Bonjour,

J'espère que vous allez tous bien et je vous remercie pour vos nombreuses reviews. Nous touchons vraiment à la fin de l'histoire, ça va vraiment me faire tout bizarre de poster les derniers chapitres après tant de mois passés auprès de vous. J'ai à peine eu le temps de relire en diagonale ce chapitre alors j'espère que les fautes ne seront pas trop nombreuses. Ne m'en tenez pas rigueur s'il vous plaît, sinon j'aurais été obligé de retarder la publication...

Bonne lecture,
Patmol25


L'incorrigible attraction

Chapitre 49

James Potter était sur le point de devenir fou. Sa mâchoire était si contractée qu'une douleur sourde pulsait dans le bas de son visage et se répandait jusqu'à ses yeux. Mais il était incapable de détendre ses muscles, toute son attention uniquement concentrée sur Harry. Harry. Son fils unique. Son fils de dix-neuf ans. Son fils adoré mais avec lequel sa relation s'était délitée, fracassée contre une réalité que James était incapable de supporter, d'accepter.

L'homosexualité de son garçon… Soit. Il pouvait s'y faire. Il avait toujours su qu'il y avait quelque chose de bizarre chez Harry. Son fils avait toujours été un beau garçon. Même s'il n'était ni très grand, ni très musclé, son corps enfantin avait laissé place à une musculature athlétique forgée grâce à de nombreuses heures de course à pied. Ses yeux émeraude… Nom de Dieu, Harry était totalement inconscient de l'effet de ceux-ci sur les autres, même derrière une paire de lunettes lui mangeant la moitié de ses yeux tant il était myope.

Harry était plus beau chaque jour et pourtant, il ne fréquentait aucune fille. Personne. James avait été lui-même un coureur de jupon pendant son adolescence et il était loin – très loin – d'avoir autant de charme que son propre fils. Car si – sans ego démesuré – James savait qu'il avait été un jeune homme plutôt attirant, Harry l'était d'autant plus aujourd'hui car sa beauté physique était couplée à une beauté intérieure que James était loin d'avoir eu au même âge. Harry était profondément gentil et bienveillant envers les autres même si, fort heureusement pour James, il était tout à fait en mesure de rabattre le caquet de ceux tentant de le malmener.

Alors comment ? Comment Harry faisait-il pour rester cet éternel célibataire ? Alors même que ses amis finissaient tous, un par un, à s'afficher avec des jeunes filles, voire même à les présenter à leurs proches. James s'était questionné : Harry craignait-il que Lily et lui n'accueillent pas correctement une potentielle petite-amie ? Mais cette hypothèse ne tenait pas. Si James admettait avoir été un père peut-être un peu trop protecteur et paranoïaque avec Harry, il avait toujours veillé à accueillir ses amis avec courtoisie.

Quand il interrogeait Harry sur son célibat prolongé, le gamin trouvait toujours divers prétextes pour expliquer cela : les études, la fatigue, la course, les potes. Bref, Harry avait toujours trop de choses à faire pour avoir le temps de se consacrer à une petite-amie. Mais bon sang, Harry comme tous les gamins de son âge, avait bien des envies, non ? James se sentait toujours très mal à l'aise face à ces questionnements.

Il avait été tellement naïf et aveuglé par ses propres convictions. Sirius avait pourtant tenté de lui souffler l'idée que Harry préférait peut-être les hommes. La première fois, il avait ri. La seconde fois, il avait rembarré sèchement son meilleur ami. La troisième fois, il s'était franchement fâché et Sirius avait simplement levé les mains en signe d'apaisement tout en soupirant. Puis, ils avaient retrouvé Harry dans le lit de Tom Jedusor et James avait été plus choqué de le voir au lit avec le patron de la mafia qu'avec un mec au final.

Comme il l'avait expliqué à Harry à l'issue du procès – celui où il avait ardemment œuvré pour que Jedusor se fasse coffrer le plus longtemps possible – James avait longuement réfléchi pour comprendre cette nouvelle personne qu'était devenue son fils. À partir du moment où ses collègues avaient sorti Harry du lit de Jedusor dans la maison de Hastings, il avait su. Il avait aussitôt compris que Harry n'était pas qu'un passe-temps sexuel pour le parrain de la mafia. Non. Loin de là. Il n'avait eu qu'à regarder le désespoir, la peur puis la détermination briller dans les yeux émeraude de son fils.

Harry ferait tout pour protéger Jedusor. Et il l'avait fait. Il avait menti sciemment à la police, à lui, à Lily, à Sirius, à Kingsley et à tout les autres. Au bout de trois jours de garde à vue, Harry avait tenu bon, continuant de répéter encore et encore qu'il n'était au courant de rien des affaires de Tom. Comme s'il n'avait jamais entendu parler de Lord Voldemort et de la guérilla menée par la mafia dans les rues de Londres. Comme si Jedusor avait respecté le code d'honneur de la mafia en tenant à distance son compagnon des affaires de la mafia.

Mais quoiqu'il en soit, Harry avait trempé dedans. De près ou de loin. James n'était jamais parvenu à établir les faits réels du degré de participation de son fils. Il doutait sincèrement que Harry ait pris activement part aux affaires de la mafia. Il n'avait certainement pas prêté serment au code d'honneur lors de la cérémonie d'intronisation des jeunes membres de l'organisation criminelle. Car malgré tout l'aveuglement dont il avait fait preuve par rapport à son fils, James était certain d'une chose : Harry n'aurait jamais rejoint, de son plein gré, la mafia et agit pour elle. Il était certain que son fils, éperdument amoureux de ce connard de Jedusor, avait simplement fermé les yeux sur la double vie de l'homme.

Et même si James s'était arrangé pour rendre irrecevable un paquet de preuves pouvant accabler son fils, lui-même et ses collègues avaient tous été forcé de faire leur boulot, d'avancer dans leur enquête, de récolter des preuves et de soumettre Harry à un interrogatoire digne de ce nom. Car le procureur et le juge s'étaient assurés du bon fonctionnement de l'enquête et ce, jusqu'au procès.

Si James avait été incroyablement soulagé de voir que rien ne permettait la détention provisoire de Harry et sa mise en examen après trois jours de garde à vue, il vivait depuis avec le lourd poids de la culpabilité de l'erreur professionnelle. Lui qui, des années durant, s'était pleinement consacré à sa carrière, veillant, toujours très pointilleux, à ne jamais faire le moindre faux pas. Il avait grimpé les échelons rapidement, presque trop lui disait Lily qui s'inquiétait de le voir être confronté à son jeune âge à de lourdes responsabilités mais James n'avait jamais baissé les bras. Jamais.

Et voilà qu'à trente-huit ans, il manquait de tout foutre en l'air pour protéger son fils unique de la prison. James avait d'abord été fou de rage mais son esprit s'était rapidement remis en mode commissaire et sa seule priorité avait été de sauver Harry de cette situation. Une fois cela fait, le choc s'était enfin installé en lui sans qu'il ne puisse le retenir et une grande lassitude s'était abattue sur lui. Une lassitude si forte qu'il ne pouvait plus regarder Harry dans les yeux sans voir que son fils – celui auquel il avait espéré inculqué des valeurs fondamentales – avait consciemment aidé un assassin.

Sa lassitude se mélangeait souvent avec la colère et il avait de nombreuses fois manqué de se ruer sur Harry pour le secouer. Notamment lorsqu'il prenait des risques stupides et incompréhensibles comme aller rendre visite à Tom Jedusor en prison. Bon sang ! Par chance, Harry semblait retrouver un peu de bon sens, jour après jour depuis cet incident. James avait l'impression de retrouver son fils. Petit à petit. Mais sa colère, son inquiétude et sa déception demeuraient quand même présentes dans le creux de son ventre.

« Si vos informations s'avèrent fausses, notre marché ne pourra pas tenir face au juge Bones. »

Et maintenant James se retrouvait à négocier avec le juge le plus véreux de la cour du tribunal de Londres : Corban Yaxley. C'était un homme relativement grand, plus que lui, qui exerçait depuis des années mais il avait été à plusieurs reprises déjà soupçonné de corruption, d'accepter des pots-de-vin pour rendre des jugements cléments.

« Je suis étonné, sincèrement étonné, Mr Potter de vous voir batailler pour la libération de celui que vous avez vous-même démasqué et mis en prison après des mois de travail acharné, » ajouta le juge dans un sourire mauvais.

« Comme tout bon professionnel, je sais revoir mes priorités, » rétorqua froidement James.

« Et nous nous accordons tous à dire que c'est une très bonne chose, » intervint Tom Jedusor.

La voix neutre de l'homme brisa l'affrontement visuel dans lequel James et Yaxley s'étaient engagés. Ils se trouvaient tous les trois dans le bureau dénué de vie de la prison centrale de Londres. Yaxley était venu dès que le message que le commissaire Potter le cherchait de toute urgence lui était parvenu. Il ne s'était jamais attendu à revoir son vieil camarade, Tom Jedusor.

« Le juge Bones va être informée de la situation d'ici peu. Je peux un peu ralentir le circuit des papiers de votre liberté conditionnelle Tom mais cela vous laisse peu de temps pour agir malgré tout, » dit poliment le juge en accordant un mouvement de tête respectueux à l'homme. « Elle est profondément déterminée à raser la mafia de la moindre surface de cette ville. »

« On se demande bien pourquoi, » marmonna James entre ses dents serrées avant de reprendre d'une voix plus forte : « Quand pouvons-nous sortir ? »

« D'ici quelques minutes. »

« C'est rapide. »

Là encore, le ton de Tom était neutre mais à l'intérieur de lui-même, il était bouleversé par la tournure que les événements avaient pris en l'espace de quelques heures. La rage battit en lui en se remémorant son choc et sa peur en découvrant la photographie de Harry. Blessé et ligoté. Bordel ! Cet enfoiré de Greyback avait mis la main sur Harry et une chose était sûre : ce bâtard voulait se venger de lui. Et s'il avait quitté l'école bien avant l'âge obligatoire, Greyback avait été suffisamment intelligent pour comprendre que Harry Potter comptait pour lui.

A partir du moment où il avait annoncé à James Potter sa capacité à retrouver Fenrir Greyback – et donc par extension, Harry – tout s'était incroyablement accéléré. Sirius Black, après un dernier regard scrutateur, s'était éclipsé du bureau en indiquant devoir commander les premières recherches par téléphone avant qu'ils ne puissent décoller d'ici. En tête à tête, Potter père et lui s'étaient longuement dévisagés avant qu'ils ne fomentent un plan puis appellent le juge Yaxley, leur seul espoir pour le faire sortir de ces murs.

Bordel ! Il ne pouvait pas croire que malgré la rapidité avec laquelle les choses avaient été prises en main par les deux commissaires, Tom était encore là. Et Harry, encore entre les mains de Greyback. Ce sale loup immonde avait sagement attendu qu'il soit hors jeu et incapable de riposter dans l'immédiat pour s'en prendre Harry. Sa colère était telle que ses oreilles bourdonnèrent quelques secondes, le coupant totalement de ce qui était en train de se dire dans le bureau.

Était-il déjà trop tard ? Fenrir avait-il déjà tué Harry ? La question lui causait une douleur intolérable au niveau de la poitrine – et Tom était profondément perturbé par cette sensation qu'il n'avait guère l'habitude de ressentir – mais il se devait de garder la tête froide et de penser comme un chef de la mafia le ferait. Dans une telle situation, il n'y avait pas de temps ni de place pour les sentiments. La seule chose qui comptait était le nombre d'heures que Harry avait déjà passé entre les mains de ces fils de pute.

« Signez ici Tom. »

« Narcissa doit recevoir une copie le plus tôt possible, » ordonna Tom d'une voix rêche en attrapant le stylo tendu par l'homme. « Envoyez lui par fax à son domicile. Elle n'a toujours pas été informé de la situation. »

James trépignait littéralement sur place tandis que Tom paraphait rapidement chaque bas de page d'un épais document rédigé, mis en forme et imprimé par Yaxley en l'espace de seulement vingt minutes. Si James ne détestait pas autant l'homme, il aurait été sincèrement impressionné par sa réactivité et ses capacités rédactionnelles. Et par son toupet. Mais Corban Yaxley n'était qu'un enfoiré d'opportuniste qui se faisait graisser la patte par tous les criminels pouvant représenter un intérêt.

« Vous avez bien compris ce que cela signifie ? » demanda Yaxley en regardant fixement Jedusor une fois que tous les documents furent signés. « En échange de toutes les informations que vous avez fourni pour aider les forces de l'ordre à démanteler le cartel de drogue géré depuis plus d'une décennie par Fenrir Greyback, l'État vous accorde la protection offerte aux témoins en vous permettant de changer d'identité et d'effectuer votre peine réduite à domicile. »

« Je l'ai compris. »

« Vous ne pourrez plus jamais remettre un pied en Angleterre, » ajouta James en plongeant son regard dans le sien. « Cette expatriation est imposée juridiquement. Si vous revenez dans ce pays, vous y effectuerez votre peine complète et même sûrement alourdie. »

La mâchoire de Tom se contracta en devinant sans mal le sous-entendu contenu dans les propos de l'homme. Cette expatriation le coupera définitivement de Harry. Il n'avait, sous aucun prétexte, intérêt à remettre un pied en Angleterre et à reprendre contact avec Harry Potter. Alors même que cette éventualité lui provoquait une sourde douleur dans la poitrine, Tom n'avait guère d'autres choix que d'accepter cette condition. Tout pour aider Harry. Il n'était même pas certain de retrouver Harry vivant pour le moment… Alors, s'il le trouvait en bonne forme, il pouvait envisager de disparaître complètement.

La porte s'ouvrit à la volée et laissa apparaître la silhouette haute de Sirius. L'homme était pâle et il adressa un mouvement de tête négatif à James pour lui indiquer qu'aucune trace de Harry n'avait été trouvé. Sirius tressaillit quand la même lueur inquiète et douloureuse passa dans le regard de Tom et James mais il ne dit rien.

« Allons-y. Le temps passe à une vitesse effroyable, » énonça t-il d'une voix froide avant de tendre des vêtements de civils à Tom. « La voiture de Harry a été retrouvé là où ses amis nous l'avaient indiqué. Elle n'a pas été forcé. Ses clés ne se trouvent pas autour du véhicule. »

« Et les bandes-vidéos ? » interrogea James en enfilant sa veste.

« Rien. Comme volatilisé sur le trajet entre la boîte et sa bagnole. Son enlèvement a été réalisé par des professionnels. Il n'y a aucun doute. »

« Mais ils se sont dressés face à des personnes encore plus aguerries qu'eux, » siffla Tom après s'être délesté de son uniforme de prisonnier et enfilé le jean et le pull ramenés par Black. « Il me faut un téléphone portable. »

« Pour contacter qui ? » grogna James.

Le manque de confiance entre les trois hommes était évident et Corban Yaxley, un peu en retrait, observa la scène avec une certaine curiosité malsaine. Son travail à lui était terminé et s'il n'avait pas pu déterminer les conditions du marché entre Jedusor et lui face à James Potter, il ne doutait pas que cela se fera rapidement. Et que son compte bancaire off-shore allait bientôt recevoir une somme intéressante.

« Nous devons mettre en place un plan pour localiser Fenrir Greyback, » répondit Tom d'un ton docte.

Pendant que l'alliance la plus improbable était en train de se nouer dans une pièce sordide de la prison centrale de Londres, Harry était encore recroquevillé sur le sol froid d'un hangar dont il craignait de ne jamais sortir. La douleur pulsait dans l'ensemble de son corps. Le moindre de ses muscles, de ses os étaient douloureux et chaque mouvement lui arrachait un gémissement rempli de souffrance.

Après avoir sombré dans l'inconscience la première fois suite à la rafale de coups de Greyback et de ses hommes, Harry avait de nouveau fait face aux hommes deux fois et donc à deux séances punitives. Il avait complètement perdu la notion du temps. Depuis quand était-il là ? Quelqu'un s'était-il déjà aperçu de sa disparition ? Son père avait-il alerté le commissariat central ? Il n'en avait pas la moindre idée et chaque minute de plus passée ici accentuait sa peur de ne jamais pouvoir quitter cet endroit maudit.

« Debout Potter ! »

Deux mains rudes passèrent sous ses aisselles et le soulevèrent jusqu'à le remettre sur ses pieds. Harry chancela, pris par les vertiges et il demeura sur ses jambes uniquement grâce à la poigne dure de l'homme derrière lui. Il était dans un tel mauvais état que les hommes l'avaient libéré de ses liens. De toute manière, il était sous surveillance constante et chaque fois qu'il ouvrait les yeux, deux gardiens le fixaient, une arme à la main.

Greyback était de nouveau devant lui, une cigarette entre les lèvres. Il s'approcha de lui tranquillement, comme si la situation était absolument normale – et Harry ne doutait pas que ce genre d'événement n'était pas rare dans cette bande de criminels – et il cracha sa fumée de cigarette sur son visage. L'odeur âcre lui chatouilla les narines et il grimaça, ne prenant même pas la peine de protester.

« Bien, reprenons. »

Un frisson craintif traversa tout le corps de Harry bien malgré lui. Ses lèvres restèrent scellées l'une contre l'autre.

« Comment te sens-tu, Harry ? »

Cette question manqua de le faire s'effondrer en larmes et il se mordit les lèvres avec force pour retenir ses sanglots. Il était perclus de douleur. Il n'osait même pas imaginer l'état de son visage et du reste de son corps après avoir subi tant de coups. Ses vêtements étaient crasseux, pleins de sang et de sueur. Il était complètement déshydraté et seule la peur nouait son estomac à tel point que la seule idée de manger quelque chose lui donnait des nausées.

« Donc, reprenons, » répéta Fenrir en se frottant les mains d'un air excité. « Tout comme la police, nous n'avons jamais réussi à localiser l'endroit exact du quartier général de la mafia. Il est doué ce petit enfoiré. Je suis sûr que tu sais où il se trouve. »

« Je n'en sais rien, » chuchota Harry, à bout de force.

« Tu mens. »

« Non ! Ça fait des dizaines de fois que je vous le dis. Je n'en ai pas la moindre idée. Tom ne m'y a jamais emmené ! Je ne fais pas partie de la mafia ! »

Sa voix était pleine de tremblements. Il avait déjà compris que Greyback ne le croyait pas et qu'il ne lâchera pas l'affaire. Combien de temps allait-il encore le torturer pour connaître où se trouvait le QG de la mafia ? Dont il ignorait tout puisque le Club Serpentard n'était plus le lieu de rendez-vous de la mafia depuis la chute de Tom ! Mais il possédait bien d'autres informations. Il n'avait pas la moindre foutue idée du temps qu'allait durer ce cauchemar mais Harry était sûr d'une chose : il ne sortira jamais vivant d'ici, même s'il venait à révéler la plus minime information.

Seule cette certitude le convainquait de ne rien dire, de garder pour lui toutes informations pouvant nuire à la mafia. Non pas que Harry souhaitait ardemment protéger l'organisation criminelle mais, bien malgré lui, il s'était attaché à certains de ses membres : les Malefoy, Snape et son acariâtre caractère, Marcus Flint et sa gaucherie d'homme d'honneur débutant. Et surtout, Greyback n'allait jamais le laisser sortir d'ici et lui offrir une protection comme il le lui promettait. Harry ne pouvait pas croire cela alors pourquoi devrait-il trahir Tom ?

« Est-ce que tu sais comment la mafia se débarrasse des corps encombrants ? »

Face à la question incongrue de Greyback, Harry sentit son cœur s'accélérer davantage et là encore, il ne tint debout que grâce aux bras puissants derrière lui le maintenant droit. Son silence n'offusqua pas son ravisseur qui continuait à marcher lentement devant lui, les sourcils froncés dans une concentration intense. Comme s'il était sur le point de lui délivrer une leçon d'histoire primordiale.

« Il y a bien sûr plusieurs méthodes. Ton amant aime beaucoup les exécutions propres et rapides mais surtout, publiques. Il y a quelque chose de très excitant à pouvoir abattre des personnes dans la rue sous le nez du peuple et ce, sans que personne ne voit quelque chose avant que les corps ne soient au sol et les tueurs à gage, déjà loin. »

« J'en ai rien à foutre, » balbutia Harry en fermant les yeux quelques secondes. « Je m'en fou. »

« Mais la méthode la plus efficace pour se débarrasser d'un corps et le rendre difficilement identifiable a beaucoup été utilisé par la Cosa Nostra. Sais-tu ce qu'est la Cosa Nostra ? »

Cette fois-ci, son silence agaça Greyback qui s'approcha de lui et tira sur ses cheveux avec violence pour le forcer à relever la tête et leurs regards à se croiser. Harry geignit de douleur, ses yeux s'embuant aussitôt. Il s'empressa de secouer négativement la tête de droite à gauche pour offrir une réponse à l'homme alors que tout son corps tremblait.

« Après avoir tué le parrain qui avait accueilli et pris sous son aile Tom, Gellert Grindelwald, Jedusor a permis l'expansion de son organisation criminelle au-delà de ce que son prédécesseur n'avait jamais fais, » reprit calmement Greyback en le lâchant, faisant un pas en arrière. « J'ai été franchement impressionné par les capacités de cet enfoiré alors je me suis intéressé de plus près à cette organisation, à l'histoire même de la mafia et de sa création. Dans mes recherches, je suis donc tombée sur la Cosa Nostra, une branche de la mafia italienne qui a pris naissance dans l'Ouest de la Sicile. Plus précisément vers Palerme. Le savais-tu, Harry ? »

« Non, » murmura difficilement Harry.

« La Cosa Nostra réalise quelques milliards en chiffres d'affaires. Ça suscite beaucoup de jalousie comme tu peux l'imaginer et donc les ennemis de cette mafia sicilienne sont nombreux. Que ce soit du côté de la justice ou des autres branches mafieuses. »

Merde ! Pourquoi Greyback lui délivrait un cours sur la mafia italienne comme s'il était un putain d'étudiant en histoire ? Le ton professoral de l'homme ne s'accordait pas du tout à son image et cela était d'autant plus bouleversant pour lui.

« Les hommes d'honneur de la Cosa Nostra ont alors pour mission d'éliminer tout ceux qui dérangent le chef, le Don. Parfois, les expéditions publiques comme les affectionnent ton amant ont lieu mais ça suscite trop de questions. Alors il faut faire disparaître les corps et quoi de plus efficace que l'acide sulfurique ? »

Harry laissa malgré lui échapper un halètement terrifié alors que tout se mettait en place dans son esprit. Était-ce… était-ce ce que Greyback prévoyait pour lui ? Comme un ultime pied de nez à Tom ? Regarde ce que j'ai fais de ton précieux amant, je l'ai fais disparaître exactement comme tes petits copains italiens.

« L'eau et l'acide permettent de dissoudre les muscles et le cartilage en douze heures. Il faut deux jours pour que les os se transforment en poussière. Il ne reste alors plus grand-chose des corps après ça. Et il suffit de jeter le baril d'acide quelque part en mer pour que la police ne le découvre jamais. »

A présent, Harry se sentait franchement malade. Ses tremblements se transformèrent littéralement en spasmes. Oh bon dieu. Était-ce qui allait lui arriver ? Allait-il être réduit en bouillie dans un réservoir d'acide et pouf, plus de Harry Potter ? De plus en plus terrifié, Harry aurait aimé plaquer une main contre sa bouche mais ses bras étaient toujours ligotés derrière ses bras.

« Tom utilise aussi cette méthode. »

« Je n'vous crois pas, » haleta Harry, les yeux débordants de larmes.

« Il a tué trois de mes plus proches amis et collaborateurs de cette façon ces quatre dernières années. Ça ne sera qu'un juste retour des choses si tu persistes à vouloir le protéger, n'est-ce pas ? »

Oui, il savait que Tom avait déjà tué d'autres personnes. Qu'il avait commandité des assassinats exactement. Mais… de cette façon si barbare ? Il n'aurait jamais pu l'imaginer ! Son estomac vide se souleva et il se courba en avant quand un filet de bile jaillit hors de sa gorge et s'écrasa sur le sol. Et maintenant, lui aussi allait mourir de cette façon horrible ? Une nouvelle flaque de vomi s'étala sur le sol.

Harry n'eut même pas la force de se sentir honteux et les rires moqueurs et hautains des trois hommes furent coupés par une sonnerie de téléphone. Harry s'interrogea distraitement sur le sort de son propre mobile. Il n'était pas dans sa poche et de toute façon, ses mains liées l'empêchaient de l'attraper pour alerter qui que ce soit. Et il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait. Greyback prit le temps d'allumer une cigarette avant de décrocher au téléphone.

« Ouais ? »

« Fenrir. »

« Ah, Tom ! » s'exclama Greyback d'un ton enthousiaste. « C'est un plaisir de t'entendre. Comment se passe la prison ? »

En entendant le nom prononcé par l'homme, Harry sentit une boule d'espoir naître en lui, dans le creux de son estomac et se répandre dans l'ensemble de son corps. Ses yeux s'élargirent et il se tendit vers l'avant, espérant pouvoir entendre la voix de son ancien amant.

« J'ai reçu ta photo. »

« Je pensais que tu me contacterai plus tôt. Harry est profondément déçu du peu d'intérêt que tu lui as porté, » dit l'homme.

« Non ! C'EST FAUX ! » hurla soudainement Harry. « TOM S'IL-TE-PLAÎT. AIDE-MOI ! »

Sa phrase se finit dans un hurlement de douleur alors qu'un des hommes de Greyback venait de lui balancer une gifle impressionnante. Celui qui le tenait le lâcha violemment, le poussant en avant et Harry s'écrasa contre le sol en béton dans une nouvelle plainte.

« Que veux-tu, Greyback ? Je sais que les affaires sont un peu difficiles en ce moment. J'ai de l'argent. Beaucoup d'argent. »

« L'argent. Ah, Tom. L'argent a toujours tout réglé de ton côté, n'est-ce pas ? Mais l'argent ne ramène pas les morts. L'argent ne ramène pas non plus mes clients. Nous sommes bien embêté, n'est-ce pas ? Et que vas-tu faire depuis ta prison ? »

« Tu as raison, Fenrir, je ne peux pas faire grand-chose mais j'en ai rien à faire du marché de la coke. Je peux ordonner à mes hommes de se retirer. »

« Oh ! Oh ! Incroyable ! Tu entends Harry ? Ton cher petit chéri est prêt à faire une croix sur des millions de livres uniquement pour sauver ton petit cul, » s'enthousiasma Greyback en sautillant littéralement sur place.

Le sang battait tellement fort dans ses oreilles que Harry n'entendit la suite de la conversation que par des bribes. Le simple fait de savoir que Tom était là, à l'autre bout du fil, le bouleversait. Était-ce là une porte de sortie ? Mais son amant – merde, son ancien amant – était emprisonné à la prison centrale de Londres. Que pouvait-il faire pour l'aider ? Greyback paraissait fort excité, tout comme ses complices, mais Harry n'avait pas la moindre idée de ce qui les rendait ainsi dans les propos de Tom.

Dans sa chute, ses lunettes s'étaient mises de travers et Harry ne voyait nettement que la moitié du visage de Greyback. Il sursauta quand la porte du hangar coulissa dans un bruit métallique assourdissant et une nouvelle vague de peur le frappa de plein fouet en avisant l'arrivée d'un groupe entier de personnes. Ceux-ci parlaient fort mais un seul regard foudroyant de leur chef les réduisit en silence et ils se courbèrent tous face à à lui.

« S'il vient armé ou accompagné d'un seul foutu flic, je bute ta petite putain, c'est clair Jedusor ? »

S'il vient ? Qui allait venir ? Sûrement pas Tom… Mais qui allait venir, bon sang ? Harry parvint à se remettre à quatre pattes. Toute l'attention était rivée sur Greyback. Même s'il n'avait pas la possibilité de tenter une évasion – non mais franchement, avec dix mecs armés jusqu'aux dents autour de lui, c'était impossible – cela lui accordait une petite pause qu'il accueillait les bras ouverts. Sa respiration était sifflante et Harry rêvait de boire une simple gorgée d'eau.

« Il sera seul. »

« Je n'hésiterai pas à le tuer, Jedusor. D'autant plus que c'est le plus joli petit cul que je n'ai vu depuis bien longtemps. »

Une ombre surplomba Harry et il n'eut pas la possibilité de se retourner pour lui faire face : une douleur fulgurante naquit à l'arrière de sa nuque. Sa main droite vola à cet endroit au moment où un hurlement quitta sa gorge. Son bras fut immobilisé dans son dos. La douleur était telle que sa vue se brouilla et son coude gauche céda sous son poids, le faisant s'écrouler lamentablement au sol. La brûlure se propagea dans toute sa nuque tandis qu'il se mettait à pleurer, incapable de se retenir. Distraitement, Harry comprit qu'un homme était en train de le brûler avec une cigarette allumée mais la voix de Tom, qui hurlait à l'autre bout du combiné, traversa les brumes de son esprit.

« Espèce de sale fils de pute ! Lâche-le ! Lâche-le ! Ne le touche plus ou je te jure que je vais… »

« Attention, Tom. Ça serait dommage que Harry soit un peu plus puni à cause de toi, » asséna d'un ton cinglant Greyback puis il ajouta avant de raccrocher : « J'attends de tes nouvelles. »


A très vite :)