Sixième année
- C'est terminé Rose.
- Inutile d'être aussi mélodramatique Sebastian ! rétorqua la rousse en baissant la tête.
Rose savait qu'elle ne finirait probablement pas sa vie avec Sebastian. C'était inéluctable. Pourtant, leur rupture lui broyait le cœur, et lui donna une migraine d'une puissance telle, qu'elle n'eut qu'une envie, se coucher et se plonger dans le noir jusqu'à ce que ça passe. Il avait suffi d'une autre querelle, d'une dernière altercation pour les adolescents se séparent. Elle renifla bruyamment se retenant de pleurer. Ce n'était pas le moment. Elle attendit patiemment, compta dans sa tête les secondes, et courut sans trop savoir où elle allait. Elle grimpa les marches de la tour d'astronomie et se percha sur la structure. Elle y resta longtemps, a observé le ciel.
C'était bizarre comme sentiment. Rose aimait sincèrement Sebastian. Leurs baisers lui manquaient déjà. Il était le premier garçon qu'elle avait aimé. Albus flânait de filles en filles, Scorpius était avec Madaleine et Allénore, quand elle n'était pas avec eux, était avec Louis ou bavait secrétement sur Edward Stan, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpendant. Rose était seule, et ça, ça l'effrayait. Elle regarda Bonnie, sa chouette, en train de s'amuser à faire des cabrioles dans le ciel pour la faire rire.
- Je savais bien que je te trouverai ici ! se félicita une voix sous ses pieds.
Elle ne baissa pas les yeux, ayant reconnu Scorpius qui escalada les anneaux de fers d'une seule main pour se poser à côté d'elle.
- Frimeur !
- Un peu, avoua Socpius en riant, suspendu dans les airs.
Scorpius baissa la tête, imitant Rose. Allénore et Albus devaient encore fouiller le château à sa recherche, avec Hugo, Lily, Louis et Molly. Lui, avait tout de suite pensé à venir ici, dans « leur endroit »... Il savait que Rose aimait s'y isoler.
La nuit était en train de tomber toute seule, et le soleil se couchait, orangé tranchant avec le ciel et toutes ses nuances de violets.
- Tu savais que les gens qui ont des yeux bleus voient mieux dans le noir ? Lui demanda Scorpius.
Rose s'esclaffa. Ce n'était pas le moment de jouer. Elle n'en avait pas envie, pas aujourd'hui.
- Tu dois bien voir toi, avec tes beaux yeux bleus ! ajouta Scorpius.
Rose rougit, puis se tourna légèrement vers lui :
- Tu as les yeux gris. C'est presque pareil.
- Je t'ai ramené de quoi manger un peu, murmura le blond.
Il sortit de sa poche une pomme qui lui tendit. Elle croqua dedans, avant de s'arrêter :
- Tu savais que les pépins de pomme contiennent du cyanure ?
- Non.
- Un point partout alors ! s'écria Rose. Mais je n'ai pas vraiment envie de jouer... Alors je te laisse gagner cette manche.
Scorpius sourit, conscient que Rose devait penser à autre chose. Cependant, il savait qu'elle avait besoin de parler, de se confier.
- Tu veux en parler ? lui demanda-t-il.
- Non.
- J'ai tout mon temps. Mais je dois dire quelque chose à Madaleine et nous avons rendez-vous dans deux heures, donc parle-moi ! Dit quelque chose !
- Tu savais qu'il y a assez de fer dans un être humain pour faire un petit clou ? l'ignora-t-elle en continuant de manger sa pomme.
Il baissa la tête. Ça ne lui ressemblait pas… Rose était une véritable pipelette quand il s'agissait de parler de ce qu'elle ressentait. Scorpius savait toujours comment la faire parler :
- Je croyais que tu ne voulais pas jouer ?
- Elle resta muette.
- Tu savais que le diamètre du Soleil diminue d'un mètre à chaque heure ? rétorqua-t-elle presque aussi vite.
- Oui je le savais, répondit-il nonchalement avant de froncer les sourcils. Je te connais Rose. T'as envie de hurler.
- Même pas. C'est de ma faute si on a rompu.
C'était vrai. Quand elle se regardait à travers les yeux de Sebastian, elle se sentait belle, désirable, unique. Elle venait de perdre tout ça.
- Il voulait qu'on aille plus loin ensemble.
- Oh ! fît Scorpius en balançant ses jambes dans le vide.
Il n'osa pas poser de questions et attendit :
- Je voulais pas. Et voilà le résultat…
La colère monta en Scorpius. Ce Sebastian était un crétin de la pire espèce. Depuis le départ il ne s'intéressait à Rose que pour son nom… Et en plus… En plus ça ? Il avait une sincère envie de lui cogner dessus. Scorpius se demanda s'il devait lui parler de tout ce que Sebastian lui avait dit, des insultes qu'il avait craché à Scorpius, des doutes qu'il avait placé dans sa tête, et de tout ce qu'il avait fait pour les éloigner Rose et lui. Il décida de garder ça pour lui, que Rose n'avait pas besoin de savoir.
- Ce n'est pas de ta faute Rose. Personne n'a le droit de te forcer à faire quelque chose dont tu n'as pas envie.
- Même mes parents quand je refusais de manger mes brocolis et qu'ils me forçaient à les avaler ? ne pût s'empêcher de plaisanter Rose.
Il haussa un sourcil. Comment pouvait-elle rire de la situation ? Etait-elle gênée à ce point ? Peut-être qu'elle fuyait tout simplement la situation.
- Je suis sérieux. Ce n'est pas de ta faute, répéta-t-il. Un jour tu trouveras quelqu'un qui t'attendra et qui te méritera.
- Tu le penses vraiment ?
- Évidemment !
Ils restèrent longtemps tous les deux, à regarder les étoiles apparaître, comme avant. Ils se collèrent l'un à l'autre sans s'en rendre compte, leurs deux corps se rassurants l'un l'autre. Ni Rose ni Scorpius n'avaient besoin de mots, et finalement, leurs mains s'étaient jointes, le blond serrant celle de la Serdaigle. Finalement, après un moment Rose s'exclama :
- Tu devrais y aller. Tu vas faire attendre Madaleine.
- Non c'est bon.
- Mais si ! Tu avais quelque chose à lui dire !
Scorpius ne se souvenait même pas de ce qu'il avait à dire à sa petite-amie… Scorpius entendait déjà dans sa tête Madaleine pester contre lui. Cependant, il était bien ici, avec Rose. Tout était si calme, si parfait. C'était ces moments qui lui avaient manqué… Madaleine pouvait attendre, pas Rose. Rose… C'était Rose. Il se précipiterait toujours pour l'aider, pour être avec elle si elle était triste ou en colère, et ce soir, elle avait besoin de lui.
- Ça peut attendre demain, chuchota-t-il.
Rose hocha la tête, avant de plisser les yeux.
- Il était un peu débile de toute façon… , trancha-t-elle en parlant de Sebastian.
- Ah oui ? S'esclaffa Scorpius.
Elle hocha la tête .
- Tu savais qu'il fallait soixante-douze muscles différents pour parler ? Fit gaiement Rose. Imagine combien il en faut pour dire quelque chose d'intelligent ! Plaisanta-t-elle.
- J'imagine qu'en solliciter un seul lui demande déjà trop d'effort, se moqua Scorpius.
C'était un peu méchant. Mais Rose en avait besoin…Alors Scorpius était là. Et il le serait toujours…
