Chapitre 51: Instincts maternels
A peine eut-elle lâché la main de l'elfe qu'elle se précipita vers les escaliers et les grimpa quatre à quatre. Elle trébucha dans sa precipitation et dut retrouver son équilibre avant de pouvoir prendre les dernières marches. Dans sa precipitation elle avait même oublié de dire merci. L'elfe stupéfait suivit du regard la fille qui volait plus qu'elle ne courait, avant qu'il ne disparaisse. Pourtant il se tairait. Il l'avait juré sur son honneur d'elfe.
Perdue dans ses pensée Hermione pénétra dans sa chamber et ferma la porte derrière elle. A peine eut-elle laissé tomber son sac au sol elle sentit qu'elle commençait à pleurer, vaincue par ses émotions.
Le seul fait qu'elle ne se trouvait plus dans le cottage laissait libre cours à son agitation. Le tender baiser d'adieu de l'homme sur ses lèvres, dont elle avait tant rêvé, pour lequel elle avait pratiquement perdu tout espoir bien qu'elle ait attend nuit après nuit, frémissait encore sur ses lèvres. Et qui sait, sûrement il ne serait pas venu si elle n'avait pas eu ces visions. Peut-être-
Elle sentit de grosses larmes chaudes glisser sur son visage sourient. C'est pas vrai. Pas un rêve. Il l'a dit. Il t'aime. Il t'aime beaucoup.
Hermione sentit que son visage se déformait alors qu'elle commençait à sangloter?. Rapidement elle commença à essuyer l'humidité de son visage. Mais cela n'avaait aucun effet. De nouvelles larmes les suivaient toujours tandis qu'un gros sanglot après l'autre quittait sa bouche. Cela n'avait plus aucune utilité de les retenir. Ells revenaient toujours comme de leur proper volonté. Elle se mordit la main, Presque comme si elle voulait se rappeler sa proper personne à l'ordre. Précipitamment elle all avers le bureau, ouvrit les tiroirs et y repêcha le petit livre Occlumencie-Défense de l'esprit contenant également l'article de journal chiffonné et malmené. Elle alluma la lampe de bureau et se laissa tomber sur sa chaise, lentement, presque cérémonieusement. Son regard glissa sur le visage en noir et blanc, qui fixait l'appareil photo avec arrogance. Cette nuit elle avait vu un autre visage. Un qui avait sourit, ne serait-ce que l'ombre d'un moment. Des yeux qui l'avaient clairement regardé en retour, tandis qu'elle avait vécu le premier orgasme de sa vie qui ne venait pas de sa proper main. Mais il n'avait pas fallu grand-chose cette nuit pour l'emmener au sommet de l'excitation. La seule proximité de son corps l'avait rendue presque folle. Le doux picotement dans ses membres lui rappelait que ce n'avait vraiment pas été un rêve. Hermione plaque sa main sur sa bouche pour y étouffer un sanglot. Elle saviat qu'elle pleurait de joie. D'excitation. Car cela représentait vraiment beaucoup pour elle! Et pourtant elle se trouvait stupide.
Reprends-toi en main, Hermione!
Après un moment son sourire sortit vainqueur des sanglots qui quittaient sa bouche. Elle se tut et se redressa.
Hermione devait se rappeler qu'elle devait se doucher et terminer de faire sa valise pour Poudlard. Pattenrond courait encore en toute liberté en bas au séjour et demandait à ce qu'"on s'occupe de lui. Il se réjouissait probablement en avance de retrouver les vastes terres du château qui étaient bien plus appropriés pour la chasse que les terrains de cette maison. Et enfin elle devait encore rechercher sa mère d'un profound sommeil sans rêves. Hermione ne pouvait nier qu'elle sentait sa mauvaise conscience lorsqu'elle pensait qu'elle l'avait ensorcelée chaque nuit durant une semaine. Mais il ne lui avait pas été possible d'agir autrement. Chaque nuit elle avait été attirée dans le cottage, dans le petit salon duquel elle avait allumé un feu et dans la chaleur duquel elle avait attendu l'homme qui avait dormi avec elle. L'espoir fou de le rencontrer à nouveau sans être oppressée et rappelée à l'ordre par les murs de l'école l'avait fait persévérer là-bas. Heure après heure elle avait laissé son regard survoler les lignes de Great Expectations1 tandis que ses pensées partaient pour d'autres voyages.
Au dernier soir étaient venues avec l'immense tristesse de la déception les horribles visions qui lui avaient presque brisé le crâne. Et il s'était précipité auprès d'elle, après quelle ait appelé à l'aide. Et-il était resté.
Après qu'elle ait fait sa valise, elle descendit les escaliers et sortit sa baguette, avec laquelle elle venait de sécher ses cheveux aussi bien qu'elle le pouvait. Aujourd'hui elle allait pour la première fois depuis bien longtemps à nouveau porter une masse sur la tête qui éveillerait de la compassion. Mais elle n'avait pas le temps pour des soins de beauté. Il y avait des choses plus importantes à régler.
Elle s'avança vers le lit de sa mère et lui tint la baguette au front. Finite incantatem, murmura-t-elle et elle cacha la baguette à nouveau. Cette fois le sortilège de sommeil avait été particulièrement fort. Elle n'avait pas voulu prendre de risques. Doucement elle secoua sa mère hors de son profond sommeil. Et tandis que celle-ci tentait de revenir à la réalité, Hermione fit du thé comme les matins précédents et prépara le petit déjeuner. Hermione était sûre que sa mère allait remarquer que quelque chose n'allait pas chez elle. Cela n'était pas dans ses habitudes de mettre la table le matin, bien qu'elle ait toujours été une enfant qui aimait faire plaisir. Aimer faire plaisir. Hermione fut obligée de sourire. Oui, sa mère remarquerait tout précisément qu'elle souriait jusqu'aux oreilles. Et qu'allaient penser harry et Ron quand ils la verraient danser de joie sur le quai de la gare ?
Elle devait se reprendre en main.
Ron. Harry. Elle se réjouissait de les revoir tous les deux. Tout en elle vibrait. C'était un bonheur étrange.
Défense contre les Forces du Mal. Le seul fait de penser aux efforts qu'elle devrait faire dans son cours fit s'éteindre son sourire pour un moment.
Elle s'efforçait de ne pas penser du tout aux cours d'Occlumencie. Severus était un professionnel.
Elle savait que ce serait tout sauf facile de lui faire face à Poudlard. Là-bas il serait professeur Rogue. Et rien de plus. Et elle n'avait pas la moindre idée de la prochaine fois où ils se reverraient. Ou s'il n'allait pas se sentir hanté par sa mauvaise conscience et changer d'avis. Elle refoula ces pensées à l'incertitude. Son cœur. Il battait à nouveau très fort.
Rapidement elle posa la théière avec le thé noir sur la table. Sa mère, prête tant bien que mal, pénétra dans la cuisine et s'assit. Quand Hermione remarqua que le sortilège de sommeil avait laissé des traces sur son visage, sa mauvaise conscience pesa deux fois plus lourd.
Elle servit du thé à sa mère et lui tendit la tasse. Celle-ci prit une gorgée en souriant avec reconnaissance.
« C'est étrange. Je n'avais encore jamais autant dormi. Et pourtant je me sens encore complètement fatiguée. » marmonna-t-elle entre deux gorgées de thé. « Par chance c'est seulement demain que je dois retourner au travail ! » Son sourire prit un aspect douloureux. Durant un moment leurs regards plongèrent l'un dans l'autre et il sembla à Hermione que sa mère savait ce qu'elle avait fait. La terreur la traversa. Elle sa laissa rapidement glissrer sur sa chaise et s'empara de la même façon de la théière pour se servir.
« Je ne devrais plus dormir autant ! » continua à parler Mrs Granger, elle bailla légèrement derrière sa main et prit une gorgée de thé.
Non, tu ne le feras plus, Maman, songea Hermione déchirée.
Mrs Granger recouvrit à nouveau sa fille de son regard brun noisettes. « Tu as l'air d'aller à nouveau mieux, Hermione ».
« Oui » répondit tendrement Hermione et elle sourit doucement. Elle sentit qu'elle n'aimerait que trop raconter ce qui s'était passé à sa mère, mais que le courage lui manquait en ce moment.
« Mais pourtant tu en as fini avec lui ? avec Viktor ? »
« Oui » dit Hermione d'une voix ferme qui ne mentait pas.
« Qui est-il, Hermione ? »
L'interpellée laissa retomber la tasse qu'elle venait juste de porter à ses lèvres. Durant un moment elle fixa sa mère d'un regard incrédule, sans savoir ce qu'elle devait dire. La terreur qui l'envahissait la laissait sans réaction.
« J'ai du mal à m'imaginer que ce Viktor ait pu te faire soupirer si longtemps ! »
« D'où tu le saurais ! »
« Je t'en prie. Un champion sportif et ma fille. » Échappa à Mrs Granger avec un hoquet incrédule. « En plus j'ai vu l'expression de ton visage. Tu n'étais pas si triste à cause de lui. »
« Et pourquoi est-ce que tu fais donc comme si tu ne savais rien ? »
« Je voulais que tu me le dises de toi-même. J'ai à présent attendu une semaine. Mais tu as observé un silence de marbre. Et j'ai depuis sept jours la manie contre mes habitudes d'être fatiguée très tôt. »
Hermione regarda sa mère sans voix. Elle avait à nouveau oublié de qui elle avait hérité son intelligence.
« Tu es une sorcière, Hermione. Une très bonne sorcière. Même cela n'a pas échappé à ta mère. »
« Et ? »
« Tu m'as demandé si tous les hommes étaient stupidement obstinés. Pourquoi ? »
La bouche d'Hermione s'entrouvrit un instant, avant qu'elle ne prenne précipitamment une gorgée de thé pour éviter la question.
« Je voulais utiliser cette occasion avant que tu ne retournes à Poudlard et que je ne te voies plus jusqu'à l'été. Alors ? »
Serrant sa tasse, Hermione expira. « Ce n'est rien, vraiment ! »
« Je t'en prie, Hermione. Je tente de comprendre pourquoi tu étais si étrange cet été. La photo de Viktor avait l'air de ne pas avoir été touchée une seule fois. Le pauvre homme n'a pas mérité cela, si tu l'aimes tant ! »
« Et ? Qu'est-ce qui se passe, si ce n'est pas le champion de Quidditch ? C'est donc un autre ! »
« Est-ce qu'il se promène du côté de Poudlard ? »
Hermione serra les lèvres et regarda sa mère d'un air suppliant. « Je t'en prie, je-. »
« Alors oui. »
Hermione repoussa la tasse loin d'elle. Déjà avant elle n'avait ressenti aucune faim, maintenant elle n'arrivait même plus à avaler le thé. Elle fixa sa mère du regard.
« Tu veux le savoir ? »
« Oui. »
« Et tu n'as pas déjà fouillé dans mes affaires ? »
« Parole d'honneur. »
« Et tu ne te doutes de rien, car les mères savent toujours tout ? » continua à sonder Hermione.
« Je me doute que cela ne va sûrement pas beaucoup me réjouir. »
« Alors tu le sais donc. »
« D'où est-ce que je devrais savoir qui il est ? Je ne suis pas une sorcière. Je ne peux pas voir dans l'avenir ! »
Mrs Granger vit que le réconfort disparut des yeux de sa fille et fit place à une peur soudaine.
« Mais je me doute que cela n'est sûrement ni Harry ni Ron, ni Viktor ni un quelconque camarade de classe, sinon tu ne me regarderais pas comme si j'allais sûr-le-champ t'arracher la tête. »
« Oui, Maman ! » échappa à la gorge d'Hermione, tandis qu'elle bondit sur ses pieds dans son agitation. « Tu as raison. Ce n'est ni Ron ni Harry, ni Viktor. C'est-MON PROFESSEUR ! » sortit d'elle. « MON PROFESSEUR-TU ES CONTENTE MAINTENANT ? »
« Hermione, je t'en prie, ne t'enfuis pas ! »
Hermione se tourna vers la porte. « Je dois retourner à Poudlard, Maman ! »
Mrs Granger se leva précipitamment. « Etais-tu auprès de lui ? Hermione ? »
Hermione s'arrêta net, à peine était-elle entrée au séjour. Le tic-tac de la montre. Elle sentait que cela ne servait à rien de fuir. Maintenant cela était sorti. C'était étrange. Déboussolant. Apaisant. Et malgré tout elle avait peur que tout cela soit à présent fini. Sa mère ne devait pas apprendre qu'elle utilisait le cottage pour le rencontrer. Elle ne devait même pas s'en douter. Peut-être qu'elle montrerait davantage de compréhension que ce à quoi Hermione s'attendait. Peut-être qu'elle ne dirait rien à cela, mais quand sa mère apprendrait que c'était Rogue –que Rogue travaillait pour l'Ordre – alors sa peur serait plus grande que sa compréhension. Sa mère pouvait être une Moldue- mais contrairement à son père elle avait de temps à autre des contacts avec le monde des sorciers. C'était elle qui allait avec elle acheter ses livres de classe dans le Chemin de Traverse. Elle savait s'informer. Et sûrement elle allait venir personnellement à Poudlard l'homme qui touchait sa fille.
Elle sentit la main de sa mère sur son épaule.
« Dis-le moi ! Etais-tu auprès de lui ? »
« Oui, Maman. »
« Et ? »
« Il a sauvé mon Noël ! »
« Tu as avec lui-. »
Hermione se retourna et passa les bras autour de sa mère. Elle se pencha vers son oreille. « C'était si beau, Maman, que je ne peux pas faire marche arrière » dit-elle d'un ton pressant. « J'aime cet homme, comprends-tu ? Je l'aime. Je n'ai encore jamais senti quelque chose de semblable. Je sais, je suis jeune, mais-. »
« Hermione, je t'en prie-. » échappa à Mrs Granger, qui répondait tendrement au câlin de sa fille.
« Je vais te le dire, quand-quand je pourrais. Je te le promets ! » la voix d'Hermione monta de quelques tons mais elle reprit bientôt contrôle d'elle-même. Elle savait qu'elle n'avait pas le droit de commencer à pleurer maintenant. Sinon tout serait fini.
« Hermione-. »
« OBLIVIATE ! »dit-elle, à peine eut-elle porté la baguette à la tête de Mrs Granger. Elle recula précipitamment et rangea sa baguette. Sa mère eut un moment le regard vide, avant que l'expression de son visage reprenne à nouveau un aspect vivant.
Elle regarda sa fille d'un air interrogateur. Tout fut silencieux. Seul le tic-tac de l'horloge pénétrait ses oreilles. Hermione soutint le regard de sa mère mais elle fut heureuse quand celle-ci l'évita. « Etrange, il me semblait-il me semblait que je devais encore te dire quelque chose d'important, mon trésor. »
« Nous devons y aller ! Le Poudlard-Express démarre bientôt, Maman ! » tenta de répondre calmement Hermione.
« Oui, c'est vrai. » répondit Mrs Granger déboussolée. « Allons bon. Cherche ta valise. Et attrape Pattenrond ! Je me prépare rapidement. » Avec un clignement des yeux désorienté sa mère se détourna pour aller à la salle de bain.
Le cœur d'Hermione battait fort et douloureusement alors qu'elle montait les escaliers pour chercher la valise et le panier de voyage pour son chat. Elle savait ce que sa mère avait voulu lui demander. Sais-tu dans quoi tu t'engages ?
A peine un instant plus tard elle faisait léviter ses affaires vers le bas de l'escalier. Sa tête était pleine de pensée. Heureuses. De peur. Prévoyantes. Des pensées pleines de remords. Tandis que sa mère la conduisait à la gare, elle parla à peine de peur de se trahir. Et encore tandis qu'elle était assise auprès de Harry, Ron et Luna dans le Poudlard Express et regardait le paysage qui défilait, sa réponse à la question résonnait encore et encore dans sa tête. Je ne le sais pas. Mais je ne peux pas retourner en arrière.
1 Great Expectations, de Charles Dickens: je ne connais pas le titre en français! L'histoire d'un petit garçon promis à devenir forgeron, élevé par une lointaine parente et appelé auprès d'une excentrique vielle dame et présenté à sa fille adoptive dont il tombera désespérément amoureux, ce qui le rendra douloureusement conscient des differences de classe insurmontables entre eux…jusqu'au jour où un bienfaiteur anonyme prend son destin en main. A lire absolument! (non je ne fais pas de pub!) peut-être que Muggle-Miri a choisi ce livre car là aussi, il s'agit de conquérir une personne dont tout vous sépare…en essayant de ne pas trahir ses proches (Pip, le personage principal, va se mettre à avoir honte de sa famille précédente).
