Titre : Eclipse Totale
Pairing :
Grimmjow Jaggerajack / Jûshirô Ukitake
Rating :
M
Disclamer :
Tite Kubo a tous les droits
Genre :
Poetry/Romance
Warning :
Yaoi

Note : Le titre de ce chapitre est une référence au poème éponyme de Paul Verlaine.
Note musicale : Ce chapitre peut être accompagné d'une musique : le Miserere Mei, Deus de Giorgio Allegri. Je tiens à préciser qu'il s'agit d'une messe catholique mais que je n'ai pas choisi ce morceau à cause de ça, mais plus pour son ambiance qui cadre avec mon chapitre et surtout pour sa beauté. Il existe une traduction sur Wikipedia qui ma foi, n'est pas trop mauvaise. J'ai déjà employé de la musique religieuse avec le Dies Irae mais là c'est beaucoup plus significatif. Donc en cette époque de tension, je veux être claire : Je ne fais pas de Pub pour l'Eglise Catholique ! Mon seul objectif est de mettre mon texte en valeur.
Nota Bene : ce chapitre est uniquement du point de vue de Grimmjow.


Soleils couchants

Destruction. Voilà ce que j'étais.
Création. Voilà où je vais.

Je pose mon regard sur mon téléphone. Ce que je vais faire maintenant, Jûshirô, ne va pas te plaire mais tu ne le sauras certainement jamais.

J'embrasse mon appartement du regard. C'est la fin. Mon placard a été vidé de ses fringues, ma bibliothèque n'est désormais qu'un tas de planches sans utilité et le tout ressemble à une chambre d'hôpital. Toute vie a quitté cet endroit.

Il ne reste que deux sacs sur le sol : un grand sac de sport où j'ai mis tout le nécessaire pour partir avec Jûshirô et un grand sac poubelle dans lequel il y a tous mes souvenirs de ma vie ici. C'est lui ma dernière mission.

Je prends mon sac en bandoulière et attrape le sac poubelle d'une main. Je sors et passe par l'appart' du concierge. Je n'ai jamais pu me sentir ce type avec ses cheveux blond coupés au carré et ses dents de piano. Il doit autant tremper dans des trafics que nous tous...

Il m'ouvre et me fusille du regard. Je lui tends les clefs et il sourit avec joie.

_Adieu Jaggerjack ! Vous ne me manquerez pas !

_J'sais. Vous non plus.

Je sors de cette masure sans demander mon reste et je me dirige vers les ruines du quartier où j'habitais avant. J'ai dû prendre le métro depuis l'appart' de Jûshirô mais en fait, c'est pas loin de chez moi. J'allais juste pas lui dire.

Les squatters me fusillent du regard. Ils ont déjà essayé de me voler mais je les ai recadrés facilement. Je les prends en pitié et je leur donne quelques fringues dont j'ai pas besoin. Ils sont étonnés mais ne disent rien et les prennent sans demander leur reste.

J'arrive bientôt vers les décombres. La planche de bois est par terre et j'entends s'échapper une musique qui n'est pas dans mes vinyles. Je le sais, je le connais tous par cœur. Merde... à tous les coups c'est un clochard désespéré qui a trouvé le coin sympa.

J'entre. Et là, surprise générale. Qu'est-ce qu'Il fout là, sur mon canapé à écouter des chants religieux ?

J'ouvre la bouche pour parler mais il lève un doigt impérieux pour me couper la parole. Il ferme les yeux quelques secondes comme s'il savourait les notes. Puis enfin, de sa voix monocorde, il me dit :

_Je t'attendais.

Boum ! Second choc ! Il sait tout ! Ou alors, il bluffe.

_Je ne dirais rien tu sais, continue-t-il.

_Que veux-tu dire ?

_Je pourrais tout dire.

Il se lève et marche solennellement vers moi, comme guidé par les voix qui sortent du gramophone. Il énumère :

_Je pourrais lui révéler cette cachette. C'est bien là que tu vas lorsque tu ne supporte plus ce que te demande Aizen-sama ? Je pourrais lui faire lire tes mails et tes sms échangés avec Jûshirô Ukitake, et lui raconter en détails votre projet de partir loin d'ici. J'ai le pouvoir d'informer Aizen-sama de tout le mal que tu penses de lui. Je pourrais tout lui avouer. Je pourrais vous envoyer tout les deux vers une mort certaine, si ce n'est pas pire. Je sais tout de vous.

_Comment le sais-tu ?

_Aizen-sama m'a chargé de te surveiller dès ton arrivée dans le clan. Je sais tout de tes faits et gestes, je note tout, rien ne m'échappe.

Ses yeux verts inexpressifs me tétanisent. Il fait une chaleur épouvantable, mais ils me glacent au plus profond de mes entrailles. Ulquiorra a toujours su frapper là où ça faisait mal. C'est un regard qui nous affirme « Je connais l'heure de ta mort ».

_Pourquoi ne pas le faire ? Tu me détestes.

_Non, je ne te déteste pas. Je ne t'aime pas non plus. Tu es une honte pour Aizen-sama et pour le clan. Pas capable de faire quelque chose jusqu'au bout. Tu es un incapable, un lâche Grimmjow Jaggerjack. Disparais. Je dirai que dans ton immense stupidité tu as voulu brûler deux, trois affaires et que trop confiant, tu n'as pas pris garde, flambant l'immeuble tout entier. Et que tu es mort dans l'incendie.

_Hé ! Je suis pas aussi con !

_La ferme et obéis correctement pour une fois... J'en ai marre de couvrir tes bêtises.

Il s'approche davantage de moi et me visse une casquette noire sur la tête. Puis il prend mon sac poubelle qu'il vide par terre. Les quelques bouteilles d'alcool que j'avais explosent et se répandent sur le sol. Puis il plonge sa main dans ma poche, y arrache mon téléphone et le jette dedans. Il m'intime de reculer puis sors une boîte d'allumettes. Il en allume une puis jette tout dans le tas de déchets. Les flammes prennent vite et je vois mes livres, et ma vie partir dans un tourbillon de fumée noire.

_Pars ! Pars très loin, et ne reviens jamais !

_Ulquiorra !, je l'interpelle.

Il me regarde une dernière fois de son air impassible.

_Merci...

_Disparais, Jaggerjack, avant que je ne change d'avis.

Je pars en courant des ruines, le laissant à ses réflexions. Je pourrais le tuer, mais si je le fais, je me trahis alors je préfère lui faire confiance. Une fois sorti des ruines, je me fonds dans la masse grouillante et je me dirige à pied vers le parc. Je vois une horloge immense sur un des immeubles : 16h13. J'ai encore du temps mais je mets une bonne heure à arriver.

Le parc est immense mais je parviens à retrouver l'endroit. Il y a des enfants qui jouent au foot près du banc. Une jeune fille et quatre garçons. Je vais pour m'asseoir mais le ballon atterri entre mes pieds et je ne peux m'empêcher de faire quelques jongles avant de leur renvoyer. Impressionnés ils m'invitent à jouer avec eux et je redeviens un gamin pendant quelques instants. La fille est très douée, elle me pique le ballon quelques fois malgré son petit gabarit. Elle doit avoir quatorze-quinze ans, elle a de courts cheveux bruns et n'a rien à envié à personne.

Soudain, je le vois arriver. Ses longs cheveux blancs sont attachés dans un queue de cheval et il est accompagné de Shunsui. Je me surprends à sourire bêtement et je me reçois le ballon dans la tête.

_Hé ! Le schtroumpf !, me lance la gamine. Tu joues ou quoi ?

_Faut qu'j'm'en aille.

Je m'apprête à poser le ballon à terre quand je vois un nom marqué au feutre noir dessus.

_ « Ichigo ? »

_C'était le nom de mon frère, me dit la fille. Il m'a offert ce ballon pour mon anniversaire quand j'étais petite et a marqué son nom au marqueur. Mais il est mort et quand je joue avec son ballon c'est comme si je jouais avec lui.

_C'est quoi ton nom ?

_Karin. Karin Kurosaki.

Je souris amèrement. Ichigo Kurosaki... ça fait des années que je n'ai pas entendu ce nom. Trop de souvenirs, trop de douleurs. Je vais le laisser derrière-moi, avec tous les autres. Oublier et saisir le cadeau que me fait la vie. Je rends le ballon à Karin.

_Je suis sûr qu'il est très fier de toi. Je dois y aller. Salut !

_Tu reviendras ?

_Non. Je ne reviendrai pas.

Je me tourne vers Jûshirô, saisit mon sac et me dirige vers une aube meilleure.


Chers lecteurs (je ne sais pas s'il y en a mais bon sait-on jamais), chères lectrices,
Comme annoncé dans le chapitre précédent, il n'y aura aucun nouveau chapitre avant les vacances d'été. Nous sommes en pleines révisions et ce sera beaucoup trop compliqué de continuer à écrire à ce rythme. Donc voilà...
Ensuite N'Evoli et moi-même tenions à vous souhaité à tous un très bon anniversaire : demain nous fêterons la première année Eclipse Totale. Merci à tous d'être au rendez-vous. Un an et 48 chapitres ; Un an et près de 100 reviews. Vous êtes de formidables lecteurs et vos encouragements nous font toujours plaisir.
Gros bisous et à très vite.