Pour le cinquantième chapitre, vous m'avez fait le plus beau cadeau qui soit pour une auteure de fanfictions… Je trouvais que je mettais plus de temps à répondre à tout le monde alors je suis allée voir le nombre de reviews postées sur ce chapitre… 59 ! Je vous adore et j'espère n'avoir oublié personne dans les réponses =3
Résumé des chapitres précédents :
Alors que l'année scolaire vient de reprendre et que les adultes proches du clan Kemenov vaquent à leurs occupations (reconstruire l'Underground, rechercher Dumbledore et Peter Pettigrow…), rien ne va plus à Poudlard.
Vladmir est devenu un des champions du Tournoi des Trois Sorciers contre son gré, en binôme avec Cédric. Après avoir juré sur sa magie qu'il était innocent, il a fait le serment de se venger de celui qui a mis son nom dans la coupe.
Drago, après un périple dans les catacombes de l'école, est devenu le Protecteur d'Hermione, désigné par ni plus ni moins que Poudlard, le dragon gardien de l'école éponyme.
Hermione, elle, a des visions étranges suite à sa transe magique.
Les Fondateurs ont une tapisserie à leur effigie dans la Crypte, et ont dévoilé par inadvertance le statut royal de Severus Prince au reste de l'Alliance.
Et enfin, la famille du meilleur ami Russe de Vlad, Alekseï Vasefine, est menacée par une guerre de clan, problème solutionné par la protection officielle du clan Kemenov sur les Vasefine.
Oh… et l'Alliance a attaqué Alastor Maugrey dans les couloirs…
Russe
Chapitre 51 : Révélations et présentations
Le dimanche matin, lendemain de la désignation des Champions, était un peu dur pour tout le monde. Même les Serpentards avaient festoyé pour célébrer la présence non pas d'un, mais de deux sorciers noirs au sein du Tournoi des Trois Sorciers. Ils étaient trois en réalité, mais cela, ils ne le sauraient que lors de la première épreuve...
Dans le dortoir des quatrièmes années des verts-et-argents, Blaise grogna en se levant, marmonnant sur le Whisky Pur-Feu ramené par Flint. Il songea - mais pas trop fort, il avait bien trop mal à la tête pour cela - qu'il faudrait un jour qu'il extorque au capitaine de l'équipe de Quidditch sa combine pour faire entrer en douce de l'alcool dans l'école. Alors que Blaise marmonnait encore sur l'alcool frelaté, Théo sortit de la salle de bain, parfaitement réveillé et déjà habillé.
-Salut Belle aux Bois Dormant !
Blaise tourna la tête vers son réveil et plissa le nez dans une mimique qu'il avait hérité de sa mère. Théo ne savait pas si c'était du à l'heure ou à sa référence au conte moldu, gracieuseté de Mary-Ann qui surnommé Drago ainsi.
-Théo, il est seulement 7h… c'est dimanche, par Merlin ! Même Mary-Ann et Daphné n'envahissent pas le dortoir avant 10h !
Théo frissonna malgré lui au souvenir du dernier réveil en fanfare des filles. Si Mary-Ann s'en prenait exclusivement à Drago pour le moment, elle avait trouvé une dangereuse complice en la personne de Daphné Greengrass, qui se faisait un plaisir de les réveiller, eux, arguant qu'il n'y avait aucune raison que seul Drago ait droit à un tel traitement.
Un bruit de tissus froissés se fit entendre et Drago passa la tête entre les rideaux, encore endormi, demandant ce qu'il se passait pour qu'il fasse un tel boucan aussi tôt.
-Drago… c'est normal que tu aies un œil rouge et fendu ? demanda lentement Blaise en observant son meilleur ami, maintenant parfaitement éveillé.
Le Serpentard, qui venait de se lever avec la trace de son oreiller incrusté sur la joue, se figea. Il frotta distraitement la marque et darda un regard indéniablement reptilien sur son ami.
-Je te demande pardon ? marmonna-t-il.
Théo, qui s'était assis sur son lit, lui jeta un petit miroir qu'il venait de transfigurer et Drago croisa son regard dans le reflet. Si son œil droit se caractérisait toujours par le gris orageux hérité des Black, son œil gauche avait changé. L'iris était d'un rouge sang bien trop familier et la pupille anormalement fendue.
Jurant, il se leva d'un bond en demandant l'heure. Il devait absolument parler à Vladmir ! Il avait déjà évoqué avec lui le fait que Poudlard lui avait parlé… et son nouvel œil ressemblait bien trop à la pupille du dragon pour que ce soit une simple coïncidence.
-7h, répondit lentement Théo. Drago, je sais que tu as tes secrets, mais cette soudaine… métamorphose aurait-elle un lien avec ta mystérieuse escapade nocturne de la nuit dernière ?
Drago ne répondit pas, se contenant de le fixer de son nouveau regard étrange. L'hétérochromie était vraiment dérangeante et malgré lui, Théo détourna le regard.
-Je vous promets de vous en parler, murmura finalement Drago après s'être assuré que Grabbe et Goyle ronflaient toujours comme des sonneurs dans leurs lits. Mais il y aura une condition…
-Un serment ? devina Blaise.
Drago hocha la tête.
-Pomfresh ?
-Non, murmura Drago en se dépêchant de se changer. Le professeur Prince…
Pendant ce temps, alors que Drago filait dans les couloirs des cachots, Vladmir et Kévin descendaient prendre leur petit déjeuner dans la Grande Salle. Il était bien connu que les Serdaigles étaient les plus matinaux de tous les élèves de Poudlard et même le dimanche, il n'était pas rare d'en croiser tôt le matin à travailler ou à lire dans la Grande Salle. Ainsi, l'immense salle du repas était quasiment vide en dehors de quelques aigles, mais les Gimini eurent la surprise de voir plusieurs adultes assis à la table des Serdaigles. Des adultes bien familiers mais rarement présents à l'école.
Katya, ses cheveux courts complètement ébouriffés et les yeux cernés par une nuit sans sommeil, avait un visage fermé et menaçant. Elle écrasait une pauvre pomme de terre dans son assiette en marmonnant des malédictions pendant que, à ses côtés, Sergei regardait le plafond avec des envies de meurtre. Le plus surprenant était la présence de Sirius, ruminant quelques sombres pensées, affalé peu élégamment sur la table. Ils dégageaient tous les trois de mauvaises ondes telles que les élèves présents avaient laissé plusieurs places de chaque côté.
-Qu'est-ce que vous faites là ? demanda Vladmir en s'installant face à Sirius, tandis que Kévin, après les avoir salué rapidement, partait s'installer avec Théo et Blaise à la table des Serpentards, présents malgré l'heure matinale. Son instinct lui conseillait d'éviter les sorciers adultes pour le moment et à la tête des deux amis de Drago, quelque chose n'allait pas chez les serpents.
Katya, à la question de son neveu, lui jeta un regard quelque peu amer et planta sa fourchette dans la purée. Sous l'impulsion magique qu'elle y mit, le couvert traversa la purée, l'assiette et s'enfonça dans la table.
-Augusta m'a parlé de ta… participation forcée, grogna la sorcière russe, alors qu'un brusque coup de tonnerre illuminait la salle.
-Katya… le ciel se couvre, lâcha Sergei, toujours perdu dans la contemplation du plafond magique. Il n'avait pas tort. Au-dessus de la table des Serdaigles, d'épais nuages d'un noir profond s'amoncelaient.
-Très chère cousine, tu effrayes la moitié des étudiants, compléta Sirius avec un sourire amusé.
-Katya ! Je ne t'ai pas autorisée à rester dans la Grande Salle pour que tu terrorises mes étudiants, soupira Augusta en s'approchant d'eux. Dans mon bureau après le petit déjeuner, Monsieur Kemenov, rajouta-t-elle en anglais.
-Bien, Madame la Directrice, soupira Vlad tout en lui jetant un regard interrogatif.
Mais la matriarche des Londubat ne développa pas plus et elle rejoignit la table des professeurs et ses invités. Les sorciers russes et Sirius se mirent à parler à voix basse entre eux des dernières nouvelles. Vladmir évoquait le serment de vengeance lorsque les étudiants de Durmstrang firent leur entrée.
La vision du vampire et de la sorcière russe attablés face à Vladmir leur firent marquer un instant d'arrêt, avant qu'ils ne se remettent en marche vers la table des Serpentards. Si beaucoup saluèrent avec une certaine déférence la matriarche du clan Kemenov et Sergei en passant devant eux, quelques-uns eurent des réactions plus apeurées.
Celle de Karkaroff fut la plus mémorable. Il fit même un détour pour éviter de les croiser. Le directeur de Durmstrang se souvenait parfaitement du sort réservé à Felix Darerine et Ilyna Dolohov, tous deux anciens Mangemorts comme lui. Il savait parfaitement qui les avait assassinés et il préférait autant que possible éviter les Kemenov. Il n'était vraiment pas certain que dénoncer ses anciens alliés ait rendu le clan Kemenov plus agréable à son égard.
Lorsque les trois adultes et Vladmir dardèrent un regard menaçant vers le Directeur de Durmstrang, l'ensemble des personnes présentes dans la Grande Salle purent le voir trembler et finalement faire demi-tour pour fuir la Grande Salle.
-Si c'est lui… commença tranquillement Sergei en s'accoudant à la table avec un sourire sanguinaire, je vais me faire un plaisir à le lâcher dans la fosse aux proies.
Quelques étudiants de Durmstrang, qui tendaient l'oreille avec curiosité, virèrent à un vert maladif, ce qui eut le mérite de faire ricaner Sergei. Les fosses aux proies des clans vampiriques étaient synonymes d'agonie lente et douloureuse. Véritables chasses en enclos, les humains ou créatures magiques concernées étaient lâchées dans un secteur déterminé et les vampires prenaient le temps de jouer avec eux avant de les saigner lentement.
-Non, il est à moi, grogna Vladmir en se servant rapidement trois toasts. Qui que ce soit, c'est ma proie, Sergei.
-Bien Chaton, soupira le Vampire, notant du coin de l'œil que le professeur Prince venait rapidement de parler à la Directrice et repartait avec elle tout aussi vite.
-Tu penses que le vieux barbu et son amant sont derrière tout ça ?demanda Sirius avec un affreux accent anglais qui écorcha les oreilles des trois russes.
-Soit lui, soit l'ectoplasme,marmonna Vlad en se levant, finissant d'une gorgée son thé. Je ne sais pas vraiment lequel je préfère affronter sur ce sujet. On a un rendez-vous.
Accompagné de sa famille, il se rendit dans le bureau d'Augusta pour y retrouver non seulement cette dernière, mais également Drago et Severus. Le jeune Malefoy caressait Fumseck d'une main lente, alors que l'oiseau chantait doucement une mélodie réconfortante.
-Vlad…. j'ai un problème, marmonna Drago en se tournant vers son ami.
-Je crois que problème est un euphémisme, murmura Severus alors que les Russes découvraient la nouvelle pupille de son ami.
-Asseyez-vous, soupira Augusta en faisant apparaitre d'un geste de baguette suffisamment de fauteuils pour tous.
Vladmir s'installa aux côtés de Drago et lui adressa un regard interrogatif, alors que Sirius, qui avait fini par apprécier son petit cousin malgré ses incessantes disputes avec Lucius, venait se mettre de l'autre côté en signe de soutien.
-Drago est venu ce matin avec Severus pour signaler une transformation partielle, soupira la Directrice de Poudlard. Compte-tenu de votre périple de la nuit dernière, je pense que cela a à voir avec Poudlard. Bien que tu sois là pour Vladmir et le Tournoi des Trois Sorciers, cela va devoir attendre Katya.
-Je comprends parfaitement, Augusta. Vladmir n'est pas en danger immédiat, mais pour Drago, c'est incertain. Ton père est au courant ? demanda doucement Katya en observant Drago.
-Par encore, Katya, soupira ce dernier. Je ne veux pas l'inquiéter pour rien.
-Il sera inquiet quoi qu'il arrive, petit Dragon, soupira la sorcière russe. Et il risque d'être en colère pour ne pas avoir été mis au courant immédiatement.
-Je pense que tu pourras le calmer, ricana Drago malgré lui.
Katya lui jeta un regard ludique.
-Eh bien, mon très cher beau-fils, je n'en doute pas un instant, mais je doute que tu veuilles les détails.
Drago vira légèrement au vert en réponse, une image mentale gravée dans son esprit, alors que Valdmir marmonnait quelque chose sur les adultes et que Severus, Sirius et Sergeï ricanaient.
-Drago, tu penses que ce qui t'arrive est lié au fait que Poudlard t'a désigné Protecteur ? intervint Augusta en croisant ses mains devant son visage, jetant un regard sérieux à l'adolescent. Autour d'eux, Vladmir pouvait voir les portraits des anciens Directeurs se pencher dans leurs tableaux, curieux et sérieux. Etrangement, il ne se souvenait pas les avoir vu aussi... vivants du temps de Dumbledore... Mais peut-être que ce dernier les avaient endormis pour ne pas qu'ils remettent en question sa gestion plus que douteuse de l'école...
-Je ne sais pas, soupira le Serpentard. Mais peut-être que André sera au courant de quelque chose.
-Si je puis me permettre, ma chère, intervint un des Directeurs en adressant un petit sourire au petit groupe présent dans le bureau.
-Faites donc, mon cher Phineas.
-Si cet enfant a rencontré le dragon du château, il devrait immédiatement se rendre auprès des Fondateurs.
-D'après ce que j'ai cru comprendre, Monsieur Malefoy ici présent a découvert leur tapisserie, avec ses amis. Le Directeur Black a raison. Il est plus simple de se rendre auprès d'eux, rajouta une sorcière au sourire agréable, dont les couleurs passées signalaient la vieillesse de son mandat.
-Vous avez raison... Je crois qu'il est temps de rendre visite à mes illustres prédécesseurs, déclara Augusta, étant donné que Andrade est introuvable, je n'ai pas d'autres solutions à vous proposer.
En effet, la première idée de la Directrice avait été de demander l'avis du Choixpeau, comme l'avait proposé également le jeune Serpentard. En tant que frère de Fondateur et membre du personnel présent depuis la création de l'école, il aurait pu avoir une idée de la nouvelle transformation de Drago. Mais l'entité magique avait disparu du bureau et Fumseck avait refusé de le trouver.
-Déjà de retour ? s'étonna Gryffondor depuis sa tapisserie en voyant la petite délégation revenir. Et de nouvelles têtes… Comment avez-vous passé les protections ?
-Je suis Augusta Londubat, Directrice de Poudlard, déclara la vieille femme avec calme. Monsieur Kemenov, ici présent, m'a fait part de votre rencontre fortuite la nuit dernière lors de leur petite escapade.
-Votre statut de directrice vous permet en effet de passer les protections. Mais je doute que les Selkies laissent passer un vampire de leur plein gré, déclara Serpentard en jetant un regard méfiant à Sergei.
-Allons, Salazar, tu me blesses, déclara avec ironie le vampire.
-Sergei ?
Cette fois, la voix douce était celle de Poufsouffle. Même si les portraits sur la tapisserie ne pouvaient pleurer, le tremblement de sa voix était sans équivoque. Immédiatement, Rowena entoura les épaules de son amie en une étreinte réconfortante tout en fusillant Sergei du regard.
-Bonjour Helga, murmura le vampire russe, bien plus pâle qu'il ne devrait l'être, même pour un vampire.
-Riourikide, cracha Gryffondor. Que fais-tu ici ?!
Katya et Vladmir sursautèrent au nom, celui d'une ancienne dynastie de tsars russes, une des plus anciennes, alors que le vampire soupirait sous les regards meurtriers de trois des fondateurs.
-C'est Pokhastovine, depuis bientôt un millénaire, annonça doucement Sergei.
Immédiatement, les Fondateurs se figèrent et la haine dans les yeux de Serpentard et Gryffondor diminuèrent, bien qu'elle restât présente.
-Tu as été transformé par Dimitri Pokhastovine ? demanda lentement Serdaigle.
-Je ne l'ai jamais voulu.
-Personne n'aurait voulu être lié à ce fou, encore moins enfanté par lui, marmonna Gryffondor.
Les Fondateurs connaissaient cet ancien vampire, véritablement fou. A côté de lui, les légendes de Dracula étaient des contes pour enfant, des histoires plaisantes à entendre. Les rivières de sang et de cris qu'avaient répandus le vampire Dimitri Pokhastovine était responsable d'une partie de la réputation sanguinaire de Sergei. Etre son créateur ne pouvait faire que de l'actuel Knyaz Pokhastovine un tueur sans le moindre état d'âme.
-Je l'ai tué quand j'ai été suffisamment vieux pour m'affranchir de lui, dit lentement Sergei. Mais cela faisait déjà deux siècles que j'avais été transformé.
-Reste après leur départ, Riourikide. Nous devons parler.
Sergei hocha la tête à l'ordre de Serpentard et rassura du regard Vladmir et Katya, leur promettant en silence de leur expliquer la situation par la suite.
-Pourquoi êtes-vous ici ? demanda finalement Poufsouffle, reniflant légèrement en jetant de discrets regards au vampire.
-Pour Drago Malefoy, déclara Augusta en posant les mains sur les épaules du jeune Serpentard.
-Oh, par Merlin ! cria Serdaigle en portant ses mains à sa bouche. Un Protecteur !
-Je ne me souviens pas du dernier en date, murmura Gryffondor. Il faudrait mieux demander à Andrade.
-Il est introuvable.
-Quelle date sommes-nous ? demanda Serdaigle.
-Le 1er Novembre.
-C'est le mois de la mort de Mélisante, notre sœur, dit Serpentard. Il passe toujours un certain temps sur sa tombe.
-Sa… tombe ?
-Le Cimetière de Croftbourg. Ne me dites pas qu'ils ont osé bâtir au-dessus du cimetière ? s'horrifia Poufsouffle, ses yeux noisettes écarquillés.
-Croftbourg est appelé maintenant Pré-au-Lard, renseigna Sergei.
-Pré-au-Lard !? ricana Gryffondor. C'est juste horrible.
- Près de Poudlard donne Pré-au-Lard une fois qu'on condense un peu le mot, soupira Sergei. Les sorciers anglais ne brillent plus pour leur intelligence de nos jours.
-He ! s'offusqua Drago.
-Il a raison, Drago, c'est la stricte vérité. Seuls quelques sorciers n'ont pas d'œillères affreuses et ne se reposent pas sur leurs acquis datant du siècle dernier… et encore, je suis gentille.
-Père sera ravi d'apprendre ton avis, renifla le Serpentard.
-Il le connait déjà, sourit doucement Katya. Avant d'être ensemble, je te rappelle que nos discussions étaient professionnelles. Que lui arrive-t-il exactement ?
Les Fondateurs échangèrent un regard et reportèrent leur attention sur le jeune homme indéniablement aristocrate qui se tenait devant eux, ses yeux vairons les fixant avec inquiétude.
-Poudlard, notre Dragon protecteur, a désigné un champion. Je pense que c'est pour protéger la jeune…
-Ils sont au courant pour la nature d'Hermione, rassura Drago en notant l'hésitation de Serdaigle. Cette dernière soupira de soulagement.
-Les anciennes races de Dragons protégeaient les Licorines au péril de leur vie. Vous avez probablement entendu les histoires moldues de dragons gardant des princesses ? Le mythe Saint Georges de Lydda ?
-Le saint moldu qui a terrassé un dragon ? demanda Vladmir.
-En effet. La fille du roi, celle qu'il suivit avec ferveur après sa défaite face à Georges, était une Licorine. Ce sont des joyaux, à leurs yeux. Des êtres quasi-divins. Comme Poudlard est enchaîné au château par magie, il a délégué son statut de Protecteur à ce jeune homme, et lui a donné pour cela une partie de ses pouvoirs.
-Des pouvoirs ? s'horrifia Drago.
-Je ne sais pas lesquels, s'excusa Gryffondor. Il faudra que tu te renseignes par toi-même sur les dragons pourpres d'Islande…
Pendant quelques temps, les sorciers et les Fondateurs discutèrent et programmèrent la duplication de la tapisserie de manière à ce qu'une des deux soit installée dans le bureau de la Directrice. Puis ils laissèrent Sergei face à son ancienne vie.
Une nouvelle semaine passa. Une semaine durant laquelle les délégations se mêlèrent aux étudiants de Poudlard pour leurs cours. La nouveauté du moment passa et la routine scolaire reprit son droit, entre les devoirs, les cours et les soirées de l'Alliance. Drago avait réussi à jeter un puissant glamour sur son œil. Après avoir discuté avec les Fondateurs, maintenant installés dans le bureau directorial, son père et Augusta, ils avaient jugé plus sage de ne pas dévoiler le statut de Protecteur du jeune héritier Malefoy.
Le samedi matin, alors que Drago et Hermione réalisaient des recherches sur les dragons pourpres d'Islande, une mauvaise surprise pointa son nez sous la forme d'un étranger.
-Alekseï Lyvonovitch Vasefine ?
Le Russe, qui aidait l'ami de Vladmir dans ses recherches, tranquillement installé dans la Grande Salle leva les yeux de son livre et pâlit légèrement. Le nouveau venu, accompagné de Karkaroff et Minerva McGonagall, était grand, aux traits sévères. L'homme respirait l'autorité et la richesse, mais surtout, sur sa veste de cuir bordée de fourrure, un blason se détachait, un blason synonyme d'ennui.
Vladmir arriva à cet instant dans la Grande Salle, accompagné de Kévin et Neville, tous trois chargés de livres sur les dragons. Immédiatement, il prit note de l'homme blond face à son ami d'enfance et fronça les sourcils.
-Restez en retrait et n'intervenez pas, souffla-t-il à ses deux amis en posant sa pile sur un des bancs de la table de Serdaigle.
-En effet, que puis-je pour vous ? demandait d'une voix assurée Alekseï malgré sa pâleur.
-Je viens au nom de Ratslav Dlavonine.
-Si vous avez l'espoir que j'influe sur les décisions de mon père de manière à ce qu'il accepte vos conditions, alors je suis au regret de vous décevoir.
-Vous devriez essayer quand même, vos sœurs…
L'homme se tut quand la baguette magique d'Alekseï apparut sous son nez et qu'un long couteau lui piqua les reins en réponse à la menace voilée. Le professeur McGonagall hoqueta de stupeur mais ne chercha pas à intervenir, tandis que plusieurs étudiants se mettaient à crier autour d'eux en prenant conscience de la scène.
-Et le clan Vasefine est sous la protection du clan Kemenov, déclara Vladmir en apparaissant entre Alekseï et le nouveau venu, son couteau toujours en main.
-La famille Krum soutient également les Vasefine, déclara une voix rauque.
Viktor venait d'apparaître derrière Alekseï, les bras croisés et un air ennuyé sur le visage. Mais la dureté de ses yeux était sans équivoque, tout comme la menace de ses paroles. Les familles slaves avaient moins d'impact politiques que les clans, mais elles n'en restaient pas moins dangereuses et influentes.
-Le clan Kemenov vous avait fait comprendre qu'il était dangereux de s'en prendre à ma famille, déclara froidement Alekseï, rassuré par la présence de ses alliés. Si vous cherchez à déclencher une guerre de clan, continuez ainsi.
-Espèce de…
Une main fine attrapa le poignet de l'homme avant qu'il n'ait eu le temps d'agresser physiquement l'héritier des Vasefine. L'acte était parfaitement délibéré. En frappant Alekseï, l'objectif était d'offenser la famille Vasefine pour la pousser à agir de manière inconsidérée. L'insulte étant publique, le père d'Alekseï n'aurait pas d'autre choix que de répondre à l'offense par un duel.
-Espèce de ?demanda affablement Katya, un sourire glacial sur le visage tout en soupirant mentalement. Elle qui venait avec Sergei pour voir son neveu préféré et l'aider à appréhender les futures épreuves, mais aussi les annoncer quelques mauvaises nouvelles... Elle arrivait pile à temps…
-Ma… matriarche Kemenov ?
-Augusta… je suis désolée, déclara doucement Katya. Le Clan Dlavonine vient d'enlever les deux plus jeunes filles du chef des Vasefine. C'est une déclaration de guerre.
La directrice de Poudlard ouvrit la bouche, mais elle n'eut pas le temps de prononcer la moindre parole. D'un geste vif, Katya trancha la gorge de l'émissaire des Dlavonine, éclaboussant de sang la Directrice Adjointe et le Directeur de Durmstrang.
-Aleskeï Lyvonevitch Vasefine, rentrez en Russie. Que les femmes et les enfants se rendent au Palais Pokhastovine, ils y seront en sécurité. Et que votre famille se tienne prête. Cette nuit, le sang va couler.
Katya, sans adresser le moindre regard aux centaines d'étudiants devenus hystériques, attrapa le cadavre et jeta un petit objet à Vladmir.
-Rendez-vous à la maison, Vlad.
Et elle disparut après avoir déclenché le premier acte d'une guerre de clan.
A peine une journée plus tard, dans une petite ville russe, l'air sentait le sang et la suie, alors qu'un adolescent contemplait un vaste domaine maintenant silencieux. Autour de lui, des silhouettes se levaient, parcouraient les cadavres au sol, soignaient les blessés. Quelques murmures et lumières animaient la nuit, mais c'était maintenant l'heure du recueillement.
Vladmir ferma les yeux, las, voulant effacer les souvenirs de la nuit. Ses vêtements empestaient le sang, il avait encore les morceaux de chair dans les cheveux et plus que tout, il se souvenait encore des yeux clairs de la femme de Dlavonine et de ses yeux implorants.
-Ca va, Chaton ? demanda doucement Katya en s'asseyant à ses côtés. Une question rhétorique, à laquelle il choisit quand même de répondre.
-Non, murmura-t-il.
C'était la première fois qu'il se trouvait dans le rôle de l'agresseur dans une guerre de clan. Sur les trois dont il se souvenait, les Kemenov avaient été la cible des deux précédentes… Il y avait une sacré différence entre se défendre et protéger les siens et attaquer avec l'intention de tuer le plus d'hommes possible.
Sa seule consolation, s'il pouvait appeler ça ainsi, était que les Kemenov ne tuaient pas les enfants, bien que le risque de vengeance soit accru. Mais les moindres personnes de plus de 15 ans du clan Dlavonine avaient été décimées, hormis quelques Russes ayant fait un serment de sang de ne jamais s'en prendre au clan Kemenov et à ses alliés.
Katya soupira et l'enlaça. Vladmir ferma les yeux et se laissa aller, les larmes coulant le long de ses joues. Vingt-sept personnes venaient de mourir sous la main de son clan et de ses alliés, les deux-tiers d'un clan renommé. Le clan Kemenov avait subi également quelques pertes. Sept des gardes et un de ses cousins. Il les connaissait tous. Il se souvenait avoir ri avec certains, croiser les autres dans les couloirs du palais Kemenov... Sa seule satisfaction était de savoir les deux jeunes soeurs d'Alekseï et ce dernier en vie.
-Vlad…
Le Russe leva la tête pour croiser le regard de son meilleur ami. Il lui adressa un pâle sourire en constatant qu'Alekseï était aussi blafard que lui et visiblement blessé. Derrière lui, son père, un bras complètement bandé, restait immobile, le visage tourné vers le palais en flammes des Dlavonine. La ville de Kuskovo, à quelques kilomètres de là, n'avait pas encore réalisé qu'un des rares monuments historiques de leur région partait en fumée, une trentaine de cadavres réduits en cendres à l'intérieur.
Une alarme retentit au loin, que tous identifièrent comme les pompiers moldus. Les barrières de protection étaient tombés avec la mort de Ratslav Dlavonine. Les lumières commencèrent à illuminer la nuit et tous soupirèrent.
-Il est temps de partir, déclara Katya. Lyvon, rentrez chez vous et reposez-vous. Il y aura une enquête des Aurors probablement dans la journée, je vous rejoindrais demain matin. Vlad, Alekseï… Poudlard ou le palais Kemenov ?
-Nous avons des obligations à Poudlard, marmonna Vladmir.
-Ah bon ? s'étonna son ami en resserrant un peu le garrot de sa cuisse.
-Malheureusement, soupira Vlad… nous avons une interview avec des journalistes de divers pays.
-Merde…
-Alekseï ! aboya son père devant son juron, avant de rajouter à l'attention de Katya : Ils doivent être soignés.
Il désignait non seulement la jambe de son fils, d'un aspect noirâtre et suintant d'un sang sombre malgré le garrot, mais également la large plaie qui avait déchiré la moitié de la gorge de Vladmir. Seule l'intervention immédiate d'Alekseï avait sauvé le jeune héritier de la mort. Le sort de soin avait empêché l'hémorragie de le tuer, mais les chairs étaient toujours béantes et déchirées.
-Je doute que l'infirmière de Poudlard puisse soigner les enfants.
-Augusta m'a dit que la rencontre aurait lieu demain matin, à la première heure, pendant les cours de potions, dit Vladmir. Le jour se lève, donc je dirais que ce sera dans trois heures.
-Ta main ?
-Encore attachée, marmonna Vlad en levant sa main gauche, quasiment momifiée.
-Allez voir Raspoutine. Il vous rafistolera pour la matinée. Allez voir l'infirmière dès que cet… "entretien" est fini, ordonna Katya. Vos médicomages seront sur place. Je me charge de prévenir Augusta.
Les deux étudiants acquiescèrent et firent un détour par la ville de Saint-Pétersbourg avant de rejoindre Poudlard, juste à temps pour le début des cours.
-Vous avez une sale tête, constata Kévin, qui les attendaient avec leurs uniformes scolaires et leurs affaires de cours, l'inquiétude encore marquée sur son visage. Mais vous êtes là.
Et il serra étroitement son meilleur ami dans ses bras, soulagé de le voir en vie et avec tous ses membres. Quand Katya avait annoncé dans la Grande Salle la nouvelle guerre de clan, tous les membres de l'Alliance s'étaient inquiétés. Une guerre de clan signifiait une nuit potentiellement mortelle pour leur meilleur ami. Personne n'avait dormi, réfugiés dans le QG de l'Alliance pour se réconforter mutuellement.
-Blessures ?
-Diverses et variées, soupira Alekseï, en boitant vers la sortie de la Salle Commune de Serdaigle. Pour le moment, c'est du rafistolage, pour faire acte de présence pour le Tournoi.
Kévin hocha lentement la tête et glissa une main dans sa poche, actionnant le gallion de l'Alliance. Il était temps de prévenir tout le monde que Vladmir allait bien.
-On commence par quoi ? continua Vladmir en anglais.
-Potions, Vlad, on est lundi ! Et toi, Alekseï ?
-Défense contre les forces du mal. Le prof est bien, mais vos sorts sont d'une complexité ! Sérieusement, Bombarda Maxima ? Un simple Explose bien puissant fait le même effet, pas de geste farfelu, de mots barbares…
-C'est du latin, Alekseï…
-C'est bien ce que je dis, barbare !
Vladmir ricana alors qu'il abandonnait son ami dans le grand hall pour rejoindre les cachots. Il arriva juste à temps pour entrer dans la salle avec les autres élèves de sa classe et tous ses condisciples s'arrêtèrent un instant sur l'épais bandage qui entourait sa gorge.
-Tu arriveras à couper les ingrédients ? souffla Kévin alors qu'ils s'installaient, désignant la main décharnée de Vlad.
-Je pense pas…
-Et Vlad, ça va ? s'inquiéta Mandy en se tournant vers lui.
-Tu as mauvaise mine, constata Anthony, son binôme.
-Miss Brocklehurst, Monsieur Goldstein, silence ! ordonna Severus. Nous allons travailler sur les antidotes. Je veux que vous les prépariez avec le plus grand soin, car ils pourraient vous sauver la vie un jour. Monsieur Entwhislte ?
-Vladmir ne pourra pas couper ses ingrédients. Il s'est blessé ce week-end à la main.
Le professeur Prince demanda à Vladmir de lui montrer sa main et pâlit en la voyant, tout comme plusieurs Serpentards et même quelques Serdaigles en reconnaissant la malédiction. Un des étudiants de Poudlard avait été touché par un vieux sort de magie noire provoquant une momification lente du corps.
D'un geste, dans le silence de la salle de cours, il remonta la manche de Vladmir, qui grimaça mais ne dit rien. L'aspect parcheminé et momifié de son bras s'arrêtait maintenant au coude.
-Vous avez pris l'antidote, Monsieur Kemenov ?
-Pas encore, Professeur, un ami de la famille le prépare le plus rapidement possible, soupira Vladmir, évitant de donner le nom de l'illustre mage noir devant une classe entière d'étudiants de Poudlard.
-Qui vous a lancé ce sort ? dit Severus d'une voix menaçante.
-Personne présent dans l'école, Professeur.
Notant le regard noir du Maître des potions, il soupira.
-Guerre de clan durant le week-end, murmura-t-il.
-Liée, je soupçonne, au meurtre du sorcier russe dans la Grande Salle… Votre tante est d'ailleurs recherchée par les Aurors, prévint Severus.
-Elle se présentera dans l'après-midi pour répondre de ses actes et…
Des coups frappés à la porte les interrompirent. Un jeune étudiant blond passa craintivement la tête par l'embrasure avant de prendre son courage à deux mains et s'avancer dans la salle en direction du professeur Prince.
-Oui, Monsieur Crivey ? aboya ce dernier en abaissant la manche de Vladmir.
-Monsieur, je dois emmener Vladmir Kemenov au premier étage. Voici un mot de la Directrice, dit le jeune étudiant de Gryffondor.
Severus l'arracha à moitié, visiblement énervé par la malédiction pesant sur un de ses petits protégés, et lut rapidement les mots parfaitement calligraphiés de la matriarche des Londubat.
-Prenez vos affaires monsieur Kemenov. Monsieur Entwhistle, étant donné que vous serez seul pour réaliser la potion aujourd'hui, je vous donne un quart d'heure de plus que vos camarades et…
Vladmir referma la porte derrière lui pour tomber nez-à-nez avec le dénommé Crivey. Il se souvenait de ce regard perçant qui l'avait marqué durant la répartition et il remit enfin le prénom du garçon, un deuxième année, qui avait travaillé avec Luna l'année dernière dans les groupes d'études.
-Colin Crivey, c'est ça ?
-Oui ! Et toi, tu es Vladmir Kemenov, aussi connu sous le nom d'Harry Potter ! Bon sang, tu es une vraie légende et…
-Colin, le coupa Vlad, tu ne devais pas m'amener quelque part ?
-Oh si ! Viens, suis-moi !
Il remonta vivement vers les étages, entraînant un Russe soupirant derrière lui.
-Sais-tu pourquoi je dois aller au premier étage ?
-Tous les champions sont convoqués pour une séance photo et une interview.
-Tu prends des photos, toi aussi, me semble-t-il, dit nonchalamment Vladmir, amusé par l'attitude excitée du garçon.
-Oui ! Je veux être photographe plus tard ! Mais comment le sais-tu ?
-Tu as un appareil photo qui dépasse de ta poche, rit Vladmir. Luna m'a dit qu'elle adorait tes photos.
Le visage de Colin s'illumina alors qu'il demandait ce qu'elle avait dit exactement.
-Tu captes l'essence des gens. Même si les photos sorcières sont vivantes, elle m'a avoué que tu arrivais à rendre magiques des photos qui le sont déjà. Venant d'une sorcière de sa trempe, c'est un merveilleux compliment !
-Je… je… Ah, c'est là, déclara tristement le jeune né-moldu en désignant une porte.
-Si tu veux vraiment faire photographe, demande à Luna si elle peut t'arranger un stage avec son oncle, cet été. Amiphilius est un journaliste indépendant pour la presse internationale et il a toujours besoin de photographes talentueux pour travailler avec lui.
Le regard de Colin Crivey s'éclaira alors qu'il remerciait Vladmir de son conseil. Le Russe sourit doucement en massant sa gorge douloureuse maintenant que les potions calmantes finissaient de faire effet. Il se dépêcha de boire une des dizaines de fioles contre la douleur dont Raspoutine avait bourré ses poches et celles d'Alekseï avant d'inspirer et entrer dans la pièce.
Après avoir frappé à la porte, il se retrouva dans une petite salle de classe aménagée de manière à ce que plusieurs tables recouvertes de velours écru, couleur neutre, se trouvent sur l'estrade, devant une dizaine de sièges. Cinq autres sièges étaient posés au pied des tables. Plusieurs personnes étaient déjà présentes, et il entendait des discussions venir d'une autre porte.
-Vlad, dit Alekseï d'une voix fatiguée et tendue par la douleur.
-Ca va ?
-Ma jambe brûle, mais c'est que la guérison est en cours, soupira son ami russe. Et toi ?
-Heureusement que j'ai de bons boucliers d'Occlumencie. Prends une des fioles, conseilla Vlad.
Viktor Krum, qui les écoutait discrètement, s'avança à son tour vers eux après avoir vu Alekseï avaler une potion d'un vert sombre.
-Vous avez vraiment une tête affreuse. Vous savez que votre photo va apparaître dans différents journaux ?
-Je ne m'inquiète pas trop pour cela, soupira Alekseï. De toute façon, les journaux risquent d'en parler demain donc…
-Parler de quoi ? demanda Cédric, qui avait décidé de se mettre au russe après avoir constaté que tous ses amis de l'Alliance le parlait couramment. Contrairement aux deux Russes, effectivement pâles, le visage fatigué et tiré, quelques blessures encore visibles sur leurs visages, le Poufsouffle était parfaitement frais et souriant.
-Les Kemenov et les Vasefine ont mené une guerre de clan cette nuit, contre les Dlavonine, expliqua Viktor. C'est un miracle qu'ils soient tous les deux encore en vie.
-On a eu la chance que les Dlavonine aient un sérieux complexe de supériorité. Ils ne nous pensaient pas capables de les attaquer en vertu des règles des guerres de clan, même s'ils avaient les deux soeurs d'Alekseï.
-Seigneur Potter ?
-Oui, Heretem Delacour ? s'enquit poliment Vladmir lorsque Fleur Delacour s'approcha d'eux, son coéquipier de Rochefroide derrière elle. Quand il était entré, elle discutait joyeusement avec le second français en lisse, rejetant ses cheveux en arrière avec distraction. Heureusement, l'étudiant de Rochefoide semblait insensible au charme magique de la vélane.
-Je voudrais vous présenter Matthieu Bousquet. Matthieu, voici Vladmir Kemenov, Prince Potter.
-Votre Altesse, s'inclina le français, un jeune homme aux traits affables mais aux yeux verts perçants, d'une teinte quasiment aussi soutenue que Vladmir. C'est un honneur de vous rencontrer.
-Honneur partagé, répondit aimablement Vladmir.
-J'espère que vous ne le prendrez pas mal, Vladmir, mais je ne compte pas vous laisser gagner, bien que vous puissiez potentiellement être mon souverain, dit le français avec taquinerie.
Vladmir éclata de rire, ce qui lui fit un bien fou après la soirée mouvementée qu'il avait vécu. Il s'arrêta cependant rapidement et toussa un peu en se frottant la gorge, attirant sans le vouloir l'attention sur l'épais bandage partiellement caché par son uniforme.
-Nulle offense, Matthieu, j'espère bien que vous ne vous plierez pas face à moi. Nos écoles restent concurrentes, et les statuts individuels n'ont rien à faire dans la situation actuelle, reprit Vladmir avec un petit sourire, leur faisant également comprendre qu'ils n'avaient pas intérêt à poser des questions sur ses blessures.
-Magnifique ! s'exclama soudain Ludo Verpey en apparaissant entre eux. Nos six champions discutant entre eux, quelle belle preuve de fair play ! Bien, puisque vous êtes tous là, passant aux choses sérieuses… L'examen des baguettes ! Le reste du jury sera là dans quelques instants et… un problème, monsieur Kemenov ?
-L'examen des baguettes ? répéta lentement le Russe.
-Nous devons vérifier que vos baguettes sont en parfait état de fonctionnement. Ce sont vos instruments les plus importants pour accomplir vos tâches ! Que serait un sorcier sans baguette ?
-Et ensuite ? demanda doucement Fleur, alors que Verpey recevait des regards ébahis des étudiants étrangers devant le discours complètement aberrant du sorcier. Comme il l'avait dit, ce n'était qu'un instrument, pratique, mais non indispensable. Ils restaient des sorciers, même sans baguette magique !
-Par la suite, vous serez interviewés par plusieurs journalistes de différents quotidiens, une conférence de presse, pour faire simple. Rita Skeeter pour La Gazette des Sorciers et Sorcière Hebdo, désolé, rajouta rapidement Verpey lorsque les deux étudiants de Poudlard gémirent de désespoir à la mention de l'hebdomadaire féminin. Il y aura également Amiphilius Lovegood pour Le Chicaneur, un certain David de Raspières pour Le Monde Magique et Sabine Courtin pour Magie Libre. Quant à nous champions slaves… Les quotidiens Sega Magia et L'Aube Rouge seront représentés par Lumi… Luminita Desui et Yascheslaf Oktadeteski
-Lumino Tisesciu, le reprit Viktor avec un petit sourire amusé.
-Et Vyacheslav Vitalievitch Odkadteski, corrigea Vladmir, riant malgré lui de l'affreuse prononciation du Directeur des sports et des Jeux Magiques. Le plus célèbre chroniqueur politique de L'Aube Rouge avait un nom dur pour tout autre personne que les slaves.
-Je suis ravi de voir que vous arrivez à prononcer correctement mon nom, votre Altesse, déclara un homme corpulent et souriant. Il était suivi par les autres membres du jury ainsi que divers sorciers et sorcières des différents journaux. Trois sorciers armés d'appareils photos se trouvaient également parmi eux.
-Et je suis ravi de rencontrer en personne un reporter international aussi renommé.
-La flatterie ne vous sied gère, jeune homme.
-Je ne flatte pas, Odkadteski, j'ai grandi avec une ancienne auror reconvertie en politicienne aguerrie. Je sais reconnaître un journaliste compétent quand je lis ses articles.
Vladmir jeta un regard narquois en direction d'une sorcière blonde à la coiffure complexe et affreuse, vêtue d'une robe rose sombre.
-Je m'interroge toutefois sur la couverture d'un tel événement par un spécialiste de la politique, reprit Vladmir en voyant la sorcière blonde se diriger vers eux.
-Le fait que le tsarévitch en soit participant, forcé de surcroît, est suffisant pour que je sois concerné. Les retombées politiques de votre mort dans un tel tournoi serait...
-Monsieur Kemenov, pourrais-je avoir une petite discussion avec vous ? coupa soudain Rita Skeeter, s'attirant des regards furieux de tous ses collègues.
-Mais, bien sûr..
-… que non, trancha Vladmir avant que Ludo Verpey ait pu finir sa phrase. Ceci est une conférence de presse, Miss Skeeter, pas d'interview individuelles.
-Mais...
-Je discute à titre privé avec un compatriote russe, vous n'êtes pas conviée ! grogna Vlad en faisant volontairement ressortir son accent.
Derrière la sorcière anglaise, ses confrères étrangers masquèrent vite des sourires amusés. La réputation de la journaliste de la Gazette des Sorciers avait, semblerait-il, traversé la Manche, mais pas de manière valorisante.
Avant de la discussion ne s'envenime, Felix Selwyn intervint et pria tout le monde de prendre leur place. Les six champions s'installèrent derrière les tables recouvertes de velours, tandis que les membres du jury siègeaient à leurs pieds et que les journalistes s'installaient confortablement sur les chaises mises à leur disposition.
A cet instant, la Directrice arriva aux côté d'un vieux sorciers aux grands yeux pâles.
-Je vous présente Monsieur Garrick Ollivander, qui va vérifier vos baguettes magiques pour s'assurer qu'elles sont en bon état de fonctionnement avant le tournoi.
Quelques photos et notes furent prises alors que l'homme s'avançait dans le petit espace entre les jurys et les journalistes.
-Mademoiselle Delacour, pourriez-vous venir, s'il vous plait ? demanda aimablement le nouveau venu en se tournant vers la concernée.
La vélane s'approcha et lui tendit sa baguette magique, qui projeta quelques étincelles rosées lorsqu'elle atterrit dans les mains du fabriquant de baguettes.
-Vingt-trois centimètres trois quarts… très rigide… bois de rose et…oh ! s'exclama Ollivander en arrêtant de faire tourner l'item magique entre ses doigts fins.
-Un cheveu de ma grand-mère, déclara la jeune femme.
-Oui… Léanne est une excellente conceptrice de baguettes et j'admire son travail, bien que nous n'utilisions pas les mêmes noyaux magiques. Orchideus !
Une belle hampe florale d'orchidées roses apparut, qu'il donna à Fleur Delacour en même temps qu'il lui rendit sa baguette magique. Tous les sorciers au courant du langage des fleurs ricanèrent lorsque celle-ci rougit fortement en prenant la fleur et quelques flashs des photographes se firent entendre.
-Elle correspond à votre nature profonde, très chère, taquina le vieux sorcier. Votre baguette fonctionne parfaitement. Monsieur Bousquet ?
Le champion de Rochedfroide se leva pour tendre sa baguette magique.
-Toujours une œuvre de cette chère Léanne… Vingt-et-un centimètre… souple… buis et… tiens tiens… deux cœurs ? Crin de sombral et du sang ?
-Sang de mon grand-père, je ne compte plus la génération, sourit narquoisement le français.
-Vampire ? soupçonna Ollivander. Un excellent amplificateur, très puissant. Une baguette de duel mais après tout, ce n'est pas surprenant pour un étudiant de Rochefroide… Gladuim Lucius !
Un couteau extrêmement tranchant apparut devant lui, qu'il fit revenir d'un geste à son aspect de plume originelle.
-Excellent état. Monsieur Diggory ? Ahhh… je la reconnais, fabriquée par mon père, s'exclama Ollivander avec enthousiasme. Un crin de licorne, un mâle magnifique et très attaché à son bien… Trente centimètres et demi en frêne, souple… Excellent état ! Vous l'entretenez régulièrement, affirma le sorcier tout en faisant apparaître des petits anneaux de fumées. Monsieur Kemenov ? Ou devrais-je dire, Monsieur Potter ?
Au regard noir que lui jeta le Russe, Garrick Ollivander soupira en tendant la main pour récupérer la baguette de Vladmir.
-Je suis surpris de ne pas vous avoir vu dans mon humble boutique. Après avoir fourni deux générations de Potter, j'attendais la suivante avec impatience.
-J'ai fait le choix de me fournir là où tous les Kemenov ont acheté leur baguette magique, expliqua Vladmir sans toutefois tendre son item.
-Monsieur Kemenov ?
-Ma baguette magique est protégée par des enchantements spécifiques, Monsieur Ollivander. Vous ne pourrez pas la toucher et je refuse de lever les sorts, car ils sont bien trop coûteux en énergie pour que je les replace maintenant.
-Vous…
-Hum… excusez-moi, mais en Russie, donner sa baguette à une tierce personne est un fait rare et nécessite une confiance immense, déclara le journaliste de L'Aube Rouge. La réticence de Monsieur Kemenov est parfaitement compréhensible.
-Bien, je me contenterais d'une analyse visuelle, soupira Ollivander. Le fabriquant ?
-Dinaya Obolovna.
Le journaliste de L'Aube Rouge s'étouffa dans sa boisson alors qu'Ollivander fronçait les sourcils.
-Je ne connais pas cette femme. Il me semblait que Gregorovitch se chargeait des pays slaves.
-Gregorovitch est mort avant que je ne puisse me rendre à sa boutique.
-Obolovna est une des rares conceptrices de baguettes sur-mesure, elle réside en Russie d'Extrême-Orient, au bord de la mer d'Okhostk, annonça Odkadteski. Elle fournit également la plupart des sorciers japonais.
-Hum.., répondit Ollivander. Cela me semble être de qualité, bien que composé d'éléments assez surprenants… vingt-six centimètres, en mélèze du Japon avec un noyau en plume d'hippogriffe et… sang de vampire également ?
-Grand-Oncle du côté Kemenov, déclara d'un ton neutre Vladmir.
-Le Knyaz de Saint-Petersbourg ? demanda avec intérêt le journaliste de L'Aube Rouge.
-Le Knyaz de Saint-Petersbourg est un excellent ami, mais non, ce n'est pas lui, répondit Vladmir.
-Comme je ne peux malheureusement pas toucher votre baguette, mon cher, pouvez-vous jeter un petit Lumos pour moi ?
Vladmir soupira et lança le sort demandé avant de retourner s'asseoir.
-Monsieur Krum ?
Le bulgare se plia à la même cérémonie que les autres. Ollivander identifia cette fois le fabriquant, feu Gregorovitch et détermina qu'il s'agissait de charme, avec un nerf de cœur de dragon. Alors que de petits oiseaux pépiant jaillissaient de la baguette de Viktor, il appela finalement Alekseï, qui lui présenta sa baguette sans toutefois la lui tendre, comme l'avait fait auparavant Vladmir.
-Une baguette de…. AHHHH !
-Le con ! rugit Alkseï en récupérant sa baguette magique, que l'homme avait saisi sans qu'il ait le temps de l'empêcher. Il n'écoute pas les mises en garde ou quoi !?
Autour de lui, les journalistes s'étaient levés d'un bon, grattant leurs calepins alors que les photographes mitraillaient Ollivander. Les membres du jury bondirent immédiatement, mais Alekseï s'était déjà agenouillé auprès de l'homme criant de douleur, ses mains à moitié brûlées.
-Alekseï…cria Vladmir.
-Ça lui fait les pieds ! cracha le Russe en regardant l'homme hurlant au sol, avant de finalement lever sa baguette magique et trancher sa main et d'asperger de sang le fabriquant de baguettes magiques. Annule, par le sang d'Alekseï Lyvonovitch Vasefine !
Le vieux sorcier se calma immédiatement et les traces de brûlures disparurent quasiment immédiatement.
-Quand on vous dit de ne pas toucher une baguette d'un sorcier russe sans permission, ce n'est pas pour rien, lâcha Alekseï en se redressant pour observer les journalistes.
-Vous auriez dû prévenir Monsieur Ollivander, déclara la sorcière française.
-Madame, il savait que j'étais Russe et Vladmir venait de passer juste avant moi. Je ne le pensais pas aussi stupide pour ne pas faire le lien.
Et Alekseï retourna s'asseoir à sa place, après avoir jeté un Lumos aveuglant pour prouver que sa baguette magique était en parfait état. Seuls les journalistes slaves le virent grimacer tout en massant sa jambe douloureuse et avaler une fiole de potions.
-Bien, soupira Ludo Verpey alors que Garrick Ollivander était emmené à l'infirmerie. Passons aux questions des journalistes, puis nous ferons quelques photos. Honneur aux dames.
-Comment se fait-il que, au lieu des trois champions prévus, vous soyez six à concourir ? demanda la sorcière de Magie Libre.
-Après que les champions ont été désignés, un quatrième nom est sorti de la coupe de Feu, celui de Vladmir Kemenov.
-Etant donné qu'il s'agit d'un contrat magique, je ne peux me désister. Afin d'équilibrer les choses, Lord Rowle a demandé à Durmstrang, Rochefroide et Beaubatons de choisir un deuxième champion.
-Sont-ils sous contrat également ? demanda Amiphilius Lovegood.
-En effet, nous sommes sous les mêmes contraintes que les champions initiaux, répondit Alekseï. Le Ministère anglais a mis rapidement en place les contrats sur le modèle de celui de la Coupe de Feu.
-Quels sont les vrais champions ? demanda avidement Rita Skeeter.
-Il n'y a pas de vrais et faux champions, trancha Viktor Krum, acerbe, après avoir échangé un regard avec les autres étudiants présents.
-Miss Delacour, quel effet cela fait d'être la seule femme à participer ? demanda David de Raspières.
-Je suis à la fois flattée et honorée d'être la seule femme et en même temps tellement déçue.
-Monsieur Kemenov, est-il vrai que vous avez mené une guerre de clan pas plus tard que cette nuit contre les Dlavonine ? demanda avec curiosité Odkadteski, même si, pour lui, la réponse était évidente aux vues des bandages et des potions avalées discrètement par les deux héritiers de clan. Ils avaient bien du courage pour faire face à une horde de journaliste le lendemain même d'une attaque. Ils n'avaient probablement pas dormi, aussi.
Le sursaut craintif d'Igor Karkaroff à la mention des Dlavonine n'échappa pas à grand monde et Vladmir nota ce détail dans son esprit.
-Question hors de propos à laquelle je ne répondrais pas, renifla le Russe avant d'accepter d'un signe de tête l'excuse silencieuse du journaliste.
-Avez-vous une fiancée ? Après tout, entre tous vos titres et votre statut de Garçon-qui-a-survécu…
La journaliste de La Gazette du Sorcier n'eut pas la possibilité de finir sa question. Le regard que lui lança Vladmir aurait suffi à faire geler le Lac Noir.
-Question à nouveau hors de propos et déplacée de surcroît. Ma vie privée ne vous regarde pas et si j'apprends que cette merveilleuse plume – précisa-t-il en désignant la plume à papote – a modifié une seule de mes paroles, vous verrez ce que valent mes titres sur le plan juridique et politique.
Les autres journalistes jetèrent des regards de dégoût en direction de l'artefact magique.
-Monsieur Krum, après votre performance à la coupe du monde de Quidditch, le Tournoi des Trois Sorciers… vous vous sentez confiant ?
-Oui. Je n'appréhende pas de la même manière les deux. Pour moi, le Tournoi des Trois Sorciers est une question d'honneur pour l'école. Pour le Quidditch, je joue pour le plaisir et le challenge.
-Vous connaissiez-vous auparavant ?
-Oui, répondit Alekseï. Vladmir et moi sommes presque voisins et avons grandi ensemble. Il connaissait également Cédric, après tout, ils sont dans la même école. Et il connaissait également Viktor, qu'il a rencontré lors des championnats de Flightracing et lors de l'ouverture de la coupe du monde.
-Vous participez à des courses de Flightracing ? s'étonna Lumino Tisescui…. Attendez… vous êtes ce Kemenov ?! Le fou qui a fait l'échange de balais lors de la coupe du monde ?!
-Je ne suis pas sûr que fou convienne, nuança Vladmir, mais oui, je suis ce Kemenov là.
-Qu'est-ce que le Flightracing ? demanda Sabine Courtin, de Magie Libre.
-Une course de balai dans un environnement naturel, répondit Fleur Delacour. C'est un sport méconnu en France, mais j'ai assisté à la Course Caritative de cette année, en Sibérie… C'est vraiment époustouflant.
-Monsieur Krum est un champion de Quidditch reconnu, Monsieur Kemenov est une étoile montante dans le Flightracing et je crois savoir que Monsieur Diggory dirige l'équipe de Quidditch de la maison Poufsouffle. Avez-vous des compétences dans le sport, miss Delacour, Messieurs Bousquet et Vasefine ?
-Je suis champion de France junior en Duels, répondit Matthieu avec un sourire de fierté.
-Et il est excellent, confirma Fleur Delacour. Je suis danseuse étoile au ballet aquatique de Paris.
Vladmir haussa un sourcil de surprise. Les ballets aquatiques étaient de vraies œuvres d'art, les danseurs et danseuses évoluant dans une immense pièce remplie d'eau. C'était quelque chose de très gracieux, demandant une précision incroyable pour arriver à créer un mouvement parfait dans un environnement totalement différent. Les règles d'apesanteur disparaissaient presque, mais la densité de l'eau qui rendait le moindre déplacement difficile. Les ballets étaient incroyables. C'était comme voir des oiseaux réaliser des figures dans le ciel, mais dans l'eau.
-Je croyais les Vélanes incompatibles avec l'eau ?
-Non, vous faites l'amalgame avec nos différents avec les sirènes. Le fait que nous entretenons une certaine rancœur avec ce peuple de l'eau ne nous rend pas aquaphobe pour autant.
-Et vous, monsieur Alekseï ?
-Je détiens le record de Durmstrang dans la course à pied… pour fuir les professeurs, plaisanta le Russe, faisant rire tout le monde.
-Il est modeste, car à l'école, il est connu pour être effectivement une vraie flèche. Un jour, un des gars de l'équipe de Quidditch a voulu savoir sa vitesse de pointe. Ils sont partis d'un même point… Alekseï est monté à une vitesse de près de 100 km/heure. Il est surnommé Vif d'Or, depuis. Certains cherchent encore la raison de sa rapidité… magique.
Alekseï rougit sous les rires des journalistes.
-Vous avez donc tous individuellement des capacités physiques, qu'en est-il de vos talents magiques ? reprit Tisescui.
-Nous sommes dans ce tournoi pour vous les montrer, rit Matthieu.
-Pensez-vous pouvoir vous entendre, dans chaque binôme ? Le contraste magie noire et magie blanche est présent dans tous vos paires, cela ne risque-t-il pas de provoquer des frictions ?
-Non, déclara Cédric, à la surprise de tous. Car ce n'est pas la magie qui est noire, mais l'intention derrière. Je côtoie Vladmir depuis suffisamment de temps pour avoir compris cela. Il est un sorcier noir, use de magie de sang et même de sacrifices, mais ce n'est pas pour autant qu'il est mauvais.
-Durmstrang est une école enseignant les deux types de magie. Je serais hypocrite de reprocher l'usage de magie noire à Alekseï alors que je jette tous ces sorts en cours.
-Je suis une Vélane. Certaines sociétés magiques me considèrent comme moins qu'un animal. Pourquoi devrais-je rejeter un homme à cause de son sang et de sa magie préférentielle ? Oui, Matthieu a du sang de vampire dans les veines, oui, il utilise la magie noire, mais je n'ai rien contre.
-Quant à travailler ensemble, reprit Viktor, je crois que nous connaissons tous assez bien nos binômes, nous savons ce que nous pouvons faire, ou ne pas faire.
Cette preuve de tolérance clôtura la séance de questions/réponses et après quelques photos, ils furent libres de rejoindre leurs classes.
Alors qu'il choisissait d'aller au QG de l'Alliance pour attendre les autres avant d'aller manger, il eut la surprise de tomber sur Sergei et Katya.
-Tu ne devais pas aller à l'infirmerie pour finir de te faire soigner ? lui reprocha Katya.
Vladmir jura, ayant complètement oublié sa main. La malédiction était remontée jusqu'à l'épaule et il fut emmené d'office à l'infirmerie, où Alekseï se faisait examiné par Madame Pomfresh.
-Tu as failli oublier ? ricana Alekseï, en caleçon, alors que l'infirmière examinait sa jambe.
-Tais-toi, grogna Vladmir alors que le médicomage des Kemenov apparaissait avec Augusta et Raspoutine, suivi par celui des Vasefine.
-La malédiction a bien avancé depuis ce matin, soupira le mage noir immortel en examinant le bras momifié. J'ai fini la potion ce matin, tu vas la prendre. Je te préviens tout de suite, tu vas t'endormir très profondément, le temps qu'elle agisse sur ton corps…
Vladmir acquiesça et avala la potion d'un bleu sombre. Il sombra immédiatement dans le coma.
Il ne vit pas Pomona Pomfresh l'examiner avec sa médicomage, avant qu'elles finissent de soigner sa gorge et les nombreuses autres blessures superficielles qui avaient résulté de la guerre de clan. Pas plus qu'il ne vit Katya se lever après l'avoir embrassé et se rendre aux Aurors, pour s'expliquer du meurtre du sorcier russe.
Il ne vit pas Sergei le veiller pendant les deux jours de son coma, restant à son chevet, immobile. Pas plus qu'il ne vit ses amis passer les uns après les autres pour prendre de ses nouvelles.
Il ne se réveilla finalement que le troisième jour, pour tomber nez-à-nez avec Sergei, à moitié somnolant sur une chaise à côté de lui.
-Que…
Il grimaça sous la douleur de sa gorge et essaya de porter une main à sa gorge, avant de commencer à paniquer quand il réalisa qu'il ne pouvait pas bouger.
-Chut… Chaton, calme-toi. Madame Pomfresh, il est réveillé !
L'infirmière arriva immédiatement et rassura Vladmir. S'il ne pouvait pas encore bouger, c'était parce qu'il avait encore un peu de potions dans son organisme. Cela allait durer quelques heures de plus avant qu'il puisse bouger librement.
-Ma… gorge… croassa Vladmir.
-Monsieur Kemenov… vous avez failli être égorgé, ne vous étonnez pas que vous ayez un peu mal après que votre cou soit guéri ! Je suis même surprise que vous aillez pu faire cette conférence de presse, rajouta-t-elle, réprobatrice. Maintenant, veuillez vous reposer. Monsieur Pokhastovine, je compte sur vous pour le garder au calme.
-Bien sûr, Madame, sourit le vampire.
-Ser.. gei…
-Oui, Chaton ?
-Ka… tya ?
-Elle a pu prouver le bon droit du clan Kemenov de la mort de l'émissaire des Dlavonine devant la Cour de justice russe, grâce à des anciennes lois de clan. En vertu des accords internationaux, elle sera bientôt libérée de prison. Lucius ne peut pas faire grand-chose, étant donné qu'il est Ministre de la Magie. Il râle en disant qu'il aurait dû attendre un an avant de renverser le ministère, il aurait ainsi pu graisser la pâte de Fudge.
-Tsar ? demanda d'une voix hésitante Vladmir. Il n'avait pas oublié le nom donné par Serpentard, celle de la première dynastie des tsars qui avait régné pendant près de 7 siècles sur ce qui allait devenir une partie de la Russie.
-Non, Chaton. Oui, j'étais de la dynastie royale des Riourikide, mais je n'étais qu'un prince, bien avant que les premiers tsars ne montent sur le trône.
-Toi et H… Helga ?
-Tu n'as pas oublié, hein ? soupira le vampire.
Vladmir lui jeta un regard implorant et Sergei soupira à nouveau avant de commencer son histoire.
-J'ai été transformé, il y a près de mille ans. Pour tout te dire, je ne sais plus quand exactement, ça commence à dater un peu… J'ai rencontré Helga Poufsouffle lorsque j'étais encore humain. Elle voyageait à travers l'Europe pour apprendre de nouvelles magies avec les autres Fondateurs et ils ont fini par arriver dans mon pays. C'était bien avant la création de l'école et ils étaient encore en apprentissage. Ils sont arrivés dans la ville de Skidlav… Ce n'était pas encore l'URSS ou la Russie, juste un petit royaume slave appelé Novgorod. J'étais le cousin du roi de cette petite province et en tant que tel, j'étais habilité à recevoir les invités de haut rang. Helga et ses amis devaient rester uniquement quelques jours, mais les jours sont devenus des semaines, puis des mois… Nous avons appris à nous connaitre et à nous aimer… Nous allions nous marier lorsque j'ai été transformé de force par Dimitri Pokhastovine. Je n'ai pu me libérer de son emprise qu'après deux siècles, et elle était morte depuis longtemps.
Vlad resta bouche-bée devant la nouvelle. Cela expliquait les larmes d'Helga et la rancœur des autres sorciers. Ils avaient pensé pendant un millénaire qu'Helga Poufsouffle avait été abandonnée quasiment devant l'autel !
-J'ai eu un fils, souffla finalement Sergei.
-Pardon ? lâcha Vladmir.
-J'ai eu un fils… Et j'ai des descendants… Cette autre tapisserie, dans la Crypte…
-Ils… toujours… Angle… terre ?
Sergei hocha la tête.
-Ma petite-fille est une sorcière formidable, et je ne parle pas de son petit-fils, sourit avec douceur le vampire. Par contre, je vais devoir demander à Gregori un coup de main pour son fils et sa femme.
Vladmir éclata de rire en réalisant qui étaient ses descendants. La vie était pleine d'ironie.
Myra : Un Drago avec des photos et un serpentard avec un moyen de chantage ;) Hum… pour ta remarque, je la note et j'agierais en conséquence après réflexion :S arrivée au chapitre 40 j'ai réalisé une chose… j'aurais du faire un récapitulatif de tous les détails et car même si j'estime avoir une mémoire satisfaisante, certaines anecdotes passent à la trappe :/
Shira : Oups désolée ^^ Poudlard… est au programme mais quand, telle est la question ;) Et certes, il s'agit d'une incohérence, mais je me suis rattrapée dans le chapitre suivant ! Sinon, oui… déjà cinquante ! Mais ca fait quand même plus d'un an qu'elle est en cours :)
Leia22 : Tu as tout à fait raison, Vlad va lui faire payer, avec les intérêts, évidemment ;) Et sinon, effectivement, ça commence à faire quelques chapitres. Et pour ta dernier question… pour le moment, pas de publications prévues sur mes propres univers, même s'ils existent :)
Astaroth671 : Pas assez de chapitres ?! ? oO il t'en faudrait combien pour que tu sois satisfait alors XD parce que je pense en faire une vingtaine de plus pour finir cette histoire ;)
Marie : Merci :) Vladmir a prouvé en faisant ce serment qu'il voulait plus que tout faire payer à celui qui l'a inscrit de force au tournoi et donc qu'il ne voulait absolument pas participer ^^
Voltea : Je suis ravie de savoir que tu apprécies toujours cette histoire ! La suite t'a plu ?
Guest : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a beaucoup touchée, surtout que tu suis l'histoire depuis le début ^^ Oui, tu auras quelques romances, mais elles resteront en second plan. J'espère que la suite te plaira tout autant !
Lily : Le binôme a l'avantage être équitable pour tous les écoles ^^
Balu009 : Tu sais maintenant pourquoi Hermione a été « appelée » par Poudlard ! L'explication concerne évidemment son statut de Licorine XD Pour la Coupe de Feu, je me doutais que c'était du déjà vu et je ne savais pas trop comment le tourner pour rendre l'ensemble intéressant et non pas barbant ^^ Ravie que cela ait fonctionné ! En tout cas, merci pour ta review.
Iana : Merci pour ta review !
Ary : et oui, les Fondateurs seront présents de manière ponctuelle, comme tu as pu le voir. Et les autres testeront leur sang par la suite, ils avaient d'autres flereurs à fouetter durant la nuit pour le faire tous. Le QG de l'ancienne cellule va évidemment faire l'objet d'une chasse au trésor XD
Pour les comptes, Cédric gère le tout. Il se charge de payer les fournisseurs (tous membres de la Cour des Mirages). Ensuite, 5% du prix de vente fait aux étudiants revient également à la Cour (en fait, elle taxe 5% sur tous les intermédiaires). En gros, les revenus sur 100 gallions d'alcool vendu à Gryffondor, 5 gallions vont à la Cour et 40 gallions aux fournisseurs (sur ces 40 gallions, 8 vont également à la Cour des Mirages concernée). Il reste 55 gallions, répartis entre les différents membres à parts également. Seuls les potions, brassées par un des membres, rapportent plus à une personne donnée, comme Kévin. Ca te va comme explication ?
