèchement, sous le regard amusé du professeur de potions.
- Alors c'est l'occasion de faire connaissance, ma jolie. J'ai toujours eu un faible pour les petites infirmières en robe blanche…
- Si vous voulez vous retrouver avec une aiguille plantée dans la fesse, continuez avec votre drague à deux mornilles, menaça-t-elle, les mains sur les hanches, le regard sauvage. A présent, je vais vous demander de quitter la pièce.
- Aucune chance, j'ai reçu l'ordre de protéger Severus Rogue, expliqua-t-il avec grande satisfaction.
Le Mangemort grogna de concert avec la jeune femme. En bougeant sous les draps, il comprit ce que voulut dire Fol'œil en parlant du club des estropiés. Son genou droit était enroulé dans un bandage pour la raison qu'il était amputé. Etrangement, Rogue ne ressentit rien face à cette perte. Quelle importance ? Il soupira, les paupières closes, s'enfermant dans son monde des ténèbres, la voix d'Isabel flottant agréablement à ses oreilles.
Salut !
En vitesse, je vous livre ce nouveau chapitre, avant de me faire électrocuter par l'orage lol !
J'espère qu'il vous plaira.
Une chanson qui m'a inspiré et que J'ADORE : « Give me strength » de Over the Rhine. Franchement, écoutez-là…
Je pars en vacances pour 2 semaines environ. Je ferai mon possible pour poster chaque semaine mais je ne garantis rien.
A bientôt,
DarkPotter
