Salut tout le monde !
Me revoilà avec la fin de l'avant-dernier chapitre de Lorsque les Maraudeurs deviennent plus qu'un mythe. J'espère que vous avez du temps devant vous parce qu'il fait 59 pages Word !
Sinon, désolée de ne pas avoir fait, encore, les RAR mais je suis pas mal prise et mon ordi ne met, décidément pas du sien (quel plaie l'informatique, des fois) ! Une fois j'ai tout bonnement perdu le fichier de RAR (impossible de remettre la main dessus), une autre fois, j'ai oublié de sauvegardé. La troisième fois c'était une coupure de courant. Bref, la totale ! Du coup j'ai eu la flemme de m'y remettre depuis. Surtout maintenant qu'il parait qu'on a plus le droit de mettre les RAR sur Info ou Intox ? Si c'est le cas, je ferais les RAR sur mon blog dont je mettrais l'adresse dans ma bio, d'accord ?
Bon, je fais une MAJ rapide pour ne pas vous faire attendre plus longtemps mais merci à vous tous pour vos reviews, votre patience, votre soutien (les personnes concernées se reconnaîtront), et à Tiffany qui prend le temps de relire chacun de mes chapitres avant publication.En tout cas je promet que j'en ferai une autre plus complète avec résumé des chapitres précédents, etc... dès que possible.
Sinon, évidemment, Harry Potter and co appartiennent à JK.Rowling.
Voilà, sur ce, bonne lecture et j'espère avoir votre avis !
Chapitre 43 : Toutes les bonnes choses ont une fin-partie 3
« Alors ? » s'enquit Sirius en rentrant précipitamment dans le dortoir des garçons de septième année, en compagnie d'Amy.
Harry, installé, comme à son habitude, sur le rebord de l'une des fenêtres, haussa les épaules.
« Rien à signaler pour le moment. » précisa Peter, posté près d'une autre fenêtre.
Sirius ronchonna et se tourna vers Remus. Celui-ci, les yeux clos, était allongé sur son lit et semblait somnoler.
« Rem ? » s'enquit Sirius, espérant obtenir un peu plus d'information de sa part.
Le lycanthrope marmonna une vague réponse négative, son ouïe affinée par l'approche de la pleine lune ne lui étant d'aucune utilité pour le moment.
« Vous êtes pas croyables. » grommela Sirius en levant les yeux au ciel, agacé.
Il finit par s'avancer résolument vers Peter qu'il dégagea fermement de son poste d'observation, sans se soucier des protestations de celui-ci.
« On n'y peut rien s'ils n'ont rien fait d'autres que discuter depuis tout à l'heure. » râla Pettigrow en se laissant choir, résigné, sur son propre lit.
Amy se pencha par-dessus l'épaule de Harry pour jeter, elle aussi, un œil à ce qui se passait en contrebas, dans le parc.
«- Mais qu'est-ce qu'il attend pour l'embrasser, cet idiot ! s'impatienta-t-elle. Ne me dites pas qu'il l'a entraîné dehors en pleine nuit simplement pour lui faire la causette !
- Eh, je ne te permet pas de traiter mon meilleur pote d'idiot, riposta Sirius. Y a que moi qui ai le droit de le traiter comme ça.
- Arrêtez donc de brailler comme ça ou vous allez finir par attirer leur attention, observa distraitement Remus. Ou au moins fermez la fenêtre ! »
Sirius s'apprêtait à répliquer mais se ravisa et se contenta de jeter un regard à Amy puis à Harry avant de concéder à fermer sa fenêtre qui, pour donner raison au loup-garou de la bande, était entrouverte.
Conformément à l'accord que Harry avait passé avec James un peu plus tôt dans la journée, le petit groupe s'était bien gardé de roder dans les parages du hall d'entrée à l'heure du rendez-vous des deux Préfets-en-Chef de Gryffondor. Mais ils s'étaient, tous, rabattus dans le dortoir des garçons lorsque Peter avait, par hasard, découvert que la pièce offrait un poste d'observation parfait pour la circonstance, le 'couple' ayant gagné le parc pour discuter au calme. Bien qu'ils n'entendent aucune des paroles échangées par leurs deux camarades, ils pouvaient cependant constater que la conversation était plutôt animée.
« N'empêche, Peter, tu aurais presque pu y aller, toi. Je suis sûr qu'aucun d'eux ne t'aurait aperçu. » observa Sirius sur un ton lourd en sous-entendu.
Harry lui jeta un bref regard en biais. Apparemment Sirius n'avait pas abordé, avec Amy, le sujet des transformations en Animagi des Maraudeurs : Il n'avait fait qu'une allusion implicite au fait que la forme de rat de Peter lui aurait sûrement permis de se glisser suffisamment près des deux Préfet-en-Chef pour surprendre leur discussion à leur insu. Mais, en cet instant, Harry préférait de beaucoup pouvoir garder un œil sur Pettigrow, même si, théoriquement, rien ne devait troubler la conversation en tête-à-tête de ses futurs parents.
«- Allez, arrêtes de parler et embrasse-la ! marmonna Sirius en arrachant ainsi Harry de ses réflexions.
- Je ne crois pas que le moment soit très approprié, intervint Amy. Lily a l'air plutôt fâchée. Mais qu'est-ce que votre imbécile de copain a bien pu lui raconter, cette fois ? J'espère qu'il ne lui a pas balancé une de ces phrases made in Sirius dont ils ont le secret. »
Remus laissa entendre un bruit qui ressemblait à un éclat de rire étouffé mais se passa de tout commentaire. Peter, lui, sauta de son lit et revint précipitamment à la fenêtre, dans l'espoir de pouvoir voir quelque chose lui aussi, tandis que Sirius protestait vertement au dernier commentaire de sa petite amie.
«- James est plus malin qu'il n'y paraît, observa finalement Remus en croisant les bras derrière sa tête. Il sait pertinemment que les 'anti-sèches' de Sirius en matière de drague marcheraient avec une Poufsouffle, peut-être même une Serdaigle ou n'importe quelle autre fille de Gryffondor mais certainement pas avec Lily.
- J'opterai plutôt pour un contrecoup des examens, renchérit Harry. D'après moi, elle ne fait qu'exprimer toute la tension qu'elle a accumulée ces derniers jours. »
Il y eut un bref instant de silence alors que tous observaient la conversation plus qu'animée qui se déroulait dans le parc.
«- On parie qu'elle va le gifler d'ici la fin de la discussion ? lança Sirius d'un ton enjoué.
- Moi je parie cinq Gallions qu'elle va le planter là, répliqua Amy. Il aurait mieux fait d'attendre avant de lui proposer toute tentative de réconciliation.
- S'ils arrivent à mettre tous les deux leur fierté de côté, c'est gagné. » rétorqua Harry.
Comme pour donner raison à Amy, tous virent alors Lily se détourner brutalement et s'éloigner à grand pas, plantant sur place le Préfet-en-Chef qui, le premier moment de surprise passé, la rappela vivement. La jeune fille se figea un bref instant et repartit de plus belle.
« Je sens venir la gifle. » commenta Sirius dans un murmure à peine audible.
Remus quitta son lit et se glissa près d'Amy et Harry, l'air particulièrement intéressé.
«- Il assure, sur ce coup, observa-t-il simplement en voyant leur ami rattraper en courant la Préfète-en-Chef.
- Six Gallions pour la gifle. » insista Sirius alors que, dehors, James attrapait Lily par le bras pour l'obliger à lui faire face.
Elle se débattit un instant, cherchant de toute évidence, à lui échapper jusqu'à ce que James, sous le regard stupéfait des cinq autres, n'embrasse soudainement la jeune fille, s'emparant avec force de ses lèvres, une main toujours refermée sur son poignet.
Sirius siffla.
«- Eh ben, il ne manque pas de culot, le Jimmy à sa maman, déclara-t-il. Ca, c'est le coup de poker par excellence… Soit elle cède, soit elle lui en colle une !
- On dirait qu'elle a opté pour la première option. » répliqua aussitôt Amy.
D'abord prise au dépourvu par l'action soudaine du Maraudeur, Lily s'était visiblement calmée et semblait avoir décidé de répondre au baiser de son camarade, passant son bras libre autour de son cou. Apparemment rassuré sur les intentions de la jeune fille, James concéda à relâcher sa prise sur le poignet de la Préfète-en-Chef.
Sirius jeta machinalement un regard à sa montre.
« Ils comptent rester encore longtemps comme ça ? » s'impatienta-t-il.
Personne ne prit la peine de lui répondre, d'autant plus que le couple s'était enfin séparé et que la conversation entre les deux Préfets-en-Chef semblait être revenue à une atmosphère plus légère, James allant même jusqu'à prendre les mains de la jeune fille dans les siennes.
« Ca y est ! s'exclama Amy, ravie. On les retrouve enfin, ces deux là ! »
Remus secoua la tête d'un air amusé.
« Il y a un instant c'est à peine si tu n'insultais pas constamment James et voilà que, à présent, tu es enchantée de voir leur couple se reformer. » commenta-t-il.
Amy haussa les épaules.
« Au moins, Lily cessera de ruminer ses sombres pensées et de me faire profiter de ses états d'âme, répliqua-t-elle. Quoi qu'il en soit, Remus, tu me dois dix Gallions, et toi, Sirius, tu m'en dois cinq ? »
Tous se tournèrent vers elle.
«- Pour les cinq Gallions de Sirius, je comprends, mais pourquoi Remus t'en doit aussi ? s'étonna Peter.
- J'avais fait un autre pari, avec lui, reconnu distraitement Amy.
- Quel genre de pari ? »
Amy eut une seconde d'hésitation et échangea un bref regard avec le Lycanthrope qui la fixait avec intensité, comme s'il ne voulait pas qu'elle révèle la nature du pari, ce qui intrigua quelque peu Harry. Finalement, Amy adopta une expression déterminée, une lueur de provocation animant ses yeux.
« Et bien il se trouve que Mr Lupin ici présent pensait que leur couple ne pouvait se reformer que par une intervention de ta part, Harry… Comme je ne partageais pas du tout son opinion j'ai parié avec lui que ce n'était pas le cas. Et ceci est la preuve que j'avais raison. » ajouta-t-elle en esquissant un signe de main vers le parc, où les deux Préfets-en-Chef étaient à présent étroitement enlacés.
Il y eut un moment de silence.
« Ne me dis pas que tu as encore remis cette affaire sur le tapis, Rem ? répliqua Sirius, apparemment agacé. Tu… »
Il s'interrompit lorsque Harry quitta lestement le rebord de la fenêtre.
« Je ne tiens pas à être à nouveau le sujet de désaccords au sein de votre groupe, lâcha-t-il posément. Mais quoi que tu puisses penser à mon égard, Remus, saches que j'ai des raisons, qui ne regardent que moi, d'agir ainsi. Puisque tu as le droit de ne pas m'apprécier, j'ai également le droit de ne pas apprécier Peter ou n'importe qui d'autre, non ? » ajouta-t-il en soutenant le regard, durci, du lycanthrope.
Finalement, le Maraudeur fut le premier à détourner la tête. Harry eut un sourire las et partit sans un mot. Lorsque la porte se referma derrière lui, un silence pesant s'instaura dans la pièce.
Lorsque James poussa la porte de son dortoir, main dans la main avec Lily, il fut surpris par le calme qui y régnait. Les lits de Remus et Peter étaient masqués par les rideaux, tandis qu'Amy, à plat ventre sur le lit de Sirius, empilait des Gallions les uns sur les autres. Le Maraudeur, lui, était assis par terre, contre ledit lit, perdu dans ses réflexions.
«- Qu'est-ce qui s'est passé ? s'enquit James, déconcerté, en pénétrant dans la pièce, sa petite amie à sa suite.
- Oh, deux trois choses que je t'expliquerai plus tard. » répliqua évasivement Sirius sur un ton qui sonnait un peu faux, alors qu'Amy glissait rapidement ses pièces dans l'une de ses poches.
James fronça les sourcils et voulu dire quelque chose mais son ami le coupa dans son élan.
« Je vois que vous avez réparé les pots cassés, tous les deux. » observa-t-il en souriant négligemment et en se relevant.
Les deux Préfets-en-Chef échangèrent un regard complice et James passa un bras autour de la taille de la jeune fille, la rapprochant de lui.
« Ouais, on a fini par se réconcilier, confirma-t-il en souriant à l'adolescente qui vint poser la tête contre son épaule. Qu'est-ce qui s'est passé, avec Remus et Peter ? ajouta-t-il sur un ton plus grave. Et où est Harry ? »
Sirius grimaça.
« Ca serait trop long à vous expliquer tout ça maintenant, soupira-t-il. Mais Harry est partit, il y a un peu moins d'une heure et je n'ai strictement aucune idée de l'endroit de l'endroit où il s'est rendu. »
Lily s'écarta de son petit ami.
«- On va vous laisser régler vos problèmes entre vous, déclara-t-elle fermement. Je crois que vous avez certaines choses à mettre au clair. Pendant ce temps, Amy et moi, on va chercher Harry, d'accord ?
- Mais, Lily, tu…
- Vous avez besoin de vous retrouver entre Maraudeurs, tous les quatre, pour régler vos différents. » insista-t-elle en plantant son regard dans celui du jeune homme.
Celui-ci hésita brièvement, apparemment désappointé de la voir déjà partir.
« On se retrouve dans la salle commune ? » proposa-t-il.
Lily acquiesça en souriant et l'embrassa sur la joue en réponse.
« A tout à l'heure, murmura-t-elle avant de se tourner vers son amie. Amy, tu viens ? »
Cette dernière ne se le fit pas dire deux fois et toutes deux quittèrent rapidement le dortoir des garçons.
«- Alors ? s'enquit vivement Amy alors qu'elles regagnaient la Salle Commune.
- Alors quoi ? demanda, innocemment, Lily.
- Oh allez, ne fais pas celle qui ne voit pas de quoi je veux parler Lily ! Ca ne prend pas, avec moi. »
Lily eut un sourire malicieux.
«- Comme tu dois t'en douter, nous nous sommes remis ensemble, James et moi, déclara-t-elle.
- On ne l'avait pas remarqué, ironisa Amy, piquée au vif. Mais encore ? »
Lily ne répondit pas tout de suite, s'assurant qu'elle avait bien son insigne de Préfet-en-Chef sur elle avant de pousser le portrait de la Grosse Dame et quitter la tour de Gryffondor.
« On a discuté, expliqua-t-elle en s'avançant dans le couloir qui s'offrait à elles. Je pense que ça s'imposait : Ca nous a permis de tout remettre à plat et de reprendre notre relation sur de meilleures bases, plus saines. Quoi qu'il en soit, nous nous sommes réconciliés et c'est le principal, conclut-elle avant de jeter un regard en coin à son amie. Et de ton côté, qu'est-ce qui s'est passé avec les garçons ? »
Amy hésita.
« Une divergence d'opinion, annonça-t-elle. Pour je ne sais quelle raison, Remus continue à douter de… »
Lily soupira, devinant sans mal de qui elle parlait.
«- Je ne sais pas ce qui pousse Harry à se comporter de la sorte avec Peter mais je suis certaine qu'il a ses raisons, rétorqua-t-elle. Non ?
- Sûrement. En tout cas, ça ne doit pas être évident de venir d'une autre époque, quand on y pense, commenta pensivement Amy. Personnellement, pour rien au monde je ne voudrais être à la place de Harry. Je veux dire que ça ne doit pas être facile tous les jours, pour lui, d'assumer ce qu'il sait de notre avenir, son passé à lui, et de garder tout ça pour lui. »
Lily préféra se passer de tout commentaire sur le sujet.
« Ce qui est sûr c'est que Harry n'a vraiment pas besoin de la méfiance de Remus à son égard. Il ne mérite pas ça, il a déjà bien assez souffert comme ça. »
Le silence s'instaura entre elles. Amy voulu dire quelque chose mais changea d'avis au dernier moment et, à la place, soupira profondément.
« Juste comme ça, d'après toi, où peut-on espérer le trouver ? Parce que le chercher comme ça, à l'aveuglette, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. »
Lily eut un sourire nostalgique à ce commentaire.
«- Mon père aurait dit qu'il suffisait de brûler la botte et de passer un aimant sur les cendres, répondit-elle. Mais, dans le cas présent, je ne pense pas que ce soit la situation la plus appropriée. Non, en fait, comme ça, j'aurai pensé au stade de Quidditch : il aime bien s'y réfugier lorsqu'il a besoin d'être seul. Mais, vu les circonstances, je suis persuadé qu'il est resté dans le château.
- Ce qui ne nous avance pas beaucoup, si on considère que Poudlard est immense. »
Lily haussa les épaules.
«- On peut déjà exclure les cachots et l'ensemble des sous-sols, le bureau de Rusard, la Grande Salle, et le bureau de Dumbledore, puisqu'il a probablement cherché à rester au calme, ainsi que tous les autres endroits susceptibles d'être fréquentés par les professeurs ou les Serpentard au beau milieu de la nuit. J'opterai plutôt pour la volière ou la tour d'Astronomie.
- La tour d'Astronomie ? répéta Amy, visiblement surprise. C'est plutôt l'endroit approprié pour une soirée romantique ou pour quelqu'un ayant des pulsions suicidaires, non ? »
Lily paru choquée par les derniers propos de son amie mais se contenta de hausser les épaules.
« Pas seulement, rétorqua-t-elle alors qu'elles atteignaient l'escalier de marbre. En première année, j'y allais souvent quand j'avais besoin d'être au calme. D'ailleurs, on va commencer par là. » ajouta-t-elle avant d'entraîner son amie en direction des étages.
Atteignant le sommet crénelé de la Tour d'Astronomie, après avoir longtemps supporté les propos plaintifs d'Amy qui restait persuadée qu'elles faisaient tout ce chemin pour rien, Lily fut quelque peu soulagée de voir que ses suppositions étaient exactes. En effet, elles distinguèrent rapidement la silhouette du voyageur temporel, qui se découpait sur le ciel nocturne criblé d'étoiles. D'après ce qu'elle pouvait en voir, il était assis, seul, sur l'un des créneaux, dos à elles et les jambes dans le vide, perdu, apparemment, dans de profondes réflexions.
« Harry ? »
L'intéressé n'esquissa pas le moindre mouvement mais Lily était certaine qu'il l'avait entendu. Peut-être même avait-il déjà sentit leur présence, et cela bien avant qu'elles ne l'aperçoivent ? Lily n'en aurait pas été surprise si ça avait été le cas. Echangeant un bref regard avec son amie, la jeune fille finit par s'avancer vers le garçon qui conservait toujours la même immobilité.
« Je vais prévenir les Maraudeurs, annonça soudainement Amy. Ils seront sûrement rassurés de savoir où il est passé. »
Lily acquiesça distraitement d'un signe de tête et se figea à moins d'un mètre de l'adolescent, les sourcils froncés. Un détail la chiffonnait mais quoi ? Elle finit par comprendre ce qui l'interpellait de la sorte en remarquant la petite fiole, dont le contenu rosé reflétait faiblement la pâle lueur lunaire, et les lunettes posées sur les créneaux, près de la main droite du jeune homme : Profitant de ce moment de solitude et de l'obscurité, il avait repris sa véritable apparence.
« Harry ? » retenta-t-elle doucement.
Le concerné n'esquissa, cette fois encore, aucun geste.
« Je commençais à croire que j'avais choisit l'endroit parfait pour être tranquille. » observa-t-il d'une voix neutre.
Lily se raidit à ce commentaire, vaguement blessée.
« On s'inquiétait de ton absence prolongée. »
Harry ne répondit pas tout de suite.
« Ca ne devait pas être le cas de tout le monde. » ironisa-t-il.
Lily compris le sous-entendu mais choisi de ne pas le relever.
« Je peux partir si tu préfères. » reprit-elle posément.
Harry haussa les épaules.
« Pourquoi faire ? lâcha-t-il. Je ne pense pas que tu aies vraiment envie de repartir, là, maintenant, après avoir perdu tout ce temps pour monter jusqu'ici. »
Lily était, à présent, quelque peu déconcertée par le comportement de l'adolescent. Jamais il n'avait agit aussi froidement à son égard… En cet instant, il tolérait sa présence mais sans plus.
« Je… je peux m'approcher ? » s'enquit-elle finalement.
Pas de réponse mais Lily pris ça comme un accord et franchit la distance qui la séparait de l'adolescent. Un long moment de silence, tendu, s'instaura entre eux. Lily se risqua à lui jeter un regard en coin, remarquant ainsi une larme solitaire qui perlait sur la joue de l'adolescent qui gardait les yeux fermés. Elle préféra ne pas s'attarder sur son observation, craignant qu'il ne sente peser son regard sur lui, et reporta son attention sur la fiole posée devant elle.
« Alors c'est ça, la fameuse potion que vous avez préparé, James et toi, pour te permettre de reprendre ta véritable apparence ? »
Harry ne répondit pas. Lily était, à présent, quelque peu agacée par l'impression grandissante qu'elle avait de parler à un mur. Un mur en béton armé, qui plus est, et plus froid encore qu'un bloc de glace…
Elle inspira pour s'inciter au calme, cherchant à comprendre la raison de l'état actuel du voyageur temporel. Après tout, la méfiance de Remus à son égard ne pouvait pas, à elle seule, expliquer la froideur de Harry. Il y avait autre chose, quelque chose de plus profond, qui le tracassait. Mais quoi ?
« Harry ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Après quelques longues minutes de silence, Harry soupira.
«- Plus je repense à tout ce qui m'est arrivé ces derniers temps, plus je trouve que mon séjour ici a vraiment pris une tournure étrange. C'était déjà, en soit, une épreuve des plus inhabituelles que de me retrouver dans le passé, à votre époque. Mais ce petit voyage n'a eu de cesse de devenir, presque chaque jour, un peu plus… bizarre.
- Comment ça ? »
Harry marqua une nouvelle hésitation mais décida finalement de ne rien dire et Lily eut alors une étrange intuition au sujet de ce qu'il n'osait pas mentionner.
« Harry, puisqu'on risque fort d'en venir aux aveux en tout genre, je… je n'ai pas eu l'occasion de t'en parler jusqu'à présent… Et, de toute façon, je n'aurais pas sû comment aborder ce sujet, qui plus est avec toi mais…je… Je sais, pour tes parents. »
Le moins qu'elle puisse dire c'était qu'elle avait enfin obtenu l'attention de l'adolescent. Celui-ci sursauta et ouvrit brutalement les yeux avant de se tourner vers la jeune fille, rencontrant ainsi son regard. Une fois de plus, Lily fut un instant déconcertée par les yeux vert émeraude du garçon : Après tout, elle était bien plus habituée à la couleur marron qu'ils avaient lorsqu'il était sous son apparence d'Harry Calaway.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » s'enquit-il d'une voix incertaine.
Il manifestait enfin une véritable émotion ! Lily en aurait presque sourit si la situation n'avait pas été aussi grave.
« Je… je sais qu'ils te protègent, que c'est...ton père qui t'a aidé à trouver ta forme animale, que c'est eux qui t'ont aidé dans le repaire de Voldemort il y a quelques semaines. Et c'est probablement eux aussi qui t'ont sauvé la vie lorsque tu as eu ton accident de Quidditch. »
Harry cilla, apparemment pris au dépourvu. Il esquissa un geste pour prendre ses lunettes mais s'interrompit et, à la place, se mordit les lèvres.
« Comment tu le sais ? »
Lily baissa la tête, les yeux rivés sur ses mains, incapable de soutenir plus longtemps le regard intense du garçon.
« Il y a quelques temps, juste avant la finale de Quidditch d'ailleurs, je… j'avais du mal à savoir comment agir avec toi et… j'ai 'rencontré' ta mère. Enfin, elle m'a parlé un soir et…elle m'a aidé à voir plus clair en la façon dont je devais me comporter vis-à- vis de toi. »
Harry la fixa longuement, sans un mot, et détourna à son tour les yeux.
« D'une certaine manière, ça me fait plaisir d'avoir enfin eu une occasion de leur parler et de les voir… Mais d'un autre côté, c'est très dur. Je veux dire, je sais qu'ils sont morts, qu'ils ne reviendront pas, et c'en est d'autant plus douloureux. »
Nouveau silence.
« Après tout, je n'ai jamais réellement connu mes parents, souffla-t-il. Je…j'étais trop jeune quand Voldemort les a assassinés et… Enfin, je ne les connais que par ce qu'on m'en a dit d'eux, et par votre intermédiaire. Mais ce n'est pas pareil et… A chaque fois que j'ai eu l'occasion de les voir, ce… c'était… »
Il s'interrompit, baissa les yeux et inspira, crispant si fort ses doigts sur son jean que ses jointures en étaient blanches.
« Je sais qu'ils m'aimaient, je n'en ai jamais douté, mais, ce matin, j'ai réalisé que, jamais, je n'avais eu la possibilité de leur dire la même chose. Jamais. »
Lily hésita un instant et passa finalement un bras autour des épaules de l'adolescent. Il se contracta brièvement sur le coup, avant de se détendre légèrement.
«- Si tu veux mon avis, je crois que, même si tu ne leur as jamais dis, ils le savent.
- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? marmonna Harry, l'air sceptique.
- Tout simplement parce que les enfants savent instinctivement que leurs parents les aiment, quoi qu'il advienne, et réciproquement. Même quand ils nous punissent ou nous grondent, on leur en veut sur le coup mais on les aime quand même. »
Harry leva les yeux, plus brillants que jamais, vers elle et eut un maigre sourire.
«- Tu as sûrement raison mais… je ne peux pas m'empêcher de me dire que…peut-être…
- La prochaine fois, tu n'auras qu'à le leur dire, si ça peut te permettre d'avoir meilleure conscience.
- Tu as l'air certaine qu'il y aura une prochaine fois.
- Puisqu'ils assurent ta protection, et que tu as le chic pour t'attirer les ennuis, ils seront toujours là pour toi, répliqua Lily en arrachant un petit sourire à son camarade. Allez, cesse donc de te miner le moral, puisque je suis convaincue que tu auras d'autres occasions de les revoir et de leur dire ce que tu as sur le cœur. »
Harry ne répondit pas, perdu dans ses réflexions. Finalement, il eut un véritable sourire.
« Merci, Lily, lâcha-t-il. Merci pour tout. »
Elle lui rendit son sourire, soulagé de le voir reprendre le dessus, et enleva son bras des épaules du jeune homme.
« De rien, je suis contente d'avoir pu t'aider, Harry. Je n'aime pas te voir démoraliser. Tu n'as pas besoin de ça. »
Harry eut un nouveau sourire et un silence plus léger s'ensuivit.
«- Je ferais bien de reprendre mon apparence d'emprunt, déclara finalement Harry.
- Oui, je crois que ça serait préférable, surtout qu'il va nous falloir traverser une bonne partie du château pour retourner à notre salle commune. Et je ne pense pas que Dumbledore serait très content s'il venait à apprendre que tu te balades dans les couloirs avec ta véritable apparence. Ca ferait plutôt désordre… »
Harry éclata de rire.
« Tu sais, je crois qu'il se doute un peu de mon petit manège, observa-t-il en remettant ses lunettes sur son nez. Même s'il n'a aucune idée des proportions que tout cela a pris : Que vous êtes tous au courant de ma véritable identité, ou que James et toi connaissiez une bonne partie de choses que j'étais pourtant supposé garder pour moi. » ajouta-t-il avant de boire une gorgée du contenu du flacon qu'il glissa ensuite dans sa poche.
Lily acquiesça et s'écarta alors qu'il repassait ses jambes de l'autre côté des créneaux, sous son aspect d'Harry Calaway.
« On ferait mieux de rejoindre les autres, lança-t-il avec entrain. J'en connais un qui risque de s'inquiéter de ton absence prolongée. »
Lily eut un sourire et tous deux quittèrent la tour d'Astronomie.
«- Alors, vous vous êtes enfin remis ensemble, c'est bien, observa, chemin faisant, Harry.
- Apparemment, vous vous en doutiez tous plus ou moins, répliqua Lily. Et je crois que c'était mieux pour tout le monde. »
Harry sourit.
« On préfère vous voir tous les deux, ensembles, qu'à vous faire la tête et vous éviter pour des broutilles. »
Nouveau silence.
« Alors, pour en revenir à ce que tu disais tout à l'heure, c'est pour ça que tu t'es 'endormi' ce matin, pendant l'examen ? »
Harry acquiesça d'un signe de tête.
«- En tout cas, ça m'a fait du bien d'avoir enfin quelqu'un avec qui en parler, avoua-t-il. Tant que ça restera entre nous.
- Tu peux compter sur moi. » promit-elle.
Le lendemain, le calme régnait dans la Salle Commune des Gryffondor en ce milieu d'après-midi. En ce premier jour de liberté qui succédait à la dure période des examens, la plupart des étudiants avaient préféré gagner le parc, sous la surveillance attentive de quelques professeurs, profitant ainsi de ce samedi particulièrement ensoleillé. Les élèves de première et deuxième année, eux, avaient encore trois épreuves à passer dans le courant de la semaine à venir, de sorte que bon nombre d'entre eux avaient trouvé refuge à la Bibliothèque pour d'ultimes révisions. Les élèves de septième année, quant à eux, vaquaient à diverses occupations : James et Lily avaient été convoqués, ainsi que les autres Préfets de l'école, à une réunion de dernière minute pour, semble-t-il, organiser le banquet annuel de fin d'année, tandis que Peter vagabondait Merlin sait. Les autres avaient choisi de rester dans la Salle Commune ainsi désertée : Amy, assise par terre, traînait un lacet devant Pattenrond qui, à chaque fois, s'aplatissait au sol, aux aguets, avant de brusquement bondir sur l'objet, cherchant à y planter crocs ou griffes alors qu'Amy écartait rapidement le lacet de la trajectoire du félin. Remus et Sirius, eux, se livraient à une partie de bataille explosive. Harry, lui, les observait distraitement, avachi dans un fauteuil proche, "le plus grand secret de Poudlard" reposant négligemment sur ses genoux. Il avait passé une bonne partie de l'après-midi, enfermé dans le dortoir, à essayer de lever le sortilège d'illusion qui imprégnait les pages du grimoire, sans succès. Il avait finit par capituler et avait rejoint les autres. Aucun d'eux n'avait fait la moindre allusion à ce qu'il s'était passé la veille mais, tous avaient, semble-t-il, d'un commun accord, décidé de ne pas aborder le sujet. Tous s'étaient donc comportés comme si leur désaccord n'avait jamais eu lieu, à la différence près que, ce matin-là, Remus s'était montré particulièrement aimable avec Harry, ce qui l'avait quelque peu surpris sur le coup.
Le portrait de la Grosse Dame pivota brusquement, alors que Sirius, plus concentré que jamais, déposait avec prudence une carte sur la pile déjà fumante.
«- Eh, les gars, devinez ce que je viens d'apprendre ? s'exclama joyeusement Peter en déboulant dans la pièce, faisant sursauter Sirius au moment fatidique où il lâchait la carte qui heurta un peu trop fort le reste du jeu qui explosa aussitôt, au plus grand agacement du Maraudeur qui jura violemment.
- Mauvais perdant, se moqua Remus. Bien que ce ne soit pas une raison pour te montrer aussi vulgaire. » ajouta-t-il avant de se tourner vers un Peter tout sourire.
Harry lui-même, surpris par l'enthousiasme inhabituel dont faisait preuve le quatrième Maraudeur, le fixait avec curiosité, se redressant légèrement dans son fauteuil.
« Et ben, ça faisait longtemps que je ne t'avais pas vu aussi heureux, Peter. » observa Amy en relâchant le lacet que Pattenrond était enfin parvenu à attraper.
Pettigrow sourit largement.
« Il y a de quoi ! expliqua-t-il. Ma mère vient d'arriver à Poudlard.
- Comment ça se fait ? » s'étonna Sirius.
Peter haussa les épaules.
« Je ne sais pas. Apparemment, elle doit passer deux jours ici, mais elle ne m'a pas dit pour quelle raison. »
Harry haussa un sourcil.
« Alors, c'est pour ça qu'elle t'a écrit. » déduisit Sirius en enlevant, d'un revers de manche, la suie qu'il avait sur le visage, des suites de l'explosion des cartes.
Peter acquiesça avec bonne humeur.
«- Et, ah oui, il paraît que Krayak a décidé d'annuler l'exposé sur l'Elixir de Wizgeen, ajouta-t-il, se souvenant soudain de ce détail.
- Quoi ? s'exclamèrent, en chœur, les autres.
- C'est vrai ? s'étonna Remus, l'air sceptique.
- En tout cas, c'est ce que j'ai entendu dire, précisa Peter. J'ai surpris une conversation entre Rogue et Avery, alors que j'attendais dans le hall. »
Harry fronça les sourcils.
«- Mais pourquoi aurait-il fait une chose pareille ? observa Sirius, déconcerté. Krayak avait l'occasion idéale pour tous nous recaler. Alors pourquoi aurait-il décidé d'annuler l'exposé ?
- Nous recaler reviendrait à recaler aussi les Serpentard, objecta Amy. Après tout, la plupart d'entre nous étions en binôme avec l'un des élèves de sa maison. Il n'allait pas s'amuser à pénaliser aussi les Serpentard… »
Elle fut interrompue par un nouveau basculement du portrait de la Grosse Dame, et l'arrivée soudaine des deux Préfets-en-Chef.
« Eh, vous ne devinerez jamais ce qu'on vient d'apprendre. » lança James avec entrain.
Les autres échangèrent un regard.
«- Krayak a réellement annulé l'exposé ? s'étonna Sirius.
- Comment vous le savez ? demanda Lily, intriguée. Nous venons juste de l'apprendre, nous.
- Peter a surpris une conversation entre deux Serpentard, intervint Remus. Alors c'est officiel ? ajouta-t-il à l'adresse du couple.
- Oui, confirma James en souriant largement. A la fin de la réunion, Dumbledore nous a chargé de vous l'annoncer, étant donné que nous étions la seule classe à avoir dû réaliser cet exposé.
- Mais… Est-ce qu'il vous a expliqué la raison de sa décision ? » commenta Sirius.
Lily haussa les épaules.
« Vaguement, répondit-elle. Ce qui est sûr c'est que, du coup, ces recherches ne compteront pas dans la moyenne.
- Mais qu'est-ce qu'il vous a dit exactement, pour justifier l'annulation de l'exposé ? insista Amy.
- Apparemment, Krayak avait commencé à corriger nos travaux, expliqua James. Mais il est rapidement tombé sur un os : Il s'est retrouvé confronté à un aspect de l'Elixir qu'il ne connaissait pas, avec la potion réalisée par Harry et Peter. »
Tous se tournèrent vers le voyageur temporel. Sirius le rejoignit et le gratifia d'une grande claque dans le dos.
« Alors là, chapeau mon gars, s'exclama-t-il. Sur ce coup là, tu as fait fort ! Personne n'avait jamais réussi à coincer Krayak en potion. Pourtant, toi, tu as réussi à créer un Elixir de Wizgeen qu'il ne connaît pas ! »
Harry n'avait pourtant pas eu l'impression de réaliser quelque chose d'exceptionnel : il n'avait fait que suivre les indications données dans L'Elixir de Wizgeen : danger concret ou réputation infondée. Il avait ainsi obtenu la potion irisée qu'il avait, par la suite, donné au professeur. Celui-ci avait, alors, paru surpris par la teinte de l'échantillon qu'il lui avait remis, mais Harry ne s'en était pas préoccupé outre mesure, soulagé d'en avoir enfin fini avec cet exposé.
« Quoi qu'il en soit, Dumbledore nous a laissé entendre qu'ils avaient fait appel à un expert en la matière pour essayer de trouver la fonction de ta potion, Harry, repris Lily. Il se pourrait bien que ta réalisation révolutionne les connaissances déjà acquises au sujet de l'Elixir de Wizgeen. »
« Plume en sucre. » marmonna distraitement Harry face à la Gargouille.
La statue pivota, libérant l'accès à l'escalier menant au bureau directorial. Une demi-heure plus tôt, Harry s'était vu interpellé par le professeur McGonagall qui lui alors annoncé que le directeur voulait le voir au plus vite à son bureau. Harry ne s'était donc pas fait prier, curieux de connaître la raison de cette convocation soudaine.
« Ah, te voilà, Harry. » lança joyeusement le vieux sorcier lorsque l'adolescent pénétra dans la pièce circulaire.
L'adolescent haussa un sourcil, déconcerté.
« Tu as l'air surpris, observa Dumbledore en souriant d'un air affable. Ce n'est pourtant pas la première fois que tu viens ici, il me semble. »
Cette fois, le voyageur temporel fixa le directeur d'un air étrange, se demandant si, tout compte fait, il n'aurait pas été mieux inspiré de rester avec ses camarades. Qu'est-ce que Dumbledore pouvait bien manigancer ?
« Oui, bien sûr, répondit prudemment Harry. Seulement… Vous étiez beaucoup plus solennel, les autres fois. »
Dumbledore sourit largement et lui désigna un siège face au bureau.
« Mais assis-toi donc, Harry. » précisa-t-il sans se départir de son ton guilleret.
L'adolescent le fixa un instant, cherchant à trouver une explication au comportement inhabituel du directeur, et obtempéra, vaguement sur ses gardes. Dumbledore, lui, semblait grandement amusé par la situation.
« Des cookies ? » proposa-t-il en lui désignant une assiette remplie de biscuits posée sur la table.
Harry, rejetant poliment la proposition, remarqua alors quelque chose, un petit détail qui lui avait échappé de prime abord.
« Attendez, s'exclama-t-il soudain en comprenant enfin la situation. Vous… »
Dumbledore sourit mystérieusement, renforçant l'adolescent dans ses convictions.
«- Je vois que tu as enfin compris, Harry, observa le vieil homme avec amusement.
- Mais… Comment…
- Oh, je me suis tout simplement dit que je ne voyais pas pourquoi vous seriez les seuls, Lord Voldemort et toi, à profiter des bienfaits d'un petit voyage dans le temps, expliqua négligemment le directeur. Et puis, je voulais savoir comment allait notre Survivant national. »
Harry grimaça à ce surnom qu'il n'avait plus entendu depuis un moment et le Dumbledore de son époque sourit encore plus largement.
«- Je vais bien, répliqua l'adolescent.
- Je vois ça, approuva Dumbledore en l'observant d'un air appréciateur. Les bons soins de Pompom t'ont parfaitement remis sur pieds. »
Harry leva les yeux au ciel.
«- Cela étant, Harry, je ne suis là que pour quelques heures, avoua le vieux sorcier. Je me suis arrangé avec mon autre moi de telle façon à pouvoir rencontrer une autre personne qui, d'ailleurs, ne devrait plus trop tarder.
- Comment ça ? » s'étonna l'adolescent.
Dumbledore croisa les doigts sous son menton et le fixa avec intérêt.
« Je dois dire que l'Elixir de Wizgeen que tu as réalisé en cours de Potion n'intéresse pas seulement le professeur Krayak, reconnut-il. Je serais moi-même curieux de connaître l'avis d'une des personnes les plus compétentes en la matière, puisque je suppose que tu n'as pas la moindre idée de l'effet de ta préparation. »
Harry secoua la tête.
« Nous espérons tous qu'Emilia saura nous en dire plus. »
Emilia ? Ce nom n'était pas sans rappeler celui de l'auteur de la thèse L'Elixir de Wizgeen : danger concret ou réputation infondée, qui avait grandement inspiré son travail durant l'exposé exigé par le professeur Krayak. Ce pouvait-il que…
« Tiens d'ailleurs, ça doit être elle, commenta posément le directeur alors qu'on frappait à la porte. Entrez ! »
Le battant s'ouvrit aussitôt sur une femme brune et au teint pâle, âgée d'une quarantaine d'année, accompagnée d'un autre élève que Harry reconnu immédiatement, confirmant ses doutes. Ce dernier eut une seconde d'hésitation en apercevant le Gryffondor.
«- Professeur Dumbledore, commenta poliment la femme. Veuillez excuser mon retard mais mon neveu tenait absolument à m'accompagner.
- Plus on est de fous plus on rit, répondit aimablement Dumbledore. Harry, je suppose que tu connais déjà Severus, ajouta-t-il, non sans amusement, à l'adresse du voyageur temporel qui fixait le Serpentard avec méfiance. Emilia, je vous présente Harry Calaway, celui à qui nous devons cet Elixir irisé, poursuivit-il en se tournant vers la femme. Et Harry, voici Emilia Pettigrow. »
Harry eut un hoquet de surprise et écarquilla les yeux, stupéfait. Emilia… Pettigrow ?
"Ma mère vient d'arriver à Poudlard." Les propos de Peter s'imposèrent à l'esprit de l'adolescent. "Ils ont fait appel à un expert en la matière" : La conversation qui avait eu lieu un peu plus tôt dans la journée, dans la Salle Commune, prenait à présent un autre sens pour Harry. L'auteur de la thèse sur l'Elixir de Wizgeen, la tante de Rogue, était la mère de Peter ? A bien y réfléchir, cette parenté expliquerait bien des choses… Et c'était sûrement l'une des raisons, si ce n'était pas même la raison, pour laquelle Peter s'était vu confié à son père, Andrew Pettigrow, plutôt qu'à sa mère.
Dumbledore toussota, ramenant l'adolescent à la réalité, tous les regards pesant sur lui.
« Harry Calaway ? répéta Emilia. Vous faites partit des amis de mon fils, si je ne m'abuse. Il m'a déjà parlé de vous ! Enchantée de vous connaître. »
Harry haussa un sourcil mais serra la main que lui tendait la femme.
« Ce jeune homme m'a l'air très bien. » commenta-t-elle, l'air approbateur.
Harry eut alors l'étrange impression que cette femme n'avait aucune idée des activités 'obscures' de son fils et de ses fréquentations plutôt malsaines de ces derniers mois. Instinctivement, il devinait qu'Emilia n'avait pas un mauvais fond : Apparemment, elle avait beaucoup souffert par le passé mais elle était indéniablement quelqu'un de bien. Alors pourquoi… ?
Il s'arracha à ses réflexions en réalisant que Dumbledore conversait aimablement avec Emilia.
«- Comme vous avez pu vous en rendre compte par vous-même, Harry est parvenu à réaliser une nouvelle variante de l'Elixir de Wizgeen.
- Oui, le professeur Krayak me l'a montré quand je suis passée à son bureau, tout à l'heure, confirma-t-elle avant de se tourner vers Harry. Vous devez être brillant en Potions pour réaliser un tel exploit : peu de personnes peuvent prétendre au mérite de découvrir un nouvel aspect de cet Elixir. Je pensais qu'il n'y avait pas plus doué dans ce domaine que mon neveu, pourtant même lui a été incapable d'y parvenir. »
Harry jeta un regard en biais au futur Maître des Potions qui semblait quelque peu contrarié.
« Oh non ! lâcha-t-il nonchalamment. Mon précédent professeur, tout comme le professeur Krayak d'ailleurs, n'a jamais eu de cesse de me rabaisser et de me faire détester cette matière. D'après lui, je n'ai jamais eu les qualités requises pour cela. »
Emilia paru surprise.
«- Pourtant, ce n'est pas parce qu'on n'est pas à Serpentard qu'on est incapable de s'en sortir en Potions, j'en sais quelque chose. Après tout, j'étais à Serdaigle et ça ne m'a pas empêché de passer maître dans l'étude de l'Elixir de Wizgeen, l'une des préparations les plus complexes qui soient… Pour ce que ça m'a servit, ajouta-t-elle sombrement.
- Vous avez fait ce qu'il fallait, Emilia. Vous n'avez aucune raison de vous en vouloir, intervint posément Dumbledore.
- Je suppose, soupira-t-elle avant de reporter son attention sur Harry. Quoi qu'il en soit, ce que vous avez fait est stupéfiant. Jamais au cours des vingt-sept années durant lesquelles je me suis consacrée à étudier cet Elixir, je ne l'ai jamais vu arborer une telle couleur. Et personne n'en connaît les effets pour le moment. Mais je serais curieuse de savoir comment vous avez procédé, Mr Calaway. »
Harry hésita.
« Je me suis juste livré à quelques recherches, ce qui m'a permis de découvrir une thèse sur le sujet, à partir de laquelle j'ai réalisé cet échantillon. »
Emilia eut un sourire amusé.
«- Je pensais que les sujets de thèses étaient entreposés dans la Réserve, professeur.
- En effet, reconnu le vieux sorcier. Mais comme votre fils et ses amis, Emilia, mais aussi votre neveu et bon nombre d'autres élèves, si je ne m'abuse, Harry n'hésite pas à faire fi des règlements pour obtenir ce dont il a besoin.
- J'imagine. Vous vous êtes donc basé sur mes travaux pour votre devoir, Mr Calaway. »
Harry acquiesça.
« Dans ce cas, c'est le contexte dans lequel la potion a été réalisée qui a influencé sa couleur. Dans quel état d'esprit étiez-vous à ce moment-là ? Autre chose ? »
Harry hésita. Il ne se voyait vraiment pas dire à cette femme qu'il l'avait fait afin de se débarrasser au plus vite de la corvée, dans le seul but de ne plus avoir à faire équipe avec son fils.
«- Je…je ne m'en souviens plus. Peut-être la contrariété…
- La contrariété ? Intéressant. »
«- N'empêche, je dois reconnaître que tu avais raison sur un point, James.
- Ah, ah ! s'exclama triomphalement le concerné en levant les yeux de sa malle. Reconnaîtrais-tu enfin mon génie ? »
Lily, installée à plat ventre sur le lit de son petit ami, interrompit brièvement sa lecture et leva les yeux au ciel.
«- J'ai bien précisé sur 'un' point, rappela-t-elle. Et tu le trouves ce T-shirt ? s'enquit-elle en voyant l'adolescent se pencher pour chercher sous le lit.
- Non, pas vraiment… mais… »
Lily soupira et resta un moment à observer le dos, nu, de son petit ami alors que celui-ci s'affairait toujours sous le matelas. Finalement, au bout d'un moment, face aux recherches infructueuses du jeune homme, elle se résigna à interrompre une bonne fois pour toute sa lecture, retournant son livre, ouvert, sur le lit du Maraudeur. Elle s'y était installé, un peu plus tôt, pendant que James et Sirius allaient se doucher : Ils avaient, semble-t-il, décidés d'aller au terrain de Quidditch pour passer le temps et n'en étaient revenus un peu plus d'heure auparavant, croisant au passage Lily qui regagnait la Tour de Gryffondor après un bref passage à la Bibliothèque. Et depuis qu'il était sortit de la salle de bain, quinze minutes auparavant, James, torse nu, cherchait désespérément un T-shirt en particulier.
«- Si tu rangeais correctement tes affaires, ça n'arriverait pas, observa Lily en se levant du lit.
- Eh, risposta James apparemment vexé. Je suis quand même plus ordonné que Sirius ou Peter.
- Mais nettement moins que Remus ou Harry, insista Lily en jetant à son tour un regard dans la malle. Tiens, la preuve, tu pourrais me dire ce que cette carte de Chocogrenouille fait parmi tes chaussettes ?
- Tiens, la carte de Petrova Porskoff, je me demandais où elle était passée, celle-là !
- James, soupira Lily. Tu es incorrigible.
- Peut-être, mais ça fait partie intégrante de mon charme, non ? Après tout tu m'aimes pour ce que je suis, si je ne m'abuse, avec mes qualités et mes défauts, ajouta-t-il en passant les bras autour de la taille de sa camarade, un sourire enjôleur aux lèvres.
- Crétin, rétorqua-t-elle.
- Je sais. » répliqua-t-il en l'embrassant dans le cou.
Lily ne pu réprimer un sourire et se retourna dans les bras de son petit ami pour lui faire face.
« Je t'aime, murmura-t-elle. Même si tu as le don de m'agacer au plus haut point. » ajouta-t-elle avant de l'embrasser avec tendresse.
Ils restèrent un moment ainsi, l'un contre l'autre, jusqu'à ce que James reprenne la discussion là où ils l'avaient laissé.
« Bon, et si tu me disais sur quel point j'avais raison. »
Lily soupira, la tête contre son épaule.
«- Pour Harry. Il faut vraiment qu'on fasse quelque chose pour son départ.
- Avec les autres, on a déjà prévu de lui organiser une petite fête d'adieu…
- D'accord, mais je pensais à un truc plus… personnel, de notre part à tous les deux. »
James garda un instant le silence et finit par acquiescer, songeur.
«- Oui, mais quoi ?
- J'ai bien une idée mais…
- Mais…
- En lui-même, ce cadeau serait très simple mais ça nécessiterait un sort assez… complexe. J'ai déjà trouvé quelques éléments utiles quand je suis passée à la Bibliothèque tout à l'heure.
- Et qu'est-ce que c'est ? »
Un bruit sourd se fit soudain entendre, suivit d'un miaulement contrarié et la porte de la salle de bain s'ouvrit brusquement sur un Sirius, une serviette autour de la taille, hilare.
« Eh, regardez ça, un T-shirt qui marche tout seul. » s'exclama-t-il en désignant un vêtement qui émergea au même instant de la salle de bain.
Le linge en question avait la curieuse tendance, effectivement, à tourner en rond et à émettre des bruits contrariés.
«- Gaïa, soupira James en s'écartant de sa petite amie pour s'approcher du vêtement.
- Apparemment, il s'était installé dans le panier à linge pour piquer un petit roupillon et il faut croire qu'il s'est coincé dans ce T-shirt en sortant, expliqua Sirius.
- Il a le chic pour se mettre où il ne faut pas, celui-là. » commenta James en s'accroupissant pour attraper vivement le chat.
Le félin tigré se débattit un instant avant de réaliser à qui il avait à faire. Sa colère retomba aussitôt et il se laissa docilement faire alors que son maître l'aidait à se libérer du vêtement.
« Dis, ce ne serait pas ce T-shirt là que tu cherchais depuis tout à l'heure, par hasard ? intervint Lily. Celui avec le vif d'or ? »
James jeta un regard à l'étoffe qu'il tenait à présent à la main, alors que Gaïa partait, sans demander son reste, se réfugier sous le lit de son propriétaire. Le Maraudeur fut bien vite obligé de reconnaître qu'il n'avait pas vraiment cherché au bon endroit, et qu'il faudrait réellement qu'il remette de l'ordre dans ses affaires.
La Gargouille se referma dans un suintement à peine perceptible, masquant à nouveau l'escalier menant au bureau directorial.
« Tu te crois brillant, Calaway, hein ? »
Harry leva les yeux au ciel, agacé. Il l'avait presque oublié, celui-là. Mais pourquoi, de toutes les compagnies possibles et inimaginables fallait-il qu'il se retrouve avec Severus Rogue ? Remarquant soudain l'heure déjà avancée (le dîner devait déjà être bien entamé, si ce n'était pas même déjà terminé), Dumbledore avait 'aimablement' prié les deux adolescents de quitter son bureau et de retourner à leur salle commune respective, non sans leur avoir préalablement fait manger une bonne quantité de biscuits. Harry avait été quelque peu déçu par la décision du vieux sorcier : il s'était attendu à ce que le Dumbledore du futur profite de sa présence pour lui en apprendre un peu plus sur ce qu'il advenait de ses amis à son époque. Mais non, il avait choisi de faire partir les deux élèves pour s'entretenir plus longuement avec Emilia Pettigrow, seuls.
«- Qu'est-ce que tu veux dire, Rogue ? soupira-t-il.
- Sous prétexte d'avoir réalisé une potion unique en son genre, tu dois certainement te croire brillant, Calaway. »
Harry eut un sourire sarcastique.
« Même pas. Après tout, je vous suis déjà bien supérieur sur bien des points. » répliqua-t-il avec aplomb.
Du coin de l'œil, il vit le Serpentard hausser un sourcil.
«- Vous autres, les Gryffondor, vous vous croyez au-dessus de tout. Alors que vous êtes arrogants, prétentieux et…
- Nous avons un sens de l'humour qui échappe totalement à des Serpentard cupides et totalement asservis comme toi, riposta froidement Harry en croisant les bras. Tu sais, je serais porté à croire que tu es jaloux du fait que ce n'est pas toi qui as attiré toute cette attention…
- JE suis le meilleur en potion, répliqua aussitôt Rogue, piqué au vif. Je suis sûr que ce n'était qu'un coup de chance. Tu serais incapable de la refaire, cette potion. »
Harry eut un sourire méprisant.
« Un jour, tous reconnaîtront mon talent. Même ta bande de copains et toi ! Et ce jour-là, vous le regretterez tous ! »
Harry le fixa un instant et secoua la tête d'un air indifférent. Rogue, apparemment vexé, s'éloigna vivement, plantant le Gryffondor au beau milieu du couloir. Pourtant, il n'eut guère le tant d'aller bien loin, Harry repensant soudainement à quelque chose.
« Eh, Rogue ! » s'exclama-t-il en plongeant la main dans la poche de sa robe d'uniforme.
Le Serpentard se figea, sans pour autant se retourner, alors que Harry le rejoignait à grands pas. Une fois à sa hauteur, le Gryffondor esquissa un sourire provocateur.
«- Qu'est-ce que tu me veux ? grogna Rogue.
- Je crois que c'est à toi. » annonça Harry en lui lançant l'omniscient, qu'il avait gardé sur lui dans l'attente d'une occasion pour le rendre à son propriétaire.
Rogue attrapa tant bien que mal l'objet, intrigué, et blêmit imperceptiblement. Harry eut un sourire satisfait.
« Evite de laisser traîner ce genre de joujou compromettant à l'avenir, lui conseilla le Gryffondor. La prochaine fois, je pourrai choisir de le donner à Dumbledore plutôt que de te le rendre. Et, ah oui, il y a là-dedans quelque chose qui pourrait t'intéresser. »
Sur ce, Harry partit, délaissant le Serpentard médusé.
C'est bon, la voie est libre.>
Ok, Queudver, on te retrouve en bas.> lui répliqua, sous sa forme canine, Sirius.
Le gros chien noir aboya à l'adresse des deux autres garçons présents dans le dortoir.
Trois jours s'étaient écoulés et la pleine lune baignait à présent le parc de sa pâle lueur argentée. Lily et Amy s'étant attardée en compagnie des garçons, les Maraudeurs avaient choisi de s'organiser différemment pour leur balade nocturne mensuelle, la dernière qu'ils feraient à Poudlard : Lorsque Remus était partit pour l'infirmerie, Peter était sortit lui aussi. Il avait alors pris sa forme de rat, s'était glissé dans la poche du lycanthrope et ne devait en sortir qu'une fois que Madame Pomfresh aurait laissé Remus dans la Cabane Hurlante. Le temps pour le rongeur de remonter le tunnel et rejoindre le parc, Madame Pomfresh avait eu largement le temps de regagner le château, laissant ainsi la voie libre aux autres Gryffondor de septième année. Durant ces trois jours, Harry n'avait, d'ailleurs, était confronté, qu'une seule autre fois, à Emilia Pettigrow qui avait quitté Poudlard un peu plus tôt dans la journée.
« On peut y aller, traduisit nonchalamment James en sortant la cape d'invisibilité de sous son lit avant de la glisser sous son pull. Grâce au flair de Patmol, on ne devrait pas en avoir besoin, mais on ne sait jamais. » ajouta-t-il sur un ton qui laissait sous-entendre le petit incident de la forêt interdite, la fois où Sirius avait préféré pister un lapin plutôt que de se concentrer sur la recherche des Serpentard en retenue.
Pourtant, en dehors d'une brève rencontre avec Miss Teigne, rapidement mise en fuite par un chien noir surexcité, ils parvinrent sans mal dans le parc, Patmol les rejoignant sur le seul de la porte d'entrée, la queue battante, apparemment ravi de sa petite chasse au chat. Le petit groupe, Sirius sous sa forme canine en tête, atteignirent rapidement le saule cogneur sans rencontrer âme qui vive.
« Peter ? »
Un couinement se fit entendre et un rat émergea d'entre les racines de l'arbre.
« Les réjouissances vont enfin pouvoir commencer. » lança joyeusement James avant de prendre sa forme animale, rapidement imité par Harry.
Ce dernier sourit intérieurement en retrouvant les sens aiguisés de la panthère noire qu'il était devenu : Il aimait retrouver les sens exacerbés du félin, cette redoutable vivacité propre à Phantôme, surtout lorsqu'il n'avait pas à s'en servir pour guetter un danger éventuel, comme ça avait été le cas en Albanie. Le grand félin avait conscience de la présence du cerf, du chien et du rat à ses côtés mais, depuis l'incident survenu lors de sa première transformation quelques mois auparavant, Harry n'avait plus aucune difficulté à maîtriser cette facette de l'esprit qui cohabitait, du même coup, avec le sien.
Allons-y.> déclara Sirius avec enthousiasme. Queudver, à toi l'honneur !>
Le rongeur se faufila aussitôt jusqu'au tronc du Saule Cogneur et appuya sur le nœud de l'arbre, immobilisant ainsi les branches de l'arbre, et libérant l'accès au passage menant à la Cabane Hurlante. Le cerf fut le premier à s'engouffrer dans le souterrain étroit, suivit par la panthère. Patmol fut le dernier à entrer, marquant une brève halte pour permettre au rat de le rejoindre et venir s'installer sur son dos, avant de dépasser adroitement les deux autres, les bousculant quelque peu au passage.
Patmol.> râla aussitôt James. Tu ne peux pas faire attention, non ?>
Lunard a déjà probablement commencé sa transformation.> rétorqua Sirius. Et je préfère être devant.>
Attends d'être dehors et tu verras de quel bois je me chauffe.> l'avertit son meilleur ami.
Harry secoua la tête d'un air amusé, trottinant derrière les deux autres animaux, les sens aux aguets. Ils atteignirent ainsi la porte qui fermait l'accès à la Cabane Hurlante. Debout sur ses pattes arrières, Patmol parvint à pousser le battant… et se fit aussitôt renverser par une autre créature canine qui, apparemment, n'attendait que cette occasion pour bondir dans le tunnel.
Eh, Lunard, vas-y mollo, quand même.> protesta Sirius en se relevant lestement, manquant de peu de marcher sur Queudver qui s'était vu éjecté de son 'perchoir' improvisé lorsque le chien avait été bousculé par Lunard.
Le loup-garou glapit, le poil hérissé, visiblement contrarié d'être resté seul dans la sombre bâtisse. Mais il se figea dans le tunnel, son regard ambré passant du chien noir, posté entre la porte et lui, au cerf et à la panthère qui s'étaient interposés sur le chemin de la sortie, au rat qui revenait s'installer sur le dos du canidé noir.
Désolé pour le retard, Lunard, mais ça nous a pris plus de temps que prévu, cette fois.>
Cela étant, on ne va pas laisser ce mauvais départ, gâcher notre dernière sortie de pleine lune à Poudlard, quand même, j'espère ?> s'exclama Sirius, semblant avoir déjà retrouvé sa bonne humeur.
Lunard fixa à nouveau Cornedrue puis Patmol, s'attardant sur celui-ci et finit par se détendre, la part humaine du Lycanthrope reprenant partiellement le dessus sur les instincts intraitables et sauvages du loup.
Patmol sauta impitoyablement sur Lunard, les deux canidés dévalant la pente menant au lac dans un rouler-bouler de poils, de griffes et de crocs.
Il est carrément cinglé.> commenta James en secouant légèrement la tête, vaguement amusé par le comportement du chien noir.
Il agit comme un chien.> souligna Harry, en observant lui aussi la scène. Je croyais que tu devais lui faire payer, pour tout à l'heure, au fait.>
James ne répondit pas tout de suite, alors que, en contrebas, le lycanthrope prenait l'ascendant sur le chien, le clouant fermement au sol de ses pattes avant. Puis, sans prévenir, le loup s'écarta d'un bond et adopta l'attitude typique du chien qui veut jouer. Patmol ne se le fit pas répéter deux fois, se relevant promptement pour se jeter sur le loup qui l'évita lestement et s'élança vers les deux autres, Patmol à sa suite.
J'attend qu'il oublie mon avertissement.> répliqua James, avant d'abaisser la tête pour dissuader les deux autres de lui rentrer dedans.
Sa manœuvre eut l'effet escompté, les deux canidés de la bande préférant contourner adroitement la ramure du cerf.
Au fait, j'y pense : Où est Queudver ?> s'enquit James avant de trouver la réponse à sa question.
Eh, vous venez ?> s'écria Sirius avec bonne humeur en se campant à bonne distance du cerf et de la panthère. C'est notre dernière sortie en tant qu'élèves de Poudlard, alors autant en profiter, non ? On se bouge !>
Vos jeux canins ne nous inspirent pas vraiment, Patmol.> répliqua James. Sans compter que tu as encore fait tomber Queudver.> ajouta-t-il en désignant le rat qui remontait vers eux, trottinant dans les herbes hautes qui ondulaient légèrement sur son passage.
Oups, désolé Peter !> lança Sirius, semblant soudain se rappeler que le rongeur s'était installé sur son dos pour cette sortie.
Pas de problème.> assura le concerné. Je commence à m'y faire.>
Tu n'as qu'à venir avec moi.> proposa James. Ce n'est pas comme si j'avais souvent tendance à me rouler par terre, moi.> précisa-t-il, moqueur.
Ah, ah !> ironisa Sirius. Bon, et si on faisait une course ?>
A quoi bon ? C'est encore Lunard ou Phantôme qui vont gagner.> observa Peter en allant se percher sur la tête du cerf.
Queudver a raison, Patmol.> approuva celui-ci. C'est comme pour les échecs, il faut que tu acceptes la réalité : tu ne peux PAS gagner !>
On parie ?> riposta Sirius, piqué au vif.
Harry, assis, secoua la tête d'un air amusé et James leva les yeux au ciel tandis que Remus, vautré dans l'herbe, se contentait d'attendre la suite.
Ok, si ça peut te faire plaisir de te faire ridiculiser, encore une fois.> soupira James.
Phantôme bondit souplement sur ses pattes.
On va jusqu'où ?>
James jeta un regard au chien noir.
Jusqu'à ce que ce gros balourd ne puisse plus faire un pas.>
Je vais te faire mordre la poussière, Potter.> riposta Sirius.
On verra bien, Black !> répliqua James sur le même ton provocateur.
Lunard, en tête du petit groupe, bifurqua soudainement, aussitôt imité par les trois autres.
Mais où il va, comme ça ?> s'étonna James.
J'sais pas mais je ne vais pas me laisser battre par ce loup, foi de Sirius Black !>
Faudra d'abord me rattraper, moi !> les défia Harry en se glissant soudain entre le cerf et le chien.
EH !> protesta Sirius, contrarié de se voir aussi facilement dépasser par la panthère qui, pourtant, était resté derrière eux depuis le début de leur petite course.
Dans leur détermination à rabattre le caquet de l'autre, James et Sirius s'étaient, quelques longues minutes auparavant, élancés sans attendre les deux autres. Mais, si Harry avait préféré rester en arrière, en attendant son heure, Remus, lui, piqué au jeu, s'était hâté de rejoindre le chien et le cerf et, tenait à présent la tête. Tous les quatre filaient, depuis un moment déjà, entre les arbres de la Forêt Interdite. En vue du train d'enfer que James et Sirius avaient imposé dès le début, il était surprenant que tous tiennent encore, pour le moment, le rythme, sans marquer la moindre faiblesse. Lunard étant, de loin, le plus endurant de leur petit groupe, il maintiendrait son mal l'allure.
Pas trop fatigué, Patmol ?> le provoqua James avec un amusement non dissimulé.
Non, et toi ?> riposta-t-il aussitôt.
En attendant, c'est toujours Lunard qui mène, comme d'habitude.> intervint Peter, depuis son poste d'observation entre les bois du cerf.
Pas pour longtemps.> grogna Sirius en accélérant soudainement l'allure, plantant là Cornedrue prit au dépourvu par ce démarrage inattendu.
Mais, bien décidé à ne pas se laisser faire aussi facilement, James rattrapa tant bien que mal son meilleur ami alors que celui-ci rejoignait Harry qui, lui, suivait de très près le loup qui tourna aussitôt à droite, entraînant les trois autres dans son sillage. Puis, sans prévenir, le loup-garou se figea, provoquant un arrêt en catastrophe de James et Harry (qui, grâce à la rapidité de réaction de sa panthère, évita de peu de s'écraser sur le loup), alors que Sirius continuait sur sa lancée.
J'ai gagné, j'ai ga…>
Il freina des quatre pattes en apercevant, que trop tard l'arbre qui se dressait devant lui, et faillit finir sa course par une rencontre plutôt brutale avec le tronc massif.
Mais qu'est-ce qui vous a pris de ralentir comme… ?> râla-t-il.
Un cliquetis furieux se fit entendre, interrompant enfin le canidé.
Oh, oh !>
COURREZ !>
Les autres ne se le firent pas dire deux fois et tous firent promptement demi-tour, à l'instant même ou une dizaine d'araignées géantes surgissaient de l'obscurité, avant de se lancer à la poursuite de la petite bande hétéroclite d'animaux.
Mais qu'est-ce qu'elles nous veulent, celles-là ?> s'étonna Patmol.
Passer à table, je suppose.> ironisa Cornedrue.
Elles défendent leur nid.> répliqua Phantôme en se giflant mentalement pour ne pas avoir réalisé l'endroit où ils se trouvaient. On s'est juste trop approché de leur colonie.>
Une colonie ? Comme un de ces camps de vacances moldus ?>
Personne ne prit la peine de répondre à la question, passablement mal venue, du chien noir.
Patmol, Tu crois vraiment que le moment est bien choisi pour ce genre de question ? Alors, cesses donc de dire des âneries plus grosses que toi et cours !> grommela finalement Cornedrue.
La poursuite effrénée à travers bois se poursuivit encore durant quelques longues minutes mais, pour leur plus grand soulagement, se furent les Acromantulas qui, les premières, cessèrent la course. D'ailleurs, Lunard, légèrement en retrait, fut le premier à repérer le mouvement de repli réalisé par les insectes géants et il ralentit aussitôt l'allure.
Eh, elles s'arrêtent ! Elles s'arrêtent !> s'exclama Queudver, toujours perché sur la tête du cerf.
Continuons de courir, au cas où.> répliqua Harry. Des fois qu'elles changeraient d'avis, je préfèrerais qu'on en profite pour prendre le large.>
Parce que tu crois que ces bestioles sont douées d'intelligence ?> se moqua Patmol.
Lunard glapit d'un air désapprobateur.
Oh oui, plus que tu ne l'imagines.> soupira Harry.
Quelques minutes de silence s'ensuivirent, les Animagi et le loup s'efforçant de mettre le plus de distance entre eux et les Araignées carnivores, avant que la fatigue ne commence à se faire sentir, les obligeant finalement à s'arrêter. Sans plus de cérémonie, Patmol se laissa choir sur le sol, haletant, alors que les autres s'immobilisaient, le souffle court et le poil luisant de transpiration.
Fatiguééééé.> gémit le chien noir en se vautrant de tout son long dans l'herbe.
Tu n'as qu'à t'en prendre à toi-même.> soupira James. C'est toi qui as absolument tenu à faire une course.>
Il n'empêche que j'ai gagné.>
Tu n'as rien gagné du tout.> riposta Cornedrue. Tu as pu prendre la tête parce qu'on s'est tous arrêtés.>
On dit ça, on dit ça.> répliqua Sirius, moqueur. Mais…>
Euh, je ne voudrais pas vous interrompre mais Lunard s'en va.> intervint brutalement Harry en trottinant à la suite du lycanthrope qui s'éloignait résolument de ses camarades.
La réaction des deux autres ne se fit pas attendre, Patmol se relevant promptement tandis que le cerf se hâtait de rattraper la panthère, suivit de près par le chien. Mais le loup s'arrêta presque aussitôt et grogna, déconcerté. Le nez en l'air, les sens aux aguets, Lunard entreprit de scruter les environs avec attention et les autres, passé le premier moment de surprise, finirent par comprendre pourquoi.
Eh, attendez, on n'est jamais venu ici !> réalisa James.
Non, ça ne me dis rien non plus.> confirma Sirius. C'est bizarre, je pensais pourtant que nous avion eu largement l'occasion de la parcourir de fond en comble…>
La Forêt Interdite est trop grande pour que quiconque puisse la connaître dans ses moindres détails, pas même les créatures de la forêt.> observa Harry.
En tout cas, on a rejoint les murs d'enceinte du château.> intervint James. Regardez.>
Effectivement, à travers les arbres, ils pouvaient apercevoir un haut mur de pierres qui se dressait sur leur droite. Et c'est dans cette direction que s'avança prudemment Lunard, suivit de près par les Animagi. Ils n'eurent que quelques mètres à parcourir avant d'atteindre le pied de la haute muraille qui délimitait l'enceinte du château… Même si, en l'occurrence, ils se tenaient plutôt devant une brèche dans la surface de pierre.
Patmol, qu'est-ce que tu fais ?> s'enquit James alors que son meilleur ami s'approchait résolument de l'ouverture.
Je veux juste voir où ça mène.>
Patmol, je ne suis pas sûr que…> insista James.
Le chien avait déjà traversé la brèche.
Eh, les gars, c'est trop cool, je suis hors de Poudlard.>
Patmol, on n'a rien à faire dehors.> couina Peter toujours perché entre les bois du cerf. Tu…>
Il faudra le signaler à Dumbledore, quand même, non ?> commenta Harry qui voyait d'un très mauvais œil tout ce qui serait susceptible de constituer un moyen d'intrusion pour quiconque aurait des intentions…peu louables. D'ailleurs, si ça se trouve, c'est par là, qu'ils sont passés, la dernière fois, les Mangemorts.>
Lunard jappa, comme pour approuver.
Aucune idée mais… Patmol, reviens ! On s'était mis d'accord pour ne pas quitter l'enceinte de l'école, ce soir !> lui rappela Cornedrue.
Sirius râla mentalement.
Vous êtes pas drôle.> bougonna-t-il. On est sensé profiter de notre dernière sortie de pleine lune et au lieu de ça… J'arrive.>
Il y eut alors un bruit sourd puis un juron sonore.
Sirius ?> s'inquiéta James.
Euh, je crois qu'il y a un problème… Je ne peux pas repasser par la brèche.>
Harry éclata de rire.
C'est malin.> lâcha James, partagé entre l'amusement et la désapprobation. Bon, on n'a plus qu'à longer le mur jusqu'à ce que tu puisses rentrer.>
Les cinq garçons furent brutalement réveillés par des coups frappés à la porte. Lorsque Sirius avait, enfin, trouver un moyen de rejoindre ses amis, (il avait finalement rejoint Pré-au-Lard et s'était introduit dans la Cabane Hurlante, en parvenant à se glisser entre deux planches branlantes qui obstruaient l'une des fenêtres de la vieille bâtisse) ils avaient décidés de s'installer dans une chambre du premier étage pour le reste de la soirée (déjà bien entamée). Patmol s'était, possessivement, approprié le lit à baldaquin qui occupait la pièce sombre et poussiéreuse et s'était lové sur le matelas avec contentement, rapidement rejoint par Queudver. Cornedrue, après avoir tant bien que mal refermé la porte derrière eux, était resté près de la sortie, imité par la panthère noire qui observait la pièce d'un air circonspect. Lunard, lui, s'était, de prime abord, affalé à même le sol puis, après avoir fixé le chien et le rat, apparemment envieux de leur confort, il s'était incrusté à son tour sur le lit avec un soupir de contentement. Rien n'était venu perturber leur tranquillité, en dehors de la transformation du lycanthrope aux premières lueurs de l'aube. Dès lors, les quatre Animagi avaient repris leurs apparences humaines et tous avaient fini par s'endormir, jusqu'à cette nouvelle interruption.
«- Qu'est-ce que… ? s'étonna Sirius à voix basse. Ca ne peut pas déjà être Madame Pomfresh, il n'est que… (il jeta un regard à sa montre) six heures et quart.
- Non, je ne pense pas, confirma Remus d'une voix endormie. Elle n'est pas sensée passer avant au moins une heure.
- En tout cas, qui que se soit, tu ferais mieux d'y aller toi, Rem, décréta paresseusement Sirius. Ca paraîtrait bizarre que l'un de nous aille ouvrir alors que nous ne sommes même pas supposés être ici. »
Le lycanthrope marmonna quelques propos inaudibles mais se leva tant bien que mal, quelque peu meurtri et courbaturé par sa transformation mensuelle, et traversa la pièce.
«- N'empêche, j'aimerai bien savoir quel est l'imbécile qui a eut cette brillante idée de venir nous déranger, grogna Sirius en se frottant les yeux.
- L'imbécile peut toujours repartir, Sirius ! » répliqua sèchement une voix des plus inattendues.
James, qui baillait à s'en décrocher la mâchoire, referma brutalement la bouche, pris par surprise, alors que Harry laissait entendre un petit rire amusé.
«- Lily ?
- Elle-même, confirma Remus en s'écartant pour libérer le passage à la jeune fille. C'est gentil à toi mais ce n'était vraiment pas la peine de te déranger pour nous, Lily, ajouta-t-il en souriant.
- Désolée de vous avoir réveillé, lâcha-t-elle en jetant un regard incertain aux cinq garçons dispersés dans la pièce. J'ai hésité à passer plus tard mais je…
- Tu n'as pas à t'excuser, assura James en se levant. Tu as très bien fait. » ajouta-t-il avant de l'embrasser brièvement.
Sirius grimaça.
«- Vous pourriez éviter les effusions de si bon matin, ce serait gentil, marmonna-t-il.
- Oh ! Le petit Sirius se serait-il levé de la patte gauche ce matin ? le taquina Remus.
- D'ailleurs, je ne pensais pas que tu lui en aurais parlé, James. » reprit Sirius en fronçant les sourcils.
Le concerné haussa les sourcils.
«- Je ne lui ai rien dit, observa-t-il. Elle savait déjà que j'étais un Animagus.
- Et je savais déjà que Remus était un loup-garou, intervint la jeune fille. Ce n'était pas très dur à deviner, en fait. Et puisque Harry et James sont des Animagi, j'ai supposé que ce n'était pas pour rien.
- Comment tu as fait pour passer ? » s'étonna Peter en se grattant la tête.
Lily eut un sourire énigmatique et haussa un sourcil mais se garda bien de répondre.
«- De toute façon, je ne tiens pas à avoir de secrets pour elle, ajouta flegmatiquement James en passant un bras autour de la taille de la jeune fille qui lui sourit en retour.
- Mais, dis-nous, Lily, qu'est-ce qui t'amène de si bon matin ? s'enquit Harry, jusque là silencieux, assis en tailleur sur le plancher poussiéreux.
- Oh, et bien je me suis dit que c'était votre dernière sortie de pleine lune à Poudlard. Du coup, j'ai supposé que vous auriez envie de prolonger cette occasion au mieux, c'est pourquoi je vous ai apporté de quoi manger, ajouta-t-elle en désignant un panier posé par terre sur le palier. Je suis passée à la cuisine en venant. »
Sirius haussa un sourcil.
«- Quelle bonne intention, s'exclama-t-il avec bonne humeur. Tu sais quoi, James, je vais finir par croire que tu as trouvé la perle rare : Bien intentionnée, pleine d'attention, capable de te supporter, plutôt pas mal physiquement et sans compter qu'elle assure une bonne descendance, ajouta-t-il en désignant Harry du menton. Et au lit ?
- Sirius ! » s'écria Lily, outrée par la question, en rougissant violemment.
Les autres éclatèrent de rire, finissant de réveiller Peter qui commençait à se rendormir.
« Non, Patmol, je ne te laisserai pas te faire ton idée sur la question, répliqua posément James en rapprochant sa petite amie de lui dans une étreinte possessive. Mais je reconnais que j'ai de la chance de l'avoir. » ajouta-t-il en l'embrassant dans le cou, la faisant à nouveau rougir.
Sirius fronça les sourcils.
«- Bon, je ferais mieux d'y aller, annonça finalement Lily en s'écartant du Préfet-en-Chef.
- Quoi ? Déjà ?
- Je suppose que vous voulez rester entre vous, répliqua-t-elle. Et puis…
- Tu ne nous dérange pas du tout, Lily, assura Remus. On ne va pas te mettre dehors alors que tu as pensé à nous tous.
- Sans compter que je ne pense pas que ton très cher petit ami te laissera si facilement partir. » ironisa Sirius en jetant un regard moqueur à son meilleur ami qui se contenta de le fusiller du regard.
Il y eut un bref moment de silence, Lily en profitant pour observer les garçons avec plus d'attention, et surtout le lycanthrope de la bande.
« Tu as l'air en forme, Remus. » lâcha-t-elle finalement, vaguement déconcertée par le fait qu'il ne portait que quelques coupures.
Celui-ci eut un maigre sourire.
« J'ai la chance d'être bien entouré, avoua-t-il. Ca m'évite de me faire trop de mal durant les transformations. »
Lily acquiesça d'un bref signe de tête.
« Bon, s'exclama Sirius en se levant brutalement. Et si on mangeait ? »
Les autres sourirent à son commentaire mais personne ne s'opposa à sa proposition.
Deux jours s'étaient écoulés. Remus était toujours à l'infirmerie, sous la surveillance de Madame Pomfresh alors que Lily et Amy s'étaient organisées un après-midi 'entre filles'. La quasi-totalité des élèves avait choisi de descendre dans le Parc, pour profiter du temps exceptionnellement clément de cette fin de juin, de sorte que la Salle Commune de Gryffondor était presque déserte. Harry triturait machinalement sa médaille, fixant la cheminée vide d'un air absent. Peter, à plat ventre sur le sol, était, lui, plongé dans la lecture d'un parchemin posé devant lui, tandis que Sirius, affalé dans un fauteuil et les pieds négligemment posés sur une table d'appoint proche, semblait perdu dans ses réflexions. Finalement, il soupira et Harry lui jeta un regard en coin.
« Cornedrue est bizarre en ce moment, observa Sirius avant de changer de position et se pencher sur le bras du fauteuil dans lequel il s'était installé afin de s'adresser plus explicitement à ses camarades. Vous ne trouvez pas ? »
Peter haussa les épaules, sans interrompre sa lecture.
«- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'étonna Harry.
- Ben, il n'est pas comme d'habitude. On dirait que…que quelque chose le tracasse.
- Qu'est-ce qui te fait croire ça ? » s'enquit Peter en levant les yeux vers l'autre Maraudeur.
Sirius leva les yeux au ciel.
«- Je suis, quand même, capable de deviner quand quelque chose ne va pas avec mon meilleur ami, lâcha-t-il. Pourtant, là, il y a un détail qui m'échappe. Tenez, par exemple, ça fait deux heures qu'il est partit avec sa cape et il n'est pas encore revenu.
- Il est partit ? répéta Harry, les sourcils froncés, en se redressant dans son propre fauteuil. Comment ça ?
- Je l'ai juste vu prendre sa cape d'invisibilité, tout à l'heure. Et quand je lui ai demandé ce qu'il comptait faire, il m'a juste répondu qu'il allait faire un tour, seul. »
Harry fronça un peu plus les sourcils et jeta un bref regard suspicieux à Peter qui s'était replongé dans sa lecture.
«- Il ne t'a rien dit, à toi ? demanda Sirius à l'adresse du voyageur temporel.
- Non, rétorqua Harry quelque peu surpris par cette question. Pourquoi voudrais-tu qu'il me parle de quelque chose dont il ne t'aurait pas parlé, à toi ? »
Sirius haussa les épaules.
« Vous semblez entretenir, des liens assez particuliers, James, Lily et toi. Et puis…, comme tu viens du… du futur, ajouta-t-il en baissant la voix. Je me disais que, peut-être… »
Harry s'assombrit l'espace d'une seconde mais se reprit aussitôt.
« Non. En tout cas, sur ce point, je n'en sais pas plus que toi. »
Sirius acquiesça distraitement et ne prononça plus un mot, s'enfonçant dans son fauteuil d'un air absent. Au bout d'un moment, Harry soupira et se leva dans l'intention de jeter un œil à sa carte, afin d'essayer de localiser le meneur des Maraudeurs.
« Je reviens. » annonça-t-il à l'adresse des deux autres.
Il avait atteint l'escalier en colimaçon menant aux dortoirs des garçons, lorsque le portrait pivota pour libérer l'accès à la salle commune à un James Potter tout sourire. Sirius se redressa brutalement dans son fauteuil alors que Peter relevait les yeux de son parchemin.
« Eh, Cornedrue, pourrai-on savoir d'où tu viens pour être d'aussi bonne humeur ? » s'exclama Sirius en le détaillant d'un air scrutateur.
Le concerné marqua une brève hésitation, apparemment surpris de trouver ses camarades là, avant de retrouver son sourire.
« Et si je te dis que ça ne te regarde pas ? » commenta-t-il avec une bonne humeur déconcertante en s'avançant dans la pièce.
Sirius parut vaguement offensé et il s'apprêtait à répliquer quand James tira quelque chose de l'une de ses poches et le lui lança, l'interrompant dans son élan.
« Tu es allé à Pré-au-Lard ? » s'exclama Sirius, après un bref coup d'œil au sachet, estampillé du nom d'Honeydukes, qu'il venait de réceptionner.
James adopta une expression énigmatique, tandis que Peter, après un regard aux deux autres Maraudeurs, reportait son attention sur son parchemin.
«- Comme tu peux le voir, j'ai tout de même pensé à mon meilleur ami, mais si tu n'en veux pas, je peux toujours les reprendre, ajouta James avec un sourire sarcastique.
- Non, non, j'me les garde, rétorqua Sirius en ouvrant le sachet pour en étudier le contenu avec avidité. Bon ok, ça ira pour cette fois, Corny. »
James leva les yeux au ciel mais perdit tout d'un coup sa bonne humeur en remarquant enfin la présence de Harry, et surtout son regard désapprobateur.
« A Pré-au-Lard, hein ? » répéta-t-il.
Le Maraudeur parut mal à l'aise. Sirius se figea, une poignée de Bulles baveuses à la main, surpris par le ton sec de l'adolescent, et même Peter interrompit à nouveau sa lecture, prenant appui sur ses avant-bras pour se redresser.
«- Je… j'avais quelque chose de vraiment important à faire, protesta le Préfet-en-Chef. Il fallait que j'y aille.
- Je croyais que tu avais décidé d'être plus prudent, de ne plus sortir en douce hors de Poudlard ? répliqua froidement Harry en s'avançant
- Mais…
- Est-ce que ce que tu avais à faire de si important valait le fait que tu mettes aussi bêtement ta vie en danger ?
- Mais, il ne s'est rien passé.
- Et alors ? cingla Harry qui se tenait à présent à moins d'un mètre du Maraudeur. Et s'il s'était passé quelque chose, justement ? Et si Voldemort avait eu vent de ta petite escapade ? Il n'y aura pas toujours quelqu'un pour te tirer des mauvais pas dans lesquels tu t'obstines à te mettre, James !
- Mais…
- Grandis un peu bon sang ! s'emporta Harry avec colère. Tout ce par quoi tu es passé cette année ne t'a donc rien appris ?
- Harry…
- On ne peut pas toujours faire tout ce qu'on veux dans la vie, et encore moins comme ça, sur un coup de tête ! »
Harry s'interrompit un instant, inspirant profondément, avant de reprendre sur un ton légèrement plus calme.
« Au cas où tu ne l'aurais pas encore réalisé, vous allez bientôt quitter Poudlard. Vous serez alors livrés à vous-même, hors des protections qui entourent le château. Vous serez confrontés à la vraie vie et, tu sais quoi ? Si tu ne te décides pas à changer radicalement d'attitude, si tu ne prends pas pleinement conscience du danger qui t'attend, toi plus que quiconque, tu ne tiendras pas longtemps, crois moi. » conclut-il avant de tourner les talons et quitter vivement la Salle Commune, plantant là les trois Gryffondor médusés.
Il y eut un moment de silence.
«- Whoa ! s'exclama finalement Sirius. Je crois qu'il a aussi hérité du caractère enflammé de sa mère quand il se met en colère !
- A ce propos, où est Lily ?
- Oh, ça… Les filles sont dans leur dortoir, répondit-il. Elles discutent maquillage et trucs de filles. Bon, sérieusement, qu'est-ce que tu étais partit faire à Pré-au-Lard ?
- Je te l'ai déjà dit, ça ne te regarde pas. Tu le sauras en même temps que les autres, commenta James avant de se laisser tomber dans le fauteuil que Harry avait occupé un peu plus tôt, la tête entre les mains. Pff, quelle histoire ! Je ne pensais pas qu'il se mettrait dans cet état, juste pour ça. »
Sirius jeta un regard aux Bulles baveuses qu'il avait toujours à la main, et les enfourna vivement dans sa bouche.
«- Il n'a peut-être pas tort, intervint timidement Peter. Je veux dire, ici, tant qu'on reste dans l'enceinte de l'école, on ne risque pas grand chose : on est protégé par la notoriété de Dumbledore et les protections mises en place autour de l'école.
- Pourtant, commença Sirius avant de s'interrompre alors qu'il essayait de faire une bulle. Il y a quand même eu une attaque dans Poudlard, rappela-t-il.
- Mais c'était Brûlopot qui leur avait permis de rentrer, objecta James.
- Mouais, concéda Sirius. Cela étant c'est vrai que, chaque fois que vous avez eu des problèmes, Lily et toi, Harry était toujours là pour vous aider. Et deux fois, tu t'es fait enlever par les Mangemorts à Pré-au-Lard.
- Pas étonnant que Harry voit ça d'un mauvais œil, renchérit Peter. Il doit sûrement en avoir assez de jouer les héros à chaque fois.
- Surtout qu'il passait de plus en plus de temps à l'infirmerie à chaque fois, rappela Sirius.
- En tout cas, le Vous-Savez-Qui de son époque a l'air encore plus horrible que le nôtre, couina Peter.
- C'est clair, acquiesça Sirius. Je me demande bien ce qu'il a pu faire pour en arriver là.
- Je…je crois que Voldemort s'est servit du sang de Harry pour accroître sa propre puissance, avoua James. Il nous a dit quelque chose dans le genre, à Lily et moi, il y a quelques temps déjà. »
Ce n'était pas tout à fait exact (puisqu'il s'agissait, en réalité, d'une vision que la jeune fille avait eue) mais bon…
«- Son sang ? répétèrent, en chœur, Sirius et Peter.
- Comment peut-on devenir plus fort avec le sang de quelqu'un ? s'étonna Sirius qui, contrairement à Peter, paraissait intéressé plutôt que choqué.
- J'en sais rien, moi ! » répliqua James en haussant les épaules.
La conversation se poursuivit sans que quiconque ne découvre la petite balle noire, ouverte à plat, glissée sous le parchemin que Peter étudiait jusque là.
Harry ne réapparu que le lendemain matin, les autres le retrouvant dans la Grande Salle, l'air fatigué, en grande conversation avec William Watson.
«- Salut ! lança joyeusement le deuxième batteur de l'équipe de Gryffondor en voyant les élèves de septième année les rejoindre.
- Salut Will, salut Harry ! »
Ce dernier eut une seconde d'hésitation avant de répondre, d'une voix neutre.
« Tu vas bien ? s'enquit Lily en s'asseyant à côté de lui. Tu as l'air fatigué. »
Harry haussa les épaules mais lui adressa un bref sourire.
«- Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, c'est tout, reconnu-t-il.
- Encore un cauchemar ? » s'inquiéta-t-elle.
Harry secoua négativement la tête.
« Non, ne t'en fais pas pour ça, assura-t-il. Voldemort se tient tranquille. Non, j'avais juste besoin de vérifier quelque chose et ça m'a pris plus de temps que prévu. D'ailleurs, ça me fait penser… »
Il jeta un bref regard aux autres élèves autour d'eux : Personne ne prêtait la moindre attention à leur conversation. Sirius faisait le clown un peu plus loin, s'attirant ainsi, non sans accompagner ses propos de grands gestes, l'attention de ses plus proches voisins, y compris Peter, James et Amy. Harry sortit un paquet, de petite taille, grossièrement emballé de l'une des poches de sa robe.
« On m'a demandé de te donner ça, expliqua-t-il en lui confiant l'objet. Je ne sais pas ce que c'est mais on m'a chargé de te le remettre, alors je le fais. »
Lily haussa les sourcils, observant le paquet d'un air intrigué.
«- On ? Qui ça, on ?
- Oh, juste Dumbledore, répondit négligemment Harry.
- Dumbledore ? répéta la jeune fille, de plus en plus déconcertée. Pourquoi ? »
Harry secoua négativement la tête.
« Je n'en ai strictement aucune idée mais il semblait convaincu que cet objet devait t'être remis et que tu saurais le garder en lieu sûr jusqu'à ce que tu estimes venu le temps d'en faire 'bon usage'. » conclut Harry en esquissant un sourire sarcastique à ces derniers mots.
Lily jeta un nouveau regard au paquet, sans oser l'ouvrir et reporta son attention sur l'adolescent.
« Tu as passé la nuit dans le bureau du directeur ? »
Harry laissa échapper un bref rire.
« Non, pas vraiment, avoua-t-il. Mais j'ai eu l'occasion de le rencontrer durant ma petite escapade nocturne, ajouta-t-il avant de se lever. Bon, si tu veux bien m'excuser, j'ai quelque chose d'important à faire. »
Lily observa à nouveau l'objet qu'il lui avait remis, avant de penser à quelque chose.
« Harry… »
Elle s'interrompit, en réalisant qu'il n'était déjà plus là. Jetant un regard autour d'elle, elle l'aperçu brièvement, alors qu'il franchissait la porte de la Grande Salle, se faufilant entre deux Poufsouffle de cinquième année qui gloussèrent sur son passage. Lily soupira, s'assura que personne ne s'intéressait à ce qu'elle faisait et se décida à ouvrir le paquet. Elle ne savait pas trop ce qu'elle s'attendait à découvrir à l'intérieur mais elle fut quelque peu surprise d'y trouver une simple statuette en pierre de cinq ou six centimètres de haut. La petite sculpture, finement taillée, représentait un oiseau, aux ailes déployées, qu'elle identifia rapidement malgré l'absence de couleur sur la surface blanche du marbre dans lequel l'objet avait été créé : un phénix.
A peine avait-elle pensée cela que la surface polie se teinta aux couleurs rouge et or de l'animal. Elle écarquilla les yeux, interloquée. Elle ne comprenait pas la raison pour laquelle Dumbledore avait voulu lui confier cet objet, ni quelle pouvait bien être son utilité mais elle comptait bien prouver au vieux sorcier qu'elle était digne de ses attentes. Elle replaça l'oiseau de pierre dans son emballage et le glissa dans sa poche.
« Harry est déjà partit ? » s'étonna James en se laissant soudainement tomber sur la chaise voisine.
Lily tressaillit, prise au dépourvu par l'apparition soudaine du jeune homme mais elle eut un sourire et haussa les épaules.
«- Il a dit qu'il avait quelque chose à faire, soupira-t-elle.
- Je crois plutôt qu'il nous évite, rectifia sombrement le Maraudeur.
- Il ne m'en a pas donné l'impression, en tout cas. » objecta l'adolescente en fronçant les sourcils.
James voulu dire quelque chose mais fut coupé dans son élan par la grande claque dans le dos dont le gratifia Sirius en les rejoignant.
« Eh, non mais ça va pas ? s'indigna le Préfet-en-Chef de la bande en redressant machinalement ses lunettes qui avaient glissées sur son nez.
- Allez, hauts les cœurs, les tourtereaux, s'exclama joyeusement Sirius. On quitte Poudlard dans moins d'une semaine alors autant en profiter, non ? Et où est Harry ? s'étonna-t-il en remarquant son absence.
- Lui seul le sait, marmonna James. En parlant d'absence, Remus ne devrait pas tarder à revenir, non ?
- Oh, nous avons donc une occasion parfaite pour mettre au point notre petite surprise pour Harry, commenta Sirius. Et, ah, tiens, il semblerait bien que quand on parle du loup, il sort du bois. » ajouta-t-il en désignant l'entrée de la pièce.
Les autres Gryffondor de septième année se tournèrent vers la porte pour apercevoir, en effet, le lycanthrope de la bande alors qu'il s'avançait dans leur direction.
«- Fraise des bois, marmonna évasivement Harry à l'adresse du portrait de la Grosse Dame.
- Un fruit dont je raffole tout particulièrement, commenta le tableau en souriant.
- Ravi de l'apprendre. » soupira le jeune homme en franchissant le passage menant à la Salle Commune.
Trois jours s'étaient écoulés et Harry avait passé le plus clair de son temps à errer dans le château, seul, ou dans la Bibliothèque, sous le regard suspicieux de Madame Pince, à la recherche d'un quelconque moyen de percer l'énigme des pages blanches du "plus grand secret de Poudlard". Aux heures des repas, il préférait généralement trouver refuge dans la cuisine, en compagnie des Elfes de maison, même s'il lui était, une ou deux fois, arrivé de rejoindre les autres élèves de Gryffondor dans la Grande Salle. Au début, les Maraudeurs lui avaient posé des questions, déconcertés par ses absences prolongées ; James l'avait même pris à part au détour d'un couloir pour savoir s'il essayait de les éviter des suites de la conversation houleuse qui avait eu lieu dans la Salle Commune quelques jours plus tôt. Harry s'était contenté de réponses vagues et ses 'camarades' n'avaient plus insisté…, bien que Remus avait, du même coup, recommencé à lui adresser des coups d'œils méfiants à chaque fois qu'ils se trouvaient dans la même pièce.
Harry se figea, émergeant de ses réflexions, l'espace d'une seconde, tous les regards des élèves présents dans la Salle Commune se tournant aussitôt vers lui. Harry cilla, pris au dépourvu : ces derniers temps, la pièce était relativement déserte, les autres Gryffondor préférant profiter de la fin des examens pour s'attarder dans les couloirs, plutôt que de rester enfermer dans la Salle Commune. Il y eut quelques murmures parmi ses condisciples puis tous replongèrent dans leurs occupations respectives.
« Tu te joins à nous, Harry ? » proposa Sirius, depuis l'un des fauteuils les plus éloignés.
L'adolescent hésita l'espace d'une seconde et secoua négativement la tête.
«- Merci c'est gentil mais je n'ai pas vraiment envie de jouer aux échecs pour le moment, lâcha-t-il en remarquant le plateau de jeu posé sur une table entre Sirius, conseillé par Amy et Peter, et James, supervisé par Lily et Remus.
- Comme tu veux, répondit simplement James avant de reporter son attention sur son meilleur ami. C'est à toi de jouer, Sirius. »
Harry haussa un sourcil mais gagna vivement l'escalier en colimaçon menant aux dortoirs des garçons. Chemin faisant, il ne pu s'empêcher de songer au fait que, d'ici quelques jours, il foulerait à nouveau ces marches mais vingt ans plus tard. D'ici deux jours en fait, comme le lui avait expliqué Dumbledore quelques minutes plus tôt. Le vieux sorcier l'avait convoqué à son bureau afin de "mettre au point les modalités de son départ", pour reprendre l'expression du directeur : Il était autorisé à prendre part au festin de fin d'année mais il partirait dès le lendemain matin, depuis le bureau directorial, une heure avant que les autres étudiants ne partent pour Pré-au-Lard.
Penser à Dumbledore n'était, d'ailleurs, pas sans lui rappeler ce qu'il s'était passé quelques nuits plus tôt.
flash back
La panthère noire s'engouffra précipitamment dans le tunnel obscur. Des mandibules claquèrent rageusement à l'entrée du passage dans une tentative désespérée d'attraper le félin. Celui-ci s'était arrêté, hors de portée de l'araignée et écouta un instant les cliquetis furieux qui se répercutaient sur les parois de la galerie dans laquelle il se tenait à présent. Finalement, dans un claquement sec, Harry reprit sa forme humaine.
« Fichue bestiole. » marmonna-t-il.
Les Acromantulas lui avaient, encore une fois, fait la vie dure alors qu'il tentait d'accéder à la crypte. Mais grâce à sa forme animale, il avait, une fois de plus, réussi à se frayer un passage jusqu'au tunnel. Après avoir bu une gorgée de potions d'Aparencia, il ne s'attarda pas plus longtemps dans le sombre souterrain. Il atteignit rapidement la porte menant à la crypte et dont les lourds battants s'ouvrirent sur son passage. L'adolescent pénétra dans la salle principale, plongée dans l'obscurité la plus totale, de la structure souterraine. Il y eut un craquement sec et des torches fichées aux murs s'allumèrent, une par une, d'abord de part et d'autre de la porte puis jusqu'à l'autre extrémité de la salle. Seul le mur couvert par la tapisserie aux armes de Poudlard resté plongé dans la pénombre. Harry haussa les sourcils : c'était la première fois que la pièce s'éclairait spontanément sur son passage. En fait, jusqu'à présent, il n'avait même pas remarqué la présence des torches disséminées à travers la crypte…
Il ne savait pas ce qui l'avait poussé à se rendre en ces lieux, déjouant une fois de plus la vigilance des araignées géantes, mais, à présent qu'il était là, il avait bien l'intention d'en profiter pour la parcourir de fond en comble. Errant dans la salle principale, Harry s'attarda un moment devant la tenture qui occupait le mur du fond, étudiant chaque détail de l'objet à la lueur de sa baguette.
Quelque chose lui disait qu'elle n'était pas simplement là pour décorer, contrairement aux bannières qui encadraient les couloirs menant aux chambres funéraires des quatre fondateurs. D'autant plus que, à chaque fois qu'il s'était retrouvé là, son attention avait toujours, à un moment ou à un autre, été attiré par la haute tapisserie.
« Tu es encore là, Harry ? »
Oh, une étrange impression de déjà-vu ! Harry se retourna et fit face à un Albus Dumbledore hautement amusé. Cette fois, Harry comprit rapidement à qui il avait à faire, en observant le vieux sorcier négligemment adossé contre l'autel qui occupait le centre de la pièce. Il y eut une petite détonation et Fumseck surgit dans la pièce, saluant l'adolescent d'un cri enthousiaste.
«- Je vois que votre précédente visite à cette époque vous a plû, professeur, plaisanta Harry en esquissant un sourire légèrement désabusé.
- On peut dire ça comme ça, reconnu le directeur en s'avançant vers lui. Tout comme je constate que tu as trouvé un moyen d'annuler le sort auquel mon autre moi t'avais soumis. »
Harry afficha un sourire coupable.
«- C'était un accident, la première fois.
- Oui, confirma Dumbledore. Tu en avais parlé à mon autre moi. Néanmoins, je suppose que tu as tout aussi 'accidentellement' oublié de mentionner que James t'avait vu sous ta véritable apparence. »
Harry évita soigneusement de croiser le regard du vieux sorcier. Il ne savait pas comment son mentor avait appris ce détail mais il pouvait donc s'interroger sur ce que Dumbledore connaissait d'autre sur ses petites 'libertés' vis-à-vis de la ligne temporelle.
«- Je ne pouvais pas faire autrement, ce soir-là, se défendit l'adolescent.
- Mais ton initiative de te faire passer pour James face à Voldemort vous a probablement sauvé la vie, tempéra l'adulte. Ceci dit, je suppose que c'était toi, aussi, qui a joué en tant qu'Attrapeur contre les Serpentard. Et cela toujours sous ta véritable apparence, et, je suppose, la collaboration de James. »
Harry hésita une brève seconde et finit par acquiescer d'un signe de tête.
«- Comment ? s'enquit le vieux sorcier.
- Vous… Enfin, le vous de cette époque, m'a parlé de… »
Dumbledore eut un sourire compréhensif.
« La potion d'Aparencia, complèta-t-il posément. Je pense pouvoir affirmer sans me tromper que James t'a aidé à la réaliser. »
Nouveau hochement de tête du jeune homme.
« Brillant, exceptionnellement brillant, commenta Dumbledore dans un murmure à peine audible. Quel dommage qu'Alexis n'ait jamais voulu reconnaître le potentiel des Gryffondor en Potions. »
Harry se risqua à jeter un regard en coin au vieil homme qui, fidèle à lui-même, souriait avec bonne humeur.
«- Vous n'êtes pas fâché ? s'étonna Harry.
- Non, pourquoi ? répliqua Dumbledore. Je devrais l'être ? »
Harry grimaça et s'apprêtait à répondre lorsque le sourire moqueur du directeur l'interpella.
« Vous le saviez ! s'exclama l'adolescent. Vous saviez que je me montrerais sous ma véritable identité ? »
Le sourire du vieux sorcier s'élargit.
«- On peut dire ça comme ça, reconnu-t-il.
- Comment ? »
Dumbledore se lissa distraitement la barbe.
« Il se trouve que, deux mois avant ta naissance, ton père est venu me voir, avoua-t-il. Il appréhendait quelque peu le fait de voir sa famille s'agrandir et les responsabilités qui en découleraient. Il m'a, ce jour-là, demandé mon avis sur les éventuelles conséquences qui pourraient subvenir dans le futur s'il modifiait certaines choses. Il n'a pas voulu m'en dire plus sur les raisons de sa question mais, après ton petit 'accident', j'ai fini par comprendre que, d'une façon ou d'une autre, James avait appris certaines choses te concernant durant ton petit séjour dans le passé. »
Harry ne répondit pas et le silence s'instaura. Dumbledore sifflota distraitement tout en parcourant la crypte du regard.
« Je n'aurais pas à t'amener ici lorsque tu reviendras chez nous, commenta-t-il au bout d'un moment. Tu as déjà été initié au secret de la Crypte de Poudlard. »
Harry se contenta d'approuver d'un signe de tête.
« Mon moi passé se chargera de montrer ces lieux à James, en temps et en heure, précisa Dumbledore. Il est de tradition que les directeurs de l'école présentent, eux-mêmes, cet endroit aux élèves descendants de l'un des quatre fondateurs. »
Harry ne répondit pas, se demandant où le vieux sorcier voulait en venir. Il n'était quand même pas venu à cette époque dans le seul but de lui parler de tout et de rien… Fumseck laissa soudain entendre un cri impatient, interrompant son propriétaire dans ses explications.
« Je parle, je parle, et je ne vois pas le temps passer, commenta-t-il en souriant. Comme tu dois t'en douter, Harry, je ne suis pas uniquement venu pour te parler de tes actions à cette époque. En fait, je voulais te confier une petite mission. »
Harry fronça les sourcils, déconcerté, alors que Dumbledore sortait un paquet de petite taille de l'une des poches de sa robe.
«- Quel genre de mission ? s'enquit-il, intrigué.
- Donner ceci à Miss Evans, répliqua le vieux sorcier en lui confiant l'objet. Je compte sur ta discrétion pour le lui remettre, bien sûr. Elle saura le mettre en lieu sûr et l'utiliser à bon escient. »
Harry avait regagné le dortoir depuis plus d'une demi-heure lorsque la porte s'ouvrit soudainement, l'arrachant à ses réflexions. Il leva à peine les yeux vers l'arrivant qui n'était autre qu'un Sirius Black tout sourire.
« Eh, Harry ! lança-t-il joyeusement. Une partie de bataille explosive, ça te dis ? »
Harry secoua négativement la tête, tendant distraitement le bras pour prendre le livre posé sur sa table de chevet.
«- Oh, allez ! insista Sirius. C'est juste pour vous mettre la pâté, à James et toi, avant qu'on ne quitte tous Poudlard.
- Vous pourrez toujours y jouer dans le Poudlard Express, répliqua évasivement Harry tout en ouvrant le volume au hasard.
- Oui mais toi, tu seras déjà partit. C'est contre toi, surtout, que je veux jouer. Alors viens ! Ou je t'emmène de force. »
Harry eut un sourire amusé.
«- Alors là, je doute fort que tu y parviennes.
- Mouais, reconnu Sirius. C'est clair que si tu arrives à échapper à Voldemort, je ne serai pas de taille à te tenir tête. Bon, alors, tu veux bien venir ? Juste pour une partie ! »
Harry hésita, fixant longuement le Maraudeur. Finalement, il soupira et referma son livre.
« Ok, mais juste une partie. »
Sirius esquissa un large sourire.
« Super ! »
Harry fut vaguement surpris par l'enthousiasme du Maraudeur mais il le suivit, malgré tout, hors du dortoir. Il avait à peine mis un pied dans la Salle Commune que…
« SURPRISE ! »
Harry se figea, abasourdi. Quand il était passé, un peu plus tôt, il n'y avait rien d'inhabituel, et là, la Salle Commune était bondée. Tous les Gryffondor étaient rassemblés dans la pièce, ainsi qu'une partie des Poufsouffle et même quelques Serdaigle. Sans compter que des banderoles avaient été suspendues à travers la pièce.
«- Oh, alors, c'était un complot organisé ? ironisa Harry à l'attention du Maraudeur qui l'accompagnait.
- Ouais, confirma fièrement Sirius. On s'est dit qu'il fallait faire quelque chose pour ton départ. Après tout, nous te devons tous beaucoup. Même les Poufsouffle et les Serdaigle le pensent, comme tu peux le constater par toi-même, ajouta-t-il en désignant la foule de la main.
- Mais, il ne fallait pas vous…
- Bien sûr que si, rétorqua le Maraudeur en le poussant catégoriquement dans la salle bondée.
- Et voilà le héros du jour, s'exclama Amy lorsque Sirius eut entraîné Harry, plus ou moins contre son gré, jusqu'au centre de la pièce.
- Tu as réussi à le convaincre de descendre, alors, observa Lily en souriant largement.
- Un jeu d'enfant, se vanta aussitôt Sirius.
- Tu parles, se moqua Harry. Et vous avez préparé tout ça en trente minutes ? s'enquit-il en jetant un regard autour de lui, s'attardant sur les tables surchargées de plats et boissons diverses qui occupaient un coin de la salle.
- Et tout cela avec l'accord de Dumbledore et McGonagall, précisa nonchalamment Remus.
- Et des responsables des deux autres maisons, renchérit James. Le mot de passe a même été modifié pour l'occasion.
- Vous avez pensé à tout, alors, commenta Harry en souriant légèrement. Mais ce n'était vraiment pas là peine…
- Tu veux rire ? répliqua James en croisant les bras. Nous te devons tous beaucoup.
- Nous aurions tous pu être tué lors du dernier match de Quidditch, intervint Summer en se joignant au petit groupe. Si tu n'avais pas pris les décisions qu'il fallait, en t'exposant, toi, à ces Cognards, peut-être y aurait eu plus de victimes. Seules des blessures ont été à déplorer, et cela grâce à toi. »
Harry haussa les épaules, gêné.
«- De toute façon, il fallait que quelqu'un attrape le Vif d'or pour pouvoir terminer le match.
- En tout cas, Calaway, sache que, même si tu n'avais pas réussi à l'attraper, nous vous aurions, quand même, laissé la coupe. Pour le courage dont vous avez fait preuve durant le match. »
Harry haussa un sourcil, surpris par la déclaration du capitaine de Poufsouffle.
« Euh…merci. »
Alexis McAllister et Christopher Thomas, les Attrapeurs de Serdaigle et Poufsouffle, se mêlèrent au petit groupe.
«- Ca a été un honneur de jouer contre vous, les gars, et surtout contre toi, Calaway, assura Christopher. Tu es vraiment un joueur de talent, comme on en voit peu.
- Je crois que cette saison restera dans les annales de l'école, observa Alexis. Non seulement pour vos performances sur le terrain mais surtout pour la bravoure dont vous avez fait preuve. »
Harry s'agita légèrement, gêné, et ses camarades se hâtèrent de lui 'venir en aide'.
«- Eh, Summer, vous embarrassez le héros de la soirée avec vos compliments, lança Sirius en gratifiant Harry d'une claque dans le dos. C'est un grand modeste, le Harry.
- D'ailleurs, maintenant qu'il est là, la fête peut ENFIN commencer ! » annonça joyeusement James en tapant dans ses mains pour instaurer le silence dan la salle.
Tous les regards se tournèrent vers eux, les conversations s'interrompant peu à peu. Harry s'agita nerveusement, alors que ses camarades affichaient des sourires triomphants.
«- Avant tout je tiens à vous remercier, tous autant que vous êtes, d'être venu à cette petite fête. Harry le mérite réellement, quoi qu'il puisse dire sur le sujet, commença James en jetant un regard moqueur au concerné. Depuis qu'il est arrivé ici, bien des choses ont changé. Plus d'une fois, il s'est mis lui-même en danger pour sauver les autres. Personnellement, je ne serais peut-être pas là, à l'heure actuelle, si Harry ne m'avait pas, plus d'une fois, tiré des mauvais pas dans lesquels je m'étais fourré. Je lui dois beaucoup, plus encore que vous ne pouvez l'imaginer. Non content d'être un Attrapeur hors du commun, il s'est révélé être un ami fidèle et dévoué, plein d'entrain, ingénieux…
- Tu pourrais aussi préciser 'à éviter quand il se met en colère', commenta Sirius en ricanant et en s'attirant du même coup le regard noir du voyageur temporel.
- Et quoi qu'en disent certains, Harry est avant tout une personne en qui on peut avoir confiance, en toutes circonstances. Il a toujours fait preuve d'un courage sans pareil, toujours prêt à intervenir en cas de besoin… ou à régler leur compte aux Serpentard, poursuivit le Préfet-en-Chef sans prêter la moindre attention à l'interruption de son meilleur ami en en arrachant quelques rires aux élèves présents dans la salle. Sans parler de ses performances sur le terrain de Quidditch qui ont, une fois de plus, mis Gryffondor à l'honneur.
- A l'entendre, on dirait que je suis mort, marmonna Harry, gêné. Je me serais bien passé du discours élogieux post mortem. »
Sirius, près de lui, éclata de rire à son commentaire. Tous les regards se tournèrent aussitôt vers lui.
« Eh, Jamesie, je crois que Harry préfèrerait qu'on abrège les discours élogieux, lâcha-t-il avec entrain. On est là pour s'amuser, après tout ! »
Le Préfet-en-Chef haussa les sourcils mais acquiesça d'un signe de tête et fit un geste de la main. Aussitôt, de la musique retentit dans la pièce, annonçant ainsi le début de la soirée. Amy tira un appareil photo de l'une des poches de sa robe et profita du fait que ses camarades étaient tous rassemblés pour prendre une photo, avant que chacun ne se disperse pour se mêler aux autres invités de la soirée.
La soirée s'étant prolongée jusqu'à très tard (ou très tôt selon les points de vue), et cela bien après le départ des élèves des autres maisons aux alentours de minuit, les Gryffondor avaient rencontré quelques difficultés à se réveiller de bonne heure le lendemain matin. Sirius avait, d'ailleurs, émergé en bon dernier vers une heure de l'après-midi. Profitant du temps particulièrement clément en cette fin de juin, les élèves avaient tous fuit le château pour envahir les pelouses du parc.
Les Gryffondor de septième année s'étaient installés près du lac, à bonne distance d'un petit groupe d'élèves de deuxième année qui se livraient à une bataille d'eau sur la berge. Peter, penché sur un parchemin, marmonnait, à la recherche d'une inspiration quelconque, tandis que Remus était plongé dans la lecture de l'exemplaire du jour de la Gazette des Sorciers. Amy, elle, se concentrait sur l'esquisse au crayon d'un arbre qui se dressait, solitaire, près de la vaste surface aquatique. Tous trois étaient supposés arbitrer au concours de lancer de galet auquel Harry et Sirius se livraient, près de l'eau, pour voir qui ferait le plus grand nombre de ricochet. Aucun d'eux ne se préoccupaient des activités des deux Préfets-en-Chef qui se tenaient un peu à l'écart de leurs camarades. Au bout d'un moment, Lily, blottie contre son petit ami, ferma le roman moldu qu'elle lisait jusque là et le glissa dans son sac, avant d'en tirer une pochette de photos prise la veille.
«- Vous les avez déjà développées ? s'étonna James.
- Amy n'avait pas vraiment le choix, puisque Harry part bientôt, répliqua Lily en étudiant l'un des clichés. Comment la trouves-tu, celle-là ? »
James prit la photo qu'elle lui montrait, pour la voir plus en détail, et fit une petite moue.
«- Bof, et en plus, il y a Peter… Tu sais aussi bien que moi que…
- Oui, c'est vrai, approuva Lily. Remus lui pose assez de problème à cause de ses rapports avec lui. Tu as réussi à savoir pourquoi ? »
James secoua négativement la tête.
«- Non, et Harry n'a jamais voulu en parler. Je…J'ai préféré ne pas insister parce que…, commença-t-il avant de s'interrompre. Apparemment c'est un sujet délicat.
- Je me demande bien ce qui a pu se passer entre eux, insista pensivement Lily en parcourant d'autres photos du regard. Celle-ci, alors ?
- Je ne pense pas que Harry apprécierait d'apprendre que Sirius s'amusait à lui faire des 'oreilles d'ânes' durant la soirée, rétorqua évasivement James. En tout cas, quoi que Peter ait pu lui faire, ça a dû être horrible. »
Lily leva les yeux vers lui.
« Il n'est pas d'un naturel rancunier. Du moins, il ne m'en donne pas l'impression. Et puis, je ne pense pas que… notre fils puisse avoir ce trait de caractère de façon innée. »
James acquiesça d'un signe de tête.
« Depuis qu'il est ici, Harry n'a jamais manifesté la moindre antipathie, mis à part face à Voldemort ou les Serpentard mais… » commença-t-il avant de s'interrompre soudainement.
Lily lui jeta un regard en coin, intriguée, mais il secoua la tête et s'empara des photos qu'elle avait en main, lui arrachant un cri de protestation.
«- Eh ! s'indigna-t-elle. Rends-moi ça !
- Ca ira plus vite si c'est moi qui choisi, riposta James en tenant les clichés à bout de bras. Ce ne serait que justice puisque c'est toi qui…
- Ok, ok, très bien, le coupa précipitamment Lily en jetant un bref regard aux autres. Espèce d'idiot ! Et s'il t'avait entendu ? »
James leva les yeux au ciel, tout en gardant les photos hors de portée de la jeune fille, avant d'observer ses amis qui poursuivaient leurs activités.
« Je doute fortement qu'il puisse avoir entendu quoi que ce soit de notre discussion, Lily, lâcha-t-il finalement tout en étudiant prudemment le cliché qui surmontait la pile de photographies qu'il avait toujours en main. Seul Remus aurait pu le faire, et encore. »
La Préfète-en-Chef se contenta d'un rapide coup d'œil en direction du lycanthrope de la bande avant d'esquisser une moue désappointée.
« D'accord, ça va, tu as gagné, soupira-t-elle en se calant négligemment contre lui. Tu peux choisir la photo. »
James haussa un sourcil puis sourit largement.
« Comme si j'avais besoin de ta bénédiction pour ça, se moqua-t-il avant de rejeter brutalement la tête en arrière pour éviter la main de la demoiselle. Il te faudra faire mieux que ça, petite tigresse. » la nargua-t-il.
Elle se contenta de lui tirer la langue et lui pinça le bras, lui arrachant un cri de douleur.
«- Bien fait, s'exclama-t-elle, satisfaite.
- Ca fait mal ! se plaignit son petit ami.
- Chochotte. » riposta-t-elle, moqueuse.
Elle concéda cependant à se redresser légèrement, pour déposer un bref baiser sur la joue du Maraudeur.
« Tu es vraiment un grand crétin mais je t'aime comme tu es. » commenta-t-elle en revenant se lover contre lui, la tête au creux de son cou.
James eut un sourire et passa son bras libre, et pincé, autour des épaules de la jeune fille.
« Je t'aime aussi, malgré ton sale caractère. » murmura-t-il en passant la main dans les cheveux auburn qui s'offraient à lui.
Un moment de silence s'ensuivit alors qu'il reportait son attention sur les clichés, Lily blottit paresseusement contre lui, les yeux fermés. Sur la berge du lac, Sirius et Harry, rapidement rejoints par Amy, avaient mis fin à leur concours de ricochet et jouaient à présent avec un Souaffle qu'ils s'étaient procurés Merlin savait où. Après quelques réticences, Remus et Peter finirent par se joindre à leur partie. Le lycanthrope se retrouvant à faire équipe avec Harry, face à Sirius et Amy, tandis que Peter comptait les points.
« Tiens, j'aime bien celle-là. » déclara finalement James en montrant le dernier cliché du paquet à sa petite amie qui ouvrit aussitôt les yeux.
Celle-ci eut un sourire malicieux.
«- Je savais que tu dirais ça, observa-t-elle. J'ai fait exprès de la mettre à la fin du paquet.
- Oh parce que tu savais que… Je ne te savais pas manipulatrice, Lily, répliqua James, déconcerté.
- Il y a encore bien des choses que tu ignores à mon sujet, mon cher, répliqua-t-elle en adoptant un sourire charmeur.
- Ah oui ? »
Sans crier gare, il la fit basculer en arrière et se retrouva au-dessus d'elle, les genoux de part et d'autre de sa taille, retenant ses mains de l'une des siennes. Il eut un sourire carnassier tout en glissant les photos dans l'une de ses poches.
«- On fait quoi, maintenant, miss Evans ? la taquina-t-il en se penchant vers elle, son visage à quelques centimètres du sien.
- A toi de me le dire, Jimmy. »
Cela faisait un moment qu'elle n'avait plus employé ce surnom-là. Il sourit un peu plus, son nez effleurant à présent celui de la jeune fille dont il retenait toujours les mains. Ils se fixèrent un instant, sans un mot, et Lily releva finalement la tête, s'emparant des lèvres du jeune homme qui répondit au baiser sans se faire prier. Il relâcha l'un des poignets de la jeune fille pour venir entremêler ses doigts à ceux de la main droite de sa camarade, alors qu'elle venait enfouir sa main libre dans les cheveux en bataille du Maraudeur.
Il finit par interrompre le baiser et resta un moment à la fixer, l'air grave.
« James ? » souffla-t-elle finalement, troublée par son expression.
Il inspira.
« Lily, je me demandais… Est-ce que tu… »
Il fut brutalement interrompu par un coup dans les côtes. La balle rouge qui en était la cause retomba dans l'herbe et roula quelques secondes avant de s'arrêter.
«- James, ça va ? s'inquiéta Lily.
- Oh ! désolé, Jamesie, elle m'a échappé, s'exclama la voix, moqueuse, de Sirius.
- Black ! T'es un homme mort ! » s'écria soudainement le Préfet-en-Chef en se redressant promptement (en faisant, quand même, attention à la jeune fille), avant de se ruer vers son meilleur ami qui ne se privait pas pour rire de cet incident.
Lily se redressa à son tour, assise dans l'herbe. Les autres riaient allègrement alors que James poursuivait son 'meilleur ami' dans le parc en lui hurlant toutes sortes de menaces. Elle fut vaguement surprise de voir Harry et Remus se taper dans la main, en signe de connivence : apparemment, ils avaient, eu aussi, leur part de responsabilité dans l'incident du Souaffle. La jeune fille ne pu s'empêcher de sourire face à ce geste de complicité qui prouvait que même le lycanthrope, malgré tous ses doutes, avait fini par faire confiance au voyageur temporel.
Rien n'était jamais perdu. Tout pouvait finir par s'arranger : Ce n'était qu'une question de temps… et de patience.
Elle se leva et alla ramasser la balle rouge qui traînait, toujours, dans l'herbe et, sans prévenir, la lança sur les garçons. Ils n'allaient pas s'en sortir à si bon compte, oh non !
A la table des Gryffondor, une grande agitation régnait alors que les élèves finissaient de prendre place. Les étudiants de septième année, fraîchement diplômés (la cérémonie avait eu lieu un peu plus tôt dans la journée, avec les familles des élèves concernés), discutaient avec animation, non sans jeter de fréquents regards vers la grande porte, où James s'entretenait avec Dumbledore.
« Je me demande bien ce qu'il prépare, commenta Sirius en se tordant le cou en s'efforçant de mieux voir ce que faisait son meilleur ami. Quelqu'un a une idée ? »
Les autres secouèrent négativement la tête.
« On ne va pas tarder à le savoir, en tout cas, répliqua paisiblement Remus. Il revient. »
En effet, le meneur des Maraudeurs venait de prendre congé du vieux sorcier et il rejoignait, à présent, ses camarades, un léger sourire aux lèvres.
«- Alors ? s'enquit Sirius alors que le Préfet-en-Chef arrivait à leur hauteur.
- Alors quoi ? répondit-il innocemment.
- Qu'est-ce que tu as demandé à Dumbledore ? »
James eut un sourire énigmatique et s'installa entre son meilleur ami et Lily, lui prenant la main au passage.
« Vous verrez bien. » répliqua-t-il avant de lever brièvement les yeux vers le plafond de la Grande Salle.
Le silence se fit progressivement alors que le directeur de Poudlard prenait place à la table des professeurs, où il s'entretint brièvement avec le professeur McGonagall, avant de reporter son attention, l'air amusé, sur la masse des élèves. Quelques retardataires, principalement des Serpentard (qui adressèrent un regard venimeux en direction des Maraudeurs qui ricanèrent en repensant à la blague qu'ils avaient concoctée à l'attention des Langues de Vipère au cours de la cérémonie de remise de diplômes), se glissèrent vivement dans la vaste pièce pour rejoindre leur table respective.
« C'est moi ou Avery a encore de la pâte à crêpes dans les cheveux ? » murmura Amy à l'adresse de ses camarades.
Aucun d'eux n'eut le temps de répondre car, au même instant, Dumbledore se leva et instaura, par ce geste, un silence absolu.
« Une nouvelle année s'achève, avec une excellente promotion qui, j'en suis sûr, restera longtemps dans les annales de Poudlard, commenta-t-il en souriant. Je sais que vous êtes, tous, heureux de vos résultats, mais je voudrais solliciter encore un moment votre attention, avant de vous laisser profiter pleinement du festin qui va suivre. »
Toujours le même silence attentif des élèves. Le vieux sorcier eut un sourire.
« Je disais donc qu'une nouvelle année s'achève. Une année qui s'est révélée particulièrement mouvementée, riche en moments de joie mais aussi, à mon plus grand regret, d'évènements bien plus sombres. »
Moment de silence, lourd en sous-entendu.
« Néanmoins, nous sommes réunis aujourd'hui pour aller de l'avant et célébrer la fin de cette année bien particulière pour bon nombre d'entre vous. En effet, dès l'année prochaine, le calme reviendra enfin dans l'enceinte du château, avec le départ de nos redoutables 'perturbateurs' bien connus de Gryffondor qui, pendent leurs sept années passées à Poudlard, ont pris un malin plaisir à défier le règlement et à détendre l'atmosphère, commenta Dumbledore avec un amusement plus ou moins partagé par les autres membres du personnel du château. Merci donc à Messieurs Black, Lupin, Pettigrow et Potter pour leurs nombreux moments de, hum, 'égarement' qui ne seront, probablement, jamais égalés. Même si, il faut bien le reconnaître, leurs manigances n'auront pas toujours fait l'unanimité. »
Tous les regards se portèrent machinalement vers la table des Serpentard, avant de revenir sur le vieux sorcier.
« Je voudrais aussi porter une attention particulière à un autre élève de Gryffondor : Monsieur Calaway qui, plus d'une fois, a fait preuve d'un courage hors du commun, mettant souvent sa vie en danger pour venir en aide aux autres. »
Harry s'agita nerveusement, gêné, alors que des acclamations se faisaient entendre dans presque toute la Grande Salle. Dumbledore sourit largement, amusé, et leva les mains pour ramener le silence dans la pièce.
« Je vois que vous êtes nombreux à partager mon avis. De ce fait, j'accorderais volontiers cinquante points à Gryffondor pour la bravoure, et l'audace, dont il a fait preuve cette année. Ce qui, j'en suis sûr, lui servira grandement à son retour chez lui, reprit-il avec bonne humeur. Ceci m'amène à un tout autre sujet : Suite à la périlleuse démonstration de Mr Calaway sur le terrain de Quidditch, la Coupe n'avait pu être attribuée, cette année encore, à l'équipe gagnante à l'issue du match. »
Quelques murmures s'élevèrent lorsque Rusard sortit de la pièce située derrière la table des professeurs pour déposer le trophée en question devant le directeur de l'école avant de repartir de plus belle.
« Je vais donc profiter de l'occasion pour réparer cet oubli en le remettant, comme il se doit, à la maison qui mérite ce prix pour la sixième année consécutive : Gryffondor ! »
Sous les cris et acclamations des autres élèves de leur maison, les joueurs de l'équipe gagnante rejoignirent la table des enseignants. Là, Dumbledore remis la Coupe au Capitaine qui la souleva au-dessus de sa tête pour la montrer à tous, sous les applaudissements nourris des étudiants de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle. Sirius sauta sur l'occasion pour improviser un petit hymne de victoire :
"Les Gryffondor
sont médaille d'or,
les Serpentard
prennent le placard !
Les rouges et or
sont les plus forts,
les verts et argent
s'en prennent plein les dents !"
Sa prestation s'acheva sous les huées des concernés.
« Merci, Mr. Black, commenta aimablement Dumbledore en ramenant à nouveau le silence alors que les sept joueurs regagnaient leur table. Cette formalité accomplie, nous allons passer, si vous le voulez bien, à la remise de la Coupe des Quatre Maisons. »
Quelques murmures se firent entendre parmi la foule des élèves. Les professeurs demeuraient impassibles, attendant l'annonce des résultats. Dumbledore se passa la main dans la barbe, apparemment amusé. Finalement, il s'éclaircit la gorge et reprit la parole.
« Bien, commença-t-il. A la quatrième place, nous avons les Serpentard, qui, à mon plus grand regret, n'ont eu de cesse de dégringoler dans le classement cette année, avec cent vingt et un points. »
Silence pesant parmi les élèves concernés. Les Langues de Vipères adressèrent un regard noir en direction des Maraudeurs, les principales causes de leurs nombreuses pertes de points. Sirius leur répliqua par un large sourire innocent avant que les Serpentard ne choisisse d'adopter un profil bas.
« A la troisième place, Poufsouffle, avec deux cent quatre-vingt-quatre points, reprit Dumbledore. A la seconde place, avec trois cent trente-cinq points, Serdaigle. Et, à la première place, cette année encore, les Gryffondor dont le courage a largement contribué à leurs trois cent quatre-vingt-dix-huit points amassés cette année. »
Des acclamations s'élevèrent à la table de la maison gagnante, pour la sixième fois consécutive.
« Oui, reprit finalement Dumbledore en s'efforçant de faire revenir le calme. Oui, je comprends parfaitement votre joie pour cette victoire tout particulièrement méritée. Néanmoins, je vous demanderais, à tous, de m'accorder encore un peu d'attention. »
Il fallut encore quelques instants avant que le calme parmi les élèves des quatre maisons de Poudlard.
« Merci, approuva le vieux sorcier en souriant. Sur ce, et avant de pouvoir entamer le festin de fin d'année, je crois que votre Préfet-en-Chef aimerait prendre la parole. Je demanderais donc à James Potter de bien vouloir revenir ici. »
Tous les regards se tournèrent vers le concerné. Celui-ci paru soudain mal à l'aise mais, face aux expressions intriguées de ses camarades, il finit par quitter la table des Gryffondor, l'air plus tendu que jamais. Sirius adressa un regard interloqué à Lily qui haussa les épaules, aucun d'eux ne connaissant la raison de sa tension soudaine alors qu'il traversait la Grande Salle pour rejoindre la table professorale. Quelques commentaires, échangés à voix basse par les autres élèves, se firent entendre sur son passage alors que tous s'interrogeaient sur la raison de son intervention à venir.
Face au personnel enseignant de l'école, James croisa un bref instant le regard du directeur. Le vieil homme sourit et inclina la tête, comme pour l'inciter à poursuivre son initiative. Le Maraudeur inspira et finit par se retourner vers la masse des étudiants qui le fixaient tous, dans l'expectative de ce qui allait suivre. Il hésita encore un instant, leva à nouveau les yeux vers le plafond dans un geste machinal puis il reporta son attention sur son auditoire. Il s'éclaircit la gorge et prit la parole.
« Avant de vous dire quoique ce soit, puisque je n'étais pas le seul à assumer cette fonction, j'aimerai que la Préfète-en-Chef de Gryffondor se joigne à moi. »
Tous se retournèrent vers l'intéressée qui rougit légèrement. Elle se leva cependant et rejoignit le Maraudeur près de la table des professeurs : la plupart d'entre eux affichaient une expression d'attente polie. Néanmoins, la directrice de Gryffondor semblait plutôt méfiante, face à l'initiative de James, tandis que le professeur Krayak semblait totalement agacé par la situation et tapotait impatiemment des doigts la table. Lily se tourna vers son petit ami.
« Je n'ai pas prévu de dire quoi que ce soit, moi. » lui souffla-t-elle, apparemment peu convaincue par la perspective d'avoir à improviser un discours face aux autres.
James eut un sourire qui se voulait rassurant.
« Ne t'en fais pas pour ça, je me charge de tout ! assura-t-il en lui prenant la main, avant de s'adresser aux autres élèves. Ne vous en faites pas, je serais bref… Même si, de toute façon, la plupart d'entre vous n'écoutera pas un mot de ce que je vais dire. »
Il y eut quelques murmures dans la salle.
« Bon nombre de personnes ont sûrement été surpris par ma nomination en tant que Préfet-en-Chef. J'en ai, d'ailleurs, été le premier surpris, ajouta-t-il. Je suppose que c'est la raison pour laquelle le professeur Dumbledore m'a désigné, moi parmi tant d'autres, pour assurer cette fonction, mais ça m'a permis de comprendre bien des choses, de devenir un peu plus responsable,… Bref, de grandir un peu ! Même si je pense que je resterai toujours un peu gamin sur les bords : je suis comme ça et c'est tout. »
Il y eut quelques murmures dans la foule, chacun se demandant où il voulait en venir.
« Mais cette nomination m'a aussi permis de trouver quelque chose que je ne pensais jamais obtenir : Pour la première fois depuis des années, j'ai enfin pu avoir un peu de considération de la part de la Préfète-en-Chef ici présente. Enfin, ça et un certain nombre d'autres choses. » rectifia-t-il.
Lily lui jeta un regard en coin, déconcertée. James se passa la main sur la nuque, hésitant à nouveau, avant de poursuivre.
« Vous vous demandez probablement tous où je veux en venir, commenta-t-il en souriant faiblement. Et bien, après avoir longtemps tergiversé, si je suis devant vous actuellement, ce n'est pas pour vous faire un discours barbant dont vous n'aurez que faire. Mais plutôt pour vous prendre, tous, à témoin pour quelque chose qui me tient tout particulièrement à cœur. »
Quelques murmures s'élevèrent, rapidement suivit d'un silence pesant. A la table des Gryffondor, les élèves de septième année échangèrent un regard surpris.
« James ? s'enquit Lily d'une voix incertaine. Qu'est-ce que tu… »
Il l'interrompit d'un geste de la main et se redressa, comme pour défier la foule des élèves de le contredire.
« Je sais ce que certains vont dire : que c'est irréfléchi, que nous sommes trop jeunes pour ça… Mais moi, je veux tenter le coup ! Je suis sûr que cette fois sera la bonne. »
Harry haussa les sourcils, commençant à voir où le meneur des Maraudeurs voulait en venir. Sirius esquissa un mouvement de tête approbateur, appréciant apparemment l'audace dont son meilleur ami faisait preuve. Remus se contenta d'un petit sourire.
« Il va vraiment faire ce que je pense ? » murmura Amy, à l'adresse des garçons.
Aucun ne répondit, tous les regards étant à présent braqué sur les deux Préfets-en-Chef. Faisant face à sa petite amie, James s'apprêtait à dire quelque chose lorsqu'un hululement sonore se fit entendre. Tous levèrent les yeux vers la chouette effraie qui jaillit soudainement dans la Grande Salle, l'air pressée. La porte s'ouvrit à la volée sur un concierge furieux, une fiente fraîche dégoulinant sur le sommet du crâne, qui vociférait au sujet des hiboux qui ne respectaient pas les horaires pour déposer le courrier. Des éclats de rire s'élevèrent aussitôt à travers la pièce.
« Eole ! » s'exclama le Préfet-en-Chef, apparemment soulagé, alors que le rapace plongeait dans sa direction.
Passant au-dessus de son propriétaire, l'oiseau lâcha le paquet qu'il tenait entre ses serres et repartit sans demander son reste, toujours poursuivit par Rusard, alors que James attrapait adroitement le petit colis. Face à l'amusement général qu'avait provoqué l'apparition inopiné du hibou chassé par le vieux Cracmol, Dumbledore dû intervenir pour ramener le calme dans la salle.
« Après cette interruption divertissante, il me semble que Mr. Potter a encore quelque chose à faire. »
Le Maraudeur parut soudain nerveux, alors que l'attention générale revenait sur lui. Il ouvrit finalement le colis qu'Eole venait de lui apporter et en sortit une petite boite, longue et mince, qu'il tendit à la jeune fille qui rougit fortement.
«- James, ne me dis pas que…
- Ouvre-la d'abord. » lui suggéra-t-il doucement, sans la quitter des yeux.
Les doigts tremblants, alors qu'un silence tendu régnait dans la salle, elle obtempéra et eut la surprise d'y découvrir une rose d'or, sertie de petites pierres précieuses, placée dans un écrin de velours.
« C'est…c'est magnifique. » murmura-t-elle au bout d'un moment de contemplation.
Il y eut quelques chuchotements intrigués dans la pièce. James eut un sourire malicieux.
« Tu n'as pas encore tout vu, lui glissa-t-il. Souffle dessus. »
Lily haussa les sourcils, hésita un instant, puis sortit précautionneusement la fleur de sa boite. Elle jeta un bref regard à son petit ami avant de souffler légèrement sur les pétales, clos, de la rose. Presque aussitôt, les pétales frémirent et, à la stupéfaction générale, s'ouvrirent lentement. Un 'oooooooooooh' admiratif se fit entendre parmi les élèves les plus proches et les professeurs, alors que Lily écarquillait les yeux en découvrant ce que cachait, jusque là, les pétales.
Après un instant de flottement, James pris doucement la rose d'or des mains de la jeune fille et la replaça dans son écrin. Il déposa la boite par terre, s'agenouilla face à une Lily plus troublée que jamais et lui prit les mains. Dans la Grande Salle, chacun retenait son souffle, attendant ce qui allait suivre.
« Lily, je sais que je ne suis vraiment pas parfait mais veux-tu m'épouser ? »
Il y eut un long moment de silence alors qu'elle pâlissait considérablement, sous le coup de l'émotion, à sa demande. Elle esquissa finalement un sourire incertain, les yeux brillants.
« Je…j'étais loin de m'attendre à ça, quand tu m'as dit de te rejoindre, commenta-t-elle en se mordant les lèvres. Mais…. Oui ! » répondit-elle finalement, le feu aux joues, dans un souffle à peine audible.
Il y eut quelques murmures dans la salle. James, déstabilisé par son absence de réponse immédiate, mis un certain temps à réaliser ce qu'elle venait de dire.
«- Oui ? répéta-t-il.
- Oui ! s'exclama-t-elle en riant, les larmes aux yeux. Oui ! »
James n'eut pas besoin de se le faire répéter une fois de plus alors qu'il se relevait d'un bond, un grand sourire aux lèvres, pour la serrer joyeusement contre lui, sous les applaudissements de la plupart des personnes présentes dans la salle.
« Oh, j'allais oublier ! » s'exclama-t-il en la relâchant.
Il se pencha, ramassa l'écrin et en sortit calmement l'anneau d'or, orné d'une pierre rouge, que la rose contenait jusque là. De sa main libre, il prit la main de la jeune fille qui lui faisait face et, lentement, il lui passa au doigt la bague dont la pierre brillait à la lueur des chandelles. Il porta ensuite sa main à ses lèvres, sans la quitter des yeux, et des sifflements s'élevèrent parmi les étudiants, principalement à la table des Gryffondor.
« Eole ne pouvait pas mieux tomber, commenta James en souriant. Un peu plus et j'aurai dû faire ma déclaration sans cette bague pour sceller notre engagement. »
Lily éclata de rire.
« Il n'y a que toi pour te mettre dans une situation pareille. Mais ça fait partit de ton charme. »
Après un bref moment d'hésitation, ils s'embrassèrent, sous les huées et les acclamations de leurs condisciples.
« Tu es le meilleur, Jamsie ! hurla Sirius, visiblement ravi, en grimpant sur sa chaise. Je savais que tu le ferais ! »
Harry, installé à côté du Maraudeur, sourit, ému, alors qu'Amy, assise en face de Sirius, se penchait par-dessus la table pour le faire se rasseoir, avec l'aide de Remus. A présent, il pouvait partir sans regret. Il jeta un regard à la table des professeurs, pour voir McGonagall s'essuyer les yeux avec un mouchoir et Dumbledore sourire, visiblement amusé, les yeux pétillants plus malicieusement que jamais. Les deux Gryffondor s'éloignèrent finalement de la table des professeurs, sous les applaudissements, et le petit couple regagna leur place. Lily s'y retrouva aussitôt assaillie par Amy alors que James recevait des tapes amicales des garçons dans le dos.
Dumbledore eut, cette fois, bien du mal à ramener le silence, mais il finit par y parvenir.
« Après ce grand moment d'émotion que nous ont offert Mr Potter et Miss Evans… je pense que le banquet peut enfin commencer. »
Un grand brouhaha s'ensuivit, alors que les élèves reprenaient leur place respective autour des tables qui se chargèrent de plats.
Harry se réveilla en sursaut, pour il ne savait trop quelle raison. Il tendit l'oreille : le silence régnait dans le dortoir, à peine troublé par les respirations régulières et paisibles des autres occupants des lieux. Le jeune homme ne tarda pas à constater qu'il avait mal fermé ses rideaux la veille car un rai de lumière terne, caractéristique de l'aube, s'étalait au pied de son lit. Un miaulement joyeux se fit entendre, attirant son regard sur le chat tigré qui venait de se glisser entre deux pans des rideaux pour sauter lestement sur le lit.
« Salut Gaïa. » murmura Harry en souriant au matou en tendant la main.
Le chat flaira une seconde les doigts offerts à lui et se laissa gratouiller derrière les oreilles avec plaisir. Harry soupira. Plus que quelques heures et il rentrerait chez lui… du moins, si tout allait bien. La veille au soir, à la fin du dîner, il s'était fait interpeller par le professeur McGonagall : Elle lui avait annoncé qu'il devrait se rendre dans le bureau du directeur sitôt le petit-déjeuner terminé, et cela avec les affaires qu'il avait sur lui à son arrivée.
Un miaulement sourd le rappela à l'ordre : Perdu dans ses réflexions, il avait interrompu sa séance de gratouille, ce qui n'était pas au goût du félin. Harry leva les yeux au plafond, à la fois agacé et amusé par le comportement de l'animal. Gaïa avait beau ne pas être plus hauts que trois pommes, il avait un caractère bien affirmé.
« Oui, oui, ça va, j'ai compris. » marmonna l'adolescent.
Satisfait, le matou se lova sur la couverture et ferma les yeux, profitant pleinement de l'attention du voyageur temporel. Harry sourit en entendant le chat ronronner. Oui, ça lui manquerait, tout ça, lorsqu'il rentrerait chez lui.
Ici, au moins, il était considéré comme un élève ordinaire, et non comme le Survivant, celui sur qui reposaient les espoirs de voir un jour Voldemort disparaître totalement. Non, à cette époque, la communauté sorcière faisait tant bien que mal face à la menace grandissante du mage noir mais, au moins, il n'était pas encore question d'un élu chargé de le vaincre. Ici, il était apprécié à sa juste valeur et non pour sa 'célébrité'… Même si ses prouesses en Quidditch, en Défense Contre les Forces du Mal et face aux troupes du Seigneur des Ténèbres avaient grandement contribué à ce qu'il se fasse connaître à cette époque aussi. Sans compter le fait qu'il fréquentait les Maraudeurs ! Vivre avec le quatuor infernal de Poudlard s'était, d'ailleurs, révélé moins facile qu'il ne le pensait au début mais il ne regrettait aucun des moments passés en leur compagnie. Et, bien sûr, ce voyage dans le temps lui avait permis de mieux connaître ses parents, d'en apprendre plus sur ses origines et son passé,… Mais, d'un autre côté, il s'était attaché à ces adolescents plus ou moins insouciants, bons vivants, qui profitaient pleinement de leur vie. Néanmoins, il était impatient de pouvoir enfin retourner à son époque, de retrouver ses amis, même s'il n'était pas sûr d'apprécier les évènements passés là-bas durant son absence.
Il soupira, secoua la tête pour chasser ses sombres pensées de son esprit et il s'efforça de se concentrer sur l'instant présent, à savoir gratouiller la tête d'un chat en manque d'affection.
«- Bien, Harry… Lorsque tu seras prêt, rejoins-moi dans mon bureau, veux-tu ? lança, d'une voix douce, le directeur.
- Oui, professeur. » acquiesça l'intéressé.
Dumbledore sourit puis gagna son bureau, le laissant avec les autres Gryffondor de septième année (qui avaient insistés pour l'accompagner), dans une petite pièce attenante dont Harry avait, jusque là, ignoré l'existence. Un moment de silence s'instaura durant lequel tout le monde s'agita nerveusement, ne sachant pas trop quoi dire, jusqu'à ce que Harry brise le silence.
« Je ne sais pas pour vous mais je n'aime pas trop les scènes d'adieux alors… »
Cette remarque arracha un maigre sourire aux six autres. D'un commun accord, Remus puis Sirius s'avancèrent.
«- Je ne sais pas trop quoi te dire mais, en tout cas, Harry, je peux dire, au nom de tous, que nous sommes heureux d'avoir pu te connaître, commença Remus, en lui serrant brièvement la main. Et même si je n'ai pas toujours été très aimable avec toi durant ton séjour ici, ce que je regrette grandement, je sais que nous nous reverrons…d'ici quelques années. Mais…
- Tu vas tous nous manquer. Surtout ton talent d'Attrapeur…, et tes idées de blagues. » l'interrompit Sirius, tout en faisant de même que son ami.
Harry sourit à cette remarque. Décidément, Sirius restait fidèle à lui-même et ne pouvait s'empêcher de ponctuer n'importe quelle conversation d'humour, même si ses propos pouvaient paraître quelque peu déplacer en cet instant. D'ailleurs, les autres ne lui en tinrent pas rigueur, en dehors d'Amy qui le gratifia d'un coup de coude qui se voulait discret mais qui n'échappa à personne. Mais la petite lueur que Harry pouvait voir dans les yeux de Sirius avait bien plus de valeur que n'importe quel mot qu'il aurait pu prononcer.
« Et puis, Harry, comme l'a fait remarquer Lunard, ceci n'est pas vraiment un adieu… Juste une nouvelle étape à franchir. Quoiqu'il en soit…, commença-t-il avant de s'interrompre un bref instant. Je suis ravi de savoir que mon, futur, filleul sera le digne fils de son père. Et… »
Il secoua la tête et se passa la main sur la nuque d'un air embarrassé.
«… Enfin, on ne se reverra lorsque tu rentreras chez toi, non ? » marmonna-t-il en s'efforçant d'adopter une attitude décontractée qui ne trompa personne.
Amy voulu répliquer quelque chose mais jugea préférable de se raviser et embrassa Harry sur la joue.
« Je n'ai pas grand chose à dire mais je te souhaite de bien rentrer chez toi et de profiter pleinement de la vie qui s'y offrira à toi, Harry. Tu es quelqu'un de bien, tout comme tes parents ; et je suis fière de savoir que je serais, d'ici quelques années, ta marraine. Tu nous as appris à toujours affronter les choses en face et je ne peux que t'encourager à toujours braver les aléas de la vie, même si elle n'a pas toujours été facile pour toi, avec cette confiance en toi qui fait toute ta force. » lâcha-t-elle, soutenant tant bien que mal le regard du jeune homme qui sourit légèrement.
Peter, quant à lui, avait jugé préférable de rester en retrait et, s'étant réfugié dans un coin de la pièce, marmonna un vague "rentres bien chez toi." à Harry qui l'ignora sciemment, se contentant d'incliner la tête pour montrer qu'il avait entendu. Après un bref moment d'hésitation et quelques échanges de regards interrogateurs, Sirius, Remus et Amy quittèrent la pièce d'un commun accord, suivit de près par un Peter qui ne demandait qu'à partir au plus vite, laissant ainsi le "trio Potter" seul.
Un silence gêné s'instaura entre eux, aucun d'eux ne sachant comment formuler ce qui, en cet instant, leur pesait sur le cœur. Finalement, Lily s'écarta de son fiancé, les yeux brillants et s'avança vers Harry, soutenant tant bien que mal le regard troublé de l'adolescent. Celui-ci, malgré les instructions de Dumbledore, avait profité de sa tranquillité matinale pour annuler l'effet de la potion d'Aparencia et avait, une fois de plus, recouru à la Métamorphose pour donner le change en présence du vieux sorcier. Ce qui lui avait permis de reprendre sa véritable apparence lorsque les autres les avaient laissés 'entre Potter', même si Lily ne portait pas encore (officiellement du moins) ce nom.
La jeune fille eut une brève hésitation, se mordant les lèvres pour les empêcher de trembler, puis étreignit l'adolescent qui eut bien du mal à ne pas se laisser emporter par l'émotion du moment.
« Même si je suppose que Dumbledore fera en sorte qu'on ne se rappelle de rien, je suis heureuse d'avoir eu l'occasion de te connaître, Harry…Potter. » murmura-t-elle à son oreille.
Harry ne pu qu'esquisser un petit sourire triste.
«- Ne pleures pas, Harry, souffla-t-elle lui faisant ainsi prendre conscience des quelques larmes qu'il n'avait pu contenir plus longtemps.
- C'est toi qui pleure ! répliqua-t-il sur un ton qu'il voulait le plus léger possible en s'efforçant de sourire.
- Ce n'est même pas vrai ! protesta-t-elle en grimaçant, non sans s'essuyer les yeux de la main. En tout cas, quoi qu'il se passe, je suis fière de savoir que, d'ici quelques années, j'aurai un fils aussi brave et fantastique que toi, ajouta-t-elle en effleurant du bout des doigts l'une des joues de l'adolescent pour en ôter les quelques larmes qui y persistaient. Un digne héritier de Gryffondor... Merci pour tout.
- C'est plutôt moi qui devrait vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi pendant ces quelques mois que j'ai passé ici. Même si ça n'a pas toujours été facile, tu ne peux pas savoir le bonheur que j'ai eu d'avoir enfin une telle occasion de mieux connaître mes futurs parents, de passer du temps avec vous…
- Je ne peux qu'imaginer, murmura-t-elle. Enfin, j'espère que tout se passera bien pour toi, quand tu rentreras à ton époque.
- D'après Dumbledore, il se peu que je revienne juste à temps pour un bon match de Quidditch, répondit Harry en souriant légèrement à cette perspective alors que Lily réprimait difficilement un maigre sourire à ces propos.
- Eh Lily, tu comptes monopoliser Harry encore longtemps ? intervint alors James qui s'était un peu rapproché et semblait vraiment mal à l'aise.
- Non, répondit-elle en rougissant légèrement et les yeux brillants de larmes, avant de rencontrer le regard de Harry. Et, même si je ne pourrai pas prendre soin de toi autant que je le voudrais, je t'aimerai toujours, Harry. Et je serais toujours aussi fière de toi… En tout cas, comme l'a dit Sirius, tu nous manqueras, conclut-elle avant de le serrer à nouveau contre elle.
- Vous me manquerez tous. » répliqua Harry.
Lily s'écarta finalement et recula, en essuyant ses larmes d'un revers de manche, pour laisser la place à James. Celui-ci s'avança à son tour, hésita un instant, puis étreignit, lui aussi, brièvement l'adolescent.
«- Merci pour tout, Harry, murmura-t-il. Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait pour moi…, entre me sauver la vie à chaque fois que j'étais dans le pétrin, et m'avoir permis de voir clair en mes sentiments envers Lily. Et aussi de nous avoir permis de remporter la Coupe de Quidditch, parce que je ne sais vraiment pas ce qu'on aurait fait sans toi, ajouta-t-il en souriant.
- Vous auriez dû trouver un autre Attrapeur, répliqua Harry sur le même ton amusé (qui sonnait un peu faux) que celui que James venait d'employer.
- Oui… En tout cas, je suis vraiment heureux de t'avoir rencontré. Et même si je ne serais ton…père que d'ici quelques années, je peux te dire que je suis vraiment fier, et flatté, de savoir que mon fils sera mon digne successeur, autant en Quidditch qu'en blague…, tout en étant encore mieux que ce que je suis, et que ce que j'ai pu être. Et… Merci pour tout, en fait. »
Harry hocha la tête, la gorge trop nouée pour parler. James eut un petit sourire compréhensif, et revint auprès de sa future épouse, venant passer un bras autour de sa taille.
« On ferait mieux de retourner au bureau de Dumbledore, avant qu'il ne vienne voir ce qu'on fait. » suggéra, finalement, James, alors qu'un silence pesant était revenu entre eux.
Harry acquiesça et, s'efforçant de reprendre contenance, reprit sa forme d'emprunt qu'il n'aurait plus à garder très longtemps et se dirigea vers la porte menant au bureau directorial, en compagnie des deux autres.
«- Une dernière chose Harry, intervint Lily en le coupant dans son élan. On dit qu'on n'oublie jamais les rencontres que l'on fait mais qu'on a juste du mal à s'en souvenir, alors, quoiqu'il advienne, aucun de nous n'oubliera jamais ces quelques mois que tu as passé ici.
- Je ne suis pas prêt de l'oublier. » assura Harry, sans oser se retourner vers le couple.
Sur ces mots, tous trois franchirent la porte l'un après l' autre, pour y retrouver Sirius, Remus, Amy et Peter.
« Tiens, où est Dumbledore ? » s'étonna James.
Quasiment au même instant, le vieil homme apparut dans la pièce, par la lourde porte en chêne. Il sourit en apercevant les sept adolescents.
«- Alors, vous avez fini ? demanda-t-il.
- Euh, presque professeur. » intervint soudain James, semblant se souvenir de quelque chose.
Dumbledore sourit mais resta silencieux. James s'écarta de Lily, non sans échanger avec elle un discret regard entendu et tendit la main à Harry qui, après un moment d'hésitation la serra. Il eut cependant bien du mal à rester impassible alors que le Maraudeur glissait un papier, soigneusement plié, dans sa main.
«- Rentre bien chez toi, commenta simplement James avant de relâcher sa main et rejoindre ses camarades.
- Merci. » murmura Harry.
Il y eut un moment de silence que Dumbledore finit par briser, alors que Harry glissait discrètement le papier dans l'une de ses poches.
« Bien, il est grand temps de te renvoyer chez toi, Harry. » commenta-t-il, en sortant une petite fiole contenant un liquide violet d'un tiroir de son bureau.
Le vieux sorcier tendit l'objet à l'adolescent, qui le prit sans discuter, non sans jeter un regard sceptique au produit qu'il contenait.
« Tu dois tout boire, Harry. » intervint Dumbledore.
Harry inspira profondément, jeta un dernier regard aux Maraudeurs qui lui adressèrent un sourire engageant, et ouvrit le flacon qu'il porta à ses lèvres et vida d'un trait, avec une petite moue écœurée.
L'effet, en tout cas, ne se fit pas attendre car, presque aussitôt, le bureau directorial sembla se dissoudre, puis il s'évapora tout d'un coup.
Et voilà, fini !
Plus qu'un chapitre avant la fin de Lorsque. J'espère avoir vos avis pour ce chapitre qui m'a pris pas mal de temps (certains passages datent de plus d'un an et ont été modifiés et reformulés par la suite), surtout que j'avais dû ressortir sur ordi ce dont je me souvenais de mes brouillons ce qui n'est pas spécialement évident :D
Sinon, je voulais vous demander quelque chose : qui parmi vous, serait partant pour une suite de Lorsque? Ce serait la septième année de Harry à son époque, avec (peut-être) un parallèle avec ce qui se passe pour les Maraudeurs après le départ de Harry. Si oui,sans (comme pour Lorsque) ou avecréférence aux tomes 5 et 6 ?
Répondez-moi franchement.
Merci à vous tous et à bientôt !
