Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

Merci à tous ceux qui ont eu le courage, malgré les fêtes, de me laisser un petit mot sur le précédent chapitre :
Constancelcd, Cididy, LycorisSnape, Maxine3482, Crazyfuriousgirl, Zeugma, Daidaiiro, AlouetteL, Lupinette, Ma, SlythenclOw, Emma, Jasmineetaladin, Nathea, Steph Rogue, Alex, Fanny, Emilie09, et Nastam

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )

Wow ! On a atteint (et même dépassé) les 800 reviews ! Pour une fic sans slash ni lemon, c'est fantastique ! Vous êtes génia(ux)les ! Merci, merci, merci ! Je vous aime, surtout continuez !

Enjoy &… Review !


Retour d'enfer

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—Il était contrarié que je n'aie pas pu entendre la fin de la prophétie, mais il ne m'en a pas tenu rigueur… une fois qu'il a eu visionné le souvenir. Je pense vraiment que c'était la bonne chose à faire. Lucius est de mon avis, d'après lui, en agissant ainsi, j'ai conforté sa confiance en moi. Après tout, n'en ayant entendu qu'une partie, j'aurais pu hésiter, voire m'abstenir, en sachant que j'encourrais sa colère pour ne pas la lui rapporter en entier, et qu'il aurait pu me punir bien plus cruellement.

Après que Severus soit rentré à Cokeworth par Cheminette, Hermione et lui avaient immédiatement Transplané au manoir. Les deux voyages successifs avaient eu raison de sa résistance, et c'est avec soulagement qu'il s'était laissé tomber dans le fauteuil le plus proche de la cheminée, en tirant de ses poches deux fioles de potions, qu'il avait avalées d'un trait. Il essayait de masquer sa faiblesse du mieux possible, mais il grelottait, et il tentait, avec un succès très limité, de dissimuler le tremblement de ses mains.

Son état n'avait toutefois pas échappé à Tiberius, qui écoutait son récit en silence, un pli soucieux barrant son front. Sans un mot, il ranima le feu, ce qui lui attira un regard reconnaissant de son petit-fils.

—Ne risque-t-il pas de vouloir voir celui d'Harmony ?

—Je… il ne sait pas qu'elle était présente, j'ai occulté toute trace de sa présence. Il faudrait vraiment que quelqu'un qui était là lui décrive la scène pour qu'il s'en rende compte, et même dans le cas, improbable, où cela arriverait, rien ne prouverait qu'il s'agissait d'elle. Je pourrais tout à fait prétendre avoir profité de l'occasion pour… pour voir quelqu'un d'autre, ce pourquoi j'aurais préféré le lui dissimuler… après tout, moins il me pensera attaché à elle, et moins elle sera en danger.

Hermione l'observait, les sourcils froncés.

—Qu'est-ce que tu veux dire par 'te punir bien plus cruellement' ? Il t'a donc puni… pour lui avoir apporté une information ! Intervint-elle, interrompant la conversation.

Severus grimaça, en se mordant virtuellement la langue. Il n'avait pas été assez prudent dans ses propos. Certes il n'avait pas eu droit au Doloris, la punition préférée du Seigneur des Ténèbres, d'après ce qu'il avait pu comprendre des demi-confidences de Lucius, mais l'épreuve n'en avait pas été plus agréable pour autant. Il frissonna de nouveau, jamais il n'oublierait. Jamais. Jamais, non plus, elle ne devrait savoir.

Le regard rougeoyant du mage noir, tel un fer chauffé à blanc s'enfonçant lentement dans ses orbites, atteignant ses sinus, le transperçant impitoyablement d'un trait incandescent. La douleur qui irradiait dans tout son crâne, lui donnant l'impression qu'il était sur le point d'imploser. Les éclairs aveuglants qui traversaient sa tête, la brûlure qui se fondait dans le froid intense qui l'envahissait. Son corps impuissant, tout entier soumis à cette volonté qui retournait son esprit sans aucune pitié. Les mâchoires tétanisées et la bile qui emplissait la bouche. Les souvenirs déchiquetés, disséqués, réduits en lambeaux. Il ferma les paupières un instant pour dissimuler la panique résiduelle qui ne le quitterait pas de sitôt. Même le Doloris infligé par Potter lui semblait un souvenir presque agréable, en comparaison. Il prit son ton le plus neutre, pour répondre.

—Eh bien, disons qu'il n'a… pas vraiment pris de gants pour fouiller dans mon cerveau… Heureusement que je m'y étais préparé !

—Merlin !

—Ça va. Ça n'a pas été bien plus terrible que la dernière fois.

« Il ne trouvera rien », il avait verrouillé ses véritables souvenirs au fin fond d'un coffre, qu'il avait enfoui profondément, dans des marécages insondables. « Il ne trouvera rien, il ne verra rien ». Que se passerait-il si le mage noir se rendait compte qu'il lui mentait, qu'il lui avait toujours menti ? Il mourrait, sans aucun doute. Mais la mort serait la moindre des choses, non, il mourrait lentement, salement, après d'innommables tortures destinées à lui arracher le moindre de ses secrets... il supplierait pour sa mort. « Il ne trouvera rien » se répétait-il inlassablement, en foulant sous ses semelles le gravier du chemin qui menait au luxueux manoir des Malfoy. Le crissement des cailloux rythmait son mantra, « il ne trouvera rien, il ne verra rien ». Il avait fermé les cadenas du coffre et jeté la clé. Voldemort ne devait pas soupçonner l'existence de leur mission. Il ne devait pas soupçonner ses liens avec son grand-père. Il ne devait pas soupçonner à quel point il était attaché à Hermione. Il ne devait pas savoir, pas se douter qu'elle pouvait venir d'ailleurs. D'un temps où elle avait appris comment le rendre vulnérable. Pas soupçonner qu'ils avaient réussi à dérober ce qu'il avait de plus précieux. A le cacher là où pas même lui ne pourrait le retrouver. La peur lui serrait les entrailles, un froid mortel l'envahissait… tant de choses à cacher !

« Il ne trouvera rien. Rien que je ne veuille lui montrer » Que verrait Voldemort, lorsqu'il pénètrerait dans son esprit ? L'ambition démesurée d'un jeune homme qui espérait qu'en se liant à lui il pourrait enfin devenir quelqu'un qui compte, qui ne soit plus le miséreux Sang-mêlé issu de la fange de Cokeworth. Un jeune homme prêt à tout pour parvenir à ses fins, quitte à risquer d'être puni par son Maître pour n'avoir pas été à la hauteur, en ne lui rapportant qu'une partie de la prophétie. Rester calme. Concentré. Il avait fabriqué un chef-d'œuvre avait dit… non, il ne devait pas penser à elle !

Un Elfe de maison le conduisit au maître de maison, qui l'introduisit dans la bibliothèque, où le Seigneur des Ténèbres les attendait, debout, dos à la cheminée. Il prit une grande inspiration avant de franchir le seuil. Ici, il était un autre. Veule, humble, prêt à trahir ses meilleurs amis, s'il en avait eu, pour gagner la reconnaissance qui lui était due. Pour gagner la confiance de son Maître et le respect de ses semblables. De Severus Prince, il ne conserva rien, que l'enveloppe. Il courba les épaules, s'inclinant profondément. Ici, il était Severus Snape, le fils honteux d'un méprisable géniteur moldu, dont il portait le sang sur ses mains. Ce Severus-là, il l'avait déjà été, il pouvait le redevenir.

Eh bien, Severus, dit le mage noir. « Il paraît que tu as demandé à me parler ? Pour me rapporter des informations importantes dis-tu ? Voyons si elles valent vraiment la peine que je me sois déplacé jusqu'ici…

Il avait détourné les yeux, et replongé son regard dans les flammes, mais pas assez vite pour qu'elle ne puisse y déceler un reliquat de terreur.

—Mais ça a quand même été pire, n'est-ce-pas ? Seigneur, Severus… Elle s'agenouilla à côté du fauteuil, saisissant ses mains glacées entre les siennes. Grâce au ciel, il avait enfin réussi à maîtriser ses tremblements.

Il lui semblait qu'il ne tenait debout que par la seule force du regard du mage noir. Et ce devait être la vérité, parce que lorsqu'il le libéra enfin, il s'écroula sur ses genoux comme une marionnette aux fils coupés. Haletant, le cœur au bord des lèvres, un voile noir voilant sa vision.

C'était Voldemort lui-même qui, à son grand étonnement, l'avait aidé à se relever, lui réaffirmant, d'une voix presque contrite que ce traitement avait été nécessaire. « Je ne te connaissais pas encore assez bien pour te croire sur la seule foi de tes paroles. Comprends-tu ? Mais tu m'as convaincu de ta bonne foi, Severus, personne ne peut résister à l'esprit de Lord Voldemort. Ce soir, tu as gagné ma confiance. Dépêche-toi d'obtenir ta maîtrise, j'ai hâte que tu puisses commencer à travailler pour moi ».

Il affermit sa voix du mieux qu'il pouvait, mais il n'essaya pas de libérer ses mains de l'étreinte réconfortante de celles d'Hermione.

—C'est passé, n'en parlons plus. Avec un peu de chance, nous n'aurons peut-être plus jamais à le revoir. Cette circonstance était exceptionnelle, sans Trelawney, cette entrevue n'aurait jamais eu lieu d'être. Pour le moment, je ne lui suis d'aucune utilité, et normalement, je n'aurais pas dû avoir à le rencontrer de nouveau avant la fin de mes études. Je doute que mon quotidien à Oxford l'intéresse beaucoup !

—C'est de ma faute ! Jamais je n'aurais dû proposer cet endroit. Même si les probabilités étaient infimes, j'aurais dû me souvenir… prendre en compte le fait que cela pouvait se produire !

—Mais si cela était destiné à avoir lieu, que ce ne soit pas notre présence, qui l'ait déclenché, crois-tu que le fait que nous n'ayons pas été là aurait changé quelque chose ? Au contraire, il a mieux valu que nous soyons sur place. Nous pouvons ainsi essayer d'orienter les choses en notre faveur. Imagine que nous n'ayons pas eu connaissance de cette nouvelle prophétie ? Imagine que quelqu'un d'autre la lui ait rapportée… peut-être en entier ? Tu n'es responsable de rien, enlève cette idée de ta tête !

—Ça te va bien de dire ça, si l'on considère que le professeur Snape s'est toujours considéré comme coupable de la mort de Lily, même s'il a été certainement celui qui a fait le plus, pour essayer de la sauver.

—Je ne suis pas lui !

—Non, tu as raison, tu n'es plus le même homme, ce qui ne t'empêche pas d'être lui quand même, par certains côtés. Mais j'y pense, la prophétie a changé… cela veut dire que les évènements d'Halloween 1981 n'auront pas lieu !

—En tout cas, certainement pas sous la même forme. Ni d'ailleurs, si l'on considère le sort de James, et le fait que nous sommes en 1980 et que Regulus est toujours vivant, pas forcément à la même date. Sans la première prophétie, Dumbledore n'a aucune raison de cacher les Potter à Godric's Hollow, et le 31 juillet et la naissance de ton ami ne signifient plus rien pour le Seigneur des Ténèbres. Ce qui ne veut pas dire qu'ils seront hors de danger pour autant. Ils étaient protégés par le Fidelitas, et sans la trahison de Pettigrew, ils ne seraient pas morts ce soir-là, mais à présent, ils seront beaucoup plus vulnérables… Et ça veut dire aussi qu'à partir de maintenant, l'avenir va devenir de moins en moins prévisible pour nous. Et que si nous voulons avoir des chances de mener notre mission à bien, le temps nous est compté. Plus nous attendrons, et plus le cours des choses aura tendance à se modifier. Nous devons plus que jamais nous montrer prudents dans nos actions. Pour commencer, je suggère que tu restes ici, même lorsque l'hiver sera passé, et que tu limites tes sorties au maximum. Je sais que tu voulais chercher un travail, mais cela devra attendre. Même ça, pourrait indirectement influencer le cours des choses.

—Nous pourrions détruire les Horcruxes immédiatement. Entre mes souvenirs et ceux de Kreattur, il me devrait théoriquement être possible de Transplaner à la grotte. Je connais le rituel pour passer les barrières magiques, Harry me l'avait expliqué, mais la barque ne peut transporter qu'un sorcier à la fois.

—Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de traverser le lac. Une fois les protections franchies, le Feudeymon devrait tout anéantir, y compris l'île et son contenu. Et avec un peu de chance, une bonne partie des Inferi devrait griller aussi, pour peu que j'arrive à le lancer avec assez de puissance. Non, détruire les Horcruxes ne devrait pas être la partie la plus difficile… sauf si je le dose mal et que je sois pris dans le retour de flammes !

—Severus a raison. D'autant que je compte bien vous accompagner. Lancer un Feudeymon exige une énorme dépense d'énergie magique, et, poursuivit-il étouffant dans l'œuf, d'une main levée, les protestations que le susnommé avait déjà sur la bouche, « avoir une personne de plus à tes côtés pourrait s'avérer utile. Que ce soit pour t'y aider, ou pour assurer tes arrières, on ne sait jamais ce qu'il risque de se produire avec ce genre de sortilège. En général, personne n'a l'occasion de le lancer assez régulièrement pour pouvoir se vanter de le contrôler à la perfection.

—Je ne veux pas vous mêler à ça, Monsieur. Ce n'est pas votre lutte. Le seul fait d'être parent avec moi vous met déjà en danger. Imaginez ce qu'il pourrait faire, s'il venait à avoir connaissance de nos relations, sachant ce que vous avez fait pendant la dernière guerre moldue !

—Tu ne t'imagines tout de même pas que je veuille rester les bras croisés, non ? Au point où nous en sommes arrivés, l'heure n'est plus à la neutralité. Cette guerre est celle de tous. A quoi cela aurait-il servi, justement, de mettre Grindelwald hors de nuire, si c'est pour laisser un Tom Jedusor prendre le relai sans réagir, à peine trente-cinq ans plus tard ? De plus, il ne sera pas dit que je regarderai mes petits-enfants se mettre en danger sans lever le petit doigt.

—Hem… Hermione avait la gorge nouée par l'émotion. Par ces simples mots, Tiberius faisait bien plus que l'accepter comme compagne de Severus, il venait de lui redonner une vraie famille. « Si lancer un Feudeymon est aussi simple que ça, tenta-t-elle d'ironiser, « quelle est la partie difficile ?

—Il faut s'assurer que Tu-sais-qui n'aura pas l'idée de fabriquer d'autres Horcruxes, et comme nous ne pouvons pas savoir s'il se rendra compte ou non que ceux que nous avons récupérés auront été détruits, il faut que ce soit pratiquement simultanément. Et pour cela, nous devrons peut-être faire appel à d'autres personnes…

—L'Ordre du Phénix ?

—L'Ordre, ou du moins une partie. Dumbledore, peut-être, mais uniquement au dernier moment et si nous ne pouvons pas faire autrement… En effet, j'ai bien peur qu'il n'y ait guère que lui qui ait la puissance nécessaire pour venir à bout d'un tel adversaire. Et un soutien de l'intérieur ne serait pas malvenu non plus.

—Regulus sera de notre côté, l'Histoire l'a prouvé.

—Les derniers évènements nous ont montré que nous ne pouvons plus faire entièrement confiance à l'Histoire. Bien que Potter puisse fort bien survivre jusqu'en novembre de l'année prochaine et mourir à Godric's Hollow. Mais oui, Regulus est à envisager, et peut-être pas seulement lui. Mais avec qui que nous envisagions de nous allier, il faudra le faire avec d'infinies précautions, et que notre plan soit sans failles, avant de les mettre éventuellement dans le coup. Je rentre lundi à Oxford, sans vouloir vous donner des ordres, ce sera en grande partie votre travail, à toi et à vous, Monsieur. Nous coordonnerons nos idées pendant les week-ends. Tout devra être planifié dans les moindres détails, et pratiquement à la minute près. Pour répondre à ta question, c'est cela qui sera le plus difficile.

TBC


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