Salut tout le monde, je publie un nouveau chapitre. J'espère que l'attente n'a pas été trop longue. En tout cas ça m'a fait du bien de l'écrire (me demandez pas pourquoi). Merci à ceux qui laisse toujours des reviews, c'est pour vous que je continue, si vous saviez à quel point ça me fait du bien de lire vos commentaires. A chaque fois ça me redonne envie de me mettre devant mon clavier à nouveau. Alors continuez ! ;) Normalement j'ai répondu à toutes les reviews qui étaient restés sans réponse. Sinon vous avez le droit de m'écrire pour contester.
Je réponds ici à ceux qui ne sont pas inscrit sur le site :
SummerCostello : Merci pour tes reviews, j'adore lire des noms nouveaux dans les reviews. Je suis contente que la fic de plaise. J'espère que ça va continuer comme ça. En tout merci pour tes deux reviews !
Bises
CamWealsey : Une nouvelle lectrice ! j'adore les nouvelles lectrices, bienvenue ici. Je suis super contente que l'histoire te plaise et que tu ais eu le courage de lire autant de chapitre d'un seul coup. Merci pour ta review ça fait trop plaisir. J'ai hâte de te relire !
Bises
Chapitre 48: Le destin
- C'est catastrophique ! s'exclame Michael
La répétition vient de s'achever et personne n'ose prononcer un mot. Je crois que à ce moment précis tout le monde regrette de faire parti du spectacle. Michael s'est révéler être un metteur en scène capricieux et tyrannique, mais personne n'ose s'avancer contre lui, pas même moi. Alors qu'il déchaîne ses foudres contre le pauvre élève de cinquième année qui joue Mercutio, Sarah s'avance à mes côtés. Elle est la costumière du spectacle, et elle est vraiment douée. Un petite sourire sur les lèvres, elle me murmure à l'oreille.
- Je crois que tu devrais donner un peu d'espoir à ce Michael, ça le mettrai de meilleure humeur.
- Ne rêve pas trop Sarah, aller courage, plus que deux jours et ce supplice prend fin.
A cet instant, Lourbeni tourne la tête vers nous, je lui souris amicalement du mieux que je peux. C'est la seule chose que je peux faire. Il se calme et déclare la répétition officiellement finie.
Tout le monde retourne se changer dans les coulisses. Nous répétons depuis le début dans la salle sur demande, le seul endroit qui pouvait nous fournir tout ce dont nous avions besoin.
Michael s'approche de moi et croise les bras sur sa poitrine.
- Alors, sincèrement qu'est-ce que tu en penses ? me demande-t-il
Je tourne la tête vers Sarah qui me fait comprendre que j'ai intérêt à répondre de la bonne manière pour le bien de tous.
- C'est... très bien... en si peu de temps je suis bluffée, j'avoue en souriant
C'est surement vrai, pour tout dire je n'ai pas fait attention aux répétions. Je me contente de faire ce pourquoi je suis là, c'est-à-dire vérifier que tout le monde est bien à sa place dans les coulisse et que les changements de décors se font correctement. Je n'ai pas le temps de m'attarder sur le jeu des comédiens.
- Oui, je leur met peut-être un peu trop la pression, murmure Michael
Je vois Sarah hocher presque imperceptiblement la tête.
- Tout va bien se passer j'en suis sûre ! Bon, je vais y aller j'ai encore mes devoirs de préfète à remplir. Je rangerais tout demain matin.
- D'accord, à demain alors pour la répétition générale alors !
- Oui à demain !
Je sors en agitant le bras. Une fois que je me retrouve dans le couloir, je respire un grand coup. Ça fait du bien quand ça s'arrête. Sur le chemin vers l'appart, je rencontre Scorpius qui fait sa ronde à ma place. Il est vraiment adorable, je n'étais vraiment pas d'humeur à me balader deux heures dans les couloirs.
Je prend ensuite une douche bien chaude et je me mets en pyjama. Alors que je m'apprête à me mettre au lit, quelqu'un frappe à la porte de ma chambre. Intriguée, je me lève et laisse entrer le visiteur. Il s'agit d'Alice, elle me sourit quelque peu gênée.
- Salut, je voulais juste te dire que... je suis prête à en parler si toi tu veux... en parler. C'est juste que je pense que je te dois des explications... sauf si...
- Viens t'assoir, je la coupe en désignant le lit.
Elle s'assoit un peu plus à l'aise tandis que je m'installe en face d'elle. On s'observe un moment tout deux assise en pyjama sur mon lit.
- Ça a commencé quelques semaines après que j'apprenne mon infertilité. Je ne faisait pas ça pour gagner de l'attention, je le jure. J'avais juste besoin d'une manière de faire évacuer mes sentiments. J'avais cette constante douleur à l'intérieur de moi sans que je comprenne réellement d'où elle vienne et les lames me permettaient d'extérioriser cette douleur. Je savais à présent pourquoi j'avais mal et je mettais grand soin à me guérir, comme s'il s'agissait de la solution. Je sais ça paraît dingue et maintenant que je le formule, je me sens vraiment idiote. j'ai l'impression d'être une adolescente lunatique et pathétique.
- Tu n'es pas pathétique Alice, vas-y continue...
Ma meilleure amie lève les yeux vers moi et me sourit.
- Louis a rapidement compris ce qui se passait et il m'a demandé d'arrêter, ou plutôt... ordonné. Il m'a aidé et j'ai arrêté mais pendant ces vacances, cette douleur est revenue encore plus forte. On a passé les vacances en famille et ça me rappelait sans cesse que j'étais incapable d'en engendrer une. Je sais je suis trop jeune pour penser à ça, on a tout le temps d'y penser mais pas moi, parce que ce n'est pas un choix qui s'offre à moi. Je ne peux juste pas. J'ai comme l'impression d'avoir perdu la chose la plus essentielle dans la vie d'une femme. Et ce manque me ronge tellement. Ce qui s'est passé dans les toilettes l'autre jour, c'était un accident, je n'ai jamais voulu mettre ma vie en danger. Je n'ai jamais eu envie de mettre un terme à ma vie, à cet instant je voulais simplement arrêter de souffrir à l'intérieur.
- Je comprends et je suis tellement désolée, si tu savais, avouai-je les larmes les yeux. Je te promets que tout va s'arranger, tu sera heureuse à nouveau. Bientôt ce sera fini.
Je n'étais pas vraiment sûre de ce que je promettais à cet instant mais une voix me chuchotait au fond de moi que je n'avais pas tord.
Je me réveille, Alice dormant tout contre moi. Je caresse ses cheveux blonds, elle est comme un sœur pour moi et je supporte pas de la voir dans cet état. Mais j'ai bon espoir que tout s'arrange. On est samedi, c'est enfin le jour J, le jour de la pièce. Je m'en réjouis que trop puisque cela signifie que Michaël n'arpentera bientôt plus les couloirs du château ! Je me lève en prenant bien soin de ne pas réveiller Alice et je me glisse dans la salon ovale. Scorpius est réveillé, habillé et il travaille sur le bureau, il sourit en m'apercevant.
- Tu n'es pas venu me souhaiter bonne nuit hier soir, fait-il remarquer sans méchanceté
- Oui, désolé, Alice est venu me parler et finalement on s'est endormie toute les deux sur mon lit. Mais dis-moi tu es bien matinal !
- Non, c'est toi qui est en retard, il est bientôt 10h.
- QUOI ? je m'exclame
J'ai un tas de truc à faire aujourd'hui, je m'occupe de l'organisation du spectacle. Il faut que je supervise le montage de la scène dans le parc parce que la pièce a lieu en plein air comme il fait beau. Je dois m'assurer que toutes les retouches costumes sont faites, qu'il ne manque aucun comédien, que les décors soient à leur place. Tout ça avant la représentation qui a lieu à 15h. Alors je file sous la douche et je m'habille rapidement. Je croise Alice qui retourne dans son dortoir en m'adressant un sourire. Au moment où je prends mes affaires pour sortir, un livre attire mon attention dans la bibliothèque. Je le fais glisser entre mes mains. Il s'agit du livre que Jeffrey m'avait offert pour mon anniversaire. Ça remonte à si longtemps... J'ouvre sur une page au hasard, il s'agit d'un sortilège de protection. C'est un vieux manuscrit et quelqu'un a annoté quelque chose sur le côté. Lily Evans. Ce nom me dit quelque chose. Quelques secondes plus tard, il me revient en tête. C'était le nom de jeune fille de Lily Potter, la grand-mère d'Albus. Est-ce que l'ancien propriétaire du livre pensait qu'il s'agissait du sort qui a sauvé mon oncle Harry ?
- Rose, je croyais que tu étais en retard ? demande Scorpius en sortant de sa chambre
- Euh oui, j'y vais toute suite !
Je repose le bouquin, j'embrasse rapidement Scorpius et je sors de l'appartement.
La matinée se passe horriblement mal, Michaël trouve toujours une occasion de gueuler, les acteurs sont stressés et complètement sur les nerfs. Celui qui joue Roméo a failli étrangler pour de vrai son camarade qui joue Mercutio. La répétition a tourné au cauchemar quand le 6ème année qui joue l'un des valets a déchiré son costume alors qu'il circulait dans les coulisses. Finalement, Michaël a mis fin à la répétition en disant que c'était sa pire expérience professionnel. Je veux bien le croire et pourtant tout le monde a fait du mieux pour que ça marche. Alors que les élèves rejoignent la grande salle pour déjeuner avant de reprendre la répétition, Sarah vient me trouver tout affolée.
- Rose, il faut absolument que je recouse au plus vite ce costume ! Quel idiot ce Campbell, comme si j'avais le temps de lui refaire une veste parfaite. Il va encore falloir que je cherche un sortilège pour arranger ça... soupira-t-elle. Est-ce que tu pourrais m'envoyer ton frère ? Il a la même morphologie et j'ai besoin d'un mannequin.
- Y a pas de soucis, Sarah, je vais le trouver.
Je termine de vérifier que tous les bancs des spectateurs sont à leur place sur l'herbe du parc et je me dirige vers le château. C'est McGonagall qui en raison du beau temps a proposé aux élèves de jouer en plein air. Je ne suis pas sûre qu'il s'agissait d'une bonne décision mais je n'ai pas fait de commentaire.
Après avoir chercher mon frère dans la grande salle, sans succès, je monte en direction de l'appartement pour jeter un coup d'œil à la carte du Maraudeurs. Sur le chemin je rencontre Scorpius qui descend manger.
- Rose, qu'est-ce que tu fais ? Tu viens manger ? demande-t-il en s'approchant
- Je n'ai pas le temps ! Michael est devenu complètement fou, je crois qu'il serait capable de finir par frapper un des acteurs. Sarah est dans le même état, elle doit recoudre une veste. Mon frère est introuvable et je dois y retourner pour vérifier tous les décors, sans parler de...
Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase que ses lèvres se posent sur les miennes dans un doux baiser. Je perds toute conscience de ce qui m'entoure. J'enroule mes bras autour de son cou pour approfondir le baiser. Je sens ses mains caresser mes hanches et je frisonne. On finit par ce détacher.
- C'était pourquoi ça ? je demande mes lèvres encore proches des siennes
- Tu es beaucoup trop stressée en ce moment, murmure-t-il en passant sa main sur ma joue.
- Non, tu crois ? C'est pas comme si j'organisais une pièce de théâtre complètement ratée, qu'un assassin complètement taré voulait ma peau et que ma meilleure amie...
Une fois de plus Scorpius me fait taire avec un baiser, beaucoup plus fiévreux cette fois. Il me pousse doucement vers un des mur du couloir.
- Qu'est-ce que tu essayes de faire ? je le questionne en rompant notre baiser
- J'essaye de te faire oublier tout ça...
Il ouvre la porte d'un placard à balai et me pousse à l'intérieur avant de fermer la porte derrière lui. Il fait noir et je ne distingue même pas les contour de son corps. Je sens une main serrer fermement ma taille et une autre passer sous mon chemisier. Ma respiration s'accélère mais je ne distingue toujours pas son visage. J'attends qu'une chose que ces lèvres touchent à nouveau les miennes. Je sens sa respiration s'accélérer également.
- Scorpius...
Je tend ma main pour toucher sa joue puis avec délicatesse je pose mes lèvres sur ce que je devine être les siennes. Tout s'accélère jusqu'à ce que je n'ai plus aucune notion de l'endroit où je me trouve.
Je dévale la pente qui mène à la cabane d'Hagrid, beaucoup plus détendue. La technique de Scorpius pour me faire oublier tout le reste a apparemment fonctionné. Je n'ai tout de même pas oublié qu'il fallait que je retrouve Hugo. Je marche dans le parc alors que le vent fouette mon visage. Je crie le nom de mon frère sans obtenir de réponse. Alors que je me dirige vers les serres, je remarque une ombre près de la cabane d'Hagrid. Je cours dans sa direction en hurlant son prénom. Lorsque j'arrive chez Hagrid, il semble avoir disparu.
- Mais à quoi il joue ? je murmure pour moi-même
A cet instant que comprends que quelque chose m'échappe et je n'ai pas le temps de comprendre quoi, que je tombe inconsciente sur le sol après avoir reçu un choc sur la tête.
Lorsque j'ouvre les yeux, je comprends que je suis assise sur une chaise, ligotée par un lien. Un bout de tissu entre les dents, je suis incapable de prononcer une seule parole. Tout est sombre et je ne reconnais pas l'endroit, du moins jusqu'à ce que j'entende le parquet grincer. Mes yeux s'habituent peu à peu à la pénombre, je devine les traits d'un homme assis en face de moi mais sans pour autant voir son visage, deux mètres nous séparent. Il faut que je le vois, pour être sûr que c'est lui. Si je dois mourir, je veux voir son visage. Cette fois c'est pour de bon, c'est lui ou moi. Nous ne sortirons pas tous les deux vivants d'ici. Pour le moment, il a l'avantage et j'ai besoin de le voir pour déterminer la démarche à suivre. Je me concentre et sans même prononcer une parole, une boule de lumière apparaît et éblouie la pièce. Je dois fermer les yeux pour m'habituer, lorsque je parviens enfin à garder les yeux ouverts, j'aperçois mon frère en face de moi également ligoté. Alors toute ma bonne volonté et ma détermination disparaît et je tente de hurler son nom mais le tissu m'en empêche. Des larmes de frustration coulent sur mes joues. J'essaye tant bien que mal de me défaire de mes liens, sans succès. Des pas se font entendre et il apparait enfin. Bizarrement je n'éprouve pas de peur, ni de dégout en le voyant, il faut croire que je me suis habitué à le voir. Dans sa poche arrière droite je distingue ma baguette et celle de mon frère. Il s'approche doucement de moi, tout sourire.
- Bonsoir Rose, je suis vraiment content que tu sois présente ici ce soir, avec ton frère.
J'ai envie de lui dire d'aller se faire foutre mais tout ce que j'arrive à faire c'est grogner. Les liens m'entaillent les poignets et le tissu bloque ma mâchoire.
- Ne t'inquiètes pas, je te permettrais de prendre la parole un peu plus tard. D'abord c'est mon tour. C'est étrange Rosie – je me permets de t'appeler ainsi parce qu'on est proche tout les deux – c'est étrange de voir comme la vie, notre propre existence, tient à si peu. Tu n'ignores pas la tâche que je me suis donné il y a maintenant presque un an. Tu as un frère également, tu sais ce qu'est l'amour fraternel. Mais est-ce que tu sais ce que sais de PERDRE un frère ? demande-t-il en dirigeant sa baguette vers Hugo. Malgré le tissu serré contre ma bouche j'arrive à étouffer un sanglot.
- C'est une sensation très désagréable, tu l'imagines. Surtout lorsqu'on est si jeune. Le deuil, ce n'est pas quelque chose qu'on finit par surpasser, non une fois que le mal est fait on garde à jamais cette douleur. On l'enterre très profondément mais elle reste au fond de nous et parfois elle réapparait avec encore plus virulente que jamais. Tu comprends donc ma position, j'ai commencé à me questionner sur ce qu'il y avait après la mort et ça m'est apparu comme une évidence. Il n'y a rien tout simplement, c'est le vide.
Il émit une pose dans son monologue comme pour me prendre à parti, puis continua :
- C'est la que je me suis dit, qu'il fallait faire un truc, qu'il y avait un truc à découvrir. Un secret que personne n'avait encore percé. J'ai donc volé le corps de mon frère avant sa mise en terre, pour le conserver jusqu'à ce que je perce ce secret. Ça m'a pris des années, et j'étais à ça de découvrir le secret, jusqu'à ce tu commences à te mettre en travers mon chemin. Quand j'ai vu que personne ne se rappelait de mon frère, qu'on avait même oublié d'apposé son nom sur le monument au mort, je suis passé à la vitesse supérieur. J'ai d'abord pensé que le secret avait déjà été découvert mais garder précieusement par le ministère alors j'ai tenté de m'infiltrer dans le département des mystères, c'était le seul endroit où il pouvait le garder. Tu connais la suite de l'histoire, Rose. J'ai échoué alors je suis passé à la technique suivante. Le sort de l'éclair, tu l'as expérimenté je crois. Tu sais combien il est puissant. Imagine un peu l'effet que ça peut avoir sur un mort, mais il y a des conditions à respecter et je voulais le faire bien mais une fois de plus tu t'es mise en travers de mon chemin et envoyer ce lâche de Jeffrey pour te tuer n'a pas suffi. Tu es une dure à cuire Rose Weasley.
Je lui lance un regard noir qui contraste avec les larmes qui perlent encore sur mes joues.
- Je me suis intéressé à toi petite Rose et j'ai été agréablement surpris lorsque j'ai compris que tu n'étais pas comme les autres. Non ! Tu fais partie de cette élite de sorciers qui ont un pouvoir bien plus puissant que n'importe qui, tu es pure ! C'est étrange comme parfois le problème peut devenir la solution. Je trouve ça très ironique ! Je pensais te tuer mais en faite, tu seras celle qui va celle qui va exaucer mon souhait. Tu vas réanimer mon frère.
A cet instant je parviens à repousser le bout de tissu qui m'empêchait de parler et je m'exclame :
- Vous êtes complètement taré ! Votre frère est mort pour de bon, vous ne le ferez jamais revenir, c'est impossible.
- Je suis déçu Rose, enfin on ne t'a jamais appris que le seul moyen de combattre le mal, c'est par le bien. Ils ont dû t'enseigné ça dans ta famille de héros pathétique. Vous avez toute la gloire et tout le monde s'est empressé d'oublier les morts.
- On n'a jamais oublié ! me défendis-je. On nous a aussi connu nos pertes. J'ai perdu un oncle dans cette guerre, je n'ai jamais eu la chance de le connaître. Je n'ai jamais rencontré mes grands-parents maternels, parce qu'ils ignorent même mon existence, ma mère s'est fait torturé par la famille de mon petit-ami. J'ai subi bien plus de choses que tu ne l'imagines, ma meilleure amie que je considère comme ma sœur est brisée à jamais, Sarah a perdu son père et Jeffrey est mort ! Imaginez un peu toutes les familles que vous avez fait souffrir, vous êtes un monstre, vous brulerez en enfer ! m'époumonai-je
Il m'observe un moment, le visage impassible. Alors je me rends compte que lui crier dessus n'était peut-être pas la bonne solution. Il approche son visage tout près du mien et esquisse un sourire.
- Alors, je brulerais avec toi, petite Rose. Aurais-tu oublié toutes tes victimes, ce soir-là ?
- C'était… votre faute, articulai-je
- Oui, c'est tellement plus facile de penser cela n'est-ce pas ?
- On ne peut pas réanimer quelqu'un, il n'y a aucun moyen d'échapper à la mort, pas éternellement. Dennis je ne peux pas réanimer votre frère, personne ne le peut, acceptez-le, je murmure comme à bout de force.
Il m'observe un instant silencieusement, je crois avoir réussi à le convaincre mais il dirige soudainement sa baguette vers le visage de mon frère et entaille sa joue.
- Peut-être que si je te donne une raison de te motiver tu changeras d'avis, déclare-t-il en s'approchant de moi un sourire malveillant sur les lèvres. Alors qu'est-ce que tu en dis ?
Je ferme les yeux et prend une grande respiration. Je calme mon rythme cardiaque, je vide mon esprit de toute pensée comme Blanchard me l'a appris. Il faut que ça marche. J'avance mon visage vers le sien et je murmure :
- Je vais… vous… tuez
Avant même qu'il ne comprenne ce qu'il vient de se passer, mon poing heurte son visage, plus particulièrement ça mâchoire. Mon frère regarde étonné les liens qui trainent à mes pieds.
- Un tour de magie, j'explique rapidement en me précipitant vers lui pour le délier à son tour.
Alors que je termine de défaire le dernier nœud, j'entends Crivey un peu plus loin gémir en reprenant peu à peu conscience. Je prends la main de mon frère et nous sortons de cette chambre lugubre. Nous dévalons les escaliers de la cabane hurlante lorsqu'on arrive dans le hall, je me retrouve coincée. A quoi bon courir ? Il a trois baguettes, nous aucune. Soit on sort et on essaye de rejoindre Pré-au-Lard avant qu'il nous rattrape, soit on essaye de repasser par le passage secret. La deuxième option me paraît la plus pertinente. J'ouvre le placard à manteau devant moi et je m'y engouffre avec mon frère. Il fait complètement noir, je concentre tous mes sens sur l'ouïe. J'entends les pas lourds de Dennis dans les escaliers, puis sa respiration haletante. Je serre la main de mon frère le plus fort possible, comme pour vérifier que je ne dors pas. C'est cauchemar, mais il est réel, crier ne me réveillera pas.
- Où êtes-vous ? demande Crivey
Je l'entends se diriger vers la cuisine, je me tourne vers ce qui semble être le visage de mon frère et je murmure : « maintenant, là-haut. Ne t'arrête pas jusqu'au passage secret ». J'ouvre soudainement la porte et pousse mon frère vers les escaliers. Il monte à toute vitesse les escaliers et je le suis. Je n'ose pas me retourner pour voir si l'Assassin nous suit mais je comprends que c'est le cas quand une main attrape ma cheville et la tire vers l'arrière. Je glisse par terre, mon genou butte contre une des marche et je pousse un cri de douleur.
- Rose ! s'exclame mon frère en se retournant
Je donne un coup de pied à Crivey et je reprends ma course. Nous arrivons jusqu'à la chambre et je ferme la porte derrière nous et soutient la porte avec une chaise. Rapidement il tente de pénétrer. Je pousse mon frère dans le passage secret au moment où l'assassin prononce : « bombarda ». Je sens une force me propulser contre le mur. Je tombe sur le sol en même temps que les milliers copeaux de bois. Une épaisse poussière m'empêche de voir quoi que ce soit. Puis son ombre se découpe au fur à mesure, devenant de plus en plus nette. La poussière me fait tousser, je n'ai plus la force de bouger, j'ai la sensation que tout mon corps est paralysé par la douleur. Il n'est plus qu'à quelques centimètres de moi quand il me saisit par les cheveux pour me relever. S'empare de mon bras et me traine vers l'escaliers. J'ai l'occasion de jeter un dernier regard à la chambre. Aucune trace de mon frère, il a réussit à s'enfuir, je suis immédiatement rassurée. Il m'amène jusque dans la cuisine et je me souviens alors de la première fois que j'ai visité cette maison avec Scorpius durant la sortie à Pré-au-Lard le jour de mon anniversaire *. J'avais vu une ombre ce jour-là, dehors près d'un grand chêne.
- Vous étiez là depuis le début… je murmure
- Oui, j'aime cet endroit, enfin jusqu'à ce que vous veniez fouiner par ici, toi ton petit ami et cet homme peureux.
C'est vrai que la deuxième fois que nous étions venu, pendant les vacances de noël nous avions rencontré le frère Mike Motet, le frère d'Helen Motet, cette fille qui avait été assassiné et retrouvé à Pré-au-lard.*
- Pourquoi avez-vous tué Helen Motet ? je demande brusquement
- C'était une expérience, elle était tout à fait consentante. Elle aussi voulait trouver un remède contre la mort, pour ressusciter ses parents. Mais c'était une Cracmole, complètement inutile. Elle s'est sacrifiée pour nos recherches, le sortilège de l'éclair c'était son idée !
- Pas si inutile que ça finalement, persiflai-je. L'homme qui est venu fouiné était son frère et vous l'avez tué également !
- Je sais, comme je dis c'était un mal nécessaire. Maintenant revenons au sujet principal.
Il ouvre le grand congélateur situé à sa droite pour laisser découvrir le corps de son frère. Je ne peux pas m'empêcher de détourner les yeux. Quand je pense qu'il était là depuis le temps, cet endroit est définitivement une maison hantée.
- Je ne peux pas faire ça, je murmure
- Est-ce que je dois te rappeler ce qu'il y a en jeu ? crache-t-il
- Vous pouvez me tuer, j'en ai rien à faire.
- Très bien, j'en ai assez de perdre du temps.
Il tend sa baguette vers moi sans un tremblement.
- Je vais te tuer...
- Vous pensez pouvoir me faire peur ? Faîtes ce que vous avez à faire.
- Rosie, douce Rosie. Je sais bien que tu n'as peur de rien. Je vais compter jusqu'à trois ça va être plus existant ! 1…
Etrangement à cet instant je ne pense à rien. Ni à ma famille, ni à Scorpius, ni à mes amis. Il n'y a que moi et cette baguette, ma baguette l'arme qui provoquera ma mort.
- 2…
Je ferme les yeux et je sens mon corps se tendre sous la pression.
- Si tu prononces trois, c'est toi qui va finir six pieds sous terre, s'exclame la voix de Blanchard
J'ouvre immédiatement les yeux pour voir si je n'ai pas rêvé. Non, il est bien là, sa baguette menaçant l'assassin. D'un coup de poignet, ma baguette quitte les mains de Crivey et tombe sur le sol, alors que je m'apprête à m'en emparer, elle me file du bout des doigts et glisse sous le congélateur. Pendant ce temps, Crivey s'est jeté sur Blanchard et un combat à main nue débute. Je n'ai pas le temps de chercher ma baguette, je vois Théo se prendre des coups et je ne peux pas le supporter. Je me jette à mon tour sur l'assassin en vain. Il me repousse et je le vois sortir un couteau. Mon cœur s'affole, le combat reprend et je ne sais plus qui reçoit ou qui envoi les coups, tout va bien trop vite à mon goût. Finalement la lame touche le sol dans un bruit de métal, du sang s'écoule le carrelage. Je n'ai pas le temps de comprendre que je vois Blanchard se dégager du corps de l'assassin. Il se lève avec difficulté, et prend ma main.
- Il est mort ? je demande inquiète
- Non, juste inconscient, viens !
Nous montons les escaliers et nous prenons le passage secret. A genoux nous avançons le plus rapidement sur le chemin de terre. Une odeur âcre m'agresse les narines, mais je l'ignore, le principal est de sortir d'ici. Je jette de temps en temps un coup d'œil derrière moi, pour vérifier que Théo me suit bien. Je sens un courant d'air, signe qu'on approche de la fin. Quand enfin je sors ma tête du passage, je sens le vent fouetter mon visage. Blanchard sort juste après moi et s'empresse de jeter un sort pour immobiliser le saule cogneur, puis de condamner le passage.
- Il faut aller trouver McGonagall tout lui dire au plus vite, il faut appeler les aurors, il faut qu'ils le prennent avant qu'il ne reprenne conscience.
- McGonagall doit déjà être au courant à cette heure-ci, j'ai croisé ton frère. C'est lui qui donné l'alerte. La directrice c'est chargé de garder les élèves dans la grande salle.
- Rose ! hurle une voix en haut de la colline près de la porte du château
- Scorpius ! je réponds en hurlant et en agitant les bras
Il fait noir, je n'arrive à voir où il est, mais sa voix est lointaine.
- Théo, il faut …
Je me retourne pour apercevoir Théo à genoux à terre, sa main tenant fermement son flanc.
- Théo, que se passe-t-il ? je demande inquiète en m'agenouillant à sa hauteur.
Il soulève sa main et je perçois le sang s'écouler avec une fluidité inhabituelle.
- Non Théo ! Pourquoi vous n'avez rien dit ?
C'est bien lui qui a été touché par la lame, je prends son visage dans mes mains et remarque qu'il est brûlant, des gouttes de sueurs perlent sur son front. Je sanglote incapable de prononcer un mot.
- Calme-toi Rose, tout va bien se passer, grimace-t-il
Il ment c'est évident, je le fais s'allonger sur l'herbe, ma main appuie fermement sur sa plaie, j'ignore le liquide poisseux qui coule entre les doigts.
- Accroche-toi Théo, je m'exclame
- Rose… je suis fier de toi… Rosie…
Sa main se pose sur ma joue et efface une de mes larmes. Je serre ses doigts entre les miens.
- Je t'en prie, ne me laisse pas …
- Rose Weasley… répète-t-il faiblement
Sa main retombe mollement sur le sol et ses yeux se ferment.
- Non, non, non, non…
Je sers son corps sans vie tout contre moi. Les larmes glissent sur mes joues alors que la réalité me rattrape. Un hurlement déchire l'atmosphère, laissant place ensuite à un étouffant silence. Le mot « banshee » balaye toutes mes pensées. C'était écrit et je n'ai pas réussi à l'empêcher. Je me rends alors compte que le hurlement, c'est moi qui l'ai poussé. C'est le dernier son que je prononce avant de m'enfermer dans un mutisme complet.
Ne me tuez pas toute suite, patientez jusqu'au prochain chapitre !
Bises
* pour ceux qui lisent cette fiction depuis le début et qui ont un peu oublier ce qui c'est passé avant. Je vous conseille de relire le chapitre 11 et le 22.
