Bonjour à tous !
En retard, comme souvent maintenant, mais je vais terminer cette fiction, c'est promis, et de toute façon, on y est presque !
Lehanna : Oui, elle commence à faire ses suites et fait une bonne sieste l'après midi, ça me laisse le temps d'écrire un peu (entre les lessives et autres joyeusetés que l'on a à faire à la maison). Merci de ta sollicitude !
La discussion entre les gars ne va pas venir toute suite, puisque c'est le chapitre de Queenie. Tu vas y avoir les ASPICS, le trésor et une surprise !
Oui cette fiction est très très très très bientôt finie. Genre deux chapitres (pas taper, pas taper).
J'ai trois projets en cours je dirais : deux autres fictions avec les Maraudeurs et des OCs différents, parce que je suis aussi une incorrigible fan girl des Maraudeurs et j'aime bien inventer des OCs, et une autre histoire qui se passe à Poudlard à l'époque de Molly Prewett, Arthur Weasley, Andromeda Black, Ted Tonks… J'ai déjà plusieurs chapitres d'écris pour celle-ci mais je dois les développer un peu.
Chapitre 48 – Oh par Merlin !
L'ambiance dans la Tour de Serdaigle a été invivable pendant les jours qui ont précédé les examens de fin d'année. Même la Dame Grise est venue nous voir pour nous demander de nous calmer, le stress si palpable que nous ressentons tous, particulièrement les élèves qui passent les BUSES ou les ASPICS, ce qui est mon cas, dérangent les fantômes et les elfes de maison.
Depuis que je me suis levée, je n'arrête pas de trembler. J'ai renversé la moitié de ma bouteille de gel lavant dans la douche, et Arizona ne va pas mieux que moi puisque qu'elle a faillit s'éborgner avec son mascara. Je ne pensais pas que le stress des examens se manifesteraient de façon aussi physique.
- On va déjeuner ? propose Enora, alors que nous sommes toutes les trois à tourner en rond dans le dortoir. Meredith est déjà descendue pour au moins boire un thé, d'après ce qu'elle m'a dit.
Après notre rapprochement forcé, mais néammoins agréable, avec Meredith, elle a petit à petit reprit ses habitudes solitaires. Désormais, nous discutons régulièrement et nous en savons bien plus sur elle que durant les six années précédentes, mais elle ne fait pas réellement partie de notre groupe.
- Oui, allons-y, finis-je par dire, ça ne sert à rien de rester ici et il faudra bien que l'on descende un jour ou l'autre.
La Grande Salle est étonnamment silencieuse ce matin. Les cinquièmes années de notre maison déjeunent avec leurs fiches de révisions sous les yeux, les premières années paniquent de voir tout le monde si studieux. Lily Evans semble proche de l'apoplexie, et James Potter fait semblant de relire son livre de métamorphose, probablement pour apaiser sa petite amie. Arizona leur lance un regard mauvais, elle n'est pas encore complètement guérie de sa rupture avec le Maraudeur. À chaque fois que je passe du temps avec eux, ça me met mal pour elle, mais je ne sais pas comment je pourrais arranger les choses. Lily et James sont faits l'un pour l'autre, ça crève les yeux. J'espère qu'Arizona trouvera quelqu'un avec qui être heureuse, je le lui souhaite de tout mon cœur.
J'essaye de boire mon verre de jus de fruits, mais je n'arrive qu'à le renverser sur mes genoux. Je nettoie la catastrophe d'un geste de ma baguette, mais mon sort ne fonctionne pas, je trempe encore plus ma robe d'uniforme.
- Viens, on va à l'infirmerie, m'ordonne Arizona.
Oh Merlin, ma meilleure amie est complètement folle. La première épreuve va commencer juste après le petit-déjeuner, nous n'avons pas le temps de faire un détour à l'infiermerie. Croit-elle que Pomfresh va guérir ma robe ? La bonne blague. Sérieusement, je crois que je n'ai jamais été aussi angoissée de toute ma vie. En plus, il fait super chaud, c'est tout à fait désagréable.
- Je refuse de louper le début de l'épreuve de métamorphose m'énervé-je.
- J'ai besoin de prendre un calmant, m'apprend-t-elle
Je lève un sourcil, soupçonneuse, mais je la suis tout de même. Arizona lance un sort de séchage à ma robe, alors que nous quittons la Grande Salle.
- Merci, bougonné-je.
Bien entendu, une fois arrivées dans l'antre de Pomfresh, Arizona me force à prendre une potion calmante aussi. Nous ne sommes pas les seules à être venues rechercher du réconfort à l'infirmerie. Il ne reste qu'une heure avant le début de l'épreuve de métamorphose, je n'arrive pas à savoir si j'ai envie que le temps passe vite ou s'arrête. Je me sens beaucoup mieux maintenant que j'ai pris la potion, je dois le reconnaître, mais je ne veux pas être perturbée pendant l'épreuve. Est-ce que l'on peut être trop détendue au point de se tromper dans ses réponses ? Je n'espère pas !
Sans que je ne m'en rende compte, nous sommes déjà dans le hall à attendre que la directrice adjointe appelle nos noms.
- Tu crois que ça va être quoi le sujet ? me demande Enora en se rongeant les ongles.
- Impossible de savoir, marmonné-je. On sera bientôt fixé, de toute façon.
Enora hoche la tête et ne dit plus rien. À côté de moi, Arizona se ronge également les ongles. La chaleur de la fin juin est insupportable, même à l'abri derrière les pierres épaisses de Poudlard. D'habitude, les murs du château gardent agréablement la fraicheur, mais là, j'ai l'impression que je vais fondre. La sueur perle sur mon front et je déteste cette sensation.
- Black saisit toutes les occassions de draguer, même le matin des ASPICS, lance la voix de Bertha Jorkins à une de ses amies.
Les deux filles rigolent, et je me tourne cherchant Sirius des yeux, mais je ne le vois pas. Pourquoi est-ce que Jorkins a dit ça ? Il draguerait le matin des examens ? Mais qui ? Et, pourquoi ça m'intéresse surtout ?
- Elle raconte n'importe quoi, me rassure Enora.
- Je m'en fous de toute façon, claqué-je.
- C'est cela, oui, se moque ma meilleure amie.
Je ne réplique rien. Qu'Enora se fasse des films si elle veut, il est assez évident pour moi que Sirius n'est qu'un ami. Je vois mon frère approcher et je sais que je vais bientôt avoir ma petite vengeance contre mon indigne meilleure amie.
- Bonjour Queenie, bonne chance pour les examens, me dit-il.
- Merci Ethan, bonne chance aussi.
Il ne répond rien, semblant un peu gêné. Je l'encourage d'un sourire et désignant des yeux ma meilleure amie. Celle-si ne se rend pas compte de notre échange de regards, ou alors elle fait semblant de ne pas s'en rendre compte, ce qui est plus crédible.
- Bon courage aussi Enora, je suis sûre que tu vas réussir haut la main, l'encourage finalement Ethan après un instant de silence.
- Merci, répond Enora, un peu surprise. Tu vas y arriver aussi.
- Probablement moins bien que toi, réplique-t-il.
Elle sourit au compliment, puis Ethan s'éloigne. J'échange un regard victorieux avec Arizona. Je suis tellement contente que les choses s'arrangent entre eux ! Du temps s'est écoulé depuis qu'ils m'ont tous les deux avoué leurs sentiments, mais nous touchons désormais au but !
Alors que le professeur MacGonagall commence à appeler les élèves, j'aperçois Sirius qui revient, essouflé. Qu'est-ce qu'il faisait ? Il était vraiment avec une fille ?
Dès que mon nom est appelé, j'oublie un instant Sirius et le reste, et je rejoins ma place dans la Grande Salle. Les choses sérieuses commencent !
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La théorie est terminée, maintenant je suis dans le couloir des salles d'examens et j'attends de passer pour l'épreuve pratique. Je ne saurais dire comment je m'en suis sortie, pas trop mal je pense, le sujet portait sur les animagus. J'avais révisé, bien sûr, je n'ai fait l'impasse sur aucune matière ni aucun thème au programme. J'ai parfois l'impression de savoir un peu de tout les sujets mais aucun parfaitement, en profondeur. Je soupire, plus qu'impatiente que jamais de passer. Je préfère que ce soit vite terminé. Et en même temps, la pratique, c'est toujours plus angoissant que la théorie…
Sirius sort de la salle, alors que j'allais prendre mes fiches de révision pour les lire une dernière fois. Il s'approche de moi en souriant, détendu comme d'habitude. Je n'ose pas lui demander si les rumeurs de Jorkins de ce matin étaient fondées, je lui pose donc la première question qui me vient à l'esprit.
- C'est difficile ?
- Non, ça va, répond-t-il. Objet en animal et animal en objet, du classique.
Je hoche la tête, effectivement, ce ne sont que des épreuves classiques de métamorphose, mais avec un degré de difficulté qui augmente chaque année. Je me demande vraiment ce que je vais devoir transformer.
- Toujours ok pour ce soir ? me demande Sirius.
Autant cette histoire de labyrinthe souterrain me fascine et me terrifie, autant je n'ai pas du tout la tête à y penser maintenant, à quelques minutes de mon épreuve pratique de métamorphose.
- On en reparle après mon épreuve, déclaré-je. Je n'arrive pas à penser à autre chose .
Sirius m'adresse un sourire réconfortant avant de me souhaiter « bonne chance », puis il s'éloigne. Encore quelques secondes, et mon nom retentit dans le couloir. J'entre dans la salle d'examen en tremblant un peu.
C'est une petite salle, vide de tables et chaises, mais dans laquelle se trouve nombre d'objets étonnants et des animaux en cage.
- Bonjour, je suis Gilbert Fripemine, je vais être votre examinateur pour cette session, m'apprend l'homme qui se trouve devant moi.
Il est plus grand que moi, porte d'épais cheveux bruns qui cachent les cornes qu'il a sur la tête. Un sortilège raté peut-être ? Sa robe est simple, un peu froissée et porte le logo du Ministère de la Magie. Je bafouille un « bonjour » et attend les consignes.
Fripemine se dirige vers une énorme cage abritant une pauvre vache toute perdue dans cet environnement inconnu.
- Vous allez transformer cette vache en valise, mais votre valise devra avoir des motifs léopards.
Je réfléchis quelque secondes à la meilleure solution : transformer la vache en léopard, puis en valise, ou transformer la vache en valise puis modifier le motif. J'opte finalement pour la deuxième solution et après plusieurs gestes de ma baguette et formules adaptées, j'ai une superbe valise léopard. Fripemine passe sa main sur le dessus du bagage, l'ouvre, observe l'intérieur puis hoche la tête. Je crois que je ne m'en suis pas trop mal sortie.
Je dois ensuite transformer un service à thé en procelaine blanche en plusieurs oiseaux aux plumes noires, ce qui est bien moins difficile à mes yeux. Lorsque je quitte la salle d'examen, je me sens beaucoup mieux et je suis finalement assez confiante quant au résultat de cette première journée d'examen.
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Il est déjà tard, malgré le fait que nous nous soyons hâtés de manger et partir pour le tunnel. J'espère ne pas être trop fatiguée pour les épreuves de demain. Mais, il y a plus important… Nous sommes enfin devant le sphinx, et il est bel et bien réveillé. J'angoisse un peu, il faut bien l'avouer, mais c'est terriblement excitant ! James s'incline devant le sphinx et le salue poliement.
- Je suppose que vous aimeriez passer pour découvrir ce que je cache ? nous questionne la créature magique.
- C'est, en effet, notre humble requête, oh grand sphinx, déclare James.
J'ai presque envie de sourire en entendant le Maraudeur s'exprimer ainsi. Le sphinx n'est pas convaincu par tant de flagorneries et nous propose une énigme chacun pour passer. L'aventure commence réellement…
James, puis Sirius, ensuite Remus, maintenant Peter, et ce sera à moi de passer. Je ne suis pas particulièrement inquiète. J'ai l'habitude des énigmes de la gargouille de la tour de Serdaigle. Je vois Peter qui dépasse le sphinx avec soulagement et je m'avance devant lui. Je le salue d'un signe de la tête et j'attends en silence son énigme. Je ne saurais dire si je suis plus ou moins stressée que ce matin pour la première épreuve d'ASPICS. C'est équivalent…
- Si vous peignez les chiffres 0 à 100 sur les 100 portes des 100 maisons d'un village, annonce la voix grave, combien de fois peindrez-vous le chiffre 9 ?
Je ferme les yeux pour compter dans ma tête et je dresse rapidement un calcul mental. C'est le type d'énigme que l'aigle qui garde notre salle commune nous sort régulièrement, je ne mets pas longtemps à trouver la réponse.
- Vingt fois, dis-je enfin.
Presque frustré de n'avoir pu piéger aucun d'entre nous, le sphinx me laisse passer et je rejoins les gars qui discutent.
- Super, tu as réussi, s'exclame Peter.
Il a l'air réellement soulagé de voir que je m'en suis sortie, je ne sais pas si je devrais froissée d'un manque de confiance en mes capacités ou reconnaissante de sa réaction.
- Elle doit avoir l'habitude, n'est-ce pas ? me lance Remus.
- Oui, c'est vrai, admis-je, même si l'aigle de ma maison ne nous menace que très rarement de mort.
Les Maraudeurs rigolent, puis nous bougeons enfin. Nous nous enfonçons un peu plus dans le tunnel. Le plafond est bas, mais toutefois assez haut pour que nous puissions tenir debout. Nous avançons dans la pénombre, au début en parlant, puis en silence. Au bout de plusieurs pas, le chemin tourne. Il fait de plus en plus sombre et chacun d'entre nous s'éclaire avec sa baguette. James passe en premier et il nous permet d'éviter une nuée d'abeilles d'un habile sort de protection, je pense que l'épreuve pratique de Défense Contre les Forces du Mal sera d'une simplicité enfantine pour le Maraudeur.
Le tunnel s'élargit au fur et à mesure et finalement, la lumière revient. Des torches font leur apparition.
- Feu perpétuel, remarque Remus, il ne brûle pas mais éclaire éternellement le lieu où il a été lancé.
Au bout de quelques mètres, nous apercevons enfin le coffre. Tous les cinq, nous nous arrêtons. C'est plutôt une grande malle d'un bois foncé, entouré de lanières en cuir usées. Une serrure complexe, de couleur dorée, se dresse sur le devant, ressortant du bois lisse et uniforme. Ce coffre n'a pas été fabriqué qu'à la force des bras, mais avec une part de magie également.
- Alohomora, lance James en direction de la serrure, mais rien ne se passe.
Remus essaye quelques sorts d'ouverture ou de déblocage, Peter tente carrèment un sortilège d'explosion. Le coffre est bien protéger.
- Queenie, est-ce que tu as une épingle à cheveux ? me demande soudain Sirius.
- Tu te prends pour un espion moldu ? se moque Remus.
- Ne rigole pas, j'ai souvent utilisé cette technique pour sortir de ma chambre quand mon père m'enfermait, nous confie Sirius.
Je fouille dans mes poches à la recherche d'une épingle à chignon et je finis par en trouver une… dans mes cheveux, tout simplement. Je la donne sans regrets à Sirius. Je suis tellement impatiente de découvrir le trésor !
Sirius s'installe par terre, face à la serrure, et tord mon épingle dans tous les sens, puis commence à crocheter le cadenas. Nous attendons en silence, en retenant presque notre souffle. Il met un temps à fou, à tourner, retourner, forcer… Et soudain, un « clic » se fait entendre. D'une main, Sirius relève le couvercle du coffre. Mon cœur bat à cent à l'heure lorsque je me penche au dessus de la malle en bois pour en voir le contenu.
Il y a de nombreux artefacts magiques qui appartenaient donc au Baron Sanglant. C'est émouvant et excitant de les observer. Les gars sortent tous les objets du coffre et les posent au sol pour que l'on puisse les observer. Un morceau du fil d'Ariane, des graines de saule cogneur, un sachet de poils de licornes, ou encore des écailles de dragons des Neiges… Je suis émerveillée.
- Qu'est-ce qu'auraient fait les Serpentards avec tout ça ? demande Peter.
- Aucune idée, mais je crois que je sais ce que nous allons en faire, déclare James.
Remus hausse un sourcil et je relève la tête.
- Nous allons tout donner à l'Ordre du Phénix, cela pourrait être utile pour combattre Vous Savez Qui !
- Voldemort, le corrige Sirius, on doit dire son nom.
- C'est une bonne idée, admet Remus.
- Je suis d'accord aussi, déclare Peter.
J'observe à nouveau les trésors étalés sur le sol. Que contient ce livre à la couverture usagée ? Quels pouvoirs renferment ce sachet en peau de crocodile ? C'est tellement frustrant d'imaginer que je ne pourrais rien étudier de tout cela… Mais en même temps, James a raison, il faut combattre Vous Savez Qui, je ne veux pas vivre dans une Grande Bretagne dirigée par un mage noire complètement taré. Alors, finalement, je me range à ses côtés.
- Ok, lâché-je, servons-nous de ces trouvailles pour mettre fin au règne du seigneur des ténébres.
Je dis cela avec une voix un peu rocailleuse, mais je force un sourire, pour ne pas montrer mon hésitation.
- Super, s'exclame Sirius, enjoué, c'est génial ! On va gagner la guerre !
Il tape dans la main de James. Ils semblent tous les deux transportés, comme si ce trésor allait réellement changer la donne dans cette guerre. Peut-être, peut-être qu'ils ont raison… Et soudain, sans que je m'y attendre, Sirius me prend dans ses bras et m'embrasse.
Oh. Par. Merlin. Mon cerveau s'arrête, en plein bug. Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il est entrain de faire ? Je suis trop choquée pour réagir. Un toussotement de Remus ramène Sirius sur Terre et il me lâche, puis se tourne vers le coffre. Je crois qu'il rougit. Les trois garçons ne disent rien, mais la gêne est palpable. Peter détourne les yeux et Remus esquisse un sourire moqueur.
Enfin, James rompt le silence et nous annonce qu'il va contacter Frank Londubat, un ancien élève de Gryffondor, membre de l'Ordre, qu'il connaît bien apparemment, pour lui parler de ce trésor. En attendant, nous devons le ramener au château et le cacher. Je le remercie du regard d'avoir changé de sujet, même si personne ne parlait du baiser.
- On aurait du prendre des sacs, grogne Remus.
- Remus, cette remarque m'étonne de toi, dis-je en essayant de paraître calme et allègre.
Je métamorphose deux cailloux en un grand sac en cuir et nous commençons à empaqueter les artefacts récupérés. En un quart d'heure, tout est emballé. Le retour au château se fait sans encombre, les Maraudeurs sont des experts pour éviter Rusard, Miss Teigne ou les préfets. Cette fois-ci, Sirius ne me raccompagne à la tour de Serdaigle. Je ne lui en veux pas, je crois que l'on a tous les deux matière à penser.
Lorsque j'arrive au dortoir, Arizona et Enora s'exercent paresseusement au sortilège d'Attraction en discutant d'Ethan, si j'en crois ce que j'entends, et Meredith relit ses cours.
- Encore dans le tunnel ? me demande Enora.
- Oui, mais c'était la dernière fois, annoncé-je. On a trouvé le trésor !
- Non ? s'exclame Enora. Raconte !
Là, je reconnais la Serdaigle en elle. Je leur révèle donc toute la fin de cette aventure, l'énigme du sphinx – « pff trop facile » lâche Arizona à ce moment là – et je leur décris les artefacts contenus dans le coffre. Je dois également leur expliquer ce qu'est l'Ordre du Phénix pour clôturer mon récit.
- Tu crois que je pourrais voir le morceau du fil d'Arianne ? me questionne Enora.
- Bien sûr, je demanderai aux garçons demain, après tout, il est aussi un peu à moi ce trésor, on doit au moins pouvoir l'étudier, répondis-je en souriant.
- Tu es prête pour les sortilèges, demain ? lance Arizona, changeant de sujet.
- Je pense oui, dis-je. Je l'espère, du moins.
Les filles décident d'aller se coucher, je vais prendre une douche rapide avant de me glisser sous les draps. Je me sens un peu boueuse après cette sortie sous Terre, dans la Forêt Interdite et dans le parc.
- Tout va bien, Queenie ? me demande Enora, alors que je reviens dans le dortoir. Tu as l'air perturbée ?
- Oui, tout va bien, mentis-je.
Enora accepte mon mensonge, mais je sais qu'elle ne me croit pas. Je lui en parlerai, je leur en parlerai à toutes les deux, mais pas tout de suite. Je ne sais pas ce que je dois penser de ce qu'il s'est passé dans le souterrain. Sirius m'a embrassé.
Je dois me le répéter mentalement plusieurs fois pour en être bien certaine. Sirius m'a embrassé. Est-ce que c'était agréable ? Est-ce que ça m'a plu ? Oui, et deux fois oui. Et c'est cela le plus bizarre dans toute cette histoire. Cela ne fait pas longtemps que j'ai rompu avec Caleb, mais quand Sirius m'a embrassé tout était effacé, je ne comprenais pas ce qu'il se passait, mais je savais que j'étais bien, que j'étais à ma place.
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J'ai terriblement mal dormi, et lorsque je descends au petit-déjeuner, je croise Sirius dans le hall, mais je l'évite en pressant le pas.
- Tu as évité Black ? me demande Enora, soupçonneuse.
- Non, non…
- C'est parce qu'il sort avec Amélie Carlson de Poufsouffle ? me questionne Meredith.
Je m'arrête de marcher, soudain figée par l'effroi. Une douche glacée, c'est exactement ce que je ressens. Après avoir passé la nuit à penser à ce baiser, voilà qu'en fait Sirius sort avec une autre. Il a du agir sur le coup de l'émotion, lorsque l'on a découvert le trésor. Voilà, c'est la seule explication. Il ne ressent rien pour moi, strictement rien, comment ai-je pu le croire ne serait-ce qu'une seconde ? C'est Sirius Black, même si je le fréquente depuis bientôt un an, je sais comment il est. Il a eu une aventure avec Candy, ce n'est pas pour sortir avec moi, je ne suis pas exactement son genre de fille.
- Comment tu le sais ? lui demande Enora.
- J'ai entendu Bertha Jorkins qui en parlait hier soir, au repas, lui apprend Meredith.
Jorkins est toujours au courant de tous les potins, et elle l'évoquait déjà avant l'épreuve de métamorphose, il me semble me souvenir. Tout est flou désormais, je ne sais pas comment je vais pouvoir me concentrer sur l'épreuve de sortilèges. En fait, je crois que je suis un peu triste.
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Les épreuves d'ASPICS s'enchaînent et ne se ressemblent pas. En sortilèges, nous réalisons une dissertation sur le sortilège de Glue Perpétuelle. Comment faut-il le lancer, quels sont les dangers de ce sortilège et quelles en sont ses limites ? En histoire de la magie, nous avons un questionnaire sur l'histoire du Quidditch, un sujet qui réjouit la majorité des élèves. On y parle de Gertie Keddle et des marais de Queerditch.
Je passe toutes les épreuves à éviter Sirius, et j'ai bien l'impression qu'il en fait de même. Je vais tout de même parler à James du trésor et Enora peut enfin admirer le fil d'Arianne. James m'apprend également qu'il a reçu une réponse positive de Frank Londubat et que nous devons envoyer le trésor à la fin de la semaine à une adresse sûre qu'il va nous communiquer. Lorsque nous discutons de tout cela, à un moment, j'ai l'impression qu'il va parler de Sirius, puis il se ravise.
Je ne me sens pas prête à lui parler de nouveau. J'ai cru pendant toute une soirée et une nuit que j'étais plus qu'une simple amie pour Sirius. La surprise passée, j'ai accepté cette idée et ce sentiment, j'ai eu envie d'y croire, réellement. Puis, j'ai appris qu'il n'en était rien, que Sirius restait Sirius, que les clichés et les rumeurs ont une part de vérité. Pourtant, je pensais avoir appris à le connaître…
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- Ethan !
Mon frère est dans le hall et se dirige vers les cachots et sa salle commune, nous sortons tous les deux de la Grande Salle. Mon jumeau s'arrête et m'attend. Je suis soulagée de l'allégement de nos rapports, c'est agréable de retrouver petit à petit des relations apaisées.
- Comment se sont passées tes épreuves ? demandé-je.
- Plutôt pas mal, je pense que je devrais pouvoir suivre les études que je veux.
C'est à sa phrase que je me rends compte que j'ignore ce qu'il veut faire une fois nos ASPICS en poche, je suis soudain gênée et je ne sais pas comment poser la question, de risque de l'énerver.
- Je veux entrer dans la police magique, dès ma sortie de Poudlard.
- C'est super, dis-je sincèrement.
- Je ne veux plus que quelqu'un croit que je suis du côté de ces monstres, me confie-t-il.
Je hoche la tête. Comme je le comprends. Je me souviens bien que les Maraudeurs m'avaient posé des questions à ce propos justement.
- Au fait, j'ai invité Enora à boire un verre à Pré-au-Lard ce soir-même et elle a dit oui, dit Ethan en détournant les yeux et en souriant.
- Hiii, c'est super !
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- Les filles…
Enora et Arizona sont assises sur le lit de cette dernière et se retournent en m'entendant.
- Il faut que je vous dise un truc à propos de Sirius, avoué-je.
Elles échangent un regard entendu, elle se doutaient visiblement que ce sujet allait être abordé. Et, par Merlin, des choses à dire, il y en a… J'essaye d'organiser mes pensées, et enfin, je me lance. Je leur raconte tout.
