Hello !
Toujours un tout tout grand merci à mes fidèles revieweurs (euses) !
Nous retrouvons Shaka, et les bêtises conjointes de presque tous nos noceurs...
Bonne lecture !
Titre: Bêtises en cascade
Couple: Milo x Camus
Disclaimer: Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. Gna gna gna...
Bêtises en cascade
Tout imbibé de vodka orange qu'il était, Camus du Verseau avait encore trop conscience de son environnement pour être totalement à l'aise.
- Détends-toi chouchou, tu es raide comme Shaka, lui chuchota Milo à l'oreille.
- Hé ! protesta le Français qui prenait cette phrase comme une insulte.
- C'est facile pourtant, sourit le Grec qui serrait étroitement son compagnon et promenait des mains très flâneuses sur ses reins.
- Ne me tripote pas ainsi devant tous ces gens ! regimba Camus, qui avait certes perdu de sa froideur devant un public de pairs et d'amis, mais pas encore devant le commun des mortels.
- Mais chouchou, tout le monde le fait ! assena le Scorpion comme argument massue.
- Je ne suis pas " tout le monde " déclara hautainement le Verseau en délogeant sa tête de l'épaule de Milo.
Il jeta un regard embarrassé et circulaire à la ronde, pour constater qu'effectivement aucun des danseurs englués l'un à l'autre ne lui prêtait la moindre attention.
Sauf Hyoga, qui étranglé par les bras puissants de sa partenaire blonde, lança un regard en forme de SOS à son mentor chéri.
" Débrouille-toi comme un homme, Hyoga " le sermonna Camus télépathiquement.
Il ramena son attention à un Milo aux joues rougies qui semblait être passé du désespoir le plus total à l'euphorie la plus exaltée.
Son amant avait de terribles sautes d'humeur, câlin/geignard/boudeur/colérique – il en passait, et pas des meilleures – ce qui était épuisant pour ses nerfs glaciaux et un caractère lisse de cercueil de glace comme le sien.
- T'aimes quand même bien danser avec moi ? quémanda justement l'arachnide aux prunelles énamourées.
- Oui, mais il y a trop de bruit, trop de monde, trop de fumée…
Milo clôtura les récriminations justifiées de son amant par un baiser brûlant qui retourna le pudique Verseau – les effets bienfaisants de l'alcool peinaient encore à se faire sentir.
Plus loin, Ikki avait réussi à tromper une jeune demoiselle en usurpant l'identité d'un garçon aux bonnes manières.
Un dialogue franco/japonais n'ayant aucune chance d'aboutir, le couple s'entretenait dans un sabir très médiocre d'anglais, ce qui n'avait que peu d'importance pour le but de drague que chacun s'était fixé.
Des gestes suffisaient à tout révéler : Ikki voulait la fille, la fille voulait Ikki, tout le reste ne serait que vaine littérature.
Athéna s'encanaillait de plus belle, car elle quitta la piste en y larguant un Pégase qui continua à se dandiner tout seul, et prêta l'oreille à des propositions louches d'un personnage qui vendait très cher une poudre qui n'était pas à lessiver.
Saga des Gémeaux, buvant un jus tropical, peinait à retenir un Shun d'Andromède mortifié des ordres iniques de son aîné.
Après tout, il avait eu le rôle le plus désagréable dans le combat contre Hadès, celui de l'hôte involontaire, ne méritait-il pas une légère compensation, pouvoir s'amuser comme un adolescent normal par exemple, et aussi pratiquer des activités de son âge ?
Il en avait marre qu'on le prenne pour le gentil Shun, le chiot de service à protéger, le pleurnicheur…
Andromède donnait peut-être une impression de naïveté, mais son intelligence était plus qu'honorable – il dépassait de cent coudées Seiya, de dix Ikki et égalait Hyoga. Inutile de parler de Shiryu, il était hors-concours, où alors un concours de grosses têtes, style Camus. Tiens, songea le jeune bronze, en parlant du Verseau, même lui n'emportait pas de bouquin en boîte et se laissait divertir par Milo !
Les pensées décousues de Shun arrivèrent enfin à la conclusion : il devait mettre sur pied une stratégie pour échapper au vol de reconnaissance du Phénix collant.
Se débarrasser de la surveillance inopportune de Saga.
Il lui fallait des complices. Quelqu'un qui détestait à la fois Saga et Ikki.
Hyoga était trop timide, Saori aimait trop Saga, Seiya ne détestait pas assez Ikki.
Camus se fichait des querelles de groupes, et d'ailleurs il aimait Saga si pas Ikki.
Bingo.
Milo détestait Saga dont il était jaloux et Ikki qui perturbait son couple.
Qu'est ce qu'on raisonnait bien avec une bière dans le nez !
Donc, message mental à Milo.
Milo qui entamait le second slow encore plus imbriqué dans Camus si possible.
- Dis donc, Milo, marmonna le Français en resserrant ses bras autour du cou de son compagnon. Tu m'as encore donné le rôle de la fille !
- Aaah ? fit innocemment le Scorpion dominateur.
- Regarde autour de toi.
- Tu ne boirais pas encore une petite vodka ? plaisanta Milo.
Rendu prudent par ses expériences passées, le Grec changea tout de même en inversant leurs positions, et en étranglant Camus par ses bras envahissants. Il ne tenait pas à voir son chéri découcher à nouveau à l'hôtel " LE PETIT PRINCE "
Cette fois ce fut le premier jumeau qui prit des photos compromettantes.
Le message de Shun atterrit soudain dans le cerveau spongieux de whisky du huitième gardien, qui de surprise en resserra encore sa prise sur son petit copain.
" Milo, Milo… Aide-moi ! " implorait la voix juvénile d'Andromède.
" A quoi ? " se surprit le Scorpion en jetant un regard perplexe au bronze vert teint en noir, que Saga semblait surveiller tel un oiseau de proie.
" Ikki a ordonné à Saga de me surveiller ! Il ne veut pas me laisser m'amuser… "
" Sacré Phénix "
" C'est pas juste ! Aide-moi à me dépêtrer de Saga, Milo… Mon frère n'a pas le droit de me tyranniser ! "
Contrarier Ikki du Phénix, il n'en fallait pas plus à Milo du Scorpion pour prêter assistance aux pires plans d'Andromède.
Comme la musique redevenait démoniaque et échevelée, Camus se sauva rapidement de la piste de peur que Milo ne l'oblige à se trémousser comme une vache folle.
Le Scorpion le vit avec satisfaction s'asseoir à une distance prudente de Saga, et commencer une conversation rasante avec l'érudit Dragon.
Il n'aurait pas besoin de surveiller son amant durant un long, très long moment.
- Chouchou, assura-t-il ses arrières en embrassant le Verseau dans le cou, cela ne te dérange pas que je danse sans toi ?
Cela ne dérangeait pas le Français, qui n'était sujet à la jalousie que dans des mesures toute à fait raisonnables, et devant des preuves concrètes.
Il sourit à Milo, ravi de le voir s'amuser de si bon cœur, et reprit sa controverse passionnante avec Shiryu, comparant le stoïcisme et l'épicurisme, sujet philosophique qui fit frémir le jeune Grec d'épouvante.
Saga, mortifié que Camus l'ignore si ostensiblement pour complaire à son insupportable petit ami, vit Ikki du Phénix lui adresser un signe de victoire, et s'éclipser avec une jeune fille, lui laissant sans scrupules l'entière responsabilité de son encombrant petit frère.
- Saga, je dois aller aux toilettes, chouina au même moment le petit frère.
- Tiens, moi aussi, s'immisça le Scorpion, mine de rien.
- Je dois te surveiller, Shun, réfuta Saga qui prenait son rôle d'aîné très au sérieux.
- Je te le ramène, Saga, proposa Milo, étalant l'expression la plus posée possible sur son faciès d'irresponsable chronique, ce qui n'était pas chose aisée.
- Hum… balança le Gémeaux.
Andromède s'était mis à se tortiller explicitement : c'était urgent.
- Tu devrais surveiller plutôt la déesse, aiguillonna le rusé Milo, montrant d'un doigt persuasif la jeune héritière se ruiner en drogues néfastes, sous l'œil de cheval frit de Pégase, qui contemplait avec étonnement ces produits destinés à leur procurer un " trip d'enfer ".
- Par Zeus ! beugla le troisième Chevalier d'Or, Athéna se fait racoler par un dealer !
Il fonça, n'écoutant que son devoir de Chevalier et d'amoureux platonique.
Shun était libre, et se dirigea avec vélocité dans la masse mouvante vers le but suprême de la sortie, talonné par un Milo fort curieux des desseins de son jeune collègue.
- Tu vas où, Shun ? s'enquit-il en passant la porte de la discothèque.
- A la boutique de tatouages, choisir un truc cool.
L'ensorceleur appel de la tentation sonna aux oreilles assourdies de musique du huitième gardien.
Il calcula quelle durée il pourrait se soustraire à l'attention de Camus, et décida audacieusement qu'il avait largement le temps de se laisser tatouer du haut en bas, tellement le Verseau et le Dragon mettraient des plombes à disserter de leur vaste thème de réflexion.
- Je viens avec toi, Shun, prononça donc Milo en posant une pince amicale sur l'épaule du jeune Andromède. La présence d'un homme majeur pourra t'aider à concrétiser ton projet.
Ce petit Japonais attrapait enfin du caractère.
Milo, tout frétillant à l'idée de pouvoir assouvir un caprice mûri de longue date, ne réfléchit pas une seule seconde à la réaction de son compagnon, qui avait pourtant exprimé clairement son désaccord une demi-heure plus tôt.
Saga des Gémeaux avait complètement désorienté le dealer par son illusion – l'homme avait réquisitionné une table pour commencer un strip-tease et fut emmené par la sécurité -, et traitait Athéna comme elle le lui avait maintes fois demandé depuis le début de la soirée: une adolescente écervelée ordinaire, grondée vigoureusement par un homme mature.
Bizarrement, la réincarnation si fière et persuadée de sa supériorité se laissa tancer comme une petite fille – non, mieux que Saori petite fille –, et se mit à pleurnicher à gros sanglots enfantins sous le regard sévère de Saga.
Seiya, hébété, donc fidèle à lui-même, ouvrait la mâchoire équine de l'animal affamé qui a senti de l'avoine.
Le Chevalier Pégase finit par assimiler que certes, avoir acheté de la drogue était une sottise monstrueuse, mais que surtout le Chevalier des Gémeaux se permettait d'enguirlander sa Saori, sa petite amie, sa déesse toute puissante et vénérée.
Il poussa un cri de rage qui se perdit dans le vacarme de la musique et se jeta violemment sur Saga, qui se défendit bec et ongles sans pouvoirs spéciaux.
Saori Kido ne pleurait plus, mais encourageait alternativement les deux hommes qui se battaient pour elle, cette situation épique flattant son égo démesuré.
Camus et Shiryu se régalaient à monter de plus en plus haut dans les hauteurs de la connaissance, amenant la conversation à un niveau que peu de leurs camarades pourraient égaler.
Le Français, perturbé par l'épais brouillard de nicotine, fit l'une de ses rares erreurs en dénichant un paquet de cigarettes et retombant dans un vice qu'il avait expérimenté durant quelques mois juste avant sa première mort.
- Fume un jour, tu fumeras toute ta vie, critiqua aimablement le Dragon, qui menait une vie plus que saine – bien que fort ennuyeuse - pour ses écailles.
- Juste ce soir, promit le Verseau en aspirant la fumée avec une volupté retrouvée.
Il toussa derechef, n'ayant plus l'habitude.
- C'est ce qu'on dit, ricana le disciple de Dokho en remettant leur sujet philosophique sur le comptoir du bar.
Milo et Camus avaient décidemment l'art de faire de plus grosses bêtises séparés qu'ensemble.
Shaka de la Vierge, vers deux heures du matin, se retrouvait enfin seul dans son Temple dévasté.
Les sagouins qu'étaient ses pairs ne s'étaient pas embêtés à réparer leurs dégâts, mais la réincarnation de Bouddha avait tellement ses petites cellules grises en train de se collisionner joyeusement qu'elle ne s'en offusqua point.
Le verre d'ouzo n'avait pas eu d'autre effet sur le blond Chevalier que d'amener une légère teinte saumon sur ses joues de porcelaine.
Toute la bande de rapaces alcoolisés avaient guetté très avidement le moindre signe de décoinçage de l'homme le plus proche des dieux, en vain.
Le Chevalier était resté bloqué en lotus, yeux fermés, une auréole de vertu presque palpable au-dessus de son crâne aux cheveux soyeux lustrés avec un shampoing artisanal de plantes, laissant sans broncher Shaina de l'Ophucius et Angelo du Cancer achever sa table en teck, et un guilleret et farceur Dokho de la Balance dessiner au crayon gras des moustaches noires à ses statues de Bouddha.
Déçus dans leurs espérances de provocateurs de problèmes, poussés par Marine fatiguée devant qui tous se soumettaient - d'abord parce qu'elle était autoritaire, ensuite parce qu'une femme enceinte réclamait tous les ménagements -, ils avaient tous fuit en remerciant le sixième Chevalier de son hospitalité, et lui souhaitant bonne chance pour concrétiser sa romance nigaude avec Mü du Bélier.
Shaka avait besoin, pour une fois dans sa vie, de conseils sur un sujet qu'il ne maîtrisait pas du tout.
Mü était son ami, se dit-il avant de se souvenir que l'Atlante était justement son problème sentimental.
Ikki du Phénix.
Ce nom amical tinta comme un gong religieux aux oreilles de l'Indien.
Shun d'Andromède s'était décidé dans la boutique crasseuse pour un piercing à l'oreille, option somme toute fort modeste.
La loi refusait leur libre arbitre en matière de tatouages et piercings aux mineurs et aux personnes sous l'influence d'alcool ou de stupéfiants.
Soit Milo avait l'air plus sobre et Shun plus vieux qu'ils ne l'étaient en réalité, soit le magasin se fichait éperdument de la loi.
- Tu veux vraiment te faire tatouer, Milo ? interrogea le Japonais qui avait fort mal à l'oreille durant l'opération de mutilation.
- Bien sûr ! s'écria le Scorpion, qui désignait impérieusement ses desiderata sur catalogue, désirs originaux – mais le professionnel avait vu de tout.
Le Grec s'installa, et supporta héroïquement la longue procédure avec tout le courage viril d'un Chevalier d'Or qui avait en outre une expérience marquée en aiguilles venimeuses entaillant sa peau.
C'est son Camus qui allait être surpris…
Shun admira l'ornement argenté à son oreille délicate, ornement qui attirait les reflets, repoussant ses cheveux nouvellement noirs avec un sourire de pure joie.
C'est Ikki qui allait être très étonné…
Ikki du Phénix, Chevalier d'Athéna, était déjà présentement très estomaqué.
Il avait ramené la fille à l'hôtel " LE PETIT PRINCE ", comptant profiter de la chambre durant le temps que Saori réquisitionnerait ses petits camarades – connaissant la divine donzelle, il avait encore une grande partie de la nuit devant lui -, et l'oiseau immortel se réjouissait d'avance d'un bon moment à passer.
Le japonais tourna la clé dans la serrure et ouvrit la porte, continuant ses ruses galantes en laissant passer la fille en premier.
Un hurlement retentit, et la jeune Française lui tomba dans les bras, non en alouette toute rôtie, mais sérieusement évanouie.
Le Phénix s'avança, pour découvrir un spectacle hautement improbable : Shaka de la Vierge, en simple sari, méditait ferme, et détail choquant pour une malheureuse créature humaine, flottait en lotus et entouré d'une bulle de cosmos doré à au moins cinquante centimètres du sol.
- Sha… Shaka ! s'ahurit l'oiseau de feu, en se débarrassant de sa conquête d'un soir sur le lit de Shun.
Shaka ouvrit ses prunelles magnifiques, mais voilées d'une brume de doute.
- Ô jeune Chevalier Phénix, mon ami, sache que je suis désolé de mon intrusion, mais j'ai des questions dont il me serait impératif d'obtenir les réponses. Maintenant.
Sur le point de passer un excellent moment de galipettes, Ikki aurait grillé sur place n'importe qui d'autre s'immisçant dans ce plan, mais Shaka, c'était différent.
L'incarnation vénérable de Bouddha était la seule personne de la galaxie pour qui le Phénix présomptueux avait une plume de respect.
Shaka avait été le seul devant qui le fier Chevalier revenu de l'Enfer avait éprouvé ce qui ressemblait à de la terreur, s'était retrouvé, selon l'expression même de l'Indien, comme un singe velu dans la paume d'un Bouddha géant en plaqué or.
Ikki s'assit donc et se prépara à écouter religieusement le sixième gardien.
Camus du Verseau avait abandonné Shiryu pour aller aux toilettes – ses boissons alcoolisées descendaient rapidement.
Il avait admiré au passage le cercle formé autour de Saga des Gémeaux roulant dans la poussière avec Seiya de Pégase, dans une lutte fratricide dont Saga en tant qu'ex-Grand Pope connaissait toutes les ficelles, ayant littéralement massacré Pégase privé de sens le temps que Saori ressuscitée ne termine sa balade triomphante le long des interminables escaliers du Sanctuaire.
L'arrivée du premier jumeau était vraiment un élément de perturbation des couples.
Le Français sortit ensuite de la discothèque pour chercher un peu de fraîcheur, et entamant son deuxième paquet de cigarette – sa promesse au Dragon partait de plus en plus en fumée -, il se rendit compte d'une chose entièrement suspecte : le cosmos de son aimé arachnide ne rayonnait pas dans la boîte de nuit, mais deux ruelles plus loin, escorté de celui de Shun d'Andromède.
En dépit de son déséquilibre dû aux vodkas orange, le protecteur du onzième Temple gardait toutes ses facultés démesurées de déduction.
Il se précipita, espérant se tromper.
Shun, plus désir de piercing, Milo, plus désir de tatouage, tout ça au bout de deux ruelles où se trouvait l'endroit prêt à leur donner satisfaction…
Trop de coïncidences.
