Bonsoir à tous ! Je suis enfin là ! Quelle chaleur, mon ordinateur souffre, comme à chaque canicule d'ailleurs ^_^' Voilà le chapitre 51, avec un peu de tout, mais surtout, âmes sensibles s'abstenir. Je dis ça sérieusement car la fin de la dernière partie pourrait heurter certaines personnes donc si vous ne voulez pas être choqués, abstenez-vous. Le passage en question introduit le nouvel arc, oui, mais ce n'est qu'une introduction donc les détails arriveront plus tard. Après tout, cette fic est quand même classée en T mais on doit peut-être friser le M... Je me le demande d'ailleurs o_O

Sinon, merci pour vos reviews, toujours lues attentivement :D Ah, ça me fait penser, j'ai écrit ce chapitre avant qu'on aborde le sujet des personnages qui portent toujours les mêmes vêtements XD C'est dingue mais je devais bien lui faire changer de tenue !

FMA ne m'appartient pas, comme tout le monde le sait.

Et la suite ? Je viens à peine de terminer un chapitre que j'ai entamé à la mi-mai (pas celui-ci, un suivant). Donc pas besoin de faire un dessin, il y a un stuuut quelque part. Exceptionnellement, je ne vais pas annoncer de date pour le suivant parce que j'ai un gros truc dont je voudrais me débarrasser et pour ça, je dois avoir les mains libres. Mais ça ne veut pas dire que je m'arrête pour autant, je me suis déjà faite gronder par mon bêta-lecteur rien qu'à évoquer cette possibilité XD Donc la suite arrivera bien, ne vous inquiétez pas ! A bientôt et bonne lecture !


Chapitre 51

« Rappelez-moi ce que je fais ici, s'il vous plaît ? », murmura presque Kimblee alors qu'il suivait toujours Julia et Alyosha dans les rues commerçantes de Central.

« Vous avez bien gentiment accepté de nous accompagner faire quelques courses comme nous étions sur le point de sortir lorsque vous êtes arrivés avec le visa d'Alyosha. », expliqua Julia avec un petit sourire moqueur devant la mine décontenancée de l'alchimiste qui ne semblait pas avoir l'habitude de faire les boutiques.

« Avouez qu'il faut bien acheter des vêtements à cet enfant. »

« Oui, oui… Je suppose… », soupira l'écarlate tout en gardant un œil sur l'enfant en question qui regardait avec une attention accrue ce qui se passait autour de lui et se faufilait donc rapidement entre les passants.

« Allons ne faites pas cette tête, nous avons presque terminé. », lui lança la jeune femme avec enthousiasme. « Et je vous promets un café une fois que nous aurons fait le tour de toutes les boutiques que nous devons visiter. »

« Avec des gâteaux ? », dit une petite voix à leur côté, signe qu'Alyosha ne les avaient pas oubliés. « Vous avez l'air d'avoir aussi besoin de reprendre des forces. »

« Je n'aurais pas besoin de reprendre des forces si je n'avais pas dû passer la journée d'hier à courir les différentes administrations pour t'obtenir un statut légal dans ce pays… », contra l'écarlate avec un sourire mauvais. « Donc si j'étais toi, je me ferais tout petit sinon je pourrais très bien me débrouiller pour qu'on trouve un vice de forme… Tu n'as pas déjà envie de revoir ta grand-tante, si ? »

« Euh… Non… Mais si on ne peut plus rigoler… », continua le petite garçon avec une mine boudeuse mais où on pouvait bien lire de l'espièglerie. « Vous ne trouvez pas ça drôle ? »

« Si, j'aime beaucoup l'idée de te ramener à la frontière et de te remettre au premier membre de ta famille venu… », reprit Kimblee après quelques secondes d'une pseudo-réflexion. « Je… »

« Ça suffit tous les deux ! », tonna Julia d'un ton outré alors que plusieurs passants se retournaient déjà vers le trio. « Personne n'ira voir personne ! N'oubliez pas que vous vous trouvez en rue et pas dans la bibliothèque du manoir des Bakov ou même dans ma cuisine : tout le monde vous regarde. »

Les deux intéressés ne répondirent pas mais Alyosha ne put s'empêcher de rire de bon cœur devant la mine que tirait à nouveau Kimblee de s'être presque fait gronder comme un enfant. Celui-ci se retint d'ailleurs de lever les yeux au ciel mais lâcha néanmoins un soupir, comprenant qu'il s'était de nouveau fait avoir par le petit garçon. Devant la tête qu'il affichait, Julia passa son bras autour du sien et l'entraina en avant alors que l'enfant avait déjà repris plusieurs mètres d'avance sur eux.

La jeune femme se rendit alors compte des regards que certains passants leur jetaient, en particulier les femmes, et elle se souvint alors de sa propre attitude lorsqu'elle avait ouvert à l'écarlate plusieurs heures auparavant. Elle était en effet presque restée bouche bée devant la tenue de Kimblee qui lui allait à ravir : un costume foncé avec un chapeau assorti. Elle l'avait déjà vu dans ce genre de tenues mais à Central, il semblait encore plus être dans son élément et produisait donc son petit effet sur la gent féminine, elle y compris.

« Au fait, monsieur Kimblee… », commença-t-elle tandis qu'elle remarquait que les regards des autres femmes ne semblaient pas le toucher. « Pourquoi ne pas avoir mis votre costume blanc aujourd'hui ? »

« Je ne le portais pas non plus hier… », commenta simplement l'écarlate mais au regard que lui lança Julia, il comprit que cette réponse ne satisferait pas la jeune femme. « Disons que c'est un peu comme mon propre uniforme. Si je le porte en permanence, c'est-à-dire aussi pendant mes périodes de repos, il perdra tout son sens. Vous ne portez pas votre uniforme aujourd'hui et je suppose que vous ne le revêtirez pas avant lundi prochain, n'est-ce pas ? »

« Oui, c'est vrai… Je comprends mieux. », répondit la jeune femme en hochant la tête.

« De plus… ce costume-ci semble produire son petit effet sur certaines personnes. », ajouta soudain Kimblee avec un petit sourire moqueur.

« Oui, j'ai remarqué. Merci ! », fit Julia avant de se retourner d'un coup vers l'écarlate qui la fixait maintenant avec un regard narquois. « Vous le saviez ! L'auriez-vous mis pour me tester ? Ou alors pour obtenir la même réaction que samedi matin avec le lieutenant Hawkeye ? »

« Et aussi parce qu'il sait qu'il vous plaira encore plus comme ça ! », répondit la même petite voix moqueuse qu'auparavant. « N'oubliez pas qu'il peut être très jaloux quand il le veut… et aussi quand il ne le veut pas. »

« Et si tu allais te perdre dans la foule une bonne fois. », lui lança alors Kimblee d'un ton assez mécontent sans laisser à Julia le temps de répondre à l'enfant. « Histoire de nous laisser un peu d'espace. »

« C'est ce que j'ai voulu faire mais quand j'ai atteint la boutique suivante, il y avait un écriteau sur la vitrine disant que c'était exceptionnellement fermé aujourd'hui… », expliqua Alyosha d'un air ennuyé. « Alors je suis revenu vous prévenir et je vous ai trouvé comme ça. »

« Te disant que tu pourrais nous casser les pieds encore un peu… Pardon, me casser les pieds. », continua l'alchimiste mais cette fois de façon plus discrète.

« Bien ! », les coupa immédiatement Julia en voyant que cela risquait encore de dégénérer entre les deux hommes. « Prends de l'avance, Alyosha, le salon de thé où je voulais m'arrêter est un peu plus loin que la boutique, nous te suivons. »

« D'accord ! », répondit vivement l'enfant avant de faire demi-tour pour arriver le premier à l'endroit recherché. Il ne vit donc pas la jeune femme se retourner ensuite vers Kimblee dont le chapeau s'était soudain rabaissé sur ses yeux pendant qu'elle parlait à Alyosha.

« Vous boudez ? », fit-elle en repoussant légèrement le couvre-chef en arrière pour fixer l'écarlate dans les yeux. « Ce n'est plus de votre âge, vous savez. »

« Non, je teste mon charme… », lui répondit Kimblee du tac au tac, toujours avec une mine sérieuse.

« Pour la énième fois, quel âge avez-vous donc ? », reprit la jeune femme en se retenant de rire car sa bonne humeur refusait de la quitter. « Allons, je vous ai promis un café, donc allons le boire, ce café. Et s'il vous ennuie encore… Vous n'aurez qu'à l'ignorer. »

Et sans attendre de réponse de son interlocuteur, Julia l'entraîna en avant vers le petit salon de thé qu'elle adorait fréquenter avec les quelques amies qu'elle avait à Central. Il s'agissait d'un petit établissement, tranquille bien qu'il fût situé sur l'une des artères principales de la ville mais malgré cela, les clients étaient certains de pouvoir y passer un bon moment grâce à l'atmosphère calme qui y régnait. Le couple retrouva bien vite Alyosha devant la vitrine, celui-ci les attendant avec fébrilité. C'est donc rapidement qu'ils entrèrent, s'installèrent et passèrent commande, Julia ayant néanmoins limité les possibilités au petit garçon afin d'éviter qu'il ne tombe malade une seconde fois à cause de sa gourmandise.

« Nous serons servis dans quelques minutes. », conclut la jeune femme après que la serveuse les eut quittés. « Vous regrettez toujours d'être venu ? »

« Non, je dois avouer que votre choix était judicieux mais ça me fait penser que je n'étais pas venu vous voir dans le seul but d'apporter ses papiers à ce garnement. », commença l'alchimiste qui se détendait visiblement de plus en plus.

« Vraiment ? », fit Julia en fronçant les sourcils, s'attendant à une mauvaise nouvelle venant de Bradley ou des homonculus.

« Non, hier pendant que j'attendais pour voir Bradley, dont le rendez-vous précédent s'est prolongé, j'ai eu l'occasion de discuter avec le lieutenant Hawkeye… », expliqua Kimblee qui ménagea son petit effet face à la transformation du visage de son interlocutrice à la mention de cette femme soldat rencontrée quelques jours plus tôt. « À propos des généraux de Central. »

« Et qu'avez-vous appris ? », demanda immédiatement Julia, pressée d'en savoir plus sur son éventuel futur supérieur.

« Pas grand-chose, je dois dire. », lâcha Kimblee dans un soupir. « J'ignore si c'est parce que c'était moi qui posais les questions ou si c'est parce qu'elle ne sait rien ou ne veut rien savoir mais elle ne m'a pas semblée très coopérative sur le sujet. »

« Vous ? Mais si vous avez fait la guerre ensemble, vous devez bien vous connaître, non ? », reprit Julia après un court instant de réflexion. « Pourquoi refuserait-elle de vous aider ? »

« Disons que nous n'avions pas le même point de vue… », continua l'écarlate en fixant soudain son regard au plafond avant de tourner son attention vers Alyosha qui lisait le journal du matin, sûrement oublié là par un client précédent. « Elle fait partie de ces gens qui cherchent une raison à un champ de bataille plutôt que de faire leur devoir. »

« Et vous avez horreur de ça. », déclara Julia d'un ton semi-incisif, comme si elle voulait faire comprendre à l'alchimiste qu'elle ne voulait pas s'engager sur ce terrain-là avec lui maintenant. Elle fut d'ailleurs aidée par l'arrivée de la serveuse qui déposa leur commande et repartit, non sans avoir fixé Kimblee plus longtemps que la politesse ne l'aurait permis, ne se souciant pas du fait qu'il était accompagné, même si elle regarda Alyosha avec une mine étrange qui déplut vivement à l'enfant. L'homme au costume sombre l'ignora complètement et entreprit plutôt de déranger le petit garçon qui s'était replongé dans sa lecture, comme il n'avait même pas accordé un regard à la pâtisserie pourtant tant attendue.

« C'est intéressant ? », lui demanda l'adulte d'un ton moqueur.

« Oui, ça m'étonne que vous ne soyez pas au courant vu que vous êtes allé à votre QG ce matin. », lui lança le petit garçon en lui tendant le journal. Kimblee y jeta un œil puis haussa les épaules en rejetant le tas de feuilles pliées.

« J'ai eu droit à tous les commentaires des membres de l'administration que j'ai croisés tout à l'heure… On ne parle que de ça évidemment mais ça ne m'inquiète pas, Bradley sait se défendre tout seul. », expliqua l'écarlate en avalant une gorgée de son café.

« Mais de quoi parlez-vous ? », demanda soudain Julia en attrapant le journal et en se mettant à lire la première page avec intérêt. « Mais qu'est-ce que… ? »

« Intéressant, vous ne trouvez pas ? », la questionna l'alchimiste avec un petit sourire. « Je me demande qui peut bien être ce terroriste pour oser s'en prendre à Bradley. »

« Qui en effet ? Vous ne pensez pas que… », commença la jeune femme avant de s'arrêter en se rappelant l'avertissement de Kimblee alors qu'ils sortaient de chez le président.

« Je ne pense pas pour le moment… Mais je finirai bien par en apprendre plus vu ma position. », conclut l'écarlate en avalant une nouvelle gorgée de son café, décidément délicieux. « Et je suis sûr que nous aurons des surprises. »

« Je ne sais pas pourquoi mais je pense aussi que ce sera le cas. », renchérit la jeune femme en secouant la tête.

« Une chose est certaine : on se sent vraiment en sécurité dans votre pays. Même le chef de l'État se fait attaquer chez lui. », termina Alyosha en lâchant un petit rire.

« Fais-moi plaisir, mange ton gâteau et surtout n'oublie pas de t'étouffer. », lança Kimblee d'un ton indifférent et sans même lui jeter un regard, ce qui provoqua un redoublement de l'hilarité du petit garçon qui semblait vraiment s'amuser. Aussi, l'alchimiste n'en rajouta pas mais se dit qu'il finirait par avoir sa revanche un jour ou l'autre.


« Bon sang, ils ont définitivement suspendu les recherches… », songea Meyer en soupirant, tout en fixant la plaine où s'était déroulée la bataille contre les forces de Drachma presque une semaine plus tôt. « Forcément, avec l'alerte, ils n'allaient pas continuer à maintenir des soldats ailleurs pour retrouver des cadavres. »

Le jeune homme arrêta une nouvelle fois ce qu'il était en train de faire pour repenser à son amie, aujourd'hui définitivement portée disparue. Malgré les paroles rassurantes de ses collègues et le soutien que lui manifestait le commandant Miles, il ne pouvait pas s'empêcher de culpabiliser face à ce qui était arrivé à la jeune femme, persuadé que s'il avait réussi à l'arrêter ce jour-là, elle serait encore en vie au lieu de reposer au fond d'une mine, avec une maigre probabilité d'avoir Kimblee pour seul compagnon pour l'éternité.

« Parce que bien sûr, ce type doit avoir survécu… », murmura-t-il en serrant la mâchoire de colère.

« Tu as dis quelque chose, Meyer ? », demanda soudain l'un de ses collègues, inquiet de voir la tête que tirait le jeune homme.

« Non, rien de spécial. », répondit rapidement l'intéressé en reprenant son travail, à savoir surveiller la frontière mais aussi veiller à l'entretien du matériel.

« Tu pensais encore à ce qui s'est passé dans la mine, avoue. », lui lança Carrey en arrivant par derrière. « Tu te fais du mal pour rien, concentre-toi sur le présent et oublie-la… Tu étais amoureux d'elle ou quoi ? »

« Non, pas du tout. C'est juste que je la connaissais depuis l'académie et même si elle pouvait être insupportable par moment… c'était mon amie. », expliqua Meyer d'un ton las. « Alors comment veux-tu que je l'oublie comme ça ? »

« Tu le dois, pour ton bien et pour celui des autres aussi parce qu'un soldat qui n'est pas concentré sur son travail est un soldat inutile, voire dangereux, surtout ici. », le contra un autre militaire de Briggs qui avait suivi leur conversation. « D'ailleurs, on devrait tous reprendre le travail au lieu de bavarder comme ça. »

« Exactement. », dit soudain une voix calme mais autoritaire dans leur dos, ce qui les fit tous sursauter. Ils se retournèrent d'un bloc pour rencontrer le regard du commandant Miles, dissimulé derrière ses éternelles lunettes fumées. « Reprenez vos postes et vous, soldat Meyer, suivez-moi. »

Le jeune homme ne se fit pas prier et déglutit avant de suivre son supérieur, se demandant soudain ce qu'on allait lui annoncer comme autre mauvaise nouvelle et espérant qu'il n'allait pas recevoir l'ordre de rentrer à Central pour servir sous les ordres de généraux pourris. Mais si intérieurement, il n'en menait pas large, son visage ne reflétait aucune émotion, son travail à la forteresse ayant commencé à l'endurcir. Il suivit donc son supérieur jusqu'à l'étage des bureaux où ils entrèrent tous les deux dans ce qui semblait être le bureau de l'officier au sang d'Ishbal.

« Bien, ici nous serons à l'abri des oreilles indiscrètes. », commença Miles en se dirigeant vers son siège et en invitant Meyer à s'asseoir en face de lui.

« Pourquoi tant de précautions ? », demanda tout de suite le soldat, mal à l'aise devant tant de prudence. « Aurai-je fait quelque chose de mal ? »

« Non, non mais je ne veux pas que notre conversation soit entendue des officiers supérieurs, ni des soldats. », expliqua Miles d'un ton calme. « Cela concerne les homonculus et le rôle que vous allez jouer dans cette guerre. »

« Je ne comprends pas… Avez-vous eu du nouveau ? Doit-on déjà bouger ? », le questionna Meyer avec un intérêt soudain accru.

« Il est trop tôt justement. Nous venons de recevoir des informations qui confirment que rien ne se fera avant le printemps. », continua l'officier en se penchant soudain en avant.

« Et votre source est fiable ou c'est un leurre ? », tiqua Meyer qui n'avait pas envie de tomber dans un piège.

« Oui, nous les tenons pour être très fiables. », dit Miles avec un petit sourire. « Elles proviennent du maitre du Fullmetal Alchemist qui les tiendrait elle-même d'une autre source fiable, à savoir Alphonse Elric. »

« C'est une véritable chaîne à ce que je vois. Mais si des informations de ce type circulent, cela voudrait-il dire qu'Edward Elric a survécu à l'accident de la mine ? », s'écria presque le soldat en comprenant les implications pour Julia.

« Rien n'est moins sûr. », continua l'officier en secouant la tête. « L'information remonte très loin et nous n'en connaissons pas l'origine malgré sa fiabilité mais je croirais volontiers qu'il s'agit d'Alphonse plutôt que d'Edward. »

« Et pourtant… », commença Meyer sans poursuivre. Le silence s'installa donc entre les deux hommes jusqu'à ce que Miles reprenne la parole :

« Donc vous avez le choix : soit vous restez avec nous jusqu'à cette date fatidique, jusqu'à ce Jour Promis comme ils l'appellent, soit… »

« Soit ? », répéta l'autre, comme pour inviter l'homme en face de lui à terminer sa phrase rapidement.

« Nous savons désormais où sont allés Alphonse Elric et les personnes qui se sont échappées avec lui. », reprit Miles après quelques secondes de silence. « Vous pouvez les rejoindre si vous le désirez. »

« Pourquoi me proposer cette alternative ? », fit soudain le jeune soldat en fronçant les sourcils. « Je fais mal mon travail ici ou bien vous ne me faites pas assez confiance pour rester dans la forteresse ? »

« Mal ou bien, ce n'est pas la question mais vous devez reconnaitre que vous êtes distrait, notamment à cause de la perte de Julia Morton. », dit l'officier en croisant les bras. « Et la proximité de Baskool n'arrange rien. Je vous propose donc cela afin que vous puissiez vous concentrer sur ce qui est vraiment important : les vivants. »

« Je vois… », fit simplement Meyer d'un ton las, tout en affichant une mine désolée. « Ai-je vraiment le choix ? »

« Je ne veux pas vous forcer, juste que vous fassiez le choix le plus juste… pour tous. », répliqua Miles sans pour autant perdre son calme, ne voulant pas que le soldat se braque contre lui et refuse son alternative. L'idée de se séparer de lui ne lui était pas venue à l'esprit directement mais devant les rapports qu'il recevait et d'après ce qu'il pouvait voir, un changement d'air radical s'imposait s'il ne voulait pas voir le jeune homme sombrer peu à peu face à la perte de son amie au sujet de laquelle il se sentait coupable. « Nous en avons déjà discuté : si elle est en vie, où est-elle ? Et dans ce cas, il ne peut pas y avoir trente-six solutions bien que vous rejetiez la plus probable. Et si elle n'est plus de ce monde, vous ne pouvez pas courir à Central et fouiller chaque maison de la ville à la recherche de Kimblee pour vous venger. »

« Je sais, je dois attendre le bon moment et ce Jour Promis semble idéal… », soupira une nouvelle fois Meyer. « J'ai gardé espoir jusqu'au bout et je la préférerais encore morte plutôt que de l'imaginer en sa compagnie à Central. C'est… C'est… écœurant sachant ce qu'il fabrique avec ces monstres. »

« Je n'en doute pas mais si jamais il s'avère qu'elle est en vie et qu'elle a passé du temps avec lui en attendant le jour indiqué, promettez-moi une chose si vous avez la chance de la croiser à nouveau. », demanda soudain l'officier Ishbal.

« Euh… Oui ? », fit le jeune homme d'un ton peu assuré.

« Écoutez-la jusqu'au bout. », lâcha alors Miles. « Parce qu'il y a une raison à tout comportement et qu'elle doit avoir les siennes. »

« D'accord, si je la revois bien sûr. », promit Meyer en hochant la tête. « En attendant, je suppose que je devrais aller voir ailleurs si j'y suis… C'est un peu dommage parce que je commençais à bien me plaire ici mais si je peux être utile ailleurs, pourquoi pas ? »

« Entendu. », fit simplement Miles en hochant la tête à son tour.

« Où se trouvent-ils à propos ? », demanda soudain le soldat, se rendant compte que son interlocuteur ne lui avait pas encore livré l'information.

« À Lior. », répondit l'officier en tendant une lettre à Meyer qui la saisit et la retourna pour voir à qui elle était destinée. « Lorsque vous arriverez là-bas, essayez de trouver Alphonse Elric directement, je lui explique très brièvement la situation. Il doit se souvenir que vous nous avez aidés et ne devrait pas poser de questions mais face à la population, je préfère rester prudent. »

« Je la lui remettrai en mains propres mais Lior, n'est-ce pas là qu'il y a eu des émeutes récemment ? », fit le soldat en fronçant les sourcils.

« La ville est en pleine reconstruction, vous devriez donc sûrement trouver de quoi vous occuper en attendant le Jour Promis. », répondit Miles avec un petit sourire.

« En effet… Merci pour tout, commandant et merci de votre confiance malgré le fait que je sois arrivé avec Kimblee. », lui lança Meyer en le saluant. « Quand pourrais-je partir ? »

« Demain matin mais ça sera par la petite porte, il ne faut pas que les hauts gradés venus de Central sachent où vous vous rendez. », expliqua l'officier avec une soudaine gravité. « Vous éviterez donc de les adieux déchirants avec vos collègues, ça risquerait d'attirer l'attention… Je pense qu'ils comprendront par eux-mêmes. »

« Mais officiellement ? », le questionna le soldat, anxieux de ce qu'on lui réserverait comme sort.

« Vous vous êtes aussi perdu dans la forteresse. Après tout, vous n'êtes pas là depuis très longtemps. », dit Miles en haussant les épaules. « Cela suffira, je pense, vous n'êtes qu'une simple recrue, il ne devrait pas y avoir de commission d'enquête cette fois. »

« Très malin, j'ai hâte de me "perdre" dans ce cas. », répliqua Meyer avec un petit sourire, le premier depuis longtemps.

Et c'est donc sans avoir dit le moindre mot d'adieu à ses nouveaux collègues que le soldat Francis Meyer se perdit le lendemain matin dans les bas-fonds de l'immense forteresse de Briggs, laissant derrière lui des souvenirs qu'il aurait préféré ne pas avoir en tête mais se dirigeant désormais d'un pas aussi décidé que possible vu la couche de neige vers son avenir, espérant trouver un échappatoire à ses idées noires, se promettant également qu'ils trouveraient un moyen pour revoir ces soldats de Briggs le Jour Promis car une envie folle de se battre à leurs côtés le tenaillait à présent. Et une chose était sure : il ne fuirait pas.


« Maman ! Papa ! Au secours ! », cria une petite fille en pleurant et en essayant de sortir de la pièce où elle se trouvait. « Je veux rentrer chez moi ! Maman ! Papa ! Venez me chercher ! »

« Ah ! Vous dirai-je, Maman, ce qui cause mon tourment… », chantonna soudain une voix d'homme derrière la porte sur laquelle elle tambourinait depuis un moment déjà. « Papa veut que je raisonne comme une grande personne. »

« Ouvrez-moi, monsieur, s'il vous plaît ! », cria la petit fille qui avait recommencé à pleurer tandis que la clé tournait dans la porte. « Je veux rentrer à la maison… »

« Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison… », chantonna toujours la voix alors que la porte s'ouvrait et que l'homme entrait dans la pièce. La petite fille soudain surprise de se retrouver en face de cet inconnu recula jusqu'à se retrouver dans un coin de la pièce où elle se tint, toute tremblante tandis que l'homme refermait la porte derrière lui. « Ce n'est pas bien, je t'avais dit de ne pas crier. Heureusement que les voisins n'entendent rien. »

« S'il vous plaît… S'il vous plaît… », supplia la petite fille dont les larmes continuaient à couler sur son visage ravagé par la peur. « Laissez-moi partir, je n'ai rien fait de mal… »

« Allons, allons, il ne faut pas pleurer, tu seras bientôt libre… », dit l'homme d'une voix douce mais qui eut pour seul effet de glacer le sang de l'enfant. Il s'approcha encore d'elle tandis qu'elle se recroquevillait sur elle-même, seul moyen pour elle d'échapper à la proximité de cet étranger qui la terrorisait par sa simple présence. « Oui, libre. »

« C'est vrai ? », fit alors l'enfant, retrouvant soudain espoir de revoir sa famille. « Vous allez me laisser partir ? »

« Oh, non… », fit l'homme en redressant l'enfant sur ses jambes qui manquèrent de flancher sous l'effet de la réponse. « Je vais juste te libérer… Te libérer de ce monde… »

C'est alors que la petite fille aperçut ce qu'elle n'avait pas vu au moment où l'homme était rentré dans la pièce mais avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre geste ou même crier une dernière fois, la vie quitta son corps tandis que le couteau tranchait sa petite gorge encore nouée par les sanglots. Elle s'effondra sur le plancher alors que son assassin poussait un soupir de soulagement.

« Ah ! Vous dirais-je, Maman, ce qui cause mon tourment… », chantonna-t-il à nouveau tout en s'emparant du corps de l'enfant afin de nettoyer l'endroit pour sa prochaine victime.