Chuck sourit en apercevant la belle de son cœur installée confortablement dans un fauteuil du Victrola en compagnie de Nate et Serena.
Ils avaient prévus de se retrouver ici après avoir réglé son compte à cette petite impudente qui avait tenté de faire vaciller la couronne de sa reine avec l'aide de son ignoble frère.
Ou était-ce l'inverse ?
Des deux, c'était certainement ce dernier qu'il supportait le moins.
Évidemment, il avait couché avec l'autre ! Mais il n'en n'avait aucun souvenir (il préférait de loin ça pour une fois) et n'avait pas eu l'occasion de revoir la jeune-fille depuis qu'il était revenu à Manhattan.
D'après ce qu'il avait compris, ils s'étaient tout simplement rapprochés dans un moment de douleur et d'égarement mutuel.
Cependant il ne permettrait jamais à quiconque de blesser Blair. Le principal pour lui étant qu'elle soit heureuse.
Il leva les yeux sur elle en s'approchant de la table du fond où ses amis s'étaient installés.
A chaque fois qu'il la voyait son cœur vibrait dans sa poitrine. Il était conscient qu'elle l'avait totalement ensorcelé. Elle avait cet ascendant incroyable sur lui. Il aurait fait n'importe quoi pour elle, y compris sauter dans les flammes de l'enfer si elle le lui avait demander. Elle n'avait qu'à claquer des doigts.
Il n'était pas vraiment fier de ce qu'il avait fait aujourd'hui mais il était rassuré que Blair compte avec lui. Elle l'avait appelé, signe qu'elle le considérait comme compétent pour cette mission délicate.
Elle avait donc véritablement confiance en lui, conformément à ce qu'elle lui avait affirmé. Elle ne faisait pas semblant. Pas quand il s'agissait de sa position dans l'ordre de l'élite sociale de New-York.
- Bonsoir ma beauté, lui murmura-t-il à l'oreille en l'embrassant.
Elle lui rendit son baiser et entrelaça ses doigts dans les siens lorsqu'il s'assied à sa droite.
- Alors comment c'est terminé la petite vendetta ? demanda-t-il à ses amis.
- Jenny Humphrey ne reviendra plus roder de sitôt dans l'Upper East Side ! sourit sa sœur. Ça méritait bien un repas de torture pour la savoir loin de nous.
Elle passa son bras autour de la taille de son petit-ami qui lui rendit son sourire avant de poser ses lèvres sur les siennes.
Ce dernier répondit à sa demande sans se faire prier. Lui aussi était content que la petite blonde ne revienne pas s'installer à Manhattan.
Il avait déchiffré aisément les signes qu'elle lui lançait depuis l'autre côté de la table pendant leur tête à tête. Il était indéniable qu'il était le meilleur appât possible. Elle l'aurait suivi n'importe où s'il le lui avait demandé.
Il se sentait mal à l'aise d'avoir abusé des sentiments de la jeune-fille à son égard, même s'il était bien conscient qu'elle le méritait amplement après tous ce qu'elle avait tenté pour briser son couple avec Serena.
Il ne le lui pardonnait pas. Ni d'avoir couché avec son meilleur ami d'ailleurs mais il déplorait que cela aboutisse par l'anéantissement de sa carrière à peine entamée.
- Tu veux danser ? proposa Nate à Serena.
La tenir tout contre lui, lui ferait oublier tout zeste de culpabilité.
Le jolie blonde acquiesça. La sensation des bras de son petit-ami lui faisait toujours du bien. Et cela affadirait certainement le goût d'amertume qui résidait au fond de sa gorge depuis le repas de la mi-journée.
Ils délaissèrent leurs amis et s'enfoncèrent sur la piste au milieu des autres couples qui tournoyaient au rythme de la musique.
- Est-ce que ça va ? s'inquiéta Chuck devant le silence de la brune.
Elle était plus que soulagée de savoir Little J hors d'état de nuire, cependant les mots que cette dernière lui avait jeté à la figure tournaient dans son esprit.
- Ça va ... c'est juste que ...
- Que ?
- Rien... Je suis heureuse que cet horrible parasite soit retournée dans le trou d'où elle n'aurait jamais du sortir.
- Si tu es heureuse, alors je le suis aussi, indiqua-t-il en l'attirant à lui.
Blair passa ses bras autour de son cou et se serra plus près de lui.
Jenny avait raison. Elle avait elle-même fait savoir qu'elle ne voulait plus de Chuck. Elle avait clairement établi un périmètre de sécurité pour inciter son ancien amant à ne plus s'approcher d'elle.
Il était exact qu'il n'avait pas rendu les armes facilement. Il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas rompre le lien qui les unissait malgré leurs jeux de « je t'aime moi non plus »
Mais elle avait rejeté toutes ses tentatives. Elle avait clamer haut et fort qu'elle n'était plus amoureuse de lui et qu'elle avait tourné la page sans aucun regret.
- Je t'aime, souffla-t-elle dans son cou.
- Je t'aime aussi. Comme un fou, répondit-il.
Il chercha ses lèvres pour les happer entre les siennes quand tous les téléphones retentirent à l'unisson, sauf le sien.
Il sentit Blair se raidir contre lui et s'écarta d'elle en fronçant les sourcils.
Cette fois ce ne pouvait pas être une coïncidence.
Il agrippa le téléphone de Nate, resté sur la table avant même que la brune ne puisse esquissé le moindre geste vers le sien.
Elle se bornait en fait à ne surtout pas le sortir de son sac pour ne pas qu'il puisse lire le dernier blast de GG. Elle était concentrée sur les sonneries synchronisées et la raison qu'elle allait devoir inventer à cela, encore. Chuck ne l'achèterait pas si facilement une 2ème fois.
« Aperçu, la petite Jenny repartir tête basse et sans plus aucune couronne ou diadème sur sa crinière décolorée. Il se murmure que cette fois son bannissement sera sans retour. La Reine B sait toujours obtenir ce qu'elle veut ! Ne l'oubliez pas surtout, où vous en subirez les conséquences »
Sous le texte, il étudia la photo d'une petite blonde aux yeux barbouiller de noir, embarquant dans un train depuis un quai de Grand Central. A n'en pas douter, il s'agissait là de celle qui avait attiser la rancœur de Blair.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? interrogea Chuck en relevant les yeux sur la belle brune.
- C'est gossip girl, dit-elle en avalant sa salive.
Elle bu une gorgée de son Martini-pomme pour se donner du courage.
Il allait avoir besoin d'une explication. Elle ne pouvait plus reculer à présent. Inutile d'espérer pouvoir le protéger de leur passé plus longtemps.
Elle était certaine qu'il ne tiendrait plus aucunement compte des recommandations médicales.
